Le Monde de L'Écriture

Sous le soleil des topics => Discussions => Le petit salon => Discussion démarrée par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 09:26:47

Titre: Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 09:26:47
"Interprétée de manière brute, l’expérience de Libet semble condamner le libre-arbitre : vous avez l’impression de décider d’appuyer à un certain moment sur un bouton, mais votre cerveau a déjà décidé depuis presque une demi-seconde !  Comment puis-je être libre de décider quelque chose, si au moment où j’ai conscience de choisir, mon cerveau a déjà commencé à agir ?"

L'expérience de Libet demande une ou plusieurs interprétations avant d'être intégrée à un corpus théorique sur les fonctions mentales. Cependant elle a le mérite de nous faire douter de la nature de ce que nous appelons "liberté". La liberté : réalité ou illusion ?

Dans un autre domaine :

"Face à nos hormones, quelle liberté nous reste-t-il?
Avant on se croyait libre, mais ça c'était avant ! Si nos hormones régulent tout notre organisme, que reste-t-il de notre liberté ?

Humeur, poids, affections, choix de nos partenaires sexuels... nos hormones seraient à peu près responsables de tout. Ce qui est aussi valable dès lors que l'on évoque les gènes.
Aujourd'hui gènes et hormones semblent déterminer tout notre comportement, comme si nous étions des machines.
On ne fait plus exactement ce que l'on veut parce qu'il faut tenir compte de causes naturelles donc, mais aussi de causes sociales, et aussi de notre position économique.
Bref nous sommes tels des pantins qui s'agitent. Il y a donc nécessité à faire le tri dans nos idées de liberté.
Si je ne suis pas libre de faire ce que je veux, au moins puis-je connaître ce qui me détermine.
Spinoza redéfinit la liberté à partir de la connaissance. Je ne suis plus libre de faire ce que je veux, mais je suis libre parce que je sais ce que je fais.
Cette liberté n'est-elle pas bien maigre finalement ? "


Certes Spinoza rédéfinit la liberté "à partir de...". Mais "à partir de... ", on peut tout dire...!

Qu'en est-il  ? Réalité ou illusion, quand toutes les observations et connaissances, à mesure qu'elles s'accumulent, forment un faisceau de présomptions infirmant la notion romantique que nous nous faisons de la réalité. Et surtout, ce n'est pas parce que nous répétons "en sautant comme des cabris" que la liberté existe, qu'elle existe.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: mercurielle le 15 Mars 2018 à 09:51:51

Si je ne suis pas libre de faire ce que je veux, au moins puis-je connaître ce qui me détermine.

Exactement. C'est à l'intérieur du carcan que tu évoques (et qui prend maintes formes) que nous pouvons trouver notre infime part de liberté.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 15 Mars 2018 à 11:01:57
Je ne partage pas cet héritage behavioriste qui a montré ses limites et est à présent considéré comme caduque dans le domaine des sciences cognitives. Si l'être humain se résumait à une machine biologique, ainsi que Descartes prenait les animaux, nous ne nous serions jamais élevés au-dessus d'une condition archaïque de survie/prospérité/territorialisme. Certes, ces instincts restent sous-jacents et à peine dissimulés dans certains aspects de nos sociétés, et de nos individualités, mais en prenant du recul, il y a forcément "quelque chose de plus" qui nous a permis de développer notre univers humain : symbolisme, culture, art, pensée, langage, etc. et de dépasser nos instincts primaires (défense, reproduction, survie).

Peut-être sont-ce des sortes "d'artefacts" évolutionnaires, mais je pense que si on doit chercher une notion de libre-arbitre et de liberté, c'est dans ces domaines qu'il faut creuser.

Peut-être que ce "quelque chose de plus" (je n'aurai pas l'audace de l'appeler "volonté") n'est simplement qu'une strate plus complexe de déterminisme, des circuits neuronaux dont la complexité nous échappe et nous reste occulte mais qui n'en sont pas moins "mécaniques" que ce que l'on sait de la génétique et de la cognitive actuelles... mais à ce stade, l'illusion fonctionne n'est-ce pas ? Nous éprouvons cette liberté de choix, dans des proportions souvent biaisées dans un sens ou l'autre. Quoi de plus réel que cette expérience sensible ? Personnellement, je ne me suis jamais trouvé limité par ma nature, et toujours en position de l'infléchir.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 11:31:37
 



cet héritage behavioriste....

Tout héritage est bon à prendre à condition de le dépasser. Ce que font les sciences.

ces instincts restent sous-jacents et à peine dissimulés

Ces instincts sont chez nous des pulsions  : sous-jacents sans doute mais surtout cryptés : la dissimulation finit par se percer à jour, le cryptage peut tromper très longtemps, en tous cas tant que le processus n'est pas tiré au clair.

qui nous a permis de développer notre univers humain : symbolisme, culture, art, pensée, langage, etc.

La culture, en somme. Or l'homme est un animal culturel qui transmet, et pour cause... mais cela relève d'un autre chapitre de la cognition.

je pense que si on doit chercher une notion de libre-arbitre et de liberté, c'est dans ces domaines qu'il faut creuser.

Tiens donc ! Elégante façon d'évacuer tout le reste, et en particulier les savoirs nouveaux.


Peut-être que ce "quelque chose de plus" (je n'aurai pas l'audace de l'appeler "volonté") n'est simplement qu'une strate plus complexe de déterminisme, des circuits neuronaux dont la complexité nous échappe et nous reste occulte mais qui n'en sont pas moins "mécaniques"


Tu uses du terme "mécanique" à son sens le plus étriqué, tel Descartes que tu critiques pourtant... Dirais-tu que la mécanique subatomique est aussi affaire de boulons et d'automatismes ? Je pensais quand à moi qu'elle était probabiliste, ce qui change tout, et en particulier dans les fonctions mentales justement.

Personnellement, je ne me suis jamais trouvé limité par ma nature, et toujours en position de l'infléchir.

Personnellement je n'en crois pas un mot. Il suffit de faire la somme des hasards qui nous constituent pour s'en rendre compte : lieu et date de naissance pour commencer.... ;D


Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 15 Mars 2018 à 11:34:41
Salut avisto, je regrette que tu le prennes sur un ton aussi sarcastique. Sans doute l'héritage de nos précédentes conversations.  :/ C'est un sujet qui m'intéressait d'aborder et tu as l'air plus calé que moi en sciences co, c'est pour ça que j'ai répondu à ce sujet pour voir ce que tu me répondrais (j'ai été que jusqu'à la deuxième année). Mais si le ton reste cassant/provocateur (je ne suis pas en reste dans ce domaine, j'en ai conscience), je préfère ne pas m'étendre. Ce sujet ne me tient pas à coeur aujourd'hui et je voulais juste avoir une conversation intéressante sans me sentir attaqué. Bonne continuation !
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 11:38:47
Sans doute des restes de tes sarcasmes passés, en effet, qui m'inclinent à ne pas me laisser marcher dessus.

Mais nous n'allons pas remettre ça, je ne le souhaite pas, d'ailleurs mon sujet posait une problématique sans trancher, juste une invitation à débattre.... Bref, je t'ai répondu par des arguments....

Cela dit, je t'accorde que le sujet est très passionnel : "liberté ou la mort!", qu'ils disaient !
Raison de plus pour en évacuer la passion, d'ailleurs en fait, je te demande à mon tour de m'excuser pour avoir sur-réagi :'(
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 15 Mars 2018 à 12:08:05
Citer
Tout héritage est bon à prendre à condition de le dépasser. Ce que font les sciences.
Je suis mitigé. La théorie de l'éther n'apporte plus rien aujourd'hui, par exemple.
Mais pour le cas behavioriste, je reconnais que c'était une hypothèse évidente qu'il fallait explorer à fond, et je ne rejette pas cet héritage dans son entièreté : je ne serai pas de ceux qui nient la composante déterministe et inné d'un être humain. Par contre, je te soutiendrai qu'à s'y arrêter, on perd à mon sens des opportunités sur des paramètres que l'on pense inéluctables "je suis comme ça, ya rien à faire". Aujourd'hui, on est capable de techniques thérapeutiques ou autonomes dans les domaines somatiques ou psychiques permettant une grande liberté de choix sur sa propre vie (pour peu qu'on ait la thune, les informations et l'environnement adéquat, n'est-ce pas).

Citer
Ces instincts sont chez nous des pulsions  : sous-jacents sans doute mais surtout cryptés : la dissimulation finit par se percer à jour, le cryptage peut tromper très longtemps, en tous cas tant que le processus n'est pas tiré au clair.
Oui. "Connais-toi toi-même" Mais une fois identifiées (ce qui est une entreprise permanente et jamais achevée, nous sommes d'accord), notre pouvoir d'inflexion sur nous-même n'en est que décuplé non ?

Citer
La culture, en somme. Or l'homme est un animal culturel qui transmet, et pour cause... mais cela relève d'un autre chapitre de la cognition.
... pour l'instant, je pense que nos sciences contemporaines sont très anthropocentrées et reposent sur l'illusion du particularisme humain. Je ne m'avancerai pas par là.


Citer
Tu uses du terme "mécanique" à son sens le plus étriqué, tel Descartes que tu critiques pourtant... Dirais-tu que la mécanique subatomique est aussi affaire de boulons et d'automatismes ? Je pensais quand à moi qu'elle était probabiliste, ce qui change tout, et en particulier dans les fonctions mentales justement.
Là je te rejoins complètement !
J'ai cru que c'était ce mécanisme simplifié que tu sous-entendais dans ton amorce.

Citer
Tiens donc ! Elégante façon d'évacuer tout le reste, et en particulier les savoirs nouveaux.
A ce sujet je veux bien des éclairages.

Citer
Personnellement je n'en crois pas un mot. Il suffit de faire la somme des hasards qui nous constituent pour s'en rendre compte : lieu et date de naissance pour commencer.... ;D

Pas faux, je n'irai pas jusqu'à cet absolutisme de la liberté ^^ Mais dans de nombreux domaines, y compris le comportement, les pulsions ou la somatique, la programmatique génétique est plus une contrainte que l'on peut parfois dépassé qu'une fatalité. En tout cas, je m'y astreins. Si j'y réagis comme ça, c'est parce que j'ai trop vu ton amorce déterministe servir des thèses fatalistes, puis relativistes, puis nihilistes, chez d'autres interlocuteurs. Je te prête sans doute des intentions erronées.

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 15 Mars 2018 à 12:38:27
Moi, je dis, l'empirisme, c'est bien pour les sciences, mais pour l'écriture, ça sert à rien, c'est pas pratique et inefficient.

Ensuite le mot liberté est sujet à interprétations (tu définis ça comme un mot fini "une liberté absolue", mort de rire, c'est de l'ignorance).

La littérature travaille sur les illusions et les fausses apparences, mais pas la science (la science ne traite pas les préjugés et les mœurs ; la littérature s'y intéresse) (donc ce sera aux littéraires de décider de ce qu'ils souhaitent offrir).

Je me permets de te proposer d'autres préceptes, parce que pour le moment les tiens me paraissent tout à fait irrationnels et truqués (comme les dés).
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 13:33:12
à Aube :

notre pouvoir d'inflexion sur nous-même n'en est que décuplé non ?

oui, résolument ! Mais à condition de ne pas suivre le premier gourou venu, qui s'invente des thérapies bidon.

... pour l'instant, je pense que nos sciences contemporaines sont très anthropocentrées et reposent sur l'illusion du particularisme humain

L'humain est bel et bien particulier (puisqu'il pense), mais les sciences contemporaines se méfient justement de cet anthropocentrisme puisqu'elles se fondent sur l'expérimentattion (IRM, scanner etc...)

Je te prête sans doute des intentions erronées.

Il y a des chances en effet puisque je fuis justement les thèses fatalistes, relativistes et nihilistes... toutes thèses qui font systèmes auto-centrés. La diversité des manifestations de l'univers en sont la preuve.

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à alan :

Pourquoi opposer écriture et sciences ...?

La liberté n'est ni un concept absolu ( ce que tu sembles en faire sauf erreur de ma part), ni un sujet fermé pour cause d'inexistence. C'est un sujet qui prête à réflexion, à condition de le dépassionner.

donc ce sera aux littéraires de décider de ce qu'ils souhaitent offrir

Les littéraires n'ont rien à décider, ils ont à réfléchir. (Etant moi-même plutôt littéraire - je crois avoir montré que j'écris sans faute d'orthographe, et en connaissance au moins partielle de la littérature), je pense que la littérature nous révèle parfois le fonds de l'âme humaine, mais que les sciences ne s'en écartent pas non plus. Deux approches aussi valides l'une que l'autre.

Je me permets de te proposer d'autres préceptes, parce que pour le moment les tiens me paraissent tout à fait irrationnels et truqués (comme les dés).

"Irrationnels et truqués", comment veux-tu que je ne réagisse pas ! Mais je ne réagirai pas !  ;D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 15 Mars 2018 à 14:14:40
Allons, tu entres au cœur du sujet : « décider » que signifie ce mot ?

Peut-on décider sans liberté ?

Tu entres dans une conception individualiste du mot liberté, tu accordes à ce mot la passion et tout ton imaginaire à l'égard de la littérature. Pourtant ce mot te fait réagir, tu ne peux pas l'ignorer (tu veux même t'en emparer...), et c'est une bonne chose.

Envisage un instant que le mot « liberté » ne soit pas compris partout de la même façon, qu'il ait une connotation passionnée chez les uns, ou une connotation spirituelle chez les autres, dès lors, tu apportes toi-même tes propres connotations à ce mot.

Maintenant imaginons le mot comme quelque chose qui se partage et s'échange, qui s'interprète de différentes manières selon les origines ou les cultures, les classes sociales ou les rôles.

À partir de cet instant où tu conçois le mot non plus comme étant un adage individuel mais comme étant une entité sociale, tu comprends que celui-ci n'est pas visé pour établir un comportement unique mais pour établir un lien entre les préoccupations. Que tu veuilles toi-même changer notre regard sur ce mot fait partie d'un processus littéraire dont tu es malgré toi acteur.

C'est de là qu'est partie la considération de Rousseau pour le mot liberté, c'est sa capacité à prendre en compte les situations passionnées comme les réflexions métaphysiques, c'est un mot qui est devenu, grâce à ses publications, un mot qui crée l'échange et la réflexion.

Le Contrat Social lui-même donne une limite à cette puissance du mot liberté, c'est l'égalité.

« Il n'y a pas de liberté sans égalité. »

Cette proposition a vocation à être entendue en toute situation, violente ou apaisée, lucide ou folle, c'est une proposition qui a vocation à donner une aspiration universelle à la construction d'un équilibre entre les différentes interprétations du mot.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 15 Mars 2018 à 16:13:19
J'ai vraiment, vraiment la flemme d'argumenter sur ce sujet parce que, même si je le trouve passionnant, c'était mon programme de philo pendant toute une année en khâgne alors, même si c'était y a longtemps, j'ai une grosse flemme de remettre le nez dans tous ces concepts  ^^

Je me contente juste de plussoyer Aube, que je rejoins totalement.

Mais - raison de mon post - on est d'accord que c'est plus une discussion philosophique que littéraire ? On parle pas de textes, de techniques narratives, et tout ça ?
Dans ce cas, si vous êtes d'accord, je déplace la conversation dans Le Petit Salon (la section de "l'Atelier" c'est juste pour les conversations sur la littérature).
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 15 Mars 2018 à 16:28:00
Ah ! Si tu penses que ce sera plus simple pour hiérarchiser les sujets de discussion, ça me paraît tout à fait important, moi, je m'en réfère à ton avis, Milora.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 16:39:59
Bien sûr !
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 15 Mars 2018 à 16:47:37
Qui sait, peut-être qu'un jour s'ouvrira une section : "philo, psycho, et autres phénomènes..." On ne manque jamais de sujets de discussion ici.
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 15 Mars 2018 à 17:13:11
Qui sait, peut-être qu'un jour s'ouvrira une section : "philo, psycho, et autres phénomènes..." On ne manque jamais de sujets de discussion ici.
Il y en avait une à l'origine, sur le forum ! Mais elle était très peu active alors on l'a fusionnée avec Le Petit Salon il y a quelques années. ^^

Sur ce, j'arrête de flooder, reprenez la conversation (je déplace le sujet). Je lirai avec attention ! ;)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 21:09:35
Bon, nous voici donc dans le dernier salon où l'on cause...

On se doute bien que si j'ai accolé les deux termes "liberté" et "hormones", c'est qu'il y a un problème !

Et que la philosophie ferait aussi bien de cesser de tourner en rond et de se jeter à la face des citations en guise de réflexion . Moi, j'ai trois Spinoza contre deux Sartre, t'as perdu ...

L'épistémologie me paraît être l'avenir et le prolongement des anciennes philosophies qui de toutes façons devront compter désormais avec les nouveaux apports de la science.

Alors voilà...
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 15 Mars 2018 à 21:31:28
Oui, pardonne-moi si ma fougue a pu te paraître exagérée, avistodenas, j'ai été très intéressé par vos échanges entre Aube et toi.

Je vois que tu es une personne dynamique qui discute avec passion, parfois certains thèmes te tiennent à cœur, puis tu changes d'un seul coup de sujet.

Concernant la vision de la liberté que j'espérais te transmettre, c'est justement celle qui permet de se focaliser sur l'essentiel.

Les scientifiques ont leurs humeurs, eux aussi, et vivent dans un environnement parfois fragile, lié à l'argent ou aux guerres de priorités, j'ai conscience que tous ces enjeux ne t'échappent pas.

Cette liberté qui se vit, elle fait aussi partie de la capacité de l'individu à s'émanciper.

Toi qui sembles t'intéresser à la psychologie, je devine que tu sais combien un mot a son impact, et à quel point il faut savoir parfois utiliser des détours pour s'apporter quelques libertés.

La liberté dans la bouche d'un esclave n'est pas la même que celle dans la bouche d'un roi ; il dépend donc de ce sur quoi tu concentres ton attention pour interpréter différemment une valeur.

Comme tu le sais, l'attention est quelque chose qui fait partie de l'environnement de l'individu, on porte son attention sur l'autre, ici commence l'utilisation de la langue.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 21:51:19
La liberté dans la bouche d'un esclave n'est pas la même que celle dans la bouche d'un roi

C'est exactement ce à quoi je pensais : l'esclave n'est pas libre de vouloir sa liberté, il y est obligé, ce n'est donc plus une liberté. ;D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 15 Mars 2018 à 21:59:51
Ah ! Monsieur fait dans la profondeur, à ce que je vois.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 15 Mars 2018 à 22:24:41
Ben quoi....  Mais encore.... ????? Ce n'est pas vrai, peut-être ?
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 15 Mars 2018 à 23:09:10
Encore quoi ? J'essaie de t'apporter un peu de distance sur tes propres représentations, tu ne vas quand même pas t'affoler pour si peu, avisto !

J'espère pouvoir t'éveiller sur d'autres ressentis, heureux celui qui sait transmettre une aspiration à la liberté à autrui.
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 16 Mars 2018 à 01:08:21
Et que la philosophie ferait aussi bien de cesser de tourner en rond et de se jeter à la face des citations en guise de réflexion . Moi, j'ai trois Spinoza contre deux Sartre, t'as perdu ...
Oui alors ça, les citations qui se battent duel, c'est la philo qu'on fait au lycée, hein :P On peut pas parler de concepts sans réfléchir à tout ce qu'ils impliquent, sans en éprouver les limites, les contradictions internes et les conséquences (sinon on en reste à des lieux communs). Et le fait de réfléchir sur les concepts, c'est tout bêtement ça, la philo, quand on lui enlève son carcan scolaire.
Je veux dire que poser la question de liberté en essayant de ne pas faire de philo, c'est pas trop possible, parce que c'est le concept lui-même de liberté, l'idée même, qui est pleine de contradictions et de conséquences.

La liberté dans la bouche d'un esclave n'est pas la même que celle dans la bouche d'un roi

C'est exactement ce à quoi je pensais : l'esclave n'est pas libre de vouloir sa liberté, il y est obligé, ce n'est donc plus une liberté. ;D
C'est aussi parce que "liberté" ça renvoie à plusieurs choses différentes. L'esclave n'est pas libre socialement et juridiquement, il a pas de prise sur sa vie. Mais si on lui présente une pomme et une orange, il a autant de libre-arbitre qu'un roi pour choisir entre les deux. C'est une liberté individuelle et pas sociale. Du coup l'analogie ne tient pas trop.
Maintenant A) est-ce que le roi et l'esclave sont vraiment libres de prendre l'orange, ou est-ce qu'ils le font parce que c'est la suite logique d'un ensemble de pensées et d'expériences passées qui font que l'orange leur semble plus attirante ? Si c'est le cas, est-ce qu'avoir conscience de cette chaîne de facteurs qui amène à prendre une décision, ça n'est pas s'en affranchir, puisqu'on l'accepte alors ou on la refuse, en connaissance de cause ? Et ce, quand bien même le fait d'en avoir pris conscience est lui-même le fruit d'un enchaînement de facteurs prédéterminés ?
B) D'ailleurs, pourquoi l'esclave ne serait-il pas libre de vouloir sa liberté ? Il peut ne pas la vouloir. Il y a beaucoup de façon d'amener quelqu'un à vouloir quelque chose : ça n'est pas la contrainte (privation de liberté) mais la persuasion, l'influence (ex : la publicité). Et-ce que du coup, l'esclave et le roi ont pris l'orange parce qu'ils ont été bombardés de pubs leur disant que l'orange, c'est mieux que la pomme ? Et du coup, est-ce qu'ils sont moins libres que s'il n'y avait pas ce stimuli extérieur ? Est-ce qu'ils sont plus libre si l'ensemble de stimuli qui les amènent à choisir l'orange sont le fruit des aléas de leur vie, que si c'est le fruit de la volonté d'autrui de les influencer (le publiciste) ? Et dans ce cas, il y a des degrés de liberté dans le processus de décision lui-même, donc est-ce que la question de savoir si c'est "hormonal" et "neurobiologique", ça n'est pas l'arbre qui cache la forêt ?
C) de toute façon, je préfère les kiwis  :huhu:


Ce que je veux dire c'est que la science ne peut pas "résoudre" les problèmes qu'induit le concept-même de liberté. Parce que dire "tout est le fruit d'un enchaînement de stimuli traités par le cerveau" (je simplifie mais je me réfère en gros à ce que tu as développé, Avisto), c'est en fait une application particulière de l'éternel débat "est-ce qu'il y a déterminisme, ou est-ce qu'il y a de l'aléatoire dans le monde" (déterminisme appliqué ici à sa seule dimension individuelle : déterminisme de penser qui conditionne les pensées et les décisions de l'individu).
Sauf qu'en fait, s'interroger sur la notion-même de liberté, c'est nécessairement aller plus loin que cette seule question : la "liberté" ça recouvre plein de choses différentes et c'est plutôt une question de degrés que de "vrai ou faux".

