Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: BenjaminJaval le 23 Août 2018 à 22:49:20
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Le Bateau sans voiles
J'ai fui la terre
Et ses enfants
Pour voir l’éther
Dans son lit blanc
J'ai chahuté
Passé des bords
Le ressac est
Un grand tronc d'or
La vague dans
Son drap d'écume
Portait aux dents
Ma coque brune
Ô c'est dont ça
Les traits d'azur
L'océan las
La démesure
Les sels, les sons
Pleurs et relents
A l'unisson
S'amourachant
Langueurs amères,
Doucereux chants,
Plaintive mer ;
Opéra lent
Une sirène
Appelle fort
C'est une Seine
C'est une flore
Meurtrie de Lune
Au poignet droit,
Ivre, qu'illune
Ah ! L'air adroit
Sa peau lactée
Et ses cheveux
Longs, éclatés
Brisaient mes yeux
Ulysse au cœur
J'ai ouï les flots
J'ai ouï leur chœur
J'ai ouï l'écho
Ces flots dansaient
Plus que coutume
Je me sentais
Comme une brume
Là, mon esquif
A pris sa peine
Loin des récifs,
De la sirène
Alors le vent
M'a emporté
A rythmes lents
Hors de portée
Des illusions
Qu'on a en l'eau
Près des succions
Des longs halos
J'ai vu s'éprendre,
Opalescents,
Dans les méandres
Des cieux baissant
Les boursouflures
Hallucinées
D'éclaboussures
Bleues et nacrées
Des caravanes
D'yeux cramoisis
Plaine océane
De joailleries
Bercé longtemps
Par le roulis
Des sourds autans
Ô j'ai dormi
De ces sommeils
Sans nulle trêve
Rideau vermeil
Rêve sur rêve
Où tout se tord
Où tout éclate
Ô fi du port
Nuits écarlates
Enfin j'ai bu
A même l'air
Les embruns nus
Pluie de lumière
Le goût de sel
Léchait mon cœur
Un carrousel
Plein de rancœur
Rien ne restait
Après que l'onde
(Ô, majesté)
Ait eu le monde
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À, Rimbaud, quand tu nous tiens !
Car il y a du Rimbaud qui flotte par endroits comme une brume matinale sur l'étrave de ce bateau. Je ne dis pas cela de façon négative, loin de là, car il y a dans ce poème de 23 quatrains (Arthur en avait composé 25, je crois) de très beaux passages et surtout un travail réussi sur les sonorités. Souvent, dans un poème je renonce au sens pour m'encenser du son… quand il n'y a ni l'un ni l'autre, ni sens, ni son, je licencie l'essai. Rien de tel ici. J'ai cessé de sucer le sens et me suis vautré dans l'harmonie.
PS : merci de bien vouloir excuser les erreurs orthographiques, mais…
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Trés joli poème et effectivement un magnifique travail sur les sonorités ! J'ai relevé mes trois quatrains préférés. A noter d'ailleurs quand dans les trois cas, le dernier vers sont pour moi porteur d'images fortes. Bravo à toi.
Langueurs amères,
Doucereux chants,
Plaintive mer ;
Opéra lent
Alors le vent
M'a emporté
A rythmes lents
Hors de portée
Rien ne restait
Après que l'onde
(Ô, majesté)
Ait eu le monde
Aller sinon petit bémol pour moi (c'est le seul) : je butte sur la sonorité de "Un grand tronc d'or". Cela me fais l'impression que ce vers n'est pas à sa place.
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Bonjour, il y a de belles images dans ton poème.
Je bute aussi sur ces deux vers :
"Le ressac est
Un grand tronc d'or" surtout pour leur signification.
le ressac peut effectivement garder l'eau et objets prisonniers...
une petite suggestion si tu permets je verrai bien :
dans le ressac
sont mes remords.
après c'est subjectif ;)
"La vague dans
Son drap d'écume
Portait aux dents
Ma coque brune" j'aime bien même si le sens vague drap d'écume et portait au dents peu faire bizzare.
