Le Monde de L'Écriture

Sous le soleil des topics => Discussions => Discussion démarrée par: cochonsauvage le 17 Décembre 2018 à 11:41:56

Titre: Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 17 Décembre 2018 à 11:41:56
Edit de Milora :
NB. le fil qui suit est issu d'une digression initialement située dans la cellule de soutien psychologique pour les névrosés (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,20584.msg485097.html#msg485097).



[/i]
Citer
Ou alors tous les gens ayant une faible estime de soi sont précoces
Non, la précocité est bien plus complexe que cela, ils figurent simplement parmi les signes extérieurs permettant de déceler ce type de particularité (car la précocité est une particularité et pas une maladie).
La précocité comporte plusieurs stades, plusieurs niveaux. on peut être plus ou moins précoce et les différents symptômes sont inégaux d'une personne à une autre.

C'est un peu comme cuire des tartes (ou des cakes si tu préfères)  à des températures et des durées différentes, elles peuvent ressortir de crues à complètement cramées  :D

Si c'est juste de l'estime de sois tu devrais peut-être faire une activité dans laquelle tu te sentes bien et bans laquelle tu puisses progresser et constater tes progrès, que ce soit en sport ou dans les arts.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 17 Décembre 2018 à 11:56:48
Oui je sais que c'est complexe mais justement ce que je veux dire c'est que du coup tu peux pas te baser seulement sur le coup de l'estime de soi etc.

Pis si je l'étais ce serait risible. Avec mon syndrome de l'imposteur et ma sensation relative de bêtise. Et puis si moi je le suis tout le monde l'est. Lol.

Pour l'activité ça marche assez peu car j'ai pas la gnaque. Je progresse vite au début (dans certains trucs) mais dès que je stagne ou que j'y arrive pas pendant plusieurs minutes ça me saoule et je passe à autre chose. Du coup ben je progresse pas...

Souvent j'ai juste pas le courage.

Edit : mais j'ai déjà pas mal progressé en estime de moi. Mais comme je disais c'est pas si simple.
J'ai toujourd bêtement voulu avoir "un don" et bien sûr  c'est une chimère. Mais du coup c'est pas seulement de faire une activité qui m'aiderait ça j'ai tenté.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Gros Lo le 17 Décembre 2018 à 12:06:41
Bibi, si tu te sens, à un moment, de creuser un peu cette question/éventualité de la précocité, je te conseille d'envoyer un message à Elhora, elle t'aidera surement à y voir plus clair. (:
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 17 Décembre 2018 à 12:07:32
Ah ok.

(Elle est vraiment revenue elhora ?)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Gros Lo le 17 Décembre 2018 à 12:13:11
Je crois pas, mais j'imagine qu'elle reçoit toujours une notification de mp sur sa boite mail, et je peux aussi te passer par mp son adresse mail à proprement parler. Elle continue d'être très investie sur le sujet donc ce genre de questionnements n'arriverait pas du tout comme un cheveu sur la soupe.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 17 Décembre 2018 à 12:50:53
Bibi : je suis dispo aussi si tu as des questions plus précises. Mais tu le sais déjà ;)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 17 Décembre 2018 à 13:00:19
Je crois pas, mais j'imagine qu'elle reçoit toujours une notification de mp sur sa boite mail, et je peux aussi te passer par mp son adresse mail à proprement parler. Elle continue d'être très investie sur le sujet donc ce genre de questionnements n'arriverait pas du tout comme un cheveu sur la soupe.
Oki

Bibi : je suis dispo aussi si tu as des questions plus précises. Mais tu le sais déjà ;)
  :)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: joseph dunelie le 17 Décembre 2018 à 13:20:54
Je crois pas, mais j'imagine qu'elle reçoit toujours une notification de mp sur sa boite mail, et je peux aussi te passer par mp son adresse mail à proprement parler. Elle continue d'être très investie sur le sujet donc ce genre de questionnements n'arriverait pas du tout comme un cheveu sur la soupe.
Oki

Bibi : je suis dispo aussi si tu as des questions plus précises. Mais tu le sais déjà ;)
  :)
Ca va mieux toi ? ;)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 17 Décembre 2018 à 13:26:42
Je crois pas, mais j'imagine qu'elle reçoit toujours une notification de mp sur sa boite mail, et je peux aussi te passer par mp son adresse mail à proprement parler. Elle continue d'être très investie sur le sujet donc ce genre de questionnements n'arriverait pas du tout comme un cheveu sur la soupe.
Oki

Bibi : je suis dispo aussi si tu as des questions plus précises. Mais tu le sais déjà ;)
  :)
Ca va mieux toi ? ;)
Un petit peu ^^
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 17 Décembre 2018 à 13:45:12
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 17 Décembre 2018 à 14:17:46
Citer
La précocité comporte plusieurs stades, plusieurs niveaux. on peut être plus ou moins précoce et les différents symptômes sont inégaux d'une personne à une autre.

Je suis étonné de voir comment on a entré ce langage médical dans la question de la 'précocité'. Symptôme? Je ne sais pas... Visiblement, sur france culture, j'avais entendu que les études sont conformes avec le bon sens, et que la précocité intellectuelle était une chance, pas une maladie. En gros, la population des précoces / surdoués, avaient statistiquement moins de problèmes que les autres (santé mentale entre autres choses). Après, je ne sais pas, il faudrait confirmer. Si quelqu'un sait, ça m'intéresse aussi de savoir...

Par contre, je ne vois pas pourquoi il n'y aurait pas des cas de 'comorbidité', encore que le terme est faussé, car ce n'est pas une maladie. Enfin, je veux dire que des gens puissent être surdoués et dépressifs, par exemple. Mais l'un pas forcément conséquence directe (ni même indirecte) de l'autre. Des fois, j'ai l'impression à entrendre parler les gens, qu'être surdoué, c'est comme être schizophrène... Ce pourquoi je me questionne  :???:

Je ne suis pas sûre que ça soit une chance. A ce que j'en sais ça occasionne surtout des pb de compréhension avec les autres et une potentielle "mise à l'écart".
Pour tes études ok je savais pas. Faut voir.


Joseph  ;)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aube le 17 Décembre 2018 à 15:24:38
@Erwan

D'après lectures+proches et vécu perso, beaucoup de dits "surdoués" ont tellement de mal à gérer l'affectivité extrême qu'un tel profil cognitif a tendance à provoquer qu'on leur diagnostique (sous-entendu : à tort) des maladies chroniques lourdes style troubles de l'humeur et psychoses. Donc la "meilleure santé mentale" me semble difficile à avaler. Ceci sans parler des problèmes d'intégration sociale/scolaire quasi généralisés dans mon expérience perso. Difficilement vérifiable cela dit, c'est un champ de recherches encore en friches et même si je suis censé être concerné je ne suis pas le plus renseigné. Moins de cases il y a dans ma vie, mieux je me porte.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 17 Décembre 2018 à 15:41:18
Erwan :

A ma connaissance, les études réalisées sont contradictoires pour l'anxiété ; la gestion des émotions serait différente avec des particularités au niveau de l'amygdale ; et en + le haut potentiel intellectuel n'est pas synonyme d'une application efficace au quotidien. Tu peux avoir un THPI avec des fonctions exécutives chutées, même sans autisme. Tu peux te retrouver avec des demandes de tiers-temps pour les examens par exemple, malgré la précocité intellectuelle. Donc dans tous les domaines tu peux retrouver une souffrance en lien avec des particularités de fonctionnement... que ce soit le domaine social, émotionnel ou même cognitif. Pour l'instant j'ai du mal à percevoir comment la précocité pourrait s'avérer protectrice au quotidien (mais les études sont trop rares pour infirmer ces affirmations). De base je pense plutôt comme Aube que toute neuroatypicité est un facteur de risque d'exclusion (par les autres, ou de soi-même ou à cause des incompréhensions). Avec en plus les difficultés liées au diagnostic différentiel... (toutes ces particularités étant mal connues des soignants et pouvant être prises pour d'autres choses).

Dans tous les cas, ce n'est assurément pas aussi simple que "Cool, c'est une chance pour eux"...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 17 Décembre 2018 à 16:27:52
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aube le 17 Décembre 2018 à 16:39:06
Oui je pense que la clé du paradoxe se trouve dans la définition de l'intelligence et ce que représente réellement un quotient intellectuel. Par exemple, le QI ne mesure pas la moindre "faculté d'adaptation" et la notion communément acceptée d'intelligence est lourdement dépendante de la subjectivité de chacun et des normes culturelles...

Pour le peu que j'en avais compris avant que ça ne me gave/m'angoisse, déjà, il y a une couille dans le diagnostic par QI :
-Le QI est une valeur linéaire.
-Le diagnostic de surdouement est plutôt qualitatif, on parlerait d'un raisonnement "en arborescence" plutôt que "séquentiel". Ce serait donc un profil cognitif, comme par exemple les différentes formes d'autisme, et pas une sorte de score. Ce profil cognitif semble te faire avoir un score supérieur à la moyenne sur le test de QI, mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg et celle sur laquelle, à cause de nos critères sociétaux qui mettent l'emphase sur la performance, l'attention se porte.

(d'ailleurs la littérature approche beaucoup la chose de façon comparative maintenant, je me souviens d'un tableau points forts points faibles du raisonnement séquentiel dit "neurotypique" et du raisonnement en arborescence attribué aux dits "précoces/surdoués/zèbres/THPI")

(je me souviens aussi d'une remarque sur le test de QI qui ne mesuraient que quelques types "d'intelligence" valorisées socialement tout en se trouvant incapable de mesurer d'autres formes d'intelligences beaucoup plus complexes : intra-personnelle, inter-personnelle, musicale... etc.)

Là le "défaut" d'adaptation se trouverait plutôt au niveau du monde du travail/scolaire qui tente de normer les individus sur un standard qui provoque un stress important sur les individus au profil cognitif atypique, stress qui aux phases clés de la construction et sur les domaines clés de la réalisation sociale, débouchent généralement sur des problèmes psys... C'est comme ça que je pourrais interpréter la chose, mais je manque de donnée et le domaine m'est trop proche/douloureux pour que j'y risque un oeil serein et approfondi pour l'instant.

Ariane en parlerait sûrement mieux que moi, je pense qu'il y a beaucoup d'imprécisions dans ce que je viens de dire, mais voilà ce que j'en avais compris, en gros, quand je me posais les mêmes questions que toi.

Par contre ce que tu as dit sur le biais d'échantillon parmi la population médicalisée est intéressant. Mais j'ai un pressentiment contraire ^^... (purement basé sur l'expérience personnelle et parcours de vie des proches, j'espère que des recherches seront faites dans les prochaines années mais bon, en attendant je vis ma vie tranquillement).
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Nacas le 17 Décembre 2018 à 17:06:03
On peut le perdre ?
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 17 Décembre 2018 à 18:09:13
Nacas :

Perdre quoi ?

Erwan :

Le diag de HPI / THPI n'est pas tellement posé par des psychiatres à ma connaissance ; j'ai même réalisé l'intégralité de mes études sans jamais en entendre parler en cours ni en stage, ce n'est que lors de mon avant-dernier semestre qu'un patient m'a présenté le site des Tribulations d'un petit zèbre... (Et mes différents chefs ne semblent pas s'être intéressés à ce dépistage). Du coup je pense que c'est plutôt qqch qui a un regain d'intérêt chez les psychologues ces derniers temps. J'ai l'impression qu'avant, c'était plutôt utilisé dans un contexte scolaire ; par exemple les profs ont voulu nous faire passer des tests à ma jumelle et moi avant qu'on saute une classe. Dans cette situation, le biais est tout autre : il sélectionne les personnes qui arrivent à utiliser leur THPI efficacement en classe ; donc a priori qui au moins dans un domaine (le domaine scolaire) sont les surdoués les moins en souffrance. J'ai l'impression que c'est + récemment qu'on s'est intéressé aux surdoués qui ne correspondaient pas forcément au cliché du premier de classe, et encore plus récemment il me semble qu'on s'est intéressé à ceux qui avaient un profil scolaire moyen (après les premiers de classe on a découvert aussi le cliché de celui qui lâche complètement prise sur le scolaire ; mais il y en a aussi qui sont tout simplement dans la moyenne). Bref, le dépistage ne se fait pas ou peu dans le milieu médical (ou alors j'ai travaillé dans deux régions vraiment à la traîne ?), ce sera plutôt via les psychologues et beaucoup le milieu scolaire ; et beaucoup aussi l'auto-dépistage, les gens qui se questionnent et se renseignent là-dessus puis consultent d'eux-mêmes (alors certes ce sera peut-être des personnes qui ont un mal-être récurrent, mais pas que ; et à l'inverse je pense que les personnes dont la vie est totalement à feu et à sang n'ont malheureusement pas le temps d'aller se questionner et se renseigner là-dessus ; pas plus que ceux qui ont une estime d'eux-mêmes définitivement chutée et ne risquent donc pas de s'auto-dépister...). Donc oui, il y a un biais de sélection chez les personnes dépistées, mais je ne suis pas sûre que ce biais soit vers le "trop pathologique", peut-être même au contraire.

Aube a raison concernant toutes les différentes formes d'intelligence...
Cela dit même en se cantonnant à la définition académique de l'intelligence, pour moi ce n'est pas contre-intuitif du tout d'imaginer l'intelligence comme un handicap. Mais j'ai peur d'être politiquement incorrecte si je commence à illustrer mon propos avec des exemples. Chaque phrase peut sonner bien trop prétentieuse. Le problème à mes yeux c'est la notion de décalage par rapport au reste du monde. Et comme on utilise des termes valorisants ou dévalorisants (intelligent / déficient, haut / bas pour le QI...), la notion implicite de "supériorité" me gêne et passe très mal pour essayer d'expliquer le décalage que l'on peut ressentir. Dans tous les cas quand tu as une façon de fonctionner et que tout le reste du monde fonctionne autrement, que ce soit en terme de rythme (rapide ou lent) ou de façon de penser... Quand tu dois réexpliquer chaque question, que les réponses ne te conviennent pas ; bref, la différence crée de l'incompréhension, l'incompréhension permanente crée de la fatigue ou du découragement. Et comme le disait Aube les structures scolaires ou le monde du travail sont façonnés pour la majorité des gens, pas pour les minorités. Du coup intuitivement le trop haut potentiel me semble plus volontiers un poids (et ça semble être l'avis de la majorité des professionnels qui écrivent sur le sujet). Même quand il n'y a pas d'autisme associé, ce n'est pas de la neurotypie pour autant. Mais je me renseignerai auprès d'une collègue plus expérimentée qui te donnera peut-être un avis différent.

Aube :

Citer
Ariane en parlerait sûrement mieux que moi

En fait, non  :-[ comme je le disais ce n'est pas inclus dans la formation de base de psychiatrie... J'ai beaucoup lu sur le sujet mais tout en diagonale ^^ car rien ne m'a semblé suffisamment carré pour pouvoir être retenu comme une vérité incontestable. Je commence à m'y connaître un peu (du fait de l'impact que ça peut avoir parfois pour comprendre une personne et faire la part des choses entre juste THPI ou THPI + TSA) mais beaucoup de choses restent très floues.

L'une des principales limites pour moi dans les études sur les surdoués, c'est que pour beaucoup d'entre elles je ne sais pas si les diagnostics différentiels de TDAH ou de TSA ont été écartés (le plus intéressant d'ailleurs ce ne serait pas de les écarter complètement mais de faire des sous-groupes), ou s'ils l'ont été, je ne sais pas toujours la fiabilité du diagnostic différentiel qui a été effectué (notamment pour les TSA : ont-ils vraiment écarté les formes légères ou efficacement "camouflées" ?). Du coup chaque fois que je lis des descriptions de personnes THPI j'ai l'impression de retrouver des caractéristiques proches du TDAH ou des TSA, en ne sachant pas trop comment interpréter tout ça.



Un jour je m'y plongerai pour de bon mais vu ma tendance à avoir besoin de tout vérifier par moi-même, surtout pour ce type de biais, ça va me prendre beaucoup beaucoup de temps...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Nacas le 17 Décembre 2018 à 18:12:42
On peut perdre le point de caractéristique Surdoué ?
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 17 Décembre 2018 à 18:29:45
Objectivement, non...
(Subjectivement, j'aurais envie de te dire "oui, pendant la grossesse"  :mrgreen: ).

Après ça peut être vécu différemment selon l'âge et les périodes et du coup ça peut donner l'impression de se modifier. Il y a plein de choses qui impactent sur la concentration et du coup les capacités intellectuelles, la mémorisation, la compréhension... Par exemple le manque de sommeil, les angoisses, la dépression (ou également toute maladie psychiatrique aiguë).
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 17 Décembre 2018 à 19:14:04
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 17 Décembre 2018 à 19:22:01
Citer
Ils ont pas choisit un nom qui aide les gens à comprendre.
C'est pour ça que ce nom ne cesse de changer et qu'on se retrouve avec plein de termes différents mais aucun qui ne soit parfait. (Par exemple "surdoué" est très moche mais plus proche du langage courant, alors que j'aime bien "zèbre", mais au vu de la façon dont c'est utilisé ça sonne pour moi un peu super investi et super passionné par les THPI... dans l'idée pourtant j'aime bien ce petit "zèbre").

Citer
En tout cas, merci pour ces précisions Arianne et Aube.  :)
De rien :)
J'ai une dernière précision...
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 17 Décembre 2018 à 20:26:35
Je m'absente un jour, le sujet fait débat et j'adore ça  :) :)
Citer
Cela dit même en se cantonnant à la définition académique de l'intelligence, pour moi ce n'est pas contre-intuitif du tout d'imaginer l'intelligence comme un handicap. Mais j'ai peur d'être politiquement incorrecte si je commence à illustrer mon propos avec des exemples. Chaque phrase peut sonner bien trop prétentieuse.
.

Je te rejoins Ariane, être surdoué et plus encore précoce peut être vécu comme un handicap.

Notre société, jusqu’il y a peu avait tendance à tout vouloir uniformiser, calandrer, classer, mettre dans des cases. Il en résultait une exclusion des enfants issus des classes ouvrières notamment, non diagnostiqués précoces, mais qui en présentaient toutes les caractéristiques. De grandes souffrances et des échecs scolaires en ont découlé. Je parle de classe ouvrière car c'est un sujet que je connais.

Aujourd'hui la tendance est tout autre puisque les précoces et les surdoués (l'un ne va pas forcément avec l'autre) sont très souvent diagnostiqués et les parents informés.

La prise en charge de ces enfants différents n'est pas simple car il existe différents stades de précocité. Mais des structures se créent et les langues se délient. Au final j'ai le sentiment (et l'expérience) que cela va dans le bon sens.

Pour info et ceux que cela intéresse, je traite de ce sujet dans mon dernier roman  ;)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 17 Décembre 2018 à 20:45:20
Tu distingue précoce et surdoué.e ? C'est quoi la différence  ?
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 17 Décembre 2018 à 21:02:37
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 17 Décembre 2018 à 21:52:59
Citation de: Cochon sauvage
Aujourd'hui la tendance est tout autre puisque les précoces et les surdoués (l'un ne va pas forcément avec l'autre) sont très souvent diagnostiqués et les parents informés.
Personnellement j'ai appris l'inverse, que tous ces termes différents sont des synonymes. Il me semblait que c'était le positionnement de la majorité des auteurs.
Pour le "très souvent diagnostiqués", c'est une notion qui vient d'où ?

Et du coup je suis curieuse : pour avoir l'assurance de traiter de cela dans un roman, d'où te viennent tes connaissances et quel type de roman ce serait ?


Citation de: Erwan
Comment font les médecins (ou psychologues) pour ne pas que les patients pensent qu'on leur annonce qu'ils sont cons ? Le mot intelligence est tellement connoté...

Ben en fait ça me semble une bonne question  :-[ perso j'essaye d'en parler toujours avec délicatesse (mais je n'ai pas à faire d'annonce, ce sont les psycho qui font passer les tests), avec des euphémismes et tout, ou au besoin de rappeler que ça montre des difficultés pour certains domaines mais que ça ne mesure pas tout, etc etc... Mais ça me met mal à l'aise. J'ai parfois été réticente quand mes collègues voulaient faire passer des tests à qqn, je me demande toujours ce que ça va lui apporter ou pas, tout en craignant l'impact pour son estime de soi. Peut-être que je suis excessive dans ce sens-là. Parce que concrètement ça peut apporter beaucoup, si ça aide à se diriger vers un parcours scolaire plus adapté, un respect de son rythme dans l'environnement du travail, ou bien des aides au quotidien. J'ai jamais eu personne qui se soit plaint de son diagnostic - mais ça veut rien dire vu ma faible expérience.


C'est gênant la tendance à mettre tout et tout le monde dans des cases, et en même temps, j'aime beaucoup ce travail de compréhension de toutes les différentes façons de penser au monde. Pour cela on est obligé de passer par le fait de mettre des mots sur des groupes de personnes, parce que pour comprendre il faut des mots, même quand on a conscience que ce n'est qu'une modélisation de la réalité et que dans le réel il existe tous les intermédiaires ou tous les mélanges de modes de pensée possibles. On essaye d'adapter les concepts au réel (par exemple l'autisme qui est devenu un spectre au lieu d'être une boîte divisée en sous-catégories) mais ce n'est jamais parfait. Pour autant je pense que c'est en comprenant les gens qu'on peut s'adapter à eux et aller vers eux au lieu de toujours leur demander l'inverse.


Edit :
Je n'étais pas super convaincue par la référence Wikipedia mais j'avoue que leur explication sur le vocabulaire est très bien faite.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 08:53:07
Citer
Pour le "très souvent diagnostiqués", c'est une notion qui vient d'où ?

Ariane -> De l’éducation nationale. L’éducation nationale organise régulièrement des réunions d’information pour aider les professeurs à détecter les enfants précoces et les enfants surdoués. Les professeurs sont ensuite assistés par des psychologues scolaires, et d'autres organismes plus spécialisés dans ce domaine. Je suis proche de l’éducation nationale et des problèmes de précocité et des enfants surdoués.

Citer
Tient, j'étais passé un peu vite sur cette phrase... Pourquoi prétentieuse ? Je ne comprends pas 

Erwan -> Je pense qu’Ariane a été diagnostiquée en tant que précoce ou qu’elle a dans son entourage proche quelqu’un qui réponds aux critères de la précocité  / surdoué. Parler de sois surtout pour un précoce est très compliqué car souvent le discours est interprété comme étant du narcissisme. Or il n’en est rien.

Citer
Tu distingue précoce et surdoué.e ? C'est quoi la différence  ?

Ariane -> La précocité peut se résumer en une hyper sensibilité. Cette hyper sensibilité s’accompagne d’une capacité de compréhension hors norme et une boulimie de connaissance.
Le développement affectif et social n’est pas en reste puisque l’enfant précoce aura d’énormes difficultés à s’intégrer dans les groupes d’enfants et préférera s'intercaler dans les discussions d’adultes, (ce qui agace la plupart du temps).
Un enfant précoce n’est pas forcément surdoué, j’ai vu des enfants précoces qui avaient des difficultés d’apprentissage. C’est un problème et une grande souffrance supplémentaire pour eux car leur soif de connaissance leur demande de redoubler d’efforts pour être assouvie.
L’enfant précoce ne supporte pas les injustices et ressent le besoin de fourrer son nez partout pour rétablir ce qu’il pense être juste. Lorsqu’il entend un discours qu’il estime erroné, il ne peut s’empêcher de contredire son interlocuteur pour le corriger. Cela passe souvent pour de la prétention.
La compréhension du monde et des problématiques sociétales par un enfant précoce seront bien différentes d'un enfant "normal".
Enfin et j'oubliai l'essentiel, le cerveau d'un enfant précoce ne se met jamais en pause. Il est incapable de ne penser à rien.
A titre d'exemple, en voiture, il comptera les lignes blanches au sol, les arbres, les oiseaux, les classera par catégories avant d'un faire des statistiques. Il faut toujours qu'il occupe ses pensées par une réflexion ou un travail impliquant l'analyse et la logique.

C’est un sujet très vaste, des forums et de nombreux livres traitent du sujet bien mieux que je ne saurais le faire.

Citer
Et du coup je suis curieuse : pour avoir l'assurance de traiter de cela dans un roman, d'où te viennent tes connaissances et quel type de roman ce serait ?

Ariane -> Pour ce qui est de mon roman, il ne fait que brosser le portrait d’un être de papier "précoce" qui s'ignore pour lui donner une consistance différente et atypique par rapport aux autres protagonistes. Si cela t'intéresse, il est lisible sur le forum dans la section textes longs (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,30161.0.html) .

Ce que je sais du sujet est basé sur mes expériences, mes lectures et d'échanges lors de conférences.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 09:53:36
D'accord, merci beaucoup pour ces infos.

C'est intéressant de voir le regard de l'éducation nationale. Encore une fois il me semble que la distinction entre surdoué et précoce n'est pas consensuelle dans le milieu des soins / de la psychologie, du coup ça me surprend qu'on vous apprenne qqch d'aussi tranché. (Au fait, tu t'adresses à moi mais c'était une question d'Ambriel, moi ma position c'était que c'était synonyme).

Edit : Du coup tu n'as pas mentionné les tests de QI dans tout ça ? Ils vous enseignent quoi comme cut-off ? Ou alors ils s'en passent ? Est-ce que c'est l'histoire de QI total ou bien QI élevé dans un seul sous-domaine ?

Tu sais que ta description de l'enfant HPI reprend énormément de caractéristiques qui font forme légère d'autisme / syndrome d'Asperger ? Or ces formes ne sont pas toujours diagnostiquées loin de là. Du coup c'est pour ça que j'ai du mal avec les généralités sur les enfants précoces, j'aimerais bien voir des stats où les troubles souvent associés à un haut potentiel intellectuel sont écartés de façon fiable.

Pour ton roman je trouve ça chouette vu sous cet angle, je le lirai peut-être un jour mais actuellement je peux pas du tout m'investir dans la lecture d'un texte long... malheureusement.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 10:13:27
Citer
du coup ça me surprend qu'on vous apprenne qqch d'aussi tranché.
Ariane -> Attention, je n'ai pas écris que l'éducation nationale affirmait que la frontière entre précocité et surdoué était tranchée. Ce que je voulais dire c'est que l'éducation nationale s'intéresse de très prêt à ces problématiques. La prise en charge des enfants sortant du lot nécessite parfois l'intervention d'une aide supplémentaire au sein d'une classe, voire la réorientation de l'enfant vers une classe spécialisée dans certains cas.

La précocité va souvent de pair avec les enfants surdoués mais ce n'est pas systématique. Il y différentes formes et degrés de précocité comme il y a différentes formes et stades dans l'intelligence.