Et non, ça n'est pas couper les cheveux en quatre pour tourner en rond autour de questions insolubles : c'est des questions qu'on peut pas éviter, dans la vie de tous les jours, dès qu'on met un peu à distance le quotidien, si on veut être honnête avec soi-même. Parce que dans la vie de tous les jours, mettons, tu choisis l'orange, c'est anodin. Mais tu prends un bulletin de vote et tu le mets dans l'urne (ouille, de la politique :P) ça l'est moins. Tu est juré dans un tribunal et tu décides de voter "coupable". On te propose de tricher à un examen et tu refuses. Etc. etc. Tout ça, avec les sciences cognitives, on peut toujours dire que c'est à cause de tel stimuli, de telle éducation, de telle réaction chimique et de quel syndrome psychologique.
Mais l'important dans la question, c'est surtout : "et on fait quoi avec tout ça ?". Parce que, dans la vraie vie, on peut pas se cacher derrière "mais en fait je suis pas libre, j'ai triché à l'examen parce qu'un ensemble de facteurs m'ont conduit à cette décision mais j'y pouvais rien", parce que justement, là dedans y a un "je", conscient, qui du coup, par le seul fait qu'il est là et qu'il est conscient, doit se dépatouiller avec la notion de responsabilité et pour essayer de prendre les décisions où il est le plus libre possible. Parce que, dans la vraie vie, ça fait une belle jambe de considérer qu'on agit parce que l'ensemble des connexions synaptiques et expériences passées nous a rendus enclins à faire ceci plutôt que cela : si on te ligote, tu es moins libre de tes mouvements que si on te ligote pas, et ça, t'aimes pas. Qu'importe si c'est parce que la configuration des expériences passées du fils du voisin qui t'a ligoté en jouant à Spiderman l'a induit à faire ça, et t'a induit à ne pas réagir avant qu'il s'en aille à l'école en te laissant ligoté sur ta chaise alors que tu étais censé le baby-sitter : c'est pas de la même forme - ni du même degré - de liberté, qu'il est question.


Bon en fait j'ai déroulé le fil de ma pensée et j'ai encore pondu un pavé :D Tout ce que je voulais dire c'est qu'il n'y a pas une réponse par "libre ou pas libre" : la liberté, par définition-même, c'est en fait une question de degrés, et c'est en réfléchissant à ses degrés et à leur application qu'on détermine comment prendre des décisions, et comment vivre.


(Et pis faut vraiment que j'arrête avec les pavés...)
(Je vais manger un kiwi, pour la peine).
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 16 Mars 2018 à 09:22:08
Reprenons ton éventualité : fromage ou dessert.

On est en effet libre d'exercer sa préférence fromage ou dessert, mais la préférence, elle, n'est pas libre, elle est le fruit des besoins ou préférences de l'organisme. On ne fait que suivre son penchant sans aucune liberté. Ce que l'on considère comme liberté d'exercer sa préférence n'est qu'un choix contraint. C'est à dire une illusion de liberté. Tout, sauf une liberté.

En réalité, la seule chance que nous ayons d'atteindre à un minimum de liberté, c'est précisément de nous rendre conscients que nos comportements sont contraints (par une infinité de prérequis), et de se mettre en retrait, en recul, par rapport à nos penchants, nos pulsions, et ne pas nous en laisser berner. Mais voilà.... : ce ne serait plus vivre normalement une vie humaine, et seul un parfait philosophe érémitique le pourrait... peut-être...
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: mercurielle le 16 Mars 2018 à 09:26:12

Il suffit de faire la somme des hasards qui nous constituent pour s'en rendre compte : lieu et date de naissance pour commencer.... ;D

Bonjour avistodenas,

Ferais-tu - par hasard  :-¬? - allusion à l'astrologie ?
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 16 Mars 2018 à 10:11:41
Ce n'est pas vraiment ce qui me vint à l'esprit... non...

Je pensais à la multitude infinie des données qui nous concernent, à commencer par... date et lieu de naissance qui nous déterminent profondément : au temps de Jules César... En France plutôt qu'au Yémen... Pas grand chose à voir avec l'astrologie n'est-ce pas....

En tout état de cause, ce que l'on appelle "choix" me semble terriblement prédéterminé. Donc pas si libre qu'on le prétend....
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 16 Mars 2018 à 13:42:16
On est en effet libre d'exercer sa préférence fromage ou dessert, mais la préférence, elle, n'est pas libre, elle est le fruit des besoins ou préférences de l'organisme. On ne fait que suivre son penchant sans aucune liberté. Ce que l'on considère comme liberté d'exercer sa préférence n'est qu'un choix contraint. C'est à dire une illusion de liberté. Tout, sauf une liberté.
Là-dessus, je pense que tu touches les limites du déterminisme, avisto.

Si la préférence n'est pas libre, alors cela fait partie des conditions ou des contraintes.

Cependant, si tu réduis chacun de tes choix à une préférence sur un modèle de logique : ou/et ; tu en reviens rapidement à ne prendre en considération qu'une infime partie des comportements humains.

Attention, je ne dis pas que le cerveau serait forcément au-dessus de la machine, j'exprime moi aussi des doutes sur nos certitudes, mais je pense sincèrement que de réduire l'action d'un être à une action de préférences contraintes est un aveu d'impuissance, rien d'autre. Le fatalisme est, selon moi, proche d'un modèle de dépression et d'apathie. Et pour qu'il y ait impuissance (je suis soumis à...), il faut bien qu'une puissance existe quelque part. Donc l'individu soumis à un environnement extérieur est nécessairement en contact avec son monde extérieur, un monde qui lui échappe, un monde qui dépasse de loin la complexité de sa propre compréhension du monde.

La question pour être libre est : le déterminisme me permet-il réellement d'avoir une capacité d'intervention sur mon environnement ? Ou celui-ci ne m'amène-t-il pas plutôt à me replier sur moi-même ?

Le mot "déterminisme" (ou causalité : si/alors) lui-même est un mot que tu interprètes à ta sauce, avistodenas, d'un concept tu tires des conclusions hâtives sur les comportements au quotidien, n'oublie pas que ce n'est qu'un modèle de pensée inventé par l'homme, pas une vérité divine.

J'ai conscience que Spinoza est très à la mode, mais bon, nous ne sommes pas toujours obligés de nous y plier, à cette mode ; cette liberté est fondamentale.
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 16 Mars 2018 à 16:18:05
Reprenons ton éventualité : fromage ou dessert.

On est en effet libre d'exercer sa préférence fromage ou dessert, mais la préférence, elle, n'est pas libre, elle est le fruit des besoins ou préférences de l'organisme. On ne fait que suivre son penchant sans aucune liberté. Ce que l'on considère comme liberté d'exercer sa préférence n'est qu'un choix contraint. C'est à dire une illusion de liberté. Tout, sauf une liberté.

En réalité, la seule chance que nous ayons d'atteindre à un minimum de liberté, c'est précisément de nous rendre conscients que nos comportements sont contraints (par une infinité de prérequis), et de se mettre en retrait, en recul, par rapport à nos penchants, nos pulsions, et ne pas nous en laisser berner. Mais voilà.... : ce ne serait plus vivre normalement une vie humaine, et seul un parfait philosophe érémitique le pourrait... peut-être...
En fait, c'est déjà ce que je disais dans mon post précédent. Le bug de ce questionnement c'est de considérer qu'y a deux états : libre, ou non libre.
Imaginons un état de liberté absolue. Ca veut dire que tu choisis le fromage ou le dessert de façon totalement déconnectée de tout ton vécu, de tes besoins, de tes instincts, et même, de la suite d'idées qui t'a mené devant le choix. Tu fais totalement abstraction de tout ça et tu choisis le fromage.
À partir de là, de deux choses l'une : ou il existe (et c'est ce qu'avançait Aube) une instance du "je", une fonctionnalité dans le cerveau, dans l'esprit, un "truc" qui fait que tu as la capacité de t'extraire des jougs de ton expérience et de tes instincts, pour décider oui ou non. Les sciences cognitives ne l'ont ni infirmé ni confirmé, et à titre personnel, je pense que c'est bien délicat d'avoir un avis "neurobiologique" sur la question.
Pour se rappeler qu'on en est pas sûrs, on peut d'ailleurs penser à toutes ces situations où on doute, où on arrive pas à se décider. Y a un moment où on se dit "stop, je prends le FROMAGE, juste parce qu'il faut décider et que j'arrive pas à aboutir à une décision alors je prends un des deux et baste" (sinon, on rejoint le pauvre âne de Burridan, paix à son âme). Ce "truc" qui fait décider, comme toute opération de pensée, est forcément le fruit d'un enchaînement d'idées, mais est-ce qu'en cela, le fruit de sa décision serait déterminé à l'avance ?

Mais partons du principe - et c'est ta position depuis le début - que cette fonctionnalité n'existe pas, que toutes les décisions sont motivées par un enchaînement de pensées, d'expériences, de réactions chimiques, d'instincts, de stimuli, etc. Donc, qu'est-ce qu'il faudrait pour être réellement libre de ses décisions ? Il faudrait pouvoir produire une décision en étant complètement détaché de toutes ses expériences personnelles passées, de toute la configuration de son esprit qui fait qu'on a eu telle éducation, qu'on a préalablement réfléchi à telle question, etc (ne pas tenir compte du fait tu es végétalien et opposé à l'exploitation des animaux laitiers). Eliminer aussi tous les biais (t'es fatigué ce jour-là alors tu oublies de prendre en compte le fait que le bistrot n'a pas de frigo et que le dessert risque d'avoir une sale tête après une journée dehors par 25°). Mais pas seulement ça, pour être totalement libre, il ne faudrait pas être seulement détaché de ses propres biais. Il faudrait qu'il n'y ait pas du tout de biais, que tu saches que la crème brûlée va te faire prendre 300 calories, que tu saches que tu as vu le plat de fromage depuis l'angle qui met en valeur le camembert mais qui cache le babybel dégueu qu'on va réellement te servir. Que tu aies accès à toutes les informations, parce que sinon ta décision sera forcément conditionnée par les informations tronquées que tu as reçues.
Or, c'est impossible de tout savoir et de s'extraire de la chaîne de pensées qui t'a amené à ce point de ta réflexion. C'est pas seulement qu'on en soit humainement incapable, c'est que ça implique une connaissance absolue de tout. À moins de postuler une divinité tout-puissante, pour un être fini, la configuration est pas possible.
Du coup, on peut jamais être vraiment libre.

SAUF QUE, quand on te présente le fromage et le dessert en même temps sur de jolis plats assortis équivalents et que tu peux prendre celui que tu veux, tu es plus libre de ta décision que si on te montre la crème brûlée éclatée au fond d'un tupperware sale d'un côté et le fromage tout joli de l'autre (biais de présentation qui influence sur ta décision), et même là tu es plus libre que si on te met un pistolet sur la tempe et qu'on te dit avec un accent italien "tou férrais bien dé prrendrré le froomage, Mickey".
Du coup, même dans avec un postulat de départ déterministe, il y a bien une liberté qui existe (une liberté par rapport à soi-même et à ce qu'il est possible de contrôler) : une liberté qui, même si elle est pas absolue et totale, existe bien, puisqu'on peut t'en priver (avec un pistolet sur la tempe).

C'est que le concept-même de liberté, il faut sans doute plutôt l'appréhender par degrés. On est plus ou moins libre. Le fait que nos décisions soient le fruit d'une chaîne de pensées et de stimuli divers ne n'exclut pas l'idée de liberté : elle exclut l'idée de liberté absolue.
Du coup, ça, y a pas de réponse à apporter de la part des sciences cognitives. C'est le paradoxe qui est contenu dans l'idée-même de liberté.

C'est un peu comme le bien ou la perfection : on peut jamais dire "ceci est le bien" ou "ceci est parfait". En revanche, on a des choses, des actes, des décisions, qui sont mieux que d'autres (au sens de tendre vers le bien), des résultats qui sont mieux que d'autres (au sens d'aller vers la perfection, même sans l'atteindre). Ca veut pas dire que le bien n'existe pas, juste que c'est quelque chose vers lequel on tend ou duquel on s'éloigne, c'est un concept, et ça se décline en degrés et pas en "oui ou non".


Citer
En réalité, la seule chance que nous ayons d'atteindre à un minimum de liberté, c'est précisément de nous rendre conscients que nos comportements sont contraints (par une infinité de prérequis), et de se mettre en retrait, en recul, par rapport à nos penchants, nos pulsions, et ne pas nous en laisser berner. Mais voilà.... : ce ne serait plus vivre normalement une vie humaine, et seul un parfait philosophe érémitique le pourrait... peut-être...
Tout dépend du degré : s'en affranchir totalement est impossible. S'en affranchir au maximum, en revanche, c'est sans doute la meilleure façon d'être plus libre. Pas besoin de vivre en ermite dans une tour : y a mille et une façons de prendre conscience de ses biais. En décomposant les discours de persuasion qu'on reçoit (ex : la publicité), en analysant l'éducation qu'on a reçue (ça ne veut pas dire la rejeter mais comprendre que si on mange pas de fromage, c'est parce que papa-maman étaient eux-mêmes végétaliens, en fait), en se connaissant soi-même (pourquoi la crème brûlée me provoque du dégoût ? Ah, c'est parce que ma petite soeur gobait des flambys de façon écoeurante quand elle avait 5 ans, je viens de me rappeler ce souvenir et de comprendre le biais subjectif qui ne me faisait pas aimer le flamby), etc. etc.
Du coup, oui, je suis persuadée qu'on est beaucoup plus libre quand on réfléchit, et que c'est même la seule liberté dont on ne peut pas être privé.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 16 Mars 2018 à 19:06:44
Je suis en gros d'accord avec ce que tu dis Milora, et j'attire quand même l'attention sur l'intro de ce débat que l'on peut résumer à ceci:
La liberté : réalité ou illusion ?

Ensuite, je crois que la plupart de nos actions résultent d'automatismes et de processus inconscients. Donc pas très libres.

Mais surtout, le mérite de ces recherches sur le cerveau et sur les hormones tient à ce que la plupart des gens sont persuadés d'être totalement libres de leur opinions, ce qui n'exclut pas une certaine arrogance. Or on est bien obligés d'admettre qu'à mesure des progrès et des résultats de ces expérimentations, ce sont des pans entiers de la notion de liberté qui sombrent.

Chaque fois que l'on dit :'Je suis libre de décider ceci ou cela", en quelque domaine que ce soit, on parvient toujours à montrer les limites de cette liberté, les éléments qui la restreignent, et c'est ce à quoi je m'efforce. Peut-être simplement parce que cette arrogance des tenants d'une liberté totale m'agace...

Mais je reste tout de même convaincu que nous sommes avant tout esclaves de nos pulsions, de nos hormones... Comment choisit-on justement son conjoint ?   Est-ce d'un esprit clair ? Cédons-nous à une nécessité biologique ? Combien de facteurs entrent en jeu dans ce choix ? Certainement une somme faramineuse et que bien sûr nous ignorons. Décider, au terme de toutes ces ignorances, que nous sommes libres, je trouve ça un peu gonflé. Prendre des masses d'ignorances pour des preuves de liberté, c'est assez casse-gueule, avoue...
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 16 Mars 2018 à 19:38:17
A partir des mêmes informations, je tire une conclusion moins anxiogène. En identifiant ces automatismes de l'esprit induits par la génétique et l'environnement, on a alors la liberté de s'en affranchir. Je ne partage pas cette qualification d'arrogance, trop moraliste pour moi (à moins que tu ne l'appliques à ceux qui nient jusqu'à l'évidence de l'existence des fils invisibles qui guident leurs actions, ...). Le concept de libre-arbitre est sans doute trop complexe pour se contenter d'un dilemme réalité/illusion. La liberté totale c'est celle de sans cesse s'explorer pour libérer notre marionnette de chair et de synapses des mains iniques du hasard, une route difficile et que ma fibre romantique et stoïque a envie de qualifier de "noble", mais c'est certainement, pour le coup, de l'arrogance. Reste que j'ai énormément de respect pour les gens qui reconnaissent sans peine leurs biais, leurs erreurs, les comportements non-souhaités et les actes manqués, entre autre, que leurs émotions ou leurs inconscients les amènent à manifester. Un respect qui n'est durable que s'ils prennent la peine d'agir envers ces phénomènes plutôt que de se retrancher derrière l'illusion du déterminisme fataliste.

Je pense qu'il est illusoire de pouvoir se déprendre complètement de sa biologie et de son environnement, mais qu'on peut s'en affranchir à l'infini, comme dit Milora, au maximum. C'est certainement très Sisyphien, mais ce faisant, nous gagnons une liberté plus grande, c'est donc que la liberté peut être éprouvée comme "plus grande" et "moins grande". Cette liberté se manifeste de façon la plus évidente lorsque les choix possibles apparaissent plus nombreux. Reste à déterminer laquelle des options est préférable...

Pour ma part, chaque fois que j'ai cru une contrainte indépassable (moeurs, personnalité, santé, somatique) je me trompais. Même si je sais qu'elle est toujours guidée par le hasard, mon expérience de la liberté s'ancre sensiblement dans ce que j'identifie comme "le choix, c'est à dire, dans quelle direction je dirige mon énergie et mes efforts, et pour quel résultat que je juge "souhaitable"".

La liberté absolue, jamais, mais des libertés de plus en plus grandes, toujours. Suffit de se battre, de chercher, de provoquer l'existence, de douter, de soigner son corps et son esprit, de cultiver sa puissance. Si à la fin, tout est affaire de probas, on peut tout de même peser sur la balance, de tout son poids. Et on peut choisir à quelle table de jeu on joue, aussi (tant qu'on connait son existence).

EDIT : haha je sais pas comment j'ai fait pour ne pas voir le dernier message de Milora, mais je suis entièrement d'accord avec tout.

Pour l'exemple du conjoint : cette somme faramineuse de paramètres, qui est indéniable, ne t'empêche a priori pas de t'en affranchir par principe moral, par exemple, ou décision personnelle (exemple : cette femme a déjà un enfant de moi, même si mes hormones me disent que je devrai me reproduire avec ce caniche, je vais tout de même rester avec cette femme). Tu peux même faire le choix de fréquenter le caniche tout en t'occupant de l'enfant avec sa mère. Tu peux aussi croire que c'est une mauvaise solution (exemple : la mère refuse que tu fréquentes le caniche, ça la fait souffrir). Alors, malgré tes instincts biologiques, tu apprends le deuil, et la gestion de la frustration, et des années après, tu n'as pas suivi tes pulsions, non, tu ne regrettes rien (pour peu que tu t'en sois occupé correctement sans refouler). Bref, je ne te rejoins pas et je ne vois pas où ce genre de conclusion mène à part une déresponsabilisation des gens concernant leurs choix.

En fait c'est pareil pour les "pulsions". On sait que d'un individu à l'autre, la réaction au même stimulus est variable du tout au tout (exemple : jalousie ou peur). Or, on sait aussi qu'avec des solutions thérapeutiques, on peut orienter un comportement émotionnel jugé trop pénible vers une réaction plus positive, voire totalement la désactiver. Dans un monde où il est possible de faire ça, je vois mal comment on peut prononcer la phrase "nous sommes esclaves de nos pulsions".

Certes, demeurer esclave de ses pulsions peut demeurer un choix valide et confortable, mais pour moi c'est surtout une pensée déresponsabilisante.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 16 Mars 2018 à 19:53:57
Alors, pour ma part, j'aimerais faire un point d'éclaircissement pour distinguer le déterminisme de l'empirisme ; je trouve que vous avez tendance à mélanger les deux notions de manière assez problématique.

D'un côté, on a la logique, celle de la causalité, du « et/ou » qui nous vient de la Grèce antique et que l'on pourrait assimiler à un modèle de représentation du monde.

Si... et si... alors... est en soi une représentation du monde.

Ce modèle poussé à l'extrême peut amener à créer une éthique de déterminisme qui consiste à voir tous les événements de l'instant présent comme représentatifs d'une causalité.

Le déterminisme serait une logique poussée à l'absolu (comme si tout était une seule logique).

On se rapproche de Spinoza sur une thématique similaire.

En revanche, l'empirisme, plus proche d'un Descartes mais surtout d'un Hume, est un autre modèle de représentation du monde.

C'est un modèle qui se base sur l'expérience pour améliorer notre compréhension du monde. Ici on se rapproche de l'éthique scientifique dont on reconnaît certaines valeurs comme étant « inévitables » (l'eau bout à cent degrés), pour élargir peu à peu le champ de nos connaissances.

C'est un modèle de représentation de nos connaissances qui n'est pas le même que celui du déterminisme.

L'empirisme avait notamment vocation à limiter la spéculation hasardeuse et favoriser des acquis réels sur notre champ de connaissances. Celui-ci a montré ses vertus dans la science moderne et le domaine médical.

Je vous invite sincèrement à ne pas mélanger empirisme et déterminisme, car ce sont deux modèles de pensée complètement différents l'un de l'autre, et passer de l'un à l'autre de cette façon ne peut que nous mener vers l'immobilité.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 16 Mars 2018 à 19:59:20
Peux-tu citer les passages du débat où tu as relevé la confusion, Alan ? Je ne les repère pas.  :)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 16 Mars 2018 à 20:37:26


Or, on sait aussi qu'avec des solutions thérapeutiques, on peut orienter un comportement émotionnel jugé trop pénible vers une réaction plus positive, voire totalement la désactiver. Dans un monde où il est possible de faire ça, je vois mal comment on peut prononcer la phrase "nous sommes esclaves de nos pulsions".  Aube.


Mon cher Aube, tu prêches contre ta paroisse : tu fais intervenir un tiers (solutions thérapeutiques) pour soulager un "patient", qui est donc impuissant contre ce qui l'accable ! Pas libre, en somme.

Si tu veux parler du psychologue, il n'a guère le choix non plus, il est tenu par son obligation professionnelle, sa déontologie. Dans ces deux cas, chacun est "tenu".

D'autre part, le patient tient sa maladie de ses propres pulsions ou névroses, le thérapeute lui, tient son obligation d'une chaîne de conventions sociales et de la nécessité de gagner sa vie cad soigner son client.

Je veux juste mettre en évidence qu'en chaque cas, tu peux montrer l'existence de tout une chaîne causale qui met à mal le sens de "liberté".
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 16 Mars 2018 à 20:42:25
Peux-tu citer les passages du débat où tu as relevé la confusion, Alan ? Je ne les repère pas.  :)
Le mélange qui est fait entre des découvertes scientifiques sur une base d'empirisme (expérimentation) pour mettre en avant une éthique de déterminisme est source de confusion.

Je ne sais pas si tu vois où je veux en venir ; mélanger des faits avérés par l'expérimentation et une logique absolue risque l'explosion mortelle.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: txuku le 16 Mars 2018 à 20:54:55
Bonsoir

Tous ces debats me paraissent un peu hormonaux ???


quand j ai un choix a faire qui me parait equilibre niveau conscience je sort mon
pendule......................


Le suicide me parait le summum de la liberte.


 :)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 16 Mars 2018 à 21:04:10
 :D Aïe aïe aïe !!

Mon cher Aube, tu prêches contre ta paroisse : tu fais intervenir un tiers (solutions thérapeutiques) pour soulager un "patient", qui est donc impuissant contre ce qui l'accable ! Pas libre, en somme.
Malgré tout, avisto, ce n'est pas parce que l'un semble faire une erreur que l'autre a nécessairement raison, les avis sont un peu plus profonds que tu ne sembles le reconnaître.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 16 Mars 2018 à 21:27:16
Citation de: Avistodenas
Mais nous n'allons pas remettre ça, je ne le souhaite pas, d'ailleurs mon sujet posait une problématique sans trancher, juste une invitation à débattre....
Je suis surprise de lire ça ; je trouve au contraire tes commentaires bien tranchés.

Citation de: Milora
Oui alors ça, les citations qui se battent duel, c'est la philo qu'on fait au lycée, hein :P On peut pas parler de concepts sans réfléchir à tout ce qu'ils impliquent, sans en éprouver les limites, les contradictions internes et les conséquences (sinon on en reste à des lieux communs). Et le fait de réfléchir sur les concepts, c'est tout bêtement ça, la philo, quand on lui enlève son carcan scolaire.
Merci Milora :)


Pour ce qui est du fond du débat...

