Voici ma réponse au défi d'Ariane... c'est digne d'un roman de littérature adolescente bas de gamme... :D.....
je défie Léilwën d'écrire un texte érotique :) (tous les autres paramètres étant absolument libres).
Dans mes rêves les plus fous, c’est sur la bouche que l’on m’embrasse.
Ça faisait un moment qu’on se côtoyait lui et moi. Je n’ai rien vu venir ; ou plutôt, si... J’ai senti la vague enfler insidieusement, mon regard se modifier imperceptiblement, j’ai senti… la dernière fois que l’on s’est vus (il y a 3 jours ?) j’ai eu l’impression que ses yeux se sont attardés dans les miens 3 secondes de trop au moment de se dire au revoir. Le temps que le trouble s’installe dans mon âme et que mon cœur hésite, le temps que ma température corporelle grimpe d'un ou deux degrés.
J’ai tout de suite refoulé ces sensations. J’ai trop peur. Les attirances, les sentiments… Je suis fragile, ça pourrait me briser. Je suis déjà passée par là, je ne veux plus.
Mais quand l’écran de mon téléphone a affiché « Arnaud » hier soir et que j’ai entendu sa voix à l'autre bout du fil, ma résolution a flanché :
« Léa ?
– Oui. » J’ai répondu trop faiblement. Je ne suis plus qu’un concert de vibrations ; dans mes oreilles, dans mon ventre, partout. Je suis sûre qu’il l’entend jusque de l'autre côté du téléphone. J’ai honte. Je m’en veux. Arrête de te faire des films Léa, tu es juste une pote, comme à chaque fois.
« Tu es chez toi demain soir ?
– Oui.
– Je pourrai passer ?
– Oui.
– À demain alors !
– À demain. »
J’oublie de raccrocher le téléphone. Le passé et le futur ont disparu, je n'existe plus qu'au présent. La voix d’Arnaud reste imprégnée en écho, mes doigts sont électriques. J’ai chaud ; trop chaud. Je respire. Un métronome a mis tous mes organes au diapason : je résonne trop fort.
Je sors de ma torpeur presque à regret. Je ne sais pas de quoi sera fait demain et je déteste ça. J’ai peur. Mon cerveau se réveille. C’était bizarre quand même comme coup de téléphone, d’habitude il envoie des messages. Et puis… d’habitude il est plus enjoué, d’habitude il me raconte sa vie. Ça ne lui ressemble pas d’être aussi laconique. Peut-être que c’est moi qui l’ai regardé trop longtemps la dernière fois ? Peut-être qu’il a capté un truc et qu’il veut mettre fin à toutes mes illusions ?
…
Et si en fait il ressentait la même chose ? Non. C'est trop dangereux, cette éventualité-là n'est pas envisageable ; il n’est pas attiré par moi. Parce que si je me laisse aller à l’imaginer et que ce n’est pas le cas, je vais me briser. Je ne veux plus être brisée.
J’ai mal dormi.
J’ai détesté la journée du lendemain.
J’ai tenté de me concentrer sur mon travail, réfréné un sourire en coin qui s’évertuait à prendre possession de mes lèvres (mes lèvres… ses lèvres… nos lèvres jointes. Non. Non. Non. Léa ! Reprends-toi), tenté de me concentrer sur les histoires de mes collègues à la pause café, réfréné des larmes qui perlaient (Léa, tu sais bien que tu ne plais jamais, Arnaud c’est un pote, comme tous les autres, fais-toi une raison).
Je déteste les ascenseurs émotionnels. J’ai eu envie d’appeler Ariane, mon amie psychiatre, pour lui demander un traitement minute contre les troubles bipolaires. Mais je sais que ce n’est pas ça, me concernant. Je déteste ma fragilité. Je voudrais être insensible parfois. Aujourd’hui, je voudrais juste pouvoir me dire « on verra bien », vivre ma journée normalement et profiter de ma soirée quelle qu’en soit l’issue. Mais je n’y arrive pas. J’ai trop d’émotions en moi ; trop d’orages qui se déchaînent ; trop d’espoirs qui se battent pour exister.
J’essaye de penser positivement. Léa, quoiqu’il arrive, tu es déjà passée par bien pire et tu t’es relevée. Quoi qu’il arrive, tu guériras, comme toujours. Je respire. Ouf, il est l’heure de quitter le travail. Je bois un verre d’eau. Je rentre à pieds, tant pis pour la voiture, je la récupèrerai plus tard.
