Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Nacas le 04 Décembre 2018 à 15:17:10

Titre: Bleuet-Ciel d'un hurlement [Long, AT]
Posté par: Nacas le 04 Décembre 2018 à 15:17:10
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   Il était une fois au crépuscule un jeune Hurleur sortant des écuries. Fauve nordique aux crocs massifs, au corps immense, il y avait ce soir un regard tout noir hérissé de larmes, d’épines et de rage. Il fit croire au garçon d'étable que c’en était bien fini de sa vie, que les Dieux avait cessé de vouloir de lui. Ce fut absurde ; mais dans une gerbe argentée le Hurleur se transmua. Devant lui, le garçon vieux déjà. Alors qu'il venait simplement lui apporter son eau ; et la bête s’était transmuée devant soi, fit de lui un brandon figé. Dans un brandon de chair bleutée. Un tout petit enfant se tint là recroquevillé sur lui, dans les écuries de l'auberge d'un village qui n'avait que des étables. Il resta ainsi quelques instants, avant de se relever ; il était nu, mais peu importe. Dans son regard des lames de désespoir. D’impuissance. De compréhension, de déception, infinies, globuleuses. L’infini que ceux de sa race n’atteindraient jamais. L’impuissance. Celui dont les mains maladroites échappèrent un seau ne sut pas qui Bleuet s’en allait rejoindre. Ni où il se rendait. Il eut froid. L'hiver était passé, pourtant.

Les Hurleurs étaient des hommes-bêtes bien silencieux. Ils s'étaient éteints en quelques décennies, on n'en trouvait guère plus. Ils ne criaient point si l'on piétinait leur queue, ne gémissaient qu'en de rares occasion qui ne les concernèrent, qu'eux. Peu d'entre eux incendièrent des maisons. Peu de ces preux, guerriers peu innervés, prirent d'autres le bonher ; qu'une fois chacun jamais n'hurlèrent, le jour de leur mort. Leur sillage brûlait de jeunes enflammés, jaloux ou frustrés, humains peut-être, qui s'abandonnèrent. Ils moururent en même temps que leurs flammèches, bleutées. Mais les rumeurs devaient aller bon train : n'avait-on pas vu aux côtés de voyageurs un pelage dru blanchi, aux abords d'une forêt enneigée ? Comme sortant de la Crevasse, un gentilhomme aurait charmé le corps féroce, de cette créature qui le portait, lui et un autres... Rien ne s'éteint jamais pour de bon ; qui en ce monde fou renait s’abîme. Ainsi vivent les abords de la Crevasse. La Crevasse aux esprits. Bien peu d'esprits, en somme ; mais un camp de minier. Un terreau corps-liés ; percés de lumières, les êtres tachetés, de passé ou passés de cendres : les hommes de la tourbière. Nés pour être mineurs, les organismes travaillaient, au contact de la roche d'un immense trou, qui les façonnait. Et jetaient les perles de ciel à l'abandon. Ils tombaient, se reflétaient, finissaient par vouloir s'éteindre. Les enfants savent cela.
S’ils ne geignaient pas, c’était que les Hurleurs étaient fiers, ou bien qu’ils ne savaient plus comment faire. Une malformation congénitale changeait-elle leur douleur physique en tourments d’humeur ? Ils étaient stupides. Les puissants fauves cogitaient tout jusqu’à leur mort, qui les délivraient d’un cri un petit peu étouffé. Leur cri qui n’avait toujours rêvé que de s’échapper, après tout.
Un grand hurlement.

Il s’immisçait dans la Lande Crevée une crainte d'angoisse : celui qui devait assister seul à un changement de forme devait se vouer à changer lui-même. C’était douloureux. Quelle magie que celle qui inspire l’inquiétude ? Une bien triste.
L'on ne revit plus le garçon d'étables de ce soir-là. Jamais.

Mais le Hurleur pourtant semblait si chétif, et il pleurait, pleurait-il ? Qui lui avait donc volé sa conscience ? Il emprunta le chemin du couloir, emprunt. Le ciel le suivit.
Ou bien il fuit, le Ciel.
Les nuages s’obscurcirent et la nuit tomba pour de bon.

Pendant plusieurs jours, l’esprit de Bleuet avait été tout embrumé. Des odeurs de sang lui revenaient. Des images trop rapides de rochers et de suie le tourmentèrent. Qu'avait-il fuit ? Un frisson mit en branle ; il luisait. Quelqu'un dans son corps. Il se demanda qui était-il. Au même moment, des murs de sangs de glace s'écorchèrent les copaux de moire brûlaient en touchant ses yeux. D'autres yeux. Des nerfs moururent. Il monta à l’étage. Je restai là en lui. Décidément, Bleuet savait beaucoup de choses. Il parvint à l'étage, ouvrit la porte dont il avait entendu le numéro. Ce fut curieux que face à ce grand homme, qui éveillait désirs bestiaux et nature affriolante, son cœur put s’embarder avec tant d’agitation. Il perdit ses mots et sa tête toute vide sonna comme une cloche toute claire : il – parla – fuit–il ? de beaucoup de phrases, néanmoins. Moins que néant ? Il faisait bon dans cette pièce.


«   Je te retrouve, pour la seconde fois. Toi dans un trop ample divan, et moi simplement debout, sorti d’en bas, des garde-bestiaux. Encore. Avez-vous apprécié le voyage, vous ai-je plu ? J’ai aimé chaque fois que tu as flatté mon encolure comme six ans de tendresse à crever mon corps pour en faire jaillir l’amour de la caresse d’un petit cœur de sœur. Je t’ai aimé, oh, au-delà de toutes limites ; cela m’a fait mal, cela m’a déclamé, décimé. Mais c’était toi qui orchestrais, n’est-ce pas ? À la baguette les émotions de mon corps, le sourire fou. Aujourd’hui, j’en ai encore mal aux dents ; j’ai dévoré mes joues, alors… je me dis que cela n’avait pas plus d’importance, plus que ça en a, ou que ça en avait, ou que ç’aurait pu en avoir, que je m’apaise. Tant que la réalité vit, qu’elle soit de terre de chair de nerf ou de traître… elle vit, n’est-ce pas ? Je suis dégrafé. Je me sens insouciant, imperturbable, détaché… mais je suis juste dégrafé. Tu sais. Moi aussi, je le sais. Le reste est faux, le reste tu l’inventes, je me contente de l’être. Tu ne me laisses rien.

La première fois que je t’ai vu, tu étais seul, tu cherchais quelqu’un ; qui est-il celui-là, qu’admire-t-il cet autre ? Moi, je t’admirais. Mais aujourd’hui, qui t’accompagne ? Je n’ai pu être bon qu’à le porter, bien docilement sur mon dos. J’ai encore fait usage des pensées que tu m’as données. J’ai fait usage de la fourrure que tu m’as donnée, pour réchauffer les cuisses trop froides de celui dont tu reprendras aussi les émotions. Arquées, ventées, plus brutes que moi. Finiront-elles par remplacer les miennes, elles aussi ? De toute façon, nous finissons tous par te servir… Un jour, je me demande : n’ai-je pas suffisamment fait au mieux ? Avais-je une chance de m’en sortir, moi* ? Un autre, je crève sous la torpeur étouffante d’un esprit qui n’est plus le mien. Mon corps n’est plus mon corps. Qu’assassine-t-on lorsque l’on tue un homme ? Je n’étais qu’un petit garçon. J’étais malheureux, tu m’as fait vide. De ce vide qui ronge comme un béant que nul surplomb ne peut jamais créer. J’ai mal sans avoir mal.

Il a eu le droit de conserver ses molaires, lui ; tu n’as pas voulu de sa mâchoire ? Elle ne bouge pas. Il ne pense pas ce qu’il pense, lui non plus ; il a cette lueur incrédule dans le regard. L’avais-je, moi ? Moi, j’avais l’impression de n’avoir plus que des crocs… Ses yeux jouent une autre mélodie, une mélodie macabre, d’espaces et d’étoiles, décousue ; je dois l’admettre, que je n’ai pas su la jouer, en mon temps. Mais pourquoi n’a-t-il pas droit à graine de volonté, pourquoi ses yeux vitrent-ils, peut-il les sentir béer, ses larmes en cire, ce qu’elles détiennent ? Qu’elles dispensent ? QUELLES DISPENSES ? Pourquoi tu le maintiens mort, pourquoi toi qui te ronges de vie, qui t’es constitué prisonnier, par simple amour de… perdurer…

« Il devient ingérable. »

Ingérable.

« … »

Je vois, tu l’as trouvé.

« Attends ! Qui es-tu ? Que dis-tu de moi ? Monsieur, qui est-il ? demande-t-il, ses yeux cherchent un miroir mais ils ne lui présentent que du noir. A-t-il seulement articulé, l’air étouffe de sa conscience visqueuse.

— Alors c’est comme ça que tu le grimes : tu le condenses. Il balbutie. Il trébuche, tu l’as fait trop lourd. »

Je l’observe dans ses yeux ouverts trop-voyants aveugles.

Mais si, je suis celui sur lequel tu as vagabondé, j’ai porté ton périple, péri, périclité. Rappelle-toi, tu m’as enfourché, tu t’es couché sur moi, enfoui ta face fine dans mon crin foison ; j’ai aimé, là aussi, quand tu t’es agrippé à mon dos dru. De ton bout de corps qui rend fou. Tu m’as fendu d’un peu de raison.
Sourire abstrus, sourire cadencé.