C'est toute la difficulté. Il y a autant de variantes que d'enfants. D'où la difficulté de prise en charge. De plus et comme tu l'as très justement souligné, ces symptômes se retrouvent également dans d'autres pathologies comme l'autisme ou le syndrome d'Asperger.

Le grand progrès il me semble, c'est la prise de conscience par l'éducation nationale des différences alors que pendant des années, la tendance était à l'uniformisation.

De grands progrès restent néanmoins à faire.

Les frontières sont parfois bien minces voire même floues.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 18 Décembre 2018 à 10:42:00
Si c'est ce que tu décris, je peux affirmer que je ne le suis pas.
Compter et classer, j'aime pas. De ce que je me souviens, les conversations d'adultes m'ennuyaient quand j'étais gamine, je n'avais pas une capacité de compréhension hors norme ni une énorme soif de connaissances.
Par contre préado/ ado je trouvais souvent inconsciemment les gens peu matures.



Tout ça paraît bien complexe.
En tout cas dans ma scolarité on ne nous a jamais parlé de surdoué ou précoce.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aube le 18 Décembre 2018 à 10:47:08
Précoce et surdoué c'est des synonymes en milieu de soin.
On est passé de surdoué à précoce par correction politique et c'est bien parce que c'est un terme assez trompeur (cf la réaction d'Erwan)
On est passé de précoce à zèbre parce que précoce occultait la problématique de l'adulte surdoué qui fut mise en lumière biiiiien après les premiers travaux sur les enfants surdoués.
Zèbre est une proposition venant, à ma connaissance, des concernés, pour faire état d'une différence de fonctionnement plutôt qu'une différence de performance.
THPI c'est une appellation pragmatique qui vient du milieu des soins je crois.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 10:56:49
Cochon sauvage :

Par tranché je voulais dire que ton avis était exprimé d'une façon très assurée (à tel point que je n'ai pas l'impression que tu prennes en compte mes tentatives pour nuancer les connaissances que tu as apprises). Tu écris plusieurs fois sous différentes formes :
"La précocité va souvent de pair avec les enfants surdoués mais ce n'est pas systématique."
Mais je t'assure que ce n'est pas une vision des choses consensuelle. Cf. Monique de Kermadec, Jeanne Siaud-Facchin, Alexandra Raynaud. Je me doute que ce que tu dis tu ne l'inventes pas et que c'est ce qu'on t'a enseigné, ça vient peut-être d'autres psychologues spécialisés dans ce domaine... mais voilà, ça me semble important de nuancer quand les professionnels ne sont pas d'accord entre eux. Surtout que je vois plus souvent l'idée que précoce et surdoué sont des synonymes, tout comme THPI et zèbre et HP et d'autres encore. (Je crois que celui que j'aime le moins, c'est "HP" ^^ ça fait quand même très "hôpital psychiatrique"...).

Aube :

Haha ^^ pendant que je galérais à exprimer tout en douceur mon avis en re-vérifiant mes sources (j'ai quand même relu un bouquin, un blog et une interview radio), tu viens affirmer la même chose avec beaucoup plus d'assurance ^^ :
"Précoce et surdoué c'est des synonymes".
Il faut que je travaille sur ma confiance en moi.

Pour compléter tes explications : "zèbre" viendrait de Jeanne Siaud Facchin, pour les raisons que tu décris et la petite touche en plus : chaque zèbre a des rayures uniques, faisant référence à l'unicité de chaque individu.
HPI/THPI c'est pour parler de potentiel plutôt que de don parce que ce potentiel ne parvient pas toujours à s'exercer de quelque façon que ce soit dans la vie réelle ; mais d'autres ont trouvé que ça mettait la pression aux enfants de leur parler de leur potentiel.

Ambriel :

Je sais pas si les descriptions classiques sont réalistes et recouvrent tout. Tu nous parles d'un mal-être chronique, pour moi ça vaut le coup de creuser quelle que soit la direction, il y a plusieurs pistes possibles. Je ressens souvent chez toi ce sentiment d'être différente, même si tu n'y accoles que des termes péjoratifs. Bon courage pour te comprendre toi-même, ça a l'air de te tenir à coeur.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 11:04:50
Citer
De ce que je me souviens, les conversations d'adultes m'ennuyaient quand j'étais gamine, je n'avais pas une capacité de compréhension hors norme ni une énorme soif de connaissances.
Bon ben affaire classée  :D :D

Citer
Précoce et surdoué c'est des synonymes en milieu de soin.
Cela me surprend beaucoup alors que l'on peut être précoce sans être surdoué. du moins selon ma propre expérience en milieu scolaire. Es-tu certaine de ce que tu avances ?

Citer
Zèbre est une proposition venant, à ma connaissance, des concernés, pour faire état d'une différence de fonctionnement plutôt qu'une différence de performance.
Du coup cela ne contredis-t'il pas le commentaire précédent puisque par Zèbre on différencie bien les différences fonctionnelles des différences intellectuelles ?

La problématique d'identification vient du fait qu'il n'y a pas de frontière franche entre les différents symptômes. Mais ce sont aussi ces différences qui font la richesse d'une population.

EDIT :
Citer
Pour compléter tes explications : "zèbre" viendrait de Jeanne Siaud Facchin, pour les raisons que tu décris et la petite touche en plus : chaque zèbre a des rayures uniques, faisant référence à l'unicité de chaque individu.
Marrant, nos commentaires se sont croisés  :)
Finalement, nos conclusions sont toutes les mêmes, simplement énoncées de manières différentes.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cyamme le 18 Décembre 2018 à 11:12:58
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Et euh, sinon, je comprends rien à cette conversation, sauf que j'envoie des pensées gentilles à Bibi et un peu plus de confiance-assurance à Bibi et Ariane.  :oxo:
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 18 Décembre 2018 à 11:22:06
Merci Ariane.
Et merci cyamme.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 11:27:14
Cochon sauvage :

Citer
Marrant, nos commentaires se sont croisés  :)
Cool :) tu vas pouvoir me lire alors ?
Parce que quand tu réaffirmes pour la énième fois que précoce et surdoué ne sont pas des synonymes, j'ai un peu l'impression de m'exprimer dans le vide. Pourtant j'ai cité des sources cette fois-ci.
Citer
Cela me surprend beaucoup alors que l'on peut être précoce sans être surdoué
Les notions que tu as apprises ne font pas l'unanimité.
C'est pas compliqué à comprendre.
Donc selon tes définitions à toi (qui ne viennent probablement pas de l'éducation nationale elle seule mais doivent s'appuyer sur les écrits de qqn, cependant je ne sais pas qui), il y a une différence entre précoce et surdoué, donc c'est possible d'être l'un sans l'autre.
Mais selon nos sources (qui me semblent les plus communément répandues mais peut-être que je me trompe), ce sont des synonymes donc l'un ne va pas sans l'autre. Je te mettrais bien un lien pour mieux expliquer mais franchement si c'est pour retrouver une équation de type : "précoce = surdoué = HPI = zèbre", ça nécessite vraiment des pavés entiers ? Aube a très bien résumé.
C'est rien de grave, c'est une question de vocabulaire et de théories légèrement différentes, c'est tout. Ce n'est pas grave, mais ça me saoule d'écrire sans être lue (depuis le début tu réaffirmes en boucle la même chose, comme s'il n'y avait que ce point de vue-là de valable, alors que j'essaye doucement de nuancer).

Et sinon :
Citer
Es-tu certaine de ce que tu avances ?
Je suis à peu près certaine que Aube est plus certain que certaine.



Merci Cyamme.
 :coeur:
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 11:35:15
Citer
Ce n'est pas grave, mais ça me saoule d'écrire sans être lue
Ben oui je t'ai lue, je n'ai pas pour habitude de répondre à quelqu'un sans le lire.
Je ne suis pas d'accord avec ceci : "précoce = surdoué = HPI = zèbre"
Et c'est justement la raison d'être de mon précédent post ou je reprends ton texte pour mettre en évidence les contradictions.
Bon, je citerai toutes mes sources et références d'ici ce soir je pense, il faut que j'exhume tout cela. Quoi qu'il en soit je maintiens ma position qui est basée non seulement sur des études sérieuses et sur des expériences de terrain.

Citer
Les notions que tu as apprises ne font pas l'unanimité.
C'est pas compliqué à comprendre.
Je n'ai jamais affirmé le contraire.

Nous sommes donc en désaccord mais ce qui est également passionnant dans un débat non ?
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 11:48:04
Citer
Et c'est justement la raison d'être de mon précédent post ou je reprends ton texte pour mettre en évidence les contradictions.
Non, tu reprenais le texte de Aube.

Citer
Quoi qu'il en soit je maintiens ma position qui est basée non seulement sur des études sérieuses et sur des expériences de terrain.
Et la mienne est basée sur des licornes et des arc-en-ciels oups pardon, ah non, je lis aussi des études (avec un regard bien trop critique, c'est pour ça que j'ai du mal à affirmer les choses, dans ce domaine pour l'instant rien ne me semble solide comme du béton) et mon quotidien est centré sur ces questions diagnostiques...
Moi je m'en fous de qui a tord ou raison, je suis persuadée que plusieurs approches se valent et se complètent, et si tu retrouves des sources je serai vraiment très intéressée de lire d'autres regards. Le seul reproche que j'ai à te faire c'est que je n'aime juste pas quand tu continues à présenter les choses de façon univoque alors que tes interlocuteurs soulignent que la réalité contient plusieurs approches. Un débat est bien plus passionnant quand ton interlocuteur montre des signes qu'il t'écoute ou te prend au sérieux.
Sur ce, je retourne à mes licornes.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Milora le 18 Décembre 2018 à 11:49:33
Ne vous énervez pas, les amis !  :-\Que vous soyez d'accord ou pas, je trouve ça super intéressant comme discussion :)
J'ai rien à y apporter mais j'avais envie de vous le dire. Le rapport à la différence, c'est quelque chose qui demande, je trouve, un constant effort de remise en question de nos opinions, même avec la meilleure volonté du monde - et vos posts aident vachement à aller dans ce sens :).

(A priori j'aurais eu un peu les mêmes réactions qu'Erwan, du coup votre conversation a été hyper instructive)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aube le 18 Décembre 2018 à 11:57:43
(Moi aussi je commençais à m'énerver. Ariane a exprimé ma pensée. Si tout le monde a trouvé ça instructif on peut peut-être changer de sujet maintenant haha ? ^^)

Si juste une question : c'est quoi la différence tangible entre "précoce" et "surdoué" pour toi, cochon sauvage, si dans le milieu médical et la littérature spécialisée ils sont utilisés comme fucking (pardon pour le juron) synonymes ?

EDIT : mais si on change de sujet c'est encore mieux.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 11:58:13
Merci Milora (pour le côté intéressant, tant mieux si ça a plu à qqn de lire ça).
Ne t'en fais pas pour le ton qui monte, c'est uniquement de mon côté et je laisse tomber. Je deviens trop psychorigide sur la façon des autres de s'exprimer.

Edit : merci Aube (pour le fait de comprendre mon agacement, je me sens un peu moins seule).
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 11:59:31
 :moderation:

Sujet passionnant s'il en est car il n'y a pas d'avis tranché sur la question.

Citer
pour l'instant rien ne me semble solide comme du béton
Au moins là-dessus on est tous d'accord. On progresse.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aube le 18 Décembre 2018 à 12:00:01
Passionnant pour toi, enjeu existentiel pour nous.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 12:03:31
Citer
Passionnant pour toi, enjeu existentiel pour nous.
Je ne vais pas rentrer dans les détails de ma vie privée mais il se trouve que j'ai été également touché directement par le sujet à plusieurs reprises.
Si tu veux on peut en parler en OFF, je peux même te donner mon numéro de tél pour échanger sur le sujet et partager nos expériences respectives.

Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Milora le 18 Décembre 2018 à 12:04:49
Vous voulez que je scinde le fil pour mettre le débat sur surdoué/précoce dans un fil à part, et que ça rende à la cellule de soutien psychologique sa fonction d'endroit où les gens parlent de leurs soucis, ou vous préférez que je le laisse le débat ici ?
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 12:12:06
Je pense que ce serait bien en effet car le fil de la discussion pollue le reste. Merci Milora
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 18 Décembre 2018 à 12:12:38
Ça serait peut être une bonne idée en effet.
Quitte à laisser le début de la discussion pr préciser que la suite est ailleurs.

Cochon sauvage je pense qu'Aube et Ariane sont tres sensibles sur le sujet et que tu ne peux pas en parler d'un point de vue intellectuel et détache sans les toucher beaucoup.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 12:20:05
Citer
Vous voulez que je scinde le fil pour mettre le débat sur surdoué/précoce dans un fil à part, et que ça rende à la cellule de soutien psychologique sa fonction d'endroit où les gens parlent de leurs soucis, ou vous préférez que je le laisse le débat ici ?
Ca fait un moment que j'y pense aussi...


Aube :
Je dirais pas que c'est existentiel pour moi, c'est vraiment ma psychorigidité qui frappe ^^ toutes les affirmations dans ce domaine me hérissent les poils. Les cut-off de QI sont trop mathématiques mais au moins ils sont objectifs (avec des normes certes décidées par des humains donc subjectives mais chacun n'y va pas de son ressenti personnel). J'ai peur que d'autres définitions écartent certains patients (à la limite, qu'ils en incluent d'autres, ça me semble moins néfaste... quoique les étiquettes, même "positives", il faut vraiment réfléchir à leur impact) ou ne s'adressent que à nos petits patients Asperger. Et là on rejoint le côté un peu plus personnel avec le fait que oui c'est différent d'être diagnostiqué.e THPI ou autiste... l'impact sur l'estime de soi n'est pas du tout le même ; mais les aides non plus (quand on a la chance de pouvoir accéder à ces aides).

Ambriel :
C'est pas que du personnel et de la sensibilité, ce sont de vrais questionnements qui découlent aussi de mon travail au quotidien. J'ai une vision des choses très (trop ?) critique de par tout ce qu'on m'a appris, que ce soit dans l'analyse d'articles, dans les débats autour de l'autisme ou du TDAH, dans mes lectures sur la précocité. Je le redis aucun point de vue ne me gêne, au contraire, la vision de cochonsauvage est intéressante par les nuances qu'elle apporte et ça m'intéresse réellement. Donc non le point de vue intellectuel et détaché ne me gêne pas. Au contraire. C'est la façon de communiquer qui me saoule, le ton catégorique ; ça doit venir de mes propres complexes mais je n'aime pas avoir l'impression qu'on ne m'entend pas. J'essaye d'apporter des nuances et j'ai eu pendant plusieurs messages l'impression de m'égosiller pour rien. Mais je pense que pour le coup je suis trop sensible (mais pas à cause du sujet, plus à cause de la forme que ça prend) et trop rigide et trop fatiguée, du coup je vous laisse poursuivre sans moi.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 18 Décembre 2018 à 12:28:15
Ok désolée si je me suis trompée.
On a peut être juste pas la même façon de le dire.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Milora le 18 Décembre 2018 à 12:30:38
Voilà, j'ai séparé le fil ! J'ai mis un titre provisoire parce qu'il en fallait un, mais dites-moi lequel vous voulez mettre pour qu'il définisse bien la conversation. :)
Je déplace dans les Discussions aussi, du coup.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 18 Décembre 2018 à 13:57:42
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 14:25:26
(...oui ok ce sujet m'intéresse trop pour que je me taise  :-[ mais promis j'arrête de m'énerver  :-[ ).


Citation de: Erwan
Je trouve intéressant Ariane, ce que tu dis sur les profils asperger,
Merci. Si ça t'intéresse, je me suis dit après coup que je pourrais développer un peu plus.
Si tu reprends la description "typique" de l'enfant précoce apportée par Cochon sauvage, je te mets en vert toutes les caractéristiques qui peuvent être des signes d'appel en faveur d'un autisme léger, et en orange toutes celles qui peuvent être directement en lien avec l'autisme même si ce n'est pas spécialement un "signe d'appel".
Citer
La précocité peut se résumer en une hyper sensibilité. Cette hyper sensibilité s’accompagne d’une capacité de compréhension hors norme et une boulimie de connaissance.
Le développement affectif et social n’est pas en reste puisque l’enfant précoce aura d’énormes difficultés à s’intégrer dans les groupes d’enfants et préférera s'intercaler dans les discussions d’adultes, (ce qui agace la plupart du temps).
Un enfant précoce n’est pas forcément surdoué, j’ai vu des enfants précoces qui avaient des difficultés d’apprentissage. C’est un problème et une grande souffrance supplémentaire pour eux car leur soif de connaissance leur demande de redoubler d’efforts pour être assouvie.
L’enfant précoce ne supporte pas les injustices et ressent le besoin de fourrer son nez partout pour rétablir ce qu’il pense être juste. Lorsqu’il entend un discours qu’il estime erroné, il ne peut s’empêcher de contredire son interlocuteur pour le corriger. Cela passe souvent pour de la prétention.
La compréhension du monde et des problématiques sociétales par un enfant précoce seront bien différentes d'un enfant "normal".
Enfin et j'oubliai l'essentiel, le cerveau d'un enfant précoce ne se met jamais en pause. Il est incapable de ne penser à rien.
A titre d'exemple, en voiture, il comptera les lignes blanches au sol, les arbres, les oiseaux, les classera par catégories avant d'un faire des statistiques. Il faut toujours qu'il occupe ses pensées par une réflexion ou un travail impliquant l'analyse et la logique.
Du coup, on voit bien qu'il faut être certain que les études de la personnalité de ces enfants ont écarté correctement le diagnostic d'autisme, même les formes les plus légères, sinon les caractéristiques que l'on attribue aux enfants précoces seront trop imprégnées des spécificités de l'autisme.
En ce qui concerne la soif de connaissance, ça ne me paraît pas du tout une constante chez les enfants précoces. Il existe au moins des exceptions, ça je le sais d'expérience ; et d'autres auteurs décrivent plusieurs tableaux possibles dont certains ne comprennent pas ce critère.
Voilà ce qui se passe dans ma tête à chaque fois que je lis une liste de caractéristiques de personnes à haut potentiel... Et encore, ici il n'y avait pas les confusions-recouvrements avec le TDAH. Mais c'est pour ça que ces descriptions cliniques me semblent à prendre avec beaucoup de précautions.



J'ai l'impression aussi, Erwan, d'après les morceaux que tu as cités, que ce qui t'intéresse c'est la part des choses entre "différence qualitative de fonctionnement" et "différence quantifiée d'efficacité intellectuelle".
Citation de: Aube
Pour le peu que j'en avais compris avant que ça ne me gave/m'angoisse, déjà, il y a une couille dans le diagnostic par QI :
-Le QI est une valeur linéaire.
-Le diagnostic de surdouement est plutôt qualitatif, on parlerait d'un raisonnement "en arborescence" plutôt que "séquentiel".
La petite précision en +, le lien entre quantitatif et qualitatif, c'est qu'apparemment des psychologues auraient estimé (je pense que c'est théorisé par Jeanne Siaud Facchin si mes souvenirs sont bons) qu'au-delà de 125-130 de QI total, on observe une modification qualitative des raisonnements utilisés et du mode de pensée. Je ne sais pas vraiment comment ils ont fait pour objectiver ça, ça fait partie des choses que je dois chercher. Mais du coup, c'est là que se fait le lien, le lien observé entre quantification de l'intelligence et différence qualitative du mode de pensée.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 15:02:50
Citer
La petite précision en +, le lien entre quantitatif et qualitatif, c'est qu'apparemment des psychologues auraient estimé (je pense que c'est théorisé par Jeanne Siaud Facchin si mes souvenirs sont bons) qu'au-delà de 125-130 de QI total, on observe une modification qualitative des raisonnements utilisés et du mode de pensée. Je ne sais pas vraiment comment ils ont fait pour objectiver ça, ça fait partie des choses que je dois chercher. Mais du coup, c'est là que se fait le lien, le lien observé entre quantification de l'intelligence et différence qualitative du mode de pensée.
C'est intéressant ça, mais la réciprocité a t-elle également été testée ?
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 15:06:36
Citer
La petite précision en +, le lien entre quantitatif et qualitatif, c'est qu'apparemment des psychologues auraient estimé (je pense que c'est théorisé par Jeanne Siaud Facchin si mes souvenirs sont bons) qu'au-delà de 125-130 de QI total, on observe une modification qualitative des raisonnements utilisés et du mode de pensée. Je ne sais pas vraiment comment ils ont fait pour objectiver ça, ça fait partie des choses que je dois chercher. Mais du coup, c'est là que se fait le lien, le lien observé entre quantification de l'intelligence et différence qualitative du mode de pensée.
C'est intéressant ça, mais la réciprocité a t-elle également été testée ?
Comme je l'ai dit je n'ai pas vérifié moi-même de quelle manière ce lien a été établi.
Mais sur le fond, je ne comprends pas ta question. Bien sûr qu'on sait que des différences qualitatives peuvent être retrouvées sans différence quantitative de QI : c'est le cas pour tous les autres diagnostics non neurotypiques. En premier lieu l'autisme.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 15:13:46
Citer
Comme je l'ai dit je n'ai pas vérifié moi-même
Je n'ai jamais dis le contraire, je faisais simplement appel à tes connaissances en la matière, au fruit de tes recherches.

Par réciprocité j'entend :

Augmentation du QI en fonction de la modification qualitative des raisonnements utilisés et du mode de pensée.

Ce que je pense c'est que la théorie selon laquelle au-delà de 125-130 de QI total, on observe une modification qualitative des raisonnements utilisés et du mode de pensée fonctionne dans un sens mais pas dans l'autre. D'où mes messages précédents et notre point principal de désaccord.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Milora le 18 Décembre 2018 à 15:27:59
Je ne connais absolument rien au sujet, mais une question me venait en vous lisant : qu'est-ce que ça mesure précisément, le QI ? Quelles compétences/aptitudes ça mesure ? (j'ai toujours eu l'impression que ça mesurait des capacités à la logique, à la visualisation dans l'espace, à des choses un peu mathématiques - et toujours eu l'impression que j'aurais un score déplorable si je faisais un test, d'ailleurs :mrgreen: ). C'est ça ou c'est une idée reçue fausse de ma part ?
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: mad le 18 Décembre 2018 à 15:29:11
Vite fait,
bien que je n'ai aucune connaissance personnelle sur le sujet, je trouve cela très étrange que le fait d'être surdoué/Précoces/Zèbre/Whatever will come in the futur, ne
soit pas perdable. Mon expérience personnel de la manière dont fonctionne un cerveau - très personnel, je parle du miens là - me pousse plutôt à penser que rien dans
un cerveau n'est définitif et que beaucoup de chose dépendent de manière très importante de l'environnement et des répétitions récentes ou moins récentes.
Si je m'immerge dans de la poésie suffisamment longtemps, je vais avoir tendance à parler et penser en vers.
Si je joue a un jeu débile pendant assez longtemps, il va occuper toute la place dans mon cerveau, je ne penserais plus qu'a ca, je rêverais de ca, et pendant un petit temps je subirais clairement une baisse d'intelligence (rpg player inside).
Je suis persuadé que quelqu'un d'intelligent soumis pendant plusieurs années a un environnement pauvre /répétitif /aliénant, finira par perdre son intelligence.

Alors une nouvelle fois, je ne suis pas médecin ou psychiatre, je suis pas grand chose, juste moi. Mais toute mon expérience de la vie me crie le contraire... Du coup Ariane si tu pouvais prendre le temps de m'expliquer pourquoi tu dit le contraire et de me passer des sources je t'en serais très reconnaissant.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 18 Décembre 2018 à 15:34:36
Bonjour,

En ce qui me concerne je tiens à affirmer toutes mes amitiés à Ariane pour sa patience et sa ténacité, je suis très impressionné par l'engagement dont elle fait preuve concernant sa propre discipline.

En ce qui me concerne, j'ai une question relative au mot « surdoué ». Je sais qu'il faut faire preuve d'une très grande discipline et d'une grande assiduité pour survivre aux extrêmes, c'est le cas par exemple des sportifs de haut-niveau qui font preuve d'un sang-froid et d'une mesure extrêmement disciplinés pour parvenir à leurs prouesses.

Est-ce que c'est le sens du mot « surdoué » ? Ou est-ce que ce mot parle plutôt d'enfants qui seraient indisciplinés pour des causes qui désigneraient autre chose ?

J'ai du mal à faire le lien entre quelqu'un qui part dans les extrêmes involontairement, sans aucune discipline, et quelqu'un qui serait doué dans ses compétences propres.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 15:52:18
Pour info et pèle mêle, quelques références et contacts sur le sujet (chaud) de la précocité :

Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 15:54:02
Cochon sauvage :

Citer
Ce que je pense c'est que la théorie selon laquelle au-delà de 125-130 de QI total, on observe une modification qualitative des raisonnements utilisés et du mode de pensée fonctionne dans un sens mais pas dans l'autre.
Ben oui. Bien sûr. Par exemple l'autisme. Mais ça ne change rien pour les surdoués, que d'autres personnes puissent avoir un raisonnement qualitativement différent sans avoir de différence de QI (ou bien vers le haut ou vers le bas mais aussi en normal).
On dirait que tu veux classer toutes les personnes avec une pensée qualitativement différente sous le terme de précoces ou bien surdoués. Mais il existe déjà d'autres diagnostics, en fait, d'autres façons d'aborder les choses. Et aussi, "différence qualitative" ne veut pas toujours dire que ça va toujours dans le même sens.
J'ai l'impression que ton raisonnement consiste à dire : "on a pris tous les enfants surdoués et on a fait ressortir des caractéristiques" => "tiens, on se rend compte que ces caractéristiques collent aussi pour des enfants ayant un QI dans la norme".
C'est un raisonnement étrange, ça devrait plutôt te montrer que peut-être, éventuellement, les caractéristiques décrites ne sont pas spécifiques.

Citer
D'où mes messages précédents et notre point principal de désaccord.
Non, absolument pas. Au cas où tu ne l'aurais pas compris (pourtant j'ai dû l'écrire 5 fois...) là où je n'étais pas d'accord avec toi c'est sur le fait que tu présentais tes définitions comme seule vérité, ne prenant pas en compte le fait que c'était un seul point de vue et même possiblement minoritaire dans le domaine de la santé. Faut relativiser. C'est "une" nomenclature, c'est tout ; et à ma connaissance ce n'est pas la nomenclature majoritaire. Tant mieux si elle te parle mais je te trouvais trop affirmatif et exclusif dans tes explications de comment voir les choses.


