Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: gage le 18 Août 2018 à 10:28:06

Titre: T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 18 Août 2018 à 10:28:06
Je vois des larves de moustiques tressaillant dans une flaque trouble.

Je vois de la vermine figée dans des plaques d'ambre.

Je vois du blanc d’œuf coagulé dans un bol à fleurs qui montre ses fêlures.








Un jour, à la campagne, je suivais dans ma 4L un tracteur et sa remorque trop pleine. D'un peu près, puisque j'espérais le doubler rapidement, à cause de l'odeur. Un cahot plutôt brutal dans une montée avait suffi à couvrir tout mon capot et mon petit pare-brise rectangulaire d'une généreuse couche de lisier. Je m'étais arrêté sur-le-champ, puis j'avais actionné mes essuie-glaces en pompant rageusement du bout du pied pour faire monter le liquide. Eh bien, c'est exactement la même chose : imaginez ce pare-brise devant vous, vaseux comme une épave au fond d'un canal, en cinq secondes il avait retrouvé sa transparence. C'est exactement la même chose quand "ça" m'arrive. Je vois soudain à travers. Je vois clair.
Quoique cette image soit un peu discutable quand j'y pense parce qu'en fait, parfois, et même trop souvent, quand la transparence se fait, c'est justement le lisier qu'il y a en vous que je vois soudain. C'est là que vous ressemblez le plus à des bocaux. De ronds bocaux à poissons rouges, remplis à ras-bord de toute cette boue que vous cachez, et qui subitement m'apparaît. Vos secrètes moires putrides se déroulent sous mes yeux, dansent comme des écheveaux d'algues molles, tournent sur elles-mêmes, se livrant sans pudeur à mes regards écœurés.

Insupportable.

Il y a longtemps que j'ai appris à m'empêcher.

Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours eu de ces moments de clair-voyance, comme je les appelle quand je suis optimiste. Mes petits amis de l'école maternelle m'apparaissaient alors soudain comme je vois encore aujourd'hui les jeunes enfants si je le désire : de jolies bonbonnières de verre, toutes remplies de petites boules de couleur pastel, nageant en apesanteur et se heurtant mollement au ralenti. Comme l'âme des enfants est belle, simple et colorée ! Il y a bien parfois ici ou là au fond de leurs bocaux de petits gravillons tout durs, mais si prompts à se dissoudre, si éphémères. Je pouvais passer des récréations entières à me repaître de ce ballet multicolore des pensées primaires de mes condisciples, qui m'apparaissaient sporadiquement contre mon gré. Du reste, j'ai longtemps cru que parfois ils me voyaient aussi tout l'intérieur de la même façon.

C'était beaucoup plus terrifiant de percevoir ce que cachaient certains adultes derrière leurs atours chatoyants, souriants et trompeurs. C'est bien à certains d'entre eux que je dois d'avoir très vite essayé de me fermer à cette lucidité involontaire qui pouvait rapidement transformer un simple repas de famille en scène de Grand Guignol effarante.

Au début, je voyais surtout des couleurs. L'oncle Christophe s'avérait, malgré son visage avenant, regorger de pensées visqueuses et brunes. Une mélasse bitumeuse qui le remplissait petit à petit quand il était en présence de papa, et que je craignais toujours de voir jaillir hors de lui comme un geyser de pétrole dans un album de Lucky Luke. Mamie, violet foncé convulsé et anxiogène. Papi, brume impalpable et lactescente. Maman restant invariablement de ce joli vert pâle menthe-lait, et papa d'un soyeux gris argent si reposant, et rassurant.

Puis j'avais fini par percevoir des formes. Les pensées sales de certains adultes parvenaient à se cristalliser pour me donner à contempler des images que je ne voulais pas voir.

Vos vices. Votre laideur. Vos envies, votre concupiscence. Jaloux, pourris, égoïstes, lâches. Frustrés.

J'ai fermé. Autant que j'ai pu. Comme on préfère clore les persiennes sur un ciel trop noir. Maladroitement au début, à la manière dont on se cache les yeux avec des doigts en éventail qui n'occultent rien du tout. Puis de plus en plus fort, pour survivre. Pour échapper.

Ensuite il y eut les jeunes filles.

Dieu m'est témoin que j'ai essayé, que j'ai joué le jeu aussi longtemps que possible, à chaque fois. Je savais, je savais bien qu'il ne faut pas regarder dedans les filles que l'on aime, et qui croient vous aimer.
Je les vois encore, avançant vers moi, comme une femme enceinte suit son ventre, précédées d'un saladier de verre empli d'eau claire, dans lequel ballottait leur cœur rouge et brillant comme une pomme d'amour. Je fermais alors mon œil magique et je jouissais d'elles jusqu'à... jusqu'au premier doute.
Je luttais, je m'y refusais, je durais, je résistais, le plus longtemps possible. Puis un jour j’entrebâillais tout en sachant très bien que j'avais tort, que je le regretterais. Que ce que je verrais n'aurait pourtant pas d'importance, pas vraiment de sens. Mais.
Je voulais, je voulais savoir. Comme on scrute un baromètre alors qu'il fait si beau. Pour voir.
Et je voyais. J'entrouvrais ma paupière, et considérais le saladier transparent. Et je voyais. L'eau, parfois, était déjà très légèrement turbide. Ou bien le cœur rouge et brillant avait un peu changé de forme, ou encore il n'était plus si brillant, ou plus si rouge. Ou bien. Parfois, comme au cœur d'une boule de cristal, je voyais apparaître le visage d'un homme. Plus ou moins nimbé d'une aura de perfection. J'ai même quelquefois découvert des scènes plus... précises. Je savais alors que j'avais sans doute ouvert l'œil bien tard.
Dans tous les cas, du léger trouble aqueux à la preuve adultérine, qu'il y ait faute manifeste ou simple léger début de lassitude, je rompais. Je savais que dorénavant je n'aurais de cesse de consulter le baromètre pour y voir évoluer le désamour. Qu'il n'y aurait pas de répit. Que je précipiterais l'issue.

Comme j'ai eu tort.

Je n'ai guère pu, non plus, endurer très longtemps des professions qui me mettaient en contact avec les gens. J'avais beau me fermer à double tour, pendant mes sessions chez McDonald's, tenir le drive devenait parfois une mission impossible, à supporter les méduses flasques et collantes qui flottaient derrière les pare-brise, ou des armées d'agrafeuses avides qui cliquetaient en vain derrière les vitres intimes.
Et l'école d'infirmières, pour découvrir que les peurs sont plus laides que les maladies, que les résignations ont des couleurs écœurantes. Que les médecins ne sont pas plus rassurés que leurs patients, ou que dans leurs bocaux barbotent bien des ludions glauques.

Que les gens sont laids du dedans !
En tout cas, je l'ai cru, bien longtemps.

Jusqu'à ce que je rencontre Benoît. Benoît mon ami. Le seul à qui je me sois ouvert. Évidemment, je l'avais longuement scruté intérieurement avant d'oser m'épancher, quoique « longuement » soit un bien grand mot. Benoît, limpide et coloré comme un vitrail en plein soleil vu de l'intérieur frais et ombreux de l'église, la rosace claire qui m'a enfin éclairé, j'ai su assez vite que rien de sombre ne l'habitait. D'ailleurs, il est si pur que me montrer ses recoins profonds ne l'a jamais troublé. Pas impudique, juste angélique. C'est Benoît qui m'a ouvert les yeux sur ce que je voyais sans le comprendre vraiment.