En ce moment, Bleuet se prend d’affection pour ce tendre adolescent qui a habité son dos durant un long trajet. Il lui semble qu’à travers lui, c’est un peu une part de lui-même qui revient dans le passé un passé qu’il n’a pas envie de raconter n’en a pas besoin n’a que peu d’importance pas d’intérêt, de toute façon. Bleuet semblait savoir des tas de choses, mais cette fois il ne sut ce qui réellement le poussa à se déverser comme un ballon de poche trop-tard crevé. S’évente-t-il ou à peine sait vent ? Il prit une décision. N’existait-il pas, après tout. Des choses devaient se réveiller, de toute façon. Ainsi va l’histoire des Landes…

« Allons, alors. Mon petit creuset nervé, mon mince puits de pensées-réalisatrices, mon pauvre hébété de pensées-réparatrices, je m’exécute. Je vais te raconter. Tout ce que je pourrai te dire, je te le dirai. La bouche en cœur, les sens en vraie-frimousse, l’émotion en friche… Je te détruirai autant que je le pourrai. Laisse-moi te conter. »
Écoute. Ouvre-toi, deviens-moi.


   Plic. Ploc. Comme les bruits devant une grotte, avant qu’on y entre une fois qu’on y est cela fait de la musique. La caverne dont on ne connaît que le seuil. Mais les sons que l’on entend ne sont pas les roucoulements d’oiseaux babils puisqu’aux berges du souvenir on est tout seul tout seul tout seul. Pose un orteil, mord un peu l’eau ; et ça fait Doonnng…


    Il est né de la boue, de l’helxine et du noir d’un quartier fangeux dortoir mouroir, sans soleil à l’ombre et au sang sombre – l’helxine maintient envahit et le monde, colonisé reste en friche. Dans ce tableau bien morose, au hasard de la lie noire du sol, de la fange ou des toits, du ciel, ou d’un recoin battant du chœur de tout cela – de cette falaise immobile –, un éclat de moire faisait moindre étal métal de l’humeur encore radieuse d’un soleil d’été d’ébréché. Les hautes parois de pierre avaient au village substitué le ciel, les astres s’étaient enfuis avec ; le firmament vit en marge, alors. Loin, en bandeau rogné mais parfois des rayons téméraires s’aventuraient – perdus roulant les chats ! à moi me mentaient à la croisée scintillante des disques de métal – grisâtres miroitants ballants – suspendus, qui faisaient éclat de rien. Ils me confiaient l’espace céleste, glaçant, où le bleu trouvait des confrères. Ils écharpaient mon regard du leur trop clair. Dans l’attente de la nuit et de son ciel noir, mes yeux luisaient peut-être de trop de songes.

Lambine, et lambine-t-il, il est maintenant face à la porte. Une lourde porte de fer, très lourde, si lourde qu’elle n’a pas de gond, n’a que des verrous. Elle est engoncée dans la roche, de lourdes chaînes la retiennent. Il lève les yeux aux plafond, un plafond clos ; le battant verrouillé enterré occulté détesté, enfoui, des souvenirs invasifs. Cela va trop vite. On les a enfermés là. Que fait-il ici ? À l’intérieur de la grotte sans ruisseau, le présent se fige en plaques d’air gelé. Il fait froid. À l’extérieur le flot du temps flotte, gros – grelotte. La mémoire précipite en glace trop claire. On y étouffe.
On suffoque.


Il y avait une pancarte.
Les rais de lumière reflétaient un soleil tombé d’un autre monde. Un monde au-delà des deux remparts du ciel inertes. Des disques de verre, qui luisaient. Par fugues interposées du soleil libre d’être haut rayonnait, sa lumière se frayait un chemin d’innombrables émissaires circulaires, jusqu’à nos yeux. Placides. Tournoyants.

C’était là que je suis né : dans la crevasse. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été avec Bleuet. Mais il est injoignable pour le moment.

La grotte des souvenirs. D’un écriteau ou d’un autre, on n’y entre jamais que trop tard ; l’eau fleuve roule, dehors. Les serpentins affluent, coulent du plafond ; comme la poussière n’oscille plus. Rien ne frémit. Tu es bien seul. Tes pieds ne savent plus comment, ni pourquoi marcher. Tu t’effondres ; et la nuit vient te cueillir. Ta mémoire est en banderoles. Au-dessus de toi, tu la vois flotter entre les rochers. Les banderoles… tu pourrais presque les attraper. Pâles, immaculées. Tes joues pleurent. Tous ces souvenirs, effilochés.
Et ça fait comme des gouttes sur une suie grise.


Il n’a vécu que quatre ans, ou cinq, aux côtés d’une grande sœur qui allait travailler à l’heure de la journée où les ombres sont plus sombres, et les lueurs plus vives ; la phosphorescence du dégoût camouflée dans les yeux fraternels, plus incisive. Il veillait tard de son corps collant d’amertume, repu de boue, qui écœurait au vomissement réprimé une bouche surmaquillée, de trop de fards. Il aimait sa sœur, comme un enfant. Il hantait le logis comme le sordide fantôme d’une mère, que sa peau semblait garder en odeur ; traînait le fumet blafard de la mort jusqu’aux tressautements maussades d’une jeune fille dont il ravivait les souvenirs de parfums. Effluve.

Tu es un effluve. Ta mère t’a un jour porté comme la pupille du monde.

Le souvenir blême choyé blafard d’un temps dont on ne se souvient pas. Il avait vécu, mais quelles preuves lui restaient-il ? Le fleuve était un lit pour le gouffre. Il béait, il se taisait, l’âcre et le noir le hantaient. Sa mère, au terme d’innombrables efforts et d’amour, lui avait passé sa vie. Au piège de la boue, de l’helxine, des scintillements paisibles, milliers – éphémères – des disques métalliques pendus, comme morts – hagards – comme le relais poisseux de tout ce que coûte un égard. Un écart. Une fois, elle ne voulut plus ne vivre que pour elle… sur un coup de cœur, elle lui avait tout passé. Une fois, mais cela avait suffi ; elle était partie, et lui restait.

Tu n’es pas un passeur.

Il était parvenu au terme d’un long éparpillement de calvaire, qui fut court, mais parut sans fin jusqu’à la dernière seconde. Un terme qui fut le point de couture de deux autres. Le fil qu’on lui léguait se salissait de tourbe.

Le premier fil.

À l’éclosion d’une longue nuit de mystère, la Lune vit une femme heureuse pour la dernière fois ; le corps ouvert comme une fleur, la tête renversée – enfin – offerte aux étoiles. Elle était restée lui dire adieu.

La peau de ton ventre reste orange.
Et les échos chuchotent : « Tu nous as tous tués. » En cris brûlés de murmures.


J’ai déjà entendu ces échos. Ce sont les échos de ce qui a un jour pu être, mais n’a soudainement plus été. Ils me hantent de plus en plus. Mais qu’essaie donc de faire Bleuet ?

Adieu, heureuse maman tu t’es déchirée en gouttes de douleurs délicates ; béatement ciselée en pleurs, résignée. Tu l’as laissée s’écraser sur la joue d’un lambeau d’univers, la grosse goutte sucrée, la frimousse de l’enfant que tu avais toujours cherché au-dehors. Mais il germait juste en toi. Dans tout ce noir dévorant, tu tâtonnais le bleu marine d’un ciel limpide, océan… Futile.

Ce furent mes yeux. J’ai les yeux bleus. Ici rien n’est bleu. Le reste est brun, noir ; terne.


Interlude.      Le monde poursuit son cours mais nous faisons fausse route. La grotte des souvenirs n’est pas une caverne mais en moi. Je m’en souviens, là. Je rime et riem et rime et rime… Mais mes é-lucubrations ne riment à rien. Ne riment. Je ne cesse de répéter : Je suis tout seul. Je suis tout seul. Je suis tout seul. Je suis tout seul Je suis tout seul Je suis tout seul Je suis tout seul Jesuistoutseul. J’ai l’air de me plaindre. Comment pourrait-il en être autrement ? Je suis malheureux. QU’eest le malheur ? Qu’un tas de chair sans cervelle. Un amas de terre ni d’amour ou meurtri un mot inadéquat une marrée douceâtre d’aisselles. Je porte alors le malheur en moi. Il coule. Existe-il et-xiste-t’ai-je ? Exije me taise. M’arpège.  Coule. Charrie comme un torrent gravats torrent gravats immobiles. Le monde est immobile. L’appellerions-nous une fois, rappel. Reste-il là où il vit – vit-il.
Il claque des doigts à s’en frapper les phalanges. Ça lui fouette les sangs. Il reprend conscience. La bribe toute blanche s’efface, de sa main, s’échappe. Les bruits quittent ses ongles en sang. Il est toujours sur le seuil. Mais il gît – gît-il ?Non-s-il-s’Agrippe.
Le monde poursuit son cours.


Ces souvenirs, qui semblent habiter chaque paroi de mes pensées, me font me demander de quel hôte je suis l’hôte. Je suis l’Autre ? Il me semblait être moi-même, pourtant. Je suis désolé, Bleuet. J’espère ne pas te causer du souci ; je ne sais pas qui suis-je. Les présents et les possibles s’entremêlent, tu les flattes, ils se remettent à frémir. Pour l’instant le chemin est sincère. Les disques tournoient mais moi pas, je ne suis pas pendu à une ficelle. J’ai peur de ce qui devrait m’envahir.


