La première clope.
Une première bouffée, une seconde.
L'odeur âcre, âpre, la fumée qui démange.
Elle boit, on la fait boire, les beuveries deviennent quotidiennes.
Les rails, contre son gré, la poussière tout autour qui stagne, qui sature l'air, elle suffoque.
Les plaies béantes dans sa chaire.
La coke, une fois, deux fois, toujours.
Ses vêtements bleu azur déchirés, les ordures qui s'amoncellent.
Les cocktails, toujours, couleurs houille, couleur charbon, blanc laitier.
Les joints, énormes, nocifs bien qu'on prétende le contraire. Tchernobyl, Fukushima.
Les déchets qui obstruent ses veines.
L'odeur repoussante qui émane de son corps gangrené.
Ceux-là qui ne l'aiment plus, qui veulent Mars.
Une seringue, plantée dans sa peau, son sang qui coule. Le produit s'infiltre dans ses veines, elle souffre.
Sa peau qui sèche, qui brûle, qui se craquelle.
Elle inhale ces gaz puissants, ces gaz qui tuent.
Les pompes qui s'éparpillent au sol.
Les veines entaillées.
Les cicatrices.
***
On me demande des fois si elle est « ronde ».
Quelle aberration, ils se voilent la face, ils ne veulent pas voir, savoir.
Je réponds qu'elle l'était. Aujourd'hui, elle souffre. Atrocement. Le peu de cheveux qui lui restent tombent par poignées, elle se vide de son eau et de son sang, elle a des démangeaisons, des hématomes, des plaies béantes, elle a des nécroses, par endroit son corps balafré pourrit.
Et, dans ces moments là, je revois distinctement les cocktails dont je l'abreuve, la poussière, les particules que nous respirons, l'herbe brûlée, les charbons, les solvants, aussi, et les rails, et les fourneaux, et la fumée.
#stopmontagnedor (https://www.sauvonslaforet.org/petitions/1084/president-macron-non-a-la-mine-dor-industrielle-en-guyane)
Γ
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Une petite question pour toi lecteur, "elle" s'appelle comment ?