Est-ce que le style sert simplement à combler les trous quand on ne sait pas quoi dire ? Ou le style a-t-il une réelle importance dans la considération d'un texte ?
Le style c'est ce qui va constituer la littéralité d'un textelittérarité ?
Si « le style est l'homme même », un auteur doit-il entreprendre une recherche de style pour construire son identité ? Ou faut-il au contraire penser qu'il y a un style par personne et que c'est un quelque chose qui apparaît à la naissance ?
Suffit-il de poser des mots les uns à côté des autres pour avoir un style ? Le style serait-il comme la couleur des yeux ou la forme du visage, chacune & chacun le sien ?
Le vent, tiède et endormi, poussait une brassée de feuilles contre la fenêtre. Wolf, fasciné, guettait le petit coin de jour démasqué périodiquement par le retour en arrière de la branche. Sans motif, il se secoua soudain, appuya ses mains sur le bord de son bureau et se leva. Au passage, il fit grincer la lame grinçante du parquet et ferma la porte silencieusement pour compenser. Il descendit l’escalier, se retrouva dehors et ses pieds prirent contact avec l’allée de briques, bordée d’orties bifides, qui menait au Carré, à travers l’herbe rouge du pays.8 phrases et l'on ressent déjà, par le style, ce que le bouquin va évoquer.
La machine, à cent pas, charcutait le ciel de sa structure d’acier gris, le cernait de triangles inhumains. La combinaison de Saphir Lazuli, le mécanicien, s’agitait comme un gros hanneton cachou près du moteur. Saphir était dans la combinaison. De loin, Wolf le héla et le hanneton se redressa et s’ébroua.
Chapart, tu me demandes des explications que justement, je ne puis te donner.
Cela ne s'explique ni ne s'argumente, ça se ressent.
Vous cherchez la recette du talent, mais si le talent résultait d'une recette il suffirait d'appliquer la recette et tout le monde aurait du talent.
Il apparaît de façon très nette que lorsque Romain Gary devient Emile Ajar, le style n'est plus du tout le même. Seulement il s'agit dans le dernier cas, ( la vie devant soi), d'une oeuvre de composition, par laquelle Gary met en évidence sa virtuosité. Et cette façon de changer de style ne serait-elle pas elle-même un style en soi... ?Sur l'idée, je suis plutôt d'accord, mais par contre, Gary il écrit des fois un peu comme Ajar. Dans Adieu Gary Cooper ou même la danse de Gengis Cohn, t'as cette façon de tordre la langue et de s'en amuser qu'on retrouve quand il écrit sous le nom d'Ajar. ( Ce pourquoi d'ailleurs à l'époque, des critiques ont commencé à avoir des soupçons sur le fait que Gary=Ajar, et qu'il a été obligé d'embaucher son neveu pour jouer son rôle ^^)
Ce qui confirme qu'on écrit en partie de ce dont on s'est nourrit.
Alan : Si tu cherches des talents, tu en trouveras à la Star Academy, :D Ce ne sont pas précisément ceux après lesquels je cours, n'empêche qu'un style est un talent que tout le monde ne possède pas.
Alan, pour moi le style est TOUT.
Alan :Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Alan, pour moi le style est TOUT.
Il existe des milliers d'histoires, un style ne se révèle pas chaque matin, on n'en rencontre que trois ou quatre par siècle.
Il ne faut pas confondre un style de chroniqueur hippique et Patrick Chamoiseau par exemple (Texaco).
Je puis lire dix bouquins d'Angelo Rinaldi, qui ne raconte à peu près rien, sans une once d'ennui.
https://www.youtube.com/watch?v=8qKDPPnh_IE Céline parle du style ici (à partir de la 4e minute). je ne suis pas ultra fan du style de céline mais j'aime bien la manière dont il parle du style :)
cela m'amène également à penser qu'il me reste encore beaucoup à découvrir.Toute ta vie, au moins.
une fois passée dans les mains de l'artiste, devient quelque chose de magnifique,
Je ne pense pas, moi comme je le perçoit, mon style va changer en fonction de mon état d'esprit, drastiquement. Alors oui, à mon avis, l'instant a son importance, car le style n'est pas figé, c'est vivant, changeant, dans un espace qui est sien, et qui est délimité par le soi.
Si, c'est pour ça que je parle d'espace.Je ne pense pas, moi comme je le perçoit, mon style va changer en fonction de mon état d'esprit, drastiquement. Alors oui, à mon avis, l'instant a son importance, car le style n'est pas figé, c'est vivant, changeant, dans un espace qui est sien, et qui est délimité par le soi.
