Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Suiken le 09 Octobre 2018 à 16:52:44

Titre: Nuit blanche
Posté par: Suiken le 09 Octobre 2018 à 16:52:44
C'était un soir de demi-lune, je mordais frénétiquement la partie inférieure de mes lèvres, j'appris plus tard que c'était le signe d'un stress post-traumatique. D'ailleurs c'est cette nuit là que j'ai réalisé les similitudes qui existaient entre le deuil suite à un décès et le deuil suite à une rupture. Nous devions être aux alentours de 4 heures du matin et je n'avais pas fermé l’œil de la nuit comme si j'attendais quelque chose. Arriva un moment où en fixant le mur en face de moi, je la vis, je vis sa silhouette, ses cheveux bruns, ses yeux si profonds que je m'y perdais régulièrement. Ma première réaction fut d'avoir peur, puis vint la surprise et la joie de la voir à nouveau à mes côtés même de manière éphémère. Je décidai donc de prendre le premier habit qui était à ma portée pour masquer ma nudité, puis je me levai et m'approchai d'elle, elle était bizarrement silencieuse et je voyais sur son visage sa tristesse enfouie, celle qu’elle me partageait quotidiennement, mais là c’était différent.

Des larmes commençaient à glisser le long de mes joues sans même que j'ai pu les sentir se former dans mes yeux, ne sachant plus quoi penser je me demandai si elles étaient larmes de joie ou de tristesse, la réponse à cette question retentit quand je me rapprochai suffisamment d'elle pour remarquer qu'elle n'était que pur produit de mon imagination. Ce fut un choc si grand que j'en tombai par terre réveillant ainsi ma mère qui découvrit son fils au sol en pleine crise d'angoisse. Mes larmes coulant à flot avaient réussi à humidifier le parquet de ma chambre; c'était la première qu'elle voyait de ses yeux. Je ne suis jamais parvenu à lui expliquer verbalement les raisons de cette crise me fiant ainsi à ce fameux instinct maternel qui me faisait croire qu'elle aurait lu en moi et aurait tout deviné. Enfin remis de mes émotions je partis me prendre un en-cas sucré, ce qui était à l'époque mon moyen favori de calmer mon cœur et ses caprices. J'envie cette époque où quelques carrés de chocolat suffisaient à mon rétablissement maintenant que seules des substances addictives et toxiques m'y amènent. Mon repas nocturne enfin terminé je décidai de repartir me coucher bien décidé à dormir. Visiblement mon cœur ne voyait pas les choses de cette manière et décida de me refaire ressentir cette douleur qui m'empêche de respirer correctement et de pleurer les larmes qui pourrait évacuer toute cette douleur, cherchant désespérément un moyen de vider mon sac et par la même occasion un moyen de compenser mon absence de larmes je vis sur mon chevet une dent de requin blanc fossilisé que j'avais ramené d'un voyage en pleine mer. Ainsi je pris une des pires décisions de ma vie je me saisis cette dent et me griffai violemment et profondément le bras avec, afin de voir mon sang s'écouler de manière fluide. Ce geste violent répété calma ma crise et me permit de me reposer, puis la brûlure amenée par ces entailles dont sortait mon propre sang me permit d'oublier la douleur morale faisant passer la physique avant cette dernière.

 A partir de cette nuit j'étais conscient que j'étais entré dans le cercle vicieux de l'automutilation, des tee-shirts à manches longues par 30 degrés car "tout va bien", j'étais tout aussi conscient que j'avais besoin d'aide mais n'arrivais pas pour autant à en demander aux autres si ce n'est ma meilleure amie et encore il me fallut du temps pour lui avouer dans quel état j'étais intérieurement. Cette accumulation de problèmes autant intérieurs qu'extérieurs chez moi elle en était le dernier pilier, elle m'aidait à porter tout cela et à voir la vie de manière heureuse mais quand le pilier s'effondra il ne restait plus rien pour soutenir et contenir cette douleur. Ainsi le plafond de mes tourments s'effondra. Cette vision d'elle était un espoir, comme si j'étais là sous les gravats et débris qu'avais laissé cet éboulement et que j'agonisais ne pouvant pas crier à l'aide et que les secours marchaient sur moi sans me voir. Cette sensation d'agoniser lentement sans pouvoir contacter personne et voyant mon entourage croire que j'allais bien car je mentais à la perfection sur mon état amena la ruine encore plus profonde chez moi. L'espoir s'est envolé il faut se faire à l'idée, faudrait que j'apprenne à voler pour le rattraper, ceci exprime bien l'impossibilité pour moi de retrouver cet espoir de revivre aussi heureux qu'avec toi un jour.
Malgré tout, ce que m'a appris cette nuit blanche, c'est que nous basons notre monde sur des faits dits avérés que l'on ne conteste pas, nous basons notre monde sur l’expérience sensorielle que nous faisons de ce dernier, mais cette vision du monde n'est qu'une illusion propre à chacun qui nous enferme dans des tourments ou alors qui nous masque naïvement la vérité. Notre vérité n'est que factice, chacun se la construit et chacun s'y enferme. Elle était cette ouverture vers la fin de cette illusion. Je n'ai pas saisi la chance d'en sortir avec elle et elle est ainsi devenue une illusion, un souvenir étant l'objet de mes tourments.

