Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Calipse le 22 Avril 2010 à 18:59:10
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Voici, une nouvelle écrite à l'origine pour un concours, où malheureusement, je n'ai pas été sélectionnée par ma professeur de français pour y participer.
« Je me sens mal, immensément mal.
Mes mains tremblent, j’ai froid, je n'ai plus envie de rien.
Ne pas pleurer, mes larmes menacent de refaire surface. Je les contiens avec peine.
Tout mon corps ressent son absence. J’entends encore son rire, la chaleur de ses bras.
Je me souviens de ce soir, où mes larmes ont coulées, où elle est venue, où elle m'a pris dans ses bras.
Le timbre réconfortant des paroles qu'elle a prononcé.
Je me souviens de nos mots pourtant banals et très peu nombreux… »
« Des mains glacées la touchent.
Une odeur de désinfectant imprègne l'air, elle suffoque.
Les ténèbres entourent son champ de vision.
Elle voudrait hurler mais aucun son ne sort de sa bouche.
Sa respiration est de plus en plus difficile.
Soudain, le froid l'étreint, glace ses poumons, bloque le gaz vital dans sa cage thoracique.
Ses mains brassent l'air à la recherche d'un objet solide auquel se raccrocher, mais la douleur se réveille, lancinante, insupportable et ses bras retombent. Son corps est agité de sursauts, son cœur s'emballe, entame une course folle… puis, plus rien. »
Une goutte tombe au sol, rouge. Une goutte de sang tombe au sol, cascade miroitante sur le carrelage immaculé, parfum amer au goût de regrets. Il pose une rose à ses pieds, puis s’en va ; sans un regard, sans un remord.
Dix…
Il court depuis quelques secondes ou quelques heures, comment savoir ? La pluie tombe sans discontinuer depuis qu’il l’a quitté, depuis qu’il l’a tuée. Comme si le ciel déversait sa colère à travers les torrents d’eau qu’il déverse à ses pieds. Le souffle lui manque mais il court toujours, désireux d’agrandir l’écart entre lui et elle, ou ce qu’il en reste. Dans sa main gauche il tient encore son couteau maculé de rouge, dans l’autre, reste les clés. Ses clés à elle. Celles qu’elle lui avait données pour qu’il puisse rentrer quand bon lui semblait. Celles qu’elle lui avait données lors de leur dixième rendez-vous. Celles avec lesquelles il est entré. Celles qui lui ont rendu sa liberté. Il est entré, il est sortit. Il est passé, il est partit. Elle l’a aimé, il l’a tuée.
Enfin il est libre.
Enfin il peut être heureux.
Neuf…
Sa première rencontre avec elle. Un restaurant banal, des lumières douces et une rose à la main. Le regard inquiet de celle qui attend celui qui ne viendra jamais. Lui, accoudé au bar avec son habituelle bouteille à la main, les yeux emplis de solitude. Dans les verres il aperçoit le reflet de sa chevelure d’ébène et ses yeux d’améthystes. Il s’approche, puis s’assoit sans gène. Elle lui lance un regard étrange, déjà ses traits d’ensorceleuse ressortent lorsqu’elle lui ôte la bouteille des mains.
Puis vinrent le deuxième et le troisième rendez-vous. Elle voyant en lui l’homme idéal, lui voyant en elle un agréable moyen de passer le temps. Jolie et pas trop exubérante, un parfum agréable flottant autour d’elle, oui, un agréable moyen pour se faire plaisir…
Après tout, pourquoi s’en faire. Une nuit, une journée tout au plus et il ne la reverra plus.
Juste le temps de vivre un instant de plaisir, juste le temps de prendre une pose.