Je plussoie totalement le post de Milora (#26). Je suis d'ailleurs surprise de ta réponse, avisto, car tout en affirmant que tu es "en gros d'accord", tu ne tiens pas du tout compte des nuances exprimées par Milora dans ton post suivant.

Plusieurs choses me gênent dans ton argumentaire avisto :
- Première chose : peut-être est-ce seulement moi qui ai mal compris, mais tu sembles considérer le lien entre la biologie et le psychisme de manière parfaitement unidirectionnelle. Tu me sembles parfois négliger l'empreinte que le psychisme (au sens très large ; pas le temps de détailler ici ni de vérifier si ce terme-ci est le plus approprié) possède sur les neurones (merci la malléabilité synaptique) et même sur les gènes (épigénétique et traumas, pour ne citer qu'un exemple).
- Deuxième chose : encore une fois c'est peut-être moi qui te résume de façon trop simpliste, mais tu as l'air de formuler que la biologie et les hormones (j'imagine que tu inclues dans ces "hormones" les neurotransmetteurs et autres... sinon il faut tout reprendre à la base) déterminent surtout des "pulsions" qui déterminent ensuite des comportements. Le mot "pulsion" me gêne. Quand bien même tu resterais dans une logique où le corps, l'empreinte biologique de la pensée, précède assurément la prise de décision, pourquoi appeler ça des "pulsions" ? Tu peux aussi donner à certains de ces mécanismes les noms de "valeurs", "principes de vie" et autres ? Le mot "pulsion" renvoie à quelque chose de très but, non réfléchi, et vraiment "subi".

D'une manière plus générale, la notion de liberté, comme le disait Milora, me parait nécessairement relative et à évaluer en termes de degrés.

Je me demande aussi quelle est, dans tout ça, votre conception de l'identité. Dans ce débat, avisto (et peut-être que certains autres aussi), tu sembles vivre le fruit de l'expérience personnelle, du système de valeurs inspiré de l'extérieur, des propres besoins endogènes... tout cela est vécu de manière dissociée de l'identité qui chercherait à exercer son libre-arbitre. Or pour qu'il y ait liberté quelque part, il faut bien qu'il y ait une unité consciente pour exercer cette liberté et déterminer ce qui lui semble préférable dans un choix. Alors si vous dépouillez l'âme humaine de son vécu et de tous ses attributs personnels, que reste-t-il ? Soit une entité théologique (et pourtant personnelle, vu que vous parlez ici de liberté individuelle) qui nous transcende complètement, nous pauvres mortels - et dans ce cas il me semble logique de penser que cette petite unité théologique (donnez-lui le nom que vous voulez) possède de fait sa propre liberté... sinon elle ne servirait à rien et serait juste là pour décorer. Soit il ne reste rien si l'on nous enlève notre vécu / expériences / besoins somatiques / valeurs apprises etc, et dans ce cas le terme "liberté" me semble dépouillé de son sens si on veut à tout prix l'arracher à notre identité.

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 16 Mars 2018 à 23:17:57
Ariane, il me semble que tu confusionnes ici :

Un  :  Tu me sembles parfois négliger l'empreinte que le psychisme (au sens très large ; pas le temps de détailler ici ni de vérifier si ce terme-ci est le plus approprié) possède sur les neurones (merci la malléabilité synaptique) et même sur les gènes (épigénétique et traumas, pour ne citer qu'un exemple).

"L'empreinte du psychisme sur les neurones" : il n'y a pas de psychisme sans neurones, c'est l'inverse.

Deux : je ne saisis pas bien les oppositions que tu apportes mais en tous cas les "valeurs, principes de vie et autres" sont ce qui s'oppose aux "pulsions". Mais toujours est-il que ces valeurs, principes de vie, nous sont plus ou moins inculqués, ou acquis culturellement, nous ne passons pas toute notre vie à tout réinventer, nous suivons des règles sans les avoir décidées nous-mêmes : ce ne sont pas des libertés. Au contraire, on peut prendre des libertés avec les règles mais ce qui nous y pousse n'est pas nécessairement réfléchi, et peut très bien être pulsionnel, c'est souvent le cas.

La notion de liberté doit s'évaluer en termes de degrés dis-tu. Je n'ai jamais prétendu le contraire, je dis qu'en cherchant bien, on trouve toujours ces marques ou signes qui nient la liberté et la réduisent à quasiment rien.

 Or pour qu'il y ait liberté quelque part, il faut bien qu'il y ait une unité consciente pour exercer cette liberté et déterminer ce qui lui semble préférable dans un choix

Cette unité consciente qui veut exercer cette liberté de choix n'est la plupart du temps pas consciente, elle agit beaucoup par automatismes (acquis ou innés) et nous revenons au cas de figure : fromage ou dessert, que j'évoque plus haut.

Alors si vous dépouillez l'âme humaine de son vécu et de tous ses attributs personnels, que reste-t-il ?

Nul ne peut, en aucun cas, dépouiller une âme humaine de son vécu et de ses attributs. La question que reste-t-il n'a donc pas de sens, si ce n'est ce qui nous constitue et qui ne dépend pas de nous. Toujours pas de liberté à l'horizon.

Tu donnes aussi quelques mots sur les liens entre "génétique" et "épigénétique" : la différence est seulement que l'environnement, le biotope, a une influence sur les gènes : dotation génétique comme effets du biotope ne sont pas de notre fait non plus, nous les subissons.

So what...? Toujours pas de liberté en vue. Aucun des arguments que vous avancez ne dit formellement : la liberté est . Ou : ceci est la liberté, inscrite dans le génome, les pulsions, les réflexes, les besoins somatiques ou que sais-je.... Rien, nulle trace de cette liberté, si ce n'est que nous l'imaginons, la fantasmons, nous faisons tout pour nous en donner l'illusion. Même moi, je me laisse contaminer en essayant de ne pas être trop tranchant et en donnant toutes leurs chances à vos arguments. Mais toujours, je bute sur des données qui les réfutent.

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D'une façon plus générale, voici ce que j'en pense vraiment :

Pour nous en tenir au monde macroscopique, notre cerveau doit être l'objet de plus complexe de l'univers visible. Nous avons tous le même cerveau pourtant il n'en existe pas deux identiques même dans les cas de gémellité.

Nous connaissons peut-être 2 ou 3 pour cents de cette complexité vertigineuse (des milliards d'interactions par seconde), et cependant nous avons l'audace et l'arrogance de décider en ce cerveau d'une liberté.

Un peu de modestie ne nous messiérait pas, que diable !

C'est ce qui me perturbe grave.

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 17 Mars 2018 à 12:02:39
Citer
Nous connaissons peut-être 2 ou 3 pour cents de cette complexité vertigineuse (des milliards d'interactions par seconde), et cependant nous avons l'audace et l'arrogance de décider en ce cerveau d'une liberté.
:D
C'est vraiment drôle à quel point cette phrase pourrait t'être renvoyée ! Tu ne le vois pas ??
Nous connaissons peut-être 2 ou 3 pour cents de cette complexité vertigineuse (des milliards d'interactions par seconde), et cependant tu as l'audace et l'arrogance de décider en ce cerveau l'absence de liberté.
Je trouve même que ça sonne beaucoup mieux ainsi :) . Quand on connait mal quelque chose, il est plus absurde d'affirmer une absence plutôt que de supposer la présence de qqch que, comme dit Aube, nous "ressentons" pourtant (j'ai beaucoup aimé d'ailleurs cette phrase sur la force de cette expérience tangible... ou je ne sais plus comment tu formulais ça, c'était bien mieux que moi).

Citer
"L'empreinte du psychisme sur les neurones" : il n'y a pas de psychisme sans neurones, c'est l'inverse.
Figure-toi que ce que tu affirmes ici est parfois remis en cause. Mais quand bien même on resterait sans équivoque dans cette compréhension 100% neurobio du psychisme, les neurones en portent la trace, mais ça ne veut pas dire que nous sommes dans un lien déterministe unidirectionnel : les neurones eux-même sont extrêmement malléables en fonction de l'extérieur etc, pour moi ils sont davantage l'empreinte d'autres choses (qui elles peuvent être vécues comme plus ou moins "entravantes" à notre liberté), qu'une contrainte directe à nos choix. Comme le disait Aube avec l'exemple de la psychothérapie, tu peux entraîner tes neurones. Tu peux moduler tes synapses. Je n'aime pas le lien unidirectionnel que tu fais entre corps et esprit. Je n'aime pas non plus tes choix des mots "hormones" et "pulsion" qui honnêtement n'ont vraiment rien de neurobio et enlèvent de la finesse à ton propos.

Pour le reste, clairement tu ne m'as pas comprise : ce que je voulais exprimer c'est que ta notion de déterminisme est si vaste qu'à mes yeux elle engloutit toute notion d'identité. Or si tu recherches la liberté absolue capable de se détacher même de notre identité, je ne vois pas ce qu'il reste de "nous" pour être "libre". Et à mon sens c'est pour cela que tu "buttes".

MAIS tu as l'air tellement décidé à prouver ta propre thèse que j'ai bien conscience que rien de ce que j'écris n'aura d'impact sur toi ;) . Donc, je laisse la discussion là et te souhaite une bonne journée :) .
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 17 Mars 2018 à 12:25:30
Pas d'accord du tout, Arianne, tu dois bien t'en douter...


Le fait de ne pas connaître le fonctionnement du psychisme n'autorise pas à affirmer une liberté.
En revanche, il autorise à mettre en doute cette affirmation d'une liberté.

Au passage, les neurones ne sont pas qu'une trace, ce sont des cellules, véhiculant des traces psychiques.

Un neurone, ou cellule nerveuse, est une cellule excitable constituant l'unité fonctionnelle de base du système nerveux.

Les neurones assurent la transmission d'un signal bioélectrique appelé influx nerveux. Ils ont deux propriétés physiologiques : l'excitabilité, c'est-à-dire la capacité de répondre aux stimulations et de convertir celles-ci en impulsions nerveuses, et la conductivité, c'est-à-dire la capacité de transmettre les impulsions.
  Wiki.

Pourquoi t'ingénies-tu à tout inverser....?

Dans tous les cas, okay Arianne,  bonne journée à toi aussi et mille merci pour avoir participé à ce topic. ;D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 17 Mars 2018 à 14:20:46
Citer
Au passage, les neurones ne sont pas qu'une trace, ce sont des cellules, véhiculant des traces psychiques.

Un neurone, ou cellule nerveuse, est une cellule excitable constituant l'unité fonctionnelle de base du système nerveux.

Les neurones assurent la transmission d'un signal bioélectrique appelé influx nerveux. Ils ont deux propriétés physiologiques : l'excitabilité, c'est-à-dire la capacité de répondre aux stimulations et de convertir celles-ci en impulsions nerveuses, et la conductivité, c'est-à-dire la capacité de transmettre les impulsions.  Wiki.
Alors là je me permets de revenir quand même...
Avisto, je suis psychiatre... Désolée de le souligner mais ce n'est pas de toi ni aujourd'hui que j'ai appris ce qu'était un neurone... Et surtout pas grâce à wikipedia ;)
Je rectifie donc ma phrase : "les neurones en portent la trace"... Mais inutile de venir tout de suite wikipédier...  ::) suffit de souligner que ma phrase était trop vulgarisée.

Citer
En revanche, il autorise à mettre en doute cette affirmation d'une liberté.
Mais toi tu affirmes l'absence de liberté. Sous couvert de débat, tu réaffirmes non stop que malgré tes efforts pour garder l'esprit ouvert, tu en reviens toujours à la même conclusion.

Tu ne m'as à aucun moment répondu sur la question de l'identité or je pense que c'est là que se situe ton "blocage". Le reste n'est qu'annexe.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 17 Mars 2018 à 14:34:28
Aaaaaah ! nous sommes d'accord avec cette nouvelle version !

Tu es psychiatre, moi je suis honnête homme, ça me convient. J'ai seulement usé de wiki pour couper court.

L'identité ? hé bien quoi, l'identité : chacun a la sienne. C'est juste la conscience de soi, qui ne m'attribue aucune liberté spécifique. Je puis me considérer comme tel, sans être libre pour autant, et rester esclave  de certaines de mes pulsions (le mot te déplaît mais il a un sens)

Je reste sur la même conclusion en effet  : un sérieux doute sur notre "liberté". Jusqu'à indices et présomptions concordants du contraire.

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 17 Mars 2018 à 14:41:40
Alors peut-être le hic vient-il du fait que tu te montres parfois un peu trop catégorique pour un simple "agnostique" ;)
Ton "sérieux doute" s'exprime souvent par des affirmations sans ambages.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 17 Mars 2018 à 14:46:49
Citer
L'identité ? hé bien quoi, l'identité : chacun a la sienne.
Ca ne fait pas beaucoup avancer le débat, ça...  ::)

Explique-moi comment tu peux faire des choix libres sans te référer à une certaine forme d'identité de toi. Si tu enlèves tout ce qui nous compose, je ne vois pas comment tu peux parler de liberté. Il ne reste plus rien. (Mais j'ai déjà formulé cette interrogation au moins trois fois...).

Ou si tu acceptes que le libre-arbitre suppose une certaine forme d'identité, alors définis cette identité, pour savoir précisément sur quoi tu acceptes d'appuyer tes choix (qui alors pourraient être considérés comme libres car référés uniquement à qui tu es). Et même si ces paramètres de ton identité se sont construits de façon déterministe, en fonction de l'extérieur ; si tu les acceptes comme tiens, c'est donc à eux que tu te réfères quand tu es en quête de liberté. Tu peux choisir de t'émanciper de certains tour à tour ("même si ça fait partie de mon identité, j'aimerais faire un choix aujourd'hui qui soit libéré de mon histoire familiale" => ok). Mais tu ne peux pas t'émanciper de tous à la fois sinon tu n'es plus personne ; et du coup il n'y a plus aucune personnalité pour réaliser un choix.

En résumé j'ai l'impression que ta quête de liberté est si absolue que tu voudrais te débarrasser de l'influence de qui tu es - et c'est un paradoxe que rien ne peut résoudre - pour être libre tu as besoin de qui tu es.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 17 Mars 2018 à 17:22:55
Aube, tu écris :
Alors peut-être le hic vient-il du fait que tu te montres parfois un peu trop catégorique pour un simple "agnostique" ;)

Est-ce un hic ? Je réitère ce que j'ai déjà dit : Nietzsche me fait devoir de défendre ce que je crois vrai. Et de le défendre avec "vigueur".

Ariane, tu écris :
Ou si tu acceptes que le libre-arbitre

Je n'accepte évidemment pas le libre-arbitre, puisque je doute de la liberté humaine.

Mon identité est ma façon consciente de me percevoir : en particulier la façon consciente dont je perçois par exemple la notion de liberté, et qui est le fruit de mes lectures, de mes réflexions.
J'expose ce que je pense vrai, on en discute, et mon opinion n'a pas changé au vu des arguments que vous m'opposez (toujours les même d'ailleurs)

Je ne cherche pas à m'émanciper de gens ni de mon histoire familiale (qu'est-ce que cela vient faire ici), je cherche une exactitude des choses. Non pas LA vérité, qui n'existe pas non plus (je suis prêt à m'en expliquer) mais des exactitudes qui mises bout à bout me donneront une idée pas trop fausse du réel.

Et vous me répondez par des convictions, des faux-fuyants, des plussoiements des uns et des autres comme si les autres pouvaient vous servir de cautions... Vous ne découvrirez rien par ces moyens-là.
 
L'identité n'a rien à voir ici, il s'agit seulement de savoir si nos fonctions cérébrales et hormonales massives (nous ne sommes que circuits neuronaux centralisateurs et corps somatiques c'est à dire "états émotionnels" cherchant à rationaliser, sans y parvenir hormis par les sciences et les mathématiques), nous laissent le moindre espace de liberté.

J'en doute fort, et j'explique en quoi.

Ainsi écris-tu : - pour être libre tu as besoin de qui tu es.

Mais enfin ! je puis être qui je suis qui que je sois, en me reconnaissant dépendant d'un psychisme limité à moi-même et à mes innéités et acquis, et qui n'a rien de libre.

Je ne suis libre d'à peu près rien, pas même d'être "né quelque part". En revanche, on adore se revendiquer... (libre). Certains se revendiquent même "citoyens du monde" alors que les citoyens chinois ne leur ont rien demandé. (Va donc dire à un terroriste islamique que tu es citoyen du monde, tu vas voir comment il va t'arranger!) Encore une invention, encore un foutage.

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 17 Mars 2018 à 17:44:30
Je me demande pourquoi tu as ouvert un fil ici sous couvert de "débat" si pour toi tu es le seul à détenir des arguments rationnels. Je garde la sensation que tu n'as pas cherché du tout à comprendre ce que j'avançais.

Au plaisir de te lire - mais sur d'autres sujets.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 17 Mars 2018 à 17:46:34
Il me semble bien que tu vois le sujet sous l'angle "psychiatre" . Il existe bien d'autres angles.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 17 Mars 2018 à 17:49:51
Ca me fait sourire, vraiment, ce n'est pas méchant du tout avisto, pour le coup tu ne peux sûrement pas te représenter les choses... Mais "l'angle psychiatre" malheureusement n'existe pas. La psychiatrie est fragmentée de je ne sais combien de courants allant de la neurobio à la parapsychiatrie. Moi-même j'ai plusieurs formations différentes qui ne vont pas toujours dans le même sens. Ce n'est donc pas "l'angle psychiatre" qui définit mon regard. Mais je peux comprendre que ça puisse donner cette impression vu de l'extérieur.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 17 Mars 2018 à 18:05:30
Il n'est bien sûr pas question de dénigrer tes formations, toute formation a ses titres de noblesse.
Mais ne me dis pas que je débats tout seul, je passe mon temps à reprendre tes arguments - si possible rationnellement, bien sûr, en tous cas je m'y efforce. Et c'est la moindre des choses.

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 18 Mars 2018 à 01:37:06
J'ai ouvert ce débat qui semble se terminer.
Afin de compléter, de manière non exhaustive, je conseillerais la lecture de :

Le hasard et la nécessité de Jacques Monod. Ce bouquin est exemplaire de la problématique qui nous a occupés sauf qu'ayant été  écrit en 1970, la réflexion a évolué depuis et je n'en partage pas la conclusion qui se veut par trop optimiste, ainsi qu'il était de règle à l'époque.

Lire aussi les thèses de Pierre Bourdieu et sa vision déterministe de la reproduction des hiérarchies sociales, qui pose bien la question mais là encore, en raison des évolutions de la pensée, il s'arrête en chemin en proposant des actions humaines susceptibles de mettre LIBREMENT un terme à la reproduction de ces hiérarchies. On voit ce qu'il en advient, ces inégalités n'ont jamais été aussi criantes.
En gros, c'est comme s'il disait : nous sommes libres de nos votes, alors que nous ne votons qu'en raison de nos insatisfactions, toutes les études politiques le montrent abondamment.

S'il me vient d'autres idées de lectures, je les verserai au dossier à mesure.

Un grand merci aux participants.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Dot Quote le 18 Mars 2018 à 07:12:20
Arf, ça ressemble à une conclusion...
J'arrive après la bataille, et n'ai même pas parcouru les hauts faits de la réflexion.
C'est ennuyeux comme même le temps nous impose ses limites.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 18 Mars 2018 à 09:51:28
C'est ennuyeux comme même le temps nous impose ses limites.   :mrgreen:

Non mais rien ne t'empêche.... Faut reconnaître que lorsqu'on atteint la taille d'un pavé, ça devient chiant! ;D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Dot Quote le 18 Mars 2018 à 16:15:23
Ok :

- Admettre la logique physique et l'improbable métaphysique :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


- Revenir sans cesse à une ontologie de la liberté :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


- Associer les termes : liberté à : conscience, volonté, action, décision :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


- Reformuler :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 18 Mars 2018 à 17:46:04
Là, ça demande réflexion car ces problématiques sont de plus en plus fines.

J'attend un moment de tranquillité.
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 18 Mars 2018 à 19:07:03
Avisto, j'ai la même impression qu'Ariane que tu nous as lus mais pas vraiment compris. On (chacun avec sa propre approche) t'a répondu plusieurs fois sur les points que tu répètes, quelquefois en allant dans le même sens et quelquefois en s'y opposant, et presque chaque fois en les mettant en perspective avec d'autres idées. Mais tu y reviens sans répondre à la discussion, sans - je crois - la prendre en compte, du coup j'ai l'impression d'une forte incompréhension.
Je vais pas re-répéter, du coup, et comme j'avais déjà rebondi - longuement - sur ton avis, je vais aussi m'arrêter là.

Juste : se plussoyer ne donne pas plus de légitimité et n'est pas fait pour ça. Les argument d'autorité (croire quelqu'un parce qu'il est reconnu), ça n'a pas de valeur. C'est pas parce que tu plussoies ou es plussoyé que tu as plus ou moins raison. En revanche, ça veut dire que tu es d'accord ou que tu as été convaincu par l'argument de quelqu'un. Faut pas y voir un effet de "petite clique" mais juste des gens qui se rendent compte qu'ils sont d'accord ^^

Dot Quote : je trouve que t'as tout à fait synthétisé la vaaaaste question de ce fil ! :)

- Première chose : peut-être est-ce seulement moi qui ai mal compris, mais tu sembles considérer le lien entre la biologie et le psychisme de manière parfaitement unidirectionnelle. Tu me sembles parfois négliger l'empreinte que le psychisme (au sens très large ; pas le temps de détailler ici ni de vérifier si ce terme-ci est le plus approprié) possède sur les neurones (merci la malléabilité synaptique) et même sur les gènes (épigénétique et traumas, pour ne citer qu'un exemple).
Ah, j'avais pas pensé à ça, et j'ai trouvé ton idée là-dessus super intéressante !

(je plussoie aussi Aube sur l'idée de responsabilité, je vois ça pareil).

Citation de: Dot Quote
Que le monde soit logique ou irrationnel, il répond à une temporalité dans laquelle nous nous inscrivons... la question n'est donc pas de savoir si nous sommes libres ou pas, mais comment nous construisons-nous notre liberté et qu'en faisons-nous ?
Oui, c'est effectivement tout l'enjeu de la question (c'est un peu ce que disait Aube, en parlant de responsabilité. Mon avis rejoint le sien, comme je disais plus haut).

Citer
Lire aussi les thèses de Pierre Bourdieu et sa vision déterministe de la reproduction des hiérarchies sociales, qui pose bien la question mais là encore, en raison des évolutions de la pensée, il s'arrête en chemin en proposant des actions humaines susceptibles de mettre LIBREMENT un terme à la reproduction de ces hiérarchies. On voit ce qu'il en advient, ces inégalités n'ont jamais été aussi criantes.
En gros, c'est comme s'il disait : nous sommes libres de nos votes, alors que nous ne votons qu'en raison de nos insatisfactions, toutes les études politiques le montrent abondamment.
Je pense que c'est quand même pas mal simplifier Bourdieu, et lui faire dire ce qu'il ne dit pas, en restant à l'idée d'une liberté absolue qui est, par définition-même, impossible (cf. Ariane (celle du MDE, pas celle du Labyrinthe :P ). Bourdieu parle de biais, d'influences, décortique l'impact de l'environnement culturel sur la construction de l'individu. C'est pas une question de liberté/déterminisme, dans ce sens-là.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 18 Mars 2018 à 20:19:40
Je diffère un peu ma réponse à Dot Quote qui mérite réflexion plus poussée.

