Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Chouc le 16 Mai 2018 à 16:29:33

Titre: Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 16 Mai 2018 à 16:29:33
Lettre à un vestige



J’ai encore rêvé de toi la nuit dernière. Ça te surprend ? Non, moi non plus. Que tu débarques comme une alarme dans mon subconscient juste au moment où je recommence à prendre des risques, à faire confiance à quelqu’un d’autre, ça n’a rien d’une surprise. Je crois même que c’est devenu ta fonction de base, désormais. Résonner comme un mauvais souvenir dès que je commence à baisser ma garde, venir me rappeler à quel point se fier à autrui peut s’avérer douloureux… J’en ai marre de t’attribuer ce vilain rôle, ce qu’on a partagé vaut mieux que ça.

C’était un rêve vraiment étrange. Je pense que c’est à cause de mon récent visionnage intensif de The Walking Dead, je vivais plongée en pleine apocalypse zombie. Des morts partout, de la sécurité nulle part. J’étais avec un petit groupe de survivants. A cette heure-ci, je ne me souviens plus d’aucun d’entre eux, mais au moment de mon réveil, durant la fraction de seconde où j’ai quitté l’onirique pour revenir au réel, j’ai acquis la certitude que je les connaissais tous. De ce rêve ne reste plus que toi. Et Will Smith, mais j’y reviendrai plus tard. Ou pas.

J’étais sortie chercher des vivres pour mon groupe, je crois, lorsque je t’ai croisé. C’est là que ça devient complètement improbable. La civilisation est en train de s’éteindre, le monde disparaît peu à peu, je ne t’ai pas croisé une seule fois ces quatre dernières années, pas même par accident, mais je ne suis pas étonnée de te voir là. J’ai pourtant conscience de toutes ces incohérences dans mon rêve, ça ne m’empêche pas de trouver ta présence normale, presque évidente. Tu as ce sourire. Celui qui arrivait toujours à me faire sourire aussi. Tu n’as pas vieilli, évidemment. Tu te rends compte à quel point c’est grossier de ta part ? Je continue de vieillir dans mes rêves, toi tu es resté figé dans le temps, fidèle à ce que tu étais la dernière fois que je t’ai vu. C’est aussi pour ça que tu ne peux plus continuer de surgir comme ça dans mes rêves au gré de mes doutes. Plus je vais vieillir, plus ta jeunesse sera une insulte pour moi.

On a échangé des banalités, je ne sais même plus lesquelles. La conversation était tellement simple, comme si on s’était quitté la veille et sans heurt. « Tu vas bien ? Oui et toi ? Ca va, j’ai trouvé un refuge sympa, on est une petite dizaine. Ah oui, il y a des gens que je connais ? Non, que des inconnus, et toi ? Des inconnus aussi. On est dans le quartier nord, pas très loin du théâtre, là où vivait Pierrick quand… Je vois. Près de la rivière ? C’est ça. Passe nous voir à l’occasion, si tu as besoin de quelque chose ou… Non, c’est gentil mais ça devrait aller. Bon… Bonne continuation alors. Merci, toi aussi. » Et c’était tout.

C’est marrant parce que maintenant que j’y repense, la plupart de tes incursions dans mes rêves ces dernières années sont calquées sur ce schéma : ton sourire, ta jeunesse, ma non-surprise, nos banalités, moi qui t’invite, toi qui déclines. Presque à chaque fois. Et presque à chaque fois, tu te pointes quand je commence à baisser ma garde avec quelqu’un de nouveau dans ma vie.
 
C’est seulement maintenant que je réalise que j’ai digéré ta trahison. Je sais, le restant de cette lettre laisse penser le contraire, mais je n’ai pas le contrôle de mes rêves. Seulement au réveil, quand j’ai voulu commencer à t’écrire tout ça, j’ai d’abord cherché à mettre de l’ordre dans mes idées. Je ne t’en veux plus pour ce que tu as fait, parce qu’en vérité, je ne ressens plus rien pour toi. Je ne t’aime plus, mais je ne te déteste plus non plus. J’ai arrêté. Repenser à ton sourire m’a fait sourire, repenser à ce qu’on a vécu ensemble m’a fait sourire aussi, repenser à la façon dont ça s’est terminé ne m’a rien fait.

