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Indéfini pluriel
V2
Un pansement
Un train
Un trottoir
Un monde
Un crayon
Un genou
Un t-shirt
Un champignon
Un livre
Un miroir
Un paradigme
Un comportement
Un quotidien
Un égarement
Le néant
Une boite
Une chaussette
Une gare
Une route
Une lune
Une étoile
Une lampe
Une clavicule
Une idée
Une cicatrice
Une porte
Une famine
La mort
L’amour
L'orgue
L’après-midi
***
Au commencement, Mnom ressent tout.
Elle vaque, aux côtés d’autres âmes ébauchées, dans un grand melting-pot plein de toutes les choses vivantes ou inertes à naitre dans les millénaires et les siècles à venir. Toutes les couleurs, tous les sons, toutes les textures, toutes les dimensions se mélangent et s’embrassent dans l’attente qu’un fil rouge advienne. Seules les limites du langage sont tangibles et ne s’annulent pas sous la pression de ce chaos assourdissant. Les femmes ont des oreilles, parce qu’on dit « une » oreille, donc elles entendent. Elles n’ont pas de corps, parce qu’on dit « un » corps. Les hommes, eux, ont un corps avec un ventre, des bras, un nez — mais pas de tête. Les femmes ont, chacune, une tête. Cependant, pas de pieds. Mais bien une bouche. Mnom ressent, dans sa silhouette incorporelle, le flux plein à à ras bord de ce qui pourrait être mais n’est pas encore. Un chat sans queue ni tête frôle sa jambe.
C’est une toile de fond colorée, multi-dimensionnelle, étouffante, dont les lignes de forces s’annulent parce qu’elles se contredisent. Mnom et les siens se brouillonnent et s’esquissent dans ces mots qui ne se représentent pas encore.
Au début de l’ère embrouillamini, Mnom est législatrice.
Comme elle n’a pas de cœur — un cœur — ni toute la charge symbolique que la conscience populaire lui accordera par la suite, une éponge vivote à son emplacement.
L’éponge de Mnom bat la chamade, inspire et expire des miettes de ce que sa marche croise au hasard. Elle n’a pas d’yeux, ni de regard. Mais elle a une peau. A travers elle ventent des pans de décor, des brocatelles de toutes sortes de breloques, d’animaux et de plantes. Leur essence lui chuchote leurs secrets.
Elle est dite législatrice parce qu’elle perçoit la totalité des mondes en puissance dans un seul battement de cil, même ceux qui ne verront pas le jour. Au croisement des univers et des galaxies, et de tout ce qu’elles renferment, se tient Mnom, sa route aléatoire, et ses idées en pagaille. Elle marche tranquillement au gré d’un escalier fait de bric et de broc qui serpente parmi un Tout en constante invention. Comme tout flotte, les marches peuvent être n’importe quoi : des pommes, des livres ou des casseroles. Et quand elle légifère, ses mots impactent les environs, ne laissent pas indifférent le vol atone d’une fleur, d’un chuchotement ou du jaune. Ce qu’elle dit et écrit réalise concrètement la substance d’une phrase. Jusqu’ici, Mnom pense beaucoup, au sujet de tout ce qui existe déjà et pas encore, mais peu de syllabes franchissent ses lèvres. Les lettres qui s’assembleraient comme des puzzles pour former du sens changeraient le cours vagabond des choses.
Dans ces circonvolutions atemporelles et agéographiques s’entrechoquent des météorites agrégeant des amas d’objets hétéroclites. Quand ces derniers ne s’agglutinent pas, ils tourbillonnent mollement dans ce maelström primordial. Aucun soulier ne chausse Mnom mais une paire de lunettes ponctue le haut de ses narines — une narine ; elle n’a pas de nez. Une chaussure, en bas de sa jambe gauche, et une autre en bas de sa jambe droite, lui permettent tout de même d’avancer : un pas sur un évier, un autre sur un bout de sofa ; la plante de-ce-qui-devrait-être-un-pied la hisse au ralenti depuis un cadre en bois doré ; tantôt encore elle prend appui sur une corbeille de fruits, une porte ou un dictionnaire. Une ligne blanche souligne le trait de sa silhouette ; certaines parties se colorent de jambes, d’épaules, de mains, d’une nuque, d’oreilles. Elle vaque.
En équilibre instable sur un frigo et un arbuste mort, elle devine, par les verres de ses lunettes, bien qu’elle n’ait pas d’yeux ni de visage, une pierre tombale. Sa main, dont l'idée de doigts est suggérée par ses extrémités, frôle la pierre lisse et rencontre des lettres en relief. Elle ne peut pas lire ; les binocles ne le lui permettent pas. Il lui faudrait au moins un oeil, un iris… une pupille ! Mnom a des pupilles. Et même des paupières : sa paupière se ferme seule sur sa pupille. Elle lit à peine, avec ces quelques éléments. Mais sa main curieuse voudrait comprendre le sens de la phrase en relief.
Une présence, non loin d’elle, la fait frissonner tout le long de sa colonne vertébrale. La moelle osseuse se remplit d’eau de mer et un courant d’air balaie ce qui sera, un jour, un dos — mais qui n’est pour l’instant dessiné que par une ligne blanche. Il doit y avoir un homme, non loin de là, perché sur quelque colline, qui a pu la voir car il a des yeux… ou même la sentir, puisqu’elle a une odeur, et qu’il a un nez. Elle ne sait comment le nommer ; pourtant, en tant que législatrice, elle en a très envie. Les mots communs préexistent aux corps des hommes et aux silhouettes des femmes, mais les noms propres, eux, relèvent de l’imagination… une imagination, que Mnom découvre à peine. Sans trop réfléchir, et parce qu’elle ne sait pas encore inventer des mots, Mnom appelle l’inconnu « Noix ». Noix a dû remarquer qu’elle essayait de lire avec sa main l’inscription mortuaire. Et il a voulu l’aider. Noix n’a pas de main, mais un contour blanc la dessine. Noix a, avec ses doigts, saisi la main de Mnom ; les contours de l’un chevauchent les lignes de l’autre, de Mnom, et il la guide le long du tracé des lettres. Un éclair déchire le Tout à ce moment précis, pulvérisant des agglomérats de choses et d’autres. Une sorte de vision se peint sur la conscience floue d’une Mnom aveugle.
Dans cette pré-vie où toutes les origines des mondes potentiels affluent et dont les marées abandonnent des épaves d’univers fantasmagoriques, une rencontre, si infime fusse-t-elle, engendre des météores qui frappent le chaos flemmard qui hante le lieu. Ainsi l’éclair achève-t-il de rompre en deux une église orange, scorie en devenir de quelques plaines où la religion sera plutôt rouge — un jour, quand les jours existeront. À ce moment précis, Noix voit Mnom et Mnom entend Noix. Mais ce que leur main unifiée découvre réjouit Mnom. Elle dit alors ses premiers mots : « Hubertine Nicolay, 1848-1920 ».
Hubertine se manifeste dans un bruissement de sachets de thé se frottant les uns contre les autres.
