Salut tout le monde !
J'avais écrit ce texte pour un AT du Mammouth Éclairé, où d'autres lui ont été préférés.
C'est un texte dont j'aimerais faire quelque chose, donc les commentaires sont bienvenus. Peut-être pas forcément hyper détaillés, dans la mesure où je sais que j'ai déjà du travail dessus, mais vous gênez pas non plus.
J’étais invisible. Les regards des clients du bar et des touristes qui déambulaient sur les quais passaient sur moi sans me remarquer, sans même me voir. Je n’étais pour eux qu’une autre serveuse d’un autre PMU, comme il y en avait des centaines sur le front de mer et dans tous les bleds du pays. De temps en temps, certains jetaient un coup d’œil à la carte bien en évidence devant la terrasse de plastique, mais le plus souvent ils passaient leur chemin. À l’intérieur, on ne me hélait pas ; les quelques habitués, attablés à la place qu’ils ne quittaient que pour aller pisser ou dormir, levaient leur verre et attendaient que je le remplisse. L’Idiot vivait son dernier été et je ne savais pas si je devais pleurer ou me réjouir. Ce serait tout un pan de ma vie que je laisserai derrière moi. En attendant, je me servis un verre de mauvaise bière et continuais à regarder le monde défiler sur le port.
Les derniers clients partirent à 23 heures, non sans avoir gouté à la « tournée de la patronne » qui leur permettait de finir d’éventuels fonds de bouteilles. Je savais que certains ne veillaient que pour ça, mais il fallait récompenser les bons clients qui, d’un coup, recommençaient à me voir.
« Anne ! Qu’est-ce que tu nous sers ce soir ? »
Je supportais avec bienveillance les rires et les verres tendus, profitant d’être visible, au centre de l’attention à mesure que je distribuais avec précaution de petites doses de mauvais rosé ou de piquette pourpre. À la fin ils me saluaient et je sentais mon cœur se serrer de joie. Puis je me retrouvais seule et, tout en sachant que je le regretterai le lendemain, je fermais le bar sans faire la vaisselle.
Je rentrais chez moi en rasant les murs de la ville presque vide, illuminée par les fenêtres des hôtels. Seuls quelques chiens promenés par leurs maitres partageaient la rue avec moi. Ils levaient la truffe en me croisant, puis urinaient. Des humains, penchés sur leur téléphone, je ne voyais rien ; je me contentais d’un hochement de tête et de continuer ma route, partagée entre déception et soulagement, un timide « bonsoir » bloqué dans la gorge. Une fois rentrée, je m’emmitouflais dans un châle et je fumais une cigarette ou deux en regardant les silhouettes sombres des bâtiments se détacher sous la lumière de la lune et de quelques lampadaires. Je me rêvais sautant de toits en toits comme dans les histoires que je lisais gamine, avec Cartouche ou Arsène Lupin comme compagnons ; ou volant sur un balai ou un dragon comme dans mes lectures d’adolescente.
Mais je savais, au fond, que demain serait toujours pareil.
Demain fut aujourd’hui, puis devint hier et je voyais l’été passer de jours en jours qui se répétaient sans répit ni rupture. Parfois, le matin, j’allais sur la plage, j’hésitais à m’assoir dans le sable et à tremper mes pieds dans l’eau déjà chaude. Les enfants couraient autour de moi, édifiant et détruisant des châteaux en l’espace de quelques minutes. Il y avait les pleurs des châtelains vaincus, les cris des parents et des claques qui se perdaient. Un peu à l’écart, des couples s’enlaçaient ou s’embrassaient, retenant parfois à peine leurs élans amoureux. L’heure passant, il fallait les quitter, remonter le rideau de fer et nettoyer la vaisselle négligée la veille. Après ça, les clients venaient très vite et l’histoire recommençait. Je m’y laissais embarquer parce que c’était facile, que la solitude était plus simple à supporter que la pression de véritables rencontres. Et tous les jours, j’évoluais au milieu de l’Idiot et de ses clients qui m’appelaient par mon prénom parce qu’ils m’avaient vu y grandir, mais ne s’intéressaient à moi que tant que je pouvais les servir et, de temps en temps, leur faire crédit.
Un jour, des bras se posèrent sur le bar d’une façon différente. Ça n’était pas grand-chose. Seulement un soupçon de détermination — ou d’impatience — en plus ; suffisant cependant pour distinguer ce geste des mouvements fatigués et routiniers des habitués. Je levai la tête et croisai deux yeux bruns et un vague sourire qui disparut dès que l’homme s’aperçut qu’il avait capté mon attention.
