Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Krapoutchniek le 04 Mars 2010 à 11:48:24

Titre: [Blind test] L'île du Docteur Von Prunik
Posté par: Krapoutchniek le 04 Mars 2010 à 11:48:24
Je suis aussi. C'est donc un texte que j'ai écrit spécialement pour le blind test (1ère édition). Comme je l'ai dit sur le topic du blind test, j'étais donc en plein dans Resident Evil 5 et j'ai donc écrit ce texte, qui le parodie légèrement, ainsi que l'île du docteur Moreau (et un peu Indy :p ). Ce n'est pas mon meilleur, loin de là (enfin, je crois) mais c'était tout de même amusant de l'écrire  :mrgreen:











Le petit canot rebondissait au rythme des vagues, tandis qu’il s’approchait de l’île. Le « Mer promise » était amarré à moins d’une encablure de la côte. La crique avait été aménagée de telle sorte qu’aucun bateau ne puisse y pénétrer et c’est pourquoi les provisions étaient alors déchargées par canot. Stewart contemplait l’océan. Mais aussi loin que se portait son regard, il ne voyait que de l’eau grise et la tempête qui se préparait. La pluie le surprit avant même qu’il n’ait le temps de poser un pied sur la plage et c’est en courant que les marins déchargèrent les canots. Sans même échanger un dernier mot, ils reprirent la mer après avoir débarqué la valise de Stewart et le bateau s’éloigna dans la nuit. Stewart prit ses affaires et s’enfonça au centre de l’île. De temps en temps, un éclair lui montrait le chemin à travers la forêt. Il apercevait aussi parfois des animaux et il vit également un être étrange, qui le fixa quelques secondes avec deux gros yeux rouges avant de disparaitre parmi les buissons.

La peur au ventre, Stewart essuya ses lunettes, vissa son chapeau sur sa tête et se remit en route. La pluie avait redoublé lorsqu’il trouva les installations. Les tentes ployaient sous les trombes d’eau et les rafales de vent avaient renversé plusieurs grandes lampes qui servaient à éclairer le campement. Seul le bunker semblait insensible aux assauts de la nature et ses froides pierres grises témoignaient de la détermination acharnée du maître des lieux. Stewart s’étonna de ne voir personne dans le camp et il se dirigea vers la grande bâtisse en pierre. Même la porte était ouverte et aucun garde ne la surveillait. Intrigué, il la poussa et dégaina son revolver.

A l’intérieur non plus il ne rencontra personne. Il n’entendit rien d’autre que le vacarme des machines, le vrombissement des moteurs et les hurlements des avertisseurs sonores. Personne ne s’en occupait et les machines tournaient à vide. De plus en plus troublé, il agrippa plus fermement son arme, cependant conscient qu’elle ne le protégerait pas longtemps. Il traversa les bureaux d’un pas hésitant, se retournant sans cesse. Mais les ténèbres étaient partout et elles ne lui livraient pas leur secret. Dans la grande salle, il trouva des éprouvettes vides. Certaines étaient brisées et ses yeux s’agrandirent lorsqu’il lut l’étiquette apposée sur certaines d’entre elles. Il en prit une qu’il mit dans sa poche et il se remit en route.

Soudain, toutes les lampes de la pièce s’éteignirent et une masse le mit au sol. Il tenta de se dégager et par chance, il envoya sa valise à la tête de son agresseur. Ce dernier, encapuchonné d’une longue toge noire, se releva et se sauva. Mais il fit trois pas, se prit les pieds dans son costume et s’étala de tout son long en jurant.

- Qui êtes-vous ? demanda Stewart en pointant son arme sur son assaillant.

L’homme se releva et fit face à Stewart. Il portait un masque vénitien, abimé par la valise. Il émit un rire terrible, sadique, diabolique. Stewart était pétrifié. Ses yeux quittèrent un moment l’homme et il vit derrière lui plusieurs corps inertes, baignant dans leur propre sang. Un éclair déchira le ciel et dévoila un bref instant la longue lame de l’homme à la toge. Stewart posa son doigt sur la gâchette.

- Stop ! cria l’homme.

Stewart s’arrêta, étonné et il vit que l’homme lâchait son arme.

- Ce n’est plus de mon âge ces conneries, lança l’autre. C’est trop lourd.

- Mais… Docteur Von Prunik ? C’est vous ?

- Oui. Vous pouvez m’aider ? J’ai mal partout et j’ai oublié de prendre mes médicaments.

Encore sous le choc, Stewart s’exécuta. Il saisit l’arme du docteur et la fit glisser à quelques mètres.

- Et maintenant, vous allez me dire ce que signifie cette mise en scène ? demanda Stewart.

- Attendez, s’il vous plaît. Attendez que les effets du modificateur de temps se dissipent. Je n’aime pas les orages. Ca me rappelle l’époque où mes grands frères se moquaient de moi parce que je m’enfermais dans mon placard quand il y en avait un.

- De… Quoi ?

- Hein ? Heu, rien, je radote. Venez dans mon bureau, on sera plus à l’aise pour discuter.

Stewart suivit le vieil homme, l’arme au point. Sa méfiance ne l’avait pas quitté et il redoubla de vigilance lorsqu’ils enjambèrent les corps. Ils arrivèrent au bureau du docteur où ils constatèrent qu’un magnifique soleil couchant avait fait place à l’orage. Sans ménagement, Stewart posa une nouvelle fois sa question.

