Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Modybic le 31 Décembre 2018 à 12:30:26
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Prière Normande
Je me lève et me dirige vers la fenêtre de mon salon avec le désir profond de me connecter au paysage que la pluie nettoie depuis ce matin.
Le front posé contre la vitre froide, j’observe un pigeon au bord du coin de la gouttière. Son corps forme une boule de plumes toutes ébouriffées ; les griffes de ses pattes enserrent le zinc. Son œil serti de reflets orange et de gris me regarde comme un sage prêt à me conter une histoire.
Je souffle sur la vitre une respiration abyssale; mon corps soudain souffre de solitude dans cette maison à l’instant si sereine.
Je fixe les trois croix visibles du cimetière au dessus du mur de béton qui juxtapose mon jardin potager. Mon cœur se remplit de la chaleur de ces pierres tombales réchauffées par le cœur en chagrin des visiteurs. Le sentiment soudain que mon âme est au bord de son envol.
J’oscille à chaque seconde avec le désir de rester ou quitter ce monde. Pourtant je crois qu'au fond la Normandie m’offre l’ancrage vers la beauté de ma lumière. Il y a un secret ici qu’il est facile de voir pour celui qui a le cœur ouvert. Il est différent pour chacun.
- Pigeon, compagnon du soir ; aide-moi à vouloir l’expérience du monde. Je veux avoir la force de rester des heures comme toi sous la pluie et pouvoir m’endormir dans la quiétude.
N’aie pas peur, il y a la promesse que ce soir la lune nouvelle offrira l’énergie de sa lumière. Toi qui sera dans l’ombre de la terre, il te suffit de lui dire tes projets qui seront porteurs de ces rayons pour changer le monde. Glisse une plume dans tes cheveux lorsque tu te coucheras. Ton esprit au matin à nouveau guérit...
- Et si la lune est cachée par trop de nuages ?
Tu as bien l'imagination des corps sous la terre. Songe à l'astre à travers
Lorsqu’un peu plus tard dans la soirée je reviens vers ce même cadre sur le monde, la nuit célèbre sa naissance. J’ouvre la fenêtre. Dans le ciel, pas l’ombre d’une étoile. La pluie continue sa libation. Je réalise devant moi que trois maisons ont une fenêtre chacune éclairée formant les étoiles d’Orion. J’ai la certitude d’être connecté à l’univers entier et mon esprit voyage dans l’espace. Pour la première fois, je me sens si proche d’atteindre les étoiles.
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Plop
boule de plumes toutes ébouriffées;
manque une espace
(ça vaut pour tout le texte)
- Pigeon, compagnon du soir ; aide-moi à vouloir l’expérience du monde. Je veux avoir la force de rester des heures comme toi sous la pluie et pouvoir m’endormir dans la quiétude.
"N’aie pas peur, il y a la promesse que ce soir la lune nouvelle offrira l’énergie de sa lumière. Toi qui sera dans l’ombre de la terre, il te suffit de lui dire tes projets qui seront porteurs de ces rayons pour changer le monde. Glisse une plume dans tes cheveux lorsque tu te coucheras. Ton esprit au matin à nouveau guérit..."
- Et si la lune est cachée par trop de nuages ?
"Tu as bien l'imagination des corps sous la terre. Songe à l'astre à travers".
C'est un peu l'anarchie, le marquage des dialogues. Le point plutôt dans les guillemets.
Lorsqu’un peu plus tard dans la soirée je reviens vers ce même cadre sur le monde. La nuit célèbre sa naissance.
Une virgule plutôt que le premier point ?
Je réalise devant moi que trois maisons ont une fenêtre chacune éclairée formant les étoiles d’Orion.
Pas très heureuse cette phrase je trouve.
Le "si" sur la dernière phrase me semble de trop.
J'ai bien aimé sinon. C'est poétique, on s'y croirait presque après deux verres de Pommeau de trop.
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merci loïc pour ce retour. Je préfère le calvas !!!
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Salut salut,
Le front posé contre la vitre froide, j’observe un pigeon au bord du coin de la gouttière.
je crois que je mettrais simplement "au bord de la gouttière". Le "coin de la gouttière", j'arrive pas trop à visualiser. Et je trouve que ça alourdit un peu la fin de phrase.
Son corps forme une boule de plumes toutes ébouriffées ; les griffes de ses pattes enserrent le zinc.
Les griffes de ses pattes, c'est presque un pléonasme… ses griffes ?
Son œil serti de reflets orange et de gris me regarde comme un sage prêt à me conter une histoire.
joli !
Je souffle sur la vitre une respiration abyssale;
espace avant le ;
je "souffle une respiration", ça sonne un peu curieux, je trouve.
mon corps soudain souffre de solitude dans cette maison à l’instant si sereine.
j'aime bien la construction de la phrase (mais peut-être que j'enlèverais "à l'instant" :mrgreen: désolé je pinaille)
Je fixe les trois croix visibles du cimetière au dessus du mur de béton qui juxtapose mon jardin potager.
s'il les fixe, c'est qu'elles sont visibles...
je suis pas sûr de l'utilisation de "juxtapose". On juxtapose un ou plusieurs objets (i.e. on le place à côté d'un autre objet), mais est-ce qu'un objet en "juxtapose" un autre ?
Pourtant je crois qu'au fond la Normandie m’offre l’ancrage vers la beauté de ma lumière.
là aussi, "l'ancrage vers", ça sonne bizarre… c'est plutôt l'ancrage "dans", il me semble.
N’aie pas peur, il y a la promesse que ce soir la lune nouvelle offrira l’énergie de sa lumière. Toi qui sera dans l’ombre de la terre,
seras. C'est marrant, j'associe pas trop la lumière de la lune à la notion d''énergie".
Tu as bien l'imagination des corps sous la terre. Songe à l'astre à travers
l'astre à travers les corps ?
Je réalise devant moi que trois maisons ont une fenêtre chacune éclairée formant les étoiles d’Orion.
je crois que je dirais plutôt "trois maisons ont chacune une fenêtre éclairée"
J’ai la certitude d’être connecté à l’univers entier et mon esprit voyage dans l’espace. Pour la première fois, je me sens si proche d’atteindre les étoiles.
Au tout début, j'ai failli commenter en disant que le verbe "connecté" me plaisait pas trop... puis je me suis dit, pourquoi pas. Mais une deuxième fois à la fin du texte, c'est un peu trop audacieux à mon goût, je crois.
Il y a une ambiance que j'ai bien aimée. J'aime bien les textes contemplatifs. J'ai imaginé ce narrateur à la fenêtre, le pigeon, la pluie, les fenêtres qui forment une constellation.
Après, au niveau de l'écriture, quelques irrégularités et maladresses (à mon avis) que j'ai signalées plus haut.
Merci du partage ! :)
Au plaisir de te lire
Chapart