Mad :

Citer
Vite fait,
bien que je n'ai aucune connaissance personnelle sur le sujet, je trouve cela très étrange que le fait d'être surdoué/Précoces/Zèbre/Whatever will come in the futur, ne
soit pas perdable. Mon expérience personnel de la manière dont fonctionne un cerveau - très personnel, je parle du miens là - me pousse plutôt à penser que rien dans
un cerveau n'est définitif et que beaucoup de chose dépendent de manière très importante de l'environnement et des répétitions récentes ou moins récentes.
Si je m'immerge dans de la poésie suffisamment longtemps, je vais avoir tendance à parler et penser en vers.
Si je joue a un jeu débile pendant assez longtemps, il va occuper toute la place dans mon cerveau, je ne penserais plus qu'a ca, je rêverais de ca, et pendant un petit temps je subirais clairement une baisse d'intelligence (rpg player inside).
Je suis persuadé que quelqu'un d'intelligent soumis pendant plusieurs années a un environnement pauvre /répétitif /aliénant, finira par perdre son intelligence.
Je comprends ce que tu veux dire. Mais c'est pour ça que les psychologues parlent désormais de potentiel et non de "don". C'est qqch qui peut s'exprimer, ou non.
Je pense que c'est définitif parce que d'un point de vue neurobiologique, apparemment, ça fait partie de la constitution du cerveau. Il y aurait des différences au niveau de l'amygdale, et si je ne me trompe pas, de la myélinisation des neurones donc de leur rapidité. Il y a sûrement d'autres subtilités que j'ignore. Ces différences-là, elles sont établies, le cerveau s'est construit comme ça. Elles amènent des différences dans la façon de penser et de percevoir, et visiblement (même si je ne sais pas l'expliquer), une plus grand efficacité dans les tâches définies comme représentatives du potentiel intellectuel (mais ça comme Aube l'a déjà expliqué, c'est un combat perdu d'avance d'essayer de le déterminer et de l'évaluer de manière objective, on est dépendant des normes sociales et on finit toujours par être dépendant d'une théorie plus ou moins bien argumentée, il n'y a pas de possibilité de déterminer biologiquement ce qu'est réellement le potentiel intellectuel). Du coup je dis que ça ne change pas parce que a) c'est ce qu'affirment les psychologues spécialisés dans le sujet ^^ et b) quand je vois des descriptions de mini-particularités au niveau neurobiologique, je sais bien que ça ne peut pas se transformer totalement à cause du milieu. Même si on a tous une prédisposition à ce que les pensées et le cerveau s'appauvrissent avec le temps. Donc l'intelligence réelle, la souplesse, l'adaptation, risquent pour tout le monde de diminuer.
Pour des références, j'ai l'impression que les noms que je retrouve le plus sont ceux de Monique de Kermadec (elle m'intéressait parce que je l'ai entendue parler des particularités anatomiques) et Jeanne Siaud Facchin. Je ne sais pas quel texte ou quel livre en particulier.
Le blog d'Alexandra Raynaud (les tribulations d'un petit zèbre) m'a paru très bien fait pour reprendre les faits les plus communément admis ; mais je n'y ai pas trouvé de lien direct vers les études d'origine ayant permis aux professionnels d'établir ce qu'ils théorisaient.
Si tu cherches des preuves absolues, comme moi tu risques de chercher longtemps... ou d'être déçu. Mais si je trouve une étude intéressante je mettrai le lien ici (ce qui me freine c'est toujours cette histoire de diagnostic différentiel fiable ou non avec TDAH et formes légères d'autisme ; du coup je prends tout avec des giga pincettes).


Alan (merci :) ), Milora :

J'ai l'impression que vos questions se rejoignent un peu : comment on détermine qui est surdoué ou pas, c'est sur quels paramètres qu'on le voit... c'est quoi être "surdoué".
Donc pour Alan : la définition de base d'être surdoué / HPI ou autre, c'est d'avoir un score supérieur à 130 aux tests classiques de QI. Mais du coup la question qui en découle, c'est qu'est-ce que mesurent les tests de QI ? J'ai lu un peu là-dessus, mais pas assez pour pouvoir le mémoriser correctement, en parler ou retransmettre fidèlement les explications :( . Si ça vous intéresse je pense que plusieurs documents sont disponibles en ligne, mais c'est bien sûr complexe et donc chronophage comme lecture. Je pense que Aube est peut-être meilleur que moi en la matière. Ce doit être beaucoup plus clair dans ses pensées à lui.

Edit :
En fait je réalise que j'ai botté en touche sur les explications de ce que mesure le QI, parce que je pensais tout de suite à des questions plus profondes (pourquoi tel sous-domaine et pas tel autre ? pourquoi pas l'émotionnel ? l'interpersonnel ? etc etc ; cf. le post de Aube plus tôt dans la conversation). Mais pour les questions de base (que contiennent les tests, ce qu'ils mesurent), bien sûr qu'il y a des réponses accessibles :) cf. le lien que j'ai mis dans ce post-ci. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,30205.msg485513.html#msg485513)


Cochon sauvage :

Ce serait encore + sympa si tu nous disais qui dans tout ça fait une distinction entre précocité et surdoué :) (par exemple je ne pense pas que ce soit Jeanne Siaud Facchin, pour avoir parcouru ta liste en diagonale). Voire même si tu nous expliquais cette distinction parce que pour l'instant tu n'as pas répondu aux questions à ce sujet (à part de répéter que c'était différent). Et ça m'intéresse pour de vrai.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 16:03:29
Citer
On dirait que tu veux classer toutes les personnes avec une pensée qualitativement différente sous le terme de précoces ou bien surdoués.
Pas du tout. Si je me cantonne au seul sujet de la précocité ce n'est pas parce-que je mets de côté l'autisme (entre autre).
Seulement pour permettre (et c'est juste un exemple pas une généralité hien) aux enseignants de faire le travail dans les meilleures conditions possibles, il faut bien à un moment mettre des mots sur des maux ou pathologies, ou attitudes etc.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 16:07:43
Citer
Ce serait encore + sympa si tu nous disais qui dans tout ça fait une distinction entre précocité et surdoué
Il faut que je fasse des recherches dans la montagne de publications dont je dispose (un smiley avec une pelle y'a pas ça ?). Ça va me prendre pas mal de temps, il va me falloir le prendre car je n'ai pas tout mémorisé  :D
Par ailleurs il y a dans le lot pas mal d'expérience de terrain.
Mais je ferai un papier détaillé avec les infos dont je dispose. Par contre,
il va falloir être un peu patient.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 16:12:43
Citer
Si tu cherches des preuves absolues, comme moi tu risques de chercher longtemps... ou d'être déçu
D'accord avec ça  :banane:
A partir du moment où on touche au cerveau, c'est effectivement perdu d'avance, d'où les échanges très vivants de ce sujet  ;)
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 18 Décembre 2018 à 16:14:14
Alan (merci :) ), Milora :

J'ai l'impression que vos questions se rejoignent un peu : comment on détermine qui est surdoué ou pas, c'est sur quels paramètres qu'on le voit... c'est quoi être "surdoué".
Donc pour Alan : la définition de base d'être surdoué / HPI ou autre, c'est d'avoir un score supérieur à 130 aux tests classiques de QI. Mais du coup la question qui en découle, c'est qu'est-ce que mesurent les tests de QI ? J'ai lu un peu là-dessus, mais pas assez pour pouvoir le mémoriser correctement, en parler ou retransmettre fidèlement les explications :( . Si ça vous intéresse je pense que plusieurs documents sont disponibles en ligne, mais c'est bien sûr complexe et donc chronophage comme lecture. Je pense que Aube est peut-être meilleur que moi en la matière. Ce doit être beaucoup plus clair dans ses pensées à lui.

D'accord, merci à toi pour tes réponses, Ariane, je vois que la définition du mot « surdoué » est elle-même au cœur du débat, c'est donc que le sujet fait sens, même s'il y a des positions différentes.

@Aube, si jamais tu passes par ici et que tu as la patience de nous apporter ton point de vue sur la question, je pense que cela devrait en intéresser certaines & certains.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 16:20:41
Citation de: Cochon sauvage
A partir du moment où on touche au cerveau, c'est effectivement perdu d'avance, d'où les échanges très vivants de ce sujet  ;)

En fait, non. Désolée encore une fois de m'arrêter sur les mots que tu emploies mais il y a plein de choses en neurologie et en psychiatrie qui sont parfaitement prouvées. C'est la notion d'intelligence qui perd tout le monde et le fait que c'est un domaine où la recherche est peut-être encore trop récente.

Pour les sources, désolée de te laisser le travail de recherche, franchement tu m'aurais donné un auteur, ou deux ou trois, j'aurais été curieuse d'aller chercher moi-même, mais là une telle liste clairement je vais pas pouvoir fouiller. Il faudrait sélectionner.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 16:22:54
Grrrr, le contexte était implicite, on se calme Ariane
Je ne vais tout de même pas pondre une thèse pour expliquer chaque mot et leur contexte à chaque post !
Si le sujet doit prendre cette tournure ça va clairement pas le faire.
J'ai bien compris que tu m'as en ligne de mire mais si tu voulais bien déplacer un peu ta lunette de visée quelques centimètre à droite (ou à gauche)...
Titre: Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Milora le 18 Décembre 2018 à 16:23:17
Alan (merci :) ), Milora :

J'ai l'impression que vos questions se rejoignent un peu : comment on détermine qui est surdoué ou pas, c'est sur quels paramètres qu'on le voit... c'est quoi être "surdoué".
Donc pour Alan : la définition de base d'être surdoué / HPI ou autre, c'est d'avoir un score supérieur à 130 aux tests classiques de QI. Mais du coup la question qui en découle, c'est qu'est-ce que mesurent les tests de QI ? J'ai lu un peu là-dessus, mais pas assez pour pouvoir le mémoriser correctement, en parler ou retransmettre fidèlement les explications :( . Si ça vous intéresse je pense que plusieurs documents sont disponibles en ligne, mais c'est bien sûr complexe et donc chronophage comme lecture. Je pense que Aube est peut-être meilleur que moi en la matière. Ce doit être beaucoup plus clair dans ses pensées à lui.
Merci pour ta réponse, Ariane ! Je vais peut-être aller lire des trucs par curiosité, du coup, à moins qu'Aube n'arrive avec une réponse anti-sèche pour pas avoir à faire la recherche  :-¬?
Mais du coup, question annexe : ce genre de documents, c'est accessible à des profanes ? Parce qu'il y a des domaines qu'on peut comprendre en n'ayant pas les bases, mais d'autres où c'est vachement ardu (la sociologie par exemple, je trouve ça super dur à saisir, et pourtant c'est pas si éloigné de ma formation en terme de méthodo et d'objet d'étude. Là ce serait quoi, de la psychologie ?)
Titre: Re : Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 18 Décembre 2018 à 16:28:35
Mais du coup, question annexe : ce genre de documents, c'est accessible à des profanes ? Parce qu'il y a des domaines qu'on peut comprendre en n'ayant pas les bases, mais d'autres où c'est vachement ardu (la sociologie par exemple, je trouve ça super dur à saisir, et pourtant c'est pas si éloigné de ma formation en terme de méthodo et d'objet d'étude. Là ce serait quoi, de la psychologie ?)

 ::) Tu ne trouves pas que tu dévies un peu du sujet initial, quand même ?

Sinon, je plussoie avec Milora, si vous apportez des contenus vulgarisés, ou des points de vue subjectifs (du type expérience personnelle), ça me permettra de me faire une opinion plus construite.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 16:30:53
supprimé
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Milora le 18 Décembre 2018 à 16:32:36
Mais du coup, question annexe : ce genre de documents, c'est accessible à des profanes ? Parce qu'il y a des domaines qu'on peut comprendre en n'ayant pas les bases, mais d'autres où c'est vachement ardu (la sociologie par exemple, je trouve ça super dur à saisir, et pourtant c'est pas si éloigné de ma formation en terme de méthodo et d'objet d'étude. Là ce serait quoi, de la psychologie ?)

 ::) Tu ne trouves pas que tu dévies un peu du sujet initial, quand même ?

La mention de la socio c'était juste une comparaison, Alan, pour expliciter la raison de ma question. Au cas où ma formulation aurait prêté à confusion, ma question porte bien sur le sujet du fil, la question de la définition du QI. Parce que quitte à faire des lectures sur un sujet, je préfère faire des lectures à peu près fiables et aussi accessibles, mais ça n'était pas pour faire dévier un débat, promis !


Moi je veux bien apporter mon expérience perso mais Ariane risque de me tirer dessus !  :vaurien:
On peut éviter de glisser vers des piques personnelles par contre, svp ? :/
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 18 Décembre 2018 à 16:43:13
Mais du coup, question annexe : ce genre de documents, c'est accessible à des profanes ? Parce qu'il y a des domaines qu'on peut comprendre en n'ayant pas les bases, mais d'autres où c'est vachement ardu (la sociologie par exemple, je trouve ça super dur à saisir, et pourtant c'est pas si éloigné de ma formation en terme de méthodo et d'objet d'étude. Là ce serait quoi, de la psychologie ?)

 ::) Tu ne trouves pas que tu dévies un peu du sujet initial, quand même ?

La mention de la socio c'était juste une comparaison, Alan, pour expliciter la raison de ma question. Au cas où ma formulation aurait prêté à confusion, ma question porte bien sur le sujet du fil, la question de la définition du QI. Parce que quitte à faire des lectures sur un sujet, je préfère faire des lectures à peu près fiables et aussi accessibles, mais ça n'était pas pour faire dévier un débat, promis !

Pardonne-moi, dès que ça va un peu vite, je suis complètement perdu.

Je lirai ce fil avec curiosité, mais j'interviendrai moins pour ne pas vous déranger. Et si je n'y comprends plus rien, tant pis pour moi !! C'est la vie.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Kailiana le 18 Décembre 2018 à 16:47:22
@Mil : j'ai le bouquin de Jeanne Siaud-Facchin sur le sujet, que j'avais lu y'a quelques années, je peux te le passer une fois que je l'ai récupéré (normalement demain croisons les doigts). Je l'avais trouvé très bien fait et il est destiné à "tout le monde", il fallait juste garder à l'esprit, comme l'a répété Ariane je crois, que chacun pouvait avoir un peu de tels trucs et pas de tels autres, et du coup certains chapitres ne m'ont pas intéressée alors que d'autres beaucoup plus.

(mais à part ça je ne connais pas le sujet plus que ça donc je n'ai pas grand chose à ajouter à la conversation)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 18 Décembre 2018 à 16:57:32
Pour le moment je reste en stand by, le temps de pondre mon œuf argumenté de références précises et je reprendrai le fil de la discussion dès que possible.

Merci à tous pour vos contributions à ce sujet passionnant.  :) :)
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 18:22:31
Citation de: Cochon sauvage
Je ne vais tout de même pas pondre une thèse pour expliquer chaque mot et leur contexte à chaque post !
Oui enfin tu peux aussi accepter que l'on rectifie quand tu écris qqch de faux (en l'occurrence ce n'est pas le fait qu'on soit dans le cerveau qui pose problème, mais plutôt la définition de l'intelligence elle-même et la relative "fraîcheur" de ce domaine), surtout quand on l'amène avec douceur ("désolée blablabla"). Sans aller jusqu'à pondre une thèse, c'est possible d'accepter que l'on module tes affirmations.
Citer
on se calme Ariane
Citer
J'ai bien compris que tu m'as en ligne de mire mais si tu voulais bien déplacer un peu ta lunette de visée quelques centimètre à droite (ou à gauche)...
Avec un "désolée" par paragraphe, et en ayant plusieurs fois expliqué que oui ton point de vue m'intéresse vraiment, je trouve ça dommage de remettre en cause mon calme. Je me suis énervée une fois, une fois précise, parce que dans plusieurs messages tu répétais la même chose sans prendre en compte mes infos à moi ; après j'ai dit que je ne m'énerverais plus et je m'y tiens très bien.
Au passage, j'avais été directe aussi dans mes réponses à Erwan en début de fil (plus que ce que j'ai fait au début avec toi ; moins que ce que j'ai fait à la fin, vu que je galérais à être entendue) et il ne l'avait absolument pas mal pris.
C'est dommage, du coup comme tu te focalises sur la forme ou l'intention de mes commentaires on s'éloigne du sujet initial. Entre ton silence ou ta colère, de fait, je n'arrive pas à échanger avec toi.

Citation de: Keanu
Je pose une question à tous ceux qui interviennent ici et qui veulent répondre : pour vous, dans quelle mesure la catégorie "personne surdouée/précoce/HPI" est-elle valide d'un point de vue intellectuel (épistémologique), légitime d'un point de vue éthique et nécessaire d'un point de vue pragmatique ?
Sachant que ces trois domaines sont bien entendu interdépendants.
Pour le coup, ça, ça nécessiterait une vraie thèse ! ;)
Du coup désolée, pour ma part je ne me risquerai pas à donner un avis à la va-vite et pas assez étayé.

Juste pour le côté pragmatique (parce qu'au final c'est mon seul domaine de compétence) : les psychologues spécialisés considèrent qu'il résulte une souffrance de ce décalage avec le reste du monde (on en a beaucoup parlé en début de fil), du coup, le côté pragmatique, c'est de pouvoir dépister les personnes concernées et essayer de leur proposer des solutions, ou au moins, qu'elles se comprennent mieux et que leurs proches les comprennent mieux (dans les cas bien sûr où il y a souffrance ; dans les autres cas il y a tout de suite moins d'intérêt). Un autre intérêt important c'est de ne pas mélanger avec d'autres pathologies psychiatriques, parce que l'émotivité qui est souvent décrite pourrait être confondue avec autre chose (le plus fréquemment, un trouble de l'humeur, un trouble de la personnalité, un trouble anxieux, ce genre de choses). Or la réponse au traitement risque de ne pas être la réponse attendue, et bref, il y a des risques d'être délétère. Quand on se pose la question de l'autisme aussi c'est important de savoir où en est la personne niveau compréhension et mécanismes cognitifs. Donc oui c'est toujours mieux de bien comprendre les gens dans toutes leurs spécificités.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 18 Décembre 2018 à 18:38:22
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 18 Décembre 2018 à 18:54:48
Citation de: Erwan
Encore que concernant les souffrances pour les personnes concernées, ça soit plutôt la partie qualitatif qui les mette à part (et ils rejoignent d'autres diagnostics à caractère atypique sur ce point, donc), si j'ai bien compris la chose.
De mon point de vue les deux (si artificiellement on les distingue ; parce qu'en vérité bien sûr c'est pas aussi tranché), le qualitatif comme le quantitatif, peuvent être pesants (je développerai pas plus sauf en privé si tu y tiens).

Edit :
Au-delà du mode de pensée en lui-même, dans le côté "douloureux", les professionnels spécialisés évoquent beaucoup l'hyperémotivité associée.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 19 Décembre 2018 à 11:06:47
Salut Keanu,

Je suis pas au top de ma forme du coup c'est pas évident de répondre à tout en même temps, de manière à la fois détaillée et fine et en même temps en vulgarisant.

Pour le seuil de QI il me semble qu'on en a déjà parlé, je le répète ici et je te mets des liens : dans l'ensemble ce qu'il faut retenir :
- 130 correspond à deux écarts-types de + que la population standard, on commence à considérer que c'est un écart important.
C'est à dire que 100, c'est le score moyen de la population générale (c'est comme ça que ce score est calculé, on prend le score moyen des gens (un échantillon le plus large possible) au test et on le relie à la valeur 100). 15, c'est l'écart-type (moyenne des écarts à la moyenne, si mes souvenirs sont bons). Du coup 115 ça commence à être un peu élevé, 130 nettement élevé, 145 c'est encore un écart-type de plus, et le score max est de 160. Il y a 2,3 % de la population qui est au-dessus de 130 (en fait l'idée générale c'est que les scores sont établis à partir des statistiques, c'est pas des scores arbitraires sur lesquels on observe ensuite des statistiques).
- on a remarqué ensuite que c'était vers ce stade-là (130 ou 125) que la manière de réfléchir commençait à différer qualitativement de la manière standard, avec une pensée qui est décrite comme "en arborescence".
Pour savoir exactement en quoi ça diffère sur le plan qualitatif (la pensée en arborescence, les particularités des surdoués : pour ça le blog d'Alexandra Raynaud "Les tribulations d'un petit zèbre" est très bien) et surtout comment on l'a constaté avec fiabilité... Il faudrait approfondir un peu les recherches, et si je trouve qqch je vous le posterai.

En fait je réalise que j'ai botté en touche sur les explications de ce que mesure le QI, parce que je pensais tout de suite à des questions plus profondes (pourquoi tel sous-domaine et pas tel autre ? pourquoi pas l'émotionnel ? l'interpersonnel ? etc etc). Mais pour les questions de base (que contiennent les tests, ce qu'ils mesurent), bien sûr qu'il y a des réponses accessibles :) .

Pour tout ce qui concerne les tests de QI dans leur utilisation pratique (pourquoi les faire, comment les interpréter, comment sont-ils étalonnés), je vous recommande le blog d'Alexandra Raynaud, pour une approche à la fois détaillée mais vulgarisée. Je vous mets le lien vers la rubrique concernée, vous trouverez plein d'articles différents :
Alexandra Raynaud : tests, bilans et surdouement. (http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/category/tests-bilans-surdouement/)
Le plus facile notamment pour prendre l'habitude des noms des échelles et des chiffres qui servent de seuils aux différentes catégories (c'est moche dit comme ça mais c'est la réalité), c'est de commencer par l'article le plus ancien...
Par contre si vous voulez savoir à quoi correspondent les tests en terme d'exercices, je vous conseille plutôt de regarder les articles les plus récents où Alexandra parlera des versions les plus actuelles des tests.
Une idée intéressante c'est que les nouvelles versions des tests essayent de privilégier de plus en plus une approche dimensionnelle avec plusieurs sous-scores en essayant de donner + d'importance à ces sous-scores et moins d'importance au score total, pour qu'on ait une analyse plus fine, avec un profil différent selon les différents domaines ; plutôt qu'un unique gros chiffre tout rond. Il y a aussi un article qui a l'air intéressant sur l'intérêt d'adapter les tests à la culture. Je pense que des efforts sont faits pour percevoir toutes les nuances possibles de l'"intelligence" ; toutes les questions que vous vous posez, dites-vous bien que les professionnels et chercheurs se les posent aussi même s'il n'existe pas de réponse parfaite (très très loin de là) aux interrogations les plus complexes.
Ces articles sont utiles pour mettre un premier pied dans cet univers, comprendre comment ça marche à l'heure actuelle ; néanmoins, ça ne vous donnera pas de réponse sur des interrogations plus profondes (par exemple : pourquoi a-t-on décidé que la mémoire visuelle devait faire partie de la mesure de l'intelligence ? pourquoi laisser de côté les domaines social, émotionnel, ou autres encore ? (mentionnés par Aube plus haut dans la conversation)) ; ça vous dira surtout de quoi sont composés les tests actuels et comment on les interprète.

D'une manière générale, si le sujet vous interpelle vraiment, je trouve le blog d'Alexandra Raynaud très utile aussi pour surfer entre les différents articles qui vous intéressent. C'est à dire que chaque article est entouré d'une multitude de liens dans tous les sens ^^ on peut très facilement s'éparpiller mais on peut aussi trouver du plaisir à se laisser porter dès qu'un titre fait "tilt". Le point faible (mais qu'on ne peut absolument pas lui reprocher car ce n'est pas la vocation de son blog) : il n'y a pas de lien ni même de citation précise d'études scientifiques ; elle cite cependant chaque fois des ouvrages de professionnels.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 19 Décembre 2018 à 12:40:35
...
Titre: Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 19 Décembre 2018 à 13:24:59
Bonjour Keanu,

Je vois que tu profites du sujet des surdoués pour émettre une opinion politique.

Ce n'est pas le seul fil sur lequel on pourrait trouver des opinions politiques sur ce forum, mais je suis inquiet de voir que tu utilises des termes scientifiques pour appuyer ton propos de manière confuse.

C'est ici que je remarque que si rien ne t'interdit d'exprimer une opinion « militante », rien ne t'empêche non plus de signaler qu'il ne s'agit pas d'une vérité scientifique afin de laisser à nos membres la liberté de prendre une position « pour, contre, voire neutre et ne se prononce pas ».

La façon dont s'est saisie l'action publique de cette question des surdoués doit poser question. N'a-t-elle pas pris le postulat qu'une inégalité intrinsèque peut exister entre les êtres humains et doit attribuer la valeur et le statut de chacun, en dépit de concepts politiques comme celui de "commune dignité", d'équivalence entre les individus ?

À mes yeux, la dignité est une revendication juste et légitime, et je crois que tu as pu remarquer qu'Ariane était allée dans ce sens tout au long de ses interventions. Je suis donc inquiet de trouver ici toutes les accusations que tu glisses dans tes mots.

J'espère que tu comprendras mon inquiétude sur le sujet.
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 19 Décembre 2018 à 13:26:51
Erwan :

Le blog est intéressant, je suis passé faire un tour... J'ai quelques questions qui montent, de fait :

La première, c'est qu'elle nous dit que ce sont des psychologues uniquement qui font passer les tests de QI, et j'ai aussi cru comprendre qu'il suffisait de le demander... En tout cas, c'est l'impression que j'ai eu à la lecture du billet sur la question. Or, je suis dérangé que l'on fasse passer un test à but normalement thérapeutique, sans se soucier de l'indication (il y a t-il bien souffrance, nécessité) ? Est-ce qu'il y a un cadre déontologique bien posé entourant ces passage de tests ? Si moi je veux passer le test juste pour faire un concours de chiffre avec des amis, on m'enverra chier, ... ou pas ?
Les psychologues ou neuropsychologues sont des soignants. Ils doivent se référer à une certaine éthique de travail (je ne saurais pas te citer leurs références mais j'imagine qu'il existe une sorte de code de déontologie des psycho). Si la personne prend RV d'elle-même en cabinet pour une demande, c'est au psycho d'en discuter avec lui ou elle et d'évaluer si la personne a bien compris les enjeux et s'il y aurait un bénéfice ou non.

