Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: BettYY le 27 Juillet 2018 à 13:49:40

Titre: L'Appel.
Posté par: BettYY le 27 Juillet 2018 à 13:49:40
"-Allô ?
-Oui c’est moi, tu m’entends ?
-Oui oui.
-Tu vas bien ? Tu as fait ce que je t’ai demandé ?
-Non je-
-Mais c’est pas vrai…,
soupira-t-elle agacée. T’avais qu’une chose à faire aujourd’hui, une seule ! s’énerva-t-elle. Et tu l’as pas fait ! Pourquoi tu l’as pas appelé ?
-Je… j’étais occupée.
-Qu’est-ce que tu faisais ?
-… Des choses.
-Quelles choses ?
-Des choses que tu n’as pas besoin de savoir.
-Et pourquoi ? Je suis ta mère quand même !
haussa-t-elle le ton. … Je vais te dire moi. Je sais très bien ce que tu fais de tes journées : tu perds ton temps à discuter avec tes copines par téléphone, à chercher je ne sais quoi sur ton ordinateur et à regarder la télé ! Mais c’est pas ça la vie !! cria-t-elle, alors que, non, je ne faisais aucune de ces trois choses-là. Tu n’arriveras à rien dans la vie si tu ne te bouges pas plus que ça ! Tu n’avais qu’un putain de coup de fil à passer !! Qu’est-ce que tu crois que tu vas faire plus tard si tu n’es même pas capable de ça ?! Oh !! Tu m’écoutes ? Réponds-moi ! hurla-t-elle.
-Oui oui je t’entends. Je l’appellerai demain.
-Non tout de suite ! Demain ce sera trop tard, tu l’appelles tout de suite et après tu m’appelles moi pour me dire ce qu’il t’a dit.
-… Non.
-Quoi ?
Rugit-elle.
-Non, il est 22h passée, je ne vais pas l’appeler tout de suite, il est trop tard, je vais le déranger. Je l’appellerai demain.
-Tu l’appelles tout de suite !
Rugit-elle de nouveau. Je m’en fous qu’il soit tard, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même : tu n’avais qu’à le faire plus tôt !
-Tu sais très bien que je n’aime pas appeler les gens que je ne connais pas,
tentai-je, espérant naïvement de la compréhension.
-Je m’en fou ! Moi aussi y’a plein de choses que je n’aime pas faire mais je me pousse au cul et je les fais quand même !
-C’est complètement différent.
-Pas du tout !
trancha-t-elle. C’est juste que toi tu attends que tout te tombes dans le bec. Si nous on ne fait rien, rien ne se passe ! Regarde : ça fait des mois que tu es toute seule dans ta campagne et t’as toujours pas trouvé le moyen d’être embauchée quelque part ! Tu ne suis pas d’études ! Tu ne fous rien de tes journées !!
-Je t’ai déjà dit qu’il y avait très peu de travail ici, qu’ils cherchaient des gens expérimentés et que j’ai déjà fait des essais mais que ça n’a rien donné. Et je m’occupe des animaux.
-Arrête de te cacher derrière ça,
contra-t-elle durement.
-Les chèvres s’échappent souvent.
-Ça ne prend pas autant de temps que tu le dis !
S’agaça-t-elle.
-Comment tu peux le savoir ? Tu ne t’en es jamais occupée ! Osai-je, contrôlant ma révolte. Elles s’échappent beaucoup, quatre fois par jour en ce moment ! Et n’oublie pas que maintenant j’ai quatorze bébés en plus ! Complétai-je en omettant soigneusement de préciser que les aimer prenait aussi du temps.
-Et alors ? Ça ne te prend pas toute la journée à ce que je sache ! Hurla-t-elle encore, me forçant à éloigner le combiné de mon oreille le temps de sa tirade. Tu les sors le matin, tu les rentres le soir, ça te prends une demi-heure maxi ! Et si elles s’échappent c’est de ta faute : tu n’as qu’à entretenir le grillage ! Tu n’as que ça à faire bon sang !! Et les bébés tu les laisses tranquille, ils vont bien se débrouiller tout seuls ! Je suis sûre que tu passes beaucoup trop de temps avec ces chèvres… Tu perds ton temps !!
