Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Kathya le 21 mars 2010 à 18:41:10

Titre: [Blind Test] Malédiction
Posté par: Kathya le 21 mars 2010 à 18:41:10
Voici ma participation au second blindtest.
J'espère que vous m'excuserez pour ce texte bâclé car écrit le jour de l'échéance... ::)

Néanmoins j'étais quasiment sûre de tromper mon monde, car l'idée vient de ma moitié - qui m'entend assez régulièrement dire "encore un texte glauque sur le MdE" - qui  m'a suggéré, me voyant dans l'urgence, d'écrire "un texte glauque sur fond de Grèce antique"...  :D
Aussitôt dit, aussitôt fait.  :P



Malédiction

« C’est lui ! C’est lui ! » s’époumonait Argyrie, traînant le môme comme un vulgaire ballot. Sa voix stridente, presque hystérique, se fracassait sur les murs délabrés. La poussière frissonnait sous l’assaut, des pans de granit craquelés menaçaient de se rompre comme las de contempler cette rage sourde, si terriblement vide de sens. La tension augmenta d’un cran dans la demeure suffocante qui, telle une viande trop faite, n’attendait plus qu’un frémissement pour se fendre sur ses entrailles nauséabondes.

Dans ce théâtre en ruine où il n’était qu’un acteur impuissant, le gamin s’égosillait, puisant dans sa carcasse creuse des ressources insoupçonnées. De chair, il n’avait rien de trop, ses frusques baillaient sur un corps frêle aux côtes saillantes, révélant une peau mate de crasse plus que de hâle. Gigotant tel le gibier dégoté par la chienne, il fuyait l’œil acéré du veneur, aussi vibrant d’autorité que voilé d’ennui.

Juge émérite mais non zélé, Zéphyrin foudroyait d’un regard torve les deux énergumènes qui rompaient la paix précaire de cette morne matinée. Leur tohu-bohu infâme de cris et de geignements l’étourdissait, leur spectacle risible l’écœurait, leur simple présence le révulsait. Argyrie tirait sur le gosse au risque de lui démettre l’épaule, l’écrasant de ses mains épaisses. Elle beuglait, exigeant qu’on sacrifiât l’esclave à Apollon, à Asklepios ou même à Zeus, ce qui arracha un rictus cynique au maître des lieux. Comme si le premier parmi les Dieux pouvait se satisfaire de ce môme sans y voir un affront !

Et pourquoi se serait-il débarrassé de ce bougre-là sur les imprécations d’une vieille folle ? A peine plus gras que les rares pourceaux survivants du domaine, il ne devait pas leur coûter bien cher à nourrir, comparé à la truie qui l’empoignait en vagissant. Il remplissait ses tâches, à une époque où les raisins pourrissaient sur leurs plants noueux, faute d’esclaves assez vaillants pour s’y pencher. On avait beau jouer du fouet, les langues claquaient plus durement encore. Intarissables, calomnieuses, elles trouvaient dans chaque dialecte un mot pour désigner le drame qui se jouait, un mot qui courait sur toutes les lèvres, quelque soit le dieu auquel on le dédiait.

Malédiction. Malédiction.

L’hiver avait été éblouissant de blancheur. La neige avait fondu comme un linceul déchiré et, depuis, ils n’avaient fait que vivre sur une terre engorgée telle une chair tuméfiée. Les bêtes mouraient comme de l’argile fondu, leur sang boueux jonchant la terre délaissée par un printemps capricieux. Les hommes périssaient ou fuyaient, les femmes se perdaient en prières monotones et lugubres. Aucun dieu n’apaisait les souffrances des malheureux dont la peau se teintait d’écarlates ou de noirâtres ecchymoses, qui les envoyaient voguer sur le Styx.

Mais Zéphyrin refusait de croire à des absurdités de bonne femme. Si les dieux d’Olympe avaient voulu la vie de ce morpion, ils n’auraient pas eu grand peine à la ravir. Les deux tiers des têtes du domaine, tant hommes que bêtes, avaient déjà succombé au courroux divin. D’un geste agacé et d’une pique bien sentie, il les envoya tous deux se faire pendre ailleurs, et la tigresse dépitée lâcha sa proie qui détala sans demander son reste.