***
Qualifier l’espace dansant dans lequel elle évolue est, depuis longtemps pour Mnom, une de ses grandes préoccupations. Où est-elle, exactement ? « Nulle part, et partout à la fois », lui souffle un alizé de part et d’autre de ses oreilles. L’alizé la regarde. Un oeil venteux s’ébauche dans ses traits aériens. L’alizé-cyclope devait appartenir, plus tard, au bestiaire alambiqué d’un pays où la distinction être vivant/être mort n’est pas établie. Pour l’heure, il serpente dans la boite crânienne de la législatrice. Elle n’a que les bruits pour se repérer. Le plus assourdissant lui rappelle Noix : un casse-noisette lui vrille l’oreille à force de broyer les fruits des noisetiers et des noyers. Après l’avoir aidée à lire en touchant, des cucurbitacées ont poussé dans les entrailles de Noix pour combler ses absences, ses vides laissés par le manque de mots pour le constituer entièrement. Une courge a grossi à la place de sa rate et des citrouilles ont proliféré dans ses tripes, lui donnant un air boursouflé. Tout cela Mnom ne l’a pas vu : il était déjà parti dans une bise, la laissant seule avec son envie de nommer l’indescriptible.
Ici, les souvenirs s’écoutent, et toquent chez toi en prenant leurs airs sonores.
« Noisetière » est un des noms auxquels Mnom a songé pour nommer le vaste cagibi dans lequel elle se promène. Un autre prénom qui prend ses aises dans sa mémoire est celui, plus certain, d’Hubertine. Est-elle vraiment morte ? Peut-on mourir, ici ? Ses lettres font le bruit d’ongles qui raclent un rocher. Mnom marche, sur des escaliers qui se créent sous ses chaussures, en appelant Hubertine ! et en ne sachant plus si elle appelle une heure, une région ou une personne.
Une autre pensée qui la hante beaucoup et l’interloque est la limite du langage. Pourquoi tous les mots relevant du féminin habitent-ils les femmes, tandis que tous les mots masculins échafaudent des hommes ? Pourtant, quand Mnom foule un évier, c’est un évier. Une chaussure sur un évier. Son monde n’est pas foncièrement divisé avec d’un côté tous les objets masculins, et de l’autre, toutes les choses féminines ; avec, aussi, de part en part de la limite, une frontière comme un arc-en-ciel figé, aux nuances du blanc laiteux à l’anthracite. Non, tout se mélange et se malaxe dans cette soupe aux grumeaux incongrus. Il n’y a que dans le corps d’un homme ou dans la silhouette d’une femme que les mots se divisent brusquement. Noix voit et sent alors que Mnom parle.
Un nez
Un oeil
Un bleu
Une ampoule
Une bouche
Une orange
Mnom s’arrête, en suspension sur une balançoire en feutre. Elle pense : « les hommes ont un esprit, les femmes ont une âme ».
***
Hubertine crépite à son arrivée. Elle n’a pas dit son prénom que Mnom la reconnait à sa démarche rocailleuse, pareille à celle d’un fantôme dont la présence ne se révélerait que par le crunch crunch de pas sur un tapis de graviers et de feuilles mortes. Mnom peut même situer où elle en était dans le méandre de ses pensées. Elle jonglait avec des sons pour tenter de créer un mot pour le monde qui l’enveloppe — « au », « mol », « ius », « cr », « chhh »… ccch ? Peut-être « Crrrauchhhhmoolius » ?
Mnom ! —
Mnom marque un temps d’arrêt. Dans un recoin reclus du Crrrauchhhhmoolius, une montagne en forme de T s’effrite, conséquence de leur interaction.
— Je m’appelle Mnom ?
Oui, comme le bruit d’une gomme dans un mortier ! —
— Toi tu es Hubertine.
Comment le sais-tu ?—
— Je l’ai lu sur une pierre tombale.
Un ru charriant des stylographes et des porte-plumes louvoie entre leurs deux silhouettes. Et dire qu’elles ne peuvent pas se voir. Pour Hubertine, Mnom n’a pas de visage, mais le son d’une gomme broyée ; pour Mnom, Hubertine sonne comme une absence qui marche sur un sentier automnal. Cela suffit pour qu’elles se représentent. Mnom s’enquiert :
— Tu sens la limite ?
Quelle limite ? —
— Celle des mots… qu’on est incomplètes toi et moi parce que les mots précédés d’un « un » ne peuvent nous constituer.
Non, je ne vois pas de quoi tu parles… par contre, tu as dit « un » dans une phrase où il ne devait — pas y en avoir !
— Je ne pense pas que les phrases nous constituent… si c’était le cas, je ne pourrais pas dire de phrase comprenant des « un ».
Mais on dit « une » phrase ! —
Mnom se tait.
Et la conséquence de la limite, Hubertine la ressent-elle ?
Probablement pas.
Cette autre limite, cette frontière qui se balade toujours près d’elle, qu’elle a craint de s’être inventée, mais qu’elle n’a jamais rencontrée.
Dans le Crrrauchhhhmoolius, où les mots, naturellement, se séparent parmi les âmes et les esprits selon leur genre, les femmes aiment les femmes et les hommes aiment les hommes. Des larmes coulent de la peau des premières quand du sang se répand dans les corps des seconds.
Jamais, il ne pourrait en être autrement. Les uns et les unes ne se mélangent pas. Mnom se contente de lui demander :
— Tu sais où on vit ? Ce que c’est, ici ?
Bien sûr !—
— Ah ?
C’est le Aucromius ! Le temps du Aucromius, l’endroit Aucromius. —
— Comment tu le sais ?
Je l’ai entendu. —
Puis, après une pause, Hubertine ajoute :
Je t’entends très bien, quand tu penses. —
***
Aux côtés de Mnom avance Hubertine. Hubertine plonge sa main dans des flaques de peinture dont elle badigeonne, de temps à autre, la toile de fond surchargée. Mnom baigne dans la même flaque, qui arrive à hauteur des hanches, et qui est d’une seule couleur. Elles ne voient pas, mais une étendue uniforme leur fait du bien, les repose, aplanit les anfractuosités. Dans la mare violette, la main de Mnom rencontre celle d’Hubertine. Elles apprécient la compagnie l'une et l’autre. Hubertine la trouble, comme si elle était une clé dans le microcosme d’interrogations tranquilles de Mnom, et qu’elle allait lui apporter une solution longtemps recherchée.
Une flaque
Une peinture
Une couleur
Une hanche
Un bol
Un pot de peinture
Un pinceau
Un bassin
Un jour, par un jour qui ne se distingue pas des autres parce que le soleil n’existe pas encore mais qui désigne une certaine portion de kilomètres parcourue par Mnom et Hubertine, Mnom s’arrête. Elles ont peint une étendue de couleur mauve sur un pan du Tout, et s’y assoient. Cela fait plusieurs jours, maintenant, que Mnom cogite. Nonchalamment, elle tend la main, qui dépasse le mur coloré qu’elles ont peint, et extirpe du Tout une feuille de papier. Puis, elle voudrait quelque chose pour écrire. Non, pas un crayon, ni un stylo, ni un pinceau, ni un feutre, ni un fluo… mais une plume et de l’encre. En cette époque reculée le langage seul forme une limite distincte entre les hommes et les femmes.