-Le grillage est entretenu, tu sais très bien qu’elles passent au-dessus,
me défendis-je en haussant timidement le ton, mais plus las que convaincue. Et je me fiche de ce que tu dis : j’ai déjà perdu trois bébés, ça suffit.
-Dix minutes dans une journée ça se trouve n’importe où !
Cria-t-elle de nouveau en ignorant mes dernières paroles. Même moi qui suis surbookée j’aurai pu trouver un créneau pour appeler le monsieur ! Tu es vraiment de mauvaise foi !! Conclut-elle. … Bon. On va arrêter de parler de ça parce que tu me déçois et que j’ai honte de toi, soupira-t-elle finalement. … Où en es-tu par rapport à ta réflexion sur tes études pour l’année prochaine ? J’espère que tu n’as pas oublié que c’est demain dernier délais pour donner ta réponse à la conseillère d’orientation ?
-J’ai choisi de faire une double licence lettres modernes / anglais,
répondis-je en ignorant sa pique.
-C’est quoi lettres modernes ?
-Des études d’ouvrages littéraires.
-Pourquoi pas une licence d’anglais tout court ?
-Les deux programmes me paraissent intéressants mais ont des débouchés réduits, donc les combiner me permettrait de garder des perspectives d’évolutions plus larges. Et ça pourrait m’ouvrir les portes du journalisme.
-Tu ferais mieux de n’en faire qu’une seule.
-Pourquoi ?
-Parce que je te connais. Les deux, tu n’y arriveras pas. Enfin, regarde-toi en face deux secondes !
S’agaça-t-elle de nouveau. Tu ne sais pas te gérer, tu n’es pas raisonnable, tu ne sais pas te forcer pour faire quelque chose, tu n’as de la motivation pour rien… Tu ne seras pas capable de suivre les deux cursus.
-Comment tu peux en être aussi sûre ?
-Parce que c’est ce que tu nous montres !
Railla-t-elle. Non, vraiment, tu ne devrais en choisir qu’une seule. Celle d’anglais. … Après, c’est vrai que tu peux quand même essayer au début de faire les deux mais… ça va être une perte de temps et d’énergie pour rien.
-Tu te rends comptes que tu viens d’induire que tu ne croyais pas en moi ?
-Pas du tout.
-Tu viens de dire un truc du style « Vas-y fais-le, de toute manière tu vas échouer. » Je ne sais pas si tu es au courant mais le rôle d’une mère c’est de soutenir son enfant,
lâchai-je durement. Tu es censée me soutenir dans ce que je veux faire !
-Non, je suis là pour te remettre les pieds sur Terre. Et je n’ai pas dit que tu n’y arriveras jamais, j’ai dit que j’en doutais.
-Mais c’est pareil !
-Pas du tout.
-Mais si !! Psychologiquement ça a le même effet !
-Bon. Je te laisse croire ce que tu veux mais moi j’ai encore plein de choses à faire donc si on pouvait éviter de s’éparpiller sur des choses inutiles et avancer…
Coupa-t-elle. Maintenant prends un papier et note tout ce que je vais te dicter, m'ordonna-t-elle. Demain tu dois : appeler le monsieur, trouver au moins trois universités à nous proposer, envoyer un mail à Solange pour commander les produits pour les chevaux que je t’enverrai par SMS… et commence à poser des CV pour trouver un travail pour cet Été quand on te rejoindra pour les vacances.
-Euh… Tu veux que je trouve un travail à la campagne ?
