Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Olik le 25 Avril 2018 à 14:52:44
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Bordel, ma tête !
Je me réveille, vue brouillée.
Je suis dans mon lit apparemment.
Goût amer dans la bouche.
Je me lève.
Genoux castagnant en chaloupée.
Mains tremblantes.
Crac le parquet, vieille maison.
J'entends du bruit en dessous.
C'est le patron, il me loue la grande chambre au-dessus de l'atelier, pas chère.
Un lavabo, une douche, un frigo de récup, une table pliante avec des tabourets, une plaque.
Grand luxe. Ah, et le lit !
Lavabo. Aspirine. Foutu tube, foutues mains, impossible de l'ouvrir.
Plan B. Paracétamol en tablette. Eau. Où est le verre ?
Le lit, là-bas, loin. Faut que j'y retourne.
J'y traine ce que j'espère être moi.
Verre en main. Lente course vers le lavabo.
Brûlure au front. Un œuf de pigeon.
Merde, il s'est passé quoi, là ?
Un pas dans l'escalier.
Le patron. J'ai peur, il a toujours respecté mon intimité.
Un peu en colère. Pas d'énergie, elle s'évade.
Il cogne à la porte, doucement.
« Je peux te parler ? ».
« Oui, entre… Non, attend ».
Je suis nu, j'ai oublié.
Je pose le verre sur la table.
Retour au lit, mode zombi.
Slip souillé, t-shirt, pantalon.
« Entre ».
Ce qu'il fait, presque timidement, mais reste au pas de la porte.
« Hier soir, ce sont tes copains qui t'ont ramené. Je n'ai pas les détails mais dans un bar, tu aurais frappé un type et dans la bagarre tu te serais cogné la tête, si méchamment que tu as éclaté une fausse cloison. Le type ne va pas porter plainte, il ne semble pas trop net dans l'histoire non plus, de ce que j'ai compris. Le bar, c'est une autre histoire, il faut que tu y ailles aujourd'hui pour voir ça, régler les dégâts ».
Il se racle la gorge, gêné.
« Ce n'est pas mon genre de me mêler de la vie des autres. Je te connais, je te fais confiance. Mais l'alcool c'est une vraie saloperie, j'ai déjà vu deux fois que tu travaillais à moitié torché. Je ne vais pas te renvoyer, mais faut pas revenir au boulot comme ça, c'est dangereux, avec les machines ».
Il me regarde, comme suppliant.
« Tu comprends ? »
Doucement la porte se referme.
J'ai toujours mille diables de l'enfer qui jouent la salsa du démon dans ma tête.
Voyons voir… ah oui, paracétamol, eau, verre.
Verre ? Sur la table.
J'avance. Sur le tabouret, la bouteille.
Le verre.
La bouteille.
Le verre.
La bouteille.
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Hello je sais plus... Aiöli ? ;)
J'aime le début et la fin. Au milieu, trop narratif (à mon avis).
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Hello je sais plus... Aiöli ? ;)
Olik au final :)
La genèse fut dure.
J'aime le début et la fin. Au milieu, trop narratif (à mon avis).
La ballade dans la chambre ? Je voulais placer les éléments, la table, le verre, pour amener la fin, ainsi que le parcours lent pour montrer que cela lui est pénible.
En remplaçant par une description plus succincte et en montrant la pénibilité de l'intérieur du personnage tout en raccourcissant le parcours, ça devrait alléger la narration.
Je voulais montrer aussi l'aliénation du personnage devant l'alcool, une forme d'esclavage du soi, mais je n'ai pas trouvé trop comment faire. Une phrase du genre : "Une main s'avança vers la bouteille". Mais ça ne me plait pas trop.
Probable qu'il y aura une V2.
Merci de ton retour.
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Bonjour Olik !
La ballade dans la chambre ? Je voulais placer les éléments, la table, le verre, pour amener la fin, ainsi que le parcours lent pour montrer que cela lui est pénible.
En remplaçant par une description plus succincte et en montrant la pénibilité de l'intérieur du personnage tout en raccourcissant le parcours, ça devrait alléger la narration.
Je voulais montrer aussi l'aliénation du personnage devant l'alcool, une forme d'esclavage du soi, mais je n'ai pas trouvé trop comment faire. Une phrase du genre : "Une main s'avança vers la bouteille". Mais ça ne me plait pas trop.
Non, ça c'est bien. C'est le passage suivant :
« Hier soir, ce sont tes copains qui t'ont ramené. Je n'ai pas les détails mais dans un bar, tu aurais frappé un type et dans la bagarre tu te serais cogné la tête, si méchamment que tu as éclaté une fausse cloison. Le type ne va pas porter plainte, il ne semble pas trop net dans l'histoire non plus, de ce que j'ai compris. Le bar, c'est une autre histoire, il faut que tu y ailles aujourd'hui pour voir ça, régler les dégâts ».
Il se racle la gorge, gêné.
