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Les ridules sur les montagnes verdoyantes déferlent jusqu’en contre-bas. On dirait autant de rus dont l’eau ne s’entend pas vu d’ici. Moi je marche. Les rivières creusent des vergetures sur la face des monts.
Il pleut un peu. Les gouttes, en tombant, ondoient sur ma peau, la cerclent de spirales rosâtres qui s’étendent. Je ferme les yeux et baisse la tête. J’ai la disgrâce en lieu de paysage. Les renflements gonflent : des reliefs surgissent sur mon front, mes tempes, mon nez, mes joues et mon menton. Rondement. Ça me bricole un masque. Fut un temps, mon visage était beige.
Un champ de bosses pullulent en-dessous de mes paupières closes. Un vent rafle les sommets des montagnes, devant moi, à quelques centaines de mètres de mon noir. Je voudrais les aquilons laids. Encore quelques minutes. Par les traits de ma figure, une piste de décollage bossue se dessine. Ma peau tire. J’ai l’impression que des poignards, depuis l’intérieur, entreprennent de la découper. Furoncles et pustules. Je le sais maintenant, c’est du pus dans les rivières.
Ose les regarder, bon sang. Oui mais, ils ne verront que ma face. Certains ont de vrais problèmes. Ma maladie est esthétique et ne provoque aucune douleur physique, alors de quoi je me plains ? Puis, je suis sûr que les autres personnes qui ont de l’acné se cachent aussi. C’est juste qu’on ne voit pas ces personnes-là. On ne voit que ceux qui s’assument et ouvrent leurs bras au soleil. Á moins que ? Comment penserait quelqu’un d’autre qui a découpé le réel autrement ? Je ne sais plus.
J’étais à la piscine un jour, et je m’apprêtais à emprunter un grand toboggan. Je me suis retourné et deux filles pouffaient en regardant mon dos, d’un air dégouté. J’ai pris les escaliers et je me suis enroulé dans une serviette.
Des montgolfières mégalomanes au crâne oval percent mes boutons en leur pointe. Je suis boursouflé à outrance d’ici à ce que les ballons me quittent. Des larmes piquantes me montent aux yeux. Que j’éclate et qu’on en finisse. Ne pas gratter les montgolfières, les laisser me quitter naturellement.
Leur toile sensible ne m’emporte pas mais j’observe, fourbu, leurs nacelles s’envoler par-delà les monts, pleines à craquer de monde.
Sans avoir lu vraiment je sens que se dégage une douce fadeur, quelque chose de résilient mais dont l'ambivalence d'une bonne heure et d'une nostalgie colorée que je commente donc de la manière suivante, a quelque chose de vortexial :Il y a une paix avec autrui qui se distingue d'une guerre contre soi.
Il y a une effarement face à la réalité.
Et je crois qu'au delà de ce texte, une artiste se bouquine tranquillement avec un sourire en coin lorsque ricane la bonne volonté d'une accointance avec l'implication...
Bien à toi Miro