J’ai besoin de tuer le temps.
Je repense pour la énième fois à la conversation d’hier ; Arnaud a dit « demain soir », mais c’est à quelle heure « demain soir » ? J’ai envie de lui envoyer un message mais j’ai peur de casser quelque chose ou de me trahir en le faisant. Non, aujourd’hui il n’a pas écrit, alors c’est silence radio. On verra bien ce soir. Il finit à 19h, ce ne sera pas avant.
18h06, je rentre chez moi et c’est une tragédie cornélienne dans mon dressing. Léa, tu te prends trop la tête, Arnaud c’est juste un pote, vous allez passer une soirée cool, comme d’habitude, et c’est tout. Mais j’ai quand même envie de me sentir jolie. Juste au cas où. Juste pour moi. Mon jean préféré est sale. Il est 18h15 et je n'aurai jamais le temps de le laver et de le faire sécher. Je choisis une jupe en dentelle noire fluide et pas trop courte qui ne me va pas trop mal, et mon T-shirt préféré, kaki, savamment ajouré et faussement sage. Je vais me laver.
C’est un bonheur de sentir l’eau chaude caresser ma peau et m’envelopper de vapeur, mais je ne m’éternise pas. Ce soir, je n’ai pas le temps. Je m’enroule dans ma serviette au sortir de la douche. Le fil de mes pensées m’assaillit à nouveau. Arnaud. N’y pense même pas. J’ai chaud à nouveau, mais ça n’a plus rien à voir avec la température de la pièce. J’ai peur. Je me déteste. Sois sympa avec toi-même. Je me glisse dans mes vêtements. Ouf, je m’y sens à l’aise. Je me promets de ne plus en changer ce soir. Je me parfume, juste ce qu’il faut ; une touche imperceptible, je ne veux pas l’étouffer, Arnaud. Arnaud. Stop !
Je me poste devant le miroir. Je ne veux pas en faire plus que d’habitude, je ne veux pas qu’il puisse se douter de quelque chose. Je trace un trait noir sous mes yeux et pose une couche de mascara sur mes cils, comme d’habitude. Je me rappelle que mon crayon kaki rehausse le vert de mes yeux… Oui, mais ça va faire too much… J'assume : je pose un fin trait de crayon juste au-dessus de mes cils ; ça y est, mon regard s’est rallumé. Mes yeux sont visibles.
Je me trouve enfin jolie. Si je ne lui plais pas, tant pis. À moi, je me plais. Enfin, je crois. De toute façon, s’il ne dit rien, je ne dis rien. Je n’ai plus envie que ce soit moi qui me jette dans la gueule du loup. Euh Léa, t’es encore allée trop loin là, tout ça, ce ne sont que des suppositions sur un coup d’œil un peu trop appuyé il y a 3 jours… Oui, c’est vrai. Mais tout ça c’est aussi parce que je me suis rendu compte qu’il me plaisait. Je ne voulais pas le voir, mais maintenant que je le ressens, j’en fais quoi ?
Je me souviens malencontreusement que je ne me suis pas épilé les jambes depuis une semaine… 18h59 : tant pis, je n’ai plus le temps. De toute façon, avec les collants, on ne voit rien.
Je me regarde dans le miroir, mes cheveux sont un peu en bataille… J’aime bien, allez, je laisse comme ça.
19h, SMS : Arnaud. J’appréhende. Je me blinde. Il va me dire qu’il annule, c’est sûr, je me suis encore fait des idées pour rien. Je vais pleurer. J’ouvre le SMS : « Si ça tient toujours, j’arrive dans 30 minutes, le temps de repasser par chez moi ».
Un élastique se rompt à l’intérieur de moi et mon orchestre interne tambourine à tout va. Je pleurerais bien, mais de joie. Sérieux Léa, t’as un problème avec tes émotions…
Répondre au SMS, répondre au SMS : « Coucou Arnaud, oui, pas de souci, à tout à l’heure ». Question cruciale : je mets un smiley qui sourit ou c’est trop cramé ? Tant pis, je mets un smiley qui sourit, parce que j’ai envie. Envoyer.
