Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: avistodenas le 08 Avril 2018 à 08:52:02
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(Machin écrit pour jouer avec Miromensil : Igor à bicyclette)
L'édifiante et désastreuse histoire de Totor-le-butor.
Lorsque Totor-le-butor vint au monde sans s'en apercevoir et qu'il fit entendre son premier vagissement de périssodactyle, sa mère effrayée le confia à une confrérie de canonniers sédentaires.
"Par les couilles de Belzébuth, qu'allons-nous faire de toi." S'écria le primat des Gaules à qui fut confié le soin de son baptême dans les eaux du Rhône.
Le troupeau des nonnes a qui fut confié Totor-le-butor pour ses premiers soins fut aux anges de pouvoir ainsi verser au ciel leur martyre. Ô ciel, nous te versons le martyre qui nous est donné par la créature infernale qui donna le jour à Totor-le-butor.
En effet, jour après jour se modelèrent en Totor les configurations reptiliennes qui firent sa renommée jusques aux limites de la Mongolie citérieure : sur un cou de six pneus Englebert superposés s'enfonçait une tête de marsouin hydrocéphale dont on n'apercevait que trois des quatorze yeux pareils à des systèmes d'arrosage d'où giclaient, lorsqu'il était furieux d'un retard de sa tétée, des geysers de cognac tandis que ses lèvres enfouies derrière ses oreilles auxquelles on n'accédait qu'en écartant les chairs (à ses lèvres, pas ses oreilles bande de cons) afin d'introduire les septs biberons d'un hectolitre de ses douze prises quotidiennes, glougloutaient des borborygmes de pornographe.
Entre les mains de ses dévouées nourrices et martyres, Totor-le-butor grandit en sagesse et en sainteté. Mais comme il était sujet à projeter des geysers de cognac à la moindre contrariété, ses petits camarades faisaient rien qu'à l'embêter, avec leurs gobelets. Le maître d'école, qui gazouillait tel un chacal pris de boisson, aussi. Car il s'était mis aux alcools forts le jour-même où Totor intégra son établissement.
L'âge venu, Totor-le-butor rejoignit son corps d'origine, la confrérie des canonniers sédentaires. On lui apprit alors le maniement du boute-feu. Mais il devint très vite évident à tous que Totor ne montrait pas les dispositions voulues au noble métier d'artilleur. Du reste, chaque fois qu'il entendait le chant des "Artilleurs de Metz" il se mettait à pleurer et ses torrents de Cognac inondant les barils de poudre mettaient ses instructeurs en panique. "Par les couilles de Belzébuth affectez-moi ce zigo...ce zigo...il en bégayait... ce zigoto au service du Primat des Gaules ou on perd la prochaine !"
On l'envoya se caserner chez les gendarmapied et dès lors, les larcins cessèrent sur toute l'étendue de la paroisse, au cas où... Seul un hurluberlu juché sur une haridelle osa courir le risque d'une confrontation avec le saint Butor dont on ne savait pas si c'était la sainteté ou l'apparence qui dissuadait. Chaque matin, au lever des couleurs, au lieu de se figer en un garde-à-vous impeccable, Butor-le-totor ainsi qu'on l'appelait désormais, tombait à genoux en se signant trois fois de ses mandibules démantibulés. Et le jour où ledit hurluberlu se présenta devant Butor, sa monture piqua des quatre fers et l'on dit qu'elle court encore en suivant la ligne d'équateur, traînant son cavalier par l'étrier auquel il reste désespérément accroché.
Mais on sait que les bonnes choses sont éphémères et Butor-le-totor, désespéré d'effrayer toute la création, demanda sa réintégration au corps des canonniers sédentaires en qualité de dératiseur. Aussitôt les rats pris de migraines, migrèrent. Les araignées en firent autant au prétexte que "araignée du machin, gratin".
Ne pouvant se faire aimer de nulle âme qui vive sur terre, Totor touna ses yeux éjecteurs de cognac vers son créateur et celui dont on avait fait par une erreur d'orientation manifeste un canonnier au lieu d'un saint périssodactyle présenta un jour de manoeuvres sa tête périssoïdale à l'embouchure d'un canon tout en dirigeant son autre main armée du boutefeu vers la mèche.
Ainsi périt un grand saint, et bien que le sort d'un saint soit de finir en martyr, le Primat des Gaules en appela au Père céleste afin qu'il veuille accueillir en ses savanes infinies Totor-le-butor qui versait des geysers de cognac.
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Bon, Avisto est notre Rabelais ! :D
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On se marre toujours mieux à plusieurs.... ;D
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Ça, c'est du bon ! Un texte fou complètement maîtrisé. Super !.
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En réalité j'ai juste pondu ce machin pour jouer avec le texte de Miromensil, "Igor à bicyclette". (Igor et Totor-le-butor).
Tiens ça me donne une idée : je vais le préciser en intro.
Mais comment fais-tu HELLIAN, pour lire, si tu es malvoyant (ou quasi-aveugle, je n'ai pas bien compris)...?
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Je dispose d'une application de « lecture vocale ». Je n'ai plus accès à la lecture certes, mais je peux identifier sur une page les zones écrites et je parviens à décrypter les titres en gros caractères. Cela reste très approximatif mais suffisant pour m'orienter sur un texte. Je procède ensuite à un « copier coller » par paragraphe et non système effectue la lecture. C'est un peu fastidieux, mais ça marche. Après, c'est une question d'adaptation. Dans les premiers temps de mon handicap, j'en faisais une montagne. Maintenant c'est devenu quasi banal, sauf lorsque cela s'aggrave comme en ce moment. J'ai en effet une cataracte qui se développe sur une vision déjà altérée à l'origine. Je dois subir une opération à l'automne.
Cordialement
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Okay, Helian, je ne me rends pas bien compte (car il faut y être passé), mais en tous cas, j'espère que tout se passera bien pour toi, surtout si tu peux récupérer un peu de vision.
Je vais t'en conter une qui peut-être te fera marrer : j'avais un grand-père paternel qui était tellement myope qu'il lisait son journal le nez contre la feuille de papier (en plus des lunettes). Et comme il fumait, il foutait le feu à son journal. Alors, il coupait ses cigarettes (des gauloises) en deux, et il n'en fumait donc que des moitiés.
Mais cela ne l'empêchait pas de lire le journal de la première à la dernière ligne, y compris les faire part de décès, et je n'ai jamais vu un type aussi informé de tout.
Il faut dire que toute sa journée se passait à lire le journal. Qui dit mieux ...?
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C'était épique de n'importe quoi, même si j'imagine qu'il faudra que je lis le texte auquel il répond pour comprendre un peu mieux le pourquoi du comment (si tant est qu'il y en ait un. :mrgreen: )
Merci pour cette lecture x)
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Chère Kathya, il n'y a ni pourquoi ni comment, juste une envie de déconne, mais je te recommande quand même le texte de Miromensil pour le côté épique.