Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Nioko le 30 Octobre 2018 à 03:17:44
-
Le monde est une mer, mère amère et injuste
Un océan corrosif qui ronge l'âme jusqu'à la moelle,
Abrasif comme le verre poli. Le vers poli m'a salué,
Ludique lombric mal embriqué, mon verre de vie s'est envolé.
Envolé notre ver à soie, soit. Dans l'abandon du soi
Mélancolique, mélan-coho-lique, viens voir le noir, le boir,
Qu'il te transperce, renverse. Paresseuse et léthargique,
Son entropie philanthropique consume : un poison exotique.
Envolés mes vers à moi, la pile de bile biologique
S'affaisse, engloutissant l'engloutissante, engourdissante,
Euphorie qui s'emparait de mon sommeil, soleil de toutes mes nuits.
Que de palabres au vent : Auvent dément de ma maison,
Mon refuge, littoral pastoral du littéraire oral, du subterfuge.
Un calme frôlant de près le grand grabuge, j'y abandonne.
Qui, avant, donne sa forme en sacrifice ? Et ça crie fils
Pour se rappeler à l'autre sans en salir son propre artifice.
J'habite cet édifice, et j'édifie cet habit, chiche de le prendre?
Parce qu'on pourrait se pendre, s'en vendre à cet esprit.
Cit-git ma bonne conscience, en son absence, seul le cœur règne.
Qu'elle repose ici en pièces, car je l'ai comprise au scalpel.
Ma table d'opération, lassée d'apprendre ses multiplications
S'est asservie et m'a servi à l'autopsie de ce que je fus, fis.
Là, tachée de sang, atachée et sans remords aucun
Elle s'enorgueillit de toutes ses connaissance, je donne naissance,
À ce que j'ai conscience de n'être plus.
-
Bonjour Nioko,
Alors, un petit retour sur ce poème dont j'espère que tu pourras tirer des choses constructives.
D'abord sache que j'ai trouvé ce poème comparable à un sac trop plein des mots et formules que tu y as glissés. C'est comme si tu avais eu une idée assez simple et assez basique que tu avais exploitée dans ses moindres recoins jusqu'à épuisement. C'est un exercice de style intéressant, or cela irait difficilement plus loin que l'exercice de style. Pour autant, je t'encourage encore à travailler ton style parce que c'est toujours une bonne chose d'avoir ses propres choix ses propres préférences ; travailler le style permet de mieux s'affirmer dans son quotidien.
Ah ! Une dernière chose, le mot « psy » vient du grec psukhê, l'âme, qui revoie immédiatement vers l'individu, vers ce que transmet l'individu depuis son intellect. Le jeu de mot avec l'autopsie ne me semble pas approprié dans le sens où le mot psy renvoie déjà vers l'individu, autant appeler ton poème « auto-auto » ce serait presque un pléonasme moins étrange...
-
Une succession de jeux de mots et d'assonances assez bien trouvées, mais qui à la longue lassent un peu et certaines tournures de phrases sont un peu obscures (pour moi). Je trouve aussi qu'il y difficile d'y voir une critique psychologique du soi, ce que laisse entendre le titre de ton texte.
Dernière chose, je ne sais pas si le verre poli est abrasif, ce serait plutôt du verre dépoli ?
;) ;)