Cette journée passée à faire la police dans mes pensées qui divaguent est passée étonnamment vite. La dernière demi-heure d’attente, par contre, est horrible. Je suis frénétique. Je transpire ; c’est nul. Je prends mon livre ; je n’arrive pas à me concentrer sur les mots. Arnaud… ses lèvres, ses yeux, la fossette en virgule au coin de sa commissure gauche… STOP. Je sais pourquoi je transpire maintenant. Je repense aux autres, à l’artiste blond qui a trucidé mon cœur un soir d’été ; à la métisse magnétique qui a piétiné ma dignité. J’ai guéri. Certes, j’ai guéri. Mais je ne veux plus revivre tout ça.
On sonne. Je sursaute. Je vais ouvrir en courant à moitié. Arnaud est là. Je respire. Une bouffée de chaleur me monte à la tête. « Salut ! » Il me sourit, mais pas aussi franchement que d’habitude. Aïe, mon ventre se tord. Juste après, il me prend dans ses bras, comme à notre habitude de gens tactiles. Je hais ma tactilité présentement. Mais je ne veux pas que cette étreinte se termine. Si, il faut qu’elle se termine : l’orchestre symphonique au fond de moi risque de me trahir…
« Dis-donc, j’ai l’impression que t’es encore plus jolie que d’habitude ce soir. » Touché.
Mince, j’en ai fait trop, je le savais… Je bredouille un « merci ». Je suis nulle, je suis trop, trop, trop nulle.
« On mange quoi ? »
Je le regarde, interloquée : « Meeeeerdeeeeee, j’ai complètement zappé de prévoir à manger ». Oui, vraiment, je suis trop nulle, j’ai complètement oublié de penser à la bouffe…
Arnaud rit. Arnaud rit ! Je fonds… STOP.
« C’est pas grave, on va aller chercher un truc à emporter. Dis Léa, je suis nul pour la subtilité et j’aime pas tourner autour du pot alors m’en veux pas, et tu peux éclater de rire si tu veux, mais... Est-ce que je te plais ? » Coulé.
Arnaud, t’as pas le droit. Un tsunami s’élève du fond de moi. J’ai peur, il va me briser en mille morceaux, il va rire de moi, il va s’enfuir, je vais perdre un ami… au secours. Je n’arrive pas à lui répondre. Mes yeux s’humidifient, j’ai honte, je veux m’enfuir.
« Bah Léa, ça va pas ? Qu’est-ce qu’y a ? Pourquoi tu pleures ? »
Je laisse le barrage s’écrouler. Perdu pour perdu, tant pis :
« Bah bien sûr que tu me plais, c’est évident, non ? Maintenant que tu le sais, c’est bon, tu peux en rigoler, t’inquiète pas, je vais m’en remettre. » Je suis nulle, je ne sais pas garder la face. Je me prépare à l’onde de choc. Il va s’enfuir, je le sais. Une femme hypersensible qui ne sait gérer ses émotions qu’en pleurant, c’est repoussant et flippant, non ?
« Et si tu me plais aussi, on fait comment ? » dit-il, gêné.
Je lève les yeux vers lui. Je n’en crois pas mes oreilles. Il n’a pas pu dire ça.
« C’est vrai ? Même si je suis compliquée avec mes émotions qui prennent trop de place ? » Je le regarde à travers mes larmes. Je suis sûre que je tiens plus du panda que de la femme en ce moment même.
Il hoche la tête.
« On fait comment maintenant pour que t’arrêtes de pleurer ? »
Je souris de toutes les cellules de mon être en m’enfouissant contre son torse. Son odeur me canalise ; je n’avais pas réalisé que j’étais sensible à son odeur jusqu’à maintenant…
Je suis en train de rêver, ce n’est pas possible autrement. Ces choses-là, ça ne m’arrive pas à moi. J’ai l’impression de flotter dans l’air. J’ai peur de me réveiller.
« Embrasse-moi, je chuchote dans un demi-sourire, j’ai toujours aimé qu’on m’embrasse.
– Explique-moi. »
Je me redresse et j’écarquille les yeux. Il me chuchote à l’oreille : « Explique-moi comment tu aimes qu’on t’embrasse ».
Je suis gênée, mais je lui réponds quand même, le souffle court : « Fais-moi mariner, mais pas trop longtemps. Embrasse toutes les parcelles de mon visage avant d’arriver sur mes lèvres. Et pas le cou, surtout pas le cou, sinon… sinon… on engage d’autres hostilités… ».
Je rougis. Je ne sais plus où me mettre. Pourquoi ai-je répondu ? Mais Arnaud a retrouvé son vrai sourire et me fixe intensément. Au secours… Au secours…
« Bien mon capitaine ! Et mes mains, j’en fais quoi ? » Il est prêt à exploser de rire. Moi, je suis prête à imploser tout court.