« Qu’est-ce que j’vous sers ?
— Une bière. Et prenez-vous quelque chose aussi. »
Il avait la voix trainante et pas l’accent du coin. Je posais le demi mousseux devant lui, puis me servis un verre de vin. L’homme me tendit son bock, nous trinquâmes. J’avalai une gorgée sans le quitter des yeux.
« Nous vous observons depuis quelques semaines et nous sommes convaincus. Vous êtes celle qu’il nous faut. »
J’avalai de travers et toussai pendant quelques secondes. Impassible, l’homme me regarda faire sans bouger un membre. Ailleurs dans le bar on ne bougeait pas non plus. Trop peu d’ailleurs. Je repris la parole avec une voix éraillée, ignorant le vin mêlé de salive sur mes vêtements et sur le comptoir.
« Qu’est-ce qu’il se passe ? »
Il avait surpris mon regard.
« Pas d’inquiétude, je nous ai seulement isolés quelques minutes. Ils ne s’en rendront pas compte. »
Si j’avais eu quelque chose dans la bouche, j’aurais probablement de nouveau tout recraché. À la place je tirai un tabouret vers moi et m’assis.
« Je ne comprends pas. »
Il soupira.
« C’est normal, je suppose. On ne peut pas en plus vous demander d’être maline. Je vais vous donner les grandes lignes. »
J’écoutais ce qu’il me racontait comme détachée de moi : j’entendais d’un côté ses paroles ; de l’autre, je ne pouvais que les trouver complètement absurdes. Pourtant, l’homme restait sérieux pendant qu’il débitait d’une voix claire ses conneries sur les dangers qui menaçaient la ville et le besoin de réunir les meilleurs éléments pour y faire face.
« Nous avons bien étudié votre capacité à vous fondre dans la masse, à être là sans être remarquée. Ce n’est pas qu’on ne vous voit pas. C’est qu’on vous voit, puis qu’on vous oublie. C’est prodigieux. »
Je vidai mon verre cul-sec.
« Super. Vous venez de me raconter tout ça pour dire que personne ne me remarque et que c’est vraiment trop bien ? »
L’homme comprit sa gaffe et eut la politesse de faire une grimace gênée.
« J’imagine qu’il y a des situations où c’est difficile à vivre. Bref… si vous êtes intéressée, rejoignez-nous ce soir à cette adresse. Tout le monde vous attend. »
Il me passa un morceau de papier rectangulaire sur lequel je tentai de déchiffrer quelques mots écrits à la main. Quand je relevai la tête, il n’était plus là.
« Hé ! »
Je courus vers la sortie, manquant de renverser un client pris d’une envie pressante. Sur la terrasse, pas de trace de l’homme.
Le con n’avait pas payé.
Tout le reste de la journée, je triturais le papier entre mes doigts, me demandant si je devais y aller ou pas. Toutes les règles de prudence disaient que non, mais son histoire m’intriguait et je voulais récupérer mon argent.
J’en avais marre d’être prudente.
« On ferme à 19h ce soir ! j’annonçai sur la terrasse.
— Oh non Anne, tu peux pas nous faire ça !
— Allez Anne, sois sympa.
— Attendez, elle a un rencard ?
— Ils disent date, les jeunes aujourd’hui… »
Je leur tournai le dos sans répondre. Derrière moi, les spéculations continuaient de bon train. Il n’y eut heureusement pas de remous à l’heure d’encaisser. Une fois le bar vide, j’hésitai un moment à rentrer chez moi pour me changer, mais je résolus plutôt de ranger. Au moins, si je ne revenais pas, on verrait autre chose que le bordel que je laissais habituellement à la fermeture.
Je sortis peu avant vingt heures. La plage commençait à se vider des touristes, et les locaux en reprenaient possession. J’ôtai mes chaussures pour marcher sur le sable mouillé, les pieds baignés par le flux et le reflux des vagues. Je fixais, au bout, le phare, abandonné et squatté depuis plusieurs dizaines années. C’était là que je devais aller, j’avais immédiatement reconnu l’adresse. Ça n’avait pas atténué mon inquiétude. J’y avais passé des heures d’exploration, adolescente, à essayer de me cacher du monde et d’en inventer un nouveau, à une époque où on pouvait encore y aller sans trop de risques. Je redoutais ce que j’allais trouver à l’intérieur quinze ans plus tard.