   Il vécut bien avant que son père se délia de sa raison et nourrît une passion, irraisonnée qui devint une ferveur, déraisonnable qui mourut en nécrose, abandonnée, à l’égard des fausses miettes d’obsidiennes éclatantes. Celles qui gerbaient dans la nuit. Les logorrhées qui éclaboussaient sa fine pellicule de peau de blancheurs soudaines. Vives ou furtives. Les atours des mesquines voleuses de notes qui se seraient glissées dans la surface de ses yeux fous et lui ponctionneraient son âme irréelle – lui qui les fermait si souvent. Comme un substitut d’alcool, qui déliait son monde. Son père lui faisait part très souvent, très absorbé, de toutes ces choses qui nous entourent et pillent, en s’appuyant sur lui de tout son regard. Ces choses-là les entouraient, nous entouraient, parce qu’on s’autorisait – s’autorisait-ton ? à les regarder. Elle se nourrissaient de notre attention – MAIS QUI leur avait permis d’EXISTER ? Son père s’adressait à lui avec un peu de méfiance, j’avais dû être le confident de quelques-unes des pales maraudeuses. Mais il ne le déplora pas, lui qui – au moins ne fut pas parti – s’offrit de cœur ; il était toujours son fils. Ils pouvaient tout partager, vivre dans même chair – vrombir – nourrir – de – la – même chaire.

Il perdit pied, le monde lui échappa des mains. Ses yeux roulèrent.

Il ne pleura pas lorsque son père le fit. Lorsqu’il usa un soir à ressasser les pupilles de sa femme qui ressurgît, éborgnées les mains glacées, dans ses petites paumes. Il clôt ses yeux, s’enferra hors du monde. Se retrancha dans le sien. Il ne crut pas un sanglot de celui qui dépérissait morfondu jusqu’aux os lorsqu’il tenta de lui narrer le tintillement qu’il avait pressenti la veille, et qui devait expliquer la vie. Sa vie. Celle qu’il avait vécu, celle que sa mère avait laissée, celle que la chair de ses chairs lui avait dérobée, celle qui égarée s’était faite celle échue, celle agrippée. Évidemment. La vraie. La mienne.

Elle se répand sur le sol. La mémoire. Il voudrait se lever mais il n’en a plus la force. Pour se lever, pour se réveiller, il faudrait tout emporter. Il se lie à la roche. Il a dépassé le seuil, mais à quel coût ? Il n’a plus de forme, il ne tient même plus debout. Fige.

Celle qu’il se prend à vous raconter, celle qui lui n’est plus le « je » mais qui l’expire tout de même ; en un long râle d’agonie, une existence, qu’il aurait voulu rester… tenir ! Sienne, malgré tout. L’existence de celui qui, le lendemain du tintement dont le père aurait juré « qu’il brillait » en entendit un autre, échappé, un borborygme, de la bouche d’une fillette en personne qui traversait les âges pour lui rendre son jeu ; qui semblait vivre de la Vie, elle-même. Qu’elle ne dît – tinta – plus jamais, qu’en lui. Elle lisait. Des livres.

Des pupilles d’acier de ses yeux dorés.

L’enfant était juste venue là, un soir. Quelqu’un l’avait déposée devant le seuil ; on dit que ce devait être la nouvelle fille de son père mort fondu. Elle devait avoir quatre ans. Mais ses yeux brillaient des feux inextinguibles de la vie ; en quelque sorte, elle était le monde. Bleuet avait bien besoin d’un monde ; il promit de s’en occuper. Il ne tint pas sa promesse. Elle partit et Bleuet n’en revint jamais.

   Pour qu’il se pense « ma sœur était mon ange échouée dans ma boue, mon helxine, et qui n’a jamais plus parlé car de l’ouverture de ses dents de lait pointues s’échappait bien la Vie elle-même en mince filets de son : chaque fragment d’un océan de bleus, perdus dans les limbes sans sommeil qui nous avaient tous portées. Si l’on les y assemblât, tous ensembles, nous ne furent jamais que des marionnettes aux fils de coutures nuits. Je n’avais jamais lu. Ma conception du monde s’arrêtait à moi. Elle babillait comme une bibliothèque ; et cela m’avait happé, alors que je ne savais pas pourquoi. Ma grande sœur en était terrifiée. Me voyait-elle partir, moi aussi ? N’étais-je pas déjà fou, à l’époque.


Le conte s’arrête là. Après, le petit garçon reprend. Il n’y a plus d’eau dans ses yeux. Ses yeux détachés. Sa voix détachée. Ses pleurs dégrafés. Il raconte, mais il a fini de raconter. Il continue. Ce qui est à dire reste à dire. Je frémis. Qu’essaies-tu de faire, Bleuet ?


    » À la vérité maintenant, je ne saisis pas ce qui me pousse à éviter de parler de moi-même, de toujours présenter cette version chapardée, ces arabesques de parades de paraboles et de palabres. Je ne sais pas ce qui me pousse à vouloir me partager. Mais là encore, vous me forcez à me livrer et je vous tends un autre. Quand parviendrai-je à m’étendre ? Ne suis-je seulement qu’un petit animal. Nous sommes là assis sur un canapé, généreux, douillet, et plutôt que de m’y prélasser je ne cesse d’ouvrir et fermer la gueule, trop pour une respiration assoupie, et vous buvez mes paroles comme si je n’avais jamais parlé alors que c’est vous qui m’avez condamné au mutisme. Vos crocs, devinrent les miens. Vous êtes mes malfaiteurs. « Je » vous hais. Mais de qui… buvons-nous l’ancien passé. L’ancien passe. Vous respirez. Ça fausse tout.

Il paraît que parfois, dans ce flot de « Il », surviennent des instants de lui. Tendez l’oreille. Affûtez vos poumons. Délivrez-vous des sons – naturellement. Les instants dont le « je » et un enfant ressurgissent. Écoutez-les. Ils délivrent d’une voix magique la mémoire tiède d’évènements qui ont fait scintiller pour eux un jour la braise d’un monde de givre. Ils sont tout ce que je fus. Qui croire ? Alors que ce monde a cassé, que vous l’avez fracturé, brisé, fondu, pour tout remettre en mue, pour tout enchâsser ; que croyez-vous que cela fait ? Vous avez tout fait couler. Vous qui imaginez pour vivre, ne vivez que de pensées. Qui croyez-vous que cela fait, de ne plus pouvoir se contrôler ?

Une loque brisée. Un chiffon, fondu. Ainsi font, les hommes. Mais tu déverses tout ailleurs, dans la rigole ; tes rires ont disparu. J’ai l’impression qu’ils n’ont jamais existé. S’il-te-plaît…

Ils ne répondent pas. Peut-être ont-ils répondu. Peut-être est-ce cela leur réponse. Peut-être se sont-ils rendus ailleurs, et en réalité je parle tout seul. Les membres que je ressens n’existent pas, pas plus que leur chaleur. J’ai du mal à y croire, j’ai du mal à croire. Ils m’ont laissé là ; dans une illusion sotte.


   Je la protégeais. Il partait le matin, de ses premières années, animé sur la route de la Décharge en Enferme d’un sentiment protecteur qui grandissait dans son ventre, qui prenait racine dans son lit où s’était lové la candeur, muette, qui ne dit rien d’autre que les mues de la Vie, l’univers, et encore pas tous les soirs. Il partait le matin et alors la Décharge devenait celle qui Renferme, et c’était un regard, qui naissait de disques de lumières, et s’évanouissait de pupilles d’or – qui en réalité auraient pu n’exister qu’à l’intérieur de moi, cela m’aurait suffi. Je devenais celui qui renferme, et c’était un océan, qui engloutissait tout si ce n’est peut-être – l’abîme courbe qui se dessinait, tout autour de moi. Alors les courants l’entraînèrent : en fissure de grande sœur et en plongeon de son père ; elle qui fut au soir d’un jour rentrée avec en moins un œil, et un corps fêlé désormais – pour jamais.

Il ne put toujours en vouloir à son père, car il fut trop faible lorsque ce dernier la vit revenir ainsi il ne lâcha pas la ficelle qui avait trouvé refuge entre ses doigts, avec laquelle il se déliait ce soir et semblait-il la nuit avec. Il ne lâcha rien, resta parfaitement calme. Le morceau de fil trituré se tendit, puis entre ses mains poisseuses de poussière, se tordit ; dans le petit creuset improvisé pour un fragment de trame qui aurait dû contenir un souvenir d’une âme perdue – pour sûr ; il passa quelque chose que le petit ne vit alors jamais : la fin d’un frisson. Il quitta l’antre.

   Ils retrouvèrent son cadavre dans l’aube du lendemain. Lui, et sa sœur à ses côtés, tout émaciée, toute fière, défigurée. Elle dégorgeait de fierté et c’en était obscène, il flottait dans l’air une bise si résignée une brise si crue si satisfaite, désespérée, libérée, que je crus que celle qui avait pourtant partagé ma vie se disloquait, se transfigurait, devenait translucide. Qu’elle s’écoulait, liquéfiée, finalement vaincue ; bouffée par l’helxine. Que j’étais définitivement tout seul ; résolu. Tout résolu. Mais son père flottait toujours dans le ruisseau de boue, et une mare de sang – froid lui aussi – ne connaissait pas de répit : elle ne put s’enfuir. Il avait tué deux ivrognes éberlués, pour mourir poignardé par un autre qui – lui non plus – ne connaissait d’autre manière de souffrir que de nourrir la colère. Qui justifiait la rancœur. La rancœur ne peut se dissoudre. Le corps, en revanche, lui est bien supérieur. Il fond, en l’espace de pas une nuit. Et défalque une odeur épouvantable.