Il m'a montré que derrière les vitrines profondes, pour moi seul s'agitaient les démons intérieurs. Combien, combien d'entre eux s'échappent, en vérité ? Le geyser de l'oncle Christophe n'a finalement jamais jailli, ma grand-mère faisait les meilleurs beignets de la terre, les prodiguant avec autant de profusion que ses bisous. Monsieur Clément n'a jamais de toute sa vie glissé sa main dans le maillot de bain des petits garçons, bien que son envie le rongeait chaque jour, comme un lierre. Madame Verdier n'a jamais giflé madame Maréchal, le grand Christopher jamais couché avec Morgane sa sœur, et le fleuriste de la rue Laloy n'a jamais disparu avec la caisse.

« Arrête de les détester pour ce qu'ils pourraient faire. Aime-les plutôt pour ce qu'ils ne font pas. Admire-les pour leur maîtrise, leur retenue, ces interdits qui les hantent et qui les structurent. En proportion, rares sont ceux qui cèdent. Plains-les. »

Sisyphes lestés par leur fardeau secret, leurs peurs, leurs regrets, leurs remords. Sisyphes frustrés et malheureux, stoïques et souvent impassibles. La pierre est lourde, et pentu le chemin, je sais.
Je suis retourné à l'école d'infirmières, rendre service ne devrait pas m'être trop difficile. Et puisque je vois, je peux comprendre. Soulager.
Et puis Benoît m'a appris autre chose que je n'avais pas su voir : dans les bocaux internes balancent parfois de jolis lustres à pampilles, bobèches aux reflets changeants, lentilles de Fresnel des phares intérieurs. Tournent les liqueurs dorées de l'empathie ou de la bonté simple. Poudroient les ailes de papillons de la gaîté sans fards, du courage, de la loyauté. Tout ce qui rend les gens beaux du dedans, et qui ne se voit pas toujours dehors.






Je vois des bulles rouler sous la glace, comme un jeu de billes de mercure.

Je vois les gouttes de pluie se poursuivre sur la vitre du train.

Je vois des galets frais, ronds et blancs, rincés par une eau si claire, pratiquement invisible.


Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Rémi le 23 Août 2018 à 16:42:38
Salut Mout :)

Détails et chipotages :

Citer
Que ce que je verrais n'aurais pourtant pas d'importance, pas vraiment de sens.
n'aurait

Et puis rien d'autre à dire pour le détail.

Très joli texte, j'aime beaucoup. Moi qui n'aime pas les écritures trop riches, j'ai apprécié la tienne qui sait utiliser un vocabulaire et des structures complexes mais toujours maîtrisées.
J'aime bien aussi l'encadrement du corps du texte par trois petites phrases sombres au début, lumineuses à la fin.

A+
Rémi
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 23 Août 2018 à 18:34:00
Merci Rémi, pour avoir si peu à dire, ou redire.
C'est certainement bon signe. (J'ai corrigé la coquille).

Je suis content et rassuré que mon texte t'ait plu.

Merci encore pour ton passage.
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Rémi le 23 Août 2018 à 21:36:38
Y avait bien un truc qui m'avait chiffonné (et oui, je chipote), mais je ne voyais pas trop quoi ni comment clarifier la chose. C'est ici :

Citer
Je m'étais arrêté sur-le-champ, puis j'avais actionné mes essuie-glaces en pompant rageusement du bout du pied pour faire monter le liquide. Eh bien, c'est exactement la même chose : imaginez ce pare-brise devant vous, vaseux comme une épave au fond d'un canal, en cinq secondes il avait retrouvé sa transparence. C'est exactement la même chose quand "ça" m'arrive. Je vois soudain à travers. Je vois clair.
Je pense que le "Eh bien, c'est exactement la même chose : " est de trop.
Il crée une rupture qui doit être résolue ensuite et je ne pense pas que soit nécessaire.
Ou alors, "Eh bien, c'est exactement la même chose quand ça m'arrive :", mais là, la répétition va être lourde.
Si tu supprimes le "Eh bien, c'est exactement la même chose : ", je pense qu'il faut reprendre le "Eh bien," après "transparence"

Citer
Papi brume impalpable et lactescente.
peut-être une virgule après "Papi"

Citer
comme une femme enceinte suis son ventre,
suit

Citer
Dans tout les cas, du léger trouble aqueux à la preuve adultérine,
tous

Citer
Sisyphe lestés par leur fardeau intérieur, leurs peurs, leurs regrets, leurs remords. Sisyphe frustrés et malheureux, stoïques et souvent impassibles.
faut-il mettre Sisyphe au pluriel ici ? J'avoue que je ne sais pas

Citer
lentilles de Fresnel des phares intérieur.
ici, je pense qu'il faut un "s" à intérieur même si je ne suis pas sûr.


Toujours aussi convaincu après cette nouvelle lecture ;)

A+
Rémi
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Spes le 24 Août 2018 à 12:48:54
Salut Mout,

Le texte est bien écrit je trouve, il se lit vite.

Une remarque : "J'ai du reste longtemps cru que" > peut-être même des virgules autour de "du reste", la phrase est dure à lire sans.

J'ai bien aimé :) C'est assez frais et bien vu, la fin n'est pas attendue. Il y a des petits trouvailles sympathiques, j'en garderai un bon souvenir. Le message du texte n'est pas trop vu et revu non plus. Merci pour cette lecture.

Une question par curiosité, est-ce volontaire que la pureté de Benoit soit présentée à travers des références religieuses ?

Bonne suite !
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 24 Août 2018 à 21:58:04
- Rémi : voilà qu'à ton deuxième passage, tu me débusques de nouvelles coquilles, j'appréhende sérieusement le troisième...  :o  j'ai tout corrigé. Je pense que pour les sisyphes, le "s" du pluriel devient possible si j'en fait un non commun. Cela dit, vu qu'ils sont en début de phrase, pas moyen de voir que j'ai fait sauter la majuscule. lol
Ta remarque sur "Eh bien, c'est exactement la même chose : "  me pose problème. Là où tu vois une rupture, je pensais avoir glissé une sorte de hameçon, qui, comme tu le dis toi-même, doit se résoudre. Je pensais que cela pouvait servir à harponner le lecteur de parler de quelque chose que je n'explique qu'un peu plus loin.  Peut-être qu'il y a rupture, en effet, je te fais confiance, mais est-ce grave puisque l'introduction est terminée et que l'histoire commence ? Tu me laisses perplexe.  :-\
Merci mille fois d'être revenu en tout cas.

- Spes : j'ai remanié toute la phrase que tu pointais, parce que les virgules hachaient un peu trop tout ça, vu qu'il y en avait d'autres...
Merci pour ton commentaire et les jolis compliments.
Quant à Benoît, seul mon inconscient l'a nimbé d'une aura religieuse... je ne m'en étais même pas rendu compte. Ma longue éducation catholique finit-elle par resurgir après très lente digestion ? Faut que je surveille mes prochains textes !  ;)
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Rémi le 24 Août 2018 à 22:11:17
Citer
Ta remarque sur "Eh bien, c'est exactement la même chose : "  me pose problème. Là où tu vois une rupture, je pensais avoir glissé une sorte de hameçon, qui, comme tu le dis toi-même, doit se résoudre. Je pensais que cela pouvait servir à harponner le lecteur de parler de quelque chose que je n'explique qu'un peu plus loin.  Peut-être qu'il y a rupture, en effet, je te fais confiance, mais est-ce grave puisque l'introduction est terminée et que l'histoire commence ? Tu me laisses perplexe.
Prends le temps de réfléchir, ce n'est qu'un détail. Oui, ça fait bien un effet de hameçon ^^, et la façon de présenter l'hameçon est un art délicat :D
Vraiment, c'est un détail.