Hubertine devine Mnom — disons qu’elle penche la tête, puisqu’elles n’ont pas de regard. Mnom peut écrire. Après avoir trempé la plume dans l’encre, sa bouche articule : « Et si on mélangeait les déterminants ? ». Hubertine reste coite. Des pages se plient au-dessus de sa tête, la chapeautant comme un semblant de livre ouvert. Son corps translucide évoque une toile de peinture vierge qu’aucune histoire n’a encore barbouillée. Mnom écrit :
J’ai un corps qui se termine par une main ; la main ouvre une porte. Je reste dans l’encadrement de la porte et c’est mon quotidien que j’encadre en ne faisant rien. Tu es en bas, en train de couper des ognons, et tes yeux pleurent un peu. Une mélodie faite de bulles de notes de piano ballote dans l’atmosphère culinaire que tu prépares. La mélodie évoque une soirée où nous nous promenions sous des lampadaires. Nous pouvons être des routes si nous le voulons, parce que ton prénom vient d’une pierre tombale et que je brasille en ta présence. Les bas-côtés s’abreuvent de nos pétillements. Nos destins pétaradent non loin. Le vent ne nous traverse pas mais nous contourne. Tes narines rougissent sous l’effet du froid, tes oreilles aussi, ton nez coule, nos épaules adoptent le mouvement des vagues quand nous marchons. Tu es une et entière, assemblée de mots masculins, moi aussi ; ensemble, nous vivons.
La graphie des phrases s’imprime dans l’âme d’Hubertine. C’est elles mais ailleurs, dans un monde où elles se promènent encore, où le ciel de novembre est blanc, mais où la limite du langage ne les traverse pas. Les cordes vocales d’Hubertine vibrent :
Quand tu fais des phrases, les déterminants se mélangent —
— C’est bien pour ça que nous devons écrire et parler !
Et dans notre quotidien, les objets et les évènements se malaxent les uns dans les autres, sans —distinction de genre !
— Pourquoi n’en serait-il pas des êtres comme de cette ère embrouillamini où les choses s’infiltrent, perméables les unes aux autres ?
Il faut que les « une » âmes et les « un » esprits fusionnent ! —
— Ça doit pouvoir s’écrire…
Comment ? Nous écrire dans un autre monde n’a pas suffi à nous exaucer —
— Il doit manquer un aspect cérémoniel, symbolique. Je pense qu’en légiférant, ça doit être possible.
Je vais t’aider —
***
Dans un quelconque coin du Crrrauchhhhmoolius poussent des trembles sur des napperons rocheux. Les arbres prennent racine dans du papier découpé méticuleusement, leurs longs doigts ébouriffés s’engouffrant dans la dentelle. Des troglodytes aux mains fines découpent et plient le papier pour qu’il en émerge des végétaux ayant la tremblote. Sous l’un d’eux, Mnom attire Hubertine. La cérémonie de fin du magma-cagibi aura lieu ici. Elle ne sait pas encore ni quoi ni comment, seulement avec qui ; sans lui dire, Mnom espère qu’Hubertine lui survivra si le rituel tourne mal, si elle trépasse, si…si la limite du langage divise plus encore ; peut-on imaginer que leur univers originel soit traversé d’une ligne ayant d’une part les choses matérielles et immatérielles, et d’autre part les éléments matériels et immatériels ? Hubertine a peur en se disant que ce qu’elle s’apprête à faire pourrait détériorer davantage les choses. Que les artefacts abandonnent leur immobilité pour se séparer et endosser courageusement leur existence à part, sans oser s’étendre par-delà eux-mêmes, en corrélation avec les autres… c’est une conséquence possible. Tant d’autres le sont. Les éléments se rejoignent autour d’une bouteille en verre, tournoient autour d’elle et se nouent avec le tourbillon naissant ; tourbillon qui aspire tout, les mots, les organes et les trembles, aspire Noix, qui erre ailleurs, Mnom et Hubertine qui croyaient fermement que leur grabuge bariolé les rempliraient à ras bord, en n’ayant plus qu’à faire le deuil de leur vide.
Mais non. Allez, rien ne va chuter en se broyant la face. Mnom va communiquer un quelque chose sur un fond cérémoniel tiré de la farce de ses connexions neuronales. Hubertine attend. Elle ne fait que ça depuis le début. Son coloriage de corps s’est décollé de la surface d’une pierre tombale qui servira dans une autre époque du dix-neuvième siècle et sur laquelle on s’épanchera en ne songeant même pas que pendant une période où tout comatait au stade d’essence, deux filles se sont tenues sous un tremble pour laisser libre cours à leurs frissons parce qu’elles tentent de maitriser la tangente qui disjoint des mots. « Il me faut un mot, se dit Mnom, un mot sur lequel construire une pluralité indéfinie de mondes, sur lequel s’épancher quand ça ne va pas, contre lequel s’adosser pour se grandir soi-même, un mot qui transcende toutes les frontières et qui coule dans mes artères ».
C’est une saison qui relie Mnom à Hubertine. Comme dans le Crrrauchhhhmoolius les surfaces des objets et des gens en devenir sont poreux, les mains d’Hubertine adoptent la forme d’une feuille de tremble. Ses doigts se palment d’une membrane vert profond et des veines se dessinent sous ses phalanges. Autour d’elles, la floraison des meubles a commencé. Les armoires, les lits et les boites éclosent en des nuées de petits objets comme des crayons, des mouchoirs ou des cuillères. Ils dérivent tous dans l’air, évitant soigneusement de déranger Mnom et Hubertine l’une face à l’autre. Pire ; les trembles enracinés dans la roche dentelée fleurissent eux aussi : les chatons blanc cassés dont ils se recouvrent ondulent en moumoutant dans ce bébé chaos qui émerge autour des deux silhouettes. Une plume pour écrire pend depuis la main de Mnom mais elle n’est pas certaine de s’en servir ; des lettres lui brulent les lèvres ; il y a beaucoup de chances pour que celles-ci s’épanouissent tout contre l’expression un brin éberluée d’Hubertine. Les chatons bringuebalent, les arts décoratifs environnants détonnent de boutons, d’allumettes et d’autres ustensiles, et Mnom pose ses paupières sur les orbites d’Hubertine. Elle murmure :
Tu es mon délice
Tu symbolises nos pures délices
Depuis, les trembles ne frissonnent plus.
Le Crrrauchhhhmoolius se replie sur lui-même en position foetale ; sous la pression, toutes les potentialités d’univers explosent. La limite langagière entre mots masculins et féminins disparait. Les sens, les textures et les objets qui jusqu’ici s’infiltraient les uns dans les autres de façon libre et aléatoire se séparent brutalement pour créer des espaces et des époques fixes. La séparation entre les mots s’évanouit mais le pouvoir législateur de Mnom a pour effet d’engendrer des myriades de contrées dans lesquelles les mers et ciels se divisent, où le sang coule dans les veines hermétiques des êtres qui les peuplent, et où chaque chose est à sa place. L’effondrement de la seule séparation tangible accouche de vies cloisonnées ; ça, Mnom ne l’avait pas prévu. Elle est catapultée dans l’une d’elles, et Hubertine dans une autre.