De sangs, de noirs, de jaspes… de verres fondus. D’obsidienne ; je suis d’obsidienne ?
Peut-être.


Depuis ce soir-là, ma grande sœur et moi vécûmes seuls, blottis l’un contre l’autre, contre la seule chose que la ville nous avait vraiment légué ; la fille d’une autre, l’amour de notre père.
La dernière femme de sa vie se remit à lui parler, comme si le macabre avait déverrouillé des vannes en elle, en détournant le regard quand même, peut-être pour esquiver son reflet borgne – étais-je un miroir glacé ? Mais il se tut ; et cette fois non plus, il ne sut pleurer. Sa mère s’était tue.


Mais que désires-tu alors ?
   J’aimerais m’échapper. J’aimerais réfléchir. J’aimerais m’extirper de cette immense crevasse où coulent la boue, l’helxine et le sang intarissable insatiable des souvenirs inlassables de ceux qui les ont enlacés ; ces murs. J’aimerais balayer tous les murs. Je voudrais le voir partir escalader la roche la falaise qui regardait tout ce petit monde gémir, et qui n’a jamais levé le pied, qui n’a jamais levé le pied, qui ne nous a jamais laissé voir le soleil ; ne serait-ce que l’entr’apercevoir. Partir éventrer la panse de celui qui les y avaient enterrés, dans ce trou à rats, froids ; fût-il Dieu lui-même. Partir. Vivre. Tout déchirer. Pour s’y terrer comme l’animal qu’il était, n’importe où hors de son terrier de misère, n’importe où loin de ses océans de ses lacs, de ces écluses, dégorgés de liberté.

Mais en lieu et place de Dieu, il trouva un gigantesque trou, plus béant encore, dont les parois circulaires réchappaient d’une fumée noire comme si la nuit tombait avec elles, et avec elle les astres : des falaises toute entières. En cercles enchaînés dans cette éparse mofette sinistre – aurait-elle pu enserrer une montagne d’un bord à l’autre alors que travaillaient les cordées infinies d’hommes – aux cernes noircies, aux corps corrompus, fourbus. Mais il venait d’avoir onze ans, et du ciel tombait une lumière étourdissante ; ses muscles d’enfant gonflaient, gorgés pour la toute première fois d’autre chose que d’espoir : d’appétit de clarté. Ces deux élans qui sont les mêmes.

Les spectres de flots azurés.



Et Bleuet et moi y travaillâmes longtemps. La roche était dure ; alors les cachettes rares. Mais le soleil y était chaud. Mais le soleil y était. La chaleur nous brûlait. Les ondes de noir paraissaient comme de fraîches récompenses. Comme des réminiscences vacillantes revenaient, nous nous plongions à la tâche. Quelque chose ne tournait pas rond. Un chat avait trouvé refuge dans un arbre, et ne pouvait plus retourner à terre. Mais quoi ? Je ne savais pas. Qui pouvait-il bien être, après tout, ce chat. La chaleur et le crépuscule nous envahirent. Les saisons passèrent. Nous n’y prêtâmes plus attention. Nous eûmes chaud, il fit bon, et pour une étrange raison cela nous suffit. Nous avions oublié quelque chose.


   Vint un matin où je devins subitement moi-même, réveillé par ma chair. Dans une aube douceâtre et presque feutrée, un bleu de firmament mielleux, et le grincement gros échauffé de mes muscles mouvants – habités. Je piochais, creusais, grattais, me baissais, me redressais, ramassais ; dans une grande torpeur volontaire et cela m’a réveillé. J’ai secoué la tête une fois, bien sûr, deux fois, je crois, mais rien n’a changé ; ce fut tout juste si mon crâne s’effleurait d’un mal – une indisposition passagère. Je me dis : mince, je suis passager de moi-même. Alors j’ai secoué plus fort ! J’ai débarbouillé mon visage en tous sens, fait face dans toutes les directions, brandie ma face au vent du vent, je me suis gavé du dehors. Je pensais pouvoir rivaliser avec le reste : le ciel.

Devenu aspérité, j’ai inspiré je crois à gorgées grosses un air froid, sa surface dorée de flammes. J’ai contenu en moi les gouttes de nuit d’eau, ciselées de nervures, qui ont enflées, qui se sont enfuies, qui ont rendu au matin son allégresse, paisiblement, ses rayons de rotures, ma splendeur.
Alors tout engourdi, comme le superbe nuage d’été passe devant un soleil radieux dont il égrène le feu, tempère la fierté, enchâsse l’ardeur en sous-obscurité, une fine couche de poussière s’est déposée sur mon entrain. Sourde, elle a fait saillir des muscles qui avaient été chétifs mais étaient devenus grossiers, – informes – malformés, qui s’étaient construits par l’effort, mais imaginés par l’espoir, furent dessinés par l’essor – des sensations, de la nuit et de ses étoiles… de toute la progéniture… des sons.

Dans la cambrure de la chair du fantasme de la fibre de ma peau, dans les rochers aussi où elle se dispersa, les ombres devinrent noires de vide. Vides de noir. Noires et avides. Froides. Rongeuses. Déjà, boucles. Art-ti-cul-ées. Je m’éveillai. Je m’éveillais. Une multitude de minuscules créatures aux membres de suie, aux tout petits doigts de cirres, fourmillaient finement le long de mon corps ; partout les alentours, suintaient, en désordre dehors niais mais, soudaines : me regardaient. Peut-être simplement parce que je les voyais.

Sans que je m’en sois rendu compte, elles étaient déjà tout autour d’en nous.


Leurs yeux étaient si vides.
N’avaient-elles rien vu ? Ignoraient-elles les chatoiements du ciel, pour me dévisager ainsi, avaient-elles fait fi des scintillements de l’âme ? Je me rassis pensivement.
Mon cœur s’arrêta.
Mais, étrangement, ce ne fut pas si douloureux. Je n’hoqueta pas. Ces menues choses multitudes aux yeux vides m’extrairent de mon corps.
Qui s’arrêta lui aussi, d’ailleurs.
Les créatures jouèrent, et je ne fus rapidement plus que fils !


*Je devais être irrémédiablement moi-même ; je n’ai pas pu me préserver dans la folie. J’aurais aimé croire que je n’avais aucune chance ; que vous vous êtes joué de moi, comme ces bestioles ont joué de ma mémoire. Que vous étiez un homme déloyal.
Mais j’étais perdu comme cette étoile était noire. Je me rattachais à peu de choses. Peu de choses. J’étais creux. Creux. Même plus la force de tourner en boucle. Ma carcasse s’effondrait.


« Rhaa, vide ! j’étais vidé ! Les groupes suivants seront composés de nouvelles entités. »

Dans les cavernes, il n’y a pas de règle, mais tout le monde travaille quand même. Je m’en suis rendu compte quand je me suis moi-même arrêté de bosser : le monde est si actif ! Je crois que leurs corps s’activent d’eux-mêmes ; en réalité, tous ces gens sont sur des sièges passagers. Passagers parce qu’ils s’estompent : ils fondent dans la mofette, la noire, celle qu’on voit un peu de partout, qui suinte des parois des murs de moi. De moi bien sûr, ils parlent, ils parlent à leurs petites mains refuges, parce qu’ils ont oublié qui ils étaient, depuis longtemps ! Je me suis senti très seul : moi, je n’avais personne à qui parler. Je me suis senti vide. Ils travaillaient tous en équipe, devant moi, ils se réconfortaient chacun l’un avec lui-même, mais leurs encouragements m’allaient droit au cœur ; c’est à leur voisin qu’ils communiquaient leur joie de frapper, la roche, que personne ne voyait. Je me demandais où ils étaient, si heureux de vivre. Mais ils devaient être bien planqués, car je ne les ai pas retrouvés. Je n’ai pas retrouvé la fumée motrice qui m’investissait de jour en jour comme eux, que j’avais entr’aperçue un autre – jour –, qui m’avait tué. Retranché dans une caverne dehors sous clefs sous chaînes ; volé, enchaîné. Sans chaîne.

« Nan, sérieux ! je me sentais comme un plateau chauffant ! Je flottais entre ces murs. »

Depuis quand, depuis quand ne m’étais-je pas senti ainsi ? Libéré, de toute entrave, libre d’aller m’écraser, de me laisser tomber dans cet immense trou, comme un oiseau en chair au milieu de
J’ai si froid…
Tous ces hommes enchaînés. Je me sentais si creux, que je me suis même demandé qui était le plus à envier : j’étais sublime, dévoré ; mais ces gens-là avaient cessé depuis longtemps d’être eux-mêmes. J’avais déjà entendu parler de cet endroit, en vie, on l’appelait : Le Ciel. Mais nous savions que Le Ciel était noir. Ah.

« Ça oui, je suis incapable de me défaire de cette sombre tâche de froideur entre mes deux omoplates. »

Ce doit être ma folie qui s’accroche. Ha,

Les lumières s’éteignent.