Milora, je te réponds qu'en effet nous n'évoluons pas sur le même plan : ce que j'explique, pour le dire ENCORE autrement, c'est que lorsque je réfléchis (à quoi que ce soit), ce qui est à l'oeuvre dans mes neurones (et pas ceux de mon cerveau seulement mais ceux de ma moelle épinière etc) ce sont des interactions électro-chimiques sur lesquelles je n'ai aucune connaissance, ni prise, ni influence. A partir de quoi il n'est plus possible d'affirmer la moindre liberté. On peut seulement se l'inventer. Et cela je ne le remets pas en cause.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 18 Mars 2018 à 20:30:31
Citer
ce qui est à l'oeuvre dans mes neurones (et pas ceux de mon cerveau seulement mais ceux de ma moelle épinière etc) ce sont des interactions électro-chimiques sur lesquelles je n'ai aucune connaissance, ni prise, ni influence.
Mais c'est qui ce "JE" alors ?
Tu optes d'une part pour un point de vue 100% neurobio ("nous sommes contrôlés entièrement par nos synapses"), et après tu veux exclure ce "je" de la neurobio. Définis-le donc.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 18 Mars 2018 à 20:44:02
Ce "je" est le résultat de toutes ces interactions psycho-somatiques. Si tu es capable de me les décrire toutes, absolument, à l'infini, alors tu es non seulement libre, mais tu es Dieu.






Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 18 Mars 2018 à 20:49:00
Je prétends pas être dieu, sérieusement avisto...  ::) c'est pas facile de discuter avec toi.

Citer
Ce "je" est le résultat de toutes ces interactions psycho-somatiques.
Du coup tu situes ce "je" en dehors des synapses ou ce sont elles qui le constituent ?

=> si elles le constituent : alors pourquoi diable veux-tu que ce "je" agisse en se débarrassant de l'influence de ce qu'il est lui-même ?
=> si ce "je" est en dehors des synapses, ne serait-ce que partiellement : alors c'est bien que nous sommes autre chose que ces amas d'hormones et de neurones, comme tu le décris...

(Je simplifie à l'extrême parce que ta pensée ne semble pas vouloir admettre la moindre nuance...).
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 18 Mars 2018 à 20:57:18
Je diffère un peu ma réponse à Dot Quote qui mérite réflexion plus poussée.

Milora, je te réponds qu'en effet nous n'évoluons pas sur le même plan : ce que j'explique, pour le dire ENCORE autrement, c'est que lorsque je réfléchis (à quoi que ce soit), ce qui est à l'oeuvre dans mes neurones (et pas ceux de mon cerveau seulement mais ceux de ma moelle épinière etc) ce sont des interactions électro-chimiques sur lesquelles je n'ai aucune connaissance, ni prise, ni influence. A partir de quoi il n'est plus possible d'affirmer la moindre liberté. On peut seulement se l'inventer. Et cela je ne le remets pas en cause.
J'ai bien compris ce que tu voulais dire, Avisto. J'y ai répondu, Aube y a répondu, Ariane y a répondu, Dot Quote a reformulé l'opinion.
Je laisse Ariane poursuivre la conversation, elle s'y prend bien mieux que moi ! :)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 18 Mars 2018 à 22:54:29
Avisto a écrit :    Ce "je" est le résultat de toutes ces interactions psycho-somatiques.
Arianne a écrit : Du coup tu situes ce "je" en dehors des synapses ou ce sont elles qui le constituent ?


Psycho- somatiques : esprit et corps, indissociables, l'ensemble en interaction (de la même manière que l'univers est une interaction énergie-matière, particules-champs, ou si tu préfères quantique).

Je puis difficilement t'expliquer plus clairement. Où est la liberté de ce que nul ne peut saisir ?  Où est la liberté de l'univers ? A-t-on le droit, intellectuel, d'appeler cela une liberté ?

La liberté n'existe que parce que nous l'appelons, comme nous appelons dieu : Dieu,  rien de plus.
Le philosophe te dira : dans l'absolu, on ne peut prouver l'existence de dieu, ni son inexistence.
Dans l'absolu ! Mais nous ne sommes pas tout à fait idiots, nous savons que son existence est hautement improbable. Pareil pour la liberté.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 18 Mars 2018 à 23:10:39
Je pense qu'il est important que tu reconnaisses ta parole comme étant une opinion, avistodenas, c'est ce qui peut apaiser les discussions.

Sache qu'ici, littéraires, nous travaillons sur la représentation du monde de chacune & chacun (représentation signifie y compris les illusions) pas sur les vérités elles-mêmes.

La littérature prend en considération les représentations du monde (représentations collectives, traditions culturelles, etc.).

Je ne pense pas que ton discours soit en mesure de "nous imposer la vérité", et je pense même que c'est un présupposé dangereux pour qui ne fait pas partie d'un environnement contraint par des clauses scientifiques (tu ne peux pas exiger d'un avocat ce que tu exiges d'un agriculteur concernant les données scientifiques ; nous travaillons ici sur des matières littéraires).

Enfin je rappelle que la base de mon désaccord avec toi (mon opinion à moi), c'est que tu pars d'une liberté individuelle lorsque j'entends parler d'une liberté pour tous. La société n'existe pas, selon tes propos, car l'individu n'a pas de société dans le cerveau. Je pense qu'il faut savoir changer de paradigme pour considérer certaines notions, notamment des notions propres aux relations humaines (on est libre vis à vis d'autrui, la liberté se construit dans un cadre social).
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 18 Mars 2018 à 23:35:27
Ce parallèle avec Dieu est intéressant. Si on part aujourd'hui du principe que Dieu n'existe pas, c'est parce que nous ne l'éprouvons pas. Au contraire, la liberté est éprouvée au quotidien. Illusion ou non, on te l'a déjà fait remarqué, c'est ton opinion qui est contre-intuitive.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 18 Mars 2018 à 23:57:39
Alan, je suis bien conscient d'exprimer une opinion. Que comme tout un chacun, je défends du mieux possible. Pourquoi me parles-tu comme un prêcheur à la brebis égarée ?

J'ai tout à fait l'impression de me retrouver devant un tribunal d'inquisition : je réponds à tout avec des arguments dont vous ne tenez aucun compte comme si mon sort était réglé d'avance. Mais peu importe, je débats.

La littérature exclut-elle le bon sens ...? Exclut-elle la rigueur d'une pensée philosophique ?

----------------------------------------------------------------------------------------

Aube, tu écris :

la liberté est éprouvée au quotidien

Naturellement ! comme le croyant éprouve Dieu au quotidien. Est-ce une preuve ?

Tu dis en outre que mon opinion est contre-intuitive. Dans ce cas c'est ce qui fait justement sa valeur : le monde quantique est totalement contre-intuitif . Et pourtant il est parfaitement vrai !

Bon je rappelle ma thèse et d'une façon ramassée, brève, sinon elle va finir noyée sous des montagnes de lieux communs :
Avisto a écrit :    Ce "je" est le résultat de toutes ces interactions psycho-somatiques.

Psycho- somatiques : esprit et corps, indissociables, l'ensemble en interaction.

L'être humain est un organisme d'interactions psycho-somatiques (des milliards par seconde) dont nous ne connaissons quasiment rien : on ne peut en déduire les éléments d'une liberté.
[/u]

Vous êtes libres de la "sentir", cette liberté, je ne m'y opposerai bien sûr pas, mais réfléchissez seulement à ci-dessus.


Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 00:04:27
Citer
Naturellement ! comme le croyant éprouve Dieu au quotidien. Est-ce une preuve ?
La notion de Dieu créateur est apparue spontanément quand l'ignorance de l'être humain s'est confronté à l'expérience du monde naturel. A présent que nous avons éludé, par les sciences, une grande part des mystères qui entouraient ces phénomènes observables, l'idée de Dieu n'apparaît plus spontanément dans la société (mais par transmission culturelle). Crois-moi que beaucoup de croyants sont loin d'éprouver le numineux au quotidien, et que transcender ce doute intuitif est l'une des épreuves pour conserver sa foi.

Autre chose : Dieu est une construction visant à expliquer des phénomènes observables (la perfection ressentie de la nature) tandis que la Liberté est le nom d'un phénomène éprouvé.

Pour le reste, je me suis déjà exprimé, avec les autres. :)

Bien sûr qu'on ne peut pas déduire l'existence d'une liberté. Nous nous contentons de l'éprouver. Pour beaucoup, moi compris, c'est plus que suffisant. Et grisant. Illusion ou non, nous ne pouvons la lever.

EDIT : pour revenir au titre du sujet, je pense que la mécanique endocrinienne de l'anatomie a été dépassée par des fonctions cognitives qui, elles, restent assez occultes, et que nous appelons actuellement "liberté" "volonté" "libre-arbitre, faute de mieux.

EDIT 2 : tu dis :
Citer
Vous êtes libres de la "sentir", cette liberté, je ne m'y opposerai bien sûr pas, mais réfléchissez seulement à ci-dessus.
A quoi bon ? Avant de débattre je partageais déjà la thèse que tu as soulignée. Elle est simplement vraie, à mon sens. A partir de là, j'applique le mot Liberté à cette sensation de choix sur laquelle je peux, de façon observable, influer. Je ne vois pas vers quelle conclusion tu veux nous amener, à part encore une fois une sorte de "toute façon c'est mes hormones, j'ai pas le choix, tout est illusion". Du point de vue scientifique et rationnel, je partage ta thèse. J'en ai tiré il y a longtemps des conclusions éthiques que tu ne formules pas...
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 00:17:51
Alan, je suis bien conscient d'exprimer une opinion. Que comme tout un chacun, je défends du mieux possible. Pourquoi me parles-tu comme un prêcheur à la brebis égarée ?
Les participants à cette discussion ont à plusieurs reprises évoqué leur sentiment que tu leur imposes tes prérogatives, je pense effectivement qu'il est essentiel que tu prennes en considération leur demande de favoriser le dialogue.

Cependant je reconnais que tu es en droit d'exprimer une opinion qui t'est propre, et contradictoire, cela doit se faire dans un cadre de discussion respectueux des uns et des autres.

Je n'ai pas pour prétention à t'acheminer vers la vérité, cependant j'espère ici que nous puissions rester dans un cadre de discussion qui soit raisonnable ; j'espère que tu comprends mon inquiétude à ce que les discussions soient constructives (c'est pour préserver la liberté de chacune & chacun d'exprimer son opinion, y compris la tienne, bien entendu).
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 00:20:55
Aube :  La mécanique endocrinienne de l'anatomie reste toujours aussi occulte, elle n'est pas infirmée mais dépassé et complétée par une théorie (non définitive bien sûr) des interactions psychiques. De la même façon que Newton est dépassé et complété par Einstein.

Tu reconnais enfin, après moult résistances que :

Bien sûr qu'on ne peut pas déduire l'existence d'une liberté. Nous nous contentons de l'éprouver. Pour beaucoup, moi compris, c'est plus que suffisant. Et grisant. Illusion ou non, nous ne pouvons la lever.
 Voilà enfin ce que j'appelle du bon sens ! ;D ;D Tels les croyants, vous croyez.

Grisant !!! voilà le maître-mot de votre argumentation.


-----------------------------------------------------------------------

Alan :

Les participants à cette discussion ont à plusieurs reprises évoqué leur sentiment que tu leur imposes tes prérogatives,

Hé bien ils se trompent : je débats.

 
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 00:25:51
Je ne pense pas que qui que ce soit ici ait affirmé que l'existence de la liberté était démontrable, uniquement que ta conclusion se basait sur des données réduites, une perspective réductionniste et qu'elle ne faisait pas plus sens que la thèse inverse ;) thèse inverse que nous soutenions par des arguments que tu ne soulevais pas toi-même, qui se cantonne au champ restreint de la cognitive.

Je n'ai jamais utilisé le mot "grisant" à des fins d'argumentaire, uniquement pour t'avouer que je ne vois pas vers quelle conclusion pratique ton raisonnement récursif se tourne. Si je devais faire un choix, je préfèrerais en effet exister plutôt que d'analyser. Mais c'est un faux choix que tu m'obliges à faire par ta posture.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 00:30:26
On tourne en rond.

Je crois qu'il vaut mieux laisser le débat ouvert, (nous avons tout donné), et laisser de même le lecteur éventuel juger par soi-même de la solidité des arguments.

Que dire de plus ......
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 00:31:36
Assez d'accord, mais ne veux-tu pas d'abord me répondre sur les implications concrètes que tu déduis de ton cynisme concernant la liberté ?

Je remarque également, comme depuis le début de la conversation, tu n'as pas cessé ton comparatif entre la croyance religieuse et la croyance en un phénomène éprouvé (empirisme ? avec les limites que nous lui connaissons, certes) alors que j'ai soulevé des points qui, jusqu'à ce que tu y répondes, la réfutent.

Tout cela ressemble un peu à de la dérobade, mon cher ;)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 00:33:22
les implications concrètes que tu déduis de ton cynisme

Cynisme ou réalisme ?

J'en déduis que nous nous croyons libres et ne le sommes pas. D'où...... et la responsabilité là-dedans...? (Je te vois venir ... :D)

Je ne suis pas sûr qu'il faille aborder le sujet, car bientôt je vais être traité d'agresseur.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 00:37:58
Voilà. La déresponsabilisation. Ton raisonnement vise à se dédouaner de ses actes, alors que la liberté n'est pas encore une question tranchée. Un peu facile je trouve. Cela amène, comme je m'en inquiétais auprès de toi auparavant, à un relativisme moral de fait que je goûte peu.

Citer
(Je te vois venir ... :D)
:D

EDIT : j'ajouterai que je rejoindrai Alan sur la nécessité factuelle d'une notion de liberté pour maintenir un contrat social fonctionnel, et que je ne vois pas d'où cette liberté collective peut se manifester si ce n'est des individus, donc de leur complexe psycho-somatique. Jusqu'à preuve du contraire, je trouve que l'émergence d'un contrat social basé sur des faits extra-humains est bien moins crédible que l'existence d'un niveau cérébral que nous nommons "liberté" de façon réductionniste à l'échelle individuelle.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 00:50:32
Bon, j'accepte d'aborder le sujet de la responsabilité à condition que mes contradicteurs cessent de plaindre de ce que je débatte.
Pour l'heure, je ne suis plus très frais. A demain, si vous le voulez bien. ;D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 00:55:25
Ou pas. Si tu me racontes que tu es l'esclave de tes synapses archaïques et que si tu me violes puis m'égorges ça n'engage en rien cette mascarade qu'est la "responsabilité sociale" car tu refuses de vivre dans un monde d'illusions, on peut arrêter là. Je préfère passer une journée agréable ;)

Si tu as quelque chose de plus à dire, on peut peut-être essayer.

Bonne nuit !
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 19 Mars 2018 à 04:17:38
Citer
Je ne pense pas que qui que ce soit ici ait affirmé que l'existence de la liberté était démontrable,
La liberté "absolue" n'est pas démontrée (mais ce concept, encore une fois, n'a aucun sens à mes yeux : il ne reste plus personne pour être libre si on cherche à se libérer même de soi-même) ; mais bien sûr que la liberté existe, Milora en a très bien expliqué les différents degrés, dès lors qu'on accepte une certaine relativité.

Et sinon, sérieusement avisto, pourrais-tu aller jusqu'au bout de mes questions ?

=> pour toi, "je" = notre psycho-soma
=> et après tu viens nous dire en gros : "désolé, je suis responsable de rien, c'est mon psycho-soma" ????


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Au final tu me sembles t'identifier à cette notion de psycho-soma dès qu'il s'agit de perception / conscience de soi... Et t'en dédouaner complètement dès qu'il s'agit des actes !

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Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 08:58:18
Aube écrit ::
Ou pas. Si tu me racontes que tu es l'esclave de tes synapses archaïques et que si tu me violes puis m'égorges ça n'engage en rien cette mascarade qu'est la "responsabilité sociale" car tu refuses de vivre dans un monde d'illusions, on peut arrêter là. Je préfère passer une journée agréable ;)

Si tu as quelque chose de plus à dire, on peut peut-être essayer.
[/b]  Aube

Hé voilà ! J'en étais sûr !!!!  Heureusement que j'ai un bon humour ! Avant même que soit abordée la question de la responsabilité, les couteaux sont tirés, on me précipite à terre, on me bourre de coups de pieds dans le ventre que j'en ai mal à la tête.

Arianne : je ne fais que ça : répondre à tes questions.

Versus1 : Enfin une personne intelligente !!! Ca s'arrose . En plus, j'adore Omar Kayyam.  Re-citons-le:

« Pour parler clairement et sans paraboles,
Nous sommes les pièces du jeu que joue le Ciel;
On s’amuse avec nous sur l’échiquier de l’être,
Et puis nous retournons, un par un, dans la boîte du Néant. » ;D ;D ;D Ah, ça fait du bien aux neurones !

Quatrains, Kháyyáam

Bien ...! Maintenant que tout le monde a enfourché son dada de responsabilité en croyant me la mettre bien profond, on va pouvoir dérouler la raison.

L'enfant qui naît dans un quartier pourri, un territoire perdu de la République, bref une favela française, n'au aucune responsabilité. Il n'a jamais été "libre" de choisir, ni son milieu, ni ses parents analphabètes, ni sa cage d'escalier, ni son caïd, ni même son école, rien, aucune de ses conditions de naissance, d'enfance et d'adolescence. D'ailleurs les juges l'ont si bien compris qu'il attendent la 82° comparution pour coller un petit mois de prison à un gars dont le métier, au bout de la 82° infraction, consiste à être un CONTREVENANT par la force des choses. Et en prison, tout empire, c'est l'hypokhâgne de la vie. Répétons-le : il n'est responsable de rien puisqu'il n'a aucune liberté de choix

                                                                              Mais


Toute société a le devoir de se protéger contre toutes les forces qui tendent à la détruire, en légiférant et appliquant ses lois et règlements. Et si elle ne le fait pas, tant pis pour elle.

Voila en quoi consiste et se réduit la responsabilité.

Je mets quiconque au défi, et surtout Alan, de trouver autre chose qu'un argumentaire dans mes propos : il sont juste affirmés avec vigueur et dans la clarté.





Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 19 Mars 2018 à 09:25:54
Citer
Arianne : je ne fais que ça : répondre à tes questions
:D et donc ta réponse à mon dernier post?

J'ai trouvé autre chose qu'un argumentaire : des insultes à peine voilées :
Citer
Versus1 : Enfin une personne intelligente !!! Ca s'arrose .

Et Ariane ne prend qu'un "n".
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 09:36:14
Tu as raison Ariane, je reprends mon propos :

Versus1 : enfin une personne plus intelligente

Et j'enlève aussi un n dans Ariane.

Je réponds à ta question
=> pour toi, "je" = notre psycho-soma
=> et après tu viens nous dire en gros : "désolé, je suis responsable de rien, c'est mon psycho-soma" ????

Je confirme, c'est mon psycho-soma mais je suis tenu pour responsable vis à vis des lois, et je l'accepte. Mon acceptation n'est pas une liberté, pas non plus une contrainte car j'y adhère, considérant que rationnellement, c'est la moins mauvaise solution. (Ce que j'expliquais juste au-dessus de ton post avec la responsabilité et la non-liberté de l'enfant des quartiers)

--------------------------------------------------------------------

Mon cher Dot Quote :

1° paragraphe : Je pense au mot près ce que tu expliques. Je ne re-cite pas, il suffit d'aller lire.

2° paragraphe : Encore d'accord

3° paragraphe :
Je suis libre lorsque ma conscience (c'est à dire ma présence au monde) se pose sur ma volonté (mon rapport au temps) de manière adéquate à mes actions (la réalisation de moi-même) et par mes décisions (le processus d'extériorisation de moi-même, sujet de ma liberté.
C'est un peu expérimental comme formulation, je tiens donc à insister sur la difficulté d'une telle entreprise, que nous avons tous essayé au moins une fois, je vous ai vu vous tentez de le faire ici ! Mais allons-y, tentons de démêler les conflits de la raison !


Ici je diverge un peu en te résumant au strict nécessaire :"ma conscience agit sur ma volonté aux fins de ma réalisation, et c'est le sujet de ma liberté".  Conscience, volonté et réalisation de moi-même sont les ingrédients d'une activité psychique - quoi qu'elle vise - et c'est comme si tu disais, dans les mêmes termes "ma conscience agit sur ma volonté aux fins de ma réalisation, et c'est le sujet de Dieu(vérité), la condition de Dieu(vérité), (lesquels n'existent pas).

4) paragraphe :
la question n'est donc pas de savoir si nous sommes libres ou pas, mais comment nous construisons-nous notre liberté et qu'en faisons-nous ?

Même problématique : c'est comme si tu disais : la question n'est pas de savoir si dieu(vérité) existe ou pas, mais comment nous construisons dieu(vérité), et qu'en faisons-nous.

A ce commentaire près, je ne vois pas plus une confirmation de la liberté que de Dieu, qui sont tous deux des constructions mentales qui nous servent à représenter le monde.
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 11:44:43
Je mets quiconque au défi, et surtout Alan, de trouver autre chose qu'un argumentaire dans mes propos : il sont juste affirmés avec vigueur et dans la clarté.
Ah ! Non, j'ai bien vu que c'est un vieil argumentaire cliché pour arrondir les bords (qu'un gamin paumé ne comprendrait pas vraiment tellement c'est tordu, et que les juges en mangeraient leur casquette...), mais je tiens à faire remarquer surtout que je ne suis absolument pas d'accord avec toi.

En plus j'ai travaillé auprès de jeunes défavorisés et je crois que ton argumentaire leur donnerait plus envie d'aller manger un hamburger qu'autre chose !!

Je ne suis donc pas très convaincu, personnellement.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 11:50:51
Okay Alan... ;D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Dot Quote le 19 Mars 2018 à 11:54:46
Je vous signale à vous, mais ça s'adresse à beaucoup dans la sphère forumesque, qu'à force de vous entrechauffer d'arguments, vous finissez par simplement vous entrechauffer en commentant chacun la bêtise de l'autre. Au final le débat est stérile et tourne autour du pot sans jamais se poser ni sur une problématique ni sur une solution. A quoi sert la discussion ? Vous même le revendiquez : ne pas argumenter ; c'est ne pas réfléchir, c'est ne pas décider, c'est ne pas agir... J'ai donc envie de vous dire, arrêtez les politesses de type 'je n'insinue rien et n'impose rien', et affirmez votre avis par la remise en question que vous propose l'autre : c'est ainsi qu'on a la liberté de penser, et non en s'enfonçant dans nos convictions.

Tout ceci, je le dis un peu vané par la lecture de ces tergiversions... mais pas méchamment, au contraire.
A+
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 19 Mars 2018 à 12:05:59
Je suis d'accord avec Dot Quote : on peut tout à fait discuter et ne pas être d'accord. Ca n'a rien avoir avec le fait de vouloir se "casser" mutuellement (je pense qu'on dit plus ça depuis que j'ai quitté le collège mais bon :D) et en tout cas, y a pas besoin de se prendre le bec. Le désaccord n'est pas un jugement de valeur sur la personne... ::)


Et du coup, j'avais dit que je participais plus, mais j'ai pas pu m'empêcher de re-répondre, et re-du coup, bah, pavé :D (alors j'ai fait un résumé à la fin pour tenter de sauver ce message :kei: )


Bien ...! Maintenant que tout le monde a enfourché son dada de responsabilité en croyant me la mettre bien profond, on va pouvoir dérouler la raison.
Je pense, très sincèrement, Avisto, que le souci dans cette conversation est que tu la prends pour une joute où les gens essaient de se clouer le bec, alors que tous les autres participants essaient simplement de discuter. ^^
Deuxième petit détail : Aube a amené la question de la responsabilité dès la page 2 de ce fil (dès ses premiers posts à vrai dire), et c'était aussi la question implicite de tous mes posts. Donc non, on n'est pas "enfin" arrivé à la question de la responsabilité, elle était là depuis le début :P
(d'où mon impression que tu n'as pas vraiment lu ou compris tous les messages).