***
Il y a des gens adossés contre des murs décrépis dans un angle bizarre. Ils sont sonnés ; les secondes résonnent d’elles mêmes contre leur tympan, sons nouveaux. La pièce dans laquelle ils baignent est comme une grande marmite. Ils mijotent tels des ingrédients d’évènements qu’ils n’ont pas provoqués. La pesanteur carillonne ; c’est l’impression bizarre d’incarner des corps pleins dans des espaces pleins dont ils représentent des parties et dans lesquels ils sont censés se mouvoir. S’ils se meuvent les murs ne bougent pas. Il n’y a pas grand-chose, eux sont des choses, rien ne volète plus. Mnom n’a plus de force ; Hubertine échappe à son champ de vision. La législatrice digère ce qu’on appellera dorénavant des souvenirs, des images du temps passé — c’est incongru, avant il n’y avait pas de temps, pas d’espace, les trucs et les machins-chouettes faisaient ce que bon leur semble, ils existaient chacun dans leur coin, et les interactions se nouaient en filigrane. Justement. Mnom et Hubertine n’auraient sans doute jamais dû se deviner. Elles n’avaient pas de regard, juste des oreilles pour se toucher.
Mnom a un cheveu devant les yeux. C’est quoi un cheveu, c’est quoi un oeil. Avant ils appartenaient aux humains comme Noix que les « un » et les « le » constituent. Son voeu s’est réalisé… sa main, auparavant réduite à quelques traits blancs crayonnés, est remplie de phalanges — elle en avait déjà — qui sont des os. Un os. Elle a des doigts alors qu’elle n’en avait pas. Ça bouge, ça remue. Comment enlever la mèche de cheveu qui la gêne ? Il faut porter sa main au visage — ça aussi, c’est nouveau, ce qui lui coute un effort incommensurable. Le sang peine à affluer. Sa peau peine à retenir ce qui avant était fuyant. Elle a des bras, les bras pendent, les coudes font des angles qu’elle ne se connaissait pas. Finalement elle arrive, au ralenti, à mettre sa mèche de cheveu derrière son oreille. Ce qu’elle voit la terrasse, elle, que la vue ne dirigeait pas. Son quasi-aveuglement, à l’époque où elle n’avait que des paupières et des pupilles, l’habituait à ne presque rien distinguer, l’obligeant à se concentrer sur l’ouïe. Il y a d’autres bipèdes comme elle, affalés, remplis de la torpeur d’être remplis de chair, d’os, d’organes, de membres que la limite du langage séparait auparavant. Leur plénitude corporelle les effraie et une fainéantise insondable de se mettre debout s’est emparé d’eux. Combien de temps avant de s’ériger fièrement sur deux pieds ancrés dans le sol ? Mnom ne voit pas Hubertine ; qui sait seulement si elle pourrait la reconnaitre. Elle ne se voit même pas. Où sont-ils ?
Elle a une pensée pour les chatons ornant les trembles. Ils lui manquent ; où est passé leur bazar aux frontières floues, au nom imprononçable, sas d’entrée vers tous les possibles ? Elle y a mis une fin, tout à fait consciemment. Elle aurait pu continuer de valdinguer au gré d’escaliers qui s’inventent à mesure du mélimélo des environs, avec dans sa paume celle d’Hubertine, et leurs mains esquissées, à peine palpables, qui ne se laissaient pas facilement appréhender… cette période est terminée. Les murs d’aujourd’hui ne ressemblent à rien. Il y a des personnes intègres qui choient en attendant que quelque chose se passe, sauf que les choses ne passent plus, c’en est fini des anges qui remplissent les blancs en chantant du nez pour répandre un bruit nasillard. Mnom braille intérieurement. Le mouvement ne suit pas le cri du for intérieur.
Les mots remontent dans sa gorge comme un vomi affluant au ras bord du palais. Avant elle écrivait, elle parlait, les phrases lui venaient naturellement. Maintenant tout vient en même temps de façon chaotique et ça se bouscule dans ses cordes vocales et dans son inconscient pour façonner des sons intelligibles. Les images s’assemblent suffisamment pour qu’elle se reconstitue le film : elles voulaient mélanger les déterminants, elles l’ont souhaité et c’est chose faite, sauf que dorénavant Mnom ne sait pas comment vivre en étant habitée de mots qui relèvent de part et d’autre de l’antique limite du langage. La limite n’existe plus. Elle doit se faire une raison en admettant qu’elle ne reconnaitra pas Hubertine, que jusqu’ici elle n’avait fait que deviner, apercevoir dans toute sa volupté irréelle. Mnom a faim, soif, la fatigue ronge sa lucidité. Et ces gens assis, assommés de devoir vivre en ne sachant même pas où ils sont. Quand elle aura appris à maitriser ses nouvelles facultés, à marcher, elle se tatouera le mot délice quelque part sur la peau.
***
Mont-le-Soie, 12 septembre 1910
Hubertine Nicolay a infusé des fleurs de camomille dans de l’eau bouillante — vu son âge, ses mains tremblent un peu. La nuit, depuis qu’elle est petite, elle rêve de tremblements de terre. Même quand elle ne dort pas, elle sent parfois une déchirure qui la traverse de part en part comme un long frisson hérissé de piques. Elle se sent comme divisée en deux, écartelée. Elle ne sait pas dire d’où cette impression lui vient. Elle appelle cela « mon apocalypse ». Pourtant, quand elle jauge son quotidien, tout lui semble si calme, si unifié. Les êtres qui l’entourent aussi. Le son d’une gomme dans un mortier lui procure une drôle de sensation, comme s’il lui évoquait un prénom particulier qui aurait eu la vertu de vibrer. En vain. Quelque chose lui échappe. Mais les gestes les plus simples l’émeuvent au-delà de tout trouble. Tout à l’heure quelqu’un lui a souri, sourire auquel elle a répondu. Un flux de paroles a été échangé ; dialogue qui lui a évoqué des ponts monumentaux lancés par-dessus les non-dits ou l’absence totale d’interactions. Heureusement que ces évènements arrivent. Ses mains tremblantes se referment sur le récipient rempli de liquide chaud. Elle remet une mèche de cheveux derrière son oreille. Il lui arrive aussi de remonter les lunettes en haut de son nez. Le vent ne passe pas au travers de son corps quand elle se promène. De temps à autre, la lumière crue du soleil lui pique les yeux. Rien de tout cela n’est anodin.
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Ca fait depuis 16h que je suis sur ce texte, il reste 45 minutes pour l'envoyer :aah:
@Lo
Comme si une idée littéraire était un Boss et qu'il fallait parfois plusieurs textes pour en venir à bout, chaque texte lui ôtant une rasade de points de vie !