Alors merci. Merci d’être passé dans mes rêves pour me rappeler qu’aussi douloureuse que puisse être une trahison, tout fini par passer. Merci de m’avoir aussi rappelé que le jeu en vaut parfois la chandelle. Merci, enfin, de ne plus être là pour lire cette lettre.

Sans rancune.

N.

Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Alan Tréard le 16 Mai 2018 à 17:52:06
Bonjour Chouc,

J'ai adoré ton texte, je l'ai trouvé très fort et très humain, très évocateur.

Tu évoques la douleur que peut représenter une trahison dans sa vie, j'en ai rencontré aussi sur mon chemin, et je dois dire que j'en ai gardé à peu près les mêmes souvenirs que dans ce texte.

Je ne savais pas qu'on pouvait écrire aux vestiges de sa propre vie, mais ça me donnerait bien des idées, un bon moment d'inspiration !!

Une lecture qui m'a parlé énormément, donc.
Titre: Re : Re : Lettre à un vestige
Posté par: Olik le 16 Mai 2018 à 18:05:11
Alan a dit ce que j'ai moi-même ressenti.

En plus, étant grand fan de Walking Dead je ne peux qu'approuver ce choix. Il a une signification ?
J'ai bien aimé l'absurdité sous-jacente, cette rencontre banale dans cet univers.

La toute fin est vraiment marquante.
Citer
Merci, enfin, de ne plus être là pour lire cette lettre.
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 16 Mai 2018 à 18:10:25
Bonsoir,

Je suis contente que ce texte parvienne à parler de lui-même, bien que je ne puisse pas prétendre l'avoir énormément travaillé.

@Olik
Le choix de The Walking Dead est un non-choix. J'ai écrit les choses telles qu'elles sont. Je viens de me faire un marathon de la série et cette nuit j'en ai rêvé. J'ai retrouvé une ancienne tête dans ce rêve, ainsi que Will Smith (j'avais prévu de raconter ce passage-là aussi mais on se serait carrément éloigné du propos initial).

Bref, tout ceci n'a rien de fictionnel, donc je n'ai pas "choisi" The Walking Dead  ;)

Merci d'être passé me lire, au plaisir.
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Une Minnie à New York le 16 Mai 2018 à 18:23:33
Bravo Chouc, très beau texte ! Court, mais précis d'émotions si on peut dire ça comme ça...  ;)
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Léilwën le 16 Mai 2018 à 23:14:51
Hello Chouc !

J'étais passée comme ça (comme souvent en ce moment  :-[) et je n'avais pas l'intention de m'arrêter... Sauf que ce texte m'a fait la même sensation que Disease => "mince, ça sonne tellement vrai, tellement plus "universel" que le texte en lui-même..."
Avec une fin qui dit "fuck, je serai heureuse quand même", et j'adore ces fins-là...  :)

J'ai juste une remarque : pour moi, le dialogue n'est pas clair ; de prime abord, je n'ai pas compris que c'était un dialogue (j'ai dû relire 2 fois).

Merci d'avoir partagé, ça donne envie de dire m***e à ceux qui ont pu nous trahir et de prendre des (bons) risques à nouveau...

:oxo:
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 16 Mai 2018 à 23:22:23
Bonsoir  :)

@Leil
Je suis très flattée par ton commentaire, surtout quand tu parles de l'universalité du propos  :-[ J'avais pas une si haute prétention en l'écrivant, je l'ai rédigé assez égoïstement, alors ça me réjouit d'autant plus de constater qu'on puisse y trouver un sens plus large, en quelque sorte.  :)

Concernant le flou artistique qui entoure le dialogue, il est très volontaire. Ça aurait été facile d'y mettre des tirets et/ou des guillemets, mais je trouvais ça plus "intimiste" ainsi, partant du principe que le destinataire et moi, on se connaissait suffisamment pour savoir lequel de nous aurait dit quoi dans une telle situation.