- Hé bien… peu de temps après votre départ pour l’Europe, j’ai commencé à douter, fit le vieil homme. J’ai douté de moi mais aussi et surtout du projet. Tout ça me paraît irréalisable. J’abandonne.

- Vous rigolez ? fit l’autre. J’ai consacré dix ans de ma vie à ce projet et vous, quarante. Que s’est-il passé ?

- Rien ne marche comme il faut. Les sujets que vous m’apportez sont bons mais les résultats sont catastrophiques. Les zombies sont trop abrutis ; ils passent leur temps à jouer à la balle ou à faire des pitreries. Tenez, encore l’autre jour il y en a un qui s’est amusé à mettre du poil à gratter dans le cou des autres. Navrant. A croire que vous vous fournissez auprès d’un cirque. Quant aux créatures… On dirait mon arrière grand-mère occupée à tricoter. Elles passent leur temps à dormir. J’ai mis quinze ans pour les fabriquer. Imaginez ma déception en voyant ça !

- Mais je ne comprends pas. A chaque fois que je suis venu, j’ai vu vos zombies en train de monter la garde, me jaugeant d’un œil sévère.

- Ha, ça. Ils le prennent comme un jeu. Ou alors ils le font parce que sinon ils croient que je vais les engueuler. Ils ont l’âge mental d’un enfant de six ans. C’est désespérant.

- Alors, vous renoncez ? Finis les grands projets ? Finie la domination du monde ? Finies les phrases cinglantes et les rires malsains. Et finis mes sourires de connivence tout en me disant que je vous trahirai un jour ou l’autre ?

- J’en ai bien peur mon cher. Mon armée de zombies ne verra pas le jour, je ne serai pas le maître du monde et jamais un quelconque super-héros n’essaiera de mettre fin à nos machinations plus que douteuses. Mes créatures ne sèmeront pas la terreur et n’obéiront pas à tous mes caprices.

- Donc, vous êtes en train de me dire que je dois renoncer à la conquête du monde et retourner poster des lettres dans les quartiers mal famés de Londres ?

- C’est un peu ça, oui.

- Merveilleux… Mais tout ça ne répond pas à ma question : pourquoi cette mise en scène ?

- Je nourrissais un dernier espoir : essayer de vous faire peur. Mais même ça, ça a raté. Pourtant, j’ai tout fait pour que ça marche : la créature dans la forêt, le camp désert, les machines qui fonctionnent sans personne, les lampes qui s’éteignent, le rire… J’ai même été jusqu’à créer un orage. Même votre look d’aventurier était sensé y contribuer mais non, forcément, ça ne marche pas ! Si j’avais su que dominer le monde était si difficile, j’y aurais sans doute réfléchi à deux fois.

- Donc vous avez massacré tout le monde ?

- Mon dieu, non ! Seulement les zombies. Je serais incapable de faire du mal à un animal. J’ai relâché les créatures. Maintenant, elles errent partout sur l’île.

- Bon, il ne nous reste plus qu’à partir. Mais avant, nous devrons régler deux choses.

- Lesquelles ?

Stewart leva légèrement son chapeau et esquissa un sourire.

- Tout d’abord, il faudra récupérer les munitions et le matériel qu’on a bêtement disséminé sur toute l’île. Vous savez, si quelqu’un venait nous affronter et tuer nos zombies, histoire d’avoir un peu de challenge. Enfin, bref… Et puis ensuite, passez-moi mon fouet. Je vais me faire un safari…
Titre: Re : [Blind test] L'île du Docteur Von Prunik
Posté par: Milora le 04 Mars 2010 à 11:49:51
Pas le temps de le relire (mais je le ferai !), mais j'avais adoré, lors du Blind test. Je sais pas si c'était pas mon préféré, même xD

Titre: Re : [Blind test] L'île du Docteur Von Prunik
Posté par: ernya le 04 Mars 2010 à 12:02:41
ça fait bizarre de les relire en dehors de l'angoisse "qui a écrit ça ?", ça me paraissait vachement plus long la dernière fois...
enfin moi je pensais que c'était un texte de Mil' donc :-[

j'aime bien, c'est assez marrant, mais peut-être qu'il manque une chute dans les derniers mots, je ne sais pas
enfin c'est sympa

*le commentaire vachement constructif ><*
Titre: Re : [Blind test] L'île du Docteur Von Prunik
Posté par: Krapoutchniek le 04 Mars 2010 à 12:04:16
Merci  :-[



La chute n'est pas bonne ? Ca ne m'étonne pas, en ce moment elles tombent plus ou moins à plat =(


J'ai corrigé 2-3 trucs, surtout des répétitions.
Titre: Re : [Blind test] L'île du Docteur Von Prunik
Posté par: Gros Lo le 04 Mars 2010 à 21:00:43


Haha, ça fait très BD en fait. Genre, découvrez dans votre paquet de céréales une aventure terrifiante sur l'île du Docteur Von Prunik.

J'ai cru entendre claquer son fouet à la fin. Sacré Indy, il est partout.

Bien mené ^^
Titre: Re : [Blind test] L'île du Docteur Von Prunik
Posté par: Kathya le 18 Mars 2010 à 16:43:14
Ca me rappelait aussi un peu James Bond contre Dr No, et j'ai trouvé ça marrant avec les grands projets de domination du monde. Je trouve qu'il manque un petit quelque chose à la fin, mais ca reste un texte bien sympathique !  :p

J'avais par contre naïvement suivi l'argument "y a un docteur donc c'est Krap' !".  :D