Titubant à demi, le jeune garçon courut jusqu’à en perdre haleine, manquant de peu de se rompre le cou à plusieurs reprises. Dès qu’il fut certain d’avoir semé Argyrie, il s’engouffra dans une coursive étriquée. La vieille folle l’avait peut-être retardé, mais le dessein des dieux n’admettait pas de contretemps.

Car Ellias avait entendu les rumeurs funestes qui couraient sur son compte. Que lasse d’apprêter les défunts, sa génitrice s’était donnée à l’un d’eux, mettant au monde l’abomination qu’il était aux yeux de beaucoup. Zephyrin s’était tordu de rire à cette annonce, refusant de croire qu’un mort pût encore avoir la trique.

Ellias n’avait cure de la vérité. Seule importait une certitude : la mort ne l’effrayait pas. Il était né avec elle. Elle assombrissait les regards à son approche, perdurait dans les murmures qu’engendrait son passage. Lorsque les bêtes mouraient, éructant dans une mare de sang, fixant l’éternité de leurs yeux égarés, il ne courait pas se terrer dans un temple. A quoi bon prier Déméter de leur prodiguer ses bontés, alors qu’elle-même avait cédé sa fille au seigneur des Enfers ?

Envoyé pour nettoyer les champs macabres, il avait ramassé la terre souillée, viscères visqueuses d’un monde souterrain, qui ne se délitaient qu’en grumeaux d’un rouge trop sombre. Il avait vu les rictus moqueurs de ceux qui le poussaient sous le regard des Dieux, avec l’espoir qu’il subît ce même sort ignoble et se trémoussât sur ce sol glabre et vicié, saigné par dedans.

Glissant une main dans son sac de toile grossière, il sentit la terre encore humide sous ses doigts. Allant par des chemins désertés, il répandit sa macabre semence au détour des couloirs, maculant non sans ironie les phallus esquissés de mosaïques décrépies, noyant de sang gluant les rêves de prospérité de ce domaine flétri.

Déjà, une boursouflure noirâtre rampait sous son poignet, mais son esprit errait à des lieues de là. Jusqu’aux frontières de l’Erèbe, où il poursuivrait sa sinistre besogne.
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Krapoutchniek le 22 mars 2010 à 10:11:16
Et ça a marché. Pas un seul instant je n'ai pensé à toi pour ce texte. C'est très loredanien. Donc bon, c'est glauque à souhait, et ça, c'est très bien  :mrgreen:
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Verasoie le 22 mars 2010 à 14:52:02
Citer
« C’est lui ! C’est lui ! » s’époumonait Argyrie, traînant le môme comme un vulgaire ballot. Sa voix stridente, presque hystérique, se fracassait sur les murs délabrés.

À ce moment là le texte avait déjà eu raison de moi  :mrgreen: Enfin la voix qui se fracassait, ça m'a trop marquée ; l'image a sûrement déjà été utilisée mais je la trouve quand même TROP BIEN.

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La neige avait fondu comme un linceul déchiré

J'aime aussi

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terre engorgée comme une chair tuméfiée. Les bêtes mouraient comme de l’argile fondu,

deux fois "comme"

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Mais aucun dieu n’apaisait les souffrances des malheureux dont la peau se teintait d’écarlates ou de noirâtres ecchymoses, qui les envoyaient voguer sur le Styx.

Mais Zéphyrin refusait de croire à des absurdités de bonne femme.

Les deux "mais" sont relativement éloignés et ça fait pas trop répétition, mais je pense quand même que le deuxième pourrait être enlevé.



N'empêche c'est fou, parce que même quand tu bâcles un texte, tu as un style assuré, confiant, enfin c'est l'impression que j'en ai. Comme si tout le vocabulaire et les tournures atypiques te venaient sans effort  :mrgreen:

Par contre la première fois que je l'avais lu, j'ai eu du mal à bien voir qui était Zéphyrin. À "Juge émérite mais non zélé, " je croyais que "juge" était une de ses caractéristiques et pas sa fonction, en fait, et après j'étais perdue, mais cela ne tient peut-être qu'à moi ^ ^ bravo en tout cas !
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: ernya le 22 mars 2010 à 16:21:05

 
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La poussière frissonnait sous l’assaut, des pans de granit craquelés menaçaient de se rompre comme las de contempler cette rage sourde, si terriblement vide de sens.
je trouve que "si terriblement" c'est lourd, enfin j'accroche sur cette fin de phrase

Citer
La tension augmenta d’un cran dans la demeure suffocante qui, telle une viande trop faite, n’attendait plus qu’un frémissement pour se fendre sur ses entrailles nauséabondes.
euh... pas compris :-[

Citer
Comme si le premier parmi les Dieux avait pu se satisfaire de ce môme sans y voir un affront !
aurait, non ?

