Dans mon lit ne dort aucun amant. Il vient parfois des hommes avec lesquels je couche, mais je ne fais qu'étendre mon corps à leurs côtés.
Comme dans les anciens contes de fées, nous avons conclu un pacte. Ils n'ont pas le droit de me toucher; en échange de quoi je leur consacre mes nuits.
Je ne ferme pas les yeux, et ne suis jamais nue.
Eux se déshabillent parfois. Je les regarde sans bouger: ils sont beaux et fragiles. Dépositaire de cette beauté, de cette fragilité, je les protège à ma façon.
Je dessine une intimité lunaire et feutrée, une île pour nos corps, un jardin. Les heures filent doucement dans une confiance partagée.
Au petit jour, je veille les hommes et je suis loin.