Depuis cette fois là ces révélations sonnaient en moi telle une vérité retentissante qui faisait étrangement écho à mon âme. C'est sombres nuit se répétèrent  de manière de plus en plus régulière, au point où une nuit de sommeil profond et réparateur m'apparaissait rare et si précieuse que je culpabilisais de dormir pendant ces dernières, sentiment tout à fait contradictoire. Puis vint une période où cette idée m'était devenue totalement abstraite de par son absence cyclique. Assez abstraite pour alimenter les tourments qui ruinaient mon esprit, assez pour que je m'enferme dans cet isolement de manière inconditionnelle
Titre: Re : Nuit blanche
Posté par: Elisedu18 le 09 Octobre 2018 à 22:08:00
Hey ;)
j'ai trouvé ton texte intéressant avec une belle exposition des différents sentiments et émotions éprouvés par ton personnage.
Ceci dit il y a beaucoup d'erreurs, principalement de conjugaison et de concordance des temps, qui ternissent la beauté de ton histoire: parce qu'on ne va pas se mentir, les verbes mal accordés ça jure et c'est un peu laid ;)

Je te mets ci-dessous les corrections nécessaires à ton récit, que tu es libre de prendre ou non en compte, évidemment, je ne suis là que pour conseiller ^^

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D'ailleurs c'est cette nuit là que j'ai réalisé les similitudes qui existait
D'ailleurs c'est cette nuit-là que j'ai réalisé les similitudes qui existaient
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Nous devions être au alentours
Nous devions être aux alentours

Il faut savoir que quand tu écris, tu dois prendre en compte deux temps principaux (en gros, hein, je résume un peu le truc): le temps de descriptions et celui de narration (d'action). Là, d'après les premières lignes de ton texte, ton temps de description est l'imparfait. Mais tu utilises deux temps pour la narration, ce qui n'est pas très beau: le passé composé et le passé simple. Il faut faire un choix entre ces deux temps. Pour la suite de la correction je prendrais le passé simple en référence vu que c'est celui que tu utilises le plus (n'hésite pas à me dire si ce n'est pas très clair^^)
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Arriva un moment où en fixant le mur en face de moi, je l'ai vu, j'ai vu sa silhouette
Arriva un moment où en fixant le mur en face de moi, je la vis, je vis sa silhouette
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ses yeux si profond
ses yeux si profonds
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Je décidais donc
Je décidai (verbe d'action sur le moment du récit)
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puis je me leva et m'approcha d'elle
Attention à la conjugaison ton texte est à la première personne mais la majorité de tes verbes sont conjugués à la troisième personne.
puis je me levai et m'approchai d'elle
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que je m'y perdais régulièrement [...] celle qu’elle me partageait régulièrement
Attention aux répétitions également, essaie de trouver plutôt un synonyme.
Par exemple: celle qu'elle me partageait quotidiennement.
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Des larmes commençait
Des larmes commençaient
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je commençais à me demander
répétition du verbe commencer. Ici il n'est pas nécessaire tu peux aisément le supprimer
je me demandai
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quand je me suis suffisamment rapproché d'elle
quand je me rapprochai suffisamment d'elle ou quand je me fus suffisamment rapproché d'elle
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Ce fut un choc si grand que j'en tombait pas terre
Ce fut un choc si grand que j'en tombai par terre
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Ce fut un choc si grand que j'en tombait pas terre réveillant ainsi ma mère qui découvra son fils au sol en pleine crise d'angoisse les larmes coulant à flot ayant réussi à humidifier le parquet de sa chambre, c'était la première qu'elle voyait de ses yeux, je n'ai jamais réussi à lui dire verbalement les raisons de cette dernière faisant ainsi confiance à ce fameux instinct maternel visant à dire qu'elle aurait lu en moi sachant la raison de cette crise.
Phrase beaucoup trop longue et incompréhensible, il faudrait la remanier, rajouter de la ponctuation ou la couper en plusieurs phrases.

