Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: HELLIAN le 25 Mars 2018 à 17:22:44
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Huit, rue de Budapest
Jamais ne fut aimé
qui le corps avait lourd
et le visage infâme,
n'ayant nulle douceur
lui venant d'une femme.
On le croisait souvent
quand s’écorchait le soir,
autour de lui sa chair,
brisant d’un pas de bœuf
d'indifférents trottoirs.
À force de marcher,
son nom s’était usé
sous la pluie trépignant
sur le pavé luisant,
voyelles effacées,
syllabes délavées.
Aucun ne se souvient
s’il fut même un enfant
dont le prénom fut dit.
Il mourut tout en vrac
au chant gris des poubelles,
un matin de gerçures,
sous un porche à Paris,
huit, rue de Budapest.
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Je ne te connais pas Hellian, mais je partage ce que dit Jobear.
Ton texte me fait penser aux poèmes de Villon.
Et le 8 rue de Budapest, ça claque !
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Salut Hellian,
J'ai beaucoup aimé la façon dont tu traites ici du drame de l'effacement des SDF.
On le croisait souvent
quand s’écorchait le soir,
autour de lui sa chair,
brisant d’un pas de bœuf
d'indifférents trottoirs.
Ma phrase préférée.
à la fois l'image et les sonorités me plaisent beaucoup.
au chant rauque des poubelles,
il me semble qu'ici le rythme est brisé par une syllabe qu'il faudrait effacer.
Merci pour la lecture,
Rémi
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Ah ! Hellian, quel plaisir de te revoir parmi nous ! Je n'ai osé... bref
Un texte fort et poignant ! Des mots incisifs ! J'aime énormément cette façon de rimer sur un thème aussi noir que celui-ci
Je suis ravie de te relire ami Hellian
:coeur: :coeur:
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Chers amis
Me voilà courbé sous le poids du complexe de l'enfant prodigue.
En fait, Jo, je n'étais pas loin, enlisés dans la glèbe humide de mon activité professionnelle ! J'avais également besoin d'un peu de repos et puis, pas mal de trucs, du théâtre, un tournage, etc. N'allez pas croire que je me la pète, mais je fais parti d'une petite société de production en qualité d'associé et nous tournons quelques court-métrages pour France 2 et France 3, où j'interviens parfois comme dialoguiste, coscénariste et même parfois comédiens (très succinctement). Nous sommes en train d'achever le montage d'un « long » (le premier !) Dont j'espère avoir le plaisir de vous parler prochainement. Si cela vous dit, je vous ferai connaître les dates des prochaines diffusions ouvre diffusions : « la boîte de pandore » sur France 3 et « Laetitia » sur France 2. Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez voir nos moyens métrages sur le Web (YouTube) ainsi, sur le mode art et essai « Rébecca » qui a été diffusé sur France 2 il y a environ trois ans, au j'apparais brièvement dans le rôle d'un député-maire. Pour la recherche par mots-clés, faites « Rébecca » + « Michel Bouquet ». Autour et avec ce même Michel Bouquet, nous avons également de moyen métrage que vous pouvez peut-être trouver sur YouTube : « voyage d'hiver » et « la Vénus au miroir ». ( Cela dit je ne suis plus très certain qu'il soit encore sur Internet.)
Mon cher JOe, merci beaucoup de tes commentaires qui me vont droit au cœur et à l'esprit.
MERCURIELLE, votre appréciation n'est pas sans me toucher. Je vous laisse le soin, si cela vous dit, de jeter un œil sur deux ou trois autres de mes compositions.
REMi, oui, c'est juste, c'est un poème sur la détresse. Alors, tu as raison pour ce qui concerne le verS « Auchan rauque des poubelles », cela ne m'avait pas échappé, mais je me suis dit que le poème étant en vers libres, le rythme vocal demeurait sur le mode hexasyllabes, invitant à l'élision du « E » de rauque.
CLAUDIUS :ta cordialité mais toujours précieuse.
Pardon pour les éventuelles erreurs orthographiques ou les substitutions de mots bizarres, mais, comme certains d'entre vous savent, je fais usage d'une reconnaissance vocale il m'a vu ne me permet pas d'y apporter correction. Je compte donc sur votre indulgence.
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N'allez pas croire que je me la pète, mais je fais parti d'une petite société de production en qualité d'associé et nous tournons quelques court-métrages pour France 2 et France 3, où j'interviens parfois comme dialoguiste, coscénariste et même parfois comédiens (très succinctement).
MERCURIELLE, votre appréciation n'est pas sans me toucher. Je vous laisse le soin, si cela vous dit, de jeter un œil sur deux ou trois autres de mes compositions.
Dialoguer, scénariser, quelle merveille ! Mille bravos !
Hellian, il faut me tutoyer. Ah oui, j'aimerais bien lire autre chose. MP si tu le souhaites.
Bien à toi et bonne journée.
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Mercurielle,
Merci, je ferai bon usage de ton autorisation.
Rémi,
J'ai tenu compte de ton observation qui me paraît pertinente. J'ai donc modifié ce vers pour en faire un vrai hexasyllabe
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Qu'ajouter de plus de ce qui a déjà été dit ? J'aime, voilà, c'est tout. :)
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J'aime bien le choix de "gris" qui garde la sonorité grinçante en ajoutant tristesse et froideur.
Vraiment un beau poème.
Rémi
Edit : et ce "gris" sous-entend aussi le passage de la nuit au jour, à l'heure du ramassage des poubelles.
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Bonjour Hellian,
J'aime beaucoup ton poème, il y a un style particulier, comme un vieux parlé et des expressions originales.
Bravo
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Mon cher Fried,
Merci de ton compliment. « Un vieux parlé, des expressions originales… » et si jamais c'était les trucs comme ça qui font le style ?
Cordialement