A+
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Ocubrea le 29 Août 2018 à 22:17:42
Bonjour Mout !

Je rejoins les autres dans leur enthousiasme ! C'est effectivement un beau texte.
Je n'ai plus grand chose à dire sur les détails, je pense :

Citer
Eh bien, c'est exactement la même chose : imaginez ce pare-brise devant vous, vaseux comme une épave au fond d'un canal, en cinq secondes il avait retrouvé sa transparence.
Je trouve bizarre de commencer par une comparaison, aux temps présents ("c'est exactement la même chose" ; "imaginez"), puis de finir la phrase par la fin du récit du tracteur, à l'imparfait ("en cinq secondes, il avait retrouvé sa transparence").

Citer
J'ai fermé. Autant que j'ai pu. Comme on préfère clore les persiennes sur un ciel trop noir. Maladroitement au début, un peu comme on se cache les yeux avec des doigts en éventail qui n'occultent rien du tout.
Deux fois "comme", il y a peut-être une autre manière de formuler ?

Citer
Je les vois encore, avançant vers moi, comme une femme enceinte suit son ventre, précédées d'un saladier de verre empli d'eau claire, dans lequel ballottait leur cœur rouge et brillant comme une pomme d'amour.
Un des rares passages qui ne m'ont pas convaincue… Même si j'aurais grand peine à te dire pourquoi ! Je crois que je n'accroche pas avec l'idée d'un cœur dans un saladier. Et puis, ah oui ! Je ne comprenais pas pourquoi, la première fois que tu fais référence à cette image de cœur et de saladier ton narrateur a "éteint" son pouvoir, et par la suite tu continues d'utiliser la même image alors que ton narrateur utilise son pouvoir. Ce n'est pas choquant, hein, mais moi j'ai juste pas super accroché.

Citer
Et puis Benoît m'a appris autre chose que je n'avais pas su voir : dans les bocaux internes balancent parfois de jolis lustres à pampilles, bobèches aux reflets changeants, lentilles de Fresnel des phares intérieurs. Tournent les liqueurs dorées de l'empathie ou de la bonté simple. Poudroient les ailes de papillons de la gaîté sans fards, du courage, de la loyauté. Tout ce qui rend les gens beaux du dedans, et qui ne se voit pas toujours dehors.
Bon, ça c'est mon côté assumé Oui-Oui au pays des licornes en sucre, mais j'aurais aimé plus d'emphase sur ce que les gens ont aussi de "beau" :) Je suis personnellement convaincue que, chez la plupart des gens, les deux s'équilibrent plus ou moins… Et qu'il y a autant d'être exceptionnellement "purs" que d'exceptionnellement "sales". M'enfin, de nouveau, c'est mon côté naïf optimiste qui parle, donc ne change rien, j'avais juste envie de le dire :noange:

J'aime beaucoup tes descriptions de l'intérieur des gens ! Et comme d'autres l'ont déjà dit, j'aime les trois phrases du début et celles de la fin, je trouve que ça ajoute beaucoup. Je trouve que tu as réussi à traiter ce thème, la transparence, avec beaucoup d'originalité. Ton texte est écrit dans un style agréable à lire, ni trop simple ni trop alambiqué, ça se parcourt vite et avec plaisir.


Voilà, en espérant avoir été utile !
Merci beaucoup pour cette lecture ! :)
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 30 Août 2018 à 13:36:26
Merci Ocubrea pour ton passage, et ta lecture attentive.

Citer
Je trouve bizarre de commencer par une comparaison, aux temps présents ("c'est exactement la même chose" ; "imaginez"), puis de finir la phrase par la fin du récit du tracteur, à l'imparfait ("en cinq secondes, il avait retrouvé sa transparence").
C'est curieux que cela te trouble. L'anecdote se passe au passé, mais tu parles à quelqu'un au présent, exemple : "Tu imagines la tête qu'elle faisait, sa robe était foutue. Tu comprends qu'elle soit vénère. "

Citer
Deux fois "comme", il y a peut-être une autre manière de formuler ?
J'en ai viré un, mais du coup c'est un peu moins fluide...

Citer
Je crois que je n'accroche pas avec l'idée d'un cœur dans un saladier.
Je peux le comprendre. Je pense que cette vision de l'intérieur des autres est très suggestive, et les images, les symboles que j'utilise me sont très personnels. Je comprendrais très bien que mes agrafeuses ne fassent pas du tout image non plus. Quand à ta remarque sur son œil qui devrait être fermé quand il rencontre les jeunes filles, eh bien, je ne l'ai peut-être pas trop clairement explicité, mais il ne parvient pas à l'empêcher de s'ouvrir de manière aléatoire.

Citer
j'aurais aimé plus d'emphase sur ce que les gens ont aussi de "beau"
Je pensais que le contraste était suffisant... C'est vrai que j'ai l'emphase modérée, et pourtant je kiffe les qualités d'humanité. Mon texte leur est un hommage, quoi que ce soit peut-être très estompé.

Voilà !
Merci beaucoup en tout cas pour tes commentaires bienveillants, encourageants et flatteurs.

À bientôt !

 :moutunjour:








Titre: Re : Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Rémi le 30 Août 2018 à 13:44:01
Citer
Je trouve bizarre de commencer par une comparaison, aux temps présents ("c'est exactement la même chose" ; "imaginez"), puis de finir la phrase par la fin du récit du tracteur, à l'imparfait ("en cinq secondes, il avait retrouvé sa transparence").
C'est curieux que cela te trouble. L'anecdote se passe au passé, mais tu parles à quelqu'un au présent, exemple : "Tu imagines la tête qu'elle faisait, sa robe était foutue. Tu comprends qu'elle soit vénère. "
Comme quoi, ce passage...  :-¬?
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Ocubrea le 30 Août 2018 à 15:22:31
Re Mout !

Citer
C'est curieux que cela te trouble. L'anecdote se passe au passé, mais tu parles à quelqu'un au présent, exemple : "Tu imagines la tête qu'elle faisait, sa robe était foutue. Tu comprends qu'elle soit vénère. "
C'est plus le passage d'anecdote racontée à comparaison puis de nouveau à l'anecdote racontée qui me trouble :) Tu narres d'abord cette mésaventure avec le tracteur, en nous immergeant dans ce souvenir. Ensuite tu nous en sors pour nous ramener au moment où se passe ton récit actuel, par ce "Eh bien, c'est exactement la même chose" : à partir de ce moment-là, je m'attends à ce qu'on reste au temps de ton récit, que tu continues sur une comparaison, au lieu de quoi tu nous replonges dans la fin de ton souvenir. Je ne sais pas si je suis très claire, du coup. Pour dire les choses autrement, je crois que j'aurais préféré quelque chose dans les lignes de :

" Un jour, à la campagne, je suivais dans ma 4L un tracteur et sa remorque trop remplie. D'un peu près, puisque j'espérais le doubler rapidement, à cause de l'odeur. Un cahot plutôt brutal dans une montée avait suffi à couvrir tout mon capot et mon petit pare-brise rectangulaire d'une généreuse couche de lisier. Je m'étais arrêté sur-le-champ, puis j'avais actionné mes essuie-glaces en pompant rageusement du bout du pied pour faire monter le liquide. En cinq secondes, le pare-brise avait retrouvé sa transparence. Eh bien, c'est exactement la même chose : imaginez ce pare-brise devant vous, vaseux comme une épave au fond d'un canal, et les essuies glaces qui lui rendent sa transparence en un claquement de doigts. C'est exactement la même chose quand "ça" m'arrive. Je vois soudain à travers. Je vois clair.
Quoique cette image soit un peu discutable quand j'y pense parce qu'en fait, parfois, et même trop souvent, quand la transparence se fait, c'est justement le lisier qu'il y a en vous que je vois soudain."