Allez courage… Je continue à lui répondre :
« Tu peux m’enlacer, caresser mes cheveux, mon visage, mon dos… Mais dans le même genre, évite de poser tes mains sur mes hanches, ou… »
Il ne me laisse pas le temps de finir ; il a posé son index gauche sur ma bouche. Il ne rit plus. Ça tombe bien, moi non plus.
Je sens ses mains créer des labyrinthes de courants d’air dans mes cheveux et ses lèvres balayer l’ensemble de mon visage. Mon cerveau turbine : c’est l’instant juste avant... Puis sa bouche s’empare enfin de la mienne, timidement d’abord, puis y crée un jeu de pressions et de caresses qui m’emporte. Ses mains glissent dans mon dos et m’agrippent. Je ne pense plus. Je suis une émotion à l’état pur.
Il s’approche dangereusement de mes hanches. Un soupir monte ; je ne le retiens pas.
« Oups, pardon… je me suis laissé emporter. » dit-il, avant de se reculer.
Tout d’un coup, j’ai froid.
« C’est pas grave, je réponds – ailleurs. J’étais mieux dans ses bras.
– On devrait aller se chercher à manger parce que si on continue comme ça, je ne réponds plus de moi…, il explose de rire.
– Moi non plus. »
Tout d’un coup, l’angoisse me reprend. Tout ça, ça ne peut pas durer, c’est juste ce soir ; demain, il sera parti. Des larmes montent à nouveau… Mince, il m’a vue.
« Léa, qu’est-ce qu’il y a ? s'inquiète-t-il.
– Rien, je pense trop – je tente d’esquiver.
– Dis-moi… »
Alors j’explose : « Je pense que demain tu vas regretter tout ça. Et moi aussi ; je vais regretter de t’avoir laissé partir avec le reste de mon désir. J’en ai marre des regrets, si tout ça c’est juste pour ce soir, alors laisse tes mains sur mes hanches parce que j’en ai envie, et puis tant pis si ça fait mal demain. »
Il me regarde avec des yeux rieurs. Je n’aime pas ça : est-ce qu’il se moque de moi ?
Mais il revient juste reprendre sa place autour de moi en soupirant : « T’es grave parfois Léa… Non, je ne m’en vais pas. Demain, je serai toujours là ».
Ma tête tourbillonne. Est-ce qu’on peut s’évanouir de honte ?
Peut-on s’évanouir de désir ?
Je suis perdue. Je ne sais pas où l’on va, mais on y va ; ce sont ses mains sur mes hanches qui me le disent. Je me colle à lui pour retrouver une contenance. Je respire son odeur, je me concentre sur la forme de son corps… je temporise mes émotions. Jusqu’à ce qu’il me serre un peu plus fort et que je sente une tension au niveau de son jean. J’ai un frisson ; avec toutes mes élucubrations et mes batailles internes, j’en avais oublié une réalité toute simple : je lui plais. La joie me submerge, bientôt dépassée par l’onde de chaleur qui bouscule tout sur son passage et m’arrache un gémissement que je dissimule au creux du cou d’Arnaud.
« Léa, ça va ? il s'inquiète.
– Oui…, je souffle d’une voix haletante.
– Tu trembles ? il demande.
– Oui… Mais c’est un bon tremblement… je chuchotte.
– Oh. Déjà ? »
Je sens une déception poindre dans sa voix et je souris intérieurement :
« Tu crois quand même pas que je vais m’arrêter là ? Mon hypersensibilité a des bons côtés aussi… ».
J’ose un regard timide vers ses yeux, incertaine de ce que je vais y trouver. Un sourire s’étend jusqu’à ses oreilles.
« Quoi ? je lui demande timidement. Je ne sais jamais interpréter les sourires.
– Rien… tu sais que tu me plais toi ? »
Il explose de rire ; je l’imite. Un peu de répit est bienvenu. J’expire un grand coup. C’est pas permis d’accumuler autant de tension… il va falloir que je me mette au yoga…
« Pour le deuxième round, tu m’attends ? me dit-il, goguenard.
– Je vais essayer… je marmonne, gênée.
– Te prends pas trop la tête avec ça quand même, va » dit-il avec un clin d'œil.