C'est horrible, j'ai encore l'impression de voir Loredan caché en tapinois sous certaines phrases

Je trouve qu'il manque une fin. Je sais pas trop pourquoi, c'est juste une impression. A part ça, j'ai bien aimé, je l'ai trouvé très bien écrit, il y a pas mal de phrases que j'aime bien et si jamais t'as voulu imiter Lo', ben bravo, parce que j'ai foncé dans le mur :huhu:
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Fuse le 23 mars 2010 à 18:26:45
Pour ma part, j'ai pris un plaisir sincère à lire ce texte riche et dense.   

J'ai particulièrement aimé les descriptions, parfaitement maîtrisées et d'une grande justesse. Il en émane un parfum lugubre, rehaussé par la prégnance de ton style ciselé. Je ne saurais comment l'exprimer, elle insuffle au texte une espèce de souffle puissant et tragique qui sied à merveille au cadre de Grèce Antique.

Non, sincèrement, je ne vois pas quelles critiques (aussi constructives dussent-elles être) je pourrais formuler à l'encontre de cette nouvelle qui m'a conquise. Peut être un manque de lisibilité à quelques reprises, enfin c'est plutôt que le texte requiert une certaine concentration ^^

 
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Kathya le 23 mars 2010 à 21:31:17
Merci à tous pour vos commentaires. ^^

@Krapoutchniek : Mais vu de l'extérieur, c'est très drôle de voir que pour beaucoup, texte glauque renvoie obligatoirement Lo' ou Vera' ^^
(Et même quand les premières réponses du blindtest montraient que c'était pas ça !  :D)

@Verasoie :
Ah ? Merci. Pourtant quand j'ai écrit cette phrase, j'étais à moitié morte de rire. Je me disais "Nan, si je commence à laisser entendre que tout s'effondre parce qu'on parle trop fort dans la pièce, ça va jamais être crédible." En fait j'étais franchement pas convaincue de pouvoir écrire un truc glauque au départ.  :D

J'ai changé un "comme" en "telle", c'est petit comme modification mais j'ai pas le courage de reformuler tout le texte pour tasser les comparaisons. J'ai viré le premier "mais", j'ai tendance à en laisser traîner plus que de raison quand j'écris vite.

A force de faire du jeu de rôle, j'ai une tendance à écrire vite et sans me relire - même si normalement j'écris pas du tout dans le même état d'esprit quand j'écris une nouvelle. Après je "triche", j'ai des tournures atypiques qui me sont typiques donc je me les interdis quand elles me reviennent trop souvent.  ::)

Pour Zéphyrin, tu avais bien compris la première fois, il est "juge" qu'au regard des circonstances, sinon c'est le
maître des lieux bien que vu le contexte ça soit pas très prestigieux.   ><

@Ernya : Je tiens à ce "si terriblement vide de sens". J'ai conscience qu'on pourrait enlever le "si". Mais je l'aime bien.  ><
Je me souviens avoir déjà changé la phrase une fois mais je ne me souviens plus à ce que j'avais mis avant.  ::)

Pour la description euh... Il fallait comprendre un truc genre, pullulation bactérienne, accumulation de gaz...  
(Je devais être hantée par une photo de saisie de viande pour gangrène gazeuse je suppose. x'D)

Et oui "avait pu" ça va pas... J'ai mis "pouvait", car "aurait pu" aurait convenu si c'était "comment..." et là c'est "comme si"... Enfin je sais pas, je crois que tous les temps sonnent bizarres dans ce bout de phrase.  ><

Pour la fin... je sais. .__.
C'est qu'il se faisait tard et que je devais envoyer le fichier....  :P Oui, je sais ce n'est pas une excuse. J'avais hésité entre plusieurs fins, dont une où il allait clairement tuer le fils de Zéphyrin, héritier en titre du domaine, mais ça m'obligeait à faire des digressions à rallonge alors que je voulais faire un texte court. J'avais aussi une fin à la "mouhahaha de toute façon je serais le seul survivant", et j'ai choisi la fin qui n'en est pas vraiment une, mais qui restait dans l'état d'esprit du texte, vu qu'au final tout ce que font les personnages... n'aboutit à rien.