-Tu veux en trouver un où ?
Articula-t-elle sèchement.
-J’aurai préféré sur la côte, comme ça je rentrerai pendant les vacances et je pourrai voir mes amis.
-Arrête avec tes amis un peu,
gronda-t-elle, tu les verras plus tard, là le plus important c’est de gagner de l’argent pour entretenir ton cheval parce que nous on ne t’aidera plus. T’es majeure, t’as 19 ans, tu dois savoir te débrouiller toute seule. A ton âge je travaillais déjà tout l’été depuis plusieurs années pour me payer l’assurance de ma moto.
-On ne peut pas comparer un cheval à une moto. 
-En plus tu vas devoir demander de l’aide à tes grands-parents maintenant, parce que, vu que tu n’as pas pu trouver de travail cette année, tu as beaucoup moins de sous de côté qu’avant.
-C’est à cause du loyer ça,
raillai-je. J’ai encore un peu de mal à comprendre la logique de ça mais bon… si ça vous fait plaisir.
-On ne va pas en rediscuter,
s’énerva-t-elle encore. C’est parfaitement normal que tu nous payes un loyer.
-Mon entourage n’est pas totalement de cet avis… enfin bon. Oui c’est normal. Je paye mes parents pour habiter dans une maison dont mon nom figure sur le contrat de vente. C’est normal que cette idée de loyer arrive en janvier alors que je suis ici depuis septembre… et que je vous doive tous les mois depuis septembre,
ris-je, moqueuse. A propos du travail pour cet été, repris-je, je préfèrerai quand même retourner sur la côte.
-Quoi ? Tu ne veux pas nous voir ? C’est ça ??
-…
, réfléchis-je à toute vitesse pour trouver une raison. Non, c’est juste que je viens de passer 9 mois toute seule, sans jamais voir personne, donc avec mon année dernière en Angleterre ça fait maintenant 2 ans que je n’ai pas vu mes amis, expliquai-je sincèrement. Alors si je trouve du travail ici ça va encore me bloquer deux mois là, puis je vais reprendre mes études et ce sera fini, je ne pourrais voir personne non plus.
-Et nous alors ? Et ton frère ? Il a envie de te voir lui, il nous demande souvent quand est-ce que tu rentres et il répète qu’il veut passer des vacances avec toi à la campagne. Tu y penses un peu ?
-Je sais, je suis désolée…
soufflai-je, la culpabilité de me sentir égoïste prenant place.
-Réfléchis-y mais commence déjà à poser des CV autour de chez toi, si tu trouves quelque chose tu n’hésites pas et tu sautes sur l’occasion. Tes amis peuvent bien attendre un peu, c’est ta vie qui est en jeu maintenant. Tu imprimes vingt CV et tu les poses demain, je te rappellerai demain dans la soirée pour vérifier. Est-ce que Mireille t’as rappelée ?
-Non.
-Mais c’est pas possible… Elle est chiante celle-là !
Râla-t-elle. Il faut que tu fasses le forcing et que tu la rappelles.
-Elle m’a dit qu’elle était vraiment occupée cette semaine et qu’elle me rappellerait ce weekend.
-Elle fait durer les choses… c’est fou comment les gens sont des rapaces avec l’argent,
pesta-t-elle en ne s’incluant surtout pas à ce groupe de personnes. Elle t’a même pas dit deux mots sur le mail qu’on t’a écrit pour que tu lui envoies ?
-Non. Mais je ne suis pas pressée, je peux attendre ce weekend.
-Mais plus les choses trainent plus elles vont être compliquées !!
Haussa-t-elle le ton. Et ça aurait dû être à toi d’écrire ce mail pour récupérer tes sous !