Juste, sur ce tournant de la conversation :

Citer
L'enfant qui naît dans un quartier pourri, un territoire perdu de la République, bref une favela française, n'au aucune responsabilité. Il n'a jamais été "libre" de choisir, ni son milieu, ni ses parents analphabètes, ni sa cage d'escalier, ni son caïd, ni même son école, rien, aucune de ses conditions de naissance, d'enfance et d'adolescence. D'ailleurs les juges l'ont si bien compris qu'il attendent la 82° comparution pour coller un petit mois de prison à un gars dont le métier, au bout de la 82° infraction, consiste à être un CONTREVENANT par la force des choses. Et en prison, tout empire, c'est l'hypokhâgne de la vie. Répétons-le : il n'est responsable de rien puisqu'il n'a aucune liberté de choix

                                                                              Mais


Toute société a le devoir de se protéger contre toutes les forces qui tendent à la détruire, en légiférant et appliquant ses lois et règlements. Et si elle ne le fait pas, tant pis pour elle.

Voila en quoi consiste et se réduit la responsabilité.
Le souci étant que
A) comme disait Dot Quote, y a responsabilité et responsabilité, et
B) comme disait Ariane, il est faux de considérer qu'il n'y a un lien de causalité que dans le sens matière (neurologie) --> pensée. Même à considérer que la pensée est la simple manifestation sensitive et donc résulte d'un enchaînement de modifications neurologiques, la pensée à son tour introduit de nouvelles données au chaînage qui façonnent, à leur tour, les signaux neurologiques. C'est une boucle, et dans la partie "pensée" de la boucle, prouver le déterminisme est une autre paire de manche.

Je reprends en détaillant :
A) Tu parles depuis le début d'un type de liberté qui s'oppose au déterminisme. En gros : si tout est phénomène chimique, mon sentiment de liberté n'est qu'une illusion. Pourquoi, en gros ? Parce que "je" n'a aucune prise sur ces phénomènes chimiques, et n'en est que l'esclave.
C'est bien ta thèse, non ?
Sauf que là, dans l'histoire de la responsabilité, tu parles d'une liberté sociale. En appliquant le même raisonnement : puisqu'il y a plein de facteurs qui influencent l'individu (milieu social, niveau de culture de l'environnement familial, enseignement reçu), l'individu n'a aucune marge de manoeuvre pour décider de ses actes.
C'est bien ce que tu veux dire ?

SAUF QUE, autant pour la question de la liberté qui s'oppose au déterminisme, je suis d'accord que si on postule un déterminisme, la notion de liberté est compliquée à manier et forcément limitée (c'est ce que je disais quand je disais qu'il n'y a pas de liberté absolu), autant ce que tu dis là, c'est pas du tout la même chose. Tu parles de déterminisme social (oui ça a un nom, ta position). Tu appliques à des faits sociaux une analyse qui convient à de la matière (en fait c'est un syllogisme parce que c'est le même mot "déterminisme" mais y a pas les mêmes données ni mécanismes derrière).
Sauf que les deux ne sont absolument pas pareils.

Les faits sociaux ne produisent pas des résultats assurés. Tu prends deux situations sociales, et selon une infinité de facteurs, ça peut aboutir à des situations très différentes. Parce que la société n'est pas un système qui réagit à des règles scientifiques fixes, elle n'est pas objectivable, elle n'est pas déterministe. Les faits sociaux, ça marche à base d'influences, de tendances générales, de biais, de hasard aussi (parce que autant on peut dire que le hasard n'existe pas quand on considère des phénomènes scientifiques, autant quand on considère des phénomènes sociaux, c'est le hasard qui fait que tel leader se fait écraser par un tram et déclenche une émeute, le hasard qui fait que tel penseur fait une conférence dans tel endroit et donne lieu à tel courant de pensée et à tel parti politique, etc. etc.). En analysant une société, on trouve des grandes directions, des tendances, on voit que la transition démographique se fait partout... ah non tiens, pas en Chine, parce que d'autres facteurs l'ont télescopée. Bon. Le cycle misère => révolution est vrai partout... ah non, tiens, pas à tel endroit parce que ceci, pas à tel autre endroit parce que cela... Bon, ne nous arrêtons pas à ça : il faut donc préciser la règle : le cycle misère => révolution est vrai uniquement si ceci, et cela, et cela, et à condition qu'il n'y ait pas ceci et cela, et uniquement dans la configuration que...
Et en fait au final on s'aperçoit qu'il y a de grandes tendances, des schémas, des structures, mais que chaque phénomène social est en fait unique, parce qu'il est le fruit d'une combinaison unique de facteurs de différents types, qui mêlent des évolutions sociales, culturelles, économiques, scientifiques, topographiques, et du hasard.
Donc, à l'échelle d'une société, on peut repérer des tendances et prévoir les choses avec une certaine marge d'erreur, mais ça ne peut pas être compris comme un système physique où si A, B et C alors D. Y a beaucoup trop de paramètres.

Tu me diras : nan mais on s'en fout, moi je te parle pas de l'évolution d'une société, je te parle d'un gugus dans cette société. Lui tout seul, il peut rien faire, il est que le résultat de sa société.
Sauf que... une société c'est quoi ? C'est une masse d'individus. Ah. Hm. Zut alors : un individu tout seul serait enchaîné à la société, mais la société elle-même n'est qu'un ensemble d'individus, donc, si on suit le raisonnement, les individus sont déterminés par les individus. Y a un bug logique quelque part, là. Surtout que quand on observe les données, par exemple la reproduction sociale, sur laquelle tu te centres (= je viens d'un milieu de délinquants donc je vais avoir tendance à en devenir un / je viens d'une famille de prof donc je vais devenir prof), on voit que ça s'applique statistiquement à de gros ensembles (je dis des chiffres au hasard, mais mettons que 75% des enfants de profs deviennent prof eux-mêmes). Mais individuellement, c'est pas vrai : les 25% d'enfants de profs qui deviennent mécaniciens, c'est dû à quoi ? À un ensemble de facteurs autres que leur influence familiale. Un ensemble de facteurs qui est unique sur chaque individu.

Bon, me diras-tu (sans doute en plus énervé, vu le ton que prend la conversation sur ces derniers posts). Mais ça prouve rien : y a bien des facteurs qui font que ces 25% ne deviennent pas profs, et donc ils ne sont pas libres de leurs décisions !
J'y répondrais deux choses :
a- d'un point de vue de faits sociaux, en fait si, ça montre que les influences sociales sont importantes (75%...) mais pas déterminantes (c'est pas une règle absolue puisque tout enfant de prof ne devient pas prof).
b- d'un point de vue individuel et existentiel, en fait on en revient juste à la bonne vieille question du déterminisme (sommes-nous uniquement le fruit de l'ensemble d'expériences que l'on vit ajouté à notre biologie ?). Mais du coup, la société n'est pas le seul facteur contraignant.

Le b- c'est ce dont on parle depuis 6 pages, je pense qu'on a un peu fait le tour (personnellement, je trouve que la seule façon de sortir du paradoxe de la notion de liberté c'est de la penser en termes de degrés, et excuse-moi Avisto mais tu m'as jamais répondu sur ce point).
Reste le a-. Et finalement, le a- c'est sans doute le plus important dans la question de la responsabilité. Parce que tu peux dire "j'ai pas voulu tuer cette personne : j'ai appuyé sur le frein mais c'était trop tard" (tu n'es pas responsable : des facteurs extérieurs t'ont contraint à l'écraser). Tu peux aussi dire "j'ai pas voulu tuer cette personne : je suis un soldat et on m'a dit que c'était un ennemi" (des facteurs extérieurs ont contraint ta représentation des choses). En revanche, tu ne peux pas dire "j'ai pas voulu tuer cette personne : je viens d'un quartier violent alors j'avais pas d'autre choix que de reproduire ce que je vois). Pourquoi ? Parce que cf. ce que je disais plus haut : les influences sociales sont des biais, des tendances, mais elles ne privent pas l'individu de la capacité de s'en extraire (cf. les nombreux exemples existants). Ce qui ne veut pas dire que c'est facile ni que c'est majoritaire. Mais ça veut dire qu'il y a une forte pression sociale, pas un déterminisme. Donc, la place pour de la liberté.

Si on revient à l'échelle de l'individu : en tant qu'individu social, l'être humain a justement cette capacité à prendre conscience de ses biais et à prendre ses décisions. Parce qu'on est pas le résultat passif de ce qu'on vit, d'un point de vue social. Je dirais même que c'est majoritairement par l'accès à la culture que l'individu acquiert un esprit critique et la faculté à prendre ses propres décisions. Quelqu'un qui réfléchit est plus libre que quelqu'un qui n'a aucun recul sur les phénomènes sociaux qui le poussent dans telle ou telle direction.
Encore une fois, ne me fais pas dire ce que j'ai pas dit : l'influence sociale est en effet très forte (d'où les phénomènes de reproduction sociale, cf. Bourdieu que tu citais et tout ça). Mais elle n'est pas indépassable. De fait, on a tous autour de nous des gens qui pensent autrement que leur famille, qui ont un niveau de culture différent de celui dans lequel ils ont été élevés, qui sortent du lot, qui échappent à leur conditionnement social initial.

La seule façon de dire que ces exemples n'ont pas de valeur, c'est de me répondre "mais non parce que s'ils sont sortis de leur cadre initial c'est parce qu'un ensemble de facteurs a configuré leur cerveau pour les faire aller dans telle ou telle direction".

Et c'est là que B arrive :

B) On est toujours dans une perspective d'analyse de faits sociaux, pas du tout dans la question du "j'aime le citron parce que mes neurones ont été formatés à ça parce que, petit, j'avais une peluche jaune dans mon berceau". C'est important de distinguer les deux, parce que c'est pas du tout la même chose, c'est pas du tout la même mécanique (en fait, c'est pas du tout le même sujet).
Mettons que socialement, tu es convaincu que tu es d'une classe sociale dominante parce que tu es né avec les cheveux verts, et que ça te donne le droit de mépriser ceux qui n'ont pas les cheveux verts. Tu as été élevé comme ça. Mais tu tombes sur un livre où témoigne une personne aux cheveux bleus, qui exprime si bien son point de vue que ça introduit en toi le doute : est-ce que les cheveux verts sont vraiment supérieurs ? (Le doute est la première forme, minimale, de liberté, puisque c'est remettre en question la structure de pensée qui nous façonne). À partir de là, tu peux ou t'accrocher à ta conception du monde pro-cheveux verts, ou changer d'avis, ou garder ça dans un coin de ta tête en ignorant le malaise créé par le doute, ou encore creuser la question. Tu creuses la question, ou le hasard met sur ton chemin un deuxième livre de la même trempe, ou tout autre scénario. Bref, au final, tu changes d'avis, et considère finalement que les cheveux verts ne sont pas un signe de supériorité. Tu changes ton vote dans les élections, tu commences à diffuser autour de toi tes nouvelles idées d'égalité capillaires, tu convaincs ta petite soeur, tu éduques tes enfants dans cette idéologie ; bref, tu changes de milieu idéologique. C'est un changement social. Qui a été induit par des choix. C'est-à-dire par des
Il ne s'agit pas d'un changement induit par la neurochimie de ton cerveau, là. (C'est pas la neurochimie qui induit ton choix, c'est un phénomène qui va dans les deux sens : la neurochimie induit un choix qui induit une action qui transforme la neurochimie, etc. etc.)
Il s'agit d'un ensemble de facteurs, sociaux, qui poussent dans un sens ou dans l'autre, mais qui sont tellement complexes et multiples qu'ils ne sont pas quantifiables, ils n'introduisent pas de lien de causalité "je suis né dans tel quartier => je deviens dealer". Ils poussent beaucoup dans un sens ou dans un autre, mais ils ne sont pas une règle absolue.



>> EN GROS (parce que ce post est trop long et personne va le lire en entier :mrgreen: ) :

Le déterminisme social, c'est pas la même question que le déterminisme "matériel" ou "naturel" qui était ce dont on parlait surtout jusqu'ici.
Le déterminisme social est valable d'un point de vue statistique (grosso modo, il y a reproduction des classes sociales) mais pas d'un point de vue individuel (c'est comme avec les particules élémentaires : par paquets tu peux prévoir où elles iront majoritairement, mais il est impossible de prévoir la trajectoire individuelle d'une particule).
Il y a des outils pour s'extraire du déterminisme social : l'esprit critique, la culture (au sens de recul et réflexion sur son cadre culturel propre), le doute.

Elle est là, ta liberté sociale.
Et, du coup, ta responsabilité.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 13:43:26
Pour ma part, je crois que je commence à comprendre la base de mon désaccord avec avistodenas.

Comme Milora, je vais prendre un peu d'espace pour m'expliquer.

À la base, le langage est un outil d'abstraction, il permet de désigner une notion plutôt que l'autre. Ainsi, le mot liberté permet de désigner quelque chose que le mot emprisonnement ne désigne pas. Si l'on reste dans un cadre d'abstraction pure, le mot a vocation à désigner certains phénomènes de l'environnement présent, « la réalité ».

Hors si l'on suppose que cette même réalité peut être représentée de différentes manières : tout comme le peintre tourne et retourne son sujet pour le prendre sous la meilleure lumière, on admet alors qu'une même réalité peut être représentée sous plusieurs formes. Ces différentes formes pouvant être contradictoires (deux portraits d'un même homme peuvent faire de lui un diable ou un ange, il n'y a qu'à changer quelques éléments de sa description) ; on estime dès lors que l'abstraction dont fait preuve le langage permet de désigner différentes facettes d'une même réalité, et que ses représentations sont diversifiées.

La liberté elle-même est une représentation du monde en soi, et avistodenas lui reprocherait de ne pas être représentative d'une réalité quelconque (qu'elle soit sociale ou scientifique).

Maintenant la base de notre désaccord, à mes yeux, est la suivante : à quoi sert le langage ?

Avistodenas reste sur une base d'abstraction et estime que le langage doit permettre et seulement permettre de représenter la réalité « de la meilleure façon qui soit », on en serait donc dans une vision matérielle du langage ; le langage servirait à transformer la matière, et le mensonge et l'illusion seraient les pires crimes que l'homme ait inventés (le crime étant le malheur de tous les neurones du monde, évidemment).

Pour ma part, je reste conforté dans un regard sur un outil d'abstraction pour lui demander : « qu'est-ce qu'on en fait ? », et c'est de là que sont issues toutes mes considérations pour la responsabilité, le dialogue et la créativité. Le langage ne serait plus un simple outil utilisé comme du papier toilette, à expliquer à la jeunesse défavorisée pourquoi elle est victime et n'est pas libre ; mais plutôt comme la base évidente des rapports entre les êtres humains.

J'en vais ainsi exposer une notion du langage qui permet l'expression des négociations, des discussions, des échanges. J'ajouterai que si la langue sert à abstraire la réalité, elle doit par la même occasion anticiper ses propres limites. De faire du langage l'objet absolu de toute vérité est déjà une grave erreur dans la déconsidération des nombreuses formes de phénomènes sociaux ou métaphysiques que le langage n'est pas en capacité de résumer en un mot.

Autrement dit, il n'y a pas un mot pour chaque réalité (avec un espace inconnu pour le mot liberté), c'est justement la capacité d'adaptation des mots qui permet de désigner des phénomènes réels ou non (de les représenter), ce sont les relations entre les mots qui permettent de désigner ce quotidien (le dialogue).

Enfin je ne pense absolument pas que dans un environnement d'échange (le propre des neurones étant justement de créer des relations entre les choses) il soit possible d'envisager un seul instant que le langage soit une base d'entente absolue ; car sans cette capacité au désaccord (à la remise en question d'un propos plutôt que l'autre), le langage n'a plus vocation à créer des relations en tout temps. Le langage ne peut pas être un outil « d'exclusion » par l'abstraction, mais doit être un outil « d'inclusion » par l'abstraction.

Je sais que certains mots savants sont employés pour désigner des réalités avec aisance, mais sans cette part de relation avec l'environnement actif de l'individu (populaire ou non), la représentation elle-même des réalités scientifiques s'estompe. Et celui qui aspire à préserver les savoirs est dans la nécessité d'inclure cette compréhension du monde (ou représentation) dans un espace de perception commun ; il n'y a pas de science sans échange.

Seule la folie ferait de son propre savoir un motif de repli sur soi.

C'est ici que prend racine la liberté, celle adressée à toutes & tous.

Travailler le langage est une base essentielle de la construction des savoirs, penser un instant que l'on puisse s'en passer pour « expliquer des phénomènes de société » comme le propose avistodenas entraîne naturellement un désaccord chez moi.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 19 Mars 2018 à 14:09:42
Citation de: Alan
À la base, le langage est un outil d'abstraction, il permet de désigner une notion plutôt que l'autre. Ainsi, le mot liberté permet de désigner quelque chose que le mot emprisonnement ne désigne pas. Si l'on reste dans un cadre d'abstraction pure, le mot a vocation à désigner certains phénomènes de l'environnement présent, « la réalité ».

Hors si l'on suppose que cette même réalité peut être représentée de différentes manières : tout comme le peintre tourne et retourne son sujet pour le prendre sous la meilleure lumière, on admet alors qu'une même réalité peut être représentée sous plusieurs formes. Ces différentes formes pouvant être contradictoires (deux portraits d'un même homme peuvent faire de lui un diable ou un ange, il n'y a qu'à changer quelques éléments de sa description) ; on estime dès lors que l'abstraction dont fait preuve le langage permet de désigner différentes facettes d'une même réalité, et que ses représentations sont diversifiées.

La liberté elle-même est une représentation du monde en soi, et avistodenas lui reprocherait de ne pas être représentative d'une réalité quelconque (qu'elle soit sociale ou scientifique).

Maintenant la base de notre désaccord, à mes yeux, est la suivante : à quoi sert le langage ?
Je suis assez d'accord, sauf que je ne pense pas qu'il s'agisse d'une question de langage. Il s'agit, je pense, d'une question de concepts (pas uniquement de langage). La question est pas vraiment "on appelle pas tous "liberté" la même chose", c'est plutôt que la liberté c'est pas une description d'un phénomène quantifiable, palpable, un truc qu'on peut voir et mesurer et définir en disant "c'est ça ou c'est pas ça, ça existe ou ça existe pas", comme on le ferait avec un objet, une loi physique démontrée, un courant électrique. C'est un concept, qui par définition ne peut pas se résumer à la question "ça existe ou ça n'existe pas".
Je pense que le parallèle avec la religion n'est pas bon : la religion postule l'existence d'un chose (un Dieu), et en voit des manifestations en interprétant la réalité. Le concept de liberté, c'est plutôt comme le concept de bien, de mal, de perfection, etc.
Ca n'a pas de sens de se demander si ça existe ou pas (comme si c'était une chose), ou si c'est une croyance : c'est un outil de pensée qui sert à réfléchir. En gros, comme disait je sais plus qui dans la conversation (Aube ou Alan, je sais plus), la vraie question c'est "qu'est-ce qu'on fait de tout ça"...
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 14:13:07
J'ai tout lu Milora, rassure-toi : Tu me fais un cours sur "interactions et probabilismes".  d'où tous les cas de figure que tu cites et qui sont justes, c'est une évidence interactive et probabiliste mais qui n'implique en rien une liberté. Justement parce qu'il s'agit d'interaction et d'incertitude probabiliste (une notion très précise).

Alan : tu me déroutes complètement....
Ici même, tu viens de me pondre un texte parfaitement maîtrisé et approfondi, qui va juste à l'encontre de tes textes habituels à l'emporte-pièce.

Que je résumerais par :" le langage produit des représentations".
Et j'en suis tout à fait d'accord.
Bon, reste que mes représentations ne semblent pas vous atteindre. Et je ne sais pas pourquoi. D'habitude je me fais très bien comprendre, jamais autant que je le voudrais justement parce que la représentation varie avec les individus mais les dictionnaires (surtout spécialisés) sont là pour pallier ce défaut.
Bref, entre interactions, probabilités et représentations, nous somme sur des trajectoires apparemment incompatibles.

Dommage. Tenez : dites-moi seulement ce que vous pensez de ça :

« Pour parler clairement et sans paraboles,
Nous sommes les pièces du jeu que joue le Ciel;
On s’amuse avec nous sur l’échiquier de l’être,
Et puis nous retournons, un par un, dans la boîte du Néant. »

Omar Kayyam est considéré comme un de nos monuments de la pensée, tout de même. Et il ne connaissait ni la physique ni aucune science contemporaine.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 14:24:27
Avisto, je te trouve malhonnête dans ton argumentation et insultant. Désolé, je m'arrête là. En effet, j'ai forcé le trait sur l'agression parce que je me lassais du fait que tu tournes autour du pot alors que je t'avais posé la question plus tôt et que je n'étais pas le seul à l'avoir évoqué, c'est un raisonnement contingent et on en a tous conscience depuis le début, il n'y a que toi qui t'échines à l'éviter.

On a compris ta position depuis la page une, on la nuance avec des arguments que tu ne prends pas en compte et que tu ponctues de sarcasmes. Tu cherches quelque chose ici qui n'est pas de l'ordre de l'échange.

PS : je vois pas en quoi la position de Versus1 (que je salue au passage) ferait des intervenants précédents des personnes moins intelligentes. Milora avait déjà dit la même chose en substance sans que tu ne paraisses le relever, Versus a eu le mérite de la synthèse et de l'expression. Tu es insultant et désagréable, et cela gâche un débat qui aurait pu être passionnant si nous nous étions montré bienveillants. Si tu penses avoir le monopole du bon sens, je pense qu'on n'a plus rien à se dire. Je trouve que les interventions de Milora, d'Ariane et d'Alan ont largement et depuis longtemps montrer les limites de ton propre raisonnement. Et lorsque j'ouvre vers la sphère éthique, la conclusion sociale hors de la sphère dialectique pure, après tes louvoiements sans cesse renouvelés, tu me sautes à la gorge et m'insultes. Tu m'as mis en colère et ton dédain m'est insupportable.

Message plus calme : tes propos sont intéressants et sourcés, le fait que nous ayons, à plusieurs reprises, eu l'impression de nous adresser à un mur capable à l'occasion de mépris est sûrement la source de la tournure que prend la conversation, plus que ton incapacité à t'exprimer clairement. Ton propos est limpide, simplement ton mode de communication n'incite pas à l'échange. Comme tu l'as dit précédemment toi-même, tu défends ta part et tu prends ça comme un combat (j'ai été le premier coupable sur le premier sujet où nous avons discuté, j'espérais changer de mode de communication sur celui-ci). Bref, tu l'auras vu, je ne parle même plus du débat de fond... Pour ma part tu es trop agressif pour me toucher, et trop condescendant. Ta conclusion je l'ai formulée avant toi en page 2 : relativisme de la responsabilité. Tu nous la sors comme un prophète en page 6. Wahou.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 14:26:44
Bon, je pense qu'il y a matière à méditer un peu.

Après tout, les désaccords ne se solutionnent pas en un jour !
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 19 Mars 2018 à 14:32:16
J'ai tout lu Milora, rassure-toi : Tu me fais un cours sur "interactions et probabilismes".  d'où tous les cas de figure que tu cites et qui sont justes, c'est une évidence interactive et probabiliste mais qui n'implique en rien une liberté. Justement parce qu'il s'agit d'interaction et d'incertitude probabiliste (une notion très précise).
Non. Pas du tout, en fait.  C'est pas parce que j'ai fait une analogie avec une affaire de probabilité que je parlais de probabilismes. En fait, tu me parles sciences dures là où je te parlais sciences humaines. On va pas se comprendre, comme ça...