Le soleil du début de soirée chauffait agréablement. « Faudrait sortir tôt plus souvent », je me disais. Ou sortir plus souvent, d’ailleurs. Mais la question était toujours la même, lancinante. Avec qui ?
J’arrivais.
La porte avait disparu depuis longtemps, et les quelques efforts qui avaient pu être faits pour la remplacer avaient été réduits à néant avec une rapidité qui forçait l’admiration. L’entrée béait, les restes des blocs de ciment gisant, épars, tout autour. L’intérieur était noir et je n’avais pas apporté de lumière.
Je me dandinais là, hésitant et sentant ma résolution faiblir. Après tout, ça n’était que huit euros.
« Huit euros et des promesses », je dis à voix haute. Je me décidai à entrer.
Je fis quelques pas en avant et laissai mes yeux s’habituer à la pénombre. Le phare était silencieux ; on n’entendait que le vent qui sifflait au-dehors et, de loin, quelques cris sur la plage. Alors que je commençai à y voir quelque chose, les souvenirs se superposèrent au présent. Je me revoyais regardant, immobile, des étrangers investir mon monde sans faire attention à moi. Je voyais, ici ou là, des éléments qui n’étaient plus à leur place ou qui avaient tout simplement disparu ; des tags sur certains murs et des mégots sur le sol. Quinze ans avaient passé et le monde ne m’avait pas attendue.
L’escalier qui menait aux étages était encore là, lui. Je gardais ma main sur la vis de pierre — froide — pendant que je grimpais. Le premier étage ressemblait vaguement au rez-de-chaussée. Je savais, sans avoir besoin d’y voir grand-chose, qu’il ne restait plus rien du mobilier originel, déjà en piteux état à l’époque où je venais lire contre la fenêtre.
Les étages défilèrent les uns après les autres et je continuais à monter. Ils étaient au sommet, j’en étais sure à présent et, à mesure que je m’approchais, je ralentissais mon pas, tentais de me faire discrète. Une lueur toute faible apparut au-dessus de moi et, quand le vent se calma, les sons étouffés de mots chuchotés le remplacèrent.
J’y étais.
Les dernières marches furent longues à parcourir. Je m’arrêtais tous les trois pas pour écouter, tenter de saisir quelque chose de ce qu’il se passait en haut. Une fois sur le pallier, je restai derrière la porte, n’osant qu’à peine regarder. Lors d’un bref coup d’œil, je réussis à saisir l’organisation de la pièce qui avait été restaurée et meublée depuis mon dernier séjour. Il n’y avait pas de fauteuil, à l’époque ; ni de table tenant encore debout. De là où j’étais, les discours étaient plus accessibles.
« On ne peut plus attendre, disait une voix. Nos petites réunions ne mènent à rien. Il faut agir ce weekend. »
Un silence prolongé, ponctué de murmures d’assentiment, approuva la proposition.
« Ce qui nous amène, reprit quelqu’un d’autre, à cette jeune femme dont tu nous vantais les qualités, Jean-Claude. »
Je reconnus dans la réponse la voix du bar.
« Elle devrait déjà être là… je ne comprends pas. »
Presque sans m’en rendre compte, je m’étais avancée à petits pas dans la pièce, gagnant ainsi un meilleur point de vue sur les quatre hommes qui entouraient une bouteille de whisky bien entamée. L’un deux avait tourné, brièvement, la tête vers moi, avant de recentrer son attention sur ses compagnons.
« Je crois qu’elle ne viendra pas, conclut Jean-Claude.
— Je suis là », je dis.
Devant leur absence de réaction et les regards vides posés sur la bouteille, je repris, plus fort :
« Je suis là ! »
Ils sursautèrent et braquèrent leurs yeux sur moi. Ça dura un moment, puis je me raclai la gorge.
« Vous n’avez pas payé. »
Nouveau silence, puis ils éclatèrent de rire.
« En effet. Excusez-moi, c’était très grossier. Probablement un acte manqué pour vous faire venir. Combien ça fait ?
— Huit.
— Gardez la monnaie, il me dit en me tendant un billet de dix. Pour avoir fait le déplacement. Et je vous en prie, installez-vous. »
Je fourrai le billet dans ma poche et, en me demandant toujours si je ne faisais pas une énorme bêtise, je m’assis dans le fauteuil qu’on m’avançait, non sans rester sur le bord, prête à décamper si nécessaire.