« Ce n'est pas mon genre de me mêler de la vie des autres. Je te connais, je te fais confiance. Mais l'alcool c'est une vraie saloperie, j'ai déjà vu deux fois que tu travaillais à moitié torché. Je ne vais pas te renvoyer, mais faut pas revenir au boulot comme ça, c'est dangereux, avec les machines ».
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Bonjour Olik !
La ballade dans la chambre ? [...]
Non, ça c'est bien. C'est le passage suivant :
« Hier soir, [...] avec les machines ».
Ma première idée était de laisser un petit mot de la part des copains pour expliquer la situation. On devrait parfois suivre sa première idée, plutôt que d'essayer de creuser. Mais quelle est la règle, s'il y en a une, mystère. Je suppose que les bons choix ça fait partie du bagage d'un bon auteur, par instinct ou par le travail.
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C'est ce qui s'appelle "prendre une reculée" !
Moi je trouve le texte très bien. Après, on peut toujours affiner bien sûr...
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Court et efficace :)
En revanche, je n'ai pas compris la fin en première lecture. Pour moi, même un alcoolique invétéré n'a pas envie de boire quand il est sous l'emprise de la gueule de bois...
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Bonjour
Une petite biere pour s eclaircir les idees ? :)
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Bonjour ^^
Effectivement le discours du milieu casse le rythme et laisse à entendre que le narrateur l'entend parfaitement (ce que j'ai du mal à croire...). Mais j'ai bien aimé l'effet du début et de la chute.
Au plaisir de te relire. ^^
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Olik,
Ma première idée était de laisser un petit mot de la part des copains pour expliquer la situation. On devrait parfois suivre sa première idée, plutôt que d'essayer de creuser. Mais quelle est la règle, s'il y en a une, mystère. Je suppose que les bons choix ça fait partie du bagage d'un bon auteur, par instinct ou par le travail.
Mystère total. Mais, à force d'écrire (donc dans la durée), on acquiert une sorte d'instinct, oui. C'est du moins ce qu'il me semble.
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Lu.
Pas eu besoin
de paracétamol.
Pour finir.
Très bon.
Le rythme.
Et tout.
Lu.
:)
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Ces vues diverses sont bien pour mon texte, pour mon évolution, ça m'apprend des choses. Certaines, comme le fait qu'on ne peut contenter tout le monde, je le sais intellectuellement mais certains savoirs (la plupart à mon avis), il faut les expérimenter, les vivre, pour vraiment les comprendre, les faire siens.
Donc, petit coup de slurps à vous tous (comment ça 'beurk' ?), en vous remerciant de vos éclairages. Cela m'a amené à modifier légèrement la partie la plus critiquée, en espérant que cela a amélioré le texte. J'ai essayé de tenir compte du rythme, en allégeant cette partie. Cela m'a amené à broder un peu, donc le texte n'est pas plus court. Pour la critique de Galianis, je ne sais pas comment faire pour en tenir compte, j'y réfléchit.
Du coup, est-ce que ceux qui ont aimé le texte la première fois vont apprécier la V2 ?
« Hier c'est tes copains qui t'ont ramené. Dans un bar, tu as frappé un type, éclaté une fausse cloison avec ta tête. Le type n'est pas net, ça en reste là. Le bar faut que tu y ailles aujourd'hui pour voir ça, régler les dégâts ».
Il se racle la gorge, gêné.
« Pas mon genre de me mêler de la vie des autres. Je te connais, mais l'alcool c'est une vraie saloperie, j'ai déjà vu que tu travaillais à côté des machines à moitié torché. Faut pas revenir au boulot comme ça».
Il me regarde, comme suppliant.
« Tu comprends ? »
Comprendre ?
Oui, oui.
Un truc, pas bon.
Ma faute, ma faute.
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Sympa comme petit texte vite lu. Ça sent le vécu... on se surprend même a en vouloir la suite...
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Ça sent le vécu... on se surprend même a en vouloir la suite...
Pas faux, c'est inspiré d'un mélange de mon passé et du vécu d'un de mes neveux.
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Il me regarde, comme suppliant.
« Tu comprends ? »
Comprendre ?
Oui, oui.
Un truc, pas bon.
Ma faute, ma faute.
Oui, ça, c'est bien dans le rythme.
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Salut Olik!
Merci pour ce texte, j'ai beaucoup apprécié le rythme et l'atmosphère de cette chambre.
Effectivement le passage du patron me semblait un peu long. Le rythme de la deuxième version est à mon goût plus "raccord" avec le reste du texte.
Au plaisir de te lire à nouveau !
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Salut Olik,
J'aime bien. C'est construit, les non-dits marchent bien, le style haché du mal de crâne fonctionne aussi et la fin fait son ptit effet. Et le perso du patron est original, bien placé en quelques répliques.
Chouette petit texte, merci pour la lecture,
Rémi
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Olik ! chouette ce pseudo est bien plus "digeste" !
J'ai bien aimé ton texte, c'est vif, rapide, efficace. La fin fonctionne bien, ludique.
:mrgreen: :mrgreen:
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Salut. Moi, j'aime tout. Le début, la fin, tout quoi. Bien ciselé, du rythme. Un peu mon style. A bientôt Olik.