Je plussoie Aube.


Après tout, les désaccords ne se solutionnent pas en un jour !
Sur une question comme celle-ci, je pense pas qu'on puisse trouver de "solution", on ne peut qu'alimenter les réflexions. C'est pas une question en "vrai ou pas vrai" ou en "comment sortir du dilemme" : des siècles de penseurs le ressassent, on peut juste faire son marché dans les idées pour trouver sa façon de vivre avec...


Prochain débat insoluble : chocolat noir ou chocolat au lait ? À vos claviers  :huhu:
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 14:35:18

Après tout, les désaccords ne se solutionnent pas en un jour !
Sur une question comme celle-ci, je pense pas qu'on puisse trouver de "solution", on ne peut qu'alimenter les réflexions. C'est pas une question en "vrai ou pas vrai" ou en "comment sortir du dilemme" : des siècles de penseurs le ressassent, on peut juste faire son marché dans les idées pour trouver sa façon de vivre avec...

Oui, Milora, je m'en référais à mon désaccord avec avistodenas.

Celui-ci a fait malgré tout de nombreux efforts pour favoriser le dialogue, derrière le masque se cacherait un homme plein d'ouverture, semble-t-il.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Dot Quote le 19 Mars 2018 à 14:44:48
Bin le débat présent est pas insoluble, c'est juste qu'il tourne un peu trop autour du 'moi je pense' et non autour du 'ce dont on peut s'assurer'...

Je participerais bien de l'avancement de votre réflexion, mais à ce stade je ne peux que vous indiquer ce qui forge mon opinion, sans pouvoir encore la formuler clairement, faute d'accointances avec vos manifestations.

Allons donc voir La Théorie du Chaos, incontournable des conceptions actuelles en matière de rapport à la connaissance.
Parcourons les théories quantiques, mesure des limites de la logique traditionnelle.
Revenons sur Spinoza et la conscience des déterminismes, incidence directe de la perception de liberté.
Agissons quelques reconnaissances personnelles avec les théories multiples et vacillantes de la psychologie.
Admettons une métaphysique de sens découlant de l'ère de la phénoménologie actuelle.

Là peut-être, nous trouverons un terrain où nous nous rendons compte que nous pensons la même chose et divergeons sur le discours, par différenciation de nos perspectives, et goût pour la friction altruiste...

Sur ce amusez vous bien, il fait beau à la plage...
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 14:48:09
Vous savez ce que c'est le plus frustrant ? C'est que je rejoins complètement Dot Quote, et que je me suis retrouvé souvent à défendre la position d'avisto sur la question face à des personnes niant la part d'innéisme dans la société ou l'individualité, sans parler de leurs interactions. Le clivage que force avisto de par sa posture rhétorique nous cantonne à ce médiocre "t'as tort j'ai raison". Personnellement je n'ai pas la virtuosité rhétorique nécessaire à l'écrit pour dépasser ce cadre instauré au début. Ce débat est un gâchis.

EDIT : love love Milora dont je souscris à la plupart des interventions alors qu'elles sont touffues et multiples.

Citer
Là peut-être, nous trouverons un terrain où nous nous rendons compte que nous pensons la même chose et divergeons sur le discours, par différenciation de nos perspectives, et goût pour la friction altruiste...
tout est là, bordel

merde à la fin, je t'avais dit avisto, que je voulais passer une bonne journée. Réductionnisme, incapable de pensée complexe, lâcheté rhétorique par arguments d'autorité combinés à l'évitement et à la provocation agressive. Putain.

Spoiler avisto, si tu ressens un petit frisson de plaisir devant mon désarrois et mon énervement, c'est clairement que t'étais pas là pour discuter.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 14:53:49
S'il en va maintenant de l'opinion de chacune & chacun sur le débat en lui-même, je trouve que nombreuses & nombreux sont celles & ceux qui ont pu développer leur pensée, leurs aspirations, et leurs doutes ; et qu'en ça, c'est un débat constructif.

Par ailleurs libre à vous d'écrire des textes, poèmes ou essais dans les sections appropriées pour réanimer notre curiosité foisonnante.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 15:09:18
 Je vais donc vous laisser en compagnie d'auteurs qui ne sont pas des imbéciles, avec lesquels vous pourrez discuter. J'ajoute que ces auteurs, hormis Eintein, ignoraient tout des récentes observations scientifiques. Einstein, même s'il n'était pas raccord avec la mécanique quantique qui nous en dit beaucoup, avait pourtant compris de quoi il retourne.

Spinoza, lorsqu'il écrit : « Un petit enfant croit désirer librement le lait, un jeune garçon en colère vouloir se venger, et un peureux s'enfuir [...]. L'expérience elle-même n'enseigne pas moins que la raison, que les hommes se croient libres pour la seule raison qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. »

Spinoza, Ethique, 2, scolie : sur la question du déterminisme naturel appliqué à l'homme, et sur la liberté comme illusion due à notre ignorance de ce déterminisme. Lire...

Cioran : On ne demande pas la liberté, mais l'illusion de liberté. C'est pour cette illusion que l'humanité se démène depuis des millénaires. Du reste la liberté étant, comme on a dit, une sensation, quelle différence y a-t-il entre être libre et se croire libre ?

Spinoza : Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent

Schopenhauer : La liberté est la négation du principe de raison suffisante, qui veut que tout ce qui existe ait une raison

----------------------------------------------------------------------

Einstein : Je ne crois point, au sens philosophique du terme, à la liberté de l’homme. Chacun agit non seulement sous une contrainte extérieure, mais aussi d’après une nécessité intérieure

Et plein d'autres...
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 15:17:32
Tu sembles pas bien comprendre ce qu'on te dit, en fait. Tu as beau reformuler ton opinion comme tu le souhaites, on en vient à cette bataille que tu parodiais toi-même il y a quelques jours.

Cette thèse est simplissime, bonjour programme de terminale de philo. Qu'est-ce que tu veux ? On l'a digérée, on l'a assimilée, on a joué avec. Sur ce sujet on l'a même nuancée, tordue dans tous les sens, remise en question, définit ses limites plus précisément que les auteurs que tu cites. Le tout sous ta condescendance.

Ensuite, on a vécu, et on a tiré nos propres conclusions de notre expérience du monde. Et toi ? A part ressasser en boucle la même chose depuis la page 1, comment tu existes ? Est-ce un simple jeu de pensée (auquel on m'avait confronté avant que j'entre au lycée, mon père est taquin), ou tu cherches à nous dire quelque chose d'intéressant ? ON SAIT. Arrête de citer, arrête de te répéter, ta thèse on l'a dépassé. On a moins de noms propres que toi, parcours oblige, mais je pensais justement qu'on voulait dépasser ce "2 Spinoza contre 1 Deleuze, je gagne". Ce sont tes propres mots ou approchants. Tu me fais sortir de mes gonds.

PS : je ne te ferai pas l'insulte d'agir avec la même malhonnêteté que tu as déployée tantôt contre Loïc et moi.

"Wahou, six citations, quelle goutte dans l'océan de la pensée moderne !"
Non je ne la ferai pas. ;)

EDIT 2 : je ne te parle plus du fond du débat, tant que tu seras dans cette posture on tournera en rond. Je te parle justement de ta façon de te comporter avec tes interlocuteurs qui condamne ce sujet à se mordre sans cesse la queue.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 15:24:34
Ne te montre pas trop agressif, Aube, s'il-te-plaît.

Avistodenas arrive avec un bagage intellectuel, toi tu as le tien, c'est normal.

On doit pouvoir douter de ce que quelqu'un prétend déposer comme étant "une vérité absolue", les philosophes eux-mêmes sont faits de contradictions et de progrès ; mais faisons en sorte de préserver ces contradictions dans la tolérance.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aube le 19 Mars 2018 à 15:27:56
Ce sont les insultes et le mépris que je ne tolère pas, Alan. La contradiction, je la recherche.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 15:32:12
Ici, avisto cite pour appuyer son propos. Il ajoute à la discussion des enjeux assez difficiles à entendre quand on n'est pas habitué à cette conception du monde, mais je ne pense pas que son intention était de nous insulter pour autant, avistodenas n'est pas un sauvage.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ceiht-El le 19 Mars 2018 à 16:31:58
Mais si nous ne sommes que nos hormones ne sommes nous pas aussi ces perturbateurs endocriniens que nous avalons tous les jours ?
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 20:50:58
 Avisto en effet, n'est pas un sauvage, bien au contraire, il est même assez raffiné.
Aube en effet, tu en es au stade terminale philo.

Ceci dit, fin de la récré, Avisto se retire sous sa tente, et vous ne pourrez poursuivre le débat. Pourtant, il y avait tant à dire sur le sujet, au moins un bouquin si ce n'est plusieurs.

A+, ailleurs...... :D :P >:D :coeur:
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 20:57:03
Écoute avistodenas,

Tu ne peux pas impliquer toute une communauté dans un processus absurde qui tendrait à prouver quoi que ce soit.

Au moins la moitié des membres du forum ne sont pas intéressés par cette conversation, moi-même je m'ennuie un peu.

Là-dessus certains membres ont pris la discussion à cœur et ont voulu exposer leurs arguments avec sincérité. Je pense qu'il est important que tu montres un minimum d'humilité vis à vis de la qualité des discussions et l'accueil que nous t'avons réservé.

J'aimerais que tu ne te serves pas de la qualité passionnée de Aube pour t'en prendre au reste des membres, ce n'est pas une position que je peux accepter. J'espère également qu'Aube saura se modérer par la suite.

J'espère que tu prends bien en considération la nécessité de favoriser l'apaisement.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 21:06:25
Apaisons. Je n'englobe pas la communauté mais ceux qui ont rendu ce débat si difficile par leur entêtement alors qu'il pouvait être serein : En effet, je partageais même leur opinion et leurs arguments il y a de cela 20 ans et plus. J'ai juste appris et évolué depuis.
Cette thèse n'est pas de mon invention, elle traverse tout un courant de pensée aujourd'hui.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 21:18:19
Bon, moi ce qui m'importe, c'est que tout le monde puisse exprimer son opinion en toute liberté.

Par ailleurs, je vois mal pourquoi un vieux loup de l'élite viendrait déstabiliser une communauté pour le plaisir, j'ose croire que tu prolonges les discussions parce que tu y trouves un réel intérêt ; on est sur un forum de discussion, et on fait son maximum pour que chacune & chacun puisse s'intégrer.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 19 Mars 2018 à 21:21:16
En effet j'y trouve un réel intérêt, capital même, et je n'aurais jamais cru provoquer des réactions de rejet aussi violentes. Maintenant, je sais. :D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 19 Mars 2018 à 21:24:20
Ah ! Bah, les choses ne sont jamais comme on le croit, on en apprend toujours, même sur des petites choses du quotidien pleines d'humanité.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 20 Mars 2018 à 04:26:14
Au fil de la lecture :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.




Au total, je me permets de revenir comme une fleur sur mon argument de toujours.
:)  :noange: :)

Avistodenas, tu ne m'as toujours pas donné de réponse qui montre que tu aies compris mon argument. Je me permets du coup de le reformuler car j'ai la prétention de penser que ce versant du problème possède beaucoup d'importance. Je me permets aussi d'insister sur cette approche parce que tu ne cesses de mettre en avant des arguments "neurobio", or tu ne pousses pas cette réflexion jusqu'au bout.

Citer
Citer
Je réponds à ta question
=> pour toi, "je" = notre psycho-soma
=> et après tu viens nous dire en gros : "désolé, je suis responsable de rien, c'est mon psycho-soma" ????

Je confirme, c'est mon psycho-soma mais je suis tenu pour responsable vis à vis des lois, et je l'accepte. Mon acceptation n'est pas une liberté, pas non plus une contrainte car j'y adhère, considérant que rationnellement, c'est la moins mauvaise solution. (Ce que j'expliquais juste au-dessus de ton post avec la responsabilité et la non-liberté de l'enfant des quartiers)

a) Tu confirmes ci-dessus que c'est ton psycho-soma qui "agit à ta place"/ détermine tes actes.
b) Et dans le même temps tu affirmais plus haut que ton identité, c'était ton psycho-soma.

On va y aller pas à pas comme avec des équations de maths au collège :

=> la terrible entrave qui agit à ta place = ton psycho-soma
=> ton identité = ton psycho-soma
Conclusion........?
=> ton identité = la terrible entrave qui agit à ta place.    :o

Comprends-tu enfin pourquoi je trouve ta position extrêmement paradoxale ?
Et c'est toi (de mémoire) qui dans un texte de Léilwën parlait de la "schizophrénie humaine" (j'avais cru comprendre que tu soulignais par là les paradoxes de l'être humain qui le font penser de manière parfois totalement dissociée). C'est très ironique, tu ne trouves pas ?

C'est pour cette raison que je te précisais qu'à mon sens, avant d'affirmer que "je" n'est pas libre, il faut savoir ce qu'est ce "je" et de quoi précisément tu voudrais qu'il se détache ; parce que se détacher totalement de lui-même, finalement, ce n'est pas compatible avec le fait d'exercer une forme de liberté.

Pour moi tu peux affirmer que notre identité est forgée de façon totalement déterministe, mais parler d'une absence de liberté alors même que nous avons la possibilité d'agir en accord avec qui nous sommes et nos valeurs, je trouve que c'est un raccourci erroné, qui peut induire un certain sentiment d'impuissance alors qu'il n'en est absolument rien. Si tu veux porter le débat sur un autre aspect (social, philosophique ou que sais-je), vas-y ; mais la neurobio (ou l'approximation que tu en fais) me semble un mauvais outil pour appuyer ta thèse ; ça te met au contraire face à tes propres paradoxes. Le fait que de nombreuses décisions / circuits cognitifs soient désormais identifiés d'une manière neurobiologique ne nous enlève aucunement qui nous sommes et notre part de liberté.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 08:51:57
Juste en repassant :
Et c'est toi (de mémoire) qui dans un texte de Léilwën parlait de la "schizophrénie humaine"

Absolument, car tous autant que nous sommes, nous voulons les choses et leur exact contraire : l'ordre, et le chaos créateur par exemple. La liberté (ou ce que nous prenons pour...) mais pas la nuisance du voisin....
En somme, chacun synonymise à tour de bras, et donc en pinaillant un peu, on arrive à parler d'autre chose.

J'essayais également de faire passer les deux idées de "complexité" et de "probabilisme", appliquées à celle de liberté.

Mais c'est bien trop mal parti. ;D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Chouc le 20 Mars 2018 à 09:08:07
Probablement parce que tu ne cherches pas réellement à "faire passer" tes idées, mais à les imposer.
Avistodenas, tu sembles très attaché à ta définition de la liberté, mais je pense qu'il serait intéressant que tu refasses un peu le point sur la définition de "débattre", parce que convaincre à tout prix n'en est pas la finalité.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 09:27:00
Et le pire c'est que je n'ai convaincu personne !  8) 8)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Rémi le 20 Mars 2018 à 11:51:52
Modération :

avistodenas, attention de ne pas franchir certaines limites.

Des propos comme :
Citer
Enfin une personne intelligente !!!
ne sont pas acceptables.

Et même :
Citer
enfin une personne plus intelligente
est - au mieux - un jugement de valeur, au pire une insulte.

L'équipe de modération
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 12:10:44
-Peut-on dire : "Enfin un excellent texte " ? (Jugement de valeur....)
-Non, on ne peut pas (je fais les questions et les réponses ;D)
-Donc, tout est excellent.
- Je ne crois pas.
-Oui mais il faut faire comme si...

--------------------------------------------------------------------------


Nécessité de faire régner la bonne entente entre tous. Travail de dentellière, qui doit choisir entre "parler vrai" et "hypocrisie. Pas simple ... !
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aléa le 20 Mars 2018 à 12:14:50
Il y a une différence entre dire "ce texte est mauvais" et "ce texte pourrait être meilleur", fondamentale.
L'avis constructif est fortement conseillé, et le tout est excellent, déconseillé parce qu'il n'aide pas.
Mais là, on parle uniquement du jugement de valeur sur les personnes qui n'est pas souhaitable, la différence est seulement celle-là das notre remarque de modération, pas ailleurs.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 20 Mars 2018 à 12:15:31
Non, Avisto : "parler vrai" n'a jamais été contradictoire avec "respect".


Citation de: Ariane
On va y aller pas à pas comme avec des équations de maths au collège :

=> la terrible entrave qui agit à ta place = ton psycho-soma
=> ton identité = ton psycho-soma
Conclusion........?
=> ton identité = la terrible entrave qui agit à ta place.    :o

Comprends-tu enfin pourquoi je trouve ta position extrêmement paradoxale ?
Et c'est toi (de mémoire) qui dans un texte de Léilwën parlait de la "schizophrénie humaine" (j'avais cru comprendre que tu soulignais par là les paradoxes de l'être humain qui le font penser de manière parfois totalement dissociée). C'est très ironique, tu ne trouves pas ?

C'est pour cette raison que je te précisais qu'à mon sens, avant d'affirmer que "je" n'est pas libre, il faut savoir ce qu'est ce "je" et de quoi précisément tu voudrais qu'il se détache ; parce que se détacher totalement de lui-même, finalement, ce n'est pas compatible avec le fait d'exercer une forme de liberté.
Je m'éloigne un petit peu mais je trouve ça super intéressant. Du coup, comment tu définis le "je" ? Il me semble que tu as dit quelque part que tu étais psychiatre ; comment on définit le "je" dans ton domaine ? (et justement, elle est placée où la limite entre faire travailler un individu sur ses troubles psychiques et transformer son identité en le faisant changer ?)
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Chouc le 20 Mars 2018 à 12:21:05
Et le pire c'est que je n'ai convaincu personne !  8) 8)

Probablement parce que tu ne détiens pas la vérité absolue et universelle, seulement TA vérité propre. Parti du principe que ce sont automatiquement les autres qui sont dans le faux ne permet pas le débat.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 13:26:07
Milora a écrit :  Il me semble que tu as dit quelque part que tu étais psychiatre ;


Quouououaaaahhhh! Psychiatre, môôôôôôaaaahhhh ?  Dieu m'en a préservé didjous !

Non, pas du tout. J'ai commencé ma carrière en qualité de tueur (agréé par l'état), puis entrepreneur et en même temps inventeur et homme d'affaires, et enfin, sur mes vieux jours, jardinier et ermite. J'envisage pour mes très très vieux jours égrotants, lorsque je ne serai plus bon à rien, de me reconvertir dans "écouteur de musique classique". Mais ça, c'est SI j'ai encore de la chance.  >:D >:D >:D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 20 Mars 2018 à 13:29:04
Je m'adressais à Ariane, en fait ! ;)


Mais bon écoutage de musique ^^
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 13:38:21
Oh pardon. J'ai merdé.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 20 Mars 2018 à 13:47:22
Pas de souci. C'est des circuits neuronaux citeurs et la somme de tes pulsions posteuses de messages qui t'ont contraint.
:P
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 18:18:40
Que vous disais-je...! ;D >:D
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 20 Mars 2018 à 19:28:41
Avisto :

Tu délaisses ostensiblement mes arguments, j'ai le droit d'en déduire que tu ne sais pas quoi répondre ?
C'est dommage de changer de sujet (tu repars sur le texte de Léilwën et tes propres conclusions philosophiques, alors que je ne faisais allusion à cela que de manière accessoire), qui plus est sur ton propre débat.


Milora :

En fait, je ne définis pas le "je" ; je m'en garderais bien. J'utilisais les concepts avancés par Avisto lui-même. Et du coup en conclusion je soulignais juste qu'Avisto se sentait non libre car prisonnier de lui-même !

Au final je m'en fiche un peu qu'Avisto mette sa responsabilité sur le compte de ses hormones (  ::) ce terme..... ! c'est vraiment triste de parler neurobio pour en arriver à de telles conclusions... annoncées dans le titre de la discussion).

Ce que je n'aime pas c'est utiliser des arguments neurobiologiques pour faire passer le message d'une impuissance certaine de tout être humain ; alors que la neurobio n'a rien à voir avec ça ; c'est un constat de comment on fonctionne, ok ; ça ne nous empêche pas de fonctionner, avec nos valeurs, notre passé, nos gènes, bref tout ce que l'on est ; et de faire des choix qui sont donc NOS choix en fonction de tout ça.

Pour tes autres questions je te réponds quand tu veux en MP :) je ne souhaite pas sortir trop du sujet dans cette conversation-ci.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Chouc le 20 Mars 2018 à 19:55:40
 :coeur:

Je sais, c'est limite floodesque, mais j'aime et j'approuve tout ton message, Ariane.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 20 Mars 2018 à 20:05:38
Citer
:coeur:

Je sais, c'est limite floodesque, mais j'aime et j'approuve tout ton message, Ariane.
:oxo:

Je suis pas hyper familière avec la notion de flood mais je pensais que c'était commenter de façon superflue. Ca ne me parait pas superflu de dire que tu m'approuves ^^ dans le sens où justement ça ne coule pas de source à mes yeux d'être approuvée  :-[ .

Mais probablement qu'en écrivant tout ça, je flood à mon tour ?  ::)
Merci pour ton soutien au moins je sais que quelqu'un m'aura lue ^^ .
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 20:27:11
Non mais d'accord Ariane, on a pigé que seule la psychiatre a compris comment fonctionne l'Univers, qu'Einstein n'y connaît rien, et ceux qui sondent la matière encore moins.

Je vais m'acheter un bâillon que je mettrai avant de venir sur ce sujet. Sinon, j'ai pas fini de me faire.......ourf.... ourf.... :/ :/
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 20 Mars 2018 à 21:50:01
Avisto, je disais justement que je n'avais pas forcément l'habitude d'être approuvée.
Tu penses vraiment qu'il te suffit d'une citation d'Einstein pour clore un débat et traiter de prétentieux quiconque se risque à répondre ? C'est triste. Qui plus est tu changes brutalement de champ lexical ; jusqu'à présent tu ne nous parlais que de neurones et de synapses, et soudainement pour désavouer la psychiatre, tu affirmes que l'on débattait ici de l'Univers et de "sonder la matière". Sans rancune, ta mauvaise foi est presque attendrissante  :calin: .
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 21:53:46
Neurones et synapses sont des éléments de l'univers. Même champ lexical, l'univers ne se saucissonne pas.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: cyamme le 20 Mars 2018 à 22:52:11
Le syndicat des artisans charcutiers désapprouve ce dernier message.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 20 Mars 2018 à 23:58:12
De leur point de vue, ça me paraît raisonnable.

Mais l'univers est un phénomène intégré, totalement. Le disséquer aide à le comprendre, mais à la fin il faut le réunir. Ce n'est pas en restant sur sa version psy qu'on y arrive. Il y faut aussi les sciences fondamentales.

Quoi...? Qui ai-je encore insulté...! (Je pense que je vais retenir cette dernière formule pour conclure chacune de mes interventions).

Ariane a écrit :

Sans rancune, ta mauvaise foi est presque attendrissante

Bon. D'abord, je ne me sens pas insulté.