Pour ce qui est de l'impact global sur la population, je n'ai vraiment pas envie de m'avancer trop sur ce sujet parce que ce n'est pas mon domaine de compétence et ça ne me passionne vraiment pas... Du coup, avec prudence et sans vouloir en faire un débat : j'ai l'impression que c'est une "globalité" un peu illusoire. Pour caricaturer : je connais pas de "registre des personnes à haut potentiel", ni des personnes déficientes. Concrètement chaque malade est dans sa bulle avec des soignants pour le soigner. Les adaptations scolaires ou autres sont toujours très très très personnalisées. Je vois mal comment ça peut dériver en qqch de global. Et les soignants s'opposent à toute intrusion politique dans leurs données... par exemple, à une époque, il avait été question de garder trace des enfants différents (très tôt, vers l'âge de trois ans) dans l'idée d'une "prévention de la délinquance" => idée absolument absurde et dangereuse +++, les soignants s'y étaient opposés (j'avais suivi ça de très loin, mes infos sont peut-être erronées). Que tu te poses des questions politiques sur ce que ça pourrait donner etc, je le comprends, et ce sont des questions à se poser chaque fois qu'une étude est menée (c'est pour ça que chaque étude doit être validée par un comité d'éthique respectant les droits des patients et portant un regard sur les objectifs de l'étude). Mais au quotidien, le test est utilisé à échelle individuelle (c'est d'ailleurs tellement cher qu'il faudrait le vouloir pour l'appliquer à une collectivité), je ne vois pas trop ce que tu entends concrètement par "impact global". Cette crainte peut être au premier plan quand on aborde les choses de manière intellectuelle et distante, mais quand tu es au quotidien auprès des patients, ça semble infime et irréaliste comparé à ce que tu peux apporter aux gens dans leur qualité de vie. Pour la qualité de vie je pense surtout aux diagnostics associés en fait, pas forcément au haut potentiel quand il est isolé mais vraiment à la compréhension du fonctionnement de la personne dans sa globalité ; et je pense aussi énormément aux diagnostics différentiels. Quand tu as un proche qui finit à l'HP à cause des conséquences (parfois vraiment très sévères) de sa labilité émotionnelle, qui en bave énormément dans le circuit de la psychiatrie qui malheureusement peut aussi avoir des côtés délétères... Ca passe à un autre plan que les questions philosophiques calmes et posées par pur exercice intellectuel.

Citer
Finalement, tous les diagnostics psy ont l'air entachés de préjugés délétères :(.
OUI
Tellement tellement... C'est désespérant au quotidien. Les diagnostics psychiatriques surtout portent un poids très très lourd. :( et en + de la souffrance du regard des autres, ça impacte le regard que la personne concernée ou ses proches ont eux-mêmes sur la maladie => si c'est un regard trop violent, c'est impossible de s'y identifier, on fuie le diagnostic, on fuie les soins, ça influence tout le parcours de santé (de façon très concrète).


Keanu :


Comme dit plus haut je pense que cet impact global est immensément surévalué.
Des classes d'enfants précoces ?
Elles sont absentes de mon quotidien et pourtant je passe mon temps à faire des diagnostics avec pour conséquence évidente de donner ensuite des conseils et d'orienter les enfants. Je suis peut-être dans une région défavorisée pour ce type de classe... mais je pense vraiment pas que ce soit qqch de répandu.
Par ailleurs tout le texte que tu cites a un ton extrêmement orienté, la personne sait ce qu'elle veut démontrer et elle met en avant uniquement les arguments qui vont dans son sens et les interprète uniquement avec le regard qui lui convient. Par exemple, pour l'argument selon lequel il y a une majorité de garçons de milieux aisés qui sont diagnostiqués : ça pourrait au contraire être perçu comme un signal selon lequel il faut améliorer la prise en charge et le diagnostic, plutôt qu'un signal selon lequel ce diagnostic est mauvais vu qu'on retrouve des biais.
Tout ce que tu écris (j'imagine que tu t'inspires aussi de cet auteur pour la partie que tu rédiges en ton nom propre ?) défend l'idée que ces différences intellectuelles seraient potentiellement arbitraires, qu'on est pas sûrs qu'une telle différence existe réellement, qu'elle est peut-être reconstruite à cause des fantasmes de la société. Mais concrètement quand tu travailles auprès de personnes déficientes (j'entends par là institutionnalisées, en difficulté dans toutes les actions du quotidien, extrêmement vulnérables) tu ne peux pas nier les difficultés rencontrées et dire : allez, égalité avant tout, on met tout le monde dans la même classe et le même cadre. Pour moi la "commune dignité" c'est au contraire d'aller s'adapter aux gens et pas de les abandonner dans un cadre uniforme.
Je n'aime pas non plus les mots "élection", "élus", qui ne sont pas forcément de toi et qui montrent pour moi que la personne qui les a choisis dans ses analyses n'a rien compris aux caractéristiques associées et aux souffrances décrites chez les personnes surdouées ; ou a choisi un vocabulaire extrêmement biaisé pour orienter l'opinion du lecteur, de par tous les préjugés que cela confirme, de façon subliminale.
Donc voilà, je sais pas si tous les sociologues emploient de tels procédés d'argumentation, si c'est le cas la matière m'attire d'autant moins.
 :o

Citer
À mes yeux, la dignité est une revendication juste et légitime, et je crois que tu as pu remarquer qu'Ariane était allée dans ce sens tout au long de ses interventions.
Merci Alan  :coeur:
Titre: Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Gros Lo le 19 Décembre 2018 à 14:01:46
Je lis vos discussions avec beaucoup d'intérêt ! Tout me semble à un niveau bien trop élevé (ces mots professionnels/universitaires et tout ça) pour que je me sente de m'immiscer là-dedans, simplement j'ai un peu réagi à cette partie de ton message, Keanu :

Cette identité assignée peut entraîner une détermination de la pratique sociale sous forme de recherche de confirmations supplémentaires de son caractère d'exception. Beaucoup d'enfants vont être amenés à "prouver et éprouver leur intelligence" jusqu'à surinvestir le principe concurrentiel, notamment en milieu scolaire, afin de mieux apprécier leur place dans la hiérarchie très floue de l'intelligence. Il est donc évident que cette "étiquette génère des comportements". L'élection des surdoués se rapporte par ailleurs bien à une intelligence socialement reconnue, scolaire, institutionnelle, à une forme d'excellence académique : elle est à rattacher à des pratiques légitimantes plutôt qu'à une intelligence absolue, universelle, objective.
J'ai un peu l'impression que c'est tirer des plans intellectuels sur la comète, ça. J'entends de temps en temps des T.HQI parler de leur scolarité. Il est vrai qu'un petit nombre s'adapte très bien aux exigences scolaires (sachant qu'une partie de ceux-là décrocheront malgré tout parce que le monde scolaire dans sa globalité leur semble hostile : souvent les T.HQI sautent des classes, sont donc plus jeunes - parfois de plusieurs années - que leurs camarades de classe, et pour certains ça ne se passe pas du tout, du tout bien et ils décrochent, alors qu'ils ne rencontraient pas de difficultés avec les exigences scolaires). Mais pour un certain nombre de gens (dont j'ai l'impression qu'ils forment une nette majorité des T.HQI), ils ne sont pas du tout, du tout en phase avec la dynamique scolaire, les méthodes d'apprentissage, la compréhension de ce qu'on attend d'eux, la circonscription des tâches qu'on leur demande. Ne pas penser selon les mêmes schémas que la majorité des gens, c'est d'abord un handicap. Bref, très très loin de l'image d'un groupe d'élus poussés à "surinvestir le principe concurrentiel". oO ):
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aube le 19 Décembre 2018 à 14:23:39
Je plussoie Lo et Ariane de ouf.

Et l'article cité est un peu révoltant, en effet, tant il est en déphasage avec la réalité empirique. J'ai plusieurs exemples de proches et d'amis dont le THPI diagnostiqué ou non à l'époque de leur scolarité fut la cause principale d'un échec scolaire avec décrochage. Et je vais pas avoir l'impudeur de brandir mon propre vécu de ma scolarité en argument, mais l'idée est là.

Ceci sans tomber dans la victimisation, ou dans la polarisation.
Titre: Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 19 Décembre 2018 à 19:38:56
...
Titre: Re : Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Gros Lo le 19 Décembre 2018 à 19:41:44
Cette identité assignée peut entraîner une détermination de la pratique sociale sous forme de recherche de confirmations supplémentaires de son caractère d'exception. Beaucoup d'enfants vont être amenés à "prouver et éprouver leur intelligence" jusqu'à surinvestir le principe concurrentiel, notamment en milieu scolaire, afin de mieux apprécier leur place dans la hiérarchie très floue de l'intelligence. Il est donc évident que cette "étiquette génère des comportements". L'élection des surdoués se rapporte par ailleurs bien à une intelligence socialement reconnue, scolaire, institutionnelle, à une forme d'excellence académique : elle est à rattacher à des pratiques légitimantes plutôt qu'à une intelligence absolue, universelle, objective.
Ça a quand même un peu l'air de le dire...

y aurait-il une forme de pré-carré à défendre ? certains se sentent-ils attaqués dans une identité qu'ils ont envie de s'approprier car elle dessine une figure de leurs différences et de leurs difficultés au fond valorisante et dépolitisée ?)
Je te jure que ça valait vraiment pas le coup d'éditer ton message pour ajouter ça -_-
S'approprier son handicap (quel qu'il soit, plus ou moins lourd, plus ou moins apparent, plus ou moins transformable aussi) et essayer de bien vivre avec, voire de le transformer en atout si vraiment tout roule, ça sent le soufre à ce point ?
Bah oui, ton handicap (ou ton "vecteur d'exclusion", je sais pas comment l'appeler), encore heureux qu'au bout d'un certain temps tu acceptes de le reconnaitre comme ton pré carré ; c'est ce qui te permet d'avancer. C'est pas un pré carré arbitraire, créé par ta société ou le monde bizarre des psychologues, c'est une différence que tu as vécue dès le début, que tu sois diagnostiqué.e ou pas. C'est pas l'étiquette qui crée ta différence (sauf si tu fais partie de la poignée de T.HPI adaptable au milieu scolaire, qui a l'envie et les moyens de se fondre dans la masse, mais dans ce cas la différence tu la caches, tu surjoues le con si jamais quelqu'un te parle de ton année d'avance (ou de tes -), [d'ailleurs ce serait important d'évoquer dans ce fil la logique de suradaptation - mais ça a peut-être déjà été fait] et au final tu rencontres normalement pas trop de problèmes).

Déso je réponds à chaud, c'est pas bien, j'aurais été plus doux et j'aurais eu plus de recul si j'avais attendu. Pardon Keanu, je m'insurge peut-être juste contre une idée que je pense avoir trouvée dans tes mots alors qu'elle n'y était pas.
Titre: Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 19 Décembre 2018 à 19:57:22
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aube le 19 Décembre 2018 à 22:45:08
Citer
y aurait-il une forme de pré-carré à défendre ? certains se sentent-ils attaqués dans une identité qu'ils ont envie de s'approprier car elle dessine une figure de leurs différences et de leurs difficultés au fond valorisante et dépolitisée ?)
Je suis pas en état de répondre de façon sereine à ça.

J'ai été confronté au problème deux fois : pour la schizophrénie d'abord, pour le THPI ensuite.

Il n'y a pas de revendication dépolitisée et/ou valorisante. Tu te défends face aux stigmates qui accompagnent ce genre d'étiquette, et on l'a assez expliqué ici, notamment Ariane.
Pas de bol le THPI tombe dans le fantasme de performance de notre société, on en vient donc à une jalousie plutôt qu'à une peur.

Tu parles d'enfants diagnostiqués, le plus souvent. La volonté de revendication d'un statut social valorisant et dépolitisée n'est pas d'actualité à ce stade de la vie.

Je ne sais plus si c'est toi ou Erwan qui a mentionné son frère autiste mais c'est exactement aussi violent que si on remettait en cause ce diagnostic, genre l'autisme est une invention du système néo-libéral pour justifier telle pratique socialement discriminatoire etc. et le plus violent c'est que bien sûr on doit remettre en cause, tout le temps, mais là on le fait pour des motifs idéologiques au mépris de la souffrance des gens.
Personne ici ne défend l'étiquette, je crois. Je hais l'étiquette. Sans cette conversation je me serai jamais dit THPI publiquement, et tout ça me provoque un malaise, j'ai peur qu'on me trouve arrogant, j'ai peur de l'être pour de vrai, j'ai peur d'être délirant.
Cette étiquette n'est pas dépolitisée, elle n'est pas non plus valorisante, ta question est une insinuation blessante, même si j'imagine qu'elle est sincère. Va essayer de dire pourquoi t'es chelou ou pourquoi t'as mal vécu le lycée à tes potes en soirée en résumant par "vous savez, je suis Très Haut Potentiel Intellectuel, c'est pour ça", va essayer pour voir si c'est confortable. Alors non, on euphémise, on maudit les psys qui ont pas trouvé un truc plus socialement acceptable pour appeler notre truc, on en parle à mots couverts.
Moi je suis bien avec moi-même. Cette étiquette c'est l'angle mort secret de mon équilibre. Cette conversation c'est du vomi en boîte que j'ingère en continu depuis qu'elle a commencé.

En disant ce que tu dis, tu nies juste les épreuves qu'on a vécu et le sens qu'on en a tiré.
Bien sûr qu'on doit remettre en cause nos connaissances, c'est la base de la méthode scientifique.

On peut discuter de la pertinence du diagnostic, des interrogations éthiques qu'il soulève, de la nature de cette différence.
Mais sous-entendre que cette différence n'est qu'une instrumentalisation de classe en se basant sur des arguments si grossiers, c'est insultant.

C'est pour ça que je lis plus d'études sur ça, je ne veux pas être ça, je veux être la personne que je construis, je gerbe cette étiquette. Mais d'autres en ont besoin parce que leur famille les traite d'arrogant, leurs profs les enfoncent, leurs camarades de classe leur font vivre un enfer, et que des chercheurs en sociologie leur explique qu'ils sont la proie à un problème imaginaire. Ils ont besoin d'un psy qui leur filent un papier pour dire "laissez ce gosse tranquille il est pas comme vous et moi".

Si tu savais combien d'années j'ai lutté contre le syndrome de l'imposteur et comment tes quelques phrases et ton extrait du cairn me les renvoient dans la gueule.

Ecoute, à cause de la méconnaissance du THPI, on m'a collé un mot dans mon dossier médical qui va peut-être me poser problème en fonction du climat politique futur de notre pays : schizophrène.
Je me suis collé tout seul les étiquettes d'arrogance et d'inadapté social, ce que j'ai dépassé à mon passage à l'âge adulte mais qui m'ont laissé des stigmates durables contre lesquels j'ai dû lutter de toutes mes forces pour devenir qui je souhaitais être.
Alors arriver de nulle part et prétendre le THPI serait un artefact social privilégiant les mâles aisés... c'est mépriser chaque témoignage sur le sujet et les travaux scientifiques qui essaient d'aider ces personnes.

Ce mythe du surdoué qui réussit grâce à son "intelligence supérieure" je connais des gens THPI qui en pleurent. Des amis à moi qui me disent qu'ils ont vu à la télé une fille "zèbre" qui accumule les thèses à vingt ans alors qu'à vingt cinq ils galèrent chez leur mère et sont incapables de sociabiliser normalement, ni d'avancer dans leurs études, à cause de ces particularités. Le mépris de cette réalité, taboue, inconnue et trop minoritaire pour avoir l'impact fantasmée que certains semblent croire au niveau sociétal, pour alimenter un agenda idéologique égalitariste, c'est de l'obscurantisme pur et dur. Pouvoir le sortir de bonne foi, c'est être au même niveau d'ignorance que les eugénistes concernant la véritable nature d'un test de QI et du dit "surdouement".

Moi on m'a diagnostiqué quasi contre mon gré, je savais très bien que je risquais d'être positif au test et on m'a fait passé la psychométrie au moment d'un dépistage pour un autre problème psychiatrique. Bien sûr je le savais, mais je fuis cette étiquette comme la peste.

Alors pourquoi je me retrouve à la défendre ? Parce que c'est le stigmate et la prédestination qu'elle porte que je fuis. Mais attaquer jusqu'au fondement du phénomène, certes mal compris mais très tangible crois-moi, c'est du mépriser l'identité des gens. On a tous des étiquettes, en fonction de qui on aime baiser, de notre taux de mélanine, de notre santé, de nos chromosomes, de notre langue, de notre pays. On se construit avec ou envers elles, souvent, on essaie d'inventer les nôtres, on les fuit, ou on les embrasse et on va à la gaypride avec un drapeau. On peut en discuter, mais dire "ça n'existe pas" c'est chaud quand même.

Les surdoués existent, ils le savaient avant leur diagnostic, OUI comme l'a dit Ariane et ce qu'aurait pu mettre en lumière cette étude, les gens trop pauvres ou pas assez cultivés pour consulter un psy seront laissés avec ça sans assistance, certains galèrent toujours en ignorant complètement ce qui cloche chez eux (mais ça peut pas être du surdouement n'est ce pas, par ce que les surdoués c'est genre Stephen Hawking et Steve Jobs, ils sont milliardaires n'est-ce pas ?), et ce genre d'études, c'est de la merde.

Les surdoués ne sont PAS valorisés par la société en dehors des médias et des cercles universitaires. S'ils arrivent à l'être, ils le sont malgré le stigmate social et les particularités de fonctionnement.

C'est super à l'arrache comme message. Désolé.

C'est trop misérabiliste aussi. Dans la vraie vie, je suis heureux, c'est juste que là, on touche une corde particulière. Je me suis crispé de ouf dès que cochon sauvage a lâché le terme dans un message haha.

Une chose : avant de lire de la socio, comprenez le phénomène. La socio c'est la vie, ok, mais là c'est pas l'heure de faire de l'idéologie, ya des gamins qui finissent sédatés en hp à cause de ce genre d'obscurantisme.

ça me fait penser à mon jury de profs qui théorisaient ensemble dans le vide sur le fait que la folie c'était la liberté suprême, que le néo-libéralisme l'avait médicalisée pour la réprimer à des fins de contrôle social.

C'est ça les gars, allez-dire ça à mes potes de l'HP qui luttent pour leur vie, contre leur propre cerveau, chaque matin et chaque soir.

On théorisera à loisir dès que l'urgence vitale sera écartée, vous voulez bien ?
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 20 Décembre 2018 à 02:17:28
Erwan :

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Je me suis mal exprimé... En fait, je parlais de l'impact global du test sur les personnes testées en premier lieu, et notamment vis-à-vis du second point, les préjugés.
Aaaaah effectivement je n'avais pas compris  :-[ je croyais que tu parlais toi aussi de phénomènes de société. Du coup désolée, ma réponse était à côté  :-[.


Lo :

Citer
Je te jure que ça valait vraiment pas le coup d'éditer ton message pour ajouter ça -_-
:calin:

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d'ailleurs ce serait important d'évoquer dans ce fil la logique de suradaptation - mais ça a peut-être déjà été fait
Non je ne crois pas que ça ait été fait.
Et c'est un domaine que je connais mal, je connais plutôt des gens mal adaptés (sinon ils ne viendraient pas consulter pour suspicion d'autisme). Auxquels je me retrouve pas trop mal identifiée  :mrgreen: du coup la suradaptation ce n'est pas mon point fort mais on m'en a parlé.


Keanu :

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(mais vous pouvez aller voir sur différents liens internet, par exemple sur des vidéos YouTube ou sur la page Fnac à propos du livre de Wilfried Lignier "La petite noblesse de l'intelligence", beaucoup de commentaires sont indignés et encore plus que vous du travail de ce monsieur ! y aurait-il une forme de pré-carré à défendre ? certains se sentent-ils attaqués dans une identité qu'ils ont envie de s'approprier car elle dessine une figure de leurs différences et de leurs difficultés au fond valorisante et dépolitisée ?)
Je suis pas une experte des "biais de confirmation" mais ça me fait penser à ça la manière de tout utiliser dans ton sens... D'un côté c'est normal, quand on argumente on ne présente qu'une facette des choses, mais de l'autre parfois ça frôle la mauvaise foi. Ce que tu écris ici, ça fait un peu : "Beaucoup de gens s'indignent du discours de cet auteur, du coup ça veut dire qu'il a raison". Euh, ou pas. C'est peut-être aussi que ce monsieur dit réellement des choses mal argumentées, et avec un regard qui je t'assure est réellement déconnecté de la réalité des soins (même si la prétention est sociologique, il utilise des arguments liés aux soins, avec un regard déconnecté de ce que ça représente dans la vie réelle, du coup ça me gêne). L'extrait que tu as posté n'était vraiment, vraiment pas convaincant (cf. commentaires précédents).


Aube :

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j'ai peur qu'on me trouve arrogant, j'ai peur de l'être pour de vrai, j'ai peur d'être délirant.
Non - non - et non.  :calin:
Et je pense que tu restes aujourd'hui encore dans l'euphémisme à cause de tous ces regards-là. Et pour le même type de raison, je ne pourrai jamais faire un témoignage aussi transparent que le tien - il y a quelque chose de muselé sur tous ces sujets-là, parce que chaque mot en psychiatrie tend la main à dix préjugés.

Citer
Une chose : avant de lire de la socio, comprenez le phénomène. La socio c'est la vie, ok, mais là c'est pas l'heure de faire de l'idéologie, ya des gamins qui finissent sédater en hp à cause de ce genre d'obscurantisme.

ça me fait penser à mon jury de profs qui théorisaient ensemble dans le vide sur le fait que la folie c'était la liberté suprême, que le néo-libéralisme l'avait médicalisée pour la réprimer à des fins de contrôle social.

C'est ça les gars, allez-dire ça à mes potes de l'HP qui luttent pour leur vie, contre leur propre cerveau, chaque matin et chaque soir.

On théorisera à loisir dès que l'urgence vitale sera écartée, vous voulez bien ?
Je suis tellement, tellement, tellement d'accord avec ça... J'étais en train d'écrire un peu la même chose (avec plus de prudence et du coup de façon sûrement moins percutante).


Pour Keanu :

C'est peut-être le témoignage de Aube qui me donne un peu de courage mais du coup je vais essayer d'exprimer un peu plus le fond de ma pensée. Tu continues de défendre ton post et l'extrait cité avec vigueur ("et je vous invite au cas où à relire mes interventions et l'article (j'en ai d'autres aussi) qui sont je crois exempts des reproches que vous leur adressez, qui n'ont pas pour seuil ni finalité de penser que ces diagnostics ne correspondent à aucune réalité individuelle"), du coup j'ai suivi ton invitation et je l'ai relu - plusieurs fois même. Je reste bloquée sur chaque phrase de ton post, je ne pourrais même pas rebondir sur tout tellement ça soulève des argumentations vives à plusieurs endroits. Du coup pour ne pas m'éparpiller (comme tu le vois je le fais déjà bien assez ^^ ) je vais citer le passage qui me dérange le plus et qui me semble pourtant refléter assez bien l'opinion que tu défends :
"La façon dont s'est saisie l'action publique de cette question des surdoués doit poser question. N'a-t-elle pas pris le postulat qu'une inégalité intrinsèque peut exister entre les êtres humains et doit attribuer la valeur et le statut de chacun, en dépit de concepts politiques comme celui de "commune dignité", d'équivalence entre les individus ?"

Oui, ce discours nie l'existence même d'inégalités en terme de capacités cognitives, ou du moins il nie l'intérêt de prendre en compte ces inégalités. Je ressens dans tout ça des questionnements venus d'une toute autre sphère que la réalité. Une sphère très intellectualisée. C'est beau de s'interroger sur le sens profond de l'intelligence, on se sent légitime à lutter contre toute tentative incomplète de traiter du sujet, on se sent valorisé de défendre l'égalité à tout prix. Mais en fait, non la vie n'est pas égale. Et je suis désolée pour ceux que ça heurte mais la biologie ne l'est pas non plus. Non ça ne doit pas déterminer "la valeur et le statut de chacun", mais ça doit déterminer la main tendue, l'aide que l'on propose. Sérieusement, passez en service de neuropédiatrie, passez en institution pour enfants handicapés, écoutez les familles galérer à accepter les mots comme les réalités. Et du coup les questions qui se veulent belles et surtout "propres", avec ce beau discours d'égalité, ne sont finalement plus bienveillantes quand elles oublient la réalité de ce que vivent les gens. La bienveillance ce n'est pas de cacher sous un voile, c'est de comprendre, de respecter et de s'adapter.

Finalement, je trouve les propos qui nient les différences cognitives presque plus offensants pour les personnes déficientes. (Toute question sur le choix du terme, en revanche, me paraît totalement bien-fondée ; mais sur l'existence ou non de ces différences, ça me gêne). Sous couvert de les défendre, vous niez ce que les gens vivent. Quand tu as un bébé dont il te faut des années pour comprendre que non, réellement, il n'ira pas aussi loin que les autres même dans les apprentissages de base, dans les gestes du quotidien et dans la communication (je ne parle pas d'autisme mais bien de déficience profonde), les termes ont beau te faire mal (déficience intellectuelle / retard mental / difficultés cognitives...), tu as beau tâtonner avec le lexique le moins douloureux possible, il faut aussi comprendre ce qui lui arrive et lui trouver des aides adaptées tout comme une écoute adaptée, une communication adaptée. Même pour les déficiences légères, si on peut apporter un soutien scolaire, une aide pour les examens, une aide à l'insertion au travail... est-ce vraiment de la noblesse de vouloir nier les difficultés rencontrées ? Oui il faut peser le pour et le contre de tels diagnostics, sur le plan psychologique comme sur le plan pratique, évaluer la balance bénéfice-risque. C'est fait à l'échelle individuelle, en connaissant la personne, en l'écoutant dans ses besoins et ses difficultés. Pas en théorisant dans le vide, sans connaissance de qui elle est.

Les personnes qui écrivent sur les "élus" choisis arbitrairement par la société dans un but élitiste, ben ils sont peut-être extrêmement bien intentionnés, mais peut-être qu'ils ne se sont pas faits traîner à terre par les cheveux par une personne déficiente incapable d'exprimer autrement sa souffrance. Peut-être qu'ils n'étaient pas non plus dans la chambre d'isolement à côté de ma patiente surdouée (non diagnostiquée) qui essayait de se suicider de toutes les manières possibles, jusqu'à en bouffer des piles, bouffer des lames de rasoir à l'adolescence, à cause de son parcours de vie : parce que trop émotive, trop autonome, elle s'est retrouvée en danger et a enchaîné les traumatismes graves, jusqu'à se retrouver détruite et, elle aussi, à ne plus pouvoir exprimer sa douleur par des mots. Sans aller jusqu'à de tels extrêmes, oui la différence fait mal, diagnostiquée ou pas, elle existe comme le dit Lo, et on la perçoit. C'est inquiétant que même dans les formes les plus "chanceuses" (pas besoin de diagnostic, parcours scolaire impeccable, réussites littéraires, études longues et valorisées, le tout avec aisance) on puisse retrouver une enfant suicidaire à douze ans, juste à cause de l'absence d'interlocuteur qui crée un vide dévorant et terrible, ajouté au harcèlement plus ou moins discret selon les cas (pour les comprendre, il faut s'imaginer vivre ces symptômes dans tout ce qui les rend éternels, chroniques, sans espoir de changement ; et je ne parle même pas de l'hyperémotivité).