Mais je suis absolument pas satisfaite du passage avec la fuite d'Ellias, mais bon, j'espère retrouver le temps d'écrire correctement le mois prochain. o/

Et sinon, non j'ai pas voulu imiter Lo'.  :D
Faut croire que beaucoup confondent nos styles car je me souviens qu'on voulait déjà lui attribuer mon texte au premier blindtest alors que c'était un truc mièvre et qu'il participait pas.
(A force, on va finir par m'attribuer le texte glauque de Lo' du prochain blindtest.  :P)

@Fuse :
Merci. ^^
Et bienvenue au passage ! *flemmarde qui ne prend pas le temps de lapider les nouveaux de questions à leur arrivée...*
D'autant plus que quelqu'un qui a lu la sève et le givre, le château de Hurle et dort avec un oreiller ET un traversin ne peut pas être foncièrement mauvais. =p
Ce compliment me va droit au coeur, car je gérais bien plus le sujet des maladies moches (j'ai même respecté l'étiologie...) que celui de la Grèce antique ou du glauque. ><
Pour les phrases peu lisibles, je m'en excuse, vu que je ne retoucherai sûrement pas ce texte, en ayant déjà d'autres en attente...  ::)
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Matt le 26 mars 2010 à 19:25:27

Je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est que je suis toujours bluffé que ce soit toi qui aies écrit ce texte. Il est agréable à lire et surtout très bien écrit. Ce qui me fascine dans ce texte c'est tout ce qui tourne à la mythologie, un monde où l'on va souvent puiser son inspiration par ses mythes et ses légendes.

Très chouette !  ^^
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Kathya le 27 mars 2010 à 21:03:00
Merci. ^^

J'ai toujours aimé la mythologie, même si ça fait un moment que je n'en ai pas lu, j'ai dû en oublier pas mal. Mais je suis tout à fait d'accord pour l'inspiration même si je me suis interdit de trop dévier sur ce texte, que j'essayais de ne pas trop allonger... ::)
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Jezy le 30 mars 2010 à 14:24:20
Citer
La tension augmenta d’un cran dans la demeure suffocante qui, telle une viande trop faite, n’attendait plus qu’un frémissement pour se fendre sur ses entrailles nauséabondes.
L'image est particulièrement dégoûtante ! Mais j'aime l'image, ca me fait penser au style Stephen King ^^ and I love it !
Après lecture, je constate que ce type de description perdure, et c'est bien (dit-elle un rictus sadique aux lèvres).

Citer
Aucun dieu n’apaisait les souffrances des malheureux dont la peau se teintait d’écarlates ou de noirâtres ecchymoses, qui les envoyaient voguer sur le Styx
.
référence à une lépre quelconque ?

Citer
A quoi bon prier Déméter de leur prodiguer ses bontés, alors qu’elle-même avait cédé sa fille au seigneur des Enfers ?

Joli ! Autant pour la forme, belle phrase, que pour la véracité du fait. Et le placer ici, comme ça, c'est finement joué ! (en tout cas, c'est pas moi qui y aurait pensé).

Juste pour être sûre, c'est lui en fait qui propage la maladie en répandant la terre partout ?
Sale gosse !!!
En tout cas j'ai beaucoup aimé, l'histoire est concise juste comme il faut, et j'aime bien cette façon d'écrire, un peu gore, un peu cru, mais avec un vocabulaire très élaboré en même temps... je trouve que ça va pile poil avec le contexte.
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Kathya le 30 mars 2010 à 18:48:24
Merci d'avoir commenté ! ^^

Au moins je suis rassurée, mon texte était assez glauque.  :D

Pour la maladie, à la base, il s'agit de la fièvre charbonneuse. (Maladie qu'on trouve un peu partout, même si je ne peux pas affirmer qu'elle sévissait dans la Grèce antique...  ::))

Et donc, la maladie se propage autant par l'action d'Ellias que par sa persistence "naturelle". C'est une bactérie dont les spores résistent extrêmement longtemps dans le sol (de l'ordre du siècle) donc il suffit pas d'attendre un peu pour qu'elle disparaisse.
En France, cela donne des pâtures inutilisables, qu'on appelait des "champs maudits".
D'où l'idée du titre, j'avoue.  ><
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Jezy le 30 mars 2010 à 19:36:54
Hé ben ! T'es au courant !

