Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Lavekrep codaraque le 08 Janvier 2019 à 14:16:34
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LA FOURBERIE DU MARIN (On m’appelle Cévenole à la météo, Marinade au pays)
Impatiente, elle s'ennuie de trop longtemps l'attendre.
Gentil, il joue avec ses vagues à lame.
Vengeresse, elle boude ses avances.
Galant, il invite à danser la tranquille demoiselle.
Coquette, elle feint de l'ignorer.
Délicat, il lui offre la chaleur de son souffle.
Conquise par les caresses l’objection s’évanesce
Viril marin grec, il augmente la cadence et se fait plus brutal.
Ingénue, elle perd la tête,
Folle, elle lui cède.
finis les mots sucrés et la danse chaloupée.
Il la prend, la balance sur les terres.
La belle se relève,
l’insoumise l’embrasse,
l’amoureuse se liane.
leurs corps se font tornade, ouragan, tsunami.
Le ciel bleu, son ami, a battu en retraite devant les noirs alliés que le monstre a amenés.
Les fleuves nourriciers, sous les coups de boutoir, débordent de leur lit.
Les nuages se gavent des vapeurs qui naissent des ébats amoureux
avant d’aller vomir, dans un bruit de tonnerre, sur la montagne noire.
Et puis, ils recommencent encore et encore jusqu’à ce que leur maître, épuisé ou lassé, s’en aille voir ailleurs sans même se retourner.
Le calme revenu, les flots reprennent leur place.
Un léger vent du nord chasse la horde qui laisse derrière elle des pays dévastées.
Au passage le furieux, affamé, s’est nourri de quelques naufragés.
Il faut être étranger pour vouloir comparer celle qui s’impatiente à une mare aux
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Lavekrep,
Je suis nouveau et c'est difficile de commenter ce texte qui m'a beaucoup touché ! Pour ma part, comme dans les chansons, j'aime ne pas tout comprendre en première écoute pour y revenir et plus...
Merci pour ce bon moment de partage.
Yvon
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Merci Yvon de m'avoir lu et d'avoir laissé un commentaire.
Je ne sais pas si tu as lu avant que je ne précise qu'il s'agit de la cévenole.
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Autant pour moi !
Yvon
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Bonjour Lavekrep
Sur le fond, j'ai beaucoup aimé ce texte, cette montée progressive du vent et toutes ces images que tu renvoies nous projette au creux de la vague et de l'ouragan avec le rythme du texte qui suit le mouvement .
Sur la forme il y a des phrases que je trouve un peu longues et que tu aurais peut être pu couper, la premiere, par exemple ,
D’abord, gentiment, il joue avec les vagues, invitant à danser la tranquille demoiselle qui depuis de longs mois s’ennuie
Terminé les mots sucrés et la danse chaloupée.Terminé (avec un s) me semble un peu long, j'aurai plutôt mis "Finis les mots sucrés et la danse chaloupėe "
Par contre l'image est très belle
La belle, insoumise, se relève, l’embrasse, se liane autour de lui.C'est joli ça
Les nuages se gavent des vapeurs qui naissent des ébats amoureux avant d’aller vomir, dans un bruit de tonnerre, sur la montagne noire.
Ça j'adore !!
Merci pour ce partage !
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Salut Beth,
comme d'habitude, tes conseils sont précieux. Comme tu peux le voir j'ai poussé le bouchon peut être un peu trop loin.
merci de m'avoir lu.
A+
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Bonjour Lavekrep
Je préfère vraiment la seconde version, j'aime beaucoup, bien sûr, "il joue avec ses vagues à l'âme", cela me rappelle quelque chose...
Et puis, ils recommencent encore et encore jusqu’à ce que leur maître, épuisé ou lassé, s’en aille voir ailleurs sans même se retourner.
Cette phrase, je l'aurai coupée aussi :
Et puis, ils recommencent encore et encore jusqu'à ce que leur maître
Epuisé ou lassé, s'en aille voir ailleurs sans même se retourner
En tous les cas, bravo, j'ai pris du plaisir à lire et à relire la nouvelle version
Beth ;)