Y a déjà 14 pages sur pourquoi écrire (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,1266.0.html)
(En plus t'es pas dans la bonne section)
Donc, tout écrit littéraire serait de l'ordre de la narration, il n'y aurait pas de littérature sans narration ?
Oui ?en fait non, la narration c'est quand il y a narrateur, une entité qui structure le récit. Le courant de conscience, avec Joyce ou Larbaud, démontre l'inverse, parce que c'est du monologue intérieur dans lequel il n'y a pas de narrateur pour filtrer. Donc parler de narration dans ces cas-là ce serait un abus de langage. Après le monologue intérieur n'est pas forcément synonyme de courant de conscience, il peut y avoir un narrateur pour faire des prolepses ou analepses entre le morceaux de monologue intérieur, comme c'est le cas dans Rosa Mystica.
CiterOui ?en fait non, la narration c'est quand il y a narrateur, une entité qui structure le récit. Le courant de conscience, avec Joyce ou Larbaud, démontre l'inverse, parce que c'est du monologue intérieur dans lequel il n'y a pas de narrateur pour filtrer. Donc parler de narration dans ces cas-là ce serait un abus de langage. Après le monologue intérieur n'est pas forcément synonyme de courant de conscience, il peut y avoir un narrateur pour faire des prolepses ou analepses entre le morceaux de monologue intérieur, comme c'est le cas dans Rosa Mystica.
L'absence de narrateur rend le texte difficile à suivre puisque ce sont des pensées mises bout à bout sans logique apparente, ça mime le déroulement de la pensée. Donc je dirais en premier lieu que la narration sert à faciliter la lecture en la structurant.
ca reste de la narration puisque quand tu lis tu sais qu'il y a une personne qui raconte ce flot de pensée, le narrateur peut être l'auteuroui mais attention dans ce cas-là c'est une autobiographie. Or je pense pas qu'Ulysse ou les textes de Larbaud, Woolf ou Schnitzler soient des autobio. Dans ces textes-là l'auteur use du courant de conscience par le biais d'un personnage. Donc ce sont deux choses différentes. ;)
en fait non, la narration c'est quand il y a narrateur, une entité qui structure le récit. Le courant de conscience, avec Joyce ou Larbaud, démontre l'inverse, parce que c'est du monologue intérieur dans lequel il n'y a pas de narrateur pour filtrer. Donc parler de narration dans ces cas-là ce serait un abus de langage. Après le monologue intérieur n'est pas forcément synonyme de courant de conscience, il peut y avoir un narrateur pour faire des prolepses ou analepses entre le morceaux de monologue intérieur, comme c'est le cas dans Rosa Mystica.
Donc le style n'est pas la narration, c'est la façon de narrer, de relater, de rapporter. Pourquoi se casser la tête sur des problèmes qui n'en sont pas..?
Alan,
Dans les temps anciens, autour du feu, nos ancêtres racontaient. La parole s'envolant, on inventa l'écriture pour fixer les exploits des uns et des autres (entre autres raisons). De là naquit la narration...
Voilà comment, à vouloir tout théoriser à tout prix, on en arrive à un non sens.Oui je suis d'accord avec ça (enfin, je pense que si ça ne marche pas c'est aussi parce que la théorie ce n'est pas quelque chose de facile, pas parce qu'elle produit forcément des non sens) , sauf que :
je ne cherche pas nécessairement une logique entre toutes ces notionsJe ne pense pas qu'Alan soit aussi basique, il essaie d'être clair c'est tout :)
Si la littérature, c'est le style
Et que la littérature, c'est la narration
Alors le style, c'est la narration
Voilà comment, à vouloir tout théoriser à tout prix, on en arrive à un non sens.
Enfin, exposer une logique de narration comme le propose La Poétique d'Aristote est très subjectif, et dépend des époques ; selon les mouvements littéraires, on n'attribuera pas la même importance au détail (dans la narration) ou au rôle joué par les personnages. Il n'y a pas de logique intrinsèque à la narration.
c'est-à-dire à considérer le style comme ne reposant pas sur les mêmes facteurs que la narration,
Mais c'est ce qu'on se tue à t'expliquer :
Narrer, c'est raconter.