On ne peut plus entendre les flots que dans le noir.

On peut les apprécier. Les flots du temps. Le fleuve.

Mais j’ai un mauvais pressentiment, un mauvais pressentiment, un mauvais pressentiment…


« D’inachevé dans la glace. »

C’est cela : j’attends que j’explose.


   Depuis que j’étais de cirres, j’avais de plus en plus de mal à me concentrer, je devenais difficile à appréhender, et les sujets s’échappaient de ma tête plus naturellement qu’ils n’y restaient. Je n’étais plus une écluse, et mes notes restaient alors ce qui me restait. Quand je rentrais le soir, je me laissais choir du haut de la falaise ; de retour dans la boue, j’atterrissais. Mais l’helxine me portait ; et le noir… avait quelque chose que je n’avais pas, cela me plaisait.
Je me suis demandé :

« Ma sœur sera-t-elle toujours là ? Et les pupilles d’acier, dorées, luiront-elles encore ? Pourrai-je les chérir comme je l’ai fait ? Elles se seront peut-être ternies. J’espère qu’elle tinte encore comme la Vie dorée. Voilà ce que j’avais oublié ! Je voudrais encore veiller sur elle. »

Et j’ai appris à ne plus me demander.

Entourés de cernes, les yeux ont quelque chose de dur ; ils semblent crier fort, alors qu’ils n’ont pas le droit. Très vite, je ne les ai pas aimés ; cette façon qu’ils avaient de me rudoyer, de m’attraper et d’en vouloir à ma peau toute noircie de suie de ma colonie, je ne l’ai pas aimée. Comme si en revenant du ciel je m’étais attiré sa noirceur, et qu’on me le faisait payer ! Je n’étais pas habité ! Je ne suis pas habité !

« Je ne suis pas habité !

— Noann…

— Où est Émilie ?

— Il est tard, Noann. Il est trop tard.

— Je sais que je l’ai laissée ici, je me suis absenté, je le regrette, tu es injuste de me la cacher !

— Cela fait dix mois, Noann… Elle n’a pas survécu au premier hiver… »

Mais j’avais besoin de l’hiver, pour revenir. J’avais besoin de son froid mordant les membres. J’avais besoin d’aide.
J’ai essayé de retinter, plusieurs fois.
Mais ce fut encore avant le printemps.


   Je ne compris pas tout de suite, et repartis. Mon esprit vagabondait, mais ne se réveillait qu’une fois par an – à la tombée de l’hiver. J’étais habité comme d’une évidence. C’était un peu mon anniversaire. Je renaissais. Mais, qu’y-a-t-il, en aval de ce couloir ? Des parties de moi-même restent terrées, je peux les sentir, j’entends l’eau qui coule. Qui trotte. Elle m’apaise.
Elle s’échappe d’un autre temps, où il fait si bon…



J’ai froid. Tisse, sous-tends, tisse, toile et rends, tisse et rate. Vague, vogue, ballant, bêle, balade, ahane – jusqu’àu Ciel. Ne meurs pas. Jusqu’au trou. Ris seul, reluis, veule, ralentis ; froid – nous sommes si nombreux. Nous sommes tous, tu n’es que toi, nous sommes toi. Uns car en toi ; un car seul – reste, reste là. Ne t’en – fuis. Pas. À pas. Appât. Nous avons besoin de toi, petit ; pas, petits. Nous t’invahirons.

 « Mais, dites-moi… Vous avez décimé toute ma famille, non ? Bredouille, mes yeux étaient des manteaux d’argent. »

Tu crèveras la bouche ouverte. Ta gorge se figera comme un solide. Ta luette fluette fuira luira muette, rira. Et finira fluide. Esquif note, glotte, tu n’es plus ta grotte, flotte, tu es un, solstice ; un car mat. Tu n’es rien, solstice ; rien qu’écart, las, terreur. Frigorifié, abandonné, mineur ; gravât. Solstice. Gras-vert. Noir. Solstice. Mortifié.
Solstice.
Brillant végétal, une plante ; courante. Toxine.


« Et mon fantôme revint me tourmenter ! Alors je lui dis, indécis, je lui pris ses mains – devant mes yeux : Bouh. »

Ah, j’étais vide.


Je dus me résoudre à l’abondance : j’étais possédé ; je ne me possédais plus. C’est en ce moment que je vous ai rencontré en premier ; c’était la fin de l’automne, la glace émettait de grands craquements, et elle commençait à prendre dans le corps des gens. Moi, elle m’enorgueillissait. Quoi de plus normal, j’étais semblable à un golem ; face à vous, Monsieur.

Le givre vous transissait.

Mais moi il me colmatait. Je sentais ma peau durcir raffermir grandir, je me sentais grandir. Si perclus dans mon enclave de roche – de chair – de roche ; si ferme compacte et à la fois toute noire… Vous prononçâtes ces mots :

« Saturation, point de rupture. Sang chaîne. »

Et toujours grelottant :

« Petit,
Bonsoir. »



Passe. Passe…
Passent… Tu as posé une main sur la tête de celui qui t’accompagnais ; et il s’est tu. Tu as posé une paume sur la mienne ; et tu m’as assis sur tes genoux. Je n’ose pas m’avachir sur toi ; je me souviens de tes bras de braise, et ma glotte se rétracte. Se cache. S’enferme. J’ai peur, j’ai peur de ce que tu vas me faire, j’ai peur de ne jamais le savoir. J’ai peur que tu détruises en moi tellement de chose ; j’ai peur de devenir encore. En me tenant bien droit, mes vertèbres se réarrangent et je me blesse ; mais j’ai trop mal. Entre mes omoplates, ton souffle calme, ne dit rien ; rien qui vaille. Tu ne souris même plus. Tu es juste là, dans cette pièce qui dort, tu ne bouges pas ; et nous craignons immobiles. J’ai l’impression que j’ai encore parlé tout seul ; et je pleure… J’en ai assez, de ne parler que moi-même… Tu me caresses les cheveux.
Non, je suis au bord des larmes, mais il ne faut pas éclater. Si j’éclate… Qui restera si j’éclate.


Je ne sais pas qui restera si j’éclate. Peut-être ne deviendrai-je que pulpe. Peut-être que je m’écraserai, cette fois-ci. Peut-être que je reviendrai au printemps, qui sait, je ressurgirai.

Dans un éclat de lumière, des reflets verts papillonnent ; fleurissent des fleurs étranges que je n’avais pas vues jusqu’alors. Des fleurs, sans fleurs, des tiges. Des millions. Des millions qui luttent, qui se débattent, des gangues de noir qui les enserrent ; elles les enfouissent, elles chatoient et les engloutissent… elles se débattent pour moi. Elles se débattent contre le froid. Elles se débattent pour m’en sortir. Et elles irradient d’une chaleur réconfortante.
Au fond de moi.
Au plafond de moi.


Et moi ? J’étais quoi, au sol ? Transi de froid, je rampais, je saignais, mes mains rougies, tentaient d’agripper – les chaînes rompues ? Mais le sol était poisseux ; d’une masse immense, en torrent, une marée noire. Un flux inendiguable un fluide moite et visqueux rapide, glaçant. Il inondait emportait avec lui tous les galets les galets insensibles il les noyait il me noyait je ne pouvais plus… respirer. Ses vapeurs s’élevaient de lui s’élevaient de moi vers le Ciel vers le fond du ciel les galets ne lui suffisaient pas je ne lui suffisais pas. Il lui fallait mes souvenirs. Il voulait engloutir toute mon helxine j’étais tout – perméable.

Je me suis relevé, j’ai eu l’impression de me relever. Un filet bleuté s’est infiltré. Du moins je m’en suis gorgé. Le nez dans la flotte, noire, il a cessé de s’obnubiler il s’est rétracté et il s’est entiché des odeurs. Cela sentait bon.
Bleuet… tu as tout cassé mais pourquoi ? Pourquoi tu peux encore sortir…


« L’ennui, c’était que c’était moi qui racontais, je ne savais pas quelle saison il était, je m’endormais. Il était étonnant de ne se réveiller qu’au réveil. Finalement. »
J’abandonnais mes souvenirs, qui n’avaient plus de fragrance.


« Lui qui n’avait jamais vécu que dans un monde bien sombre, il devint fauve dans l’argenté. Ses réflexes revinrent souvent. S’il n’était qu’eux. »
D’un bond, comme un corps se détache de ce qui l’aurait entravé.


« Qu’il n’était plus nécessairement sien ! Une fois alors que je piochais il pensait à mes côté, ses mains n’étaient déjà plus que des griffes, et il me dit tout bas :
– je redescends bientôt, l’humidité est trop rocheuse, ici – j’ai des gens qui m’attendent. »
Mais qui pouvais bien m’attendre, alors.
L’hiver était passé en coup de vent.






   « Tu es devenu plus tendre. Un silence, Monsieur se tait. Et il reprend, d’une voix toute douce qu’il l’aurait chuchotée, à l’oreille d’un enfant : Tu veux que je te rende tes dents ? Il dodeline de son genoux pour me distraire comme si j’étais un nouveau-né.

— Je ne suis devenu rien du tout. Je me sentais minuscule. Je n’avais plus la force de répondre, je laissais poindre le chagrin, d’une voix vaincue : Vous me caressez la tête, vous décidez de mes émotions…

— Mais non, j’en ai fini maintenant, tu es toi-même.

