Salut, voici mon premier texte que je poste sur le forum. Je l'ai écrit pour un atelier où le sujet était de faire une description d'un personnage en rendant compte des sentiments de celui qui faisait la description.
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Son regard fixait encore et encore la feuille blanche. Il se refusait de le porter ailleurs, au risque de voir la poubelle remplie de ses derniers essais. Son stylo tournoyait entre ses doigts. Sans que cela ne dissipe sa frustration grandissante.
Pourquoi n’arrivait-il pas à la décrire ?
Il ferma une nouvelle fois les yeux. Son regard de saphir lui apparut clairement brillant d’ironie et de malice. Il semblait lui chuchoter : « Tu te penses mon créateur et pourtant, tu ne peux m’écrire ».
Ses yeux se rouvrirent. Il posa la pointe de son stylo sur la feuille pour écrire ce regard qui le fixait. Mais il ne sut mettre, ni la couleur ni l’intensité de ce dernier en mot. Si seulement il avait su peindre ! Il l’aurait dévoilé à l’aquarelle. Il aurait dessiné ses grands yeux, ce regard intense, quelque peu moqueur, comme l’océan un jour venteux d’été. Il aurait pu combiner tous les bleus, les verts, les gris pour rendre hommage à ces bijoux qui le fixaient encore et encore. Mais il ne savait qu’écrire...
Pourtant, ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’il écrivait ! Il avait su écrire ses mésaventures ! Mais elle…
Il n’arrivait pas à la rendre comme elle lui apparaissait. Elle n’était pas le personnage trop parfait et trop lisse de ses premiers essais. Elle était bien plus qu’un simple mannequin, un canon de beauté. Si on pouvait dire qu’elle avait des défauts, ce n’était que pour la servir. Mais elle n’était pas non plus ce personnage morne et banal ayant vu le jour sous son stylo. Elle avait quelque chose en plus qui la rendait si particulière. Quelque chose qui lui échappait encore et toujours.
Son stylo s’arrêta un instant entre ses doigts crispés. Il semblait presque essoufflé. Il se leva brusquement, faisant sursauter son chat. Il ignora son regard noir, se remplit un verre d’eau. Soudain, il se redressa, renversant la moitié de son verre. Mais le temps qu’il arrive à son bureau, les mots avaient fui, de nouveau, déserté.
Il entendait son rire à travers ses fines lèvres couleurs fleur de cerisier : « Bah alors, toi qui te veux mon dieu, tu te reposes, bien avant le septième jour, avant de m’avoir finie ». Il n’avait pas non plus su écrire son rire tel qu’il l’entendait. Ce n’était pas un joli rire carillonnant, il n’était pas particulièrement harmonique. Pourtant, il était sincère et lui réchauffait le cœur. Comme sa voix d’ailleurs. Elle était légèrement plus grave que celle d’une femme et pourtant toujours pleine de vie et d’humour.
Nouveau soupir. Sa corbeille se remplissait plus vite que sa feuille et la lumière déclinait déjà. Il aurait pu abandonner depuis longtemps, mais pourtant, il voulait vraiment lui donner vie. Elle qui l’avait longtemps soutenu. Elle était toujours là, en lui, pour le soutenir dans les moments difficiles.
Il aimerait pouvoir écrire ce corps avec de légères rondeurs qui ne la rendait que plus humaine, son visage toujours souriant et convivial. Son nez légèrement tordu, souvenir d’un temps où elle était casse-coup. Sa démarche toujours rapide sans pour autant paraître pressée. Mais aussi son caractère positif, un rien trop moqueur, mais toujours tourné vers les autres. C’était le genre de personne qui avait toujours le bon mot pour nous réconforter, nous faire rire. Débordante d’une énergie peut-être un peu trop communicative : on ne pouvait se sentir fatigué à ses côtés. Elle insufflait toujours un sentiment de bonheur, de bien-être. On voulait être avec elle pour le restant de nos jours.
Mais pourquoi ne pouvait-il mettre tout cela en mots ?
Il ferma une nouvelle fois les yeux. Son regard de saphir lui apparut de nouveau clairement. Mais cette fois-ci, il ne se moquait pas, la malice avait disparu. Il sut alors qu’il avait trouvé.
« Merci » chuchota-t-elle une dernière fois.
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suite aux conseils, quelques corrections orthographique ont était faites et j'ai enlevé "lambda" car en effet sa marche mieux sans dans " Elle était légèrement plus grave que celle d’une femme lambda"
J'ai également suivis la majeur partie des conseil de Chapart.