Par exemple: Ce fut un choc si grand que j'en tombai par terre, réveillant ainsi ma mère qui découvrit son fils au sol en pleine crise d'angoisse. Mes larmes coulant à flot avaient réussi à humidifier le parquet de ma chambre ; c'était la première fois qu'elle voyait cela de ses yeux. Je n'étais jamais parvenu (pour éviter la répétition du verbe réussir) à lui expliquer (plus riche que le mot "dire", auquel il est bien de privilégier des verbes plus riches et descriptifs) les raisons de cette crise, me fiant à ce fameux instinct maternel qui me faisait croire (la formulation "visant à dire" est maladroite) qu'elle aurait lu en moi et aurait tout deviné (on évite la répétition du mot raison et crise et c'est plus fluide)


ce qui donne donc, sans les explications: Ce fut un choc si grand que j'en tombai par terre, réveillant ainsi ma mère qui découvrit son fils au sol en pleine crise d'angoisse. Mes larmes coulant à flot avaient réussi à humidifier le parquet de ma chambre; c'était la première fois qu'elle voyait cela de ses yeux. Je n'étais jamais parvenu à lui expliquer les raisons de cette crise, me fiant à ce fameux instinct maternel qui me faisait croire qu'elle aurait lu en moi et aurait tout deviné.
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je parti me prendre un en-cas sucré
je partis me prendre un en-cas sucré
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toute cette douleur, cherchant désespéramment
toute cette douleur. Cherchant désespérément
 
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je vit sur mon chevet
je vis sur mon chevet
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Ainsi je pris une des pires décisions de ma vie et commença à prendre cette dent et me griffer violemment et profondément le bras afin de voir mon sang s'écouler de manière fluide, ce geste violent répété calma ma crise et me permetta de me reposer, puis la brûlure amenée par ces entailles dont sortait mon propre sang me permit d'oublier la douleur morale faisant passer la physique avant cette dernière.
Encore une phrase un peu longue. Voici un exemple pour la raccourcir et la rendre plus compréhensible:

Ainsi je pris une des pires décisions de ma vie. Je me saisis cette dent et me griffai violemment et profondément le bras avec, afin de voir mon sang s'écouler de manière fluide. Ce geste répété calma ma crise et me permit de me reposer, puis la brûlure amenée par ces entailles dont sortait mon sang me permit d'oublier la douleur morale, faisant passer la physique avant cette dernière.
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j'avais besoin d'ide
j'avais besoin d'aide
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encore il me fallu du temps
encore il me fallut du temps
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Cette accumulation de problèmes autant intérieur que extérieur
Cette accumulation de problèmes autant intérieurs qu'extérieurs
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Cette vision d'elle était un espoir, comme si j'étais là sous les gravats et débris qu'avais laissé cet éboulement et que j'agonisais ne pouvant pas crier à l'aide et que les secours marchaient sur moi sans me voir.
Très belle comparaison :coeur: :coeur: :coeur:
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à la perfection sur état
à la perfection sur mon état
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L'espoir c'est envolé
L'espoir s'est envolé
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L'espoir c'est envolé il faut se faire à l'idée, faudrait que j'apprenne à voler pour le rattraper
:coeur: :coeur: :coeur:
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de revire aussi heureux
de revivre aussi heureux
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Malgré tout ce que m'a appris cette nuit blanche : c'est
Malgré tout, ce que m'a appris cette nuit blanche, c'est

J'aime bien la petite leçon ou morale de fin, qui clôture très bien ton texte^^

Voilà à peu près tout.
Donc pour synthétiser: je trouve ton texte incroyablement parlant et mené d'une telle sorte qu'il nous permet de ressentir les émotions de ton personnage, d'autant plus qu'on parle d'évènements plus communs qu'on ne le pense chez les adolescents (et chez certains adultes) et ton texte nous permet de ressentir de l'empathie, et de nous identifier aux tourments de ton personnage.
Cependant, il y a un grand travail à effectuer au niveau des temps, notamment de la conjugaison: je te suggère d'utiliser un correcteur orthographique comme Word par exemple, qui devrait t'aider pour l'orthographe et la grammaire.

Ton texte, et ton écriture en général, sont prometteurs. Il y a du potentiel et je ne peux que t'encourager à continuer sur cette voie, d'autant plus qu'il y a un certain lyrisme, une poésie dans ton écriture, notamment à travers ces jolies comparaisons ou métaphores qui sont tout simplement exquises. :coeur:
Titre: Re : Nuit blanche
Posté par: Suiken le 09 Octobre 2018 à 23:34:55
Merci de ton commentaire sur l'orthographe, je ne devais pas être concentré lors de la relecture et l'écriture
Je prend note de tes conseils en terme de narration et vais faire plus attention à l'orthographe pour mes prochains textes

Pour ce qui est de ton commentaire sur le fond il me fait grandement plaisir car je débute vraiment dans ce type de format, surtout sur le fait de transmettre des émotions car c'est mon but premier

Je vais pouvoir grandement m'améliorer

EDIT : J'ai corrigé mon texte en suivant tes conseils le post est donc modifié