Ma mauvaise foi chère amie ne se borne à ne pas regarder le monde, la pensée, l'univers, sous le seul angle de la psychiatrie, mais à élargir ma visée à tous les savoirs qui sont à ma portée. Ca, c'est une idée simple, non ?
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 21 Mars 2018 à 05:17:05
Ecoute Avisto, tu me parles neurobio (neurones... synapses... interactions électro-chimiques), je te réponds neurobio ! Et encore, c'est un bien grand mot, disons que je te réponds avec tes mots...! C'est ridicule après de venir me mépriser en affirmant que je ne vois les choses que "sous l'angle psy" (je te l'avais déjà souligné, cette formulation n'a aucun sens). Tu me donnes des arguments, j'y réponds ; sur le même terrain, avec les mêmes mots et tes propres définitions. Il ne fallait pas te lancer dans un tel débat si tu ne supportes pas qu'on te réponde ! Et après tu viens m'affirmer qu'il n'est nullement question de neurobio mais plutôt des lois de l'univers ? Eh bien super ! Vas-y, réponds-moi sur les lois de l'univers ! Mais avec des arguments, pas avec du foutage de gueule sur le fait que je me crois meilleure qu'Einstein ! Si tu as des arguments pour résoudre le dilemme que j'ai souligné (post 73 et post 106, pour ne citer que les derniers), je t'écoute.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 08:40:50
La première des lois de l'univers est qu'il est bien trop complexe pour être compris. Idem pour notre cerveau. (Ou notre système neuro-bio).
Donc il est impossible de dire que l'un ou l'autre contienne ou exerce la moindre liberté.
Voilà un premier principe fondamental.

Commence par réfuter ce principe, mais sans user de jésuitisme sinon on est repartis pour un tour.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Chouc le 21 Mars 2018 à 08:43:46
S'ils sont trop complexes pour être compris, comment peut-on affirmer que l'un et l'autre ne contienne ni n'exerce la moindre liberté ?
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 08:51:20
Et voila le jésuitisme qui revient en force. Je l'avais prédit : mais sans user de jésuitisme


Je n'affirme pas, je dis qu'il est impossible de l'affirmer. (Que l'univers ou le cerveau contiennent et exercent une liberté)

Je suis fatigué..... Mais fatigué.... Mais fatiguéééé......
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 21 Mars 2018 à 08:52:59
Avisto tu ne réponds toujours pas à ce que j'avançais.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Chouc le 21 Mars 2018 à 08:54:46
Appeler jésuitisme tout ce qui prouve que ton postulat de départ est erroné (ou tout du moins discutable), c'est très commode  ;)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 08:58:38
Désormais, je ne sortirai plus de ce principe, que j'ai ci-dessus énoncé :

La première des lois de l'univers est qu'il est bien trop complexe pour être compris. Idem pour notre cerveau. (Ou notre système neuro-bio).
Donc il est impossible de dire que l'un ou l'autre contienne ou exerce la moindre liberté.
Voilà un premier principe fondamental.

Commence par réfuter ce principe, mais sans user de jésuitisme sinon on est repartis pour un tour.


Je répondrai certes et seulement à une vraie réfutation de ce principe. Pas à tout ce qui en dévie.

Ou, en d'autres termes : il est impossible d'affirmer que l'univers ou le cerveau contiennent ou exercent la moindre liberté.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 21 Mars 2018 à 09:12:38
Avisto je t'ai répondu et avec une argumentation très claire que tu n'as toujours pas réfutée. Je réinterviendrai volontiers sur ce fil si un jour tu réponds aux points que j'ai soulevés.

Cela dit je te présente mes plus sincères excuses d'avoir osé te contredire, je réalise à quel point tu en as été offensé.

Je te souhaite une bonne journée    :oxo:

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 09:18:35
Aaaaah ! nous y voila  : pas de réfutation, de ce qui est pourtant la clé de voûte de la discussion.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 21 Mars 2018 à 09:23:30
Avisto bien sûr que si j'ai réfuté tes arguments, je te recommande la lecture des posts 1 à 106 de cette conversation. L'angle de vue peut être différent ça n'en est pas moins valable. Bonne lecture.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Milora le 21 Mars 2018 à 10:05:00
Non mais contre la conviction ou la foi (ou la mauvaise foi), il ne sert à rien d'argumenter.
Ce fil n'est pas là pour réfuter Avisto : il est là pour discuter d'un sujet - qui est en lui-même intéressant, je trouve. On peut continuer à en discuter sans que ça tourne à "pour/contre" les arguments d'Avisto (ce sera sans doute plus reposant pour tout le monde). Je pense qu'on les a bien compris et que la posture des uns et des autres ne changera pas. À partir de là, à part tourner en rond, on va pas aller loin.
Pour convaincre, à l'écrit, avoir le dernier mot ne sert à rien. Les gens qui lisent la conversation se seront fait leur propre opinion, qu'importe qui aura le dernier message.

Du coup je rebondis (boïng) sur ce que tu disais, Ariane ! :)

Citation de: ariane
Milora :

En fait, je ne définis pas le "je" ; je m'en garderais bien. J'utilisais les concepts avancés par Avisto lui-même. Et du coup en conclusion je soulignais juste qu'Avisto se sentait non libre car prisonnier de lui-même !

Au final je m'en fiche un peu qu'Avisto mette sa responsabilité sur le compte de ses hormones (  ::) ce terme..... ! c'est vraiment triste de parler neurobio pour en arriver à de telles conclusions... annoncées dans le titre de la discussion).

Ce que je n'aime pas c'est utiliser des arguments neurobiologiques pour faire passer le message d'une impuissance certaine de tout être humain ; alors que la neurobio n'a rien à voir avec ça ; c'est un constat de comment on fonctionne, ok ; ça ne nous empêche pas de fonctionner, avec nos valeurs, notre passé, nos gènes, bref tout ce que l'on est ; et de faire des choix qui sont donc NOS choix en fonction de tout ça.

Pour tes autres questions je te réponds quand tu veux en MP :) je ne souhaite pas sortir trop du sujet dans cette conversation-ci.
Ouip, ou on peut ouvrir un autre fil dessus, si ça te tente ? Je trouve pas que ce soit si hors-sujet que ça ici puisque, comme tu disais, placer la barre d'un degré de liberté ici ou là dépend pas mal de la définition du "je" (puisqu'un libre arbitre-pur qui serait juste une capacité à trancher en étant déconnecté de tout vécu est contradictoire avec l'identité, comme tu disais).

D'ailleurs, une question que je me posais sur l'intelligence artificielle (Kail, si tu passes par là ? ::) ). Est-ce qu'une machine peut produire de l'aléatoire ? Il me semble que pour tout ce qui est générer une information aléatoire, les programmes s'appuient sur une donnée extérieure (l'heure de l'ordinateur ou je sais pas quoi ?). Ca marche comment ? Comment on produit de l'aléatoire ? (parce que du coup ça serait intéressant pour discuter du déterminisme).

De la même façon, Cyamme-qui-lit-tout-mais-ne-poste-jamais (:P) disait, en papotant hors forum, que dès qu'on décrit le monde physique en détail, on tombe sur de la physique quantique et donc sur des probabilités et pas du déterminisme comme dans la physique newtonienne (je dois pas du tout utiliser les bons mots, désolée les physiciens du forum >< ). Ce serait intéressant (bien qu'insoluble à ce stade des connaissances) de savoir si c'est par manque de moyen de connaître toutes les données ou si c'est qu'il y a de l'aléatoire à la base du monde (le déterminisme en prendrait un sacré coup...).
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aléa le 21 Mars 2018 à 10:07:55
Citer
Je n'affirme pas, je dis qu'il est impossible de l'affirmer. (Que l'univers ou le cerveau contiennent et exercent une liberté)
Basiquement avec un tel postulat si tu ne peux pas affirmer qu'il y en a, tu ne peux pas affirmer non plus qu'il n'y n a pas, la phrase peut être retournée à la négative, un peu comme la preuve de dieu qui ne peut être affirmée ou infirmer (impossible d'affirmer que l'univers et le cerveau ne contiennent pas ni n'exercent pas une liberté) au sens où une absence de données -pas au sens méconnu, mais au sens existant, non-existant pour le coup- dans le "système" créerait par son manque un facteur liberté, ou choix (par ce qu forcément si un facteur "liberté" était programmé ca serait juste un déterminisme de plus. Imposer un choix)

Après, la liberté ca se rapproche plus du hasard ou du choix ?


(edit, c'est marrant ma question rejoins la fin du message de milora, sans avoir lu tout le reste)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 11:54:16
D'accord Ben G pour retourner à la négative, on reste cohérent. Mais ma proposition concerne le fait que tout un chacun ici affirme une liberté, au moins parcellaire, et donc ma proposition demeure irréfutée en la renversant sur sa négative.

La liberté : hasard ou choix ?

Pour moi, mon destin fut le fruit du hasard, tout du long. Je n'inclus pas les stratégies, préméditées, professionnelles ou autres, qui relèvent de la rationalité, du calcul, lesquels, au passage ne résultent pas non plus d'une liberté mais d'une fonction humaine (que l'on pourrait expliciter plus tard pour ne pas tout mélanger) qui relève d'une "émotion esthétique" (je pèse mes mots bien sûr, et à expliciter plus tard ou dans un autre sujet).
Bilan provisoire : pas de réfutation.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: cyamme le 21 Mars 2018 à 11:55:43
Pari pascalien !
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aléa le 21 Mars 2018 à 12:21:58
Il est impossible d'affirmer que l'univers ou le cerveau ne contiennent ou n'exercent pas la moindre liberté.

Ca serait tentant de continuer à contredire pour le jeu ou par esprit de contradiction, mais en effet ce n'est pas réfutable. La phrase en elle-même, si tu te bases sur toute la quantité d'inconnus comme facteur de détermination de la connaissance de la place de la liberté dans tout ça, le facteur inconnu annule forcément le connu et rien ne peut être ni affirmé ni réfuté. La seule chose que change la négation, c'est que tu ne peux pas affirmer non plus que la liberté n'existe pas, puisque sa potentialité, par facteur d'inconnu, elle existe.



La liberté : hasard ou choix ?

Je ne vais parler là que d'univers, pas encore de fonction humaine.
Si tu admets que les événements de ta vie (et non leurs choix) sont le fruit d'un hasard, c'est uniquement parce que les causalité qui ont menés ces événements t'échappes, ou tu admets la possibilité d'un hasard total ? C'est à dire, tu admets le hasard, comme ta préposition irréfutable, par cause d'ignorance ou tu conçois un hasard total ?
L'enjeu de la question est que, s'il y a hasard l'univers s'affranchit de règles (ou, pose comme seule règle qu'il n'y en a pas à un point donné, ou partiel) et donc prend (ou ne prend pas, mais ca revient au même dans ce cas précis) des dispositions de liberté.


Bilan provisoire : pas d'affirmation.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 12:51:19
Ben G   Tu affirmes donc : mais en effet ce n'est pas réfutable . Merci de te mettre en danger.  >:D     

Voila un point de départ auquel je tenais pour mettre un terme aux procrastinations et jésuitismes qui peuplent ce sujet

A présent, on reprend mon sujet initial , désolé de vous imposer ce pensum mais si vous l'avez lu, vous en ferez l'économie:
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"Interprétée de manière brute, l’expérience de Libet semble condamner le libre-arbitre : vous avez l’impression de décider d’appuyer à un certain moment sur un bouton, mais votre cerveau a déjà décidé depuis presque une demi-seconde !  Comment puis-je être libre de décider quelque chose, si au moment où j’ai conscience de choisir, mon cerveau a déjà commencé à agir ?"

L'expérience de Libet demande une ou plusieurs interprétations avant d'être intégrée à un corpus théorique sur les fonctions mentales. Cependant elle a le mérite de nous faire douter de la nature de ce que nous appelons "liberté". La liberté : réalité ou illusion ?

Dans un autre domaine :

"Face à nos hormones, quelle liberté nous reste-t-il?
Avant on se croyait libre, mais ça c'était avant ! Si nos hormones régulent tout notre organisme, que reste-t-il de notre liberté ?

Humeur, poids, affections, choix de nos partenaires sexuels... nos hormones seraient à peu près responsables de tout. Ce qui est aussi valable dès lors que l'on évoque les gènes.
Aujourd'hui gènes et hormones semblent déterminer tout notre comportement, comme si nous étions des machines.
On ne fait plus exactement ce que l'on veut parce qu'il faut tenir compte de causes naturelles donc, mais aussi de causes sociales, et aussi de notre position économique.
Bref nous sommes tels des pantins qui s'agitent. Il y a donc nécessité à faire le tri dans nos idées de liberté.
Si je ne suis pas libre de faire ce que je veux, au moins puis-je connaître ce qui me détermine.
Spinoza redéfinit la liberté à partir de la connaissance. Je ne suis plus libre de faire ce que je veux, mais je suis libre parce que je sais ce que je fais.
Cette liberté n'est-elle pas bien maigre finalement ? "

Certes Spinoza rédéfinit la liberté "à partir de...". Mais "à partir de... ", on peut tout dire...!

Qu'en est-il  ? Réalité ou illusion, quand toutes les observations et connaissances, à mesure qu'elles s'accumulent, forment un faisceau de présomptions infirmant la notion romantique que nous nous faisons de la réalité. Et surtout, ce n'est pas parce que nous répétons "en sautant comme des cabris" que la liberté existe, qu'elle existe.[/u
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Comme on le voit, je pose la question, en l'appuyant sur quelques réflexions. Je ne donne pas, radicalement, mon opinion, quoiqu'on puisse finement l'en déduire.

Et tout le reste du sujet a consisté en gros à me répondre : tu n'y connais rien, peux-tu fermer ta gueule ?

Donc, comme je fatigue, je m'en tiens au réfutable ou irréfutable : la pure logique, en somme.

Maintenant, si ma proposition est irréfutable, alors on peut aller plus loin... Mais laissons les  irréductibles s'exprimer encore.




Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: cyamme le 21 Mars 2018 à 12:55:21
Lire un texte entièrement souligne est terriblement désagréable. De plus, Ariane t'a également posé des questions précises et opposé des arguments précis. Je pourrais t'imiter et citer les posts 1 a 106 en les soulignant mais ce serait certainement une perte de temps.

J'imite également mes prédécesseurs et laisse tomber ce sujet qui tourne en rond.  :mafio:
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 12:59:20
Cyamme, dire : relisez mes posts, n'est pas une réfutation.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: txuku le 21 Mars 2018 à 13:07:19
Bonjour

Je adhere pas a "l’expérience de Libet" qui me parait sujet a caution et me rappelle les QCM !

De plus je me demande ce que viennent faire les "hormones" la dedans ???:)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Rémi le 21 Mars 2018 à 13:12:06
@avistodenas

Si la liberté n'existe pas, si tout est déterminé d'avance, alors l'ensemble des réponses de ce post (dont la présente mienne) est déjà déterminé. Quels est l'intérêt de discuter puisque c'est un simulacre ? Et pourquoi est-ce que tu postes des trucs si tu es convaincu que ta liberté n'existe pas, que ce n'est pas toi qui choisis ?


Évidemment que des tas de facteurs nous conditionnent, nous influencent et limitent nos choix.

Évidemment (et on l'a déjà dit), démontrer l'existence de la liberté est vain sans une connaissance absolue de toutes les lois de la physique, de la biologie etc.

Citer
Maintenant, si ma proposition est irréfutable, alors on peut aller plus loin...
Si ta proposition est "l'existence de la liberté ne peut être démontrée", alors je pense que personne ne va réfuter.
Mais ça n'a pas un grand intérêt... Comment tu veux "aller plus loin" à partir de ça ? Ça ne veux pas dire que la liberté n'existe pas.

Au delà de mes remarques, je pense que des tas de choses intéressantes ont été dites, des tas de bonnes questions posées sans que tu ne t'y intéresses et c'est dommage.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 13:21:28
Rémi :

 Évidemment (et on l'a déjà dit), démontrer l'existence de la liberté est vain sans une connaissance absolue de toutes les lois de la physique, de la biologie etc.

En effet, c'est même moi qui l'ai dit ! (Putain, mais j'ai envie de laisser tomber, tu peux pas savoir...)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Chouc le 21 Mars 2018 à 13:24:15
Qu'est ce qui t'en empêche ? Ou essaye-tu de nous emmener, au fond ?
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 13:33:48
Rémi ?   Comment tu veux "aller plus loin" à partir de ça ?
 Tu paries ?


Chouc :

Qui m'en empêche... ?

Mais mon goût pour l'échange, voyons, qui touche à ses limites. Hormis Ben G, je n'ai rien lu qui ressemble à une simple écoute, que procrastination et jésuitisme acharnés.

Mais toujours pas de réfutation en règle. Encore un post de procrastimachin et je me barre. Le cas semble désespéré.

Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Rémi le 21 Mars 2018 à 13:45:07
Rémi :

 Évidemment (et on l'a déjà dit), démontrer l'existence de la liberté est vain sans une connaissance absolue de toutes les lois de la physique, de la biologie etc.

En effet, c'est même moi qui l'ai dit ! (Putain, mais j'ai envie de laisser tomber, tu peux pas savoir...)
et le reste de mon message ?

Et pourquoi tu veux qu'on réfute ? Tu veux aller où ?
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 14:03:07
Je demande qu'on réfute parce que c'est irréfutable, et qu'on soit d'accord au moins sur un point basique. Mais si maintenant tu dis que vous avez déjà dit ce que j'ai dit moi-même, alors on est chez les fous.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: cyamme le 21 Mars 2018 à 14:04:08
Bah oui, tout le monde est d'accord sur ce point mais je vois pas en quoi ca fait avancer le debat....
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 14:10:42
Tout le monde est d'accord sur ce point Cyamme ? C'est nouveau ! Surtout si tu t'appuies sur Ariane ! :D

En quoi ça fait avancer le débat ? Justement, pour l'instant il n'avance pas. Pour le faire avancer, j'attends que se calme la cabale et qu'on soit d'accord sur la réfutabilité que j'ai signalée.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aléa le 21 Mars 2018 à 14:19:07
Avisto, j'ai pris ta proposition d'un angle logique aussi, et en effet elle n'est pas réfutable ( et je m'en fout de me positionner d'un côté ou d'un autre de la réfutation, j'analyse que la phrase en elle même)

Si tu veux aller plus loin, tu pouvais y aller dès le début, sinon tes questions étaient rhétoriques car en effet, la somme de tous les hasards et acquis que chacun de nous est abordera de façons différentes une thèse aussi large baser sur un "on ne pas pas affirmer ni réfuter", bref une vérité générale qui ne rentre pas dans des théories plus précises (et ces théories déjà existantes peuvent être des matériaux, comme tout le monde l'a montré, à des théories plus personnelles, ce que beaucoup ici ont fait.  )


Bref, la question ca va être devant un choix avec plusieurs options, est-ce que ce sera vraiment une liberté que de choisir, soit par strict besoin rationnel (besoins de bases) ou par émotion (esthétique ou choix illogique du point de vue besoins de base)

Tu ne m'as pas répondu sur les formes du hasard, piste intéressante à creuser pourtant.





Mais c'est marrant ces derniers temps sur le forum ont a eu pas mal de gens, avec un certain bagage culturel et de réflexions, qui viennent exposer leurs idées sous forme de discussions qui se veulent au final n'être que des expositions d'idées, avec questions rhétoriques, en appliquant une espèce de maieutique qui ne marche pas ici. Je crois que tout le différent vient simplement de la forme du dialogue, de l'exposition d'idées et plus généralement de façon d'apprendre différentes. Le "cours" magistral qui expose une base d'idées et attend un ping pong de questions juste pour faire émerger de nouvelles idées, déjà préparées par le premier interlocuteur, pour ensuite laisser les gens se faire leurs idées (c'est à dire, adhérer à une idée d'ABORD pour comprendre son fonctionnement et la questionner et ENSUITE aller plus loin) (ce qui correspond, de manière universitaire, plus aux bases du cursus, intégrer et questionner, moins horizontal). La plupart ici ont l'habitude d'avoir un exposé de base, et ensuite en questionner les limites par rapport à leurs propres questionnements (ce qui questionne et aide à définir aussi les limites de son sujet, que parfois il n'a pas prévu) (plus à la manière, comme beaucoup le sont ici, des études supérieurs après le cursus classique, questionner et remettre en cause, un rapport moins verticale) à l'interlocuteur de base : d'où le fait que certains ici n'aient pas l'impression qu'il y ait un échange et qu'avisto ait l'impression que personne n'écoute. C'est juste une divergence, par habitude (et choix ?) de façon d'approche structurelle de l'apprentissage et de l'exploration des idées dans un dialogue.
Et du coup comme je disais, vu la divergence et le fait que c'est fréquent ces temps-ci, les gens se lassent de ce non dialogue direct avec toutes les clés en main pour discuter et de l'autre côté la personne ne trouve pas son compte non plus car a l'impression de ne pas pouvoir exposer sa thèse et en discuter)

mais bref












EDIT : par contre si tu attends que tout le monde dise qu'il est d'accord, on risque d'en avoir pour encore 40 pages, c'est anarchique un peu comme tu peux le voir un débat sur un forum  :mrgreen:
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Rémi le 21 Mars 2018 à 14:26:03
Qu'on soit d'accord, je crois que la liberté existe, même si on ne peut démontrer qu'elle existe (je rappelle que l'on est tous dans la Matrice :D).

Citer
Pour le faire avancer, j'attends que se calme la cabale et qu'on soit d'accord sur la réfutabilité que j'ai signalée.
Et si pour toi débattre c'est attendre des autres personnes qu'elles démontrent l'indémontrable sans jamais répondre à leur questions/remarques, je comprends que tu t'énerves !

edit : pas le temps de lire le post de Ben.G
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: cyamme le 21 Mars 2018 à 14:32:25
Tout le monde est d'accord sur ce point Cyamme ? C'est nouveau ! Surtout si tu t'appuies sur Ariane ! :D

Ariane n'a jamais dit qu'elle n'etait pas d'accord avec ton assertion qui est auto-contenue et que personne avec un peu de bon sens ne cherchera a discuter, il me semble. Au contraire, elle discute des points precis qui tiennent, notamment a la facon dont tu definis le "je" et ton continuum "psyche-soma" ou je ne sais plus exactement comment tu le nommais.


Citer
En quoi ça fait avancer le débat ? Justement, pour l'instant il n'avance pas. Pour le faire avancer, j'attends que se calme la cabale et qu'on soit d'accord sur la réfutabilité que j'ai signalée.

Je pense que Ben G a assez bien defini mon sentiment sur ce point, Remi encore plus. Si le but de ton intervention n'etait pas de faire avancer le debat. Que cherches-tu ?

Je ne vois pas l'interet d'attendre que se calme ta supposee cabale. Je te propose juste d'arreter de polariser le debat autour detoi car certes, tu as lance la question de depart, mais il me semble que tu n'as pas le monopole du bon sens, meme si tu es la seule personne apte a attribuer des "points d'intelligence" ici.


Edit : Bien evidemment, tu es libre de continuer a faire tourner ce non-debat en rond.  :mrgreen:
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 21 Mars 2018 à 14:45:12
Effectivement, je trouve l'explication de Ben.G assez claire sur la différence d'approche entre un parcours universitaire classique et un parcours littéraire actuel ; on a plus l'habitude de donner recours à une contradiction pure ici (dans laquelle même les préceptes initiaux sont questionnés), que de donner à des littéraires des codes pré-établis dont ils devraient se rendre porteurs.

Cette différence d'approche est peut-être la cause d'une mésentente, c'est ce que j'ai ressenti à la lecture du post de Ben.G.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 15:06:34
Je vous ai lus. Et crois-je, compris.

Je procède désormais, comme vous pouvez le comprendre,  par "réfutable" ou "non-réfutable". Et pour que l'on ne vienne pas ensuite me tailler des croupières par derrière, je résume le premier point :

il est impossible d'affirmer que l'univers ou le cerveau contiennent ou exercent la moindre liberté.