T'as trouvé ça où ?
Papa fermier ?
Cours d'histoire-géo hors du commun ?
Soirée wikipédia ?
Extrait du grand zapping ?
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Kathya le 30 mars 2010 à 20:19:51
Non j'ai juste eu des cours sur toutes les maladies affreuses du monde animal et a fortiori sur les bactéries vraiment pas drôles qu'on peut trouver sur notre belle planète. :D

Après, j'aurais pu inventer une maladie moche sans rien n'en dire, personne ne serait aller vérifier.  :P
(Mais bon, j'aime pas mettre des bases "scientifiques" pas plausibles dans des textes supposés l'être...)
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Jezy le 30 mars 2010 à 20:23:16
J'imagine les "heurk" qui ont du ponctuer le cours ^^

En tout cas bien joué ;)
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Kathya le 30 mars 2010 à 21:11:23
C'était pas tant dégoûtant que déprimant ce genre de cours.  :D
Au bout de quelques cours, j'ai rapidement réalisé qu'en fait, la peste c'était plutôt gentil. (Surtout avec des antibiotiques...)

Merci. ^^
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: pehache le 31 mars 2010 à 18:54:32
« si terriblement vide de sens », j’ai trouvé ça superflu ou pas assez « fort », dans un passage qui, lui, me semblait bon.
« telle une viande trop faite, »Abus de comparaisons, à mon avis.


« Dans ce théâtre en ruine où il n’était qu’un acteur impuissant, le gamin s’égosillait, » Dans ce théâtre en ruine, il n’était qu’un acteur impuissant, un gamin qui s’égosillait, (m’aurait semblé plus léger)
« De chair, il n’avait rien de trop », (bof)
« Gigotant tel »(encore une comparaison, remarque, c’est un goût très personnel qui me pousse à trouver la comparaison lourdingue. Je préfère les métaphores, plus directes, plus mystérieuses aussi.)
 
« Juge émérite mais non zélé, Zéphyrin foudroyait d’un regard torve[Qui est oblique et laisse paraître une intention sournoise ou malveillante »… Bref : foudroyait Et torve, ça me gêne.
 
« Et pourquoi se serait-il débarrassé de ce bougre-là » (Bougre ? es-tu sûre du sens du mot ?)
 
« L’hiver avait été éblouissant de blancheur ». (bof)
 « La neige avait fondu comme un linceul déchiré »(comme…)
 « et, depuis, ils n’avaient fait que vivre sur une terre engorgée telle »(telle) une chair tuméfiée. Les bêtes mouraient comme(comme) de l’argile fondu, leur sang boueux(bof) jonchant[ joncher signifie recouvrir, le sang tâche, il ne recouvre pas)
« Titubant à demi, le jeune garçon courut jusqu’à en perdre haleine »,(jusque ?) « manquant de peu de se rompre »(de ?)
« cette annonce, refusant de croire qu’un mort pût encore avoir la trique. »Là, tu m’as séché !
« Seule importait une certitude : la mort ne l’effrayait pas. »(la formulation me semble faible).
Avis général : c’est plutôt pas mal, j’ai un peu souffert de l’abus (à mes yeux) d’adjectifs et de comparaison.
Titre: Re : Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: pehache le 31 mars 2010 à 18:55:36
Merci d'avoir commenté ! ^^


Pour la maladie, à la base, il s'agit de la fièvre charbonneuse. (Maladie qu'on trouve un peu partout, même si je ne peux pas affirmer qu'elle sévissait dans la Grèce antique...  ::))


La "peste "d 'Athènes ?
Titre: Re : [Blind Test] Malédiction
Posté par: Kathya le 31 mars 2010 à 21:43:30
Euh, non, car la peste d'Athènes, apparemment, ça serait plutôt le typhus.

(Et pour ma nouvelle, je voyais pas du tout la scène se passer dans quelque chose d'aussi important qu'une grande ville surpeuplée, mais vraiment dans une campagne reculée... ^^)