Le style, c'est la façon de le faire.
La logique n'a pas grand chose à voir là-dedans, et de toute façon la logique n'a jamais nui à personne en quelque domaine que ce soit.
Je ne saisis pas le problème que tu veux soulever...
Alan,CiterEnfin, exposer une logique de narration comme le propose La Poétique d'Aristote est très subjectif, et dépend des époques ; selon les mouvements littéraires, on n'attribuera pas la même importance au détail (dans la narration) ou au rôle joué par les personnages. Il n'y a pas de logique intrinsèque à la narration.
Je suppose que tu as lu La Morphologie des contes de Vladimir Propp (1928). Quoi de plus narratif qu'un conte, n'est-ce pas ? Eh bien, il a déduit de son analyse un nombre incalculable d'items (que l'on retrouve dans tous les contes et, donc, par extension, dans tout système narratif) que nous avons réduit à cinq : c'est le fameux schéma quinaire que nos élèves apprennent dès la 6e.
L'absence de logique ne signifie pas nécessaire qu'un écrit est déstructuré, la structure, ce sont des piliers, des murs, des étages et un toit ; si les mathématiques ont beaucoup apporté à l'architecture, on construisait des maisons avant cela, et j'en connais qui s'en passent pour créer des lieux de vie (la logique ne fait pas tout, admettons-le, il existe aussi d'autres outils).
Mais les roues tournent/la voiture tourne sont deux éléments distincts : On peut faire tourner une voiture en la levant avec une grue, tout comme on peut laisser la voiture à l'arrêt et faire tourner les roues sans que la voiture ne tourneDans ce cas on se retrouve dans une autre chaîne, qui peut être tout aussi logique
Un modèle, ce n'est pas une logique. Si je prends un modèle et que je le reproduis partout (comme un obsédé), alors je ne propose pas de logique à proprement parler. Je me contente de reproduire un même modèle étape après étape sans jamais chercher à en comprendre la logique (c'est le propre d'une structure type, tu as des tas de gens qui appliquent un modèle sans le comprendre et de manière illogique)J'ai du mal à comprendre ce que tu veux dire par "modèle", pourrais-tu expliquer ?
1. c'était volontairement caricatural
2. de la logique dépend la cohérence (à mon avis), rien n'oblige à raconter en détail la longue chaîne de causes et de conséquences qui précède mais un fait ne sort pas de nulle part...
3. je maintiens que la logique n'est pas un outil, plutôt une loi (exemple : la logique inclut qu'une même chose ne peut pas être a et non a... comment tu contredis ça ?)
CiterMais les roues tournent/la voiture tourne sont deux éléments distincts : On peut faire tourner une voiture en la levant avec une grue, tout comme on peut laisser la voiture à l'arrêt et faire tourner les roues sans que la voiture ne tourneDans ce cas on se retrouve dans une autre chaîne, qui peut être tout aussi logique
CiterUn modèle, ce n'est pas une logique. Si je prends un modèle et que je le reproduis partout (comme un obsédé), alors je ne propose pas de logique à proprement parler. Je me contente de reproduire un même modèle étape après étape sans jamais chercher à en comprendre la logique (c'est le propre d'une structure type, tu as des tas de gens qui appliquent un modèle sans le comprendre et de manière illogique)J'ai du mal à comprendre ce que tu veux dire par "modèle", pourrais-tu expliquer ?
Je veux bien te croire sur parole que « pour toi, ça marchait » mais pourrais-tu au moins d'écrire ton expérience dans le détail ? apporter quelques éléments qui expliquent en quoi tu as fait des liens entre la théorie et la pratique ?
Est-ce que tu estimes que cela t'a apporté des outils pour construire une narration ? Quel genre d'outil y as-tu trouvé ?
Par « schéma inscrit en nous », est-ce que tu veux dire une « loi naturelle » ? Quelque chose qui est là mais qu'on ne peut pas expliquer ?
Je ne suis absolument pas d'accord avec toi, Alan
mais comme tu l'as dit, on s'éloigne du sujet
Alan écrit :
je peux prétendre qu'une même chose est à la fois a et non a (je crée une logique parallèle).