Ouaip, ça doit être ça, en vrai je trouve que chaque texte est assez autonome… mais pour la façon de raconter, ou d’arriver à exprimer une idée complexe, oui, ça doit prendre plusieurs textes pour y arriver vraiment (:
@Milora
Le texte vient de dire le contraire, du coup je suis un peu perdue
Oui t’as raison, j’ai modifié… j’ai mis qu’elles n’ont pas de pied, parce qu’on dit un pied taptaptap
Je ne comprends pas bien ce bout de phrase
j’ai modifié en : « L’éponge de Mnom bat la chamade, inspire et expire des miettes de ce que sa marche croise au hasard » -> elle n’a pas de poumon, pas de coeur… mais une éponge à la plage. En gros ce qu’elle croise quand elle marche vit à travers elle le temps d’un battement d’éponge, c’est ça façon de vivre le monde qui l’entoure comme il lui manque une série d’organes que nous on a, postérieurement à ce chaos primaire :P c’est plus compréhensible ? ou je devrais développer l’idée avec une phrase en plus ? j’ai peur que ça fasse trop physique inventée pour les besoins du Crrrauchhhhmoolius… mais sinon ça rejoint l’idée plus globale que tout est dans tout vu que les objets flottent au hasard et que Mnom aussi marche au hasard, rencontre des trucs, des trucs qui la traversent et dont elle ingurgite des miettes avant de la rejeter… plus loin je dis que les organes en déterminants masculins qu’elle n’a pas sont remplacés par des traits comme des traits de crayons, donc elle est faite aussi de vide -> les objets la remplissent un petit temps, le temps d’une respiration. Je pourrais développer ça mieux et plus, mais j’hésite
C'est personnel, mais j'aime pas "agéographique", je trouve que ça fait très académique comme vocabulaire, alors que le texte a plutôt un champ lexical poétique, jusqu’ici
Hum, oui, mais je trouvais vraiment pas le bon mot pour signifier la même idée que atemporel mais pour l'espace, du coup j'en ai inventé un...
Je comprends pas si c'est au sens propre ou au figuré
J’ai enlevé les rafales, parce que l’air de rien c’est un peu violent comme sensation alors qu’elle est immobile, ça donne ça :
La moelle osseuse se remplit d’eau de mer et un courant d’air balaie ce qui sera, un jour, un dos
c’est toujours l’idée que tout est dans tout parce que rien n’est encore vraiment délimité comme dans notre quotidien à nous : pour nous la mer ne déborde pas sauf tsunami disons, et les rafales viennent du ciel. Mais dans le Crrrauchhhhmoolius c’est le gros bordel donc de l’eau de mer peut remplir un vide, un courant d’air vient de nulle part… ça me fait penser, par rapport à ta remarque, que dans la description du monde je devrais vraiment rajouter une ligne qui exprime l’idée que tout est dans tout
ça fait deux fois monde coup sur coup (mais en même temps c'est vrai que je vois mal comment l’éviter...)
si c’est possible, j’ai mis « pré-vie », même si c’est pas joli :) ante-vie est plus joli, mais plus grandiloquent…
Je trouve que "flemmard" est pas raccord avec le reste du texte, à cause du décalage de niveau de langue
j’ai mis « engourdi » à la place :)
je comprends pas l'idée de la religion rouge
heu c’est parce que… les idées vertes dorment furieusement… j’ai eu qu’un seul petit cours de linguistique dans ma vie mais j’aimais bien ce que la prof a dit autour des idées vertes qui dorment furieusement… hum. Y a pas encore de religion dans le Crrrauchhhhmoolius, c’est tout ce qu’il se passe avant la vie, mais du coup oui je comprends que la religion rouge c’est comme les idées vertes, ça perturbe. Je vais réfléchir si je le laisse l’adjectif ou pas ^^
Je trouve ça bizarre, un cagibi qui a un prénom. J'ai eu l'impression que c'était juste pour faire le parallèle avec le prénom Hubertine, mais que du coup ça forçait un peu la langue, ce qui rend le procédé un chouia maladroit
Heu oui, « nom » c’est mieux », j’avais pas pensé à ce paralèlle, juste disons qu’elle essaie de s’approprier le monde qui lui entoure, et ça passe par le fait de le nommer… mais nom est mieux
(je n'arrive pas bien à voir ce qu'est un alizé-cyclope, mais je suppose que c'est voulu ! )
Comme religion rouge, j’ai encore quelques heures pour voir ce que j’en fais ^^
J'ai modifié ce passage ! vu que ça embêtait Aube aussi
j'avoue que tu m'as perdue après "anthracite" (et il faut pas un s à micmac ?)
Yep, vu tous les commentaires sur ce bout de phrase, je vais enlever ce qu’il y a après anthracite, la phrase sera plus simple
vaguer, ça ne veut pas dire "errer sans but" ? du coup je ne comprends pas trop comment ça peut s'appliquer à des épaules…
Moi je pensais au fait que les épaules ont le même mouvement que celui des vagues… du coup je suis allée vérifier et ça veut dire ça : « Errer çà et là, aller au gré de sa fantaisie, sans but précis »… du coup yep t’as raison, je vais devoir tourner ça autrement.
Avant : Tes narines rougissent sous l’effet du froid, tes oreilles aussi, ton nez coule, tes épaules vaguent quand nous marchons
Après : Tes narines rougissent sous l’effet du froid, tes oreilles aussi, ton nez coule, nos épaules adoptent le mouvement des vagues quand nous marchons
"trucs" c'est familier (et on sent que c'était pour éviter la répétition de "chose"), du coup ça colle pas avec le ton du texte
hum, c’est comme flemmard. Je cherche un autre mot… objet je l’ai déjà mis plein de fois… « élément » par défaut :/
XIXe, non ?
je te fais confiance pour ça :P
une période c'est un laps de temps, du coup il faut choisir "à une époque" et "pendant une période" mais pas un mélange des deux
Oki, merci
mais tu as dit au début du texte qu'elle avait des pupilles ?
oui, c’est là qu’on voit la limite de, euh… mon hypothèse fantastique. Oui elles ont des paupières, des pupilles, des orbites,… mais je vais enlever vide, du coup :P haha merci, tu suis bien
flemme, familier, me gêne
va pour « fainéantise »
point d'interrogation en fuite ?
… oui
C'est tout à fait personnel, mais je trouve que ça serait vachement beau de finir sur "elle se tatouera le mot délice quelque part sur la peau", parce qu'on comprend tout ce qu'il y a derrière sans besoin d'expliquer (je trouve que ça serait plus fort que l'explication que tu donnes, quitte à mettre la phrase sur la page blanche avant). Mais c'est subjectif !
Hum. J’ai réfléchi, et je trouve que t’as raison ^^ Je dois de toute façon rajouter un ultime paragraphe pour faire le lien avec le thème, la fin me semblait incomplète… en vrai je verrai si je garde cet ultime paragraphe non encore écrit à l’heure où je réponds à ton commentaire *en plein cogitation* mais bref je suis ton avis, je le rejoins !
Dans l'ensemble, je trouve que, justement, l'une des forces du texte est de raconter avant tout une histoire, et le côté conceptuel ainsi que la recherche formelle (les jeux sur la langue et les sons) viennent au second plan (ou du moins c'est comme ça que je l'ai lu).
Pour répondre à ce paragraphe : génial, merci, trop bien, ça me rassure :mrgreen: En vrai je fais super gaffe depuis que tu as un jour attiré mon attention sur le fait que mes textes racontaient des idées et pas des histoires… tu l’as jamais dit textuellement mais c’est ce que j’en ai retiré de ton commentaire sous ce texte (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,22361.0.html). Du coup c’est subjectif, parce que pour Lo tout l’inverse s’est produit, mais ça me rassure un peu dans le fait que je ne marche pas à reculons dans ma façon d’écrire ><
elles m'ont plutôt évoqué des personnages de légende, qui du coup sont un peu monolithique mais par chois d'auteur, pour créer cette ambiance un peu onirique/distante propre à la légende (et pas par manque de caractérisation du perso).
Oui, c’est tout à fait ça !