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Dis donc on a en commun l'amour de la mer ;).
Magnifique poème… et c'est vrai un beau travail sur les sonorités (pas facile quand c'est à la fois si court et que l'on doit tenir la distance.
Merci ;).
Alopex
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À, Rimbaud, quand tu nous tiens !
Car il y a du Rimbaud qui flotte par endroits comme une brume matinale sur l'étrave de ce bateau. Je ne dis pas cela de façon négative, loin de là, car il y a dans ce poème de 23 quatrains (Arthur en avait composé 25, je crois) de très beaux passages et surtout un travail réussi sur les sonorités. Souvent, dans un poème je renonce au sens pour m'encenser du son… quand il n'y a ni l'un ni l'autre, ni sens, ni son, je licencie l'essai. Rien de tel ici. J'ai cessé de sucer le sens et me suis vautré dans l'harmonie.
PS : merci de bien vouloir excuser les erreurs orthographiques, mais…
Bonsoir, merci pour ce retour si enthousiaste, Rimbaud bien sûr, à tel point que ce poème n'est presque qu'à lire que comme un hommage, un essai, et pas comme un poème véritablement indépendant ; le son avait évidemment une place toute particulière.
Merci encore pour votre retour
Bonne soirée
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Bonjour, il y a de belles images dans ton poème.
Je bute aussi sur ces deux vers :
"Le ressac est
Un grand tronc d'or" surtout pour leur signification.
le ressac peut effectivement garder l'eau et objets prisonniers...
une petite suggestion si tu permets je verrai bien :
dans le ressac
sont mes remords.
après c'est subjectif ;)
"La vague dans
Son drap d'écume
Portait aux dents
Ma coque brune" j'aime bien même si le sens vague drap d'écume et portait au dents peu faire bizzare.
Bonsoir, "Le ressac est/Un grand tronc d'or" fonctionne sur une métaphore pas vraiment évidente, qui joue sur "pont d'or", le tronc devenant le pont, c'est peut-être un peu alambiqué, mais c'est drôle souvent ce sont ces deux vers que les gens à qui je l'ai fait lire préfèrent.
Et décidément tu attaques toutes mes images préférées, les dents des vagues, moi j'aimais bien l'idée.
Bonne soirée
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Dis donc on a en commun l'amour de la mer ;).
Magnifique poème… et c'est vrai un beau travail sur les sonorités (pas facile quand c'est à la fois si court et que l'on doit tenir la distance.
Merci ;).
Alopex
Bonsoir, merci pour le retour, les sonorités venaient bien avec ce schéma, la longueur m'a permis de m'amuser.
Bonne soirée
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Trés joli poème et effectivement un magnifique travail sur les sonorités ! J'ai relevé mes trois quatrains préférés. A noter d'ailleurs quand dans les trois cas, le dernier vers sont pour moi porteur d'images fortes. Bravo à toi.
Langueurs amères,
Doucereux chants,
Plaintive mer ;
Opéra lent
Alors le vent
M'a emporté
A rythmes lents
Hors de portée
Rien ne restait
Après que l'onde
(Ô, majesté)
Ait eu le monde
Aller sinon petit bémol pour moi (c'est le seul) : je butte sur la sonorité de "Un grand tronc d'or". Cela me fais l'impression que ce vers n'est pas à sa place.
Bonsoir, merci pour ce gentil retour, pour le tronc d'or j'en parle dans un autre commentaire.
Bonne soirée
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Ce n'est pas mon genre, de si peu m'attacher au sens et d'effleurer les images. Je suis étonnée, c'est que les sonorités m'ont fait lâcher prise. On est pris dans un bateau porté par des vagues de sonnores. Pour moi, c'est un poème à chanter.
Au plaisir de te lire encore,