Merci à toi d'être passée me lire, et merci @Minnie également  :)

A bientôt
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Aléa le 16 Mai 2018 à 23:28:33
Oui je confirme pour l'universalité. Ce que tu dis touche tout le monde et me touche particulièrement... Et c'est sans doute parce que tu l'as écrit non pas égoistement, mais pleinement


(un commentaire de passage pas détaillé pour dire que c'est un text qui dit bien ce qu'il dit.)
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 16 Mai 2018 à 23:39:05
Merci beaucoup BenG  :oxo:
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Espérance le 17 Mai 2018 à 00:10:08
Ça fait plaisir de voir qu'il n'y a pas que moi qui rêve beaucoup.

Et effectivement, au réveil, se rendre compte que l'on a avancé, ou qu'au contraire, qu'un traumatisme est encore là.

Merci d'avoir parlé de toi, parce que les rêves sont intimes.
Ça rappelle aussi que la résilience existe, même si parfois c'est long. Donc c'est un texte qui donne de l'espoir, même si nos fatras semblent toujours bien plus inextricables que le fatras des autres ^^

Voilou.
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 17 Mai 2018 à 08:36:45
Merci de ton passage Espérance, à bientôt  :)
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: avistodenas le 17 Mai 2018 à 09:04:03
Oh putain que j'aurais aimé écrire ça :

Plus je vais vieillir, plus ta jeunesse sera une insulte pour moi.

Comme on dit : raccourci saisissant. C'est pour de telles trouvailles qu'on aime lire.

Le reste du texte est bien aussi, évidemment. Psychologie du personnage, qui me semble résigné à considérer qu'il est exempt de regrets ou rancune, en quoi il doit se tromper sans doute.

Autre question qui vient : le temps efface-t-il les rancoeurs aussi vite ? ou faut-il tout une vie pour oublier (ce qui semble être le cas puisque l'un vieillit, l'autre pas) ?

N'empêche, excellent texte.
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Aube le 17 Mai 2018 à 09:05:47
Au bon moment pour moi aussi, ce texte. J'ai l'impression qu'on touche à l'universel lorsqu'on est sincère.
 :calin:
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 17 Mai 2018 à 09:24:46
Et bien, que d'éloges !  :-[

@Aube   :calin:. C'est tout ce que j'ai à te dire.  :oxo:

@Avisto merci beaucoup du compliment, ça me touche. Pour te répondre, je pense effectivement que je ne me suis pas encore défaite de la totalité de ma rancune, mais ceci n'étant pas ma première lettre à l'individu, je constate quand même une nette évolution. Les premières transpirent la colère, l'amertume, les regrets. Celle-ci est nettement plus apaisée. En tout cas, la rédiger m'a apaisée.

Citer
le temps efface-t-il les rancoeurs aussi vite ?

Tout dépend de la nature rancunière de chacun et de la profondeur de la blessure, je suppose. Il m'a fallu un peu plus de 4 ans pour parvenir à ce résultat. Lorsqu'il ne viendra plus du tout me voir en rêve, je serai complètement guérie. Mais je ne le saurai pas, puisque je l'aurai aussi complètement oublié  ;)


Merci d'être passé me commenter, au plaisir.
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Ari le 17 Mai 2018 à 15:35:01
Bonjour ma Chouc,

J'avais lu sur mon portable, je viens pour commenter. Je rejoins Léli sur de possibles points communs avec Disease. J'ai beaucoup aimé ce texte, très fort, qui touche juste dans l'expression de la douleur comme dans la résilience. L'apaisement c'est déjà beaucoup. Je suis pas sûre que le but soit toujours d'arriver à une absence complète d'affects. Pour le dialogue j'ai trouvé ça très bien comme ça, je trouve que ça se mariait bien avec le caractère onirique - flou - apaisé du propos. J'ai beaucoup aimé aussi la réflexion sur la jeunesse qui persiste (et ça m'a fait sourire puisque j'ai fait la même dans mon dernier texte, mais sur un versant fantasy).

