Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Barles Chaudelaire le 23 Novembre 2018 à 07:13:49

Titre: Le désir s'élève
Posté par: Barles Chaudelaire le 23 Novembre 2018 à 07:13:49
Le désir s'élève

L'homme qui veut a toute énergie
De la terre, des mers et des astres
Pour plier à sa volonté la vie
Et s'épargne ses coûteux désastres.

Cet homme touche l'absolu
Enfin, et révoque Dieu.

Le désir s'élève
Sans sens
Sans sens

Par sa volonté qui lui donne sa gloire,
Il sait le monde et ce qui le peuple
Et discerne le blanc dans le noir ;
Il prend sur lui la cécité des aveugles.

Souffre pour le mal commis,
Meurt pour le pêché d'un autre.

Le désir s'élève
Sans sens
Sans sens

Guérit l'incurable
Et ranime la vie.
Titre: Re : Le désir s'élève
Posté par: mayday le 24 Novembre 2018 à 19:36:33
J'ai trouvé ce poème assez réussi. On voit qu'il est le fruit d'une réflexion et d'une opinion bien tranchée sur la spiritualité et la manière qu'ont les hommes de vivre leur vie (ou plutôt devraient). Il n'est pas naïf dans son propos, et certains vers sont vraiment beaux. J'aime bien la forme que vous avez choisi, avec ce leimotiv :

Citer
Le désir s'élève
Sans sens
Sans sens

Dont je pense que vous avez une interprétation bien précise qui n'est pas forcément la même pour le lecteur. Moi je pensais au début à une critique de celui qui révoque Dieu justement, voyant que ces vers venaient juste après

Citer
Cet homme touche l'absolu
Enfin, et révoque Dieu.

Mais en lisant le reste du poème je n'ai plus trop su si c'était une sorte d'aveu de votre part de n'avoir trouvé de réel sens aux désirs qui animent la vie des hommes malgré la description omnisciente que vous tentez d'en faire, ou si c'était simplement une constatation sans réel but d'en faire grief.
Idem pour cette strophe :

Citer
Par sa volonté qui lui donne sa gloire,
Il sait le monde et ce qui le peuple
Et discerne le blanc dans le noir ;
Il prend sur lui la cécité des aveugles.

On ne sait pas trop si vous parlez de l'homme, du désir ou de Dieu que vous évoquez deux strophes plus tôt, et c'est un peu pareil dans tout le reste du poème. En tout cas je ne trouve pas cette imprécision dérangeante, elle laisse place à l'interprétation du lecteur (je ne sais pas si c'est voulu) et j'aime cela dans la poésie.

Cependant, j'ai trouvé certaines tournures un peu maladroites, notamment celle-ci :

Citer
Pour plier à sa volonté la vie

Et également dans cette strophe :

Citer
L'homme qui veut a toute énergie
De la terre, des mers et des astres
Pour plier à sa volonté la vie
Et s'épargne ses coûteux désastres.

Je ne sais pas si vous vouliez dire "Et s'épargner ses coûteux désastres." cela me semblait plus correct au vu du sens de votre phrase ... C'est peut-être juste moi, mais j'ai un peu bloqué sur ce vers.
Aussi j'ai un peu de mal avec la fin :

Citer
Guérit l'incurable
Et ranime la vie.

Je trouve qu'à la lecture cela sonne un peu étrange, il brise un peu le rythme du poème, on ne s'attend pas au son "ie" à la fin. Mais enfin pourquoi pas. En tout cas bravo et merci pour ce partage, je reviendrai vous lire.