(Je remarque au passage deux fois "c'est exactement la même chose", je ne sais pas si tu l'avais fait exprès…).

Enfin, pas comme ça évidemment, à ta manière, mais c'était juste pour illustrer ! De toute façon, comme l'a bien dit Rémi, ce sont vraiment des détails, je l'ai relevé mais j'aurais même pu ne pas le faire… Fais comme tu le sens ! Je suis revenue parce qu'à partir du moment où j'ai fait un commentaire je préfère que les auteurs comprennent réellement ce que j'avais voulu dire… Après, ils en font ce qu'ils veulent ;)

Citer
Je peux le comprendre. Je pense que cette vision de l'intérieur des autres est très suggestive, et les images, les symboles que j'utilise me sont très personnels. Je comprendrais très bien que mes agrafeuses ne fassent pas du tout image non plus. Quand à ta remarque sur son œil qui devrait être fermé quand il rencontre les jeunes filles, eh bien, je ne l'ai peut-être pas trop clairement explicité, mais il ne parvient pas à l'empêcher de s'ouvrir de manière aléatoire.
Ah ok je ne l'avais pas compris dans ce sens là, si je suis la seule laisse ça comme ça j'étais peut-être juste un peu lente du ciboulot ^^

Citer
Je pensais que le contraste était suffisant... C'est vrai que j'ai l'emphase modérée, et pourtant je kiffe les qualités d'humanité. Mon texte leur est un hommage, quoi que ce soit peut-être très estompé.
Comme je l'ai dit dans mon commentaire précédent, j'ai vraiment un côté le-monde-il-est-beau-le-monde-il-est-gentil, donc c'est juste une question de sensibilité personnelle ;)

A plus !

Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 31 Août 2018 à 11:34:23
Bonjour Ocubrea !

merci beaucoup de repasser pour préciser ton ressenti...

Je lis, je relis, dans ma tête, puis à voix haute, ce fameux passage... eh bien  Zut de zut, j'ai deux soucis :

- d'abord je n'arrive pas à le trouver impropre, quoi que je commence à mettre le doigt sur ce que tu veux dire...

- eh puis j'ai beau essayer de le rédiger autrement, (en tenant compte aussi de ce que m'a dit Rémi)... rien de ce qui me vient ne le vaut... je vais essayer de le laisser reposer, on verra bien.

Merci encore, merci d'être revenue... et d'être précise et opiniâtre.

Bise de  :moutunjour:

Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Moutjfjs le 03 Septembre 2018 à 16:55:37
bonjour,

comme je lis sur papier, je n'avais plus le titre (problème de copier-coller). Justement le titre, je ne le trouve pas vraiment en adéquation avec ton texte si riche et que j'ai beaucoup aimé. Le titre est "banal" à mon sens
L'approche de la transparence via le "don de  voir" est bien amené !
Je n'ai pas adhéré avec les 3 premières phrases et évidemment avec les 3 dernières. Je trouve qu'elles desservent ton texte, j'avais l'impression de perdre ton  texte justement.
à part ça, c'était un plaisir de lire un beau texte comme le tien. Et puis un peu de religion/croyance, ça ne peut pas faire de mal.

à bientôt
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 05 Septembre 2018 à 11:16:51
Bonjour Moutjfjs-le-difficile-à-prononcer.

Merci d'être passé me commenter.

Je crois que le titre, au même titre (lol) que les 6 phrases qui te déplaisent, participe de ce chant lexical qui est la structure et la raison d'être du texte : la transparence. Tout est là, et j'ai essayé d'évoquer ce que peut contenir ce mot, concrètement et abstraitement. Y mêlant du dégoût ou de l'empathie, voire de l'esthétisme. J'ai dit "essayé" ...  :D

Le choix d'un titre est toujours un moment compliqué, en tout cas. Je serais curieux et ravi que tu m'en propose, pour que je voie ce qui est possible. Parce que l'un de mes soucis graves (pour un texte destiné à être "critiqué"), c'est qu'une fois que j'ai fait un choix, j'ai beaucoup de  mal à passer la gomme et repartir vierge de toute idée.

Merci en tout cas pour tes compliments, au plaisir.
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Marygold le 06 Septembre 2018 à 07:53:36
Hello Mout !

J’aime bien la langue, la narration, l’évolution du texte (surtout dans les phrases qui l’entourent). J’ai eu du mal à cerner l’âge du narrateur, du coup ce qui pourrait passer pour une révélation, une sorte de passage à l’âge adulte, à la fin du texte, peut tout autant s’avérer assez naïf si le narrateur est déjà adulte. Mais bon, malgré ce doute, j’ai bien aimé ce texte :)

J’ai noté quelques petites choses  :

Citer
Au début je ne voyais que des couleurs. L'oncle Christophe s'avérait, malgré son visage avenant, regorger de pensées visqueuses et brunes.
j’ai trouvé bizarre ce « visqueuses » alors que tu viens de dire « je ne voyais que des couleurs ».

Citer
Ou bien. Parfois, comme au cœur d'une boule de cristal, je voyais apparaître le visage d'un homme. Plus ou moins nimbé d'une aura de perfection. J'ai même quelquefois découvert des scènes plus... précises.
C’est un peu dommage de quitter l’abstrait, je trouve. D'autant que c'est la seule fois que ça arrive, non ? Je pense que le doute qui naît des changements de couleur, de forme, etc. peut être tout aussi douloureux - voire plus ? - pour le narrateur que le visage d’un autre.

Citer
qu'il y ait faute manifeste ou simple léger début de lassitude
Je trouve le combo « simple » « léger » « début » « lassitude » un peu lourd !

Citer
pendant mes cessions chez MacDonald's
sessions ?

