une amusette pour mettre un peu d'entrain dans cet automne tristounet.
LE CHAT, LE HÉRISSON ET LA LOUTRE.
Un soir, un chat futé, au débotté
Avise un hérisson sous un buisson.
« Quel est donc ce quidam rampant si mal ?
Serait-ce un oisillon tombé du tronc ? »
Glissant d’un pas feutré, s’est approché
Et a tendu la patte… Échec et Mat !
Le hérisson, soudain dresse ses crins
Et le matou mâté file à grand train.
Notre gandin, fâché, reprend son guet,
Il erre longtemps, flâne vers l’étang,
Aperçoit dans les joncs, bébé loutron.
Voilà, se dit-il, un mets plus subtil !
Minou se faufile, se coule, agile
Vers le petit noiraud tournant le dos.
Alerté par l’odeur du prédateur
Poussant un cri, le loutron fait un bond,
Glisse dans un sursaut jusque dans l’eau :
« Viens donc ici, minet, et de bon gré
L’eau est douce, il fait bon, là tout au fond ! »
Ce n’est pas du goût de notre larron.
Froissé, et l’estomac dans les talons,
Il rentre tout grognon, à la maison,
Miaule comme un perdu, quête son dû,
Puis
Content de sa pâtée
Et toute honte bue,
Consent à ronronner.
Pourquoi chercher au loin
Ce qu’on trouve à sa main ?