Du coup, il m'a manqué une petite indication sur ce que devient Noix (il s'éloigne ? Il disparaît ? Mnom est subitement ailleurs ?).
Bien vu, je vais rajouter quelque chose par rapport ça. J’ai rajouté ce paragraphe, j’espère au bon endroit
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Le 2e passage que je suis pas sûre d'avoir compris, c'est le rituel. Plusieurs phrases m'ont échappé, du coup je ne saurais pas dire en quoi il a consisté (parce que si j'ai bien saisi, le rituel ne marche pas, mais c'est après, en appelant Hubertine son délice (mot masculin), que ça détruit le pré-monde pour établir un monde fixe ?
elle a peur qu’il ne fonctionne pas, mais en fait il marche. Il consiste dans le fait de faire des phrases avec des mots qui ont deux genres : délice peut être masculin au singulier et féminin au pluriel. C’est le fait que des mots peuvent avoir deux genres qui cassent la frontière, c’est ça le rituel. C’est en lien avec le tout début du texte : à droite les mots féminins, à gauche les mots masculins, et au milieu les mots qui peuvent être les deux. en fait, après le rituel, tous les mondes potentiels se mettent à exister, et le Crrrauchhhhmoolius cesse d’exister. je vais relire pour modifier ça un peu, histoire d’être sur que ce soit clair :) en fait tu avais juste (ça détruit le pré-monde pour établir des mondes fixes, et Mnom atterrit dans l’un d’eux)
j’ai modifié comme ça, en rajoutant ce paragraphe (juste après avoir prononcé les deux phrases avec délice) :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
- et le deuxième élément qui m'a chafouinée, c'est la fin Au début tu nous dis que ce monde pré-existe au monde tangible (au nôtre, quoi), et qu'Hubertine appartient à une époque bien déterminée (fin XIXe-début XXe siècle). Du coup, on a l'impression que tout ce pré-monde, et donc toute l'histoire, se déroule avant le début de notre monde. Sauf qu'à la fin, bam, explosion, et là on a... des humains devant un mur ? Mais du coup, c'est pas le début des Temps ? C'est un vrai endroit ? Une vraie époque ? J'ai eu l'impression d'une petite incohérence par rapport à ce qu'annonçait initialement le texte. Peut-être que quelques phrases pour préciser où/quand ils sont, à la fin, permettrait de le dissiper ?
tu fais bien de relever ce point, je vois que j’ai engendré une confusion là où il ne devait pas y en avoir. Au début je dis bien que ce monde pré-existe aux mondes tangibles dont le notre (je parle surtout du notre en fait, sinon ça veut dire que je dois inventer plein d’univers et plein de mondes régis par des principes très différents de celui qu’on connait, et ça me lancerait dans des descriptions très alambiquées…). En fait, la pierre tombale qui date du 19e, avec la date à laquelle Hubertine a vécu, c’est bien une référence à notre monde qui n’existe pas encore. ça fait référence à une planète terre qui ne tourne pas encore sur elle même à l’époque du Crrrauchhhhmoolius. après le rituel, la planète terre existe : notre temps bat la mesure, nos continents se forment, etc. en fait t’as raison, y a un souci de cohérence, mais que je peux résoudre dans l’ultime paragraphe de fin que je n’ai pas encore écrit : Hubertine va être catapultée au 19e s, et c’est là que sa vie à elle va se dérouler. Au stade du Crrrauchhhhmoolius, la pierre tombale est juste une référence à sa vie future quand le rituel aura eu lieu. Ca fait sens ? Donc tu as raison, je vais rajouter quelques phrases pour dire que là où a atterri Mnom est un vrai monde (avec les murs et les gens adossés etc).
*réfléchi*
En fait je trouve que le paragraphe que j’ai ajouté après les trembles explicite déjà ce point… Mnom a atterri dans un monde cloisonné où chaque chose est à sa place. Est-ce que tu trouves que ça suffit ? Bon, je te demande ça le jour où je dois envoyer l’AT, donc c’est un peu tard, mais si jamais tu repasses, autant peaufiner ce texte au max, même une fois la date de l’AT dépassée.
Y a juste que ça marche pas avec par exemple l'anglais, où les déterminants sont pas genrés Mais c'est pour chercher la petite bête, en vrai je suspens volontiers mon incrédulité de lectrice sur ce point !
T’as carrément raison, toute l’hypothèse fantastique sur laquelle repose ce texte est très discutable ^^ Ca voudrait dire que le français régit une espèce de version du big bang, et toutes les galaxies qui s’en suivent - pour le dire autrement. C’est hyper discutable mais je ne pouvais pas parler de tout, de façon exhaustive, dans ce texte, en évoquant toutes les autres pistes, ou en inventant une langue qui rendrait ça possible pour toutes les langues qu’on connait, alors que notre monde en est peut-être un parmi d’autres… houla, c’est casse-tête ce que je raconte :mrgreen: mais ton incrédulité de lectrice est justifiée : je sais que le fondement théorique du texte est discutable, mais il fallait bien que j’en choisisse un - disons qu’il m’a traversé l’esprit.
Et sinon, c'est sans doute à cause des débats dans l'ère du temps mais j'ai un peu tiqué sur le choix que tu as fait de distinguer le masculin et le féminin autour de l'idée d'homme et de femme (et pas juste les concepts "masculin/féminin" dans la langue), parce que du coup, le coup de : l'homme est esprit et la femme est âme, ça m'a pas trop trop plu comme idée. J'aurais préféré en rester à des catégories de langage. Mais c'est tout à fait subjectif et personnel !
Oui, c’est une autre dérive de cette hypothèse fantastique (donc qui n’existe pas)… en fait je pense que cette idée m’est venue en réfléchissant à une légende, mais pour YBY il fallait aussi un « L’aspect inclusif », comme ils le précisent dans leur ligne éditoriale. La rencontre des deux aspects a donné ça, chez moi. Mais j’en parlais avec Aube et on se disait que tout ce postulat de départ que tu trouves discutable… l’est, en effet. Une séparation aussi genrée est impossible. Et c’est le caractère plus politique du texte mais au final Mnom finit par se dire que c’est insoutenable, cette séparation (ce que je pense, et toi aussi, vu que ça te révolte un peu), et elle a envie de tout mélanger. Et au final on aboutit à plein de mondes, dans le notre… où les êtres humains sont constitués de mots féminins et masculins, ça ne viendrait à l’idée de personne de dire que les femmes n’ont que des âmes et les hommes que des esprits. C’était mon aporie de départ pour faire passer une sorte de message, je crois, ou une de mes convictions (qui est je crois plutôt partagée). Mais c’est sans doute très discutable ^^
Merci beaucoup pour ton commentaire Mil, j’admire toujours autant ta capacité à voir ce qui marche et ce qui ne marche pas dans un texte !
@LeBossu
Mince, j’ai cru que j’avais fait quelques descriptions au début qui aident à se représenter l’univers… c’est juste un Tout très chaotique. Mais ok je comprends que c’est dur de se représenter « tout » sans hiérarchisation. J’ai pas tant voulu désorienter, non… j’ai voulu que ce soit représentable et qu’on puisse avoir des images en lisant. Selon toi il manque quelques phrases descriptives, c’est ça ?