Citer
ou des armées d'agrafeuses avides qui cliquetaient en vain derrière les vitres intimes
Là j’ai pas trop compris cette histoire d’agrafeuses…

Citer
  Que les médecins ne sont pas plus rassurés que leurs patients
Ouais, moi ça ne me choque pas tant que ça, enfin je veux dire que je ne mettrais pas du tout ça sur le même plan qu’une noirceur intérieure ou des pensées inavouables. Mais, toujours dans l’idée que le narrateur est peut-être assez jeune (c’est vrai que tu parles de McDo et d’école d’infirmières donc il a quoi, une toute petite vingtaine ?), il a sans doute encore quelques illusions sur le côté "superman" des médecins ^^

 Merci pour cette lecture !
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Nocte le 06 Septembre 2018 à 19:11:31
Les autres ont déjà été assez élogieux et je ne vois pas quoi rajouter.
Merci pour la lecture  ;)
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Moutjfjs le 06 Septembre 2018 à 19:59:36
Bonsoir,

pour le titre sorte de remue méninge car c'est vrai que les titres sont parfois bien difficiles à trouver :

ma vision philtrée
je vois
je vois des choses...
Vous connaissez Sainte Odile ? (pr le côté religieux, je te laisse regarder pourquoi cette Sainte)
Ma visionnaura (on peut inventer ^^)

si j'en ai d'autres, je remettrai un mot

à bientôt
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 07 Septembre 2018 à 10:41:29
Marygold : Merci déjà pour les coquilles qui ne t'ont pas échappées, c'est corrigé
Citer
C’est un peu dommage de quitter l’abstrait, je trouve. D'autant que c'est la seule fois que ça arrive, non ? Je pense que le doute qui naît des changements de couleur, de forme, etc. peut être tout aussi douloureux - voire plus ? - pour le narrateur que le visage d’un autre.
Certes, mais avec l'âge, ses visions se font plus précises, et je les décris peu parce qu'étant concrètes, elles sont moins intéressantes.
Citer
Je trouve le combo « simple » « léger » « début » « lassitude » un peu lourd !
Il est voulu, il montre que même quand il n'y avait que le début d'une ternissure de rien du tout il arrêtait tout. Cela sous-entend qu'il le faisait maladroitement même si ce n'était pas justifié. Qu'il doit le regretter à présent, que c'était une erreur.
Citer
Là j’ai pas trop compris cette histoire d’agrafeuses…
Alors que les méduses derrières le volant ne t'ont pas troublée ?   :D

Tu as raison, le narrateur est jeune et surtout naïf, candide. Le texte est comme ça, d'ailleurs, une fable en apologie à l'empathie. C'est simpliste donc les personnages sont simples. mais le narrateur a progressé, c'est le plus important.

Merci pour ton passage, Marygold, et pour tes compliments, au plaisir !

Weg : Ton commentaire est si bref, que les autres vont croire que c'est un auto-commentaire...  :D
Merci en tout cas, puisqu'il est flatteur !

Moutjfjs :
Tu ne te vexeras pas si je te dis qu'aucune de tes propositions de titre ne m'a convaincu. Le mien s'inspire certainement plus ou moins consciemment de ce beau titre de recueil de poèmes de Théophile Gautier : "Émaux et camées".
Quand à la dimension religieuse de ce texte, c'est toi qui la projette, elle est involontaire.
Bises !
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Marygold le 07 Septembre 2018 à 13:23:07
Hello Mout !

Merci pour tes explications :)

Citer
Là j’ai pas trop compris cette histoire d’agrafeuses…
Alors que les méduses derrières le volant ne t'ont pas troublée ?   :D
L'image des méduses reste cohérente avec les images que tu décris - et leur caractère assez abstrait, le plus souvent : écheveau d'algues molles, boules de couleur, mélasse, ... Alors que l'agrafeuse est tout de suite plus précise et nette ^^ Mais ça vient sans doute de ma lecture où j'ai un peu laissé de côté l'idée des visions plus concrètes (qu'effectivement tu indiques assez tôt dans le texte mais, comme tu n'insistes pas dessus, j'ai un peu fait l'impasse)
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Nacas le 17 Septembre 2018 à 23:49:50
Alors, là j'ai vraiment un gros truc à dire, mais il est beaucoup -beaucoup - trop tard, alors je le dirai juste une autre fois. Je laisse juste mon amorce :
Citer
Je vois des larves de moustiques tressaillant dans une flaque trouble.

Je vois de la vermine figée dans des plaques d'ambre.

Du blanc d’œuf coagulé dans un bol à fleurs, qui montre ses fêlures.
ta version est inadmissible.


Je repasse,
Nacas.
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 22 Septembre 2018 à 02:02:01
Nacas : Tu me diras ce qui ne va pas... je t'attends.
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: barnacle le 23 Septembre 2018 à 20:53:27
Coucou Mout !

Je chipote d'abord au fil de la lecture :

Citer
Un cahot plutôt brutal dans une montée avait suffi
J'aurais vu "a suffi", sinon le plus-que-parfait place ça pour moi chronologiquement avant "je suivais".
(je ne suis pas grammarien)
(idem pour les deux plus-que-parfait suivants)

Citer
Quoique cette image soit un peu discutable quand j'y pense parce qu'en fait, parfois, et même trop souvent, quand la transparence se fait, c'est justement le lisier qu'il y a en vous que je vois soudain. C'est là que vous ressemblez le plus à des bocaux. De ronds bocaux à poissons rouges, remplis à ras-bord de toute cette boue que vous cachez, et qui subitement m'apparaît. Vos secrètes moires putrides se déroulent sous mes yeux, dansent comme des écheveaux d'algues molles, tournent sur elles-mêmes, se livrant sans pudeur à mes regards écœurés.
J'aime bien la bascule qui s'opère d'un style/registre à l'autre dans ce paragraphe.

Citer
Il y a longtemps que j'ai appris à m'empêcher.
Je suis pas sûr de ce m'empêcher, qui me fait dire "de quoi ?".

Citer
comme je vois encore aujourd'hui les jeunes enfants si je le désire
Je ne pense pas que l’ambiguïté sur "si je le désire" est voulue : désir de voir à travers ou désir de voir encore de la même façon (optimiste) ?
(le paragraphe semble confirmer ensuite que seul le premier sens est voulu)

Citer
Je pouvais passer des récréations entières à me repaître [des trucs] qui m'apparaissaient sporadiquement contre mon gré.
J'ai un peu de mal sur le rattachement via [des trucs] de "repaître" à "contre mon gré", de "des récréations entières" à "sporadiquement".

Citer
Je savais, je savais bien qu'il ne faut pas regarder dedans les filles que l'on aime
C'est chouette, comme un petit détour en chanson.

Citer
Je les vois encore, avançant vers moi, comme une femme enceinte suit son ventre
"les filles comme une femme", la comparaison qui les regroupe comme ça me taquine. Même juste "toutes comme une (...)" me satisferait.
Mais c'est aussi que je ne suis pas 100% vendu sur l'image.

Citer
Et je voyais. J'entrouvrais ma paupière, et considérais le saladier transparent. Et je voyais.
Je suis vraiment pas convaincu par la répétition entière de "et je voyais", surtout avec un autre "et" au milieu.

Citer
Je savais alors que j'avais sans doute ouvert l'œil bien tard.
Quelque chose me semble clocher sur ce "bien tard", je n'arrive pas à dire quoi.

Citer
à supporter les méduses flasques et collantes qui flottaient derrière les pare-brise, ou des armées d'agrafeuses avides qui cliquetaient en vain derrière les vitres intimes.
Je crois que ce qui me dérange entre autres ici est le "les ou des" ?

Citer
Et l'école d'infirmières, pour découvrir que les peurs sont plus laides que les maladies, que les résignations ont des couleurs écœurantes. Que les médecins ne sont pas plus rassurés que leurs patients, ou que dans leurs bocaux barbotent bien des ludions glauques.
(...)
Jusqu'à ce que je rencontre Benoît. Benoît mon ami. Le seul à qui je me sois ouvert. Évidemment, je l'avais longuement scruté intérieurement avant d'oser m'épancher, quoique « longuement » soit un bien grand mot. Benoît, limpide et coloré comme un vitrail en plein soleil vu de l'intérieur frais et ombreux de l'église, la rosace claire qui m'a enfin éclairé, j'ai su assez vite que rien de sombre ne l'habitait. D'ailleurs, il est si pur que me montrer ses recoins profonds ne l'a jamais troublé. Pas impudique, juste angélique. C'est Benoît qui m'a ouvert les yeux sur ce que je voyais sans le comprendre vraiment.
Le fait que coup sur coup deux paragraphes s'appuient sur la répétition (j'admets, au sens large) pour se rythmer me donne du coup une impression de répétition-béquille, pour faire tenir.