Bisous 

:calin:
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 17 Mai 2018 à 15:43:44
Coucou Ariane  :calin:

Merci beaucoup pour ton passage. Je pense que oui, ce texte a beaucoup en commun avec Disease. D'une part du fait de sa forme, celle d'une lettre, d'autre part parce qu'il s'agit de quelque chose d'assez intime (et néanmoins universel, semble-t-il). Tu parviens à mettre des mots sur des choses que j'aurais été en peine de définir, si j'avais du le faire.

Je suis contente que ça t'ait plus  :)

A bientôt !
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Claudius le 17 Mai 2018 à 16:35:05
Coucou !

Moi j'ai lu ce texte comme un exutoire. L'envie première de trouver la solution pour ne plus souffrir de cette rancune. Chercher le chemin qui mène à l'oubli et à l'indifférence.

J'ai bien aimé, on y retrouve ta plume.

 :coeur: :coeur:
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 17 Mai 2018 à 16:42:47
Merci de ton passage Claudius  :oxo:
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: artemium le 21 Mai 2018 à 11:11:53
Hello,
Je suis venu lire ton texte il y a quelques jours. Je me suis laissé le temps de maturer ce que j'en pensais. Et me voilà pour donner ma petite analyse ;). J'espère que cela pourra t'être utile.

Ce texte se donne pour ce qu'il est, une lettre consignée dans un journal intime et dont le lecteur principal, c'est finalement toi et toute personne qui a vécu ce genre d'événements et pourra se retrouver dans les phrases chocs que tu as écrite. Donc comme cela a été dit, c'est un exutoire par rapport à ce qui a été vécu.
C'est pour cela que j'ai attendu plusieurs jours pour venir en parler. Ta lettre fonctionne par allusion. Nous ne saurons rien sur le caractère de la personne dont tu as rêvé, en quoi a consisté la trahison, si c'est une vraie trahison ou si c'est toi qui l'a perçue comme telle... parce que le narrateur de la lettre sait déjà tout cela.
Note bien qu'il n'y a là aucun jugement sur le fond de l'histoire et ce que tu as pu ressentir. Ce qui m'intéresse, c'est comment tu l'as retranscrite.