— Je… Je ne veux pas être seul ! rendez-moi mon corps… Rendez-moi mes pupilles d’argent, azuré, dorées…

— Mais tu sais bien que je n’y suis pour rien, c’est ta nuit qui les a avalées. »

La nuit… Mais vous seriez capable de les ramener, Monsieur. Si je me concentrais assez fort, je sais que vous pourriez les recréer. Me les rendre, elles aussi. Mais vous ne me rendrez pas ce que l’hiver seul a pris. Elles seraient confinées à des souvenirs, une existence sans son…
Vous me caressez les cheveux. La lumière de ma nuit gerbe sur le mur noir. Tout noir. J’ai fermé les yeux.

Il eut une voix triste.

« Je ne pourrais que t’enfermer en toi-même. Il n’y a plus que là qu’elles vivent. »


Et je me résignai.


Rendez-moi un corps. Je veux vivre ; celui-là va mourir. Je vais le laisser mourir. Je vais ondoyer sous l’helxine. Je vais ployer. Mes esprits s’enfouiront sous la caverne, où le fauve rôde ; lui pourra s’enfuir. La caverne où j’erre, ou ma mémoire congère.

Des souvenirs.

Tu te souviens du panneau ? Il coule au bord du fleuve. Tu m’avais dit que jamais je ne devrais le laisser couler dans ma caverne. Mais c’est trop tard : des flots d’eaux noires ont tout submergées ; ils étaient habités, ont tout invahi. Aujourd’hui c’est le froid qui m’habite : ils ont tout trempé. Seule mon helxine demeure, voûte, mais… ma glotte goutte. Je voudrais qu’elle parvienne à tout rendre debout.



« Avant qu’il s’affaisse, éclat, éclaté miroir ; n’était-il pas fêlé. Ce n’était plus le fauve, qui alors s’enfuit. Il ne resta plus que lui. »
On le laissa pour mort.


Sous la boue, l’helxine ; et le noir.
Jamais je ne m’étais senti si vide.
Titre: Re : Bleuet-Ciel d'un hurlement [Long, AT]
Posté par: Miromensil le 07 Décembre 2018 à 15:55:02
Hello Nacassoulet !

Ton texte est long mais on a encore le temps, je crois… je vais prendre le temps de le commenter. Je vais le garder dans un coin de ma tête et j’espère que j’irai jusqu’au bout.

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Il était une fois un crépuscule

Très chouette comme première phrase <3

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Il était une fois un crépuscule, un jeune Hurleur sortait des écuries

Ménon, je trouve que là y a un bug. Ca passerait si tu faisais un poème et si tu menais toute réflexion sous jacente qui tourne autour de ce rythme et de ces mots et de cette grammaire (c’est mal dit mais t’as compris). Mais là c’est un texte pour le PJE — si j’ai bien suivi. Là on dirait que tu dis « Il était une fois un crépuscule et un jeune Hurleur qui sortait des écuries ». On a très envie de te dire : « il était une fois AU crépuscule UN jeune Hurleur (qui) sortait des écuries ». Moi non plus j’aime pas les qui, mais voilà, on y échappe quand on est un jeune écrivain ‘-‘

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La bête du Nord aux crocs massifs, au corps immense, avait ce soir un regard tout noir, hérissé de larmes, d’épines et de rage.
Je comprends que « la bête du Nord » correspond à « un jeune Hurleur ». Je trouve ça un peu antinomique d’un point de vue visuel, mais pourquoi pas. Au niveau visuel encore, les images sont fortes, mais ça lui fait beaucoup de choses dans le regard: des larmes, des épines et de la rage. J’aime bien ce que t’essais de faire mais dans mon esprit synthétique, ça donne juste un oeil au beurre noir.

J’ai fait les 2 premières phrases, j’espère que tu m’en veux pas... je reviendrai pour la suite :noange: Je sais que je vais me prendre la tête sur toutes les phrases huhu
Titre: Re : Bleuet-Ciel d'un hurlement [Long, AT]
Posté par: Léilwën le 22 Décembre 2018 à 16:43:46
J'ai lu jusqu'à "le conte s'arrête là". Je repasserai.

Globalement, au départ, c'est un peu "poussif" mais ça s'améliore très vite ! :) Je n'ai pas dû comprendre grand chose, mais je crois que j'aime bien : ça me repose... Je n'ai juste qu'à ressentir les sonorités et les mots et à laisser un sens global se former dans mon esprit.

Au fil du texte :
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Il était une fois au crépuscule, un jeune Hurleur sortant des écuries.
=> soitvil manque une deuxième vigurle avant "au crépuscule", soit la virgule est de trop (ou alors c'est ce que Miro t'a dit !)
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que les Dieux avait cessé
=> avaient
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Ce fut absurde
=> pourquoi le passé simple ? Pour moi c'est la description d'un état d'être, du coup imparfait : "c'était absurde"
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Il allait simplement lui apporter
=> pour moi le verbe aller décrit un mouvement de "départ" ; Or là, il s'agit d'un mouvement d'arrivée, du coup j'aurais dit "venait"
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un brandon de chair bleuté
=> c'est le brandon ou la chair qui est bleuté(e) ?
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Un tout petit enfant se tint là
=> pareil que précédemment : on décrit un "tableau" du coup j'aurais mis l'imparfait : tenait
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il était nu, mais peu importe
=> importait
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Dans son regard des lames de désespoir. D’impuissance. De compréhension, de déception, infinies, globuleuses.
=> des lames globuleuses ? (je ne comprends pas la métaphore)
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Bleuet
=> nous n'avons pas été présentés ! :mrgreen: [edit : OK, plus tard dans le texte, j'ai compris que Bleuet était le jeune Hurleur alias la bête du Nord ?^^]
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Mais il était figé de lui
=> figé de lui ? qu'est-ce que ça veut dire ?
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d’hommes-bêtes
=> je trouve le terme pas très reluisant... ça fait un peu "hommes-nigauds" ; si la "bête" se rapproche du cheval : "hommes-destriers", "hommes-équidés", "hommes-palefrois" ?
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Ils furent éteints en quelques décennies
=> "s'étaient éteints" me paraît plus "naturel"
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leur mutisme face à la souffrance amusait au très grand point un Duc du Grand-pays
=> je trouve la phrase un peu "poussive" ; je propose "leur mutisme face à la souffrance qui leur était infligée amusait au plus haut point un Duc du Grand-pays"
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Mais les rumeurs vont bon train
=> allaient
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il se disait qu’il en restait encore forcément en vie
=> bof... je ne suis pas convaincue par la répétition du "il", ni par le "forcément" ; mais je n'ai pas d'autre idée là tout de suite, désolée...
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qui en ce monde fou renait s’abîme
=> :coeur:
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Les puissants fauves
=> ce n'était pas des chevaux ??
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qui les délivraient
=> délivrait (c'est la mort qui délivre)
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d’un cri un petit peu étouffé
=> pour moi, le "petit" est de trop
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une crainte inquiète
=> ce n'est pas un pléonasme ?
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que celui qui devait assister seul à un changement de forme devait se vouer à changer lui-même, que c’était douloureux
=> je pense que les deux "que" ne sont pas nécessaires et alourdissent la phrase
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Le ciel le suivit ; ou bien il fuit, le Ciel
=> "ou bien il LE fuit" ?
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Il ne se rappelait que de celui auprès duquel il avait vécu, quelques jours.
=> je ne comprends pas à qui ça fait référence.
Citer
Décidément, Bleuet savait beaucoup de choses.
=> c'est contradictoire avec la phrase d'avant qui dit qu'il a du mal à se souvenir, je trouve
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Il perdit ses mots et sa tête toute vide sonna comme une cloche toute claire
=> :coeur:
Citer
«   Je
=> il y a des espaces en trop après les guillemets

J'aime bien la tirade ! :)

Il faut remettre des ouvertures de guillemets à chaque paragraphe.

Citer
qui est-il celui-là, qu’admire-t-il cet autre ?
=> "qui est-il celui-là ?"
Citer
Avais-je une chance de m’en sortir, moi* ?
=> pourquoi une astérisque ?
Citer
« Attends ! Qui es-tu ? Que dis-tu de moi ? Monsieur, qui est-il ?
=> + fermeture de guillemets
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l’air étouffe
=> étouffé ?
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ses yeux ouverts trop-voyants aveugles
=> :coeur:
Citer
semble qu’à travers lui, c’est un peu une part de lui-même qui revient dans le passé
=> + virgule
Citer
mais cette fois
=> cette fois-ci ?
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S’évente-t-il ou à peine sait vent ?
=> mouais... ça me semble forcé
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N’existait-il pas, après tout.
=> "?" à la place du point
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dortoir mouroir
=> au vu de ce que tu fais dans le texte depuis le début, j'aurais bien vu un tiret entre les 2 mots là
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l’helxine maintient envahit et le monde, colonisé reste en friche
=> la virgule m'embête... soit tu en rajoutes une après "colonisé", soit tu l'enlèves
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le firmament vit en marge
=> vivait ?
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! à moi
=> À
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si lourde qu’elle n’a pas de gond
=> gonds
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que sa peau semblait garder en odeur
=> :coeur:
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En cris brûlés de murmures.
=> :coeur:
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Je rime et riem
=> rime
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Je ne cesse de répéter : Je suis
=> pas de majuscule après deux points
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QU’eest
=> c'est normal ?
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M’arpège.  Coule
=> il y a des espaces en trop
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Reste-il là où il vit – vit-il.
=> "?" à la place du point
Citer
gît-il ?Non
=> espace après "?"
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s’autorisait-ton
=> s’autorisait-t-on
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la – même chaire
=> "chère" (tu voulais bien faire un jeu de mots/sens avec "faire bonne chère" ?)
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ressurgît
=> pas de circonflexe, c'est du passé simple
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celle qui lui n’est plus
=> ????
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Qu’elle ne dît
=> pas de circonflexe, c'est du passé simple
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mort fondu
=> j'ai ri... :-[
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en mince filets
=> minces
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nous ne furent jamais
=> fûmes
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N’étais-je pas déjà fou, à l’époque.
=> "?" à la place du point

À bientôt !
Titre: Re : Bleuet-Ciel d'un hurlement [Long, AT]
Posté par: Miromensil le 23 Décembre 2018 à 11:41:52
Je continue

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D’impuissance. De compréhension, de déception, infinies, globuleuses. L’infini que ceux de sa race n’atteindraient jamais.