Citer
derrière les vitrines profondes, pour moi seul s'agitaient les démons intérieurs.
Je n'aime pas trop ce petit bout-là, c'est de tournure trop artificielle à mon goût.

C'est un chouette texte !
J'aime bien l'entrée et la sortie en matière.
Je l'ai déjà dit, mais j'aime beaucoup la dissonance de registre (presque familier contre presque précieux) entre le récit en général et la description des "visions".
Elles auraient pu à elles seules justifier un texte, c'est une jolie image bien maniée. Poursuivre le récit jusqu'à un renversement de perspective n'est que du bonus à ce niveau-là ^^
Au rang des critiques, j'ai le sentiment d'un petit relâchement du style vers la fin (à partir du MacDo), d'un phrasé moins naturel - mais j'ai du mal à le traduire en remarques plus précises.

Merci pour ton texte et bonne continuation :)
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 24 Septembre 2018 à 17:26:29
Bonjour Barnacle !

Alors,
Citer
J'aurais vu "a suffi", sinon le plus-que-parfait place ça pour moi chronologiquement avant "je suivais".
(je ne suis pas grammarien)
(idem pour les deux plus-que-parfait suivants)
Je ne crois pas, vu que ma narration est à l'imparfait... mais bon, je ne suis pas plus grammairien(ne) que toi. "A suffi" aurait convenu dans un texte au présent de narration, à mon humble avis.

"M'empêcher" est impropre tel quel, peut-être,  mais je voulais trouver une formule inventée en quelque sorte par le narrateur pour résumer ce qu'il essaye de faire.

Je te remercie pour ton analyse attentive.
Je comprends qu'une partie de tes remarques a plutôt trait au style que j'ai employé, une manière particulière qu'a le narrateur d'essayer d'exprimer cette particularité qu'il a et ce qu'il en ressent.
Et puis il y a des trucs qui te chipotent et je ne comprends pas trop pourquoi...

Je vais me pencher sur chacune de tes remarques et voir si je change quelque chose. En attendant je te remercie pour ce gentil commentaire et je suis ravi que dans l'ensemble mon texte t'ait plu.

@Nacas :
Après une semaine, tu peux peut-être m'expliquer ton énigmatique :
Citer
ta version est inadmissible.

Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Loïc le 25 Septembre 2018 à 23:03:50
Salut Mout !

Citer
D'un peu près, puisque j'espérais le doubler rapidement, à cause de l'odeur.

Le "puisque" me semble trop explicatif et la phrase bien trop hachée

Citer
Eh bien, c'est exactement la même chose

Je ne comprends pas : qu'est-ce qui est la même chose de quoi ?

Citer
imaginez ce pare-brise devant vous, vaseux comme une épave au fond d'un canal, en cinq secondes il avait retrouvé sa transparence.

Point à canal ?
"Transparence" n'est pas très heureux, tant ce terme n'est pas naturel et fait forcé

Citer
C'est exactement la même chose quand "ça" m'arrive.

La répétition n'est pas super chouette non plus

Citer
De ronds bocaux à poissons rouges,

je la trouve pas ouf, l'inversion

Citer
Maladroitement au début, à la manière dont on se cache les yeux avec des doigts en éventail qui n'occultent rien du tout

Chouette phrase

Citer
dedans les filles que l'on aime, et qui croient vous aimer

La virgule me parait maladroite. Sinon j'aime bien la formulation

Citer
avançant vers moi, comme une femme enceinte suit son ventre

virgule de trop

Citer
Que je précipiterais l'issue.

précipiterai, non ?

Citer
Je n'ai guère pu, non plus, endurer très longtemps des professions qui me mettaient en contact avec les gens.

je trouve ça fort lourd

Citer
MacDonald's

McDonald's

Citer
J'avais beau me fermer à double tour, pendant mes sessions chez MacDonald's, tenir le drive devenait parfois une mission impossible, à supporter les méduses flasques et collantes qui flottaient derrière les pare-brise, ou des armées d'agrafeuses avides qui cliquetaient en vain derrière les vitres intimes.

Faudrait varier un peu de la virgule. Là c'est très haché et il n'y a pas de changement de rythme. Et on retrouve beaucoup ce genre de phrases dans le texte

Citer
bien que son envie le rongeait chaque jour, comme un lierre.

Pourquoi cette virgule ?

J'ai trouvé le texte intéressant, sympa à lire mais très inégal. J'ai eu du mal avec le début, surtout, les premiers paragraphes. Sur l'ensemble je trouve que ça manque un peu de variations, de changement de rythme qui permettraient de rompre un peu la monotonie.

À plus tard !
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 27 Septembre 2018 à 15:20:48
Loïc :
c'est fou le mal que tu as avec les virgules, je l'avais déjà remarqué.  :)
Vu le nombre de fois où tu en parles, je pense que c'est vraiment une question de style d'écriture. J'aurais bien du mal à juger moi-même si j'en abuse. En me relisant je trouve que tout s'équilibre, et que notamment dans les longues phrases, elles permettent la respiration. Mais je crois que tu n'aimes pas les longues phrases. Si je devais les raccourcir, mon texte serait cette fois non plus haché par des virgules, mais par des points, ce qui me semble pire.

Citer
Le "puisque" me semble trop explicatif et la phrase bien trop hachée
Je ne vois pas bien ce qu'il y a de "trop" explicatif avec "puisque", il l'est, effectivement, il sert à ça.

Citer
"Transparence" n'est pas très heureux, tant ce terme n'est pas naturel et fait forcé
Tu me croiras ou pas, mais figure-toi que comme j'étais parti sur le champ lexical de la transparence et de tous les aspects que cela peut revêtir, j'ai utilisé ici le mot sans le faire exprès. C'est pour moi juste l'une des manières de dire "voir à travers". Je ne trouvais pas qu'il faisait forcé...  :-\

Citer
Qu'il n'y aurait pas de répit. Que je précipiterais l'issue.
Non non, c'est correct, ce n'est pas du futur.

Merci beaucoup pour ton passage, et ton commentaire contrasté. J'espère que l'impression d'ensemble reste quand même positive.
À plus !





Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Nacas le 28 Septembre 2018 à 23:41:03
Bonsoir, Mout.

Je me suis montré indélicat, pressé, et j'ai beaucoup tardé à revenir me corriger. Ce n'est pas désolant, je suis là maintenant. J'ai relu ton texte, et j'ai toujours des choses à lui dire. Cependant, du temps a passé, et sauf si tu as une formation de psychologue et du temps à perdre en messages personnels avec un égotique inconnu, je me contenterai de te dire : je me suis tempéré.
Donc je serai plus doux, moins hargneux peut-être. Désolé pour ça.
Ah, je m'amuse parce que j'ai 404 messages à l'instant où je n'aurai tout juste pas posté ce message, et que ça n'arrive qu'une fois dans la vie d'un canard d'être vraiment introuvable.
Me voilà.


Citer
Je vois des larves de moustiques tressaillant dans une flaque trouble.