Tous les diagnostics sont mouvants et critiquables. Mais je te promets qu'en les étudiant, tu vois bien les efforts faits par les professionnels et les chercheurs pour tenir compte à la fois de la justesse de ce qu'ils décrivent et aussi de leur impact potentiel bon ou négatif pour les patients. Les mots sont changés, les limites sont redéfinies sans cesse, les tests éventuels sont modifiés. Je serais très à l'écoute d'un discours proche de celui de ton auteur mais qui argumenterait différemment, en partant de la souffrance des malades et non des mêmes préjugés que ceux que la société nourrit à leur égard. Je pense qu'une approche purement sociologique peut être intéressante, mais à ce moment-là, qu'elle s'exprime avec pertinence : un minimum d'humilité et d'écoute des autres (la triade des acteurs de santé : patients - accompagnants - soignants) me semble nécessaire. Par contre que des personnes jugent de très loin la pertinence ou non des diagnostics alors qu'ils n'ont jamais écouté les malades, qu'ils n'ont jamais été proches des réalités "de terrain", ça me fait rire d'une manière douce et amère (sûrement comme Aube face à ce jury d'arts qui discute de ce qu'est réellement la folie), parce qu'à mes yeux quelle que soit la sphère intellectuelle à laquelle on aspire à s'élever, on ne peut pas traiter d'un sujet avec pertinence ni avec bienveillance quand on n'en connaît pas ou qu'on en néglige les manifestations réelles à l'échelle personnelle, sur un plan vital et émotionnel. 

Au total (haha, je fais une conclusion parce que je vois bien que je lance des pavés  :-[ )

Je vois bien que ton intention Keanu n'était pas de nier l'existence de tout ça. Mais c'est frustrant de voir mis en avant le point de vue de sociologues tout en reconnaissant qu'ils n'ont que très peu étudié le vécu des enfants concernés ("On remarque qu'il y a eu jusque-là très peu de pénétration des études sociologiques au sein de ces groupes d'enfants "élus"" (d'ailleurs tous les termes sont moches)). Le décalage entre ces interrogations sociologiques et la réalité perçue est bien trop important. Et surtout les mots "commune dignité" m'ont fait bondir : cher Keanu, ou chers sociologues si tu reprends leurs mots, venez étudier la commune dignité dans les faits au lieu de l'utiliser comme argument sans l'avoir vécue en pratique. Je vous assure qu'elle se construit via des efforts de compréhension et d'adaptation que l'on fait en direction de l'autre, et pas via la négation de ses particularités.
Finalement, le discours :
"La façon dont s'est saisie l'action publique de cette question des surdoués doit poser question. N'a-t-elle pas pris le postulat qu'une inégalité intrinsèque peut exister entre les êtres humains et doit attribuer la valeur et le statut de chacun, en dépit de concepts politiques comme celui de "commune dignité", d'équivalence entre les individus ?"
...ce discours emprunte des termes qui se veulent protecteurs des droits humains (bien plus que des concepts politiques : "commune dignité", "équivalence entre les individus"). Pourtant ce discours ne défend pas les droits à des aides pour les personnes perçues comme ayant des difficultés sur le plan cognitif (et c'est pour moi un grand mépris de ce qu'elles vivent) ; il ne défend pas le droit à des adaptations ou au moins une compréhension pour les personnes perçues comme surdouées (et du coup, idem, cf. passages sur la violence de ce qu'elles peuvent vivre) ; alors, en quoi les défend-il ? (car s'il s'intéresse à ces personnes jusqu'à douter des diagnostics qui leur sont attribués, et s'il mêle cela à des termes aussi altruistes, c'est bien qu'il prétend les défendre ?). Si c'est les défendre dans leur droit de rester invisibles, ne vous en faites pas, ce droit existe déjà, il est même très présent : accéder à des aides c'est une lutte de tous les instants. J'ai l'impression que ce discours décoré de jolis mots défend surtout le confort de personnes dans la norme, qui souhaitent rester dans une vision uniforme de la société.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ambriel le 20 Décembre 2018 à 07:32:36
 :calin:
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: mad le 20 Décembre 2018 à 09:55:45
Citer
Oui, ce discours nie l'existence même d'inégalités en terme de capacités cognitives, ou du moins il nie l'intérêt de prendre en compte ces inégalités. Je ressens dans tout ça des questionnements venus d'une toute autre sphère que la réalité. Une sphère très intellectualisée. C'est beau de s'interroger sur le sens profond de l'intelligence, on se sent légitime à lutter contre toute tentative incomplète de traiter du sujet, on se sent valorisé de défendre l'égalité à tout prix. Mais en fait, non la vie n'est pas égale. Et je suis désolée pour ceux que ça heurte mais la biologie ne l'est pas non plus. Non ça ne doit pas déterminer "la valeur et le statut de chacun", mais ça doit déterminer la main tendue, l'aide que l'on propose. Sérieusement, passez en service de neuropédiatrie, passez en institution pour enfants handicapés, écoutez les familles galérer à accepter les mots comme les réalités. Et du coup les questions qui se veulent belles et surtout "propres", avec ce beau discours d'égalité, ne sont finalement plus bienveillantes quand elles oublient la réalité de ce que vivent les gens. La bienveillance ce n'est pas de cacher sous un voile, c'est de comprendre, de respecter et de s'adapter.

Ariane, cette partie de ton post, m'a refait penser a un prof qui s'était acharner a nous expliquer que "Les hommes naissent libre et égaux" ça ne voulais pas dire qu'on était VRAIMENT libre et égaux de bases, factuellement, mais que MALGRÉ nos différences et nos inégalités, la loi essai devait essayer de faire en sorte que nous soyons égaux en COMPENSANT les inégalités justement".
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 20 Décembre 2018 à 11:06:10
Oui c'est un peu ça l'idée, mais dans un domaine bien précis : celui du handicap.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 20 Décembre 2018 à 13:01:56
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: mad le 20 Décembre 2018 à 13:09:42
Erwan,

c'est un peu hors sujet mais, je n'arrive pas a m’empêcher de le dire...

A mon avis les capacités dont aura besoins l'homme du futur c'est de savoir courir vite pour attraper les cafard sous le cagnard. Et avec +5° de moyenne a la surface de la terre d'ici la fin du siècle et la 6ième extinction massive des espèces en cours, je lui souhaite bien du bonheur.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 20 Décembre 2018 à 13:49:43
Erwan :

J'ai pas compris pourquoi tu citais cet article sur l'eugénisme vu que tu dis toi-même que c'est de la merde. C'est quoi l'intérêt ? Et sinon, oui l'intelligence d'une souris ou de tout autre animal est carrément mesurable, avec les mêmes limites que pour les humains (qu'est-ce que l'intelligence ?). Tu leur tends des petits pièges spatio-visuels, moteurs, de mémoire ou tout ce que tu veux, avant d'accéder à leur nourriture. Comme des énigmes à l'échelle "souris", quoi. Mais pour tout le reste cet article est tellement nul que je ne sais même pas comment terminer cette phrase  :o .

Sinon, j'aime beaucoup tes métaphores animales ; je suis un putain de pingouin du Sahara (voilà, mon coming-out est fait). Ou alors un écureuil, qui paume ses noisettes, mais qui résout des équations de maths et voit les chiffres en couleurs.

Je vais essayer d'écouter le débat que tu nous envoies (même si les thèmes me créent quelques appréhensions, et même si je n'aime pas écouter des gens que je ne vois pas, et même si c'est long... j'écouterai au moins le début).

J'ai écouté juste en-dessous (parce qu'évidemment je ne trouvais pas où il fallait cliquer  :mrgreen: ) la vidéo du neurologue qui détaillait toutes les particularités du cerveau précoce, c'était très intéressant même si presque trop vulgarisé pour moi (du coup je n'étais plus sûre de le retraduire correctement en langage médical). Dommage qu'il n'ait pas parlé des aspects émotionnels, ni des diagnostics différentiels.
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 20 Décembre 2018 à 14:26:40
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Elhora le 22 Décembre 2018 à 16:54:40
Hé coucou les gens!!

Je n'ai pas tout lu et en général, les discussions sur ce thème finissent par me rendre hystérique ou me faire fondre en larmes. Donc je lis en grande diagonale, c'est un choix pour la bonne santé mentale de ma bisounoursitude.

Pardon donc à ceux que je n'ai pas lu.

Je voulais juste dire un GRAND MERCI à Aube pour son dernier post, c'est beau ce que tu dis  :coeur: et je plussoie.

Je plussoie aussi Lo  :coeur:!

Bisous les copains :calin: :calin: :calin:
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 28 Décembre 2018 à 02:46:19
Ce soir je me suis dit : Tiens, j'ai un peu de temps devant moi, je vais reprendre le fil de la discussion et là... ouh la la, ça s'est sacrément étoffé.
Le débat est vif et passionné, le sujet est on ne peut plus sensible.
Une discussion en direct et orale aurait été bien moins riche. Internet et l'écriture en particulier permettent à la parole de se délier et ça, je trouve que c'est une excellente chose.

Donc avant de poster quoi que ce soit et d'argumenter ce que j'ai à dire, je vous propose de reprendre quelques mots clés, je vous laisse compléter, je corrigerai par la suite :

Disparité, hétérogénéité
Autant de cas de figure que de personnes impactées par ces caractéristiques. Difficultés liées à la très grand hétérogénéité des cas de figure, niveaux, différences, etc.

Souffrance
Car il semblerai bien que la souffrance soit à plus ou moins forte dose un élément qui se retrouve dans quasiment tous les cas de figure.

Discrétion, anonymat, effacement
Avouer publiquement que l'on en est (THQI, surdoué, zèbre, précoce ou appelez cela comme vous voudrez) ne semble pas évident et l'anonymat serait la règle qui prévaut.

Vie en société, intégration
La société tend à tout vouloir uniformiser. Lorsque l'on sort des rangs ce n'est parfois (souvent) pas simple. L'intégration peut être un (très) gros problème.

Caractérisation
Les frontières sont si fines qu'il semble parfois bien difficile de poser des mots sur les différences qui caractérisent les THQI, surdoués, zèbres, précoces (ou appelez cela comme vous voudrez). Confusions et imbrications possibles avec l'autisme par exemple.

Sensibilité, émotivité
Va de pair avec la souffrance. Souvent, hyper sensibilité mais est-ce une conséquence ou une caractéristique ?

Diagnostic
Difficultés liées au diagnostic, fiabilité du système actuel. Disparités entre les diagnostics établis par différents professionnels. Est-ce une bonne chose que de tenter de diagnostiquer ? Pourquoi ? Comment ? Doit-on prendre en charge les THQI, surdoués, zèbres, précoces (ou appelez cela comme vous voudrez) tout en prenant le risque de les mettre à la marge de la société ? Le cas échéant, comment les prendre en charge ? Qui ?





Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 28 Décembre 2018 à 18:29:32
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 28 Décembre 2018 à 20:58:38
Salut Erwan

Je me demande si ça ne mériterait pas plutôt un fil à part dans la section "textes courts"... On s'éloigne un peu du sujet et les réponses à ton texte pourraient être plus précises et plus nombreuses dans un autre fil. Mais ce n'est que mon avis. Du coup, ici je ne vais pas détailler le style d'écriture etc, ou la pertinence dans un récit de SFFF etc, personnellement je vais rester plutôt centrée sur le thème du quotient intellectuel.

1° Je comprends que l'exercice de transposer ça au quotient corporel t'ait intéressé et je trouve que tu remplis plutôt bien l'objectif. Ça pourrait même être une métaphore pour expliquer les tests de QI, en fait, en modifiant quelques détails, dont les 2°, 3° et 4°.

2° La chose qui me gêne le plus dans ton texte c'est le fait de dire que le tableau de déficience est évident alors que celui de surdouance ne l'est pas. Je ne comprends pas la logique, pour moi les deux ont le même degré de complexité, c'est vraiment en miroir. Tu as des déficiences (même si j'aime pas ce mot  :-[ ) homogènes et d'autres hétérogènes, tu en as qui vont manifester une très forte capacité dans un domaine précis, pris en compte ou non dans l'algorithme de ton quotient...  Pour moi les deux extrêmes sont vraiment proches dans leur complexité. Et je pense que ce serait pareil pour ton quotient corporel. Pourquoi les "déficiences" seraient-elles plus homogènes que les "surdouances" ? Ou plus simples à interpréter ? Ou pourquoi le fait d'être défaillant dans tous les domaines mesurés serait plus concluant que celui d'être surpuissant dans tous les domaines mesurés ? (dans les deux cas on a tout autant d'inconnues sur les données qui ne sont pas mesurées). Je trouve ça presque un peu offensant en fait, comme si tu disais que quelques critères ne suffiront jamais à déterminer qu'une personne est supérieure aux autres, par contre quelques critères suffisent pour déterminer qu'elle est inférieure.

3° Tu parles à au moins une occurrence (mais je crois qu'il y en a d'autres, sous d'autres façons de le dire) de "tomber juste" ou non. Comme s'il y avait quelque part une vérité sur si les gens sont corporellement surdoués ou corporellement déficients. Et on pourrait faire le même parallèle avec l'intelligence. Tu écris ça comme s'il y avait quelque part une réalité objective que l'on essaierait via les tests d'objectiver... Mais je pense pas que ce soit le cas. Si tu considères que les tests sont subjectifs (ce que je comprends), alors la définition même de surdoué ou déficient est subjective c'est à dire dépendra des critères que tu utilises ; il n'y aura jamais de vérité absolue, ce sera toujours relatif aux critères choisis. Or tel que ton texte est écrit, plusieurs fois j'ai eu l'impression que tu comparais "la réalité versus les tests"... je pense plutôt que selon ton panel de critères tu mets en avant plusieurs réalités différentes, mais qui sont toutes vraies - et toutes incomplètes. C'est un peu confus comme discours, j'espère que tu arriveras à me suivre...  :-[

4° Je vais m'avancer un peu et dire des choses qui ne sont qu'un avis personnel, je n'ai aucune légitimité à t'imposer mon éthique sur le sujet, je vais juste essayer de t'expliquer comment je ressens les choses en écriture. Pour moi il y a plein de messages derrière ce qu'on écrit et je souhaite toujours tous les prendre en compte, même ceux qui seraient involontaires. A mes yeux, on devrait toujours se demander comment le lecteur peut interpréter le fond de notre pensée. Qu'est-ce que ça signifierait pour un psy, une personne lambda, ou une personne THPI, de lire une telle analogie sur le quotient corporel ? Là tout de suite je n'en ai pas la moindre idée, je pense que ça dépend beaucoup de comment tu l'utilises dans ton histoire. Par exemple, si ton quotient corporel sert à une dictature qui travaille sur des projets d'eugénisme, des lecteurs pourront penser que c'est un message sur ce que tu penses de l'utilité des tests de QI. Bref... au-delà de l'exercice d'amusement pur qui consiste à créer une analogie avec le corps, je me demande comment tu vas l'utiliser par la suite et quel message cela peut véhiculer (volontairement ou non). Peut-être qu'il y a ici un but évident, mais je ne le vois pas. Peut-être aussi qu'il n'y a aucun but, aucun message, aucun risque selon toi que ce soit interprété de façon "dérapante", mais je suis assez méfiante sur le sujet... Déjà de base, pour moi l'écriture contient mille et un messages à prendre en compte ; et puis surtout en psychiatrie, comme on le disait avec Aube, dans ce domaine chaque mot tend la main à dix préjugés, du coup je suis beaucoup plus vigilante dès qu'on aborde ce type de sujet. Donc voilà, à garder en tête selon moi... : "C'est quoi l'idée souhaitée ?".
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 29 Décembre 2018 à 10:58:02
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 29 Décembre 2018 à 13:20:33
5° Je me suis souvenu hier soir d'un autre point qui ne colle pas selon moi dans ton analogie : Ici tu as complètement zappé le changement qualitatif de la pensée : dans les critères que tu testes sur le corps on est sur du quantitatif pur.

6° L'autre chose c'est que tu prends des critères qui sont très éloignés les uns des autres, pour le QI on reste dans les fonctions cognitives, on s'éloigne pas autant selon mon avis. Mais bon faudrait faire de la neuropsy pour t'expliquer ça plus clairement et ce n'est pas mon métier.


Sinon pour répondre à ton message :

Pour les aides pour les (T)HPI, elles sont à adapter à chaque cas, si tu as des tests neuropsycho qui objectivent telle ou telle difficulté (parce que des tests neuropsycho c'est pas que les tests de QI, il y en a plein d'autres pour beaucoup de domaines différents) tu peux demander des aides scolaires ou autres, moi j'ai fait une demande de tiers-temps pour les examens pour un enfant HPI qui avait par contre du mal dans tout un ensemble de fonctions exécutives. Pareil pour les aides psychiques, c'est l'offre de soins classique, faudrait que les professionnels soient mieux formés mais c'est déjà là, si qqn est angoissé ou en dépression, encore une fois, faut s'adapter. Tu vas pas demander une "bourse" pour tous les THPI au cas où ils seraient en souffrance. C'est du cas par cas.
Pour le reste je sais pas quoi répondre, cette conversation me fatigue moi aussi. Le terme d'intelligence te choque j'en ai bien conscience, tu peux appeler ça compétences cognitives si tu préfères, moi je pense que c'est comme pour la déficience, on trouvera jamais de joli terme, à moins d'une métaphore comme celle des zèbres. Bien sûr que la souffrance ne fait pas partie de la définition. C'est pas le but. La souffrance c'est une conséquence que les professionnels les plus impliqués disent retrouver presque à chaque fois. Mais c'est une conséquence, on va pas définir la précocité sur ça et on va pas l'intégrer dans l'intitulé, question prédestination ce serait vraiment sympa à porter... Les termes sont trompeurs parce que les gens n'y connaissent rien (et les gens n'y connaissent rien parce que je pense que côté recherche c'est seulement en train de s'étayer). En ce qui concerne l'élaboration des tests, ils sont imparfaits, incomplets, mais toujours retravaillés, je pense pas qu'en regardant ça de loin à la louche on puisse dire "ouais c'est de la merde", ça me paraît plus fin que ça et les gens qui étudient ça me semblent pas des imbéciles complets. D'ailleurs le résultat c'est qu'en pratique, les psycho trouvent des points communs dans la manière qualitative de réfléchir, les neurologues trouvent des différences par rapport aux autres personnes dans la structure cérébrale. Et sur le vécu, je n'ai pas l'impression que les personnes diagnostiquées THPI trouvent que ça ne correspond à aucune réalité. Au contraire comme le dit Lo la réalité elle était là même avant, la différence elle est ressentie même en amont de ça. (J'espère que je ne reprends pas tes mots de travers Lo).

Je sais pas, je trouve que là tu pars dans l'extrême opposé, à dire que ça signifie absolument rien, que l'intelligence n'est pas mesurable etc... Encore une fois j'ai l'impression que la théorie n'a rien à voir avec le vécu sur le terrain, côté déficience comme côté THPI ces discussions théoriques me semblent déconnectées. Mais j'ai aucune envie de témoigner de mes propres ressentis.

Désolée pour le ton blasée Erwan, c'est pas contre toi c'est un ensemble, c'est fatiguant de retomber toujours dans les mêmes boucles de conversation dès qu'on aborde ce sujet, ça va de "c'est cool pour vous" à "ça n'existe pas l'intelligence" ; lisez, vivez, soignez, épaulez, écoutez.
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 29 Décembre 2018 à 16:23:46
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 29 Décembre 2018 à 23:30:05
Vous avez vraiment réussi à piquer ma curiosité, et je suis vraiment désolé pour mon indiscrétion, mais je ne peux pas m'empêcher de poser une question pour mieux m'approprier le sujet.

J'ai vu à certains endroits l'idée selon laquelle le concept de supériorité ferait peur ; bon, j'avoue que le mot « supérieur à... » évoque une forme d'autorité ou de puissance de je ne sais quelle nature ; pour autant, je me demandais si la question de la peur que cela peut véhiculer avait été traitée par quelqu'un, discutée, est-ce une peur répandue ? Ou alors au contraire, une peur passagère ? Comme un fantasme qui ne serait pas trop grave ? Juste une petite inquiétude ?

Je me demande si ce genre de débat est récurent dans la psychologie, ou si cela n'est pas habituel.

Je dis ça parce que je ne pense pas que le concept de quotient intellectuel aurait été inventé simplement pour « faire peur », ça me paraît un peu exagéré, mais peut-être que l'inquiétude que cela peut évoquer aurait je ne sais quel sens qui n'avait pas été anticipé.

Après, c'est vrai que ça peut faire peur, des fois, la science, on découvre parfois des choses qui ne sont pas rassurantes (comme le réchauffement climatique), donc j'imagine que cela peut être simplement dû à des préoccupations tierces, détachées de la rationalité de l'expérience concrète, bien sûr.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 30 Décembre 2018 à 13:48:08
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Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 30 Décembre 2018 à 15:00:19
C'est sain qu'il y ait des peurs ? Je pense que ça dépend dans quelle proportion... Dans la balance entre "utilité concrète des tests" et "peurs viscérales que l'on crée des hommes augmentés", il faudrait peut-être déplacer légèrement le curseur du côté du premier, non ?

Jusqu'ici mon but n'était pas de "rassurer" qui que ce soit ; je ne ressentais pas non plus le besoin de me "justifier". J'ai expliqué ce que je savais du fonctionnement de ces tests et des personnes zébrées au quotidien, j'ai expliqué aussi à chaque fois les limites et mes réserves vis-à-vis de tout ça. J'essayais surtout d'avoir un regard pratique et réaliste et qui ne parte pas en cacahuète sur la théorie.

Mais là les extrapolations et autres argumentations par l'extrême (quotient esthétique, classer les animaux en supériorité ou non, humains génétiquement modifiés...) je trouve ça excessif. On sait que les appellations qui traduisent une notion de supériorité sont beaucoup plus difficilement entendables, c'était admis dès les premières explications données sur le vocabulaire. Est-ce la peine de le réexpliquer chaque fois en réintroduisant chaque fois les peurs de dérives scientifiques ? Erwan, tu as beau préciser que ces peurs sont lointaines et qu'il faut se soucier de la réalité des gens etc... ces peurs sont hyper présentes dans ton discours. L'autre jour tu introduisais un article tout en disant que c'était de la merde, mais au final, par ce biais, tu relais ce qu'il dit. Idem ici avec l'exemple du sida, tu utilises ça pour illustrer que les progrès de la science peuvent être inquiétants, tu crées un parallèle plus ou moins explicite avec ce qui pourrait être fait sur le QI (alors que NON ce n'est absolument pas réalisable). A mes yeux ton maigre petit "il ne faut pas assimiler ces tests à l'utilisation dévoyée que l'on pourrait en faire" est peu convaincant quand tu viens de balancer un paragraphe entier dans le sens de cette utilisation dévoyée. Sous couvert de plaider la raison tu développes des peurs poussées à l'extrême. Je n'aime pas ce procédé.
Alors sur le fond, oui, les étiquettes véhiculent des clichés, il faudrait trouver de plus jolis termes. Si je ne m'investis pas plus dans ce débat-là c'est tout simplement que je reconnais mon impuissance sur le sujet, alors quand on parle des THPI ou zèbres, je préfère m'intéresser au fond, même si le vocabulaire fait défaut, je me débats plutôt avec ce qui est en mon pouvoir : essayer de comprendre ce que les personnes ont de commun entre elles, ce qu'elles traversent, qu'est-ce qui les aide. Après si tu veux continuellement discuter du choix des mots, tu peux poursuivre (d'ailleurs il suffirait de faire la pub des termes "zèbre" ou "APIE" si ce sont ceux que tu préfères). Mais sérieusement, c'est vraiment nécessaire d'envelopper ça de manipulations génétiques et de désobligeance envers les goujons ? Tu ne penses pas que parler sans cesse de dérives (dont tu admets toi-même qu'elles sont irrationnelles) alimente lesdits clichés ?

Citation de: Elhora
Je n'ai pas tout lu et en général, les discussions sur ce thème finissent par me rendre hystérique ou me faire fondre en larmes. Donc je lis en grande diagonale, c'est un choix pour la bonne santé mentale de ma bisounoursitude.
Je comprends mieux - à l'usure.
Tu m'étonnes que les personnes les plus concernées se taisent.
Du coup les débats se font dans le vide juste pour le plaisir de théoriser.

Citation de: Alan
j'imagine que cela peut être simplement dû à des préoccupations tierces, détachées de la rationalité de l'expérience concrète, bien sûr.
C'est l'impression que j'ai.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 30 Décembre 2018 à 15:15:33
C'est vrai que la peur ne permet pas d'émettre un jugement raisonnable, difficile de traiter un sujet de sciences à travers le seul regard de la peur, c'est sûr.

En ce qui concerne les questions relatives à l'éthique de la psychologie, seuls des psychologues ou psychiatres pourraient statuer dans un cadre professionnel ; nous ne serions pas en capacité de statuer sur un sujet aussi vaste. Je suis quand même surpris que tu ne sois pas sensible à la volonté d'Ariane d'affirmer la nécessité de préserver la dignité de chacune & chacun, Erwan, la dignité est quand même une valeur profondément morale.

Au pire nous pourrons exprimer des opinions, au mieux évoquer quelques connaissances, nous ne pourrions pas statuer à la place de toute une science.

Enfin j'aimerais rebondir sur un élément important :

D'autre part, le scientifique n'est pas légitime je trouve pour évaluer la nature et hiérarchiser les êtres vivants entre eux. Par exemple, j'accepte qu'un zoologiste discute et décrive les différences entre un goujon et une écrevisse, mais je trouverais déplacé et choquant (arrogant ?) de sa part de prétendre que l'écrevisse est supérieure au goujon (où l'inverse) autrement que sur un domaine fortement limité (le poids seul, et encore j'en comprendrais moyennement l'intérêt). L'intelligence est une notion trop large pour cela, elle définit beaucoup trop la valeur humaine pour que le scientifique reste là dans la seule observation de la nature qui doit être la sienne, mais bascule dans le jugement de valeur qui n'a pas lieu d'être. C'est pourquoi, je trouve radicalement différentes les deux appellations suivantes :
  • APIE → Atypique personne dans l'intelligence et l'émotion
  • THQI → très haut quotient intellectuel

Car le premier pointe une différence constatée (aucun problème pour ma part), l'autre un écart de supériorité (le terme haut est employé ici non dans son sens d'altitude, mais dans le sens d'échelle d'évaluation). Je n'aime pas du tout le second acronyme. Ce n'est pas qu'une différence linguistique, tu le comprendras bien, mais une différence de sens, profonde, la langue traduisant ici le regard de son utilisateur, je trouve. Donc je réfute pour ma part que ce soit un seul débat sur des mots, des termes employés. C'est ce qu'ils induisent qui me dérange, pas leur nature en tant que seuls mots.


Ça, c'est foncièrement faux, et particulièrement censeur de ta part.


Chacune & chacun peut donner des classifications de gens ou de style selon la couleur de cheveux, l'obédience, la nature des besoins, l'école de pensée, etc. Exemple : on hiérarchise une profession selon des facteurs particuliers (ici même on classifie les membres en fonction du nombre de posts... bon, c'est dans la nature des mœurs, ça ne mange personne).