C’est pas plutôt « d’incompréhension » ? Sinon j’imagine qu’il ne pleurerait pas…

J’ai du mal à voir qui est qui dans ce premier §. Le Hurleur se transforme en petit enfant nu, c’est ça ?

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Bleuet s’était transmué devant lui.

« lui » = le palfrenier. Am I right ?

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Mais bien sûr, Bleuet ne revint jamais.
Bleuet ne revient jamais.

Je trouve que ça verse dans le pathos que d’appuyer à ce point sur le fait qu’il ne reviendra pas. L’impact sera augmentée en supprimant une des 2 phrases, pensé-je subjectivement.

J’attends ta confirmation avant de continuer. J’ai dû lire 2x pour arriver à cette conclusion ^^

Et je suis d’accord avec Léli que dans la première phrase, la virgule est de trop. Elle serait toute bien sans
Titre: Re : Bleuet-Ciel d'un hurlement [Long, AT]
Posté par: Nacas le 23 Décembre 2018 à 16:22:16
Bonjour, bonjour

Pour faire court, j'ai honte de ce début parce que j'ai l'impression de le faire à moitié, et je me demande dans quelle mesure je peux mettre en parenthèses ce 'texte' pour arriver à me concentrer sur d'autres. J'ai l'impression de ne m'être pas assez investi dans ce looong morceau, et il en ressort des passages perfectibles (plus que), et qui me donnent envie de créer d'autres choses qu'eux.
Je vous remercie franchement de vous être attardées sur le début, donc. Il est peut-être intéressant de savoir que ce début, justement, n'existait pas quelques heures avant la publication ici, et que le relisant donc, j'en viens à deux conclusions :
1- Cela n'a aucun intérêt de faire un passage plutôt longuet sur les Hurleurs, puisque le "fait" que le protagoniste principal (l'enfant-bête) en est un n'est pas de premier plan. Le premier plan devrait être qu'il ne comprend pas pourquoi il l'est. De la même manière, le personnage du palefrenier est un peu encombrant, et implique les rumeurs, le reste ; tout cela ferait mieux de n'être qu'une stupeur nerveuse, due à sa propre personnalité et au soir couchant, plutôt qu'à une explication de lore superflue.
2- Je dois me réautoriser à replonger dans un état d'hypnose à l'écriture. Parce que mes personnages n'ont tout simplement pas de corps, et c'est un problème intéressant puisqu'il est à la naissance de ce Hurlement, mais c'est un problème qui nuit sans contexte à l'écriture saine. Je vais donc me pencher sur ce texte, puisque vous le faites, pour en ressortir plus qu'un pavé immense. Mesdemoiselles, vous méritez la meilleure des lectures, et je me dois de parvenir à vous l'offrir. De plus, d'un point de vue personnel, je crois que j'adorerais plus que tout l'écrire.
Merci à vous.

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Globalement, au départ, c'est un peu "poussif" mais ça s'améliore très vite ! :) Je n'ai pas dû comprendre grand chose, mais je crois que j'aime bien : ça me repose... Je n'ai juste qu'à ressentir les sonorités et les mots et à laisser un sens global se former dans mon esprit.
Je suis très heureux de cette lecture, et je vais m'évertuer à la rendre plus saine, à ce que le sens global et les sonorités des mots deviennent harmonieux, harmonieuses pour l'intuition, plus que le sens ; car n'est-elle pas elle-même, lui ?
Je suis honoré, et je vais tenir à ce que j'en sois digne, Bleuet aussi.


Au fil du texte, je relèverai seulement ce que je ne changerai peut-être pas, pas pareil, ce que j'ai besoin de clarifier, etc. Le reste est acquis, notamment les fautes, deux pluriels et une faute d'homonyme...
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C'est assez  étrange, les passés simples que tu relèves : ils ont l'air d'être la marque d'une manie que j'ai prise récemment d'avoir peur d'écrire simple, et de faire un croche-patte à ce que j'avais pourtant en tête. Cela me désoriente, et c'est précisément le diagnostic de cette écriture sans hypnose qui me mine. Je les corrige, et vais passer en revue le reste aussi.

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C'est le brandon, qui est bleuté ; effectivement c'est accrocheur, je vais déplacer le mot

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Je... je ne sais pas, c'était sorti tout seul, et ça m'avait l'air vraiment juste, peut-être le seul détour que je me comprenais. Figé, tout seul, figé dans le présent, sans souvenir de ce qui l'a figé : figé, tout seul, qui d'autre à part lui ?

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Mais justement ! Ces hommes sont des bêtes, bêtes de destre ou bêtes de trait, assurément des nigauds en somme ! J'affectionne beaucoup cet homme-bête, enfant-bête. Je crois que c'est au coeur de ce que j'aime, de toute ce que j'aime.

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Euh... non, en fait c'est personnel, mais je trouve les chevaux complètement laids, irrémédiablement déplaisants ; ils sentent mauvais, leur gueule n'a ni charme ni noblesse, ils défèquent de la pire des manières, leurs jambes sont fines anguleuses et désagréablement dangereuses, bref, je les déteste. Ici, mon image mentale est un Hurledent (l'image me vient de loin, ne jugez pas s'il-vous-plaît), bref un fauve à griffes, crocs et poils longs, prédateur féroce et dos non horizontal. Bon, je ferai gaffe à virer les chevaux de votre chemin de pensées.

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J'ai un problème de dilemme entre la Raison, et la Belle Folie Onaninique. Après point virgule, changez de ton du tout au tout devenez le "Je" qui parle raconte et détaché, se demande si le Ciel fuit. En bref, je veux un effet narration-immédiate des cuts de Bakemonogatari. Le "Je", je vous promet de le peaufiner. ce sera le premier à avoir un corps, et il sera certain.

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C'est un peu absent mais en fait il parle des gens qu'il a transporté sur son dos (et qui se sont posés à l'étage en le laissant aux écuries) jusqu'à l'auberge. Le passage est là pour amorcer la confusion de l'esprit de Bleuet, qui ne comprend pas pourquoi il est dans ce corps, ce corps qu'il est qu'il a qui a décrit créé une dissociation entre lui et lui, "Je".

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Et là c'est le "Je" qui se trompe : c'est le corps qui sait ! Mais le corps et Bleuet, qui est qui et où est-il s'il n'est lui ? C'est un peu le début de la folie.

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Ça doit faire appel à quelque chose.

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... c'est vrai, c'est un peu forcé.

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C'est une très bonne idée !

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Je... Ahhhhhhhh !! C'est normal ? Toute la suite suit ce même paragraphe. j'ai écrit ça un soir un peu tard ça avait l'air juste, je me suis dit que j'avais le droit de gribouiller rh'un peu.




Recoucou Miro, tes deux conclusions sont justes, si tu veux je peux t'expliquer plein de trucs, mais peut-être que je vais me contenter de cette explication du "Je". J'essaie de rendre compte de cette mort du narrateur, remplacé par un autre : celui du moment d'après. Le personnage qui est central, à l'origine de tout cela, c'est le Monsieur, auquel Bleuet s'adressera par la suite. Il a le pouvoir de manipuler la chair, le corps ; et donc, l'esprit, non ?

Mais j'ai honte du début, bien que je sois fier de la suite et... je serai absent les prochains jours. Je rendrai à Bleuet sa splendeur, son hurlement, je vous le promet.

Merci encore à vous, Léilwen, Miromensil, pour encore me lire dans cet imbroglio d'un moi désorienté... Je vous en suis reconnaissant, sincèrement.

Edit : le début (avant que Bleuet prennen la parole) a été lourdement remanié. La suite et ses fautes d'orthographe notamment sont encore malheureusement intactes.


Animalement,
Nacas.
Titre: Re : Bleuet-Ciel d'un hurlement [Long, AT]
Posté par: Miromensil le 24 Décembre 2018 à 14:55:32
(j'ai pas trop checké l'ortho)

Citer
Devant lui, le garçon vieux déjà. Alors qu'il venait simplement lui apporter son eau ; et la bête s’était transmuée devant soi, fit de lui un brandon figé. Dans un brandon de chair bleutée
Je trouve ce passage toujours laborieux. Le « garçon vieux déjà », c’est le palefrenier ? c’est qui « soi » ? « fit de lui un brandon figé » ? késako…

Sinon, pour le remaniement, c'est mieux... mais y a des trucs qui restent pas clairs. J'ai beaucoup de mal par endroits à savoir qui parle. Pourtant il n'y a qu'un perso, mais je sais pas, il est perturbé. J'ai pas trop compris, encore, qui était l'autre homme. Je vais voir en continuant.