Je vois de la vermine figée dans des plaques d'ambre.

Je vois du blanc d’œuf coagulé dans un bol à fleurs qui montre ses fêlures.
Mon amorce, donc. Ces trois phrases ont un problème, centré sur la troisième. Je vois, Je vois, Je vois, ça marche bien, tant que la structure se garde, ou ne se fourvoie pas. La troisième itération montre une action, ne regarde pas ; ça crée un sérieux problème de rythme. Il faudrait la changer de telle manière à ce qu'on n'ait pas "qui montre ses fêlures" mais quelque chose de plus court, et passif ; ou bien ablater le troisième "Je vois", qui continuerait d'exister dans nos coeurs à tous, mais qui ne poignarderait pas ses confrères en mentant sur sa nature. Il annoncerai l'action qui se pose, et ce serait mieux. Note que ma version n'est pas vraiment parfaite à mes yeux, mais au moins elle ne se désavoue pas en cours de route. C'est ce que j'entendais par "inadmissible".

Citer
Un jour, à la campagne, je suivais dans ma 4L un tracteur et sa remorque trop remplie.
trop pleine ?

Citer
D'un peu près, puisque j'espérais le doubler rapidement, à cause de l'odeur.
J'ai comme l'impression que ce premier "puisque" est... imparfait. Il déstabilise les virgules et gêne une ambiance qui tente de se poser.

Citer
Eh bien, c'est exactement la même chose : imaginez ce pare-brise devant vous, vaseux comme une épave au fond d'un canal, en cinq secondes il avait retrouvé sa transparence. C'est exactement la même chose quand "ça" m'arrive. Je vois soudain à travers. Je vois clair.
Bof, y'a plein de problème dans cette phrase, j'ai pas lu mais tout le monde a relevé non ? Présent -> passé de comparaison ? Phrases courtes malvenues, pas mauvaises en soi mais qui ont besoin d'être amenées, pas plantées comme ça. "ça" oral, maladroit entre guillemets, et banal. Une sorte de premier paragraphe Tue-l'Ambiance quoi.
Le second embraye sur de l'oral plutôt discutable, la répétition de transparence et le plus gros, plus gros problème du texte à mon sens :
Citer
le lisier qu'il y a en vous que je vois soudain.
C'est à la fois commun, manichéen et non-assumé, et ça va rester longtemps malheureusement.
Je vais m'efforcer de faire une chose tout au long de ma lecture : Oublier que c'est un être conscient qui l'a écrit. Pour éviter de juger au-delà du texte, l'auteur du méfait.

Citer
Insupportable.

Il y a longtemps que j'ai appris à m'empêcher.
Ça, c'est pas trop mal.

Citer
Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours eu de ces moments de clair-voyance, *comme je les appelle quand je suis optimiste.*
Pas top la seconde partie de la phrase, j'aime pas trop. Pourquoi ne pas l'enlever ?
Je sais pas que dire du paragraphe. J'aime bien que ton narrateur enfant pense que les autres le clair-voient aussi, mais je en comprends pas pourquoi tu donnes des souvenirs d'enfant vécus par une mentalité d'adulte, cela fait contresens à mon sens.

Citer
Vos vices. Votre laideur. Vos envies, votre concupiscence. Jaloux, pourris, égoïstes, lâches. Frustrés.
C'est toi le frustré ! haha

Citer
J'ai fermé. Autant que j'ai pu. Comme on préfère clore les persiennes sur un ciel trop noir.
C'est vachement bien !
J'aime bien le passage sur les filles, il est plus réussi que le reste.


Citer
Que les gens sont laids du dedans !
En tout cas, je l'ai cru, bien longtemps.
Hopopop ! Roger ! On embraye, il reste trois paragraphe, on a notre poncif des trois cloques à remettre. 'Va falloir se magner. Balance un Prince® format Jésus.



Bon, c'est bon, je me suis suffisamment amusé, j'ai fini. Tu as modifié le texte depuis mon premier passage ? Les trois dernières phrases principalement ? Je me souviens de grands effrois, et force de mépris, pour une clôture attendue et maladroite, pour une dernière crasse avant de partir ; mais ma lecture de ce soir ne correspond pas à mes souvenirs. Tant mieux, tant mieux. Je suis sûrement plus reposé, moins à cran.
Je n'aime toujours pas l'ombre du manichéisme qui plane sur l'ensemble du texte, et un ton qui se pare de quelque chose de très religieux étrangement, aussi. Je trouve qu'ils desservent complètement, décrédibilisent et rendent assez âpre les considérations (presque sociétales) que ton narrateur avance.

Sinon, à part ça, le texte est loin d'être mauvais, je l'ai dit méfait plus tôt, mais ce n'en est pas le pire certainement. Il ne m'a tout de même pas beaucoup plus, j'ai du mal à me fondre dans le narrateur, ou dans l'histoire, ou dans l'ambiance (en a-t'il seulement une ?) Peut-être n'est-il pas assez fou, trop posé ("plat" conviendrait mieux, mais c'est un tel blâme pour un texte que le bon vocabulaire ne convient pas au vocable).

Voilà, j'en ai fini.


Tempérément,
Nacas.
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 29 Septembre 2018 à 11:17:31
Comme il est difficile, voire compliqué de vous répondre, monsieur Nacas...

Parlons de la forme :

J'ai bien peur, comme votre prédécesseur, qu'une bonne partie de vos remarques ne touchent précisément mon style d'écriture (s'il n'est pas trop présomptueux de se targuer d'en avoir un).
Je passe, en vous lisant, de l'incompréhension sur ce que vous voulez me faire voir, comme cette histoire de bol fêlé, à la cabrade lorsque vous me conseillez de supprimer des pans de ma prose.

Poster un texte ici est toujours une belle aventure pour comprendre, ou essayer de comprendre un peu mieux les... lecteurs plus que sa propre écriture. Après une dizaine de commentaires, pour peu que l'on suive ce que chacun préconise à son tour sur la manière dont on devrait écrire telle ou telle phrase, ou même tel paragraphe, le texte remanié ne se ressemblerait plus du tout et tendrait peut-être à une écriture disons, universelle. Car chacun apprécie ou déprécie telle ou telle partie du récit ou la manière dont il est mené.

Il reste à l'auteur de faire des choix, tentant de comprendre ce que chacun lui dit ; cherchant à savoir ce qui relève d'une écriture correcte ou bien du goût de chacun. Cherchant à savoir ce qui pourrait relever de son propre style d'écriture, de ses choix raisonnés , ou de réelles maladresses.

Parlons du fond :

Difficile de discerner la part de vos propos critiques qui s'adresse au narrateur, et celle qui s'adresse à l'auteur.
Bien sûr que mon propos est simpliste. Manichéen si vous voulez, quoi que ce soit discutable et plutôt le contraire, dans mon idée.
Moi il me semble avoir écrit une fable, très brève, sur les avantages et inconvénients qu'il y aurait à savoir constamment ce qui se passe dans la tête des gens.
J'ai essayé de rendre le propos agréable à lire et riche en images explicatives. j'ai pu échouer auprès de certains, en ce qui concerne le mot "agréable".
La notion spirituelle, ou religieuse que l'on veut y voir est totalement accidentelle et involontaire. Et pour finir, le protagoniste est à un âge où l'on peut encore faire des découvertes qui n'en sont plus depuis longtemps pour les vieux canards avertis.