En revanche, rien n'interdit de dire : « Je ne crois pas en le QI. Je n'y crois pas. » Pour dire que tu ne t'en réfères pas au QI des gens, tout simplement.

Bon, voilà, tu n'y crois pas, c'est comme ça. Aller condamner quelqu'un qui croit en cette classification ou qui l'emploie dans sa profession, ce n'est pas très honnête, selon moi. Il faudrait quand même plus de preuves qu'il y aurait la volonté de t'imposer quelque chose avant de l'affirmer, ici, je n'en ai pas l'impression, personnellement.
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 30 Décembre 2018 à 16:52:31
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Kailiana le 30 Décembre 2018 à 17:14:56
J'ai pas trop envie de réagir en détail parce que je sais pas trop quoi dire et que la conversation me fatigue un peu, mais :
Citer
Pour le second point, je comprends l'idée, encore que tu parles là de ton point de vue disons 'intérieur' du problème. La plupart des gens n'ont pas de connaissances personnelles/professionnelles de ce sujet, d'où les préjugés, et peut-être plus particulièrement quand ils peuvent se greffer sur des prises qui sont dans les termes mêmes.
(et à propos de tout ce qui précède sur les termes surdoués/HPI/etc) :
En fait, je pense que ce qu'il faudrait améliorer c'est avant tout la connaissance et la compréhension des gens sur le sujet (et ça se fait lentement), plutôt que le terme utilisé. Parce que changer de mot, ça va être utile pendant quelques années, puis ça va redevenir pareil. Enfin c'est mon impression diffuse.

Et puis aussi, je ne suis pas sûre que dire "machin est plus intelligent qu'untel" soit vraiment une mauvaise chose, tant qu'il n'y a pas de jugement - et c'est justement là le problème. Personne n'a la même idée de ce qu'on veut dire par "intelligent", et la plupart du temps il y a un jugement de valeur. Bon ceci dit, si on dit "machin est plus gros que untel", dans la société actuelle, très souvent y'a aussi un jugement... et là pour le coup "gros" est bien défini. Enfin bref mes idées ne sont pas claires dans ma tête mais si tout le monde pouvait éviter de se sentir jugé et de juger les autres, le monde serait plus agréable à vivre.
(mais oui c'est pas facile. Mais c'est pour ça qu'être à ce point contre l'appellation "surdoué/HPI" me hérisse un peu, parce que, même si oui le choix des mots n'est pas anodin et ça pourrait sans doute être mieux choisit... c'est peut-être pas le soucis principal)
Titre: Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 30 Décembre 2018 à 17:24:14
Je comprends en revanche mieux ce que tu dis là. Pourtant, je nuancerais, je ne condamne pas (par ailleurs j'en ai pas les moyens), mais j'exprime un désaccord, c'est quand même moins violent. Après, je suis d'accord aussi avec toi sur le fait que personne ne m'impose quoi que ce soit, Ariane l'a dit aussi sur un autre sujet (je ne sais plus lequel, mais il était question de choix pris au niveau individuel). Par ailleurs, personne ne m'imposant effectivement rien, je n'ai jamais passé ces tests, et ne prévois pas de les passer un jour (je n'ai d'ailleurs pas la prévision de passer d'autres tests non plus, car ce n'est pas dans ma vision des soins). Je crois qu'on est un peu comme dans le débat des notes à l'école (c'est aussi une question de classement), sauf que dans le cas présent, on n'impose effectivement pas la note (à l'école c'est différent). Je ne suis pas dérangé de fait qu'il puisse y avoir d'autres opinions. De même que je n'approuve pas à titre personnel le fait de mettre beaucoup l'accent sur le diagnostic pour venir en aide aux gens (j'ai déjà dû expliquer que je me foutais totalement d'avoir un diagnostic à des professionnels), et que je n'en ai moi-même pas, mais que je comprends que d'autres gens puissent en éprouver le besoin, voir que ce soit pour eux une question vitale d'identité. Et pourtant, c'est peu dire que ça me laisse perplexe  :D

Bon, ben je te remercie de nuancer, parce que ton propos a quand même tendance à m'inquiéter. Tu emploies quand même des images très, très anxiogènes ; je veux bien croire que ces images soient tirées de ton imaginaire, mais attention à ne pas mélanger ces théories avec l'expérience concrète sur le terrain (toi qui dis ne pas avoir expérimenté ce test).


Bref, le fait que je ne comprenne pas le sens de ces tests, voir les désapprouve (c'est probablement lié à ma personnalité) n'en fait pas un acte de censure (pour cela il faudrait que je muselle les autres, et visiblement vous avez encore votre langue). Pour le coup, c'est ta propre sensibilité à la censure qui est ressortie, ce coup-ci  ;) Mais là, il n'y a pas de menace sur ce point.

 :???: Ah bon ? C'est une impression que moi seul ai ?

Citation de: Elhora
Je n'ai pas tout lu et en général, les discussions sur ce thème finissent par me rendre hystérique ou me faire fondre en larmes. Donc je lis en grande diagonale, c'est un choix pour la bonne santé mentale de ma bisounoursitude.
Je comprends mieux - à l'usure.
Tu m'étonnes que les personnes les plus concernées se taisent.
Du coup les débats se font dans le vide juste pour le plaisir de théoriser.

Comment expliques-tu ce post d'Ariane si ce n'est une manière de dire qu'elle se tait sur un sujet qu'elle maîtrise pourtant particulièrement bien ??


Après je ne suis pas le premier à mêler la psychiatrie et la politique (donc des opinions, parce qu'on est plus dans le domaine scientifique, là), je veux bien séparer les deux, entre le concret des gens, et la théorie des intellectuels, mais des gens comme M. Foucault ont il me semble déjà bien brassés dans ce domaine. On peut trouver ça choquant, mais je crois que c'est un peu consubstantiel à la psychiatrie, cette sorte de mélange des genres. Maintenant ce n'est pas aberrant, car il y a bien de la politique derrière la psychiatrie (et la nosographie associée), plus que dans d'autres domaines médicaux (même si l'homosexualité par exemple n'est plus dans les listes depuis longtemps, l'histoire ne s'efface pas en deux générations...). Après, pour ce qui est des peurs totalement déconnectées de la réalité, je dubite quand-même. Le coup de la der' des der', on nous l'a déjà faite :neutre:

La der des der, c'était après la Première Guerre mondiale, pour dire qu'il y a eu le nazisme ensuite.

 :???: Tu utilises quand même des images vachement anxiogènes, ça fait très, très peur, non ?


Et puis aussi, je ne suis pas sûre que dire "machin est plus intelligent qu'untel" soit vraiment une mauvaise chose, tant qu'il n'y a pas de jugement - et c'est justement là le problème. Personne n'a la même idée de ce qu'on veut dire par "intelligent", et la plupart du temps il y a un jugement de valeur. Bon ceci dit, si on dit "machin est plus gros que untel", dans la société actuelle, très souvent y'a aussi un jugement... et là pour le coup "gros" est bien défini. Enfin bref mes idées ne sont pas claires dans ma tête mais si tout le monde pouvait éviter de se sentir jugé et de juger les autres, le monde serait plus agréable à vivre.
(mais oui c'est pas facile. Mais c'est pour ça qu'être à ce point contre l'appellation "surdoué/HPI" me hérisse un peu, parce que, même si oui le choix des mots n'est pas anodin et ça pourrait sans doute être mieux choisit... c'est peut-être pas le soucis principal)

Généralement, contre les préjugés, on préconise l'éducation.

Enfin, moi, c'est ce qu'on m'a toujours appris : pour lutter contre les préjugés, l'éducation est un outil essentiel.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aube le 30 Décembre 2018 à 17:37:27
Je plussoie Lial, plutôt que de tenter de lisser les disparités entre individus et les nier, ça me semble bien plus pertinent de s'attaquer à la hiérarchisation réflexe des gens selon des critères moraux occultes et personnels. Bien sûr qu'il y a des gens plus intelligents que moi, et ce, quelle que soit la définition du terme d'intelligence sur laquelle on finira par hypothétiquement s'accorder. C'est normal. C'est pas grave. Aujourd'hui les gens sont classés par richesse et prestige social, pas par intelligence, sur fond de présupposé de leur utilité à la collectivité.

De base je considère que la vie humaine n'a pas besoin de justifier sa présence dans la collectivité pour être légitime, je ne vois donc pas pourquoi remarquer que certaines personnes ont des capacités supérieures à d'autres est un problème, cela ne disqualifie pas, à mes yeux, la valeur des autres individus.

Erwan, le lissage égalitariste que tu fais par la négation de l'intelligence (bien que cette notion soit fluide et soumise à subjectivation culturelle, on l'a assez dit je crois) a pour effet pervers de nier les difficultés exécutives de ceux qui sont dans l'écart type inférieur du QI. Moi je vois pas le problème de hiérarchiser les individus sur un critère qu'on essaie d'objectiver. Le problème c'est sur les préjugés qui accompagnent ces capacités (ça peut être dans l'autre sens : des personnes qui ne voient pas l'intérêt de la force physique associée à une brutalité et à une primalité voire au machisme, alors que pour moi c'est euh... un potentiel qu'on a tout autant intérêt à développer que l'intelligence ou autre) et surtout, finalement, ultimement : la hiérarchie de dignité qu'on fait entre les gens.

ça commence déjà dans le mépris casual qu'on déploie quotidiennement contre les individus avec lesquels on arrive pas à entrer en communication en les disqualifiant par le vocable fort pratique de "con" ou autre dérivé.

Il est là le noyau dur du problème contre lequel t'essaies de batailler.

Attention, heureusement que c'est la fin de l'année parce que je vais dire une phrase pas piquée des hannetons :

Si on devrait retenir un truc de notre héritage culturel judéo-chrétien, je pense que c'est cet idéal d'acceptation universelle... en ne s'arrêtant pas à mi-chemin en, par exemple, disqualifiant les gens qui ne suivent pas cet idéal pour des raisons que ne nous appartiennent pas. Et quand je dis acceptation, c'est au sens de ne disqualifier la dignité de personne, pas au sens de laisser faire les pensées avec lesquelles nous sommes en désaccord (puisque si nous sommes en désaccord avec ces pensées c'est bien que nous les jugeons néfastes à une quelconque échelle, c'est donc naturel de les combattre). Peut-être que le terme de "reconnaissance universelle" serait plus approprié pour désigner ce rapport idéal à l'autre que je vois dans mon interprétation de l'amour christique.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Kailiana le 30 Décembre 2018 à 17:52:59
Aube a très bien éclairé ma pensée  o><o
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 30 Décembre 2018 à 19:01:44
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 31 Décembre 2018 à 00:06:31
Citation de: Lial
En fait, je pense que ce qu'il faudrait améliorer c'est avant tout la connaissance et la compréhension des gens sur le sujet (et ça se fait lentement), plutôt que le terme utilisé. Parce que changer de mot, ça va être utile pendant quelques années, puis ça va redevenir pareil. Enfin c'est mon impression diffuse.
+1

Citation de: Lial
Et puis aussi, je ne suis pas sûre que dire "machin est plus intelligent qu'untel" soit vraiment une mauvaise chose, tant qu'il n'y a pas de jugement
+1

Citation de: Lial
être à ce point contre l'appellation "surdoué/HPI" me hérisse un peu, parce que, même si oui le choix des mots n'est pas anodin et ça pourrait sans doute être mieux choisit... c'est peut-être pas le soucis principal
+1

Citation de: Alan
Comment expliques-tu ce post d'Ariane si ce n'est une manière de dire qu'elle se tait sur un sujet qu'elle maîtrise pourtant particulièrement bien ??
Oui certains débats finissent par me décourager de participer... Cependant si ça peut te rassurer Alan je n'ai pas ressenti de censure de la part d'Erwan :) . C'est juste que parfois je suis fatiguée d'argumenter (et c'est une fatigue partagée avec d'autres personnes, visiblement, mais c'est dû à autre chose que de la censure d'après moi : plutôt une difficulté à se faire comprendre, ou une lassitude de se heurter à des discours en décalage avec ce que j'aperçois de la réalité). En ce qui me concerne tu peux être rassuré :) .

Citation de: Alan
Généralement, contre les préjugés, on préconise l'éducation.

Enfin, moi, c'est ce qu'on m'a toujours appris : pour lutter contre les préjugés, l'éducation est un outil essentiel.
+1

Citation de: Aube
De base je considère que la vie humaine n'a pas besoin de justifier sa présence dans la collectivité pour être légitime, je ne vois donc pas pourquoi remarquer que certaines personnes ont des capacités supérieures à d'autres est un problème, cela ne disqualifie pas, à mes yeux, la valeur des autres individus.
GROS +1

Citation de: Aube
Erwan, le lissage égalitariste que tu fais par la négation de l'intelligence (bien que cette notion soit fluide et soumise à subjectivation culturelle, on l'a assez dit je crois) a pour effet pervers de nier les difficultés exécutives de ceux qui sont dans l'écart type inférieur du QI.
Ouiiiiii.
C'est ce que j'avais essayé de blablater tout plein dans un précédent post (#89).



Erwan, je suis désolée d'avance si mon ton monte  :-[ ne le prends pas contre toi, c'est l'ensemble de toutes ces discussions qui m'épuise, et d'autres propos avant les tiens ont bieeeeeen érodé ma diplomatie...

Citation de: Erwan
Citation de: Aube
Moi je vois pas le problème de hiérarchiser les individus sur un critère qu'on essaie d'objectiver.
[...] Je me dis que si quelqu'un se situe en haut de l'échelle de la hiérarchie ainsi nommée (THQI quoi), c'est peut-être plus compliqué pour lui de voir le problème, en effet.
Sérieusement ?  :o
Tu n'as pas l'impression que c'est parfois vous (toi, Keanu, les sociologues qu'il citait...) dont la vision est trop étroite et qui ne regardez que "le haut de l'échelle" ? Votre argumentation n'est jamais centrée autour des personnes déficientes, j'ai eu plusieurs fois l'impression que vous vous sentiez surtout menacés par l'éventualité que quelqu'un soit catalogué au-dessus des autres. Tes craintes, c'est qu'on crée un homme augmenté - pas qu'on avorte les personnes déficientes. (Quelqu'un ici s'est-il indigné des IMG qui existent déjà ? Non non, la crainte c'est qu'on essaie de dupliquer les zèbres...). Ton combat, c'est qu'on retire du vocabulaire des (T)HPI toute notion de supériorité ; tu en décortiques l'historique de tous les termes. (Et l'historique des termes du retard mental, tu le connais ?). Et tu viens dire à Aube qu'il ne voit les choses que de son piédestal imaginaire ? Pourtant, le regard partiel et subjectif, j'ai l'impression qu'il vient plutôt de ces personnes qui s'inquiètent de tout ce qui pourrait être classé supérieur... et ne se soucient de l'inférieur que pour faire bonne mesure. Lorsqu'on aborde le sujet de la déficience, les belles théories se taisent, la finesse du vocabulaire s'étiole, même les délires génétiques se font discrets. Une vague question se pose, de temps en temps, mais aucune réponse toute faite. Forcément, ça ne sert plus à rien de théoriser : il faut être auprès des gens pour comprendre, auprès des gens pour mesurer leurs difficultés. Et nier les différences parait bien plus superflu et bien plus lourd de conséquences.
Ce que tu écris à Aube, tu aurais pu me l'écrire, parce que nos points de vue à lui et à moi se rapprochent beaucoup. Pourtant je travaille énormément auprès de personnes avec un retard intellectuel, je fais des kilomètres de voiture même en étant enceinte pour aller m'occuper de patients dans des foyers de vie ou des maisons d'accueil spécialisées. Ma crainte quand je lis toutes ces remises en cause, c'est qu'au profit d'une noblesse d'âme théorique (tout le monde est égal, personne ne sait ce qu'est l'intelligence, tous les critères sont abstraits) on envisage de laisser tomber toutes les aides pratiques qui sont réalisées pour les deux extrêmes de notre courbe de Gauss ; que cette courbe s'aplatisse artificiellement pour ménager les yeux trop sensibles, quitte à oublier les obstacles auxquels les gens se heurtent réellement en pratique. Et c'est exactement ce qu'a exprimé Aube un peu plus haut. Tu crois que c'est le résultat d'une vision trop égocentrée ?
Je sais que tout ça, c'est pas facile à se représenter, c'est normal que ça soulève des questions, c'est normal de se demander d'abord si en théorie ça correspond réellement à quelque chose. Mais là, on débat de ça depuis un moment et avec force de détails... et tu viens décrédibiliser les positions de Aube parce qu'il a fait un petit coming-out zébré ? Tu n'as pas l'impression d'illustrer par toi-même les préjugés que tu prétendais vouloir combattre ? Lis-le, relis ses posts, ses commentaires au sujet de l'HP. C'est quelqu'un d'impliqué dans les soins et qui a une vision vaste du sujet. C'est absurde de faire le parallèle avec ton haut de l'échelle sociale. Aube l'avait écrit plus haut, être un zèbre ce n'est PAS valorisé au quotidien excepté dans des cercles très fermés. Tu crois vraiment qu'une petite satisfaction de l'ego (et soit dit en passant, quand on t'a mis à l'écart pendant toute ta vie à cause de ton intelligence, ce mot n'a parfois même plus la valeur d'une qualité) passerait au-delà de son souci des autres ? Je peux t'assurer que ce n'est pas le cas pour Aube, et ce n'est pas non plus le cas pour moi.

Citer
Quand à savoir ce que pense les personnes jugées déficientes intellectuelles (notamment d'être reléguée en bas de l'échelle, du coup, comme ledit employé), c'est une bonne question en effet.
Ça c'est une question qui m'intéresse (j'en avais déjà parlé ; même si comme pour beaucoup de problématiques pour l'instant je n'ai pas de données larges sur le sujet, seulement ma mini expérience). Jusqu'à aujourd'hui dans ma maigre expérience des gens qui pouvaient s'exprimer sur ce sujet, je n'ai pas recueilli de souffrance quant à ce diagnostic, je pense parce qu'il s'accompagnait d'explications et surtout d'aides concrètes. Leurs difficultés, ces personnes les connaissaient. Peut-être qu'elles n'ont pas osé ou n'ont pas pu s'exprimer, peut-être que j'ai été trop pudique, je n'ai pas demandé de but en blanc : "Ca vous fait quoi d'être diagnostiqué déficient ?"... mais c'est une supposition que l'on fait (toi, moi) par extrapolation de tes propres ressentis ; aujourd'hui ce n'est pas quelque chose que j'ai entendu. Je pense en tout cas que les diagnostics sont utiles, améliorent la qualité de vie globale (cf. post #89), et encore une fois on retombe surtout sur le débat des termes. Je serais ravie que des personnes avec retard mental / déficience intellectuelle / handicap intellectuel puissent s'exprimer sur le choix de ces termes, ce sont les premiers concernés. On en revient toujours à l'importance des mots et on la reconnaît tous, je pense, mais tout en te disant au bout d'un moment : n'y a-t-il vraiment que ça à rabâcher sur le sujet, en en profitant pour décrédibiliser au passage tout le reste ?

Tu sais à quoi me font penser tes considérations sur les échelles qui risquent de hiérarchiser les gens ? Au calcul d'IMC. Personnellement je ne suis pas choquée que l'on parle de surpoids dans une courbe qui actuellement pourrait me concerner. Les termes plus forts, d'obésité morbide par exemple, peuvent être controversés et je comprends pourquoi, et si des personnes proposent un changement de vocabulaire je pense que de nouveau toute la nomenclature s'efforcera de les écouter. Mais j'ai jamais été contre le calcul de l'IMC sous prétexte que je serais en surpoids et que c'est quelque chose de violent à entendre. Pourtant c'est ultra dévalorisé par la société, moqué par presque tout le monde, et visible, qui plus est. Mais c'est comme ça, c'est d'une utilité médicale, et si on sensibilise les gens et on combat les préjugés, on peut l'accepter comme une simple donnée. L'important à mes yeux c'est que cette donnée soit utile et qu'elle soit objective, en plus du vocabulaire c'est sur ça qu'il faut travailler. Arrêtez de croire que c'est la médecine (ou la psycho) qui sussurre à la société des astuces pour alimenter la violence de hiérarchisations antérieures. La violence de la hiérarchisation (contre les cancres, les intellos, les gros) elle existe avec ou sans la médecine et il y a plein d'autres moyens de la combattre. Les diagnostics servent à autre chose. A mes yeux, s'il est utile, ce n'est pas le principe même d'un outil d'évaluation que l'on devrait remettre en cause. Il s'agirait plutôt de l'améliorer (tant dans les mots que dans la procédure et l'utilité qu'on en fait).

A ce propos justement : tu sembles réticent à l'utilisation de toute échelle dans le monde des soins. Je crois que tu as de la chance, ou alors une vision incomplète des choses. Je t'assure que la psychiatrie au feeling, ça fonctionne très mal - pour faire de la médecine on a besoin à mon sens d'un minimum d'objectivité, et du coup, oui, ça passe par des mots, des grilles, parfois des échelles, souvent des ensembles de critères... et au final, des diagnostics. Les diagnostics ils sont pas là pour les hommes politiques, ils sont pas là pour les sociologues, à la base ils n'ont même pas de raison d'être pour les patients eux-mêmes (mais je pense qu'aujourd'hui c'est important de toujours les livrer par transparence) ; à l'origine, ils sont là pour les soignants. Tu ne peux pas fonctionner DE BASE au cas par cas parce qu'aucun bouquin ne te dira : Jeanne Dazy a besoin de Clozapine 400mg tandis que Julie Legrand serait bien mieux sous Zoloft 75 entre ses 18 et ses 19 ans, et Christophe Gérard lui a surtout besoin qu'on le laisse tranquille sur le plan pharmacologique et qu'on le soutienne grâce à une psychothérapie. A la base, tu as besoin d'un cadre, d'une grille toujours plus fine, et après c'est à toi de trouver l'intelligence de t'adapter au cas par cas quand c'est nécessaire. Après, c'est toujours une question de vocabulaire. Mais l'intention de départ, elle est là, c'est de donner des pistes, d'aiguiller le plus finement possible les soins. Et les échelles et autres critères pouvant sembler un peu trop "carrés" contribuent à rester objectif et éviter les jugements à la louche du type : "moi je le sens plutôt borderline" ou "lui il est totalement schizo".
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Mémoire le 31 Décembre 2018 à 04:07:12
Hello,

Je voudrais juste dire, que moi aussi j'ai lu un peu tout parce que j'ai du mal à lire des blocs de texte aussi compacts. Donc je vais évidemment me permettre d'écrire des blocs de texte compacts pour incruster de façon bien égoïste ma petite histoire personnelle.

Le sujet touche à des cordes sensibles (Aube, j'ai l'impression que j'aurais pu écrire ton "témoignage" -je sais pas si on peut appeler ça comme ça- en changeant ton second diagnostic par le mien). Je ne crois pas être compétente pour parler de quoique ce soit d'autre que ma propre expérience. Tout ce que je sais, c'est qu'au bout, j'ai l'impression d'être difforme dans ma tête et qu'aucune étiquette ne s'applique à moi mais qu'on s'applique à m'en coller sans vraiment "régler le problème" qui est mon mal de vivre complètement individuel.

Des fois, comme d'autres ici si j'ai bien perçu, j'en viens à me demander si je suis seulement en train de me chercher des problèmes. Je n'ai pas l'impression d'avoir le droit de me sentir "pas bien" au-delà d'une simple journée pourrie.

J'ai une question chiante que sûrement tout le monde se pose, mais comment est-ce qu'on s'en tire lorsque l'aide qu'on finit par chercher (quand on est sur le point de faire des bêtises) ne s'entend pas ? Des trois personnes que j'ai consultées (psychologues et médecins), on m'a donné une liste qui s'étendait de "fatigue de fin de semestre" à "bipolarité" en passant par "autisme" et "douance", sans oublier le "toutes ces réponses" ou "aucune de ces réponses, tu cherches juste de l'attention". J'ai envie de vomir et je ne sais plus si ces étiquettes sont la cause ou le résultat de mes problèmes. Je ne pense pas être un cas urgent de détresse psychologique/psychiatrique, même si j'avais l'impression d'avoir perdu la raison il y a une semaine et demie.
Je ne sais juste plus trop vers qui me tourner, ni pour quelle raison.

Initialement je ne voulais pas m'étendre autant (purée le pavé :o ) et je voulais juste dire que savoir que je suis peut-être pas toute seule dans cette situation, ça fait du bien.
Titre: Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 31 Décembre 2018 à 10:18:52
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Kailiana le 31 Décembre 2018 à 11:59:35
Encore une fois j'ai pas envie de trop répondre dans le détail, mais pour ce qui est des notes : oui, c'est pas top. Mais de mon point de vue, encore une fois, c'est à cause de la manière dont c'est vu (d'abord par les parents) que c'est pas génial.

En classe prépa par exemple, les notes perdent tout caractère sacré : on a facilement des notes pourries, il y en a chaque semaine / 2 semaines, et ce ne sont plus des examens qui jugent des connaissances finales mais un truc qui permet de s'entraîner et de juger de ce que tu as fait à un moment donné (et qui ne te juge pas toi, et que tu peux changer, et qui est d'abord fait pour t'aider). Une fois qu'on a compris ça, ça va beaucoup mieux.

Alors les notes et l'idée que c'est important est tellement ancré dans tous les esprits que c'est pas évident de changer les mentalités, d'où les notations par compétences etc. Mais là encore, je pense que c'est la manière dont c'est considéré qui pose le plus de problèmes.

Je dis pas que le système de notes est parfait, hein, c'est loin d'être le cas. Mais, comme le disait très bien Aube, j'estime qu'un être humain est légitime en tant que tel, quels que soient ses qualités, défauts, son physique, son intelligence... et ses notes durant la scolarité. Et c'est pas trop l'impression qu'ont les élèves.


@Mémoire :  :calin:
Je sais pas trop quoi dire, si ce n'est que si, tu as le droit de ne pas te sentir  bien. D'ailleurs dans le topic des névrosés, tu peux voir qu'on est un paquet  :-¬? Je ne sais pas du tout quelle aide concrète/quels conseils je peux te donner, mais tu n'es pas toute seule, que ce soit pour le fait d'aller mal alors que tu as l'impression que tu n'as pas de raison de l'être (mais c'est pas vrai, je veux dire, peu importe le pourquoi/comment, le fait est que tu te sens pas bien et ça n'a rien à faire avec le "droit" de se sentir comme ça ou pas), ou parce que il y a des personnes qui ont envie de te soutenir quoi qu'il arrive  :coeur: (même sans savoir comment faire, comme dans mon cas  :-\ )
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 31 Décembre 2018 à 13:47:16
Erwan :

Si j'ai abusé, j'ai presque envie de dire "tant mieux" mais ce serait mal le formuler. Ce que je veux dire c'est tant mieux si sur le fond tu te soucies de tous les résultats possibles aux tests et pas juste des personnes dans la moyenne ou bien surdouées.
Ce "craquage" de ma part s'appuyait sur les exemples que tu faisais de manipulations génétiques (toujours vers l'homme augmenté) et le fait que question vocabulaire on (dont toi) a toujours zoomé il me semble uniquement sur les zèbres (sachant que le vocabulaire est ta préoccupation centrale dans ces derniers messages).