« Du coup, reprit un des hommes. Ce weekend ? »
Tout le monde acquiesça et le silence retomba.
« Euh… allô, je suis là. Vous allez m’expliquer ? J’ai pas fermé plus tôt pour qu’on ne me dise rien. »
Un moment, ils parurent surpris de me voir là, puis la lumière se ralluma dans leurs yeux.
« Ah oui. Excusez-nous…
— Anne.
— Anne. Oui… Anne. »
Il sembla se perdre une nouvelle fois dans ses pensées et oublier ma présence, mais se reprit juste à temps.
« Vous voyez, vous êtes parfaite. Vous vous fondez dans le décor et nous devons mobiliser toute notre attention pour ne pas vous perdre de vue. Et puis vous n’avez pas froid aux yeux, l’esprit d’aventure, tout ça. Exactement ce qu’il nous faut. »
Il dut se rappeler mes sentiments en la matière puisqu’il embraya rapidement.
« Bref, où en étions-nous ? Ah oui, vous expliquer la situation. Pour faire simple, nous avons un problème de sorcières.
— Pardon ?
— Des sorc…
— Oui, oui, des sorcières. Qu’est-ce que vous entendez par là, au juste ? »
Haussements d’épaules.
« Robes noires, chapeaux pointus, sortilèges, tout ça.
— Et les rires maléfiques.
— Et les invocations de démons.
— Vous vous foutez de ma gueule, hein ? »
Je les regardais tous, mais s’ils jouaient la comédie, ils étaient très doués. Je me voyais déjà apparaitre en caméra cachée comme la dernière imbécile qu’un connard d’humoriste avait trompée.
« Faut que je boive quelque chose. »
J’avalai une grande rasade de whisky et manquai de le recracher ; puis, plus raisonnable, je me servis un verre.
« Et donc ces sorcières dévoreuses d’enfants, quel rapport ça a avec moi ? »
Je bus un peu plus, m’attendant au pire.
J’avais raison.
Quand je me retrouvai, deux heures plus tard, devant l’hôtel désaffecté qui servait de planque aux prétendues sorcières, je me demandais encore comment je m’étais laissée embarquer là-dedans.
J’avais l’impression de m’être sacrément fait avoir.
« Sois juste toi-même et tout devrait bien se passer », m’avait dit Jean-Claude. En théorie, ma mission était simple : m’infiltrer fouiller le bâtiment pendant que les sorcières étaient absentes et en apprendre le plus possible sur elles et leurs projets afin de pouvoir les contrer rapidement. Mais je savais très bien, alors que je passais la porte branlante, que la réalité correspondait très rarement à la théorie.
J’étais dans un grand hall à peine éclairé par un panneau d’issue de secours. Je frissonnais malgré la chaleur estivale : il y avait toujours eu des histoires sur cet endroit, abandonné depuis des années. Des histoires pour faire peur aux enfants, je m’étais dit ado. Maintenant, je n’en étais plus si sure. Aplatie contre un mur, j’observai minutieusement les environs. Tout était calme, à première vue, je ne percevais ni bruit ni mouvement autre que ma respiration trop forte. On devait m’entendre à cent mètres.
« Du calme, ma fille. »
Comme si parler à voix basse me rendrait plus discrète.
Je me décidai pour un grand escalier ouvragé et encore dans un état correct, sur la gauche. Il montait en spirale vers l’étage. Le marbre était tiède. Je me retrouvai dans un couloir ponctué de lanternes à huile, presque neuves, accrochées aux murs décrépis. Au fond, une porte était ouverte et une lueur verdâtre émanait de la pièce. Je m’avançai d’un pas décidé, tentant de cacher ma peur tout au fond de moi. « Il n’y a personne. Ils te l’ont promis. Tu regardes, tu fouilles un peu et tu te tailles. Il ne va rien t’arriver », je me disais, mais ça sonnait faux. J’avais un mauvais pressentiment qui montait et prenait de plus en plus de place dans ma poitrine. Je m’arrêtai au coin de la porte. À l’intérieur, de la fumée s’échappait d’un grand chaudron bouillonnant. Penchées au-dessus, trois formes en noir ricanaient. Les murs étaient encombrés d’étagères supportant des pots dont je préférais ignorer le contenu. On ne parlait pas.