En tant que tel, je trouve le sujet puissant, traité de façon claire, globalement assez bien écrit. J'aime bien les phrases fortes qui l'égrènent. Mais je sors de là avec une impression de manque de profondeur et le sentiment que tu n'y as pas forcément passé beaucoup de temps.
La structure me parait bonne, concentrer le récit sur le rêve puis finir par la cause, à savoir la trahison. Mais tu peux étoffer un peu la fin en donnant plus d'informations sur cette trahison et ainsi donner ta version, ou bien nous laisser imaginer la nôtre, de ce qui s'est passé. Est-ce que le sujet du rêve est un "salaud" qui a vraiment fait un sale coup, est-ce plus ta faute, est-ce un peu des deux ? Là, je trouve que l'histoire est traitée en surface et manque de profondeur dramatique.
On survole beaucoup la narration de ton rêve. Là, on a un monde délirant lié au fait que tu as la tête encore pleine d'images de la série, puis le personnage arrive comme un cheveu sur la soupe et tout d'un coup ils se mettent à dialoguer. Bof... Tu pourrais justement décrire un peu ce monde inspiré de Walking Dead, donner de la force à l'arrivée du personnage pour montrer que c'était complètement inattendu, faire une rupture dans ton récit. On sent trop que ton narrateur sait déjà qu'il va arriver. Ce n'est pas forcément un problème mais tu pourrais mieux le faire ressortir. Tu pourrais leur imaginer un dialogue sur ça. Je ne sais pas, par exemple : "-je ne sais pas pourquoi mais ça ne m'étonne même pas que je sois là. -tu t'y attendrais presque. On est où ici ? [tu lui dis que tu as visionné la série et que tu as la tête envahie d'images]". Ca peut être intéressant de diversifier les angles de vue et te faire successivement jouer un rôle dans le rêve à partir de ces images qui envahissent ta tête puis de te mettre en observation pour prendre de la distance avec ces images.
Petite suggestion, pourquoi est-il un personnage de cet univers de Walking Dead ? Il ne pourrait pas arriver d'une façon totalement en rupture et hors contexte et d'un coup de baguette magique effacer ces images de ta tête pour créer un décor minimal dans lequel vous allez discuter ? Bien sûr, ce n'est qu'une idée.
Il ne s'agit pas d'étoffer beaucoup parce que cette lettre reste une conversation imaginaire entre le narrateur de l'histoire et le fantôme absent d'un personnage qui a été rêvé. Donc, trop décrire les choses alourdirait d'autant plus que les deux personnages connaissent le contenu de toutes les allusions. Il s'agit d'être plus précis.
D'ailleurs, ce qui manque peut être aussi, ce sont les réactions de ce fantôme imaginaire auquel le narrateur parle et que le narrateur pourrait commenter. Est-ce qu'il sourit, dodeline de la tête quand tu parles ? Parfois peut-être il pose des questions, te fait-il douter ? Ca tu pourrais le faire ressortir par des : "Ca te fait sourire, hein ? [blanc laissant entendre qu'il te pose une question] Non... peut-être... je ne sais pas. ]. Quelque chose comme ça

En tout cas, déjà en tant que tel, il est sympathique à lire, ce texte. Et à mon sens, il est prometteur, ça vaut le coup de le travailler.
J'aime bien ta façon d'utiliser les virgules pour créer un récit continu dont la vitesse de lecture se ralentirait avec des points.

Sinon quelques suggestions de corrections.
"Non, moi non plus. Tu as débarqué comme une alarme"
"The walking Dead. Dans mon rêve, je vivais plongée..."
Je supprimerai "Et Will Smith, mais j’y reviendrai plus tard. Ou pas." car la référence à Will Smith ne fait pas sens selon moi.
"Le monde disparaît peu à peu... Je ne t'ai pas croisé..."
"surgir comme ça, dans mes rêves, au gré de mes doutes"
Pour les dialogues, j'ajouterai des guillemets sans aller à la ligne pour délimiter la prise de parole de chacun.
Titre: Re : Lettre à un vestige
Posté par: Chouc le 21 Mai 2018 à 11:37:22
Bonjour Artemium !

Waouh, un commentaire tout bien détaillé !

Citer
si c'est une vraie trahison ou si c'est toi qui l'a perçue comme telle...
Rien que sur cette phrase, on pourrait débattre des heures  :D Comment distingue-t-on une "vraie" trahison d'une "trahison de perception" ? Ce que j'ai vécu a pour moi valeur de trahison, l'avis de quelqu'un d'extérieur à la situation ne compte pas vraiment sur ce point. :)

Citer
le sentiment que tu n'y as pas forcément passé beaucoup de temps.
Sentiment justifié.

Citer
Mais tu peux étoffer un peu la fin en donnant plus d'informations sur cette trahison et ainsi donner ta version, ou bien nous laisser imaginer la nôtre, de ce qui s'est passé. Est-ce que le sujet du rêve est un "salaud" qui a vraiment fait un sale coup, est-ce plus ta faute, est-ce un peu des deux ? Là, je trouve que l'histoire est traitée en surface et manque de profondeur dramatique.
Ça ferait sens si ce récit avait pris une autre forme que celle d'une lettre adressée à cet ancien ami. Dans ce cas précis, un rappel des faits m'auraient semblé lourd et sans fondement. Il sait comme moi ce qui s'est passé, je n'ai pas besoin de le lui rappeler.
Je veux dire par là qu'en tant que lecteur extérieur à la situation, je comprends ta demande, mais compte tenu de la forme adoptée, pour moi ça n'a pas lieu d'être.