Le fait que les gens ne vont pas forcément se plaindre je l'ai dit d'emblée de moi-même.

Citer
Contrairement à ce que tu prétends, je me préoccupe depuis le début de la personne qui va avoir 90 au test, sans même parler de la déficience pure et dure (moins de 70 je crois).
Et si on en parlait justement ? 90 c'est normal. Là c'est comme si tu m'écrivais : "Depuis le départ je me soucie des gens normaux, sans parler des gens déficients". Ben moi c'est d'eux dont je souhaitais parler. Désolée ça va être long, mais je suis contente que tu t'y intéresses, et du coup je pense que la suite devrait te toucher.
J'avais perçu ton souci de la personne qui va se retrouver dans le bas de la courbe... de la courbe de la normalité. Et qui risque d'en être blessé. Je me suis sûrement trompée mais je n'avais pas perçu par contre que tu pouvais réaliser ce que c'était d'être en-dessous du seuil du handicap mental, là où ton score au QI n'a plus l'impact d'une note annoncée un beau jour, mais d'un truc présent (dans le sens de "ressenti") depuis toujours et qui a eu une incidence sur ta vie.

Ton exemple, c'est l'exemple d'une personne dans la moyenne qui a été stressée par le test (ce que je comprends très bien). Tu sais, quand bien même il aurait eu 90, c'est aussi dans la moyenne, et si ce n'est pas intuitif au regard des chiffres (les chiffres c'est nul), le psy le lui aurait expliqué. C'est pas un ordinateur qui délivre un chiffre. C'est une personne qui va normalement t'expliquer le détail des tests, et quand il y a des difficultés, où elles se trouvent et à quoi elles pourraient être dues. Dans ce contexte qui le stressait, j'ai aucune idée de pourquoi ils lui ont fait passer un test, personnellement je ne le proposerais pas s'il n'y avait pas un enjeu concret derrière. Ca doit avoir un but, ça doit s'accompagner d'explications, normalement ça ne devrait pas se faire comme ça...
Mais au final, pour cet exemple de ton ami, crois-tu que ce soit représentatif de ce que vit une personne avec moins de 70, ou moins de 55 de QI ? Crois-tu que la différence elle n'est pas déjà perçue, ressentie, elle n'a pas déjà eu un impact sur les étapes de la vie ? Crois-tu que ce soit un choc de se découvrir en difficulté, et si oui, quelle est la balance entre blessure de l'ego et aide proposée ?

C'est pour ça que j'ai l'impression parfois/souvent que l'on parle dans le vide. Ici il n'y a que les mots et l'ego. Je devrais pas prendre ce sujet autant à coeur, un jour ou l'autre je vais arrêter de le lire pour éviter de devenir encore plus désagréable. C'est juste une discussion sans impact sur le réel, alors pourquoi je me soucie autant du réel ? Peut-être parce que là c'est des choses que je vais être amenée à réaliser au quotidien, et parce que mes patients j'ai vraiment l'impression de les aider et de faire avancer les choses pour eux. C'est suffisant pour prendre les choses à coeur. Pour pas aimer que l'on occulte toute la partie concrète de ce que ça représente. Le concret me semble au coeur du sujet, aujourd'hui je pense que je ne pourrais plus réfléchir autrement.

Les tests ils me semblent utiles pour les petites décisions (aide scolaire, orientation pour le travail / aide à l'emploi) tout comme les grandes (établissement scolaire spécialisé, lieu de vie pour les personnes qui ne peuvent pas être autonomes, demandes de mesures judiciaires à appuyer). Faire tout ça à la louche, sans objectiver de diagnostic, oui ça se fait (encore que la MDPH a besoin d'arguments les plus clairs et les plus objectifs possibles avant d'accepter de débloquer des fonds). Mais moi ça me gêne de retrouver un enfant institutionnalisé sans que personne sache dire pourquoi, juste parce qu'il était en difficulté scolaire et troubles du comportement. Les tests servent à montrer si ces difficultés sont d'ordre cognitif ou non ; ça semble quand même super important non ? parce que si c'est pas de cet ordre il y a aussi d'autres questions à se poser avant de statuer sur l'orientation d'un enfant. Et si c'est de cet ordre, ça donne des réponses, et ça permet comme dit plus haut de les affiner. J'insiste encore et encore sur le réel parce que tu peux nier les mots, remettre en question les outils, pour autant la réalité elle restera la même, et je ne me souviens pas avoir lu de remarque (excepté Aube qui parlait des difficultés exécutive des déficients) indiquant que quelqu'un comprenait un peu les enjeux de ce réel. Tu remets en cause les outils sans même évoquer ce à quoi ils servent, sans imaginer d'autres alternatives. La solitude c'est une réalité, l'incapacité à garder/gérer un logement c'est une réalité, la vulnérabilité aux agressions des autres c'est une réalité, le chômage c'est une réalité, le fait de se retrouver à l'HP parce que tu n'es pas capable de te débrouiller seul c'est une réalité. Et là je te fais la version soft, euphémisée. L'idée c'est d'éviter tout ça en le prenant en charge en amont. Et quand tu as qqn dans cette situation-là, c'est comme l'enfant de tout à l'heure, c'est utile tant sur le plan de la compréhension des difficultés que sur le plan pratique (argumentation auprès de la MDPH ou autre), de savoir si c'est d'ordre cognitif ou s'il se passe autre chose. Et je pense que c'est une bonne chose qu'il y ait des tests neuropsy pour ça et pas juste une personne derrière un bureau qui t'écoutera pour dire au jugé : "lui ça a l'air cognitif". Tout ça c'est pas des outils faits pour le bonheur de froisser ou lustrer des ego, l'impact en pratique il est réel. Je pensais en avoir déjà parlé toujours dans le même post #89, peut-être que c'était trop rapide et sous le coup de la colère. Je le refais ici et après j'éviterai de le re-rabâcher tout le temps, ce doit pas être agréable de lire quelqu'un qui se répète. Moi-même ça me lasse. On en a parlé de l'utilité en terme d'aide médico-sociale, on en a parlé des diagnostics différentiels qu'il est important d'éliminer, on en a parlé du fait que ces tests évoluent pour essayer de se détourner au maximum du gros chiffre rond et de dépeindre au mieux les particularités qualitatives de chacun. Du coup oui ça me fatigue de lire de longues argumentations qui ne parlent que de l'impact de ce chiffre sur l'ego.

Ta question de l'ego elle est légitime mais franchement, pas forcément davantage que pour un autre diagnostic psy. J'espère pour toi (je ne sais pas comment passe mon ton par écrit du coup je le précise : c'est un "j'espère" vraiment empathique et sincère, aucun souhait d'ironie) que tu n'as jamais eu et n'auras jamais à gérer le fait qu'on t'annonce que tu es schizophrène ou bipolaire. Ou que tu débutes une démence (l'impact du mot "démence", ce que ça sous-entend, me fait penser aux situations de déficience, en bien pire au vu du pronostic). En fait, oui, quand on est malade, quand on a un handicap, on prend un gros coup quand on nous l'annonce. Est-ce que pour autant il faut fermer les yeux, si ça permet d'avoir de l'aide ? Faut voir la place de l'outil neuropsy dans tout ça ; comme dit plus haut en ce qui concerne le QI je pense que c'est mieux d'avoir des outils pour comprendre et objectiver plutôt que tout faire à l'échelle d'un entretien classique - où tant de choses peuvent t'induire en erreur.

Les notes n'ont rien de commun avec tout ça parce qu'elles servent juste à refléter un niveau, elles n'ont pas d'impact concret derrière, elles ne vont pas t'aider à appuyer un dossier pour demander que l'on t'aide dans la vie ou que tu aies droit à un lieu de vie adapté ou un travail adapté... Tu as pris le système de notation comme exemple parce qu'il n'a de commun avec le QI que les points que tu désapprouves. (En + de ça au passage j'ai un peu le même point de vue que Kailiana... mais j'ai pas envie d'argumenter sur ce sujet).

Les réalités que je t'ai dépeintes là, Aube en mesure la portée, et moi aussi. D'autres personnes aussi sûrement, HPI ou non, en difficultés ou non... Alors tu peux continuer de penser qu'on est pas les mieux placés pour juger de l'impact du chiffre de QI sur l'ego (encore une fois je trouve ça trop facile de discréditer Aube sur le sujet ; d'ailleurs Kailiana exprimait la même chose que lui et son point de vue à elle tu ne rebondissais pas dessus), je pense surtout qu'on est bien placés pour mesurer que ce n'est pas qu'une question d'ego et attirer ton attention sur le reste ; ou pour te rappeler comme l'ont déjà fait Lo et Aube que l'impact sur l'ego il est pas toujours tel que tu l'imagines. L'élève qui est troisième de sa classe, ce serait bien que tu ne le réduises pas que à ce statut de troisième de sa classe ; s'il a été déscolarisé ou entouré d'amis qui galèrent ou s'il a passé tout son temps à réinventer le soutien scolaire, peut-être qu'il peut aussi s'exprimer sur le sujet. (Cela dit j'utilise ta métaphore mais comme dit plus haut elle me paraît bien trop restrictive pour le sujet).



Mém :  :calin: :oxo:
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 31 Décembre 2018 à 14:16:57
Effectivement, je crois que ce sont des diagnostiques très lourds de conséquences, à prendre avec calme et patience, la volonté d'apaisement étant un point important pour la stabilité de quelqu'un qui serait diagnostiqué de cette façon.

Il faut raison garder.

J'espère vous encourager à ne pas trop véhiculer vos peurs dans les messages et à plutôt essayer de s'en remettre aux faits, rien qu'aux faits, pour ne pas se laisser emporter par je ne sais quelle émotion.

En ce qui me concerne, je comprends tout à fait que ce genre de discussion puisse être très important aux yeux des personnes concernées de près ou de loin, ça me paraît absolument compréhensible ; disons que j'espère pouvoir trouver une écoute plutôt qu'une confrontation.
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 31 Décembre 2018 à 16:52:45
...
Titre: Re : Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 31 Décembre 2018 à 17:23:19
Honnêtement, je n'ai pas l'impression que ça ne vienne que de moi. Je trouve qu'il y a une franche hyper-réactivité sur le fil, et des mouvements défensifs réflexes (et incontrôlés ?) qui sont difficilement compréhensibles pour moi. Si j'ai parlé avec excès des risques eugénistes, par exemple, ou pour le reste, c'était juste pour illustrer que je préférais une évaluation non classante à une évaluation classante. Maintenant que l'on m'a fait la remarque, je ne prends plus ces exemples-là. Et franchement, je ne comprends pas ce qu'il pourrait encore y avoir de menaçant avec cette idée d'évaluation non-classante  :???:.

Oui, Erwan, je te remercie pour ton effort, c'est la moindre des choses.

En ce qui me concerne, je comprends tout à fait l'impatience d'Ariane vis à vis de la difficulté à se faire entendre, il m'arrive également de manquer de diplomatie lorsque je remarque que je ne suis pas écouté. C'est humain.

Apprendre à s'écouter les uns les autres, c'est essentiel, je te remercie donc pour tes efforts pour nuancer ton propos, et d'essayer de ne pas aller dans les excès dans tes interventions.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 31 Décembre 2018 à 18:43:49
Alan, merci pour ta compréhension.  :-[

Erwan, si je réagis trop vivement c'est tout simplement que tes propos ont été à plusieurs moments extrêmes (dans les exemples utilisés) ; à un moment tu as clairement dit que tu désapprouvais le principe même de réaliser ces tests (je te laisse tout relire, franchement j'ai pas le courage d'aller chercher les citations), en argumentant toujours sur des craintes de classement et de blessures d'ego, et sans proposer d'alternative pour les problèmes concrets (je laisse de côté la modification de la nomenclature car je parle bien des moments où tu remettais en cause le principe des tests, pas les noms utilisés).

Si je résume les réponses qu'on a essayé de te faire c'est tout simplement :
1=> l'ego et le vocabulaire c'est certes très important mais ça ne me semble pas légitime de centrer toute la problématique autour de ça, il y a aussi des choses vitales en jeu ;
2=> dans la réalité il y a réellement des difficultés cognitives qui sont retrouvées à divers degrés d'importance ou de sévérité ; à force de vouloir modifier les noms (ce qui part d'une intention légitime d'être plus respectueux) tu risques de masquer les choses (ce qui pour le coup ne me semble pas respectueux) : ni chiffre ni noms ni considérations de degrés... c'est comme s'il fallait refouler les différences de degré loin très loin, comme si c'était honteux... d'où les considérations de Kailiana et de Aube sur le respect ;
3=> la stigmatisation et les préjugés ne sont pas forcément liés aux différences que l'on a besoin d'objectiver pour l'aide aux personnes, ça nous semble davantage un problème d'éducation et de respect. (C'est comme si pour lutter contre le fat-shaming tu remettais en cause tout le principe de l'IMC ; il y a peut-être d'autres actions à mener).

Au final c'est possible qu'on se soit compris sur le fond mais qu'on n'ait pas les mêmes priorités. Ton combat pour des noms plus respectueux et surtout une conception plus respectueuse, je le partage, mais j'avais le souhait que tu prennes conscience de son côté seulement partiel (cf. 1), de ses limites et de ses risques (cf. 2), et des autres options possibles à mener en parallèle (cf. 3) pour éviter la stigmatisation. J'ai l'impression, dans ce que tu dis, que c'est le petit 2 que tu as le plus de difficultés à saisir (je ne dis pas à approuver bien sûr mais comprendre ce que les personnes ont essayé d'exprimer), parce que tu l'as balayé d'emblée sous prétexte que Aube est THPI.
L'idée d'un système totalement non-classant, je n'y crois pas. Des noms moins connotés, oui, une tendance à l'écoute et au qualitatif, oui bien sûr, mais un système entier qui n'établirait aucune différence de degré, je n'ai pas l'impression que ce soit réaliste au regard des difficultés observées (cf. 2) et je ne suis pas sûre que ce soit ça le vrai respect (cf. 2 pour la notion de respect). C'est là à mon avis qu'on a divergé.

L'hyperréactivité de mon point de vue tu as contribué à la faire monter en neige (involontairement) avec tes métaphores extrêmes et tes analogies centrées sur les problématiques auxquelles toi tu te limitais. Moi je suis sortie de mes gonds (au moins dans ma tête ; je sais pas dans les écrits) quand tu as exprimé que les THPI étaient mal placés pour donner leur avis.

Pour le reste je laisse tomber, les autres questions que tu poses sont intéressantes mais je suis vraiment trop fatiguée pour y répondre, j'ai plutôt envie de prendre du recul sur le sujet.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 31 Décembre 2018 à 20:07:30
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cyamme le 06 Janvier 2019 à 02:02:48
Bah euh, si on veut savoir si quelqu'un est enceinte ou non, on fait une prise de sang pour déterminer le taux d'HCG. Ça veit pas dire que ça définit la personne enceinte, mais c'est un outil diagnostic, tout comme le test de QI peut l'être.

C'est dur de répondre à une discussion aussi énorme étoffée. Je suis d'accord pour dire que les termes de HPI/surdoués et consort sont tout pourris. En revanche, l'utilisation d'une échelle plus ou moins linéaire du QI me semble pas du tout choquante à partir du moment où tu admets que ça mesure pas ''l'intelligence''. En médecine, il y a quand même des tas (https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:%C3%89chelle_en_m%C3%A9decine) de tests qui permettent de catégoriser les gens et établir précisément la probabilité qu'ils ont de présenter ou non telle ou telle pathologie/souci/complication ou whatever et quelle est la conduite la plus adaptée. C'est d'ailleurs ce que dit Ariane en parlant de l'IMC : les échelles d'évaluation de l'état d'une personne sont utiles et nécessaires, tout comme l'est le discernement de l'être humain qui va analyser les résultats desdits tests et en parler avec le patient.
J'ai pas vraiment l'impression que les ''troubles'' associés à un score hors de la normale aux tests de QI soient confondus avec le score en question, mais ptet que je me plante, j'y connais rien. Je suis pas troublée à ma connaissance, même si mon discours est loin d'être de l'eau de roche :huhu:. 


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



pardon si j'ai relancé bêtement un débat qui prenait du recul sur lui-même et que je parle beaucoup d'un truc que je connais peu.

Edit :  suppression du bout de texte d'Erwan qui s'était glissé au milieu de ce post sans balises citations (merci Ariane !)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Alan Tréard le 06 Janvier 2019 à 14:06:02
Je plussoie cyamme sur ses clarifications, elle utilise des mots qui me permettent de bien saisir les enjeux du sujet, et c'est ce qui me permet de mieux m'approprier le cœur de la discussion.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 06 Janvier 2019 à 14:42:27
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Erwan :

Citer
Bon câlins généraux du coup, particulièrement à toi Ariane, puisque tu fus mise à contribution beaucoup
Merci  :-[ .

Citer
En temps normal, on identifie un enfant en difficulté. On trouve qu’il n’est pas seul, un petit copain lui ressemble. On les regroupe et on crée un diagnostic basé sur l’observation des troubles (approche clinique). Puis, on fabrique des outils de dépistage efficaces. Ici, on est en sens inverse. On part de l’outil, et on a identifié à partir de l’outil deux populations à risque (ou plus).
Concrètement (càd avec des sources), qu'est-ce qui te fait dire qu'on a fonctionné en sens inverse ? Pourquoi les professionnels ne se seraient pas dit : "Tiens y a des gens qui galèrent sur le plan cognitif, comment on pourrait objectiver ça ?" puis "Tiens les gens qu'on appelle des "ptits génies" sont parfois déscolarisés ou pas bien dans leur peau, est-ce que c'est le cas pour tous ou pas, à partir de quel seuil de l'échelle qu'on a déjà observe-t-on une différence qualitative dans les affects ou le mode de pensée ?" (=> d'après les psycho spécialisées ce seuil serait autour de 125 - 130, soit légèrement plus bas que deux écarts-types au-dessus de la moyenne).

Pour les données médicales réparties selon une loi normale, c'est fréquent que la définition des troubles se fasse selon des éléments statistiques (par exemple le retard de croissance c'est quand t'es dans les *tant de pourcents* les plus bas par rapport à la répartition normale des êtres humains ; on peut affiner ensuite en distinguant différentes lois normales selon des facteurs plus spécifiques comme le sexe ou autres...). Après c'est au clinicien de savoir comment l'utiliser à bon escient. ("Vous êtes en retard de croissance mais finalement vous suivez bien votre courbe, on a pas retrouvé d'étiologie inquiétante à cela, ça arrive d'être en dehors des normes sans que ce soit signe d'une pathologie quelconque, ne vous en faites pas").

Je pense que ce qui te gêne avant tout c'est cette notion d'"intelligence", ce mot trop subjectif et la complexité qu'il y a à le définir. C'est pour ça que je reprenais l'exemple de l'imc : c'est quoi être trop gros ? pourquoi poids/taille² ? Quand on y connait rien ça semble pas une évidence. Et la pertinence de l'imc peut être remise en cause, le poids lié à une importante masse musculaire ne sera pas interprété pareil qu'une importante masse graisseuse, il faut d'autres données cliniques ou paracliniques pour être pertinent à l'échelle d'une personne. Ce qui n'empêche pas qu'aujourd'hui c'est un outil de dépistage et aussi de définition des troubles. Et ça ne semble pas te révolter (je ne sais pas, tu n'as pas trop rebondi sur ça dans mes souvenirs). L'important pour ce type d'échelle je pense que c'est qu'on puisse la remettre en cause et la faire évoluer pour plus de pertinence clinique ; mais je pense que ce serait une erreur de la renier totalement en l'absence d'alternative qui serait + fiable.

Pour ta question sur si la précocité est un diagnostic médical, pour moi non, c'est plutôt un diagnostic psychologique ou neuropsychologique mais du coup je connais mal les termes exacts ni ce que leur définition requiert ou implique. En tout cas il peut être annoncé par qqn d'autre qu'un médecin (contrairement à l'autisme par exemple) c'est pour ça que je ne pense pas que ça ait l'étiquette officielle de "diagnostic médical". Pour tes autres questions je dirais que c'est la description de caractéristiques d'une population et qu'aujourd'hui des professionnels se demandent si de fait ce n'est pas une population à risque de formes de souffrance particulières.

Les termes APIE et zèbre veulent se distancier des préjugés et mettre en avant les différences qualitatives, mais je n'ai vu nulle part qu'ils essayaient de redéfinir la précocité intellectuelle en essayant de se passer du QI. C'est différent de porter l'accent sur un aspect différent, ou de redéfinir le truc entier.

Citer
C’est peut-être aussi juste trop récent en psychiatrie que la différence seule puisse générer des troubles et de la souffrance, hors du cadre d’un processus psycho-pathologique, une maladie, donc (avec des crises, une rupture avec l’état antérieur, etc).
Je pense pas que ce soit récent que la différence puisse générer des troubles... Si tu veux un exemple précis je peux te citer l'autisme mais qui est peut-être également "récent" à tes yeux, tout dépend à quelle échelle tu te situes. Il y a aussi des maladies sans crises, sans rupture avec l'état antérieur etc (autisme par exemple). Je vois pas bien où tu veux en venir par là. En + les processus psycho-pathologiques n'expliquent pas seuls toutes les maladies psychiatriques, tu en as qui ont une composante bien + biologique que psychopathologique... J'ai l'impression que tu t'avances un peu beaucoup dans ce que tu dis là.

Cyamme :

Euh ben rien à dire en fait, je suis d'accord avec toi tout plein  :-[ :) .
Je crois que tu as oublié de mettre les propos d'Erwan sous la forme de citation à un moment (ou alors tu t'amuses à te contredire toi-même ^^ ).



Sinon juste pour info : J'ai une copine qui bosse sur les diagnostics différentiels de plusieurs troubles et notamment autisme et (T)HPI, du coup ça l'oblige à re-balayer la littérature à ce sujet (sur les (T)HPI), et ça m'intéresse beaucoup. Cela dit pour l'instant ça semble confirmer l'impression que j'en avais, on reste encore très flou dans les symptômes corrélés ou non au haut potentiel, on a surtout des récits d'expérience clinique, les études ne sont pas limpides sur ce sujet une fois qu'on en étudie tous les biais. Ma collègue n'a lu nulle part qu'être précoce et surdoué pouvait être deux choses différentes, elle est retombée sur toutes les notions que j'avais selon lesquelles ce sont bien des synonymes (désolée cochon sauvage). Je lui poserai plus de questions dès qu'elle aura fini et qu'elle sera disponible :) .
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 07 Janvier 2019 à 16:59:32
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 07 Janvier 2019 à 18:22:11
Erwan, bien sûr qu'on l'a tous soulignée cette difficulté, comme tu le re-montres si bien... Oui c'est difficile de définir l'intelligence, si vraiment tu veux t'attaquer au sujet avec encore + d'ardeur, tu peux démarrer une formation en neuropsychologie... Tout ce qu'il en ressort (des types qui étudient la neuropsychologie) c'est qu'il existe des tests pour évaluer différentes capacités cognitives, pour lesquels les gens ont différents degrés de facilités ou de difficultés. Et de + en + on essaye de mettre l'accent sur le détail de ces différentes fonctions cognitives plutôt que sur le gros chiffre global. Ça n'empêche pas le regroupement en entités diagnostiques (nécessaires pour les obtentions d'aides ou autres, à l'échelle de la collectivité), qui n'empêchent pas elles-mêmes l'analyse détaillée (nécessaire pour l'adaptation plus fine de ces aides, à l'échelle individuelle). Ces entités diagnostiques ont un rapport avec des différences de degrés dans les difficultés. Je sais vraiment pas quoi dire de plus et pour tes autres questions comme on continue le même "tournage en rond" je te renvois aux mêmes réponses (que j'ai essayé de résumer dans ma réponse #122, c'était le petit 2 dans mes souvenirs).
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 08 Janvier 2019 à 13:07:35
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: cochonsauvage le 08 Janvier 2019 à 13:28:16
Citer
elle est retombée sur toutes les notions que j'avais selon lesquelles ce sont bien des synonymes (désolée cochon sauvage)
:) Bonjour Arianne, j'ai promis que je développerai l'idée selon laquelle, pour moi, précoce et surdoué sont deux notions différentes (mais indissociables l'une de l'autre). Mais je manque de temps, j'ai des arguments de poids que j'exposerai plus en détails d'ici quelques jours. En attendant, je jette un œil régulièrement sur l'évolution du sujet toujours très intéressant.

Edit 08/01/2019 13 :22
d'ailleurs, je pense que la plupart des différents se situent dans l'utilisation même, la terminologie, le sens des mots. Erwan dans son dernier post a soulevé la difficulté de l'utilisation du mot "intelligence", qui, suivant le contexte et la personne, peut prendre plusieurs significations différentes. C'est notamment dans ce sens que je développerai mon argumentaire.

Edit 08/01/2019 14 :26
Bon, très rapidement et pour embrayer sur l’excellente explication de Erwan :
Lorsque j’ai écrit que précoce et surdoué sont deux notions différentes, j’ai suscité une vive émotion auprès de pas mal de personnes, d’autant que, malgré de riches échanges et des argumentaires de poids, j’ai maintenu ma position. Une petite explication s’impose.

Durant pas mal d’années, (et cela va continuer encore longtemps), j’ai été confronté de très près aux problématiques qui animent ce vaste sujet. Depuis plus de 10 ans se sont enchaînés des recherches, des participations à des conférences, la lecture de nombreuses publications scientifiques, des entretiens avec des psychologues, des parents et des enfants.

Le mot précoce soulève à lui seul plusieurs problèmes du fait du contexte lié à son utilisation. Dans le domaine de la pédiatrie par exemple, il est souvent utilisé pour dire d’un enfant qu’il a un développement plus rapide que la moyenne. J’entends par développement, toute la partie cognitive et affective. On ne parle alors pas de surdoué si l’enfant ne présente pas d’aptitudes particulières liées à la mémoire par exemple.

Le pédiatre n’a pas vocation à détecter si un enfant est précoce au sens psychiatrique. Un enfant précoce au sens pédiatrique a vocation, en grandissant, à rejoindre la courbe de l’évolution des autres enfants… A quelques détails prêts et c’est là que ça se complique. Dès leur plus jeune âge, j’ai pu observer que les enfants détectés comme précoces étaient plus émotifs que la moyenne observable. D’autre part, si certaines capacités cognitives sont clairement plus développées que la moyenne comme le langage, les fonctions intellectuelles et exécutives, d’autres, comme la praxie, l’attention, les fonctions visio spaciales, sont souvent en retrait. Mais ils ne présentent pas les caractéristiques mémorielles qui feraient d’eux des enfants surdoués.