-Jamais je ne me serais permise de leur réclamer de l’argent sous prétexte qu’après 4 mois on a décidé de changer les prix des weekends où j’héberge Coralie.
-Et pourquoi ?
-Bah de quel droit j’allais décider du jour au lendemain de changer les prix et de leur réclamer cette somme ? Je suis qui pour me permettre ça ? Je ne suis personne ! Si on réfléchit à la hiérarchie... fictive bien sûr, de la société, il y a une sorte de classement des classes sociales et des métiers. Et, tout en bas, il y a les chômeurs et les étudiants. Et moi ? Je ne suis aucun des deux, je ne suis rien, ma catégorie n’existe pas. Je n’avais aucun droit de réclamer quoi que ce soit, je suis tout en bas de l’échelle, encore au sol.
-Mais c’est pas vrai… qui t’as mis cette idée en tête ? Qui t’as fait croire ça ?? Qui a réduit ton estime de toi à ce point-là ??? Tu es une personne formidable ! Ce n’est pas parce qu’on ne fait pas d’études ou qu’on a pas de travail qu’on a moins de valeur !! … Qui c’est qui t’as dit des choses comme ça ? Tu veux que je rappelle la psychologue pour lui parler ? … Est-ce que c’est Mireille qui t’as fait croire ça ?
S’énerva-t-elle de nouveau.
-Non non, je t’ai dit que je n’avais pas encore pu lui parler. Non c’est…, réfléchis-je de nouveau pour masquer la vérité, moi. En regardant autour de moi. Je n’ai juste aucun « grade », rien pour me présenter, c’est tout.
-N’hésite pas à rappeler la psy si un jour tu en as besoin d’accord ?
Prononça-t-elle doucement. Ça m’inquiète de t’entendre dire ça.
-Tu vas encore la voir toi la psy, toi ?
-Non. Il s’est passé un truc qui ne m’a pas plu donc je n’y suis pas retournée. Je ne l’ai pas trouvée correcte avec moi.
-Qu’est-ce qui s’est passé ?
-C’était une séance où elle a voulu qu’on parle de toi, mais j’ai essayé de lui expliquer que je ne pouvais pas t’aider si moi je n’allais pas bien, donc j’ai commencé à lui expliquer ce qui n’allait pas de mon côté parce que j’étais assez mal… mais elle n’a pas voulu m’écouter, elle voulait absolument qu’on ne parle que de toi. Donc j’ai eu l’impression de ne pas être entendue et je n’ai plus eu envie d’y aller.
-D’accord,
répondis-je en souriant, riant intérieurement.
-Et toi la dernière fois où tu lui as parlé c’était en janvier par Skype, c’est ça ?
-Oui c’est ça.
-Vous avez parlé de quoi ? Pourquoi tu as soudainement voulu la contacter ?
-J’avais pas mal de questions en tête depuis plusieurs mois, et je voulais m’assurer des réponses,
dis-je pour rester large.
-Tu n’aurais pas pu nous les poser à moi et à ton père tes questions ?
-Pas vraiment,
pouffais-je en me rappelant de mon « Vous avez tout fait pour m’envoyer en Angleterre, pour m’éloigner... parce que depuis le début vous saviez que ma mère était perverse narcissique, n’est-ce pas ? ».
-D’accord. Est-ce que tu veux parler à ton père ? Il est dans la cuisine.
-… Je n’ai rien de particulier à lui dire.
-D’accord. Bon il se fait tard, allez je vais te laisser, nous on va manger. Bonne soirée, et n’oublie pas de faire tout ce que je t’ai dit, j’espère que tu as bien tout noté. Pose tes CV, dis-moi quand Mireille te rappelle… et pour la licence réfléchis encore mais je te dis que les deux en même temps ça me semble irréaliste. Bisous !
-Bonne soirée.
"
Titre: Re : L'Appel.
Posté par: Chapart le 29 Juillet 2018 à 04:16:43
Salut salut,