Une chose est de prétendre, une autre de prouver. Mais si l'on tient une prétention pour preuve, alors on reste coincé dans sa propre circularité, privé de toute forme d'échange et de compréhension.
Si a, alors a. Si non-a, alors non-a. Mais si a implique non-a, alors on peut toujours prétendre, c'est faux.
Alan,Par « schéma inscrit en nous », est-ce que tu veux dire une « loi naturelle » ? Quelque chose qui est là mais qu'on ne peut pas expliquer ?
A peu près.
Par « schéma inscrit en nous », est-ce que tu veux dire une « loi naturelle » ? Quelque chose qui est là mais qu'on ne peut pas expliquer ?A peu près.
on pourrait imaginer voir la narration comme s'adressant à ce qu'il y a de plus profond en l'homme.
[...]
Un besoin d'abstraction ?
[...]
Si la narration jouait un rôle naturel en l'homme, je me demande à quel besoin primaire elle répondrait, à quels attributs elle ferait appel.
Le talent, bof.+1
Je préfère qu'on parle de suspension d'incrédulité. Entrer ou pas dans une histoire c'est lecteur-dépendant.
Ce que j'entends par là, c'est qu'une logique dépend nécessairement de tout un tas de facteurs de causalité du type : si... si... si... si... alors... ; ce qui n'est pas vraiment le cas d'une narration.La logique, ce n'est pas que de la causalité.
Si a, alors a. Si non-a, alors non-a. Mais si a implique non-a, alors on peut toujours prétendre, c'est faux.La plupart du temps c'est vrai qu'on ne peut pas avoir "A et non A", c'est une contradiction. Sauf dans des ensembles très particuliers :mrgreen: (mais là c'est un peu pour titiller, habituellement ça débouche sur une contradiction ::))(ceci dit, comme dit Weg, si on parle de logique physique : cf chat de Schrodinger. Et il doit donc exister une logique mathématique pour modéliser ce phénomène)
Narrer, c'est conter, le style, c'est la façon de narrer.et :
Je préfère qu'on parle de suspension d'incrédulité. Entrer ou pas dans une histoire c'est lecteur-dépendant.
Il n'est donc plus question de logique mais de fiction.
Alors si on veut on peut parler de causalité philosophique... où là je m'y connais pas trop, mais je considère dans mon petit esprit étroit que les philosophes devraient peut-être se mettre à jour niveau sciences, si la causalité leur parait si évidente :mrgreen:
Mais bref tout a pour dire que avant de dire si un truc est logique ou non, il faudrait définir ce que vous entendez par là, parce que je n'ai à peu près rien compris aux messages d'Alan (désolée) (et j'ai enseigné de la logique à la fac ::))
Oui exactement, même s'il y a des divergences dans la considération que nous apportons au récit, nous tombons d'accord sur le fait qu'il existe une distinction entre logique et fiction, que ce n'est pas la même entité.
Le talent, bof.
Ah bon ??? Entre grande cuisine et ragougnasse il ne serait donc pas de différence ?
Kaîliana : Tu as raison . On peut même affirmer que toute la mathématique découle d'une axiomatique de départ. Peut-on, au prétexte que ces axiomes sont indémontrables, se passer de la compréhension à laquelle ouvrent les mathématiques.Ah non je ne dis surtout pas que, parce que la causalité n'est pas si évidente, on ne peut pas l'utiliser dans la vie de tous les jours !
Pour ma part, je me penche sur la narration comme sur un fil conducteur, mon imagination fait le reste.
Je veux dire que, chaque fois que je m'égare dans des considérations multiples, ma sécurité pour en revenir au livre, c'est la narration.
Certains bouquins me font méditer sur tout un tas d'hypothèses, même un écrit fantastique me berce ou me porte vers d'autres considérations, pourtant la narration me tire à elle à nouveau, et elle assure ma concentration sur le livre.
Seriez-vous d'accord au moins pour dire de la narration qu'elle maintient un tel ressenti ?
Ton enthousiasme est encourageant, mercurielle ; ça promet de belles perspectives !