Huit…
Elle l’avait ensorcelé avec ses grands yeux et ses cheveux d’ébène. Jamais il n’avait ressentit une telle émotion jusqu’à sa rencontre avec elle. A présent elle est morte, elle et tous ses sortilèges. Elle l’avait aveuglé et avait profité de lui, sûr et certain que ce n’était pas la première fois. Une croqueuse d’hommes, une fille de mauvaise vie. Elle lui avait enlevé tout ce à quoi il aspirait. Mais maintenant tout est fini. Oui, plus jamais elle ne l’embobinera, plus jamais elle ne l’emprisonnera. Quelle vie lui avait-elle volé…Rendu dépendant de son parfum et de son rire il a perdu un temps fou avec elle. Sorcière !
Sept…
D’abord il est entré. Il savait qu’elle serait là, à attendre il ne sait quelle inspiration, les mains posées sur son piano.
D’abord il est entré. Il savait qu’elle ne se méfierait pas, après tout il avait les clés.
Ensuite il a frappé. Connaissant le chemin par cœur, dans la cuisine il a pris le couteau.
Ensuite il a frappé. Une main gantée sur sa bouche, un, deux, puis trois coups dans son dos.
Enfin, il est sortit.
Derrière lui, le corps inerte et le sang qui goutte. A ses mains, le couteau et les clés,
trophées de sa liberté.
Il la touche.
Une odeur de désinfectant imprègne l'air, elle suffoque.
Les ténèbres entourent son champ de vision.
Elle voudrait hurler mais aucun son ne sort de sa bouche.
Sa respiration est de plus en plus difficile.
Soudain, le froid l'étreint, glace ses poumons, bloque le gaz vital dans sa cage thoracique.
Ses mains brassent l'air à la recherche d'un objet solide auquel se raccrocher, mais la douleur se réveille, lancinante, insupportable et ses bras retombent. Son corps est agité de sursauts, son cœur s'emballe, entame une course folle… puis, plus rien.
Enfin il est libre.
Enfin il peut être heureux.
Six…
Il court depuis quelques secondes ou quelques heures, comment savoir ? La pluie tombe sans discontinuer depuis qu’il l’a quitté, depuis qu’il l’a tuée. Il s’arrête au coin de la rue, devant lui le défilé incessant des passants. A gauche, trois petites vieilles tannées par le temps attendent que leur heure passe. A sa droite, un couple de jeunes adolescents. Les gens sont comme le temps, éphémères et translucides.
A travers eux, toute l’ampleur de sa solitude se dévoile et c’est avec lenteur et envie qu’il s’assoit au bar. Il la regarde, l’examine comme il ne l’avait jamais fait au paravent, enfin il la retrouve, son amie, son ange gardien, sa bouteille.
Et c’est avec générosité qu’il offre la tournée aux autres.
Enfin il est libre.
Enfin, il peut être heureux.
Cinq…
La main posée sur le comptoir, il retrouve les vieilles habitudes oubliées avec le temps. Oubliées à cause d’elle. Elle et sa manie de toujours le surveiller, de l’épier sans arrêt.
Plus d’alcool, plus de plaisir. Plus de filles, plus de plaisir. Plus de sorties le soir, plus de plaisir.
Plus de vie.
Manger sain, plus de pizza, plus de bière. Faire du sport, plus de sorties récréatives, plus de soirées au comptoir.
Poireaux, navets et autres friandises, abdominaux, soirées au coin du feu. Mais jamais de verre ambrés et d’apéritifs. Elle était ainsi, jamais satisfaite. Il était ainsi, jamais satisfait.
La main posée sur le comptoir, il retrouve les vieilles habitudes oubliées avec le temps.
A présent, il est libre.
Quatre…
Combien de temps est-il resté à sa merci ?
Combien de jours, de mois, d’années a-t-il perdu ?
Il s’était bien rendu compte que quelque chose n’allait pas, qu’il n’était pas à sa place. Mais quelque chose au plus profond de lui, l’empêchait d’agir.
Comme une drogue, un aphrodisiaque, elle était là. Son parfum enivrant et ses yeux inoubliables. Il aimait ses caresses, ses longs doigts qui parcourraient sa peau. Il aimait sa bouche explorant son corps, ses lèvres contre les siennes. Ses cheveux d’ébène tombant en cascade dans son dos, ses sourires et ses rires.