« Législatrice », par exemple, m'a fait me demander pourquoi tu avais choisi un terme aussi technique pour Mnom, s'il y avait d'autres législatrices qu’elle
J’ai une phrase ou deux au début qui parle du mot mais je pense préciser, oui. Après retouche, ça donne ça :
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En gros, j’essaie de parler du langage performatif sans le nommer, si ça te dit quelque chose. Genre tu dis « je vous nomme mari et femme », et pouf les voilà mari et femme par les liens du mariage. Ici c’est la même chose mais dans un texte fantastique.
pourquoi ces objets-ci et pas d'autres ?
j'en nomme certains à titre d’exemples, mais je peux pas mettre tous les objets, ceux qu’on connait et ceux qu’on ne connait pas
Y a-t-il une symbolique qui m'échappe ?
Tout ce qu’il se passe dans ce texte, avant le rituel, a lieu avant notre monde, la vie comme on la connait… c’est tout. Tout est à l’état de potentialités qui s’actualiseront une fois que Mnom légifère. Je dois envoyer ce texte ce soir, mais je serais curieux de savoir exactement où ceci n’est pas mis.. ça n’était pas suffisamment explicite pour toi, du coup ?
qui, quoi, qu'est-ce qui les a formés, quelle est l'origine avant le bouleversement par Mnom ? etc.
Oui mais tout ça va au-delà du texte en lui même, je pouvais pas inventer une théorie sur l’origine des mondes non plus, c’est juste une petite légende qui raconte pourquoi on a des mots masculins et féminins en nous/pour nous décrire/rendre compte de qui on est u_u
On sent, du moins, on a l'impression à certains moments que le récit a lieu en un endroit régi par certaines règles, comme pour le rituel, qui implique qu'on est dans une sorte de civilisation, du moins que ça a été codifié, que ça a une histoire. Mais peut-être que je me trompe.
Si si, c’est ça… le rituel, c’est le moment de bouleversement qui mettrait fin au Crrrauchhhhmoolius et donnera lieu à tous les mondes, dont le notre.
En tout cas, si c'est le cas, je me demande alors quelle est l'origine avant l'origine, du moins, quelle est l'origine avant le chamboulement de tout par Mnom. Mais ça c'est une autre histoire je pense. Enfin, bref.
Oui :mrgreen: Après, je suis content tout de même de noter que le texte t’a fait réfléchir assez philosophiquement sur plein de choses haha
Une chose qui m'a parfois buggé, c'est cette sorte de décalage de registre du fait des termes utilisés. On est dans une histoire un peu sérieuse, qui raconte une origine du monde tel qu'il est maintenant, du moins, qui narre l'événement à l'origine de tous ces changements, mais il y a parfois comme un ton cynique, ou d'auto-dérision, qui me semble bizarre, je sais pas trop comment le définir : par exemple, dans le choix du Crrrauchhhhmoolius, des micmac, du tirelarigot, des crunch crunch ; ça fait pas très sérieux, dans une histoire qui l'est quand même un peu, non ?
Ca doit être parce que je suis belge, et les belges ne se prennent pas toujours au sérieux :mrgreen:
(C’est naze comme justification mais je voudrais assumer les paradoxes de ce texte, dont celui-là, même s’ils ne font pas unanimité)
Ouf, dur à avaler.
Oui, j’ai coupé la phrase en deux
c'est quoi ? le principe créateur ? une conscience ?
« Nulle part, et partout à la fois », lui souffle un alizé gris, cyclope, de part et d’autre de ses oreilles. L’alizé-cyclope devait appartenir, plus tard, au bestiaire alambiqué d’un pays où la distinction être vivant/être mort n’est pas établie
C’est une bestiole à l’état de brouillon d’un pays qui n’existe pas encore ^^
cette utilisation d'« excéder » est bizarre…
Oki, j’ai changé en « Nonchalamment, elle tend la main, qui dépasse le mur coloré qu’elles ont peint, et extirpe du Tout une feuille de papier »
« cette antre innombrable »
le monde où elles vivent ?
Oui ^^
cérémoniel ?
Oui, bien vu
faut s'accrocher quand même
Oui, je reconnais que c’est un passage un peu perché… ce sera à modifier >< c'est le seul truc que j'ai pas retouché en faisant la V2
c'est une bouteille qui était là par hasard ? ou référence au génie dans la bouteille ?
une bouteille qui était là par hasard ; mais comme depuis le début, je nome certains objets mais ç’aurait pu en être d’autres, c’est histoire qu’il y ait un quelque chose… ça aurait pu être autour d’une lampe. Mais je reconnais que tout ce passage autour du « olalal qu’est-ce qui va se passer si je merde » est plus soutenu
il foutait quoi ? il était où ? il a servi à quoi ? juste à donner une enveloppe corporelle à Mnom ? à représenter le principe « masculin » ?
Beh, c’est écrit :
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du coup oui, il prête de son enveloppe corporelle à Mnom pour qu’elle puisse lire avec sa main le tracé des lettres d’une pierre tombale pour qu’elle rencontre Hubertine in fine. Mais il représente le principe masculin, aussi, ou du fait que tout est séparé à ce point là.
les arts décoratifs environnants
c'est bizarre comme formulation
C’était pour pas répéter « objet » une fois de plus… puis j’aime la période art déco huhu
Depuis, les trembles ne frissonnent plus.
parce que Mnom a mélangé les déterminants ?
Oui ^^ En employant le mot « délice » dans un sens féminin et masculin, et comme elle est une législatrice (cf tout le paragraphe ajouté suite à une remarque de Mil), ça a pour effet de faire un choc dans le chaos primordial (ça me fait un peu marrer comme choix de mots quand même).
« mes » ? pourquoi l'intervention du narrateur ici ?
« les », tu as raison :P
et puis « flemme » ça fait quand même assez familier.
Yep, j’ai modifié
où sont-elles ? dû au mélange des déterminants ?
Faudrait « iels », idéalement… les ils et les elles, oui
mais pourquoi l'obsession avec les chatons ?
c’est ça un chaton, c’est le fruit des trembles
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
ok, je vois bien pour « intègre » mais le sens premier me vient… en premier à l’esprit.
j’ai hésité entre intègre et intégrales :/ mais oui c'est sans doute pas le bon mot
Les mots remontent dans sa gorge comme un vomi affluant au ras bord du palais
pas très élégant
En effet, il fallait bien des choses pas belles non plus (tu relèves un aspect intéressant du texte, mais à moins qu’on me demande de développer, je le ferai pas trop sinon)
c'est tout ? après tout ce bouleversement/genèse ?
Cf le dernier paragraphe ajouté, effectivement il en fallait un autre pour vraiment clore le texte
Désolé que tu n’aies pas pu rentrer dans le texte non plus. Merci d’avoir pris le temps de commenter dans le détail, tes remarques m’ont aidé à modifier le texte. Une partie de tes commentaires étaient dû à ta circonspection face au texte je pense, et c’était parfois difficile de modifier sans réécrire carrément un autre texte sans tout ce qui pouvait te gêne… je fais le choix de l’améliorer le plus possible dans la version dans laquelle il est, mais je comprends bien qu’il aurait fallu que je fasse tout autre chose pour qu’il puisse être plus facile à appréhender, je ne sais pas. Les avis des commentateurs divergent pas mal, donc… mais bref, merci d’avoir pris le temps de le lire !