« Autant pour la maison vide. »
Je fis quelques pas en avant et tombai nez à nez avec un visage.
« Bouh ! »
Tout devint noir.
Quand j’ouvris les yeux, je me demandai où j’étais. Le chaudron avait disparu et une douce lumière — électrique — éclairait la pièce. J’étais dans un fauteuil confortable, face à une vieille dame.
« Parfait, vous voilà éveillée. Ce sera mieux, pour discuter. »
Discuter de quoi ? De la meilleure façon de me tuer ? Un joli sourire tenta de me rassurer.
« Je ne sais pas ce que vous ont dit ces vieux boucs, mais nous n’allons pas vous faire de mal. D’ailleurs, si vous voulez, vous pouvez partir. Nous ne vous retiendrons pas. »
J’étais sceptique, et elle dut le remarquer. Elle éclata de rire.
« Mais qu’est-ce qu’ils vous on dit ? »
Je dus réfléchir pour me souvenir de toute la discussion.
« Je… que vous êtes des sorcières, d’un grand danger, d’invocations de démons… »
Nouveau rire, qui se mua en fou rire, et un moment j’eus peur qu’elle ne fasse une crise cardiaque. La dame finit par se redresser cependant et frappa à une porte latérale que je n’avais pas vue.
« Les filles, venez entendre ça. »
Deux dames du même âge entrèrent, l’une portant une théière et l’autre des aiguilles et de la laine.
« Elle croit que nous… comment vous avez dit ? Que nous invoquons des démons ! »
Leurs mines étaient moitié souriantes, moitié compatissantes.
« Ils vous ont vraiment raconté n’importe quoi, hein ?
— Mais, et les robes, et le chaudron et… »
Je ne comprenais plus ce qu’il se passait.
« Oh, mais nous sommes des sorcières. Mettez-vous à l’aise, prenez du thé. »
Je me laissai servir, bus une gorgée contre toute prudence.
« Et eux sont des mages, évidemment. Bien sûr, nous avons quelques différents. Mais nous nous envoyons des candidats.
— Des quoi ?
— Des candidats. Ou plutôt des candidates, en ce qui nous concerne. Vous voulez être une sorcière, Anne ? »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Bonjour Rémi,
En attendant, je me servis un verre d’un liquide infâme qu’on osait appeler bière
un peu trop,je trouve
Peut-être. L'infâme en particulier ou la phrase en générale ?
non sans avoir gouté à la « tournée de la patronne » qui leur permettait de finir d’éventuelles bouteilles.
je pense pas qu'elles soient éventuelles ces bouteilles
(éventuels fonds de bouteille ?)
Vraie question. Il peut arriver qu'il n'y ait plus rien d'ouvert, non ?
À la fin, quand ils partaient, leurs verres vides
ça fait bizarre après le "Les derniers clients partirent à 23 heures"
En effet ; je n'ai gardé que le "à la fin"
je me contentais d’un hochement de tête inaudible
par définition, un hochement de tête est inaudible...
Certes. (Supprimé)
couraient
Je vais renvoyer mon correcteur
pas très joli ce "à la place"
Il est vraiment gênant ?
ses paroles (non ?)
Si, absolument
et le "tout ça", il se rapporte à quoi ? le lecteur ne sait pas trop ce qui a été raconté
C'est vaguement résumé au dessus, non ?
"ma"
et je pense que c'est faible pour emporter sa décision, le prix d'une bière...
Et d'un verre de vin.
(Sur la côte, ça peut vite valoir le déplacement).
vers vingt heures, c'est plus que fin d'après-midi, non ?
(si tu gardes, faut un tiret)
Je me suis posé la question, et ça dépend de quand dans l'été, à vrai dire.
Vais y réfléchir (et ajouter le trait d'union en attendant)
assez gore cette faute ! (excusez)
Surtout que je ne l'ai pas vue en me relisant.
"même sans clim" me semble de trop
Je vais laisser pour le moment, j'y réfléchirai.
Merci pour ton commentaire. Je vais essayer de trouver le temps de "préparer" la chute (tout en restant dans la limite du nombre de mots, ce qui n'est pas facile. Je peux probablement trouver de quoi supprimer encore ailleurs).
Bonjour Spes,
Tes remarques sur la chute rejoignent celles de Rémi, et répondre à au moins une partie des questions que tu poses devrait être une bonne méthode pour remédier au problème que vous soulevez.