J’en suis au moment de l’ouverture des guillemets, qui est Bleuet qui parle, donc. A bientôt pour la suite ^^
Titre: Re : Bleuet-Ciel d'un hurlement [Long, AT]
Posté par: Léilwën le 05 Janvier 2019 à 00:14:20
Hoy !

J'ai vu que tu avais remanié le début, mais je n'ai pas pris le temps de le relire. J'ai repris au paragraphe précédant "le conte s'arrête là".

De manière générale, je trouve ça peu clair. Je suis perdue dans les concepts, les "elle"/"il"/"je". Et tu es fâché avec les points d'interrogation... :P

Je te fais mes remarques au fil du texte ! :)

Il manque une fermeture de guillemets après "à l'époque".
Citer
perdus dans les limbes sans sommeil qui nous avaient tous portées
=> "portés" (il y a au moins un garçon dans "tous")
Citer
Si l’on les y assemblât
=> assembla (c'est du passé simple)
Citer
tous ensembles
=> "ensemble" (c'est un adverbe)
Citer
nous ne furent jamais
=> "fûmes" (tu as déjà fait la faute auparavant dans le texte)
Citer
des marionnettes aux fils de coutures nuits
=> :coeur:
Citer
N’étais-je pas déjà fou, à l’époque.
=> "?" à la place du point
Citer
Je n’avais jamais lu. Ma conception du monde s’arrêtait à moi. Elle babillait comme une bibliothèque
=> au départ, j'ai cru que "elle" se rapportait à "ma conception du monde"... Du coup c'était bizarre ! Tu parles de la soeur en fait ? Je pense qu'il serait mieux de la citer à ce moment plutôt que de mettre un pronom qui obscurcit le sens
Citer
    » À
=> le guillemet est mal ouvert
Citer
Ne suis-je seulement qu’un petit animal.
=> "?" à la place du point
Citer
Nous sommes là assis sur un canapé
=> virgule après "là"
Citer
trop pour une respiration assoupie
=> "assoupie" me paraît à côté... "apaisée" ? "sereine" ?
Citer
Vos crocs, devinrent les miens
=> pas de virgule (pas de séparation du groupe nominal et de son verbe) et "sont devenus" (le petit garçon parle au présent, du coup le passé simple ne fait pas naturel)
Citer
Mais de qui… buvons-nous l’ancien passé.
=> "?" à la place du point
Citer
Il paraît que parfois
=> il faut rajouter une ouverture de guillemets au début de chaque paragraphe de la tirade du garçon
Citer
Les instants dont le « je » et un enfant
=> majuscule à "Je" ? (sinon, je ne comprends pas la phrase... :s)
Citer
que croyez-vous que cela fait ?
=> que cela me fasse ?
Citer
Qui croyez-vous que cela fait,
=> Que ?
Citer
Une loque brisée. Un chiffon, fondu. Ainsi font, les hommes. Mais tu déverses tout ailleurs, dans la rigole ; tes rires ont disparu. J’ai l’impression qu’ils n’ont jamais existé. S’il-te-plaît…
=> :coeur:
Citer
Je la protégeais. Il partait le matin,
=> pourquoi pas de guillemets comme au-dessus à "Il" ici ??
Citer
Il partait le matin, de ses premières années, animé sur la route de la Décharge en Enferme
=> je ne comprends rien... :s
Citer
Je la protégeais. Il partait le matin, de ses premières années, animé sur la route de la Décharge en Enferme d’un sentiment protecteur qui grandissait dans son ventre, qui prenait racine dans son lit où s’était lové la candeur, muette, qui ne dit rien d’autre que les mues de la Vie, l’univers, et encore pas tous les soirs. Il partait le matin et alors la Décharge devenait celle qui Renferme, et c’était un regard, qui naissait de disques de lumières, et s’évanouissait de pupilles d’or – qui en réalité auraient pu n’exister qu’à l’intérieur de moi, cela m’aurait suffi. Je devenais celui qui renferme, et c’était un océan, qui engloutissait tout si ce n’est peut-être – l’abîme courbe qui se dessinait, tout autour de moi. Alors les courants l’entraînèrent : en fissure de grande sœur et en plongeon de son père ; elle qui fut au soir d’un jour rentrée avec en moins un œil, et un corps fêlé désormais – pour jamais.
=> ce paragraphe est trop sybillin pour moi... je n'ai RIEN compris :s :s désolée...
Citer
Il ne put toujours en vouloir à son père, car il fut trop faible lorsque ce dernier la vit revenir
=> c'est qui "la" ?
Citer
et sa sœur à ses côtés, tout émaciée,
=> toute
Citer
Et défalque une odeur épouvantable
=> défalquer, c'est retirer... du coup ça ne fait pas sens ici pour moi
Citer
comme si le macabre avait déverrouillé des vannes en elle
=> je trouve que les sonorités ne sont pas harmonieuses.
Citer
Pour s’y terrer comme l’animal qu’il était, n’importe où hors de son terrier de misère, n’importe où loin de ses océans de ses lacs, de ces écluses, dégorgés de liberté.
=> je pense qu'il manque des guillemets de fin de tirade ?
Citer
aurait-elle pu enserrer une montagne d’un bord à l’autre alors que travaillaient les cordées infinies d’hommes
=> + "?"
Citer
aux cernes noircies
=> "noircis" (cerne est masculin)
Citer
Comme des réminiscences vacillantes revenaient, nous nous plongions à la tâche
=> plongeâmes ?
Citer
Qui pouvait-il bien être, après tout, ce chat.
=> "?" à la place du point
Citer
La chaleur et le crépuscule nous envahirent. Les saisons passèrent. Nous n’y prêtâmes plus attention. Nous eûmes chaud, il fit bon, et pour une étrange raison cela nous suffit. Nous avions oublié quelque chose.
=> :coeur:
Citer
Vint un matin
=> Vînt
Citer
ce fut tout juste si mon crâne s’effleurait d’un mal
=> c'est quand même une phrase compliquée pour dire quelque chose de simple... :s
Citer
mince, je suis passager de moi-même.
=> entre guillemets ?
Citer
J’ai débarbouillé mon visage en tous sens, fait face dans toutes les directions, brandie
=> -e
Citer
qui ont enflées
=> -es (pas d'accord du participe passé après "avoir")
Citer
les ombres devinrent noires de vide. Vides de noir. Noires et avides. Froides. Rongeuses. Déjà, boucles. Art-ti-cul-ées. Je m’éveillai. Je m’éveillais.
=> ça j'aime bien ! :)
Citer
partout les alentours, suintaient, en désordre dehors niais mais, soudaines : me regardaient. Peut-être simplement parce que je les voyais.
=> c'est trop haché à mon goût
Citer
elles étaient déjà tout autour d’en nous.
=> ça par contre j'aime bien ! :)
Citer
Je n’hoqueta
=> +i
Citer
mains refuges
=> j'aurais bien vu un tiret là !
Citer
J’avais déjà entendu parler de cet endroit, en vie, on l’appelait : Le Ciel. Mais nous savions que Le Ciel était noir. Ah.
=> :coeur:
Citer
« Ça oui, je suis incapable de me défaire de cette sombre tâche de froideur entre mes deux omoplates. »

Ce doit être ma folie qui s’accroche. Ha,
=> :coeur:
Citer
J’étais habité comme d’une évidence.
=> habité "par" quelque chose (et pas "de" quelque chose)
Citer
Ne t’en – fuis. Pas.
=> :coeur:
Citer
C’est en ce moment que je vous ai rencontré en premier
=> à ce moment
Citer
celui qui t’accompagnais
=> accompagnait
Citer
tellement de chose
=> +s
Citer
tu ne bouges pas ; et nous craignons immobiles.
=> :coeur:
Citer
de ne parler que moi-même
=> qu'à
Citer
Qui restera si j’éclate.
=> "?" à la place du point
Citer
Au fond de moi.
Au plafond de moi.
=> :coeur::coeur:
Citer
Il était étonnant de ne se réveiller qu’au réveil. Finalement.
=> j'aime bien !
Citer
Une fois alors que je piochais il pensait à mes côté
=> +s et je ne comprends pas trop la phrase...
Citer
Mais qui pouvais
=> pouvait
Citer
Mais qui pouvais bien m’attendre, alors.
=> "?" à la place du point
Citer
d’une voix toute douce qu’il l’aurait chuchotée, à l’oreille d’un enfant
=> pas de virgule
Citer
Tu veux que je te rende tes dents ?
=> entre guillemets ?
Citer
mes pupilles d’argent, azuré
=> azurées
Citer
des flots d’eaux noires ont tout submergées
=> -es
Citer
ont tout invahi
=> envahi ?
Citer
n’était-il pas fêlé.
=> "?" à la place du point
Citer
Jamais je ne m’étais senti si vide.
=> c'est dommage, après avoir tant écrit... ;)

Voilà ! Désolée pour le commentaire pas très argumenté : il est tard, je suis fatiguée, ça doit jouer !

À bientôt ! :)