Comme vous avez pu le constater, j'associe toujours cerveau et univers en tant qu'objets les plus complexes que l'on puisse connaître (ou mal connaître).

L'univers est soumis à des constantes:


Vitesse de la lumière dans le vide   
Constante newtonienne de la gravitation   
Masse de Planck      
Longueur de Planck      
Temps de Planck      
Température de Planck   
Constante de Hubble
Constante de Hubble normalisée
Longueur de Hubble   
Nombre d'Avogadro 
Etc... Etc.... J'ai placé les plus élémentaires, il en existe une bonne centaine concernant les particules élémentaires.

Je ne place pas ça pour vous emmerder, juste pour vous montrer que l'univers est contraint.  Con-traint !

Pas de liberté pour lui, il est as-su-jet-ti à ses contraintes.

Sommes-nous d'accord avec cette topique : l'univers est contraint, assujetti à ses propres constantes ? (Que je note en gras pour la retrouver facilement).

Veuillez réfuter, ou pas.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: cyamme le 21 Mars 2018 à 15:26:04
Merci de m'avoir ouvert les yeux ! Grâce à toi, je vais gagner un temps précieux en arrêtant de lire ces discussions. Je retourne à mon univers et ses contraintes.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 21 Mars 2018 à 15:28:31
De mon point de vue, j'assimile ton discours à du prosélytisme, avistodenas.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ceiht-El le 21 Mars 2018 à 15:32:20
Vitesse de la lumière --> voir modèle de Petit, c'est pas une constante.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aléa le 21 Mars 2018 à 15:34:05
 oui

Ensuite ?


(mettons de côté les théories du chaos et la physique quantique, des logiques qu'on ne comprend pas encore et supposons que tout l'indéterminé est constantes.)


Si on doit vraiment acquiescer à chaque info, je préviens je quitte le cours magistral.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 15:42:03
D'accord. Je ne veux pas contrarier. Juste montrer.

Ceiht El   : La vitesse de la lumière fait beaucoup jaser en ce moment, mais restent toutes les autres constantes (une centaine ou plus).

Je note : Pas de réfutation à ce stade.

Vous m'avez demandé (Rémi) où je comptais aller ? Hé bien je vous le déroule.

Alan, tu refais de la procrastination. Je te parle de réfutation, alors réfute, sans tournicoter autour du pot.

Ben G : Tu fais ce que tu veux, ou tu réfutes.

Dès que l'on sera d'accord sur l'absence de réfutation, j'achève la démo en deux temps de plus. Vous pouvez m'accorder ça, tout de même. Sinon tant pis, je range mes outils.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aléa le 21 Mars 2018 à 15:46:29
* regarde sa montre *
Tu veux pas les mettre dans le même messages les deux temps de plus ?..


Citer
La vitesse de la lumière fait beaucoup jaser en ce moment, mais restent toutes les autres constantes (une centaine ou plus).
Un peu facile d'éluder comme ça en disant "oui mais il y en a plein quand même hein", mais bon soit, si la contrariété t'empêches de continuer, vas-y donc comme j'ty pousse  :mrgreen:

Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Rémi le 21 Mars 2018 à 15:54:04
Oui, range.
Titre: Re : Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 21 Mars 2018 à 15:55:01
Alan, tu refais de la procrastination. Je te parle de réfutation, alors réfute, sans tournicoter autour du pot.
Je réfute une thèse prétendant qu'en partant d'une notion absolue d’assujettissement on puisse construire un espace de vivre ensemble.

Je réfute une thèse prônant la prédominance d'un constat sur tous les autres, avec représailles contre les désobéissants et les non-croyants.

Je réfute la prétention d'une théorie à s'imposer à tous en tout temps sous la parole d'un individu isolé, la tienne.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Chouc le 21 Mars 2018 à 15:58:11
Alan, cette journée est à marquer d'une pierre blanche : je suis d'accord avec toi  ^^
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Rémi le 21 Mars 2018 à 16:00:45
Pareil, bisous !
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 21 Mars 2018 à 16:20:31
D'accord Ben G, mais c'est pour te faire plaisir et gagner du temps. Je n'attendrai pas une réfutation qui ne viendra pas. Mais je ne croyais pas susciter autant de haines... Vrai ! ;D Ce dont d'ailleurs je me fous bien sûr.

Troisième topique (je sais, topique, ça fait prétentieux, mais je m'en fous aussi :D) :

Le cerveau humain, et pour simplifier, l'homme, est également soumis, contraint, par des constantes qui s'imposent à lui. Il est assujetti à

Naître et mourir (faisons un lot).
Entre les eux
à grandir (ou pas)
à son lieu de naissance
au non choix de ses parents
à sa nationalité de naissance.
à son enfance
à ses émotions
à ses gènes (et hormones) qui font l'essentiel.

Donc, aucune liberté non plus dans ce qui fait son essentiel, tout comme l'univers, l'humain est assujetti à ses propres contraintes.

Cet assujettissement est-il réfutable, ou non ?

-------------------------------------------------------------------------------

Quatrième topique :

On n'a pas le choix de ses contraintes essentielles, mais on a (peut-être, admissible en l'état) le choix de l'accessoire.
Faire passer l'accessoire pour l'essentiel est une imposture, un jeu de passe-passe. Et le propre de l'imposture est de ne jamais se reconnaître comme telle.

Récapitulatif :

il est impossible d'affirmer que l'univers ou le cerveau contiennent ou exercent la moindre liberté.
 l'univers est contraint, assujetti à ses propres constantes
tout comme l'univers, l'humain est assujetti à ses propres contraintes, essentielles (qui relèvent de son essence)
Faire passer l'accessoire pour l'essentiel est une imposture. La liberté, qui n'est pas essentielle, vitale - je suis sûrement descendant d'esclaves et vous aussi - qui est donc accessoire à la vie, tient alors de l'imposture puisqu'on la prétend essentielle.

Voila, j'en ai fini, je vous laisse débattre entre vous, pas contre moi, car ce n'est plus possible.

Ne postez donc plus à mon attention, je suis ailleurs, sur d'autre topics reposants.





Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Milla le 21 Mars 2018 à 16:22:12
Yop !

Pour info, j'ai des fois survolé, mais globalement pas trop lu les 158 messages qui précèdent... Je voulais juste répondre par une impression personnelle (et inutile) à ça :

Citation de: avistodenas
Sommes-nous d'accord avec cette topique : l'univers est contraint, assujetti à ses propres constantes ? (Que je note en gras pour la retrouver facilement).
Ici je comprends ton usage du mot "contraint" comme "dénué de liberté". Dans ma vision des choses, je ne vois pas ce dont tu parles comme une contrainte ou un assujettissement : pour moi tu évoques la cohésion de l'univers, ce qui fait qu'il fonctionne. Ce sont ses limites autant que ses possibilités. Il est fait entre autre de ses constantes (et de bien plus) : dans mon impression s'il était fait d'autres constantes ou pas de celles ci il ne serait + libre, il serait juste autre chose.
Pour dire que je place la liberté ailleurs : si tu définis son contraire comme la restriction des possibilités de quelque chose à être, ça ne marche pas puisque ce ne serait plus le même "être". Je crois plutôt qu'il y a un "être" (mouvant du fait du temps lui même en mouvement) qui a une cohésion lui permettant de fonctionner (en effet il nous faut de l'oxygène, manger dormir, etc. en effet notre corps agit avec des messages nerveux, fonctionne avec des hormones etc.) et qu'ensuite vient la question de sa liberté dans le cadre de ces principes là. Et oui, un cadre ce sont à la fois des restrictions et des possibilités qui font ici que l'être est.
Après cela, et dans le cadre du cerveau humain, la question de la liberté se heurte à foule de choses et je crois qu'elle n'est pas un trait unique chez l'humain : au sens ou une personne peut se sentir libre et non libre à la fois, dans différents domaines de sa vie. Enfin c'est une question super vaste quoi, mais je ne la place pas au même endroit que toi.

EDIT :
Citer
Voila, j'en ai fini, je vous laisse débattre entre vous, pas contre moi, car ce n'est plus possible.

Ne postez donc plus à mon attention, je suis ailleurs, sur d'autre topics reposants.
ah beh désolée, j'ai vu ton post en postant le mien donc bon, je le laisse...
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Alan Tréard le 21 Mars 2018 à 16:41:20
Avistodenas, si ton intention était de faire l'apologie de la servitude en ouvrant ce topic, je pense effectivement que tu commets un acte dangereux.

Mélanger un discours pseudo-scientifique à des théories sociologiques édulcorées de subjectivité (ta subjectivité sur nos réactions), on appelle cela de l'obscurantisme, plus encore si ton aspiration est de nous soumettre à tes prérogatives.

Nous sommes en droit de ne pas être d'accord avec ton idéologie, nous exprimons ce désaccord, et notre intégrité morale en est préservée.

Comme j'ai pu le rappeler précédemment, tu n'es pas en droit de nous soumettre à des conditions auto-proclamées, tu ne peux pas détourner de cette façon la science, ni contraindre les membres d'une communauté à se plier à ta volonté.

Nous avons ici des conditions de discussion qui favorisent le partage des points de vue, il n'y a pas et n'aura jamais de modèle d’assujettissement.

Enfin je rappelle que chacune & chacun ici est responsable de ses propos et signe en son nom, le fait que tu emploies des discours de philosophes pour imposer des mesures au quotidien me paraît contraire à ce qu'on pourrait attendre d'un lecteur ou d'un auteur.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Chouc le 21 Mars 2018 à 16:43:34
Et pour la seconde fois de la journée, je suis d'accord avec Alan (je pense qu'il va neiger, du coup  ^^)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 21 Mars 2018 à 16:46:28
Avisto, aucun des points que tu as avancés ici n'est parfaitement logique (désolée d'être non stop dans l'opposition, mais franchement, quand tu ne cesses de demander si c'est réfutable ou pas, tu réclames la contradiction  ::) ) :

=> La comparaison entre le cerveau et l'espace : s'il s'agissait d'aléatoire pourquoi pas, mais il s'agit ici de liberté donc on fait intervenir l'idée d'un "je" (il faut bien qqn pour être libre !) donc le cerveau, qui peut en lui-même inclure de "je", n'est pas du tout à considérer comme l'espace !

=> L'espace est soumis à des contraintes, du coup totalement déterminé ? visiblement tu as choisi de laisser de côté plusieurs directions que peut prendre la recherche à ce sujet (physique quantique pour ne citer qu'elle ; Rémi a parlé aussi de la théorie du chaos, Ceiht El mentionne la vitesse de la lumière ; perso je veux bien leur faire confiance, ce n'est pas mon domaine d'étude).

=> Le cerveau est soumis à des contraintes, et alors ? Ce n'est pas parce que tu montres la présence de contraintes que tu démontres l'absence de liberté ! On a tous évoqué à de nombreuses reprises le côté relatif de la liberté.

=> Comment as-tu défini ce qui était essentiel ou accessoire dans le cerveau ??? sur quelles valeurs ? quels concepts ? quels principes ?

Citation de: Avistodenas
Faire passer l'accessoire pour l'essentiel est une imposture. La liberté, qui n'est pas essentielle, vitale - je suis sûrement descendant d'esclaves et vous aussi - qui est donc accessoire à la vie, tient alors de l'imposture puisqu'on la prétend essentielle.
L'impression que ça me fait : tu te caches derrière ces notions nouvelles d'essentiel et d'accessoire pour ne pas dire ouvertement que tu as modulé ton discours : initialement tu parlais de liberté ou d'absence de liberté, point, tu n'introduisais aucune nuance. Je suis très heureuse de voir que tu admets enfin une nuance !

Citation de: Milla
Ici je comprends ton usage du mot "contraint" comme "dénué de liberté". Dans ma vision des choses, je ne vois pas ce dont tu parles comme une contrainte ou un assujettissement : pour moi tu évoques la cohésion de l'univers, ce qui fait qu'il fonctionne. Ce sont ses limites autant que ses possibilités. Il est fait entre autre de ses constantes (et de bien plus) : dans mon impression s'il était fait d'autres constantes ou pas de celles ci il ne serait + libre, il serait juste autre chose.
Je plussoie 100 000 fois.

Citation de: Milla
Pour dire que je place la liberté ailleurs : si tu définis son contraire comme la restriction des possibilités de quelque chose à être, ça ne marche pas puisque ce ne serait plus le même "être". Je crois plutôt qu'il y a un "être" (mouvant du fait du temps lui même en mouvement) qui a une cohésion lui permettant de fonctionner (en effet il nous faut de l'oxygène, manger dormir, etc. en effet notre corps agit avec des messages nerveux, fonctionne avec des hormones etc.) et qu'ensuite vient la question de sa liberté dans le cadre de ces principes là. Et oui, un cadre ce sont à la fois des restrictions et des possibilités qui font ici que l'être est.
Encore une fois je suis 100% d'accord avec toi Milla.

Avisto (je suis persuadée que tu passeras nous lire :) ), tu as un ton professoral qui me dérange beaucoup dans le cadre d'un débat ; une autre fois sois plus honnête et poste un message disant clairement : "j'ai envie de vous exposer une théorie qui me tient à coeur" ; va jusqu'au bout direct, mène-la jusqu'où tu veux la mener et écoute ensuite nos retours ! Comme ça a été dit précédemment, on dirait que tout au long de cette discussion, tu posais des questions rhétoriques, du coup forcément tu étais frustré qu'on y réponde "de travers" (de ton point de vue bien sûr).

Pour moi ce qui aurait été intéressant de discuter ici (et on aurait pu y arriver en construisant un dialogue ; tout comme on aurait pu aller dans plein d'autres directions, c'est la magie des débats ^^), c'est comment se fondent / se superposent / se succèdent ou se confondent, le déterminisme de ce que nous sommes, le déterminisme de nos choix, et l'absence de liberté. Je maintiens que les deux derniers ne sont pas exactement la même chose et je pense que c'est là une source d'incompréhension et de paradoxes.
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Aléa le 21 Mars 2018 à 17:11:07
Citer
D'accord Ben G, mais c'est pour te faire plaisir et gagner du temps. Je n'attendrai pas une réfutation qui ne viendra pas.
Je ne suis pas client


Ce qu je vois c'est que tu associes liberté matérielle; c'est à dire : ce qui est permis physique est ce qui est permis moralement. Un peu comme une mousse qui est en expansion à l'infini, et qui ne se stoppe que par les limites physiques imposées et que donc, à la seule et unique barrière existante, la liberté cesse.
Pour un être humain donc, limité de base physiquement, et selon ta logique, elle ne peut pas être possible tout court par le simple fait qu'elle ait un corps.

Tout ça c'est le point de vue strictement logique.
Sauf que la liberté n'existe que par son abstraction, ou je devrais même dire, son extraction, en tant que concept. Au même titre, un lit est un lit dans son essence : si je décide qu'une botte de paille sera mon lit pour un soir, alors par dessus le concept de la botte de paille s'ajoute celui de lit. Et ce n'est pas une illusion que de dire que cette botte de paille est un lit : j'ai dormi dedans, de fait c'est un lit. Le concept est lié à sa fonction parce qu'on en fait quelque chose, sinon, comme le concept de liberté, il reste absolu et ne peut pas exister car il n'a pas de cadre d'existence réel le permettant (il n'y a pas de lit, il y a du bois avec un matelas dessus, oui mais ce n'est pas un matelas, c'est des matières tissées qui viennent de... etc etc).

Et quand tu distingues essentiel ou non, je remplacerai par vital, et dans ce cas la liberté n'est pas un besoin de base et n'est pas vitale, au sens où l'humain peut survivre même dans les pires conditions.

Mais c'est peut être quand tu enlèves des possibilités à quelqu'un qui en avait que le sentiment de liberté peut prendre sens, par la depression qui s'en suit, et si c'était uniquement l'acte de s'étendre dans le dédale ? On ne fait pas que choisir la moins mauvaise solution, on aspire aussi à la meilleure (et les deux sont des jugements de valeurs, mais les enclencher provoque des gratifications différentes, au niveau chimique) ; et si c'était dans l'acte en lui-même et la façon de le perçevoir plus que dans la structure physique, au même titre que le bonheur ou dieu ou n'importe quel autre concept

Mais bref on n revient au début du topic
Et il vaut mieux aller se reposer en effet (et dans la mesure du possible en arrêtant de débattre sur la façon qu'on les autres de dire les choses.)
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Kailiana le 21 Mars 2018 à 18:00:24
J'ai survolé certains passages, mais je viens de m'enfiler le gros de la discussion  :D J'ai juste envie de réagir sur deux points :

1) Parce que Milora m'a interpellée :
Citer
D'ailleurs, une question que je me posais sur l'intelligence artificielle (Kail, si tu passes par là ? ::) ). Est-ce qu'une machine peut produire de l'aléatoire ? Il me semble que pour tout ce qui est générer une information aléatoire, les programmes s'appuient sur une donnée extérieure (l'heure de l'ordinateur ou je sais pas quoi ?). Ca marche comment ? Comment on produit de l'aléatoire ? (parce que du coup ça serait intéressant pour discuter du déterminisme).
Alors dans nos ordinateurs et autres trucs du genre, effectivement ce n'est pas du vrai aléatoire. Je ne suis pas spécialiste mais effectivement, on a l'impression que c'est aléatoire mais en vrai non.
Ce n'est pas super clair si le "vrai aléatoire" (physique) existe (cf la physique quantique, mais qui n'est pas encore assez bien maitrisée)
Par contre, il existe des évènements non prévisibles. Un phénomène déterministe peut ne pas être prévisible (cf théorie du chaos entre autres)(et ce n'est pas "si on avait une puissance de calcul phénoménale qu'on ne possède pas encore on pourrait le prévoir", mais bien : "il faudrait un espace de calcul plus puissant que l'univers pour le prévoir et en plus il faut le faire à l'extérieur de l'univers parce que sinon ça modifie l'univers lui-même" et donc c'est vraiment pas prévisible)


2) Sur le sentiment de liberté, le "je", etc :
En fait ça me rappelle bizarrement des trucs du livre Et plus encore (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,26259.0.html) de Patrick Ness, sauf que je ne peux pas dire directement en quoi parce que ce serait des spoilers  :mrgreen: (lisez le livre ! Non sérieux je n'arrêterai pas de le dire tant que d'autres ne l'auront pas lu  :mrgreen:)
Mais pour résumer ma pensée : c'est pas très grave si on est réellement libre (je ne le pense pas) ou pas du tout, ou en partie. Et j'ai l'impression que d'autres l'ont déjà dit. (en particulier Mil mais ça s'est perdu dans le reste)
De manière plus détaillée : Oui, "je" (même si je ne sais pas exactement ce qui est défini par ce je) est déterminé par ce que j'ai vécu, par ma naissance, et donc par ceux qui m'ont donné naissance, etc etc et on pourrait dire que mes actions sont déterminées et donc non libre. Sauf que... si je choisis de tuer quelqu'un parce qu'il m'a insultée, je suis quand même responsable. Peut-être que je l'ai fait parce que j'ai vécu une vie violente - mais je reste responsable de cet acte. Tout comme, si je recueille un chaton "parce que toute ma vie on m'a dit qu'il fallait aider les chats et qu'en plus je suis infectée par jesaisplusquel parasite qui me fait aimer les chats ( :mrgreen:)", j'en suis responsable

Et du coup, oui, possiblement, mes actions sont déterministes. Mais ça n'enlève rien au fait que je me sens exister, que je me sens responsable de mes actes, et que effectivement on ne peut pas juste parler de "liberté totale ou absence de liberté", parce que c'est une idée très flexible (cf tout ce qui a été dit avant, genre choisir entre des choux de Bruxelles et du chocolat, et faire ce même choix en ayant un pistolet pointé sur la tête qui nous incite à manger les choux).
Que ce qui nous anime soit déterministe ou pas, je ne pense pas que ça change quelque chose. Je veux dire, on peut vouloir deviner si on est déterministe ou pas (je préfère utiliser cette question parce que je sais mieux définir le déterminisme que la liberté), et c'est pour ça que cette conversation est intéressante ; mais si un jour on découvre "ah, on est déterministe, on ne fait aucun choix réel", cela ne changera pas notre sensation "d'être". On pourra se remettre en question, peut-être que certains deviendront cinglés j'en sais rien, mais en vrai, au fond de nous, ben on sera toujours pareil. Idem si on découvre que si, on a un "vrai" libre arbitre.
J'ose espérer que je me sentirai toujours responsable de mes actes.

Mais du coup pour moi, si la question c'est "est-ce que l'être humain est déterministe", ou même de manière plus générale "est-ce que dans ce monde il peut exister un vrai choix, non déterminé par tout ce qui précède", si on veut une vraie réponse oui/non à cette question, je dirais que c'est à la science de répondre - mais on n'y est pas encore. J'ai l'impression que les scientifiques sont pas tous d'accord, qu'à un moment on avait plutôt tendance à dire "tout est déterministe", puis "ah en fait y'a des trucs bizarres qui se passent, peut-être que finalement il y a du vrai aléatoire", mais qu'on n'en sait rien (ou en tout cas je n'ai MOI pas de réponse, j'ai pas trouvé de vulgarisation qui réponde à cette question)

Par contre, on peut se poser des questions sur ce qu'est la liberté, la conscience, etc, et c'est pas si évident car il n'y a pas "une" liberté, tout comme il y a différents types et niveaux de consciences (un arbre est sans doute moins conscient qu'une huïtre, qui est sans doute moins consciente qu'un humain)
Et ça pour le coup c'est super intéressant.


Bon j'ai fait un gros pavé un peu fouillis désolée...
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Milla le 21 Mars 2018 à 18:05:12
( @Ariane : moi c'est Milla, pas Milora  :mrgreen: :mrgreen: )
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Ari le 21 Mars 2018 à 18:13:51
Toutes mes excuses Milla  :-[ je vais rectifier.

Kailiana : merci pour ce commentaire! Tu détailles plein de choses que j'ai aussi dans un coin de la tête ^^ (et que j'évoquais quand je parlais des différences entre déterminisme de qui on est, déterminisme de nos choix, et liberté).
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: Dot Quote le 23 Mars 2018 à 10:37:33
Citation de: Avistodenas
il est impossible d'affirmer que l'univers ou le cerveau contiennent ou exercent la moindre liberté.
Que dirais-tu de la nécessité de la liberté entrevue par Sartre ?
"Nous sommes condamnés à être libres", puisque nous avons des choix incidents à faire... se référer à l'exemple de l'étudiant, de la guerre et de la mère malade.
Il y aurait une instance utile à l'illusion de liberté, qui justifierait que celle-ci existe et nous fait penser le monde tel que relevant d'actions contingentes, et dont l'interaction est permise par la représentation de la liberté qu'on s'en fait.
La liberté n'est pas à voir ici comme un privilège ou un pouvoir mystique propre à soi, comme se vante de posséder la population lambda ^^'
Mais plutôt d'un moyen hypothétique d'interpréter et d'agir la réalisation dont nous avons l'impression d'avoir un pouvoir incident...

Je sais pas si je suis clair, et d'ailleurs je voulais même pas argumenter dans cette discussion un peu XIXème, mais j'ai craqué, veuillez m'en excuser. Je n'ai pas lu le dixième de vos interventions, et idemement, je m'excuse si je souligne involontairement de doublon vos arguments passés...
Titre: Re : Liberté hormonale
Posté par: avistodenas le 29 Mars 2018 à 09:51:19
Le sujet étant refroidi, on peut dire que la liberté est l'idée que l'on s'en fait.