"On ne peut pas en plus vous demander d’être maline." > il est cash xD
Je crois que j'imaginais au début ce personnage plus finement (et avec plus d'importance) qu'il n'en a eue au final.
"de l’autre je ne pouvais que les trouver complètement absurdes." > une virgule en plus ?
Absolument
"« On ferme à 19h ce soir ! j’annonçai sur la terrasse." > je croyais qu'elle n'était que serveuse ?
Ça a changé au fil de l'écriture et il me semblait avoir décidé finalement pour qu'elle soit patronne. Il reste peut-être des éléments qui font que ce n'est pas clair ? (il y a bien "une autre serveuse", mais elle décrit là la façon de penser des gens à mon sens).
"Vous voulez être une sorcière, Anne ?" > 'voulez-vous' ?
Je ne sais pas, cette inversion ne me semble pas très naturelle.
J''update le texte de suite !
Bonjour Marygold
je me servis un verre d’un liquide infâme qu’on osait appeler bière et continuais à regarder le monde
continuai
Je ne sais pas ; pour moi le verbe continuer en lui-même s'inscrit dans une action longue, et donc l'imparfait se justifie.
Je rentrais chez moi en rasant
rentrai ?
Pareil, j'ai du mal à le voir comme quelque chose de court, surtout que je le développe après
Une fois rentrée, je m’emmitouflais dans un châle et, clope à la main, je fumais
Techniquement, elle ne fume pas vraiment si sa clope est à la main ?
Elle fume des pores :noange:
— Une bière. Et prenez-vous quelque chose aussi. »
Il avait la voix trainante et pas l’accent du coin. Ni la politesse, d’ailleurs. Je posais le demi mousseux devant lui, puis me servis un verre de vin. L’homme me tendit son bock et je trinquai de bon cœur. J’avalai une gorgée sans le quitter des yeux.
J’ai pas compris la phrase sur la politesse. C’est pas poli de proposer à la patronne de prendre un verre ? Et si non, pourquoi elle trinquerait de bon cœur ?
Le manque de politesse était dans l'absence de "bonjour".
Et j'entendais le bon coeur comme dans "contre mauvaise fortune, bon coeur"
Je note que ce n'est pas clair, je regarderai comment arranger ça.
Plutôt « j’écoutais ce qu’il me racontait » (vu la suite)
Corrigé.
Hum, pour un demi de bière, est-ce vraiment indispensable ? Ca me paraît un peu faible comme argument.
Tu n'es pas la première à le noter. Comme l'écrivait Spes, il faudra effectivement que je prépare le fait qu'elle y aille.
Pourquoi pas « annonçai-je » ?
Pourquoi annonçai-je ?
Là, c’est un peu rapide comme rythme. J’étais tellement prise dans ses réflexions que j’ai à peine lu le « J’arrivais » en fin de paragraphe et je me suis retrouvée toute perdue au paragraphe suivant. C’est un peu ma faute d’avoir lu vite, mais je me demande si le « J’arrivais » ne serait pas mieux en intro du 2e paragraphe ?
C'est noté. Je vais essayer de bien retravailler le texte ce weekend et donc de voir comment intégrer l'ensemble des remarques sur la cohésion d'ensemble du texte (je me suis contenté de retouches de façades, jusque-là.)
La vache, il est cher son demi ! Ah mais il paye aussi pour le verre de vin, je suppose ^^
Exactement.
(Et puis bon, bar de plage.)
Au loin ? Ou « de loin en loin » ?
Je ne suis pas sûr de comprendre le "de loin en loin", mais l'idée est que les cris sont loin et que ça a un effet sur la façon dont ils sont entendus.
Au loin fonctionnerait aussi bien, je suppose.
Je ne comprends pas cette phrase. Elle se souvient de sa jeunesse, mais qui sont les étrangers et à quoi fait-elle référence ?
Aux squatteurs qui l'ont peu à peu remplacée dans le phare.
Je note que ça n'est pas clair.
Des mégots plutôt, non ?
En effet.
J’aime bien l’ambiance mais « les sons » renvoient au verbe « apparut », ce qui sonne bizarrement
J'ai du oublier un mot.
J'ai mis :
"Une lueur toute faible apparut au-dessus de moi et, quand le vent se calma, les sons étouffés de mots chuchotés le remplacèrent."
Mais je ne suis pas encore convaincu.