Est-ce que ce que tu considères comme différent de ton style de croisière ne fait pas aussi partie de ton style global au final ? ::)
le style n'est pas figé, c'est vivant, changeant
Je pense néanmoins que l'état d'esprit peut avoir une influence sur le style d'un auteurtu as des exemples en tête ? 8)
Et je remarque ensuite que les styles n'ont jamais cessé de changer avec leur époque, qu'il y a une réelle continuité entre l'apport de l'histoire et le renouveau du style. Qu'on ne propose un style qu'en lien avec les besoins de l'instant présent, que l'on propose une œuvre dans la continuité des apports que l'on y trouvera au quotidien.Moi je pense à peu près l'inverse 8)
Ce qui m'étonne, Alan, c'est qu'immanquablement tu considères le style comme une démarche volontaire, comme un mouvement. Je ne suis pas d'accord. Le nouveau roman est un mouvement, le style de Sarraute en découle, ce sont deux choses différentes.je plussoie !!
Le style de Modiano qui permet de le reconnaître dès qu'on lit une page de lui, n'est pas une démarche, c'est sa manière de parler, de raconter une histoire. Il ne cherche pas à s'affranchir de son époque, comme tu dis, il a traversé les époques sans changer de style, ce n'était pas une réaction.
Le style d'un écrivain c'est simplement le choix qu'il fait d'utiliser tel mot plutôt que tel autre, telle tournure, telle ponctuation.
Ce qui m'étonne, Alan, c'est qu'immanquablement tu considères le style comme une démarche volontaire, comme un mouvement.
Une question intéressante pourrait être : le style est-il indispensable ? mais on tournera toujours en rond si on n'est pas d'accord sur ce qu'est le style.
Le style peut être défini comme une manière d’utiliser les moyens d’expression du langage. Le choix, qui peut être raisonné ou spontané, dépend du sujet traité ; des lois du genre (comique, lyrique…) et de la réaction personnelle de l’auteur en situation.
Non, j'entendais plutôt par « répondre aux besoins de son époque » se donner la liberté d'être « inattendu, imprévisible, singulier, et un peu miraculeux. » Et se donner cette liberté de style dans une époque aux modes et aux coutumes diversifiées.On ne construit pas en se positionnant par rapport aux autres, ca ne fait que des chateau de cartes. Commencer pour répondre à SES propres besoins et se donner la liberté à soi-même, se libérer de soi-même avant de "libérer" une époque
Et qui n'a rien à voir avec un rapport quelconque écrivain-lecteur.
c'est une manière mystérieuse d'être et donc d'écrire.Suis da'ccord avec ce que tu dis, n'empêche que j'y vois, dans cette "façon mystérieuse" d'être, une espèce de complaisance à se rêver soi même, à vouloir être son style adns la vie de tous les jours, on s'enfoncerait dans une coquetterie fort plaisante et à la fois tout à fait fausse, une complaisance en somme (ou pire un personnage, peu à peu) qui aurait un caractère d'obstination qui me dérange ("fixer" sa personnalité de manière définitive, comme s'enfermer dans un confort -personnel j'entends-, le faire par procuration de ce qu'on écrit)
CiterNon, j'entendais plutôt par « répondre aux besoins de son époque » se donner la liberté d'être « inattendu, imprévisible, singulier, et un peu miraculeux. » Et se donner cette liberté de style dans une époque aux modes et aux coutumes diversifiées.On ne construit pas en se positionnant par rapport aux autres, ca ne fait que des chateau de cartes. Commencer pour répondre à SES propres besoins et se donner la liberté à soi-même, se libérer de soi-même avant de "libérer" une époque
Le coeur du style est au fin fond de toi,
regarder au fin fond de soi et construire comme ça comme on le peut.
Les auteurs dont on sent à la lecture qu'ils ont voulu se positionner par rapport à d'autres, c'est très très mauvais signe en général 8)Ou c'est chiant et c'est pédant et moralisateur
Et les auteurs dont on sent qu'ils ont cherché à innover (au lieu de chercher à faire sortir un truc imprimé profond sur leurs plaques sensibles), c'est très très mauvais signe aussi en généralCa peut être très intéressant cela dit ! Mais cérébralement et pour des gens qui écrivent, sinon c'est creux
Les auteurs dont on sent à la lecture qu'ils ont voulu se positionner par rapport à d'autres, c'est très très mauvais signe en général 8)