Il me regarde avec tendresse. J’ai peur de sa tendresse. Non, ce n’est pas vraiment ça : j’ai peur du jour où la tendresse disparaîtra de son regard. Courage Léa, courage. Je lui souris. Il pose ses lèvres sur mon front et une vague de soulagement m’enveloppe.
Il est à la fois proche et trop loin. Sans que je ne me rappelle avoir pris cette décision, mes mains se glissent sous son T-shirt et remontent du bout des doigts sa colonne vertébrale. Je me hisse sur la pointe des pieds et dépose un baiser mouillé juste derrière le lobe de son oreille droite. Puis deux, puis trois. Je veux goûter sa peau.
« Hum, ce point-là, je ne le connaissais pas… Tu en connais d’autres ? demande-t-il, intrigué.
– On va chercher… je suggère.
– Je te fais confiance là-dessus pour plus tard, mais ce soir, c’est toi qu’on va chercher » il taquine.
Et il reprend possession de mes lèvres. Ses doigts entrent doucement en contact avec la peau de mes hanches ; je tressaille et un tourbillon de sensations dévorantes m’envahit. Il me soulève et j'enfouis ma tête au creux de son épaule. Je m'agrippe à son cou, que j’embrasse furieusement. J’enroule mes jambes autour de sa taille.
Il nous transporte jusqu’au pied de mon lit et deux T-shirts s’envolent dans le ciel de ma chambre. Ma jupe glisse le long de mes jambes dans un long frisson tortueux. Puis mes collants. Mes jambes ! Mais sa main qui remonte le long de ma cuisse me ramène à l’instant présent.
Son pantalon n’est plus qu’un vieux souvenir et je suis bientôt nue. J’ai peur. Peur de ce qu’il peut penser de moi. Peur qu’il ne donne raison à mes vieux complexes trop bien ancrés. Peur de ne plus lui plaire maintenant que je ne peux plus rien cacher. Je me sens tellement vulnérable. J’ai le cœur au bord des lèvres et les larmes au bord des yeux. Léa, contient toi, tout à l’heure tu t’es jurée que tu te plaisais. D’instinct, je rabats mes bras autour de ma poitrine et je détourne le regard.
Mon attitude doit exprimer pleinement ce que je ressens à ce moment même puisqu’Arnaud m’habille de ses bras et me ramène à lui en me chuchotant : « Tu es belle, Léa ». Il embrasse doucement mon oreille : « Tu es très belle ». J’ai envie de le croire, parce que sinon je vais m’effondrer. « Léa, tu es très belle ». Je m’effondre quand même : ces mots, ça faisait une éternité que les attendais.
« Parle-moi, me souffle Arnaud en caressant mes cheveux, ne reste pas seule dans tes pensées. Dis-moi ce que je dois faire quand tu pleures.
– Rien, je dis en retenant un sanglot. Il faut juste accepter que c’est comme ça. Ou alors tu peux me serrer très fort dans tes bras pour que je me canalise. »
Il choisit la deuxième solution et je laisse sa chaleur m’envelopper et évaporer l’eau de mes joues. Je suis bien contre lui. Je respire un instant de plus.
Puis, timidement, je laisse mes mains explorer son corps, doucement ; je l’effleure à peine. Il fait de même, pendant que sa bouche dessine une ligne imaginaire du haut de mon cou jusqu'au bout de mon épaule. Je ferme les yeux et pose mes lèvres sur son torse. Son corps est brûlant. Sa respiration s'accélère. Ses baisers deviennent avides. Là où ses mains passent, mon corps entre en fusion. Je m'embrase, presque littéralement. Et bientôt c’est l’urgence qui s’empare de moi : je bouillonne, je ne réfléchis plus, je ne suis plus qu’instinct.
Jusqu'à ce qu'Arnaud me ramène à une réalité beaucoup plus terre à terre : « Léa... j’ai... j'ai une capote qui doit traîner dans mon portefeuille ».
Je rougis… Et dire que je pense à tout en temps normal, quelle idiote ! Je vais la chercher. J'ai besoin d'agir : je pense moins quand j’agis.
Je suis fébrile. Mes mains tremblent. Il m'aide. Je le remercie intérieurement. Ç'aurait pu être l'un des plus grands moments de solitude de ma vie... Quand j’ai fini de dérouler le préservatif, je me demande ce qu’il restera de moi après l’incendie. Mais ses bras interrompent mes pensées ; il m'enlace plus fort. Nos caresses se font déferlantes. J’ai tellement envie de lui que j’en ai presque mal. J’ai envie de le pousser sur le lit et de l’adosser au mur, mais encore une fois, j’ai peur de ce qu’il pourrait penser ou imaginer de moi. Dans l’imaginaire masculin, comment considère-t-on les femmes qui prennent les devants ?