Un enfant surdoué, en plus des capacités cognitives qui caractérisent le précoce au sens où je l’ai écrit ci-avant, présente également des capacités liées à la mémoire (mémorisation) ainsi qu’à la mémoire de travail au-dessus de la moyenne.

Pour résumer et c’est là où je veux en venir, un enfant dit surdoué présentera systématiquement les caractéristiques qui font qu’un enfant peut être considéré comme précoce (au sens pédiatrique j’entends bien). La réciprocité ne se vérifiant pas.

Pour conclure, je pense qu’il est (comme cela a été précisé à plusieurs reprises) nécessaire de contextualiser chaque terme employé afin qu’il ne puisse pas être sujet à confusion mais bien à discussion.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 08 Janvier 2019 à 18:46:32
Cochon sauvage : pour ma part ma question c'était tout simplement : quelles sont tes sources, qui dit cela ? Car pour l'instant c'est différent de tout ce que j'ai lu (le fait que précoce et surdoué soient dissociables).

Erwan (désolée je ne t'avais pas lu) : j'ai peur de mal comprendre... Tu viens me dire que je communique particulièrement mal car je n'ai pas précisé la distinction entre ces deux interprétations possibles du terme... alors que tu reconnais toi-même qu'aucun d'entre nous ne l'a fait ???
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Erwan le 09 Janvier 2019 à 12:52:25
...
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 09 Janvier 2019 à 16:45:26
Erwan :

Citer
Oui et non, ce n'est pas particulièrement toi qui communique mal. C'est d'une manière générale que je crois qu'on utilise le mot 'intelligence' (entre autre dans ce fil) sous deux acceptations sans en préciser à laquelle on fait référence, et que ça explique les difficultés à se comprendre
Merci pour cette rectification...! Ton message précédent était bourré de "tu" (pouvant se résumer par ton superbe "tu communiques mal"). Alors on peut imaginer que c'était une façon d'utiliser "tu" à la place de "on", mais bizarrement je n'ai pas eu cette impression en te lisant. (Peut-être faudrait-il clarifier les termes employés ? ^^ ).

Tant mieux si cette distinction entre "intelligence" au sens commun et "intelligence psychométrique" t'a aidé à mieux conceptualiser tout ce dont on discute et c'est possible en effet que ça aide d'autres personnes aussi à concevoir tout ça.

Je m'arrête juste sur ce passage :
Citer
Or, 95% des gens (hors pros ou personnes concernées par les questions du QI) comprennent le mot intelligence selon le sens du Larousse que j'ai cité. Du coup, de leur point de vue, ton propos est arrogant, eugéniste, tout ce que tu veux.
Que la plupart des gens comprennent ce mot de cette façon-là, oui ; en revanche tes conclusions sont une extrapolation de tes propres préoccupations et ressentis. J'ai eu plusieurs échanges là-dessus (en off de ce sujet) et jusqu'à présent personne ne me taxait d'arrogante ou d'eugéniste. Je t'assure que ton point de vue n'est pas nécessairement généralisable à 95% des "non-initiés au sujet".

Citer
mais si tu essaies de faire l'effort intellectuel suivant, à savoir de supprimer artificiellement (c'est dur  :/) tes connaissances pour ne garder en tête le mot intelligence que dans son sens commun, populaire, tu constateras que ses propos sont moins incompréhensibles qu'ils auraient pu te paraître en premier lieu.
Tu penses vraiment que c'est un effort que je n'avais pas fait ?  ::)
C'est la base de la vulgarisation sur ce type de sujet. Ca n'enlève pas le droit d'être en désaccord avec des choses ressenties et exprimées.





(edit pour éviter un double post)

Cochon sauvage :

J'ai relu pas mal de trucs et toujours rien qui établisse clairement un diagnostic de "précocité intellectuelle" versus un diagnostic de "surdoué".

Après deux avis auprès de pédiatres (l'un direct et l'autre indirect) il leur arrive d'entendre ou bien d'utiliser le terme "précoce" sans intention diagnostique de type précocité intellectuelle / surdoué / haut potentiel mais juste pour un développement psycho-moteur (et non intellectuel) plus rapide que la norme (ce qui peut être un présage OU PAS de précocité intellectuelle / surdoué / haut potentiel). Ils l'utilisaient dans ce sens-là de constat sur les premiers apprentissages, sans vocation à définir une population particulière à laquelle on associerait des caractéristiques plus larges. A prendre avec des pincettes bien sûr vu que c'est juste l'avis de deux personnes. Au final j'ai l'impression que ça peut correspondre au début de ce que tu dis (les pédiatres peuvent employer le mot "précoce" sans faire référence aux compétences psychométriques) mais du coup, s'il s'agit bien de cela et si mes deux sources ne disent pas de bêtises, ce mot ne fait pas référence à une quelconque entité psychologique ; c'est juste un adjectif qui peut être utilisé en référence aux premiers apprentissages ; sans description de caractéristiques associées ; et qui ne présage pas forcément de la suite.

Tout ce que tu écris ensuite :
Citer
Dès leur plus jeune âge, j’ai pu observer que les enfants détectés comme précoces étaient plus émotifs que la moyenne observable. D’autre part, si certaines capacités cognitives sont clairement plus développées que la moyenne comme le langage, les fonctions intellectuelles et exécutives, d’autres, comme la praxie, l’attention, les fonctions visio spaciales, sont souvent en retrait. Mais ils ne présentent pas les caractéristiques mémorielles qui feraient d’eux des enfants surdoués.
Un enfant surdoué, en plus des capacités cognitives qui caractérisent le précoce au sens où je l’ai écrit ci-avant, présente également des capacités liées à la mémoire (mémorisation) ainsi qu’à la mémoire de travail au-dessus de la moyenne.
...je n'ai rien lu de tel et ce n'était pas du tout dans ce sens-là qu'allait l'avis de mes deux pédiatres. Je me trompe peut-être mais là tout de suite j'ai l'impression que tu pars du mot "précoce" employé parfois par les pédiatres (sur le plan psychomoteur du coup, et sans intention diagnostique) avant d'embrayer de nouveau sur des notions développées par certains psycho/neuropsycho (du coup sur la précocité intellectuelle), ne faisant donc plus du tout référence au même emploi du mot.

Mais du coup pour l'instant je ne trouve toujours pas trace de cette idée de deux groupes différents qui font que l'on pourrait avoir une "précocité intellectuelle" "sans être surdoué", avec toutes les caractéristiques que tu décris.  :-\

Au final, deux choses :

- Je ne dis pas du tout que tu inventes ou que tu aurais mal compris des choses, j'imagine bien que tu répètes quelque chose qu'on t'a enseigné, mais je ne vois pas du tout d'où cela vient (tu ne le dis jamais clairement : ...tu as eu des formations auprès de l'éducation nationale ? (et je me demande dans ce cas sur quelles connaissances scientifiques eux s'appuient) ...ou c'est juste ce que tu as compris de tes propres recherches ? ...parce que le "j'ai constaté", ben disons que pour affirmer des trucs comme ça, la seule expérience personnelle me paraît un peu faible... :o ).

- Si ça a été théorisé quelque part, ça m'intéresse de lire ce point de vue, cette façon de conceptualiser les choses, et de comprendre d'où ça vient et ce que ça pourrait donner. Par contre ça me paraît important de toujours garder en tête que cette vision ne fait visiblement pas consensus auprès des professionnels de santé, je ne pense pas que tu puisses la présenter comme la seule valable, même si elle a peut-être beaucoup à apporter.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Sugar le 07 Février 2019 à 11:37:48
Bonjour

Je n'ai malheureusement pas pu lire TOUTES les pages, mais ce sujet m’interpelle...
A l'heure actuelle, je vois que ce sujet de précocité pullule un peu partout.
Il y a quelques années, on parlait d'enfant "surdoué' aujourd'hui précocité. Le terme précocité est inexacte. Un enfant n'est pas précoce. Un enfant reste un enfant avec une logique différente.
Un enfant différent, ayant une sensibilité développée, parfois accompagné d'un mal être de ne pas être compris

Il n'est d'ailleurs pas rare qu'un enfant dit précoce est un enfant ayant aussi un soupçon d'autisme. Un enfant autisme peut être surdoué ..Hé oui
J'en parle car disons que je suis dedans pour diverses raisons.
Ayant eu une enfance compliquée en raison des difficultés d'analyse sur ma spécificité, aujourd'hui je le vis sans trop me poser de questions . Mais cela peut être déstabilisant car on a l'impression constante d'évoluer dans un autre monde, un autre univers. Même les écrits transpirent de différence. Parfois compris ou non.
Il faut du temps pour s'accepter..En tant que "tel" et être entouré de personnes compréhensibles...(c'est un autre sujet tout aussi important)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Ari le 07 Février 2019 à 13:25:01
Citer
Il n'est d'ailleurs pas rare qu'un enfant dit précoce est un enfant ayant aussi un soupçon d'autisme. Un enfant autisme peut être surdoué ..Hé oui
Oui on en a parlé plusieurs fois il me semble... j'espère que c'était compréhensible (parfois j'oublie que ce ne sont pas forcément des choses admises par tout le monde)... je comprends très bien que tu n'aies pas eu le temps de tout lire ^^ .

Citer
Mais cela peut être déstabilisant car on a l'impression constante d'évoluer dans un autre monde, un autre univers. Même les écrits transpirent de différence.
Je comprends très bien ce que tu veux dire.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Dot Quote le 09 Novembre 2020 à 12:49:13
yoyo, heu...

- le sujet je l'ai vu il m'a fait flippé pendant deux ans, là j'ai tout lu presque pas de survol, puis-je apporter une contribution ?
- vous faites preuve entre vous d'une diplomatie que je n'ai jamais observé dans mon solipsisme, vous m'épatez, je veux absolument que vous m'inspiriez de telles capacités, d'où que je vous keur et vais essayer de copier ce trait admirable que je me sens nul à ne pas l'avoir discerné auparavant

bon comme y'a dix pages, je peux pas tout reprendre étout, mais en entonnoir, je vais reprendre :
- la notion de dignité, qui a été à mon sens très bien pondérée dans ce qu'elle a d'important, mais pas assez dans ce qu'elle a de complexe
- la notion d'intelligence, evidemment, bien que perso je sais pas du tout ce que c'est bon sang !
- l'importance des émotions et leur rôle dans la construction d'objets mentaux, car j'ai lu une potentielle idée réfractaire à l'idée de peur, ce que je trouve un peu étrange



avant tout, je vais un peu parler de moi excusez, mais je crois que la première intervention-question de keanu est la marque la plus synthétique des enjeux de la question, et en ceci je crois que mon expérience dépasse non pas vos réflexions qui englobent de manière vraiment ouverte ce qui se traite, mais plutôt ce qui fait que vos considérations peuvent diverger des miennes : vous soulevez les problèmes et les avantages des diagnostics posés sur les enfants, ce qui les aide ou les défavorise dans leur scolarité, eh bien heu... moi j'ai attendu mes 21 ans et mon arrêt brutal des études, pour avoir un diagnostique, et je reprends l'intervention de je suis pas sûr que c'est toi Ariane, qui espérait à quiconque ne pas subir un diagnostic et ses effets terrassants ; je veux bien le comprendre, d'ailleurs, mais personnellement après 22 ans d'errance intérieure et sociale, j'ai été mais... tellement rassuré de savoir que y'avait une raison reconnue à cela ; et d'information il me parait capital de s'armer, car autant je sais, merci l'institution gratuite, que je suis pathologique ; autant j'ai appris y'a pas longtemps que si je voulais faire un test d'intelligence, il fallait que je passe environ deux ou quatre heures auprès d'un spécialiste psychologue, que ça allait me coûter bonbon alors que ça va le sous-payer vu le travail en aval que ça va lui demander, pour : un score qualitatif, un score quantitatif, et deux je sais plus quoi de pratique... bin du coup je vais rester à me croire con ou intelligent selon situation, et donc à me penser juste indifféremment 'différent'... ce qui est assez restrictif quand on doit parler de soi, notamment professionnellement ou socialement ; heu voilà, mon petit solipsisme détaillé



donc, pour le propos :

- la dignité, elle a pop plusieurs fois dans le débat et en vrai, ni moi ni vous je pense, ne sommes capables d'en saisir la complexité ; il y a moults approches possibles, je retiens pas la plus simple et accessible, mais celle qui à mon avis est la plus universelle :
"la dignité d'une personne tient dans son utilisation en tant que fin et non en tant que moyen"
puis les deux premières du larousse qui à mon sens sont plus proches de la vision populaire dans l'usage du terme :
"Une marque de respect adressée à une personne, envers un lieu ou un objet ;"
"Le sentiment qu'une personne peut avoir de sa propre valeur ;"
voilà mon approche par les termes incidents : la valeur, évidemment, ce qu'on se juge de soi, alors les binaires parleront en termes de auto-satisfaction ou au contraire de dévalorisation, le bien et le mal quoi, la jugement le plus simple, pis après la valeur d'un jugement ça peut être plus complexe, genre quantitatif, une valeur de QI par exemple, ou après plus complexe encore, un jugement qualitatif, genre les arborescences qu'on observe dans les ecarts-types bien amenés par toi Ariane ; puis le respect, oui, c'est sûrement cette tolérance envers les valeurs, justement, non ? genre 'je cautionne cet état de toi' ; et puis pour revenir à la première définition : moyen et fin ; bin oui, ça me semble évident, on préfère être utile qu'être utilisé... en gros c'est là toute la valeur morale de l'usage d'un individu, et pour rapprocher tout ce truc de l'intelligence, j'imagine un des enjeux de l'étude sur l'intelligence, c'est donc de rendre au mieux la valeur de chacun, et que celui-ci puisse s'épanouir dans son potentiel, ou plutôt s'y réaliser...

je sais pas si mon approche fumeuse car fortement influencée par ma formation philosophique vous parle, j'ai souvent l'impression de parler dans le vide ou de susciter l'incompréhension, mais voilà...

- l'intelligence : je crois que les concernés à cette discussion sont plus au fait que moi de tout ceci, mais j'apporte ma contribution philosophique, l'une des dernières définitions spéculée de l'intellignece, que je ne retrouve pas car elle doit surement être enfermée dans un article privé du CAIRN ou alors normalement passée à la trappe par la surabondance d'infos de notre monde actuel...
"qui organise le chaos"
c'est réfutable, surtout quand pour l'anecdote, l'intelligence alors touche les minéraux cristaux de par leur construction logique, ce qui attention, ferait de l'intelligence une capacité qui va, bon hors de l'humain on le sait un peu quand on dit que médor rapporte le baton, mais carrément qui sort donc, de la vie ! j'adore les contre-clichés que cela pose et les paradoxes qu'on peut y trouver !

heu en vrai voilà, je ne me pose ni en spécialiste, ni en philosophe, mais comme j'ai eu vent de ces trucs un peu spécialisés en philosophie, c'est un peu comme ça que mes réflexions personnelles transparaissent, j'espère je suis pas trop pédant...

- l'émotion : les émotions sont les outils de l'intelligence, si j'en suis mon intuition, mais j'avoue que si je pense pas avoir tort, j'admettrais volontiers si on m'assurait le contraire, mais c'est bien par la peur et ses dérivés, la colère, etc, que nous utilisons le mental pour nous figurer le réel, non ?
genre bin je sais pas, pour rationnaliser le danger, la peur c'est vâchement utile, je crois les vrais casse-cous inconscients de la vie finissent par crever, et espérer une société sans peur, c'est à mon avis déjà une illusion inatteignable, et surtout un gros danger pratique ! de là à dire qu'il faut affoler les population, non bien sûr non



tout ceci sans trop parler ni de hiérarchie ou de reconnaissance, je suis désolé si je HS peut-être, moi j'ai interprété le sujet tel que je le montre ici par ma réaction, et heu... bin je sais pas trop quelles sont les vraies questions de la problématique présente : genre peut-être que chacun y pioche ce qu'il veut, mais il ne m'a pas semblé voir de direction particulière, partagée par l'ambition de ce fil, autre que traiter des précoces et surdoués, ce que je fais juste parce que des fois je trouve les gens un peu... bin je veux pas être dénigrant car cela participerait d'un mauvais usage moral de la hiérarchisation, mais voilà, je me heurte à des incompréhensions d'autrui qui lorsque je m'en réfère à autre chose, me prouvent que je suis dans la raison et pas eux, ce qui peut bien sûr, parfois souvent, être une erreur de ma part, d'autant qu'à l'inverse je me sens parfois con, un peu malaisé à l'être mais pas forcément honteux puisque je veux avoir conscience de ces défauts et que j'aime à ce qu'on me les renvoie quand c'est pertinent et expliqué ; de fait voilà...

heu oui, si c'est juste une place pour l'échange d'opinions, voici la mienne sur le sujet, sans entrer dans des processus philosophiques d'extraction de certitudes à partir d'un propos encore non philosophé...

bien à vous qui, je le répète, êtes sacrément doués pour vous respecter les uns les autres, quels que soient les glissements ; je me sens valeureusement bête à vous découvrir ainsi, et ça me donne un espoir de ouf autant qu'un autre désespoir de ouf, mais franchement, chapeau
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Feather le 21 Décembre 2020 à 09:47:40
Je passais par là, par curiosité...je constate l'approche inspirante du débat et surtout cette prolixité à débattre.
Je me méfie généralement des diagnostics par volonté de ne pas enfermer la personne dans un shéma trop réducteur, afin d'éviter toute interprétation trop segmentée.
Pour moi la personne est un être en puissance davantage qu'une personne constitutionnellement investie de capacités génétiques.
Mais je suis admirative des intervenants, de leur faculté à s'exprimer au travers de formulations très personnelles sur le sujet.
Je m'aperçois également que nous ne sommes pas égaux, que les différences s'alimentent de notre expérience.
Je dirai que l'intelligence qu'elle soit émotionnelle ou rationnelle ne devrait pas être utilisée pour créer des différences mais au contraire être mise au profit d'une union créative pour sublimer le meilleur de chaque être.

Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Incarnat le 21 Décembre 2020 à 13:16:53
Bon. Je ne vais pas me faire des amis. En même temps, je n'ai jamais été doué pour ça. Alors au temps y aller franco.

Je résume : tu as des problèmes dans ta vie ? Tu es probablement un surdoué. N'oublie pas de payer 90€ de test (montant au pif). Qu'il revienne positif ou négatif, ne changera en rien ton problème. Mais, au moins, auras-tu eu l'honneur d'essayer de rentrer dans une case.

J'ai vraiment besoin de préciser ce que j'en pense ?
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aléa le 21 Décembre 2020 à 14:57:27
Bah y'a des gens que ça aide, parce que quand tu sais ce que tu as ça peut aussi t'aiguiller vers un bagage de solutions à ces problèmes justement
et y'a des gens que ça aide pas plus que ça de mettre un mot et une case et qui ont besoin de plus d'introspection pour être en accord avec eux, et puis sinon les deux peuvent être aussi nécessaire, plus de cas quoi c'est pas ne pas se faire des amis que de dire ce que tu dis, c'est juste forcément un peu trop réducteur par rapport à la réalité


Par contre ouaip sur l'aspect case et justification des problèmes sans chercher à s'améliorer une fois posé, ouaip ça me saoule aussi (j'entends par là, des gens qui se justifie en mode "oui je suis un connard, mais c'est parce que je suis surdoué tu peux pas comprendre" alors que juste non, pour certains c'est trop facile et pas aidant du tout de foutre des cases et toujours plus de cases)
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Earth son le 21 Décembre 2020 à 16:48:04
Je suis d’accord avec BenG.
Être dans une case, ça peut aider.
Mon fiston est différent depuis toujours. Vers 7 ans, son instit nous a dit qu’il s’ennuyait à l’école et qu’il était certainement surdoué. Il allait mal donc on a trouvé une psy spécialisée qui nous a dit qu’il était intelligent mais pas surdoué (il n’avait qu’un petit 123 de QI). Elle l’a aidé et c’est reparti pour un tour jusqu’à l’adolescence où ça a coincé.
Retour chez la psy. « Ah oui, les surdoués font souvent une adolescence précoce et compliquée ». What ?  :o Ben t’avais dit le contraire il y a 4-5 ans !
Bon bref, un petit boulot et reparti jusqu’au lycée.
Encore une fois pas bien. On va voir une autre psy (déménagement oblige) et là « Il a beaucoup de traits autistiques. Ce serait bien de vérifier ». Sauf qu’il a maintenant 18 ans donc adulte, que le seul psychiatre spécialisé dans le coin ne prend plus de patient. Bref, c’est la merde.
Je lui ai demandé s’il voulait faire la démarche. Il aimerait bien pour savoir où se caser et éventuellement avoir des aides pour ses études mais là on est dans le vide sidéral du jeune adulte trop vieux et un dossier à faire remplir par un psychiatre qui n’existe pas. Donc, là, je dois avouer, on ne fait pas grand chose. Il est au chaud à la maison Covid oblige mais s’il doit aller tout seul à la fac, ça va être stressant pour tout le monde (lui en premier).
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Incarnat le 21 Décembre 2020 à 18:30:09
Effectivement, mon résumé est peut-être un brin réducteur. En même temps, c’est le principe d’un résumé.

Je veux bien croire que ce genre de test peut aider. Mais franchement, combien cela en a-t-il aidé ? Bien peu, je le crains.

Le plus sage est effectivement d’aller voir un psychologue dans un premier temps et un psychiatre dans un deuxième temps. S’ils existent.

Et pour ce qui est de la connerie, je dirais que j’ai passé ma vie à tenir compte des desiderata des autres. Désidératas qui changeaient tout le temps. Au final, j’ai tout envoyé balader et depuis, je vis ma vie sans me soucier de ce que pense les autres. Et je bip ceux qui pensent que je suis un con. Mais là, on est un peu hors sujet.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Νάουσα le 22 Décembre 2020 à 12:55:42
Ce fil me fait penser à une histoire que j'avais lue, d'anticipation dystopique.

C'est l'histoire d'une société qui découvre que par le cannibalisme, et plus précisément le fait d'ingurgiter une partie du cerveau d'un autre, le mangeur peut assimiler l'intelligence du mangé. Et par intelligence, cela voulait dire le QI. Je suppose que cela avait été écrit à l'époque où fleurissaient ces évaluations. Et puis la société évolue, au fil des saisons et des décennies. Les gens acquièrent des QI invraisemblables. Du marché noir de QI apparaît. Les dépistages sont systématisés et obligatoires. Les meilleurs QI sont isolés et préservés parce que des rapts sont commis, du viol de cerveau. Les termes sont crus mais je vous assure que ça va loin. Plus le temps passe et plus il faut manger pour devenir intelligent et surtout conserver cette intelligence, complètement artificielle et d'ailleurs pragmatiquement inutile. Finalement, sous le règne d'un eugénisme forcené, des castes sociales sont instituées. Les naissances naturelles sont proscrites (on retrouve un peu cela dans un film connu). Mais le monde court à sa perte, marchant littéralement sur la tête. Une résistance s'instaure tandis que les derniers arbres tombent. Ceux qui sont nés d'amour se cachent et se font passer pour muets, au risque d'être dévorés. Et tout cela a commencé d'un scientifique sans vergogne qui goûta de la cervelle de primate ainsi que d'une bande de galopins qui décida une nuit sans lune de massacrer et dévorer le premier de la classe.

Merci, ça m'a fait du bien de partager l'horreur de cette ancienne lecture.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: rigolote le 23 Décembre 2020 à 12:32:49
En même temps qui ne s'ennuie pas à l'école, qui ne fait pas "semblant" pour ressembler à ses pairs et trouve ça éreintant en fin de journée, qui ne se sent pas décalé, ou prend les autres pour des cons.

A mon sens les critères sont à affiner



Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Earth son le 23 Décembre 2020 à 13:59:31
@Erwan

Merci pour ton témoignage. On a eu des adresses et numéros de téléphone mais ça ne nous a pas mené bien loin. La psy nous avait donné le nom du psychiatre à voir mais pas de nouveaux patients.
On a contacté je ne sais plus quel organisme qui nous a envoyé un dossier à remplir mais il doit être visé par un psychiatre. C’est le chat qui se mord la queue.
Si tu as d’autres info, je suis preneuse. On ne sait jamais...

@rigolote

Dans ton post, j’ai l’impression que tu nies l’existence de la précocité / surdouance.
C’est que tu n’y connais rien et n’y a jamais été confrontée.
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: rigolote le 23 Décembre 2020 à 14:07:33
Earth Son,

Détrompes-toi, je n'en nie pas l'existence. Par contre, j'ai peur que cela soit  peu comme l'arbre qui cache la forêt...

et je me serais jamais permise d'insinuer un truc pareil, vu la souffrance que ça engendre, c'est les critères que je critiquais
Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: rigolote le 23 Décembre 2020 à 14:57:55
J'ai l'impression d'avoir été hyper maladroite, Earth Son, en plus je viens de lire ce que tu as écrit et ton inquiétude pour ton fils, et je me sens hyper nulle. :'(
Titre: Re : Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Aléa le 23 Décembre 2020 à 21:20:15
Ce sujet m'a toujours laissée perplexe.

Qui ne s'ennuie pas à l'école, qui ne fait pas "semblant" pour ressembler à ses pairs et trouve ça éreintant en fin de journée, qui ne se sent pas décalé, ou prend les autres pour des cons.

A mon sens le vrai problème c'est d'être hypersensible.

Bah c'est sûr que l'école BON, peu de personne arrivent à s'y épanouir surdoué ou pas... C'est un autre soucis (enfin, c'est sûr que c'est pas si loin haha) mais je vois ce que tu veux dire sur l'école  ^^
Simplement ça sera pas forcément le même type de difficultés et pouvoir identifier un surdoué peut aussi apporter un lot de réponses et solutions adaptées (tout comme y'aura d'autres types de solutions adaptées pour d'autres profils)
Et puis l'hypersensibilité c'est autre chose, même si les deux se trouvent souvent liées


Titre: Re : Précoces, surdoués, etc.
Posté par: Earth son le 16 Novembre 2021 à 19:41:49
Coucou me revoilou,

Je ressors ce topic pour une pitite question.
Étant donné que trouver un psychiatre pour un diag autisme (asperger) sur Nantes, c’est mort, est-ce que quelqu’un a un contact de psy ou organisme sur Paris ?
Je crois que mon fils aimerait aller au bout de la démarche. Maintenant qu’il est adulte, c’est compliqué puisque la plupart des centres s’adressent aux mineurs.
Vous pouvez me MP si vous voulez.
Sinon, bah, tant pis, je me débrouillerai.
Merci