@Aube
Le début sous forme d’énumération est très efficace pour moi. J’aime bien parce que ça interpelle, ça pose et comme toujours avec toi, il y a ce doute funambule entre l’arbitraire aléatoire et le calcul poétique qui est si particulier.
Chouette, merci ^^
L’exposition est claire sans être trop didactique, cependant c’est assez dommage que tu y fasses une erreur déjà relevée par Milora quand tu conclus sur le fait que les femmes n’ont pas d’oreilles alors que le contraire est stipulé quelques lignes plus haut. Par contre la conclusion du paragraphe avec le chat sans queue ni tête joue un rôle illustratif très bien vu.
Oui, j’ai modifié.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Je rejoins Lebossu sur le fait que quelques explications supplémentaires qui contextualiseraient le rôle de « législatrice » dans ce contexte pré-génésique aideraient peut-être à mieux ancrer le personnage et ses enjeux. En décrivant par exemple le lien entre le fait de percevoir les potentiels du monde et la notion de lois ?
Yep, ça donne ça :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Y a juste le « concrètement » que je trouve moche, mais sans ça le « réalise » ne fait pas sens… m’aurait fallu le verbe « to perform », en anglais :/ Et la phrase « Les lettres qui s’assembleraient comme des puzzles pour former du sens changeraient le cours vagabond des choses » est une référence au futur rituel plus tard dans le texte.
Mention spéciale à l’éponge à la place du coeur très chargée en connotations. C’est l’une des images les plus fortes du texte pour moi.
Oui : )
Je trouve dommage qu’on ne clarifie pas plus l’image de l’escalier sur lequel évolue Mnom. S’il s’agit comme je crois le deviner d’un escalier chelou dont les marches peuvent être n’importe quel objet random, le clarifier ? Je trouve l’image trop poétique pour être seulement esquissée sans l’explorer plus.
Ah yep, c’est ça ; comme tous les objets flottent, les marches sont faites de plein de trucs différents.
Ca donne, après modifs
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
En vrai j’hésite à complexifier en disant que les marches peuvent aussi être des couleurs, des textures, des bruits ou des sensations, mais je pense que c’est déjà assez complexe comme ça u_u
« Aucun soulier ne chausse Mnom » je ne crois pas me tromper quand je dis que Mnom ne chausse aucun soulier et pas l’inverse.
Bien vu, c’est un autre aspect indicible sur lequel j’aime bien jouer discrètement… ça personnifie les chaussures de dire que ce sont elles qui chaussent Mnom, comme si elles étaient douées de volonté, et ça colle avec l’idée générale du Crrrauchhhhmoolius ^^
Je n’aime pas trop « mot pierreux » je trouve l’épithète maladroit mais pourquoi pas.
t’as raison, c’était pas très adroit. J’ai modifié en « Mais sa main curieuse voudrait comprendre le sens de la phrase en relief »
J’aime beaucoup « chaos flemmard ».
Moi aussi, je l’ai re-mis. J’ai l’impression d’être une girouette avec les commentaires sous ce texte, mais tu me rappelles que l’incongruité de ces 2 mots me plaisait au départ
Lors de la transition première/deuxième partie je n’ai pas vu Noix disparaître, ça m’a troublé. Sa rencontre avec Mnom semblait si lourde de sens dans les images utilisées, quasiment violentes, que ça laisse un peu perdu de voir que finalement il a disparu sans qu’on en ait dit plus à ce sujet. Même une toute petite phrase avec peu de mots.
Oui, comme l’a fait remarquer Mil, je suis d’accord. J’espère que je n’ai pas trop brouillé le truc avec le passage que j’ai réservé à son éclipse, heu, du texte (c’est le passage avec les citrouilles, je l’ai mis en spoiler dans la réponse à Mil)
Le passage de l’alizé-cyclope est assez mystérieux, j’imagine une sorte de figurant fantasmagorique qui passe pour faire vivre un peu le paysage mais la tentative d’explication empêche le lecteur de se l’approprier je crois.
On m’a pas fait pas mal d’avis pas rapport à ça donc je le précise en :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
La rencontre de Mnom et Hubertine a, à mon sens, moins d’impact que celle avec Noix où la communion est quasi sacrée. Le choc de la montagne qui s’effondre est comme artificiel. Peut-être commenter ou accentuer les conséquences de cette rencontre ou « interaction » notamment sur l’état de mort potentiel d’Hubertine qui a de quoi être super trippant ? Parce que du point de vue narratif ça a l’air d’être l’une des clés du texte quand même.
Ah mince, carrément… je suis à quelques heures de la deadline, ça m’embete de m’attaquer à ce passage du texte maintenant. Je vais voir ce que je peux faire
Je ne comprends pas pourquoi on précise à ce stade qu’Hubertine n’est pas législatrice.
Heu oui, carrément aussi :facepalm: Du coup ça donne « Dans la mare violette, la main de Mnom rencontre celle d’Hubertine. Elles apprécient la compagnie l'une et l’autre. » -> c’est super froid :mrgreen: ç’avait avoir, à la base, avec le ton de la voix off, et c’était une question de rythme - je me comprends. Du coup j’ai ajouté, après, « Hubertine la trouble, comme si elle était une clé dans le microcosme d’interrogations tranquilles de Mnom, et qu’elle allait lui apporter une solution longtemps recherchée. »
L’annonce du rituel de Mnom serait encore plus marquante si le lecteur apercevait mieux les enjeux d’une telle action, ce qui peut assez facilement, je pense, passer par une précision sur le rôle de législatrice en amont du texte.
C’est fait, j’espère que ça marche mieux
Je sais pas si je suis obsédé mais je trouve l’érotisme discret et non-dit du début du rituel très touchant.
Non, content que tu l’aies vu, c’est un des points à remplir pour l’AT… enfin je l’effleure mais oui il est là
Tout ce truc d’abstraction, ça me fait penser à certaines de mes idées les plus barrées d’antan-mon-adolescence mais que je peinais à mettre en mots.
L’idée du magma primordial ou quoi date aussi de l’époque où j’étais ado, j’aimais bien me dire qu’au commencement il n’y avait pas rien mais il y avait tout ^^
Pour le thème de l’AT, je verrais mieux le texte présenter Hubertine et Mnom comme deux héros mythologiques (leur rituel est lourd de conséquence tout de même)
Voui, j’ai précisé la portée du rituel en ajoutant un §
Pour faire bref : mettre une forme d’emphase sur les événements comme savent le faire légendes et contes.
Arf, oui. J’ai essayé de modifier le texte en conséquence, mais j’ai le sentiment que ce n’était pas assez. Même au delà de la deadline, ça me fait une piste sur laquelle plancher… je vais relire une fois le texte et voir si je peux pas aller encore plus en ce sens. Le dernier paragraphe devrait aider pas mal pour le côté légende
Voilà voilà, j’espère que mon commentaire te sera utile malgré le peu de temps qu’il reste.
On vit dangereusement :vaurien:
Merci pour ton super com ! j’ai envie de dire qu’il est salutaire ahu
J'ai posté ma réponse à vos commentaires en même temps que la V2. J'espère que c'est mieux. C'est un texte assez prise de tête, merci beaucoup de vous être penché dessus !