Citer
On survole beaucoup la narration de ton rêve. Là, on a un monde délirant lié au fait que tu as la tête encore pleine d'images de la série, puis le personnage arrive comme un cheveu sur la soupe et tout d'un coup ils se mettent à dialoguer. Bof... Tu pourrais justement décrire un peu ce monde inspiré de Walking Dead, donner de la force à l'arrivée du personnage pour montrer que c'était complètement inattendu, faire une rupture dans ton récit.
:\? Plus j'avance dans ton commentaire, plus j'ai le sentiment que tu n'as pas pleinement saisie ce que j'ai voulu faire ici. Enfin disons que tes attentes ne me semblent pas en adéquation avec ce que j'ai voulu faire. Pas raconter, faire. Je parle ici de la forme, celle d'une lettre adressée à un ancien ami, qui m'impose quelques contraintes et une certaine forme de logique antagoniste de ce que tu suggères là.

Citer
je ne t’ai pas croisé une seule fois ces quatre dernières années, pas même par accident, mais je ne suis pas étonnée de te voir là.
Effectivement, je n'ai pas cherché à amener ce personnage comme un élément de surprise parce que ça n'en était pas un, tout simplement.

Citer
On sent trop que ton narrateur sait déjà qu'il va arriver.
:D Confère la première phrase : "J’ai encore rêvé de toi la nuit dernière."
Pourquoi vouloir à tout prix du suspens ? Ca n'a jamais été mon objectif ^^
Et si je n'ai pas décrit l'ambiance à la Walking Dead, c'est d'une part parce que j'en gardais simplement une impression latente le matin en me réveillant, et d'autre part parce que ça n'était pas l'objet du texte, juste un décor à planter rapidement.

Citer
Tu pourrais leur imaginer un dialogue sur ça. Je ne sais pas, par exemple : "-je ne sais pas pourquoi mais ça ne m'étonne même pas que je sois là. -tu t'y attendrais presque. On est où ici ? [tu lui dis que tu as visionné la série et que tu as la tête envahie d'images]". Ca peut être intéressant de diversifier les angles de vue et te faire successivement jouer un rôle dans le rêve à partir de ces images qui envahissent ta tête puis de te mettre en observation pour prendre de la distance avec ces images.
J'aurais pu oui, s'il s'était agit d'une fiction. Sauf que ce n'est pas une fiction, donc je n'invente pas, je retranscris.  ;)

Citer
Il s'agit d'être plus précis.
Surtout pas ! C'était vraiment pas l'objectif !
Et du coup, même réponse quand tu me suggères d'étoffer et/ou clarifier le dialogue, notamment en ajoutant des guillemets. Ce flou inhérent à l'onirique est complètement voulu et maintenu.  :mrgreen:

Citer
Je supprimerai "Et Will Smith, mais j’y reviendrai plus tard. Ou pas." car la référence à Will Smith ne fait pas sens selon moi.
Oui, du coup cette suggestion ne m'étonne guère, puisque apparemment, tes attentes sont à l'opposées de mes objectifs ^^.

Moi, tout ce que je voulais, c'était prendre mon clavier et raconter à un ancien ami le rêve que j'avais fait. C'est mon unique prétention  :). Et c'est ce que je me suis attachée à faire, je lui ai raconté comme s'il s'était agit d'un mail que j'allais réellement lui envoyer. Ce qui implique de rester honnête (ne pas réinventer les dialogues, les détails), ce qui implique d'être parfois flou pour le lecteur extérieur et ce qui implique également un contexte minimaliste, parce qu'il sait pourquoi je considère qu'il m'a trahit.  ;)

Bref, c'est autobiographique, pas fictionnel, donc tes attentes, aussi légitimes et logiques soient-elles pour un récit fictionnel lambda , me semblent inadéquates dans ce cas précis.

Merci en tout cas pour ton passage et ta lecture attentive.

A bientôt !