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Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Vilmon le 11 Mars 2018 à 22:11:10

Titre: L'Ascension
Posté par: Vilmon le 11 Mars 2018 à 22:11:10
L'Ascension

Au chevet de la vénérable Régente, qui est mourante, nous l'écoutons nous raconter les jeunes années de la Mamba Noire, la plus puissante et crainte des Reines Sorcières du royaume, qui a bâti le plus grand empire de l'histoire.  Sa voix n'est plus qu'un murmure, mais la sourde Dévote près de son oreiller l'entend avec son Talent et nous transmet ses paroles.  Nous écoutons là certainement ses derniers mots et espérons tous avec ferveur qu'elle nous instruira de la démarche à suivre pour la survie de l'Empire après son départ vers l’au-delà.

***
J'ai bien connu la Mamba Noire.  J'étais à ses côtés lors de son Ascension.  Contrairement à ce que l'histoire de l'Empire laisse entendre, elle n'a pas été glorieuse et proclamée dans une grande célébration.  Notre défunte Mamba n'a pas toujours été froide et impitoyable.  Je l'ai connue et je l'ai vu aimer.  Son seul et véritable amour.  Très peu se souviennent de ce timide et joli garçon qui avait occupé tout son cœur.  Avant que moi-même je ne quitte ce monde, je veux vous partager les souvenirs qu'il me reste de notre Mamba Noire.

La première fois qu'elle a rencontré son seul amour a été lors du convoi funéraire de la défunte Reine, il y a bien longtemps.  Celle qui avait régné avant notre Mamba, maintenant presque oubliée de tous, si ce n'est que pour sa prophétie concernant notre Mamba.

Je suis vieille et je sens qu'il me reste peu de temps.  Et bien que notre Mamba soit morte d'un âge vénérable, je suis son aînée.  Je l'ai connue alors qu'elle n'était qu'une enfant.  Une jeune Dévote insouciante.  J'aime croire qu'elle m'a accepté à ses côtés pendant toutes ces années par compassion.  Mais je sais aussi que la vérité est toute autre.  J'étais la seule qui lui restait qui avait été témoin de son amour.  Sa mémoire vivante d'une époque heureuse, un rappel du peu de l'humanité qu'il lui restait dans son cœur.

Oui, elle avait aimé.  Un garçon, un pauvre berger.  C'est lors du convoi funéraire que je l'ai aperçu la première fois.  J'étais assise aux côtés de ma protégée dans notre carrosse.  Soudain, en pleine procession, elle s'est levée et m'a demandé si je pouvais voir cette belle lumière.  Étonnée, j'ai regardé dans la direction de son visage.  Car, voyez-vous, à cette époque, elle venait de passer son rituel de Dévotion quelques semaines plus tôt.  Elle avait sacrifié sa vue pour acquérir des talents supérieurs.  Son Ascension tardait à se manifester et sans talent, elle n'était qu'une simple aveugle.  Il était alors surprenant qu'elle puisse voir quelque lueur qui soit.

L'Intendante m'a confié plus tard qu'il s'agissait là sans doute d'une Manifestation.  L'un des premiers signes avant l'arrivée de l'Ascension.  Elle m'avait expliqué qu'aucune des Ascensions précédentes ne s'étaient déroulées ou manifestées de la même manière.

Ne le sachant à ce moment, incrédule, je lui ai alors demandé quelle lumière pouvait-elle voir.  Elle a levé le bras et a pointé avec son doigt dans la foule qui longeait la rue de la procession.  Ces gens apeurés s'écartaient, fuyant le fléau possible qui pourrait jaillir de son doigt.  Elle suivait le mouvement de la foule et j'ai pu distinguer la personne qu'elle pointait.  Je suis encore surprise aujourd'hui par l'effronterie qui m'avait animée à ce moment-là.  D'une voix forte et autoritaire, j'avais ordonné aux gardes de la procession de se saisir de ce garçon que ma protégée pointait.  Je les revois se retourner vers moi, ébahis.  Je n'avais aucun droit sur eux et malgré tout, plein de dévouement pour ma protégée, j'avais répété l'ordre avec insistance.  Ils s'étaient alors précipités vers la foule.  Mais le garçon, certainement effrayé par tant d'attention, s'était faufilé parmi les gens et les dédales des rues.  Je voyais le doigt de ma protégée qui semblait encore le suivre bien qu'il avait disparût de ma vue.  Puis elle a abaissé son bras, et m'a dit, avec un grand désespoir dans sa voix, que la lumière s'était enfuie.  Elle s'est affalée à mes côtés, l'échine courbée.  Des larmes coulaient sur ses joues et mon cœur était déchiré.

Ce soir-là, je lui avais confié ma réflexion.  La lumière qu'elle avait aperçue provenait certainement de ce garçon qui s'était sauvé dans la foule.  Elle n'avait accepté de s'endormir qu'après ma promesse de le retrouver.