J’ai dû penser trop fort puisqu’il me demande :
« À quoi tu penses ?
– Pourquoi tu penses que je pense ? je demande, surprise.
– Parce que tu es moins avec moi, parce que tes mouvements se robotisent, il me répond en embrassant ma tempe.
– C’est rien, j’élude.
– Dis-moi ? Je t’ai pas dit de ne pas rester seule dans ta tête. Explique-moi, je comprendrai.
– Qu’est-ce que tu penses des femmes qui… prennent les choses en main ? j’ose à demi-voix, mes joues empourprées. Léa, reine des doubles sens foireux... Va vraiment falloir que tu apprennes à réfléchir avant de parler ma p'tite !
– Je pense que ce sont les meilleures, sourit-il en m’embrassant. N’aie pas peur de ce que je peux penser Léa, ose me parler. »
Alors j’ose tout court : je le pousse contre le lit ; je le pousse plus encore pour qu’il s’adosse au mur et c'est dans un soupir de soulagement je m’assieds sur lui, face à lui ; nos corps imbriqués, soudés.
J’ai perdu notion des contours respectifs de nos corps dans les instants d’après. Ne me restent que des flashs colorés : mes soupirs parsemés – sa barbe qui agace ma poitrine – le goût de sa peau sur ma langue – je m’agrippe à sa taille – son souffle contre moi – un serpent enflammé remonte le long de ma colonne vertébrale – et ses mots en pointillés, répétés incessamment à mon oreille, comme un secret : « Léa, demain je serai toujours là », « Léa, je reste avec toi », « Léa… », « Léa. »
J’ai toujours eu peur qu’on me parle pendant l’amour. Les mots ont trop de prise sur moi. Les mots peuvent tout casser. Mais cette soirée-là, les mots ont tout construit. Les mots ont emprisonné ma peur.
J’ai dormi toutes mes insomnies cette nuit-là, lovée contre Arnaud. Et j’ai eu peur d’ouvrir les yeux au réveil, mais il était bien là, contre moi. Un bras autour de mes hanches.
Salut !
Là, sur le dodu de mes lèvres…
Dodu casse un peu l'ambiance de ce début de texte je trouve
Le temps que le trouble s’installe sur mon âme.
Dans mon âme plutôt, il me semble
Sur l'ensemble de la phrase en général, il y a une répétition de forme (on s'est vus/on s'est dit) qui me parait alourdir l'ensemble. Ça doit pouvoir être tourné autrement
Le temps que mon cœur hésite. Le temps que ma température corporelle augmente d’un ou deux degrés Celsius.
La coupure en deux phrases est dommage, je trouve. Ça manque de fluidité. Un "et" ferait mieux le boulot à mon avis.
Tu peux te passer de celcius
J’ai tout de suite chassé tout ça.
Le tout ça n'est pas clair ; je comprends pas trop en lisant à quoi tu fais référence
J’ai trop peur : les attirances, les sentiments … Je suis fragile : ça pourrait me briser
Pas d'espace avant les points de suspension.
Pas fan de ce passage qui me semble trop explicatif
Je n’ai plus de passé, je n’ai pas de futur ; je ne suis plus rien qu’un instant de présent : la voix d’Arnaud reste imprégnée en écho, mes doigts sont électriques
C'tun peu too much, non ?
Un métronome a mis tous mes organes au diapason : je résonne trop fort.
Je ne comprends pas ce que ça veut dire
je ne sais pas de quoi sera fait demain, et je déteste ça.
pas de virgule avant et
Mon cerveau se réveille : c’était bizarre quand même comme coup de téléphone, d’habitude il envoie des messages. Et puis… d’habitude il est plus enjoué, d’habitude il me raconte sa vie. Ça ne lui ressemble pas d’être aussi laconique. Peut-être que c’est moi qui l’ai regardé trop longtemps la dernière fois ? Peut-être qu’il a capté un truc et qu’il veut mettre fin à toutes mes illusions ?
Passage intéressant qui transcrit bien les doutes du perso.