Il aimait son corps. Elle l’avait ensorcelé avec ses grands yeux et ses cheveux d’ébène. Rendu dépendant de son parfum et de son rire il a perdu un temps fou avec elle. Sorcière !
Il aurait été pourtant si facile de s’en débarrasser, d’oublier ses formes et ses regards mais comme une drogue, plus on en a, plus on en veut.
Triste à dire, triste à savoir mais pourtant bien réel. Vérité cruelle qui fait mal à entendre, il était bel et bien dépendant d’elle.
Trois…
Il a été pourtant si facile de s’en débarrasser. De tout abandonner, de tout jeter.
Il s’était demandé maintes et maintes fois comment retrouver sa liberté qu’il affectionnait tant. Il avait passé de nombreuses nuits blanches à se questionner, mais finalement c’est elle qui lui a donnée la solution à son problème. Lorsqu’elle lui a donné ses clés, elle a signé son arrêt de mort. Grâce à elles il a pu rentrer, grâce à elles il a pu tuer.
Tout est fini à présent. Oui, tout est fini…
Mais alors pourquoi sa voix ne veut-elle pas disparaître de sa tête ? Pourquoi son rire ne veut-il pas s’en aller ? Pourquoi son parfum ne le quitte-t-il pas ?
Lorsqu’il fixe sa bouteille ils disparaissent, les souvenirs qui le hantent, les rires qui dansent dans son esprit. Mais la bouteille est bientôt vide. Que vont-ils faire lorsqu’elle ne sera plus qu’un vulgaire déchet ?
Ils le harcèleront, il en est sûr. Jamais ils ne le quitteront, jamais il ne sera tranquille.
Sorcière !
Mais que lui arrive-t-il ?
Toujours assis, il attend. Il ne sait pas quoi, il ne sait pas pourquoi, il est seul.
Autour de lui les gens discutent, rient, s’amusent ; après tout on est vendredi soir, non ?
Il est seul. Un regard insistant, des yeux qui fixent sa main. Non, pas sa main. Son couteau, le couteau. Son arme encore tachée de sang. Il regarde tour à tour celui qui l’observe puis la lame maculée. Mais qu’a-t-il fait ?
A travers les yeux de cet inconnu qui le fixe avec effroi, il se rend compte de l’ampleur de son geste. Il sent l’odeur de sang qu’il dégage, son sang à elle. Il voit le gant qu’il porte encore à sa main, les clés qu’elle lui avait données. Il lui a fallu dix minutes pour être heureux, dix minutes pour la tuer, pas une de plus.
Mais combien de temps lui faudra-t-il pour oublier son parfum et sa personne ?
Combien de temps lui faudra-t-il pour oublier qu’il n’est qu’un meurtrier, un tueur ?
Deux…
Il se souvient…
Première rencontre :
« Il ma répondu qu'il ne savait pas.
Alors les larmes ont roulées toutes seules sur mes joues. Elles ne voulaient plus s'arrêter. »
Deuxième rendez-vous :
« Il m'a aussi demandé de ne pas pleurer et de ne pas lui en vouloir.
Pour pleurer c'était un peu tard mais je ne lui en veux pas. »
Quatrième phrase :
« Il a commencé par me demander si je ne trouvais pas qu'on est trop différents. Je lui ai répondu que si peut-être.
Puis il a essayé de me dire quelque chose, mais il n'a pas réussis. »
Troisième rendez-vous :
« On verra demain si mes efforts de cet été ont servis à quelque chose.
Étrangement, malgré ce qu'il ma dit, je ne pleure plus, je pense de moins en moins à lui.
Bien sûr, je l'aime toujours, je suis encore triste, mais ça va mieux.
Ça vient peut être du fait qu'on continue à se parler, même plus qu'avant.
Je trouve ça quand même bien.
Ça m'aide à accepter la rupture.
