Bonjour à tous,
Mon premier texte court, voire très court en ce qui me concerne, ne s’enlisa pas dans la lise de l’absurdité. J’ose donc en déposer un deuxième (je suis certain d’en avoir plus de deux).
Comme la plupart de mes textes, il n'est pas d’inspiration sentimentale, mais si vous souhaitez vous amuser un peu, veuillez lire jusqu’à la fin. Oh ! Ce n’est pas l’humour d’Alphonse Allais, mais je dois dire qu’il s’en inspire, au moins dans la forme, enfin… j’espère.
Quatre jeunes gens dans le sud de l’Espagne, visitaient, admiraient ce pays de cocagne. La musique et le chant les avaient réunis. De la tristesse et l’ennui ils étaient prémunis. Depuis longtemps ils exerçaient leurs talents innés, travaillant leurs voix durant de nombreuses années.
Seul, Achille semblait toujours à l’aise. Jamais il ne forçait, ne ressentait un malaise. Doté d’une capacité hors du commun, il semblait qu’il pût tenir une note jusqu’au lendemain.
Toujours avec la même aisance,
Toujours avec la même puissance.
L’ensemble du groupe offrait une large tessiture, de la basse la plus noble au mezzo-soprano de bonne facture.
Seul, Achille couvrait des plus aigües aux plus graves, du fa premier à l’ut de la cinquième octave.
Toujours avec la même aisance,
Toujours avec la même puissance.
Chacun dans l’harmonie apportait le timbre de sa voix. Ainsi les chœurs se modulaient en fonction de leurs choix.
Seul, Achille apportait à l’ensemble son timbre en or, chaud, froid, terne ou brillant selon ce qui manque au décor.
Toujours avec la même aisance,
Toujours avec la même puissance.
Après un repos bien mérité, le groupe eut quelques misères, principalement sur le plan pécuniaire. Ils ne voulaient pas gâcher leurs vacances et tomber dans la délinquance. Ils choisirent de chanter à capella dans toutes les rues de Marbella. Bien sûr les débuts furent timides, très souvent avec les yeux humides.
Seul, Achille gardait en toutes circonstances, voix claire et belle prestance.
Toujours avec la même aisance,
Toujours avec la même puissance.
La troupe prit plaisir à donner ces spectacles. En peu de temps ils surmontèrent bien des obstacles. Ce dynamisme, très vite, attira l’attention, ils furent perdus parmi cent propositions.
Seul, Achille sut trier, en fin stratège, le sérieux, des manipulateurs et leurs cortèges.
Toujours avec la même aisance,
Toujours avec la même assurance.
Ce fut l’avalanche d’enregistrements et tournées, le cœur plein d’applaudissements décernés. Ils imaginaient leur avenir dans un brouillard illuminé, ne sachant à qui se vouer, avec qui s’acoquiner.
Seul, Achille posément prévoyait clairement son futur. Maître de son destin, de personne il ne serait la créature.
Toujours avec la même aisance,
Toujours avec la même assurance.
Le jour vint où Achille trouva sa voie, tous les Opéras souhaitaient s’éblouir de sa voix. Bien qu’il aimât ses compagnons, il se sauva sans regret. Seul.
Ses amis acceptèrent, mais en ressentirent la froidure d’un linceul. Les engagements, les contrats, se firent plus rare, cette pénurie, sans aucun doute due à ce départ. Leur aventure se termina comme une tragédie d’Eschyle.
Ils comprirent, mais un peu tard ; leur faiblesse était le talent d’Achille !
Plus Sympa :
Ce texte est sur mon blog avec des images.