Ce fut un plaisir de vous voir ici, et je vous remercie pour votre commentaire riche, en tout état de cause, et plutôt argumenté.

À une prochaine fois ?

Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: CapuA le 07 Octobre 2018 à 12:52:07
Hello Mout,

Comme Weg, rien à rajouter de plus. Peut-être : j'ai bien aimé ton utilisation du thème. Bravo !
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 08 Octobre 2018 à 12:52:30
Bonjour CapuA !

merci pour ton passage succinct, sobre et laconique !   :D

je suis surtout ravi que le texte t'aie plu.

Au plaisir !
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Become le 08 Octobre 2018 à 19:33:37
Salut petit Mout :)

Je vois que les autres ont déjà passé moultitude de temps pour un relevé détaillé, je dirais peut-être que j'ai moins été gênée par certaines phrases et qu'au contraire certaines m'ont plu alors que leur formulation a semblé en gêner certains :

Citer
Dieu m'est témoin que j'ai essayé, que j'ai joué le jeu aussi longtemps que possible, à chaque fois. Je savais, je savais bien qu'il ne faut pas regarder dedans les filles que l'on aime, et qui croient vous aimer.
Je les vois encore, avançant vers moi, comme une femme enceinte suit son ventre, précédées d'un saladier de verre empli d'eau claire, dans lequel ballottait leur cœur rouge et brillant comme une pomme d'amour. Je fermais alors mon œil magique et je jouissais d'elles jusqu'à... jusqu'au premier doute.
j'ai vraiment aimé ici par exemple cette image, elle m'a carrément parlé je sais pas pourquoi

Le style est riche en métaphores mais cela ne m'a pas choquée. J'ai trouvé parfois qu'il y avait de la répétition dans certains passages, puisque tu utilises déjà cette image au début :
Citer
Mes petits amis de l'école maternelle m'apparaissaient alors soudain comme je vois encore aujourd'hui les jeunes enfants si je le désire : de jolies bonbonnières de verre, toutes remplies de petites boules de couleur pastel, nageant en apesanteur et se heurtant mollement au ralenti. Comme l'âme des enfants est belle, simple et colorée ! Il y a bien parfois ici ou là au fond de leurs bocaux de petits gravillons tout durs, mais si prompts à se dissoudre, si éphémères.
et que tu la réutilises à plusieurs moments dans le texte, tournée un peu différemment mais pour moi il aurait fallu alléger les autres allusions à cette image.

J'ai trouvé l'écriture très maîtrisée et j'ai bien aimé le message de ton texte  ^^

Bonne continuation à toi ;)
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Erwan le 08 Octobre 2018 à 22:40:48
Un beau petit texte qui me parle. Le style est bon, et le propos intéressant. Je n'ai que peu de chose à dire, si ce n'est deux points.

Citer
de jolies bonbonnières de verre, toutes remplies de petites boules de couleur pastel, nageant en apesanteur et se heurtant mollement au ralenti. Comme l'âme des enfants est belle, simple et colorée ! Il y a bien parfois ici ou là au fond de leurs bocaux de petits gravillons tout durs, mais si prompts à se dissoudre, si éphémères.

Citer
dans les bocaux internes balancent parfois de jolis lustres à pampilles, bobèches aux reflets changeants, lentilles de Fresnel des phares intérieurs. Tournent les liqueurs dorées de l'empathie ou de la bonté simple. Poudroient les ailes de papillons de la gaîté sans fards, du courage, de la loyauté.

Pour ces deux passages, c'est le seul problème de style que j'ai pu noter (donc c'est globalement bon signe). Je dirais que ces deux passages sont complexes au-delà de la stricte nécessité. Je m'explique : pour moi il faut toujours dire le plus simplement possible ce que l'on tient à dire. Or on me répondra que le fond et la forme ne font qu'un, et que tu as écrit cela comme ça parce qu'autrement, ça n'aurait plus le même sens ou la même force. Je concède, petit Mout, que ce n'est pas faux. Disons alors que je n'ai pas bien saisi ces deux passages-là. J'en comprends le sens global, mais les images peinent à prendre sens pour moi. Je crois aussi qu'on est là dans du vécu subjectif, ce n'est pas simple à transmettre à un autre que soi. Bref, rien de gravissime quoi qu'il en soit.


Citer
Mais.
Je voulais, je voulais savoir. Comme on scrute un baromètre alors qu'il fait si beau. Pour voir.

Pour cette dernière et seconde remarque, on est dans l'anecdotique. Je ne comprends rien aux choix de mise ne page, comme cette ligne sautée. Bon, ça ne gêne pas ma lecture, donc si ça prend sens pour toi, OK. Juste je n'en perçois pas l'intérêt. Disons que parfois, c'est justifié, mais là ça me semble un peu trop (je parle des sauts de lignes). Personnellement, je ne crierai pas au loup si tu enlèves quelques uns de ces sauts de ligne qui ne transcendent pas franchement le texte à mon avis, et puis si tu les gardes je n'en ferai pas une maladie.

Bref, j'ai donc aimé ce petit texte et je te souhaite bonne continuation !  ;)
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Chouc le 09 Octobre 2018 à 09:44:03
Oh que c'est joli !

Salut Mout ! Je vais faire bref niveau commentaire : j'ai beaucoup aimé. Autant le propos, à la fois original et évident, que la forme, riche en couleur et en texture. Bravo pour ce renouvellement incessant de vocabulaire d'ailleurs, un vrai régal.

Merci beaucoup pour cette très belle participation.
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 10 Octobre 2018 à 06:31:43
Bonjour Become !
Merci beaucoup pour ce gentil passage. C'est la métaphore des bocaux et bonbonnières que tu trouves redondante ? Il faut dire que j'ai fait le tour des contenants transparents, peut-être que je me répète, en effet.
Ravi que le style t'aie plu, en tout cas !

Bonjour Erwan !
Alors, plus moyen pour moi de modifier quoi que ce soit !  :D
Je t'avouerai que j'apprécie beaucoup le respect que tu as pour le texte et les pincettes que tu prends dans tes commentaires. Je crois que là où tu pointes le doigt, les défauts sont effectivement dus à mon style. J'aurais beaucoup de mal à te dire pourquoi je saute certaines lignes. Pour alléger le texte, sans doute, et aussi casser le rythme.
Merci beaucoup d'être passé par ici, en tout cas, et pour ton commentaire argumenté.

Bonjour Chouc !
Quel joli commentaire pour une fin de session. J'ai beaucoup de chance de finir sur une telle critique, et je t'en remercie.
Je suis charmé que tout cela te convienne, vraiment.
Merci beaucoup !
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: Yöda le 11 Octobre 2018 à 13:19:14
Bonjour Mout !

J'ai beaucoup aimé ton texte  ^^ L'idée des bocaux est vraiment chouette et j'ai beaucoup aimé comment la vision du héros évolue après sa rencontre avec Benoît, ça redonne foi en l'humanité. Alors merci pour ce moment !  :)
Titre: Re : T30-Verres et cristaux
Posté par: gage le 11 Octobre 2018 à 21:20:31
Bonjour Yöda !

eh bien que répondre ?
si ce n'est que je suis vraiment ravi que ce petit texte t'ait plu.
Il n'avait pas beaucoup d'autre ambition que de rassurer un peu sur la nature humaine.

Rien de très profond, une sorte de "feel good" récit.

À plus ! Et merci beaucoup beaucoup !