Dévêtu
A sa droite, un petit gros se cramponne jalousement à son seau de popcorns comme s’il tentait de le sauver d’une tornade. A sa gauche, Roméo ne peut se passer de clôturer chacun de ses commentaires, bruyamment murmurés à l’oreille de sa douce, par un répugnant baiser au son humide et extrêmement dérangeant. Derrière, un jeunot agité comme une crevette s’amuse à gueuler des idioties toutes les six minutes pour amuser son troupeau d’imberbes qui s’esclaffe à chaque ânerie. Au milieu de tout ça, celui-ci : Omar AARON.
Quelques heures plus tôt, Omar s’était levé deux fois de son canapé éventré pour s’équiper d’une boisson cancérigène. Il y avait changé de position au moins quatre fois en se grattant sporadiquement la cheville gauche à l’aide de son gros orteil droit par-dessus ses chaussettes brunies de poussière. La télécommande prolongeant son bras pendant sur la moquette polluée de canettes vide et de tâches que l’on a renoncé à identifier, les yeux d’Omar se baladaient videment sur les quelques secondes de programme qu’affichait l’écran entre deux de ses interminables zappings. Omar s’incrustait peu à peu dans les entrailles de son canapé, si bien que le faux cuir lui épilait le dos à chaque aller-retour.
Omar se rendit compte de sa propre déchéance alors qu’il ingurgitait l’ultime gorgée de cette boisson énergétique qu’il enchainait déraisonnablement. Il savourait son premier jour de congé dans un salon miteux, un téléviseur pour seul éclairage, vêtu du dernier caleçon propre qu’il put sauver d’un fond de tiroir… Pas de quoi être fier. Alors Omar se déscotcha la peau du dos du faux cuir et se rua dans sa salle de bain, plein d’entrain, pour s’embellir à coups de tondeuse. Ce soir, Omar sort.
J’échoue donc… Je veux dire « Omar » échoue dans une salle de cinéma bondée pour l’avant-première d’une science-fiction trop populaire. Entre le craquement des popcorns qui se brisent bruyamment sous l’impressionnante mâchoire du p’tit gros, les « smacks » à répétition qui concluent les chuchotis de Roméo et l’agitation à l’arrière. Le crâne d’Omar va se réfugier contre son poing, le bras reposant sur l’accoudoir, et soupire d’agacement. Une aubaine pour les turbulents du dernier rang. Une petite bosse lui soulève le dos à travers son siège. L’homme, calme et patient, s’empresse de l’ignorer et tente de se raccrocher aux quelques minutes de film qui lui séparent de la fin de son calvaire. La seconde bosse lui secoue littéralement la couenne et s’agrémente de petits rires discrets.
A ce moment-là, Omar AARON est traversé par un violent courant électrique qui lui parcourt le corps du nez jusqu’aux cuisses, en s’accentuant au niveau de la nuque et d’une autre partie du corps où il ne devrait pas s’accentuer. Sa mâchoire s’enserre, d’intenses picotement lui parviennent au crâne et aux narines et ses muscles se raidissent subitement. Notre homme porte alors la main à sa poche et en sort un stylo à pointe coulissante avant de faire volte-face. En brandissant la chose, Omar ne pensait que menacer son harceleur. Peut-être la lui enfoncer dans la cuisse, au besoin. Mais Omar eu la maladresse de contempler le jeune homme, son visage trop soigné, son sourire irrespectueux et ses yeux écarquillés et moqueurs sous des sourcils relevés à leur apogée. Omar a ressenti l’insolence gratuite qui s’échappa du perturbateur sous la forme d’un rire étouffé. Alors Omar perd le peu de raison qu’il lui reste et, portant un coup sec et bien trop rapide au cou du jeunot, se surprend à penser :
« J’aurais dû rester à la maison ».
A.
Tagazoc
caleçon propre qu’il put sauver d’un fond de tiroir…
qu'il avait pu (on est avant l'action)
Alors Omar se déscotcha la peau du dos du faux cuir et se rua dans sa salle de bain, plein d’entrain, pour s’embellir à coups de tondeuse. Ce soir, Omar sort.
sortait, allait sortir, sortirait ?
et soupire d’agacement.
c'est le crâne qui soupire ?
On met pas les noms en capslock, en littérature.
(Et même en général, faut arrêter de faire ça dans le monde numérique, les majuscules, c'est pour crier).
Comme disait Chapart, pas mal de problèmes de concordance des temps sur tout le texte, faut se décider entre le présent et le passé. Quelques maladresses, aussi.
La chute est assez sympa, mais laisse quand même une impression de pas fini.