J’étais déjà prête à me sauver, de peur, en leur répondant trop, de les encourager
Oula, c’est saccadé comme phrase ! Peut-être qu’il est possible de la reformuler ? En l’état j’ai d’abord cru qu’elle était prête à se sauver, par peur ^^
Je tente "J’étais déjà prête à me sauver. J’avais peur, en leur répondant trop, de les encourager et de mettre le doigt dans un engrenage d’où je ne pourrais plus le retirer."
« Elle croit qu’on est des terroristes, qu’on prépare un attentat. »
Mmm, et si nous bannissions le « on » remplaçant le « nous » ? ;) Surtout dans la bouche d’une vieille dame !
Absolument.
D’abord que la narratrice soit transparente. Je trouve que c’est une super idée et tout à fait réaliste, mais je trouve ça bizarre qu’elle soit patronne de bar parce que ça ne colle pas bien à ce métier justement. Alors ça explique sans doute que son bar ne marche pas – ce que tu sembles dire à demi-mots dans le début du texte ? Si c’est bien ça, je pense qu’il faudrait le dire plus clairement, en remaniant les premiers paragraphes en ce sens. Là, on est intrigués par cette fille qui dit qu’elle est serveuse et que les gens passent devant son bar sans la regarder, mais ça ne va pas plus loin parce qu’on peut imaginer plein de raisons pour lesquelles des touristes passent devant un bar sans entrer. Alors ok elle dit qu’elle est invisible mais bon, en tout début de texte c’est une info sur laquelle on ne s’arrête pas forcément. Bref, je pense que tu pourrais expliciter les choses, et par exemple une phrase comme « L’Idiot vivait son dernier été ».
C'est une bonne remarque. Je peux pas tout changer dans la mesure où ça remettrait en cause l'ensemble de la structure du texte, mais c'est intéressant.
Après dans ma tête ça n'est pas forcément parce qu'elle est transparente que le bar ne marche pas, effectivement.
Deuxième point qui m’a gênée c’est la facilité avec laquelle la narratrice se laisse embarquer par les évènements. Elle semble être de nature solitaire et recluse mais hop elle va là où on lui propose d’aller sans avoir l’air de se poser trop de questions. La première fois, le coup du verre pas payé, ça m’a fait tiquée ; après, je me suis rendue compte que ça passait plutôt bien dans la rencontre avec les mages. Mais du coup, tu pourrais peut-être en faire un argument supplémentaire dans sa décision, mais pas le principal (genre, seulement remplacer le « surtout » par un « puis », je sais pas ?). La seconde fois, cependant, quand elle se rend chez les sorcières, ça m’a paru vraiment bizarre. Le côté « je ne sais pas comment j’en suis arrivée là » pourrait à la limite passer si on se dit que tout s’est déroulé si vite qu’elle n’a pas eu le temps d’y penser, mais c’est contredit par le fait qu’elle ait passé du temps à expliquer le fonctionnement du bar aux mages. Donc y a sans doute quelque chose à améliorer de ce côté ? (Ou alors carrément lui donner un côté aventurier qu’elle a bien caché parce qu’elle n’avait pas jusque là l’occasion de le montrer ? Je pense que ça pourrait marcher aussi)
je prends effectivement ta 2e proposition (enfin, je vais essayer). Pour moi, elle n'est pas spécialement solitaire ; pas par choix en tout cas.
Sinon je trouve qu’il y a quelques autres points qui mériteraient d’être explicités. Pourquoi ils s’envoient des candidats ? Et aussi sur la jeunesse de la narratrice, j’ai trouvé sympa la balade du phare mais ce serait cool d’expliciter un peu sa vie, comment elle en est arrivée là, etc.
J'essaierai aussi. Si j'arrive à couper par ailleurs pour rentrer dans les 3000 mots.
Merci pour ton commentaire, tes appréciations et critiques. J'espère bien pouvoir proposer une deuxième version.
Bonjour Ocubrea,
Pour "continuai" : voir la réponse à Marygold tout en haut.
Puis je me retrouvais seule et, tout en sachant que je le regretterai le lendemain, je fermais le bar sans faire la vaisselle.
"regretterais"
Tu es sure ? Pour moi c'est bien le futur qui s'impose ici.
Demain fut aujourd’hui, puis devint hier
Je n'arrive pas à déterminer si j'aime bien ou moyen ce bout de phrase. A la première lecture il m'a paru étrange, à la deuxième je me suis habituée…
J'ai eu un peu la même sensation en l'écrivant.
