Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Alfred le 26 Mars 2018 à 14:45:35

Titre: Ar-Men
Posté par: Alfred le 26 Mars 2018 à 14:45:35
Ar-Men


Minuscule rocher



   

bien au milieu du bleu ;
                                   

lanterne haute perchée

parmi les déferlantes

qui viennent s’étaler

sur la roche glissante ;


ciré jaun’ jette un œil

dans la brume pesante
                                         
filant droit vers l’écueil

un bateau en silence ;


il agite les bras


dans la houle impuissant.
Titre: Re : Ar-Men
Posté par: Fried le 27 Mars 2018 à 12:56:57
Cela décrit comme un avis de tempête en mer d'iroise.
Un instantané qui m'évoque la peinture de "Le cri" et la force de l'ocean.
Titre: Re : Ar-Men
Posté par: Alfred le 27 Mars 2018 à 18:36:51
J'avais pas pensé à ce tableau, mais en y repensant, il représente bien mon état au moment de l'écriture.

Merci.

Et l'océan m'a toujours foutu les foies, cette énorme bassine dont en certaines parties on estime que le fond, sans jamais l'avoir vu, où des bestioles incroyables se trouvent, aux proportions dantesques — putain mais vingt-cinq mètres pour une baleine bleue, c'est dingue, impensable presque pour un type qu'a jamais côtoyé plus gros qu'un bovin, comme moi.

C'est complètement dément l'océan — devant béat, un gamin — parce que si y'a bien un phénomène qui nous rappelle notre fragilité, notre statut de petits tas de cellules plus ou moins organisées, de petits alchimistes du dimanche, et au-delà des tremblements de terre ou des tornades, c'est bien lui ; l'océan.
Suffit de voir dès que les rivières ou fleuves débordent, plus généralement, quand la flotte se met à n'en faire qu'à sa tête, le monde s'écrouler — parce que les catastrophes, on les compte plus — explosion de réacteur nucléaire, des milliers et millions de morts en 2004, mais aussi en 2005, 2006, 2007 et ainsi de suite, avec toutes ces crues, moussons, typhons, tornades annuelles, glissements de terrain s'ensuivant dans des endroits surpeuplés et défavorisés ; mais pas toujours. Bref.

Bref, je me pâme, peut-être sadique un peu, de voir les apprentis-sorciers se faire remettre à leur place, mais surtout de voir la puissance, la grandeur, la majestuosité — passons les synonymes — de la Nature ; de pouvoir être soufflé par un paysage, presque un assemblage intentionnel on croirait, pourtant produit du chaos ; ouah.

Ouah
bref
je me pâme
et je m'étale.

S'cusez.
Titre: Re : Ar-Men
Posté par: lili1415 le 28 Mars 2018 à 08:40:06
J'aime beaucoup le style de ton poème, épuré mais prenant, simple mais complet.