Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: plumedepapillon le 17 Juin 2018 à 20:01:04
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1) Le « nous » d’avant me manque terriblement, mais je dois garder à l’esprit que c’est bien le « nous » d’avant et pas autre chose. Que tu m’as laissé mourir, que tu ne m’as pas rattrapé la main. Mon esprit est mort quand tu l’as laissé s’échapper. Je dois garder à l’esprit ce pourquoi je t’ai quitté, ce pourquoi j’ai arrêté d’attendre, ce pourquoi je me suis battue. Ce « nous » n’existe plus, ce sont les souvenirs qui peinent, qui déchirent et qui m’arrachent le coeur.
Alors je la sens maintenant, cette brise qui me caresse la joue quand tu n’es plus la pour la caresser, ce vent qui me donne des frissons quand tu n’es plus là pour me serrer dans tes bras.
C’est cette lettre qui n’a aujourd’hui plus de sens. Ce sont ces promesses qui aujourd’hui n’a plus de valeur. Ce sont ces photos qui aujourd’hui ne sont que des souvenirs.
Tu m’as laissé en lambeaux. J’ai tenté de t’expliquer, de t’en parler mais tu n’as rien voulut savoir, tu m’as simplement lâché la main. J’espère un jour réussir à écrire ce qu’il y a à écrire, ce que je dois te partager, ce que tu dois savoir. Malheureusement les mots ne viennent pas toujours car si tu ne parviens pas à voir certaines choses par toi même alors ça ne sert à rien de l’expliquer. Certaines choses ne s’écrivent pas, il faut les comprendre par instinct, seulement l’instinct.
Tu les sens ? Ces hanches qui essayent de se donner le gout de vivre en dansant, sans s’arrêter, à s’épuiser, à s’en crever. Ces mains qui se passent dans les cheveux à se les arracher. Ces yeux qui s’en ferment à devenir aveugle. Ce souffle qui s’essouffle à en perdre la vie. Sur le rythme d’une jazz, seulement d’un jazz.
Le soir tu me laissais seule alors que je venais te voir, alors que je subissais les tourmentes pour parvenir à toi. La journée tu me regardais sans vraiment me regarder, j’étais invisible tu ne me racontais plus de blague, mon sourire t’importait peu. La nuit tu ne rêvais plus de moi, tu ne me prenais plus dans tes bras.
Il faut se rendre à l’évidence que je t’aimais mais que tu m’as oublié plus qu’un instant, et pendant ce laps de temps ma coquille s’est effondrée, s’est ramollie à en devenir une couverture de pourriture. Je n’avais plus l’énergie de faire tenir notre relation seule. Non je ne l’avais plus. J’avais besoin de toi. Mais tu n’étais pas là.
Je t’ai envoyé des signes, j’en ai parlé, mais tu ne m’as pas vu, tu ne m’as pas entendu. A présent je pleure tous les jours sur la décision que j’ai prise mais c’est seulement aujourd’hui que je commence à avoir des regrets, pourquoi ? Pourtant c’est toi qui m’a lâché la main au dessus du gouffre, non ? Ose me dire que j’ai tord
Alors j’écoute de la musique pour combler les vides dans ma tête, pour faire taire les voix qui me torturent, pour étrangler la tienne qui me hurle de désespoir de revenir. Mais ce n’est pas ce qui se passe dans la réalité, dans la réalité tu as lâché ma main, tu ne t’es pas battu pour moi, parce que je ne vaux rien. Tu n’es pas descendu me rattraper, quand mes muscles tétanisés lâchaient toutes prises.
Alors je ne dors plus pour ne pas succomber aux cauchemars de l’Ombre qui me dévorent entière la nuit lorsque je ferme les paupières. Je me sens comme submergée par ces tentacules noires qui m’enlacent et m’embrassent, qui bavent sur mon corps, qui sentent la charogne. Alors je sue, je hurle, je me débats, mais rien, ni personne, ne me débarrasse des entraves. Je me réveille seule, perdue dans mes songes, dans cet effroi.
Alors j’ouvre la fenêtre depuis ma tanière sombre pour chasser mes idées sombres, avant qu’elles ne m’emportent pour de bon, une dernière et ultime fois. Je laisse l’air emplir mes poumons, comme j’aimerai que cet air soit de la fumée qui me détruise. En attendant, mon esprit s’échappe par la fenêtre, je perds peu à peu la tête.
Alors je me maquille, je m’habille pour cacher le désastre intérieur. Je me lève en espérant qu’on ne verra pas la détresse de la veille, de cette nuit mouvementée. Je me cache derrière ce masque, je dissimule mes yeux de malheur derrière ces traits noircis par des coups secs.
Alors je danse dans mon repère car c’est la seule chose qui me donne de l’envie, l’envie de vivre. Au moins la nuit à défaut du jour, car les étoiles m’accompagnent dans ma valse sans fin. Je tournoie sur moi même dans l’espoir qu’un jour mon étoile me remarquera. Je saute, je piétine pour me prouver que mon corps est réel. Et je me balance vivement sur la musique, seule la musique me donne encore du gout, de la couleur, de la joie, de la nostalgie, des sentiments.
Vous, oui vous qui me lisez, prenez garde et prêtez attention à ce que je vous dis...
2) Les avez vous entendu ? Les papillons du gouffre qui vous tournent autour. Les papillons noirs tachetés de gris qui volent près de vous. Ceux dont vous entendez les battements d'ailes incessants, qui vous font tourner la tête. Ces mêmes papillons qui manie l'air afin de vous envoyez des bribes de voix, des sifflements.
Les avez vous senti ? Les ombres volantes qui laissent derrière l'odeur de la mort. Les ombres sinistres qui batifolent au service de la destruction trainant avec les larves pourris par le temps. Ces mêmes ombres qui provoquent en vous un dégout, un relent amer.
Les avez vous vu ? Les chimères des enfers qui jouent avec vous. Les chimères qui vous extirpent de la réalité, que vous seul percevez la présence noire. Ces mêmes chimères qui vous suivent partout ou vous êtes, quoi que vous fassiez, à n'importe quel moment.
Ils forment un tout. Vous êtes la cause de votre propre malheur. Le résultat de quelques années de destruction, de quelques années ou vous avez appelé à l'aide, mais que personne ne vous a répondu.
Ils forment un tout, ils les représentent tous, quels qu'ils soient. Les noirceurs vous bercent dans leurs bras de tentacules sombres visqueuses. Vous vous laissez bercer. La mort est la seule qui veuille bien de vous. Elle vous accepte tel que vous êtes. Vous commencez à la comprendre, à la croire, à la pardonner, à l'accepter, à la rejoindre.
Ils forment un tout, envahissent vos sens au point de vous rendre fou. Vous décrochez de la réalité, vous rentrez dans une psychose.
Les pieds, le corps, la tête dans le gouffre vous vous enfoncez lentement, d'une douleur infinie vers ce dernier foyer qu'il vous reste, les noirceurs. Au risque de perdre ce que vous avez déjà perdu. Car oui, personne ne veut plus de vous quand énergie et couleur vous ont été retiré.
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Salut! Tu nous sers ici un très beau texte, nourri d'expérience. On sent que tu écris à la fois pour toi et pour les autres, et ça donne quelque chose de sublime. Tu utilises beaucoup d'images, à là fois claires et mystérieuses, et tu proposes des idées riches, sensées, intelligentes. Félicitations :D ;D
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@Violoncelle merci pour ton gentil commentaire !!