Help ! besoin d'un titre ! besoin d'avis ! texte à envoyer au plus tard le jeudi 25, dans 8 jours.
Voilà, l'essentiel est dit :-¬?
Désolé de ce coup de forces, et c'est pas bien grave si vous ne venez pas tel un essaim d'abeilles à la vue d'un... bon enfin bon bon voilà.
M'suis inscrit comme ça à l'AT ("concours") "Des mots pour voir", et lundi dernier ils m'ont envoyé un mail genre "il vous reste dix jours". Soit xD Du coup ça m'a relancé.
Les contraintes : écrire un texte de 750 mots maximum (il en fait 748 :mrgreen:) à partir d'une des nombreuses photos mises en ligne, toutes assez glauques il faut bien l'avouer, et insérer dans le texte la phrase de légende de ladite photo. Il faut se référer à l'acte photographique, càd que la photo ne doit pas seulement être une source d'inspiration : il faut que dans le texte la photo sur laquelle on s'est fondé soit présente.
Du coup, j'ai parfois pris des expressions et une façon de raconter propres à un texte que j'ai commencé y a quelque temps et qui n'est pas encore fini. Je pense pas que ce soit très similaire à ce que je fais d'habitude. Voilà BON je vais pas épiloguer des heures;
La photo est ici (http://www.imageimaginaire.com/php_ii/html_notice.php?annee=2009&id=33233&site=imageimaginaire&Notice=1&id_texte=33233&src=vg) (regardez-la peut-être après ? comme vous voulez).
En fait, Version finale ici (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=2954.msg50354#msg50354).
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Je suis allé au fond des bois. Je suis allé au fond des bois et j’ai trouvé de grands buissons fourrés de baies brillantes. J’en suis reparti avec le contour de la bouche tout taché. C’était l’été et le soleil parsemait la forêt de larges taches de lumière, il n’y avait pas de vent. Le lendemain j’ai voulu retourner dans le petit bois et le père me l’a défendu. Le père m’a dit : « N’y va pas. » Je suis resté dans ma chambre. Le soir, alors que la soupe était épicée et me brulait la langue, le père m’a dit : « Une fille est morte là-bas. » J’ai gardé la tête penchée sur mon bol fumant, ça ne me faisait rien, je ne la connaissais pas. « Est-ce qu’on la connaissait ? » Le père finissait déjà son bol et c’était à entendre un bruit de bouche de vieillard. « Non, nous ne connaissons personne. »
J’ai du mal à me rappeler des choses. C’est pour ça qu’on est venus s’installer dans la campagne, le père et moi. Pour m’aider à porter attention à des beautés simples. J’avais oublié. Après le repas, il m’a montré une photo, les angles étaient cornés mais elle semblait récente. « C’est la fille ? » Il m’a regardé bizarrement, normalement je ne parlais pas. Il m’a tendu le journal. Il y avait la même photo. Je n'ai pas compris. « Une jeune paysanne a été retrouvée noyée dans un ruisseau du Lys. Elle portait cinq bagues de diamants aux quatre doigts de la main gauche. » C’était écrit. Ça ne voulait rien dire.
J’étais seul le lendemain ; l’autre était à des lieues, ayant ses affaires. Je suis retourné dans les bois. Le gravillon blessait mes pieds, j’avais oublié d’enfiler mes chaussures en partant, finalement j’ai quitté le sentier. Une ombre errait à travers les sous-bois. C’était elle, ou un chasseur, ou un chevreuil, je me disais. Il fallait que je voie.
Elle est là, allongée sur la petite grève, le soleil tombe sur sa robe. Endormie dans une position étrange, elle aura des douleurs en se réveillant. L’eau claire distrait ses cheveux noirs. Nénufar. Née nue, fard. Nénufar dans ses cheveux. Nénufar de cheveux. Face contre terre. La main plaquée contre la vase, la main qui brille comme un astre. Une échancrure dans sa robe légère. J’en ai envie. Elle est belle. Elle ne montre pas son visage et peut-être bien qu’elle n’en a pas, que collé à la vase il n’y a qu’une béance effrayante. Son petit pied tendu vers moi. Pressant ?
Ce n’était que la photo. Devant moi le lit du ruisselet était vide, elle n’y dormait plus. J’ai cherché un éclat dans la vase. Ils avaient pris les bagues aussi. Elle les avait aux doigts. Toutes à la même main.
Viens manger dans ma main
Du raisin de l’herbu du rubis
Viens songer dans la main du Malin.
Elle n’avait qu’à choisir la droite. Elle est morte maintenant. Et j’ai toujours envie. J’aimerais la retrouver.
« Tu sais, c’est moi qui l’ai tuée. » Le potage était salement tiède. Avec un gout de fonds d’artichaut. « C’est parce que je ne suis pas normal ? » Encore une fois il m’a jeté un regard de travers, c’est vrai que je ne parlais pas tant, avant. C’est comme ça. C’est la fille et ce pied tout découvert, je ne m’en sors pas. « C’est pour ça, la photo. » Comme ce n’est pas une question, ça le rassure, le père, et sa moustache cesse de trembler.
Mais pourquoi les bagues. Dans la nuit j’ai demandé au père, il était dans son lit et devait dormir, il m’a insulté, je me suis recouché, gardant l’œil ouvert, c’était entendu pour la fille, il l’avait tuée pour ne pas qu’elle raconte ce que je lui avais fait – mais elle avait semblé d’accord au début, et ça m’avait perdu de la voir d’un coup effrayée comme ça –, mais je ne comprenais pas les bagues. Finalement je revins par détours au fond des bois et je me dis qu’ils s’étaient trompé, ce n’étaient pas des bagues, ce n’étaient que des baies, de grosses baies charnues et sucrées qu’elle avait cueillies pour moi. C’était étrange qu’elle ait fini dans ce ruisseau, perdant son jus son jus de sang, tandis que les petites boules restaient intactes. Ou elle les avait écrasées, il faudrait demander au père, écrasées dans sa petite main du diable.