Et si en fait il ressentait la même chose ? Non. Trop dangereux, cette éventualité-là est à éviter coûte que coûte. Il n’est pas attiré par moi. Parce que si je me laisse aller à l’imaginer et que ce n’est pas le cas, je vais me briser. Je ne veux plus être brisée.
Ce passage mêle des pensées et les explications un peu fouillis, qui ne renvoient pas à la même chose, ni à la même façon de narrer. Faudrait harmoniser à mon avis.
J’ai mal dormi.
j'aime bien ça comme ça tombe après la langueur d'avant
J’ai détesté la journée du lendemain, entre rêve éveillé et réalité fluctuante, entre moi et mes peurs, entre chien-loup et renard enragé. Entre lui, moi, et mes pensées accidentées.
J'ai bien aimé ce qu'il y a avant la virgule. Après, mouais, c'est surjoué à mon avis.
L'accumulation ne rend pas bien, les termes sont trop longs et lourds
J’ai eu envie d’appeler Ariane, mon amie psychiatre, pour lui demander un traitement minute contre les troubles bipolaires
À part pour le fun, je vois pas l'intérêt de cette phrase
rnaud a dit « demain soir », mais c’est à quelle heure « demain soir » ?
sympa ça
18h06, je rentre chez moi, et c’est une tragédie cornélienne dans mon dressing
Pas de virgule avant et
(Mais j'aime bien, sinon)
Mon jean préféré (celui qui me fait des fesses à la JLo) est sale. Et zut… 18h15, je n’ai pas le temps de le laver et de le faire sécher. Finalement,
Les parenthèses, le "et zut", l'heure répétée et le finalement me semblent de trop
Mince, je ne me suis pas épilé les jambes depuis une semaine… 18h59 :
Pareil pour le mince.
En fait, j'ai l'impression que tu n'as pas choisi entre une vraie oralité, une vraie intervention de ton personnage dans la narration ; et une narration plus classique. Du coup on est dans un entre deux qui ne marche pas vraiment, et des trucs comme "zut", "mince", la référence à J. Lo, ne fonctionnent pas.
on ne voit rien…
Les points de suspension ne servent à rien
19h, SMS : Arnaud. J’appréhende. Je me blinde. Il va me dire qu’il annule, c’est sûr, je me suis encore fait des idées pour rien. Je vais pleurer. J’ouvre le SMS : « Si ça tient toujours, j’arrive dans 30 minutes, le temps de repasser par chez moi ».
Un élastique se rompt à l’intérieur de moi et mon orchestre interne tambourine à tout va. Je pleurerais bien, mais de joie. Sérieux Léa, t’as un problème avec tes émotions…
Répondre au SMS, répondre au SMS : « Coucou Arnaud, oui, pas de souci, à tout à l’heure ». Question cruciale : je mets un smiley qui sourit ou c’est trop cramé ? Tant pis, je mets un smiley qui sourit, parce que j’ai envie. Envoyer.
ça j'aime bien
Autant cette journée est passée assez vite à force de faire la police dans mes pensées qui divaguent, autant cette demi-heure d’attente est juste horrible.
La répétition de cette est évitable
Le juste me parait de trop
à la métisse magnétique qui a fait des confettis de ma dignité.
Je suis pas fan des confettis de dignité
J'aime bien la frénésie qui s'empare de la narration quand Arnaud arrive.
Même si je suis compliquée avec mes émotions qui prennent trop de place ? »
Meilleure phrase à sortir à un premier rendez-vous :huhu:
le pétrissage de mes hanches
pétrissage casse un peu le ton '-'
Entre autres, ils ont construit un nouveau barrage : celui qui me permet de maintenir ma peur à distance.
Pas convaincu par ça non plus
La dernière phrase est pas mal.
Bon, je suis un peu déçu parce qu'à partir de l'arrivée d'Arnaud j'étais bien dans le texte, et qu'au moment où ils passent aux choses sérieuses, c'est retombé un peu et on repart sur du parasitage existentiel. D'une manière générale du coup j'ai eu du mal avec tout ce qu'il y avait avant l'arrivée d'Arnaud, où y a de très bonnes choses, et du moins bon comme tu l'auras lu si t'es arrivée jusqu'ici. La tension monte bien, néanmoins, et ça c'est bien fait.
(Et je suis d'accord avec Jigo et Ariane sur la tension qui retombe).
@ Ariane : c'est le/la défieurse qui décide si c'est relevé ou pas. Tu peux le signaler dans ce fil (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,2462.0.html)