Ah, les parents… ton texte m'a fait sourire.  :)

Il y a quelques tournures un peu soutenues que j'ai de la peine à imaginer dans un dialogue entre un enfant et un parent, notamment

Si on réfléchit à la hiérarchie fictive de la société, il y a une sorte de classement des classes sociales et des métiers, et tout en bas, il y a les chômeurs et les étudiants

donc les combiner me permettrait de garder des perspectives d’évolutions plus larges

quelques détails

-Je m’en fou !

fous

cria-t-elle, alors que, non, je ne faisais aucune de ces trois choses-là.

ça j'ai trouvé un peu maladroit, parce que la phrase qui n'est pas en italique reste très orale. Je pense que j'enlèverais, ou alors je reformulerais. ("En réalité, je ne faisais aucune de ces choses-là").

Complétai-je en omettant soigneusement de préciser que les aimer prenait aussi du temps.

 :coeur:  (et là typiquement contrairement à ma remarque juste au-dessus, la phrase de narration est plus soutenue, et je trouve que ça passe mieux).
Je ne sais pas si tu es au courant mais le rôle d’une mère c’est de supporter son enfant,[/i] lâchai-je durement. Tu es censée me supporter !

c'est plutôt soutenir que supporter ; supporter c'est un anglicisme

Je paye mes parents pour habiter dans une maison dont mon nom stipule sur le contrat de vente.

dont mon nom figure sur le contrat de vente



Y a un peu beaucoup de doubles ou triples points d'exclamation dans les répliques de la mère à mon goût ; je trouve que quelques phrases de narration ici et là pourraient permettre au texte de respirer un peu, même si je conçois que dans ce genre de dialogue y a pas forcément de "pauses" (il y en a quelques-unes malgré tout dans le dialogue où on pourrait, je trouve, caser une phrase de narration. Pour le lecteur, ça permettrait de respirer un peu). Sinon, je trouve que ça se lit bien, la fin m'a fait sourire.

Au plaisir de te lire  :)
Chapart


Titre: Re : L'Appel.
Posté par: HELLIAN le 29 Juillet 2018 à 08:54:08
Bonjour,

Je viens de lire ce texte au moyen d'une reconnaissance vocale en raison de mes problèmes de vue qui m'interdise désormais un accès direct à la lecture. En conséquence, je ne puis être gêné par les questions de ponctuation, si elle se pose.
Je ne vous ferai donc aucune remarque de forme. Pour ma part, je n'ai pas souri. J'ai trouvé cette conversation terriblement réaliste, violente et quasiment dramatique. Il s'y joue, en effet, plus exactement, il s'y rejoue, toute la tragédie relationnelle qui habite la plupart des étages de l'édifice parents/enfants : culpabilisation, dévalorisation, etc. Je veux croire qu'il s'agit là d'une pure fiction mais l'analyse qui émane du dialogue est tellement authentique que, soit vous havé un sacré talent de dialoguiste, soit il y a du vécu, soit, troisième hypothèse, il y a un zeste de vécu plus une bonne tranche de talent. Je ferai plutôt mienne cette troisième hypothèse.
Titre: Re : L'Appel.
Posté par: BettYY le 29 Juillet 2018 à 18:17:01
Bonjour Chapart !

Merci d'avoir commenté ! Qu'est-ce qui t'as fait sourire ? Ce n'était pas vraiment le but  :-[  Suivant tes conseils, j'ai modifié la plupart des petites choses relevées... mais pas toutes haha.

"cria-t-elle, alors que, non, je ne faisais aucune de ces trois choses-là." : j'ai choisi de placer cette idée sous cette forme rappelant le langage courant et précisément incrusté dans la réplique de la mère pour montrer que la narratrice aurait voulu dire ça oralement, comme elle l'a pensé, mais que le débit et le début d'hystérie (d'où les nombreux points d'exclamation du coup par la suite) de sa mère l'en ont empêchée.
"Complétai-je en omettant soigneusement de préciser que les aimer prenait aussi du temps." : j'ai cette fois placé cette idée sous une forme soutenue que l'on emploierait pas à l'oral et après une réplique de la narratrice, car elle l'a pensée, mais n'a jamais eu l'intention de la dire à voix haute.

Oui tu as raison, beaucoup de points d'exclamations, mais en dehors des verbes de paroles, aucun autre moyen de montrer les réactions démesurées de la mère ne m'est venu en tête... peut-être aurais-tu des idées ? Après, effectivement, le tout manque de pauses, est assez lourd, pesant... mais c'est l'impression que je cherchais à donner hehe.

A bientôt !

***

Bonjour HELLIAN !

Merci beaucoup d'avoir commenté !
Je ne pense pas que la ponctuation ait une importance majeure ici, les verbes de paroles devraient être suffisant pour saisir le caractère très changeant de la mère.
Oui, le texte est violent, et mon but premier était de produire quelque chose de réaliste. J'ai voulu le construire en gardant le tout subtil, caché pour ceux qui ne lisent que les mots sans en saisir les sens véritables... mais sans qu'il ne soit compliqué à comprendre.
Il y a effectivement (malheureusement) une bonne part de vécu dans ce texte, mais rien n'a été écrit au hasard, donc j'espère que vous avez aussi raison pour la "bonne tranche de talent" !

Au plaisir !

Betty