C'est sûr, son souvenir restera encore gravé dans ma mémoire, mais pour le moment, je commence à me sentir plus heureuse. »
Dernière phrase :
« Chéri ? Mais que … »
Un…
Il court depuis quelques secondes ou quelques heures, comment savoir ? La pluie tombe sans discontinuer depuis qu’il l’a quitté, depuis qu’il l’a tuée.
Il court encore et encore, désireux d’agrandir l’écart entre elle et lui, entre la police et lui. Il entend déjà le glas qui sonne sa condamnation, il voit déjà sa tête mise à prix.
Les sirènes hurlent derrière lui et il court. Il court à perdre haleine pour s’échapper et fuir les souvenirs qui l’assaillent. Ballet incessant, le passé et l’avenir se rejoignent, orchestre symphonique de l’horreur, mélodie inoubliable de la mort. La sienne, celle qu’il lui a volée et la sienne, celle qui coule dans ses veines.
A présent il regrette. Personne n’a le pouvoir de prendre une vie, et surtout pas lui. Lui n’avait aucun droit. Aucun pouvoir, aucun devoir.
Etait-il si malheureux ? N’est-il pas plus prisonnier maintenant ?
Là-bas, plus de bouteille, plus de femme, plus de bar.
Ici, une bouteille, plus de femme, un bar.
Avant, une bouteille, une femme, un bar.
Zéro…
Oui, il est heureux. Mais à quel prix ?
Les clefs de sa liberté dans une main, l’arme de son crime dans l’autre, il se rend.
Captif il était, captif il restera.
Dix minutes pour vivre heureux.
Dix minutes pour tout détruire.
Une vie pour tout oublier…
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"s'éclaircit la gorge"
J'aime beaucoup cette nouvelle et sa "présentation" (je ne trouve plus le mot) originale. Le style est agréable. Je trouve que tu insistes un peu trop sur les répétitions (même si elles sont la base de ton texte), mais ce n'est qu'un avis ^^
Par contre :
mais sa va mieux
Horreur !!
plus loin :
qu'on continue à ce parler
idem !!
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Hum...j'ai honte :-[
Comment ai-je pu faire abstraction de telles horreurs ?
Sinon, c'est vrai que j'insiste un peu sur les répétitions (bon, un peu beaucoup même) mais je n'imagine pas le texte sans. J'ai déjà essayé d'en enlever mais ça ne me convenait pas alors...voici ce qu'il en résulte :)
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Des soucis avec l'accord du pp employé avec l'aux" avoir, au passé composé.
Trop de phrases interrogatives, en ce qui concerne ma réception. Et, en gros, le sentiment d'être trop (visiblement) dirigé.
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Alors, premier texte que tu poste ici, et pour un premier texte, j'ai bien aimé. Je trouve le texte plutôt bien.
Petit bémol quand même : les répétitions. Elles fonctionnent bien, mais sont vraiment trop exploitées.
Voila, pas très développer, mais ce que je pense.
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J'ai bien aimé comment le texte est "mis en scène", avec les premiers paragraphes qu'on ne comprend d'abord pas, et puis l'espèce de compte à rebours, qui nous explique tout... J'ai trouvé les répétitions plutôt bien utilisées, pour ma part, elle répondait bien à l'instabilité du personnage. Dans l'ensemble, j'ai plutôt bien aimé =)
Par contre, plusieurs fautes, du genre : "Il est entré, il est sortit. Il est passé, il est partit" ou "comme il ne l’avait jamais fait au paravent"
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Les ténèbres entourent son champ de vision.
J'aime pas cette image car techniquement, ce qui entoure son champ de vision, c'est ce qu'elle voit pas.
Une goutte tombe au sol, rouge. Une goutte de sang tombe au sol, cascade miroitante
J'aime pas trop la transition une goutte/cascade, vu qu'on se focalise sur cette goutte qui semble unique, ça m'a semblé bizarre.
J'ai beaucoup aimé le rythme, l'effet de course est super réussi. J'ai horreur des répétitions en règle générale, mais je trouve vraiment qu'elles donnent une force supplémentaire au texte. Pour un thème tant de fois ressassé, je trouve le texte bien construit.