Dans le doute, je vais la garder.
Ces quelques phrases ont du potentiel mais je les trouve un peu maladroites. Qu'est-ce que tu penserais de remplacer le "ça" par "ce" et de jouer un peu sur la ponctuation ? (Par exemple, au pif : "Ce n'était pas grand-chose. Peut-être un soupçon de détermination, ou d'impatience, en plus - suffisante cependant pour distinguer ce geste des mouvements fatigués et routiniers des habitués."). Enfin, ce n'est pas choquant non plus, donc c'est juste une proposition.
Je tente : "Ça n’était pas grand-chose. Seulement un soupçon de détermination — ou d’impatience — en plus ; suffisant cependant pour distinguer ce geste des mouvements fatigués et routiniers des habitués. "
(En corrigeant la faute d'accord au passage)
"deux yeux bruns devant un vague sourire ? Je ne sais pas, ça fait bizarre…
En effet. Faudrait changer toute la phrase donc pour l'instant je remets à plus tard, mais je vais y songer.
Je ne le trouve pas particulièrement impoli… Et pourquoi est-ce qu'elle trinque de bon cœur, dans ce cas ?
Cf. la réponse à Marygold. Tu es la 2e personne à me faire la remarque, va falloir que je regarde ça.
Tout le reste de la journée, je triturais le papier entre mes doigts, me demandant si je devais y aller ou pas. Toutes les règles de prudence disaient que non, et j’étais plutôt prudente. Son histoire m’intriguait néanmoins et, surtout, je voulais récupérer mon argent.
C’est ce qui emporta m décision.
"triturai", je pense… et "ma décision".
Hum, je ne suis pas d'accord avec le passé simple, si ça dure toute la journée.
Je trouve étrange de dire "qu'elle avait compris" où elle devait se rendre en lisant l'adresse, étant donné qu'une adresse, c'est quelque chose de relativement précis, c'est une connaissance et pas un raisonnement : on sait, mais on ne "comprend" pas. Je trouverais ça plus juste de dire quelque chose dans les lignes très approximatives de : "C'était là que je devais aller, si je me fiais à l'adresse gribouillée sur le bout de papier".
Je note. Je verrai bien quand je reprendrai.
Avec qui ? « Bientôt, tu n’auras plus à te poser la question. » J’arrivais.
Pourquoi est-ce qu'elle n'aurait bientôt plus à se poser la question ?
Parce qu'elle arrive et qu'elle aura les réponses ?
Après tout, ça n’était que huit euros.
Huit euros ?! C'est super cher
Oui ; mais il y a deux verres et c'est un bar de plage
Une fois sur le pallier, je restais derrière la porte, n’osant qu’à peine regarder.
"restai", je crois ?
Comme plus haut, pour moi c'est une action continue, donc imparfait
« On ne peut plus attendre, disait une voix. Nos petites réunions ne mènent à rien. Il faut agir ce weekend. »
Un silence prolongé, ponctué de murmures d’assentiment, approuva la proposition.
« Ce qui nous amène, reprit quelqu’un d’autre, à cette jeune femme dont tu nous vantais les qualités, Jean-Claude. »
Je reconnus dans la réponse la voix du bar.
« Elle devrait déjà être là… je ne comprends pas. »
Je ne comprends pas vraiment cette conversation à la lumière de ce qui est expliqué à la fin…
Je me doutais que ça poserait un peu problème parce qu'effectivement, ça a été écrit avant que je parte sur ce choix de fin (qui n'a été décidé qu'à la toute fin de l'écriture, je crois). L'hypothèse de la comédie est bonne, mais ne colle pas tout à fait non plus. J'essaierai d'arranger ça.
De manière plus générale, j'ai beaucoup aimé ce texte. Je trouve que c'est globalement très bien écrit, que ta narratrice est bien campée, et surtout que la fin est originale et bien trouvée. Je m'attendais à quelque chose d'un peu bateau, et ben non ! Bravo pour ça, et surtout pour la manière dont tu l'amènes, dès le moment où la narratrice pénètre dans le bâtiment.
Merci ! C'était une de mes craintes, et j'ai galéré sur comment finir ce texte pendant un moment, alors content qu'il te plaise.
Merci aussi pour tes remarques pertinentes.
Au travail maintenant.