C'est le lendemain que les gardes avaient réussi à le capturer.  Ce matin-là, je brossais la longue et si soyeuse chevelure de ma protégée.  Elle était d'humeur à la déprime.  Elle aimait que je lui brosse ses cheveux et j'essayais alors de lui remonter un peu le moral.  Soudain, je m'en souviens si clairement encore, un moment si marquant, elle s'était dressée bien droite et m'a dit qu'il était ici, au palais.  Son changement de posture m'avait surprise et j'avais reculé d'un pas, confuse.  Elle s'était subitement levée et s'était précipitée vers la porte.  L'ouvrant sans peine, elle s'est mise à courir dans le corridor.

Apeurée, je l'ai poursuivie de mon mieux malgré ma jambe torse.  Elle qui avait toujours besoin que je la guide à chaque pas dans le palais, la voilà qui courrait dans les couloirs et les escaliers comme auparavant, comme si elle avait recouvré la vue.  C'est après un long parcourt que j'ai enfin pu la rejoindre, au pas des portes de la salle d'audience de l'Intendante.  Je n'avais pas été témoin du moment qu'elle s'était retrouvée devant le garçon.  Les deux gardes m'avaient raconté qu'elle était apparue dans le halle en courant et s'était arrêtée devant eux.  Ils tenaient entre eux le garçon et le retenaient vivement alors qu'il se débattait face à ma protégée qui était tout près.  Elle semblait regarder le garçon droit dans les yeux, selon l'un d'eux.  Le deuxième m'avait dit qu'elle avait tendu la main vers la joue du garçon et avait murmuré quelque chose.  C'est après cette caresse que le garçon s'était calmé, m'avaient-ils raconté, et c'est alors que ma protégée s'est écriée en demandant pourquoi il était blessé.

Je suis arrivée au moment où ma protégée frappait de ses petits poings l'un des gardes qui l'évitait sans peine.  Horrifiée, je m'étais précipitée vers elle pour la retenir.  Elle ne cessait de crier de le libérer devant les gardes surpris et pétrifiés, ne sachant quoi faire.  Et toute cette commotion avait fini par inquiéter l'Intendante.  Les portes de la salle d'audience s'étaient ouvertes et elle est apparût au seuil demandant la raison de ce tumulte.  Ma protégée s'est alors lancée à ses pieds demandant que l'on épargne ce garçon.  Il n'avait jamais été l'intention de l'Intendante de porter la main sur lui.  Celui-ci s'était blessé lors de sa fuite devant les gardes.  Elle était alors elle-même surprise de voir ma protégée agir comme si elle avait recouvré la vue.  Réalisant à ce moment toute l'importance que revêtait ce garçon pour elle, l'Intendante, dans sa grande sagesse, avait accepté la supplice.  Les gardes lui avaient enlevé les menottes.  Ma protégée s'était approchée calmement.  Elle a légèrement posé sa main sur la blessure au front du garçon.  Comme si elle n'était point aveugle.  Quand elle l'a retirée, il n'en restait plus aucune trace.  Elle l'avait guéri.

Plus tard, elle avait tenté de guérir mon infirmité, mais sans succès.  Elle a été énormément déçue et je la sentais démoralisée.  Elle croyait avoir accompli l'Ascension en guérissant la blessure du garçon.  Et maintenant, elle réalisait qu'elle était encore loin de ce grand moment.  J'avais une infirmité de naissance à la jambe gauche qui pouvait parfois me causer de grandes douleurs.  Dans ce palais, l'infirmité était vue comme un sacrifice béni pour l'atteinte de talents spéciaux.  Pour moi, je crois que ce n'était que la force d'endurer la douleur.  Et puis, plus tard, la frayeur.  Bien que lors de sa première tentative de me guérir c'était par compassion, quelques années plus tard, elle m'a guéri surtout par agacement.  Elle était exaspérée que mon pas lent la retarde dans ses déplacements.  Sitôt ma douleur disparue, j'ai pris conscience de la frayeur qu'elle m'inspirait.  Avec le temps, j'ai appris à l'apprivoiser, mais une crainte profonde m'a habité jusqu'à sa mort.  Maintenant, elle m'a laissé seule à la tête de son empire, l'angoisse et l'incertitude ont enterré cette frayeur.  Mais voilà que je perds le fil de mon histoire, comme une vieille mégère.

Ma jambe torse, alors que j'étais jeune, m'a ouvert les portes du palais.  On m'avait sélectionné parmi les élues ayant la possibilité d'avoir un talent spécial.  J'ai échoué mon initiation, sans surprise de ma part.  Mais les Initiées se sont entichées de moi pour ma persévérance et ma docilité.  On m'a offert de rester au palais aux services de l'Intendante plutôt que de repartir labourer les champs.  J'étais bien heureuse durant ces années au palais.  Je me suis sentie bien privilégiée lorsque j'ai eu la charge de servir cette jeune fille, la Révélation de la Reine.  Elle avait été désignée par la Reine juste avant sa mort comme étant son successeur.  Ma protégée.

Les années avant sa Dévotion avaient été joyeuses pour elle.  On lui concédait tous ses caprices, elle radiait d'une joie de vivre, riait amplement et courait partout à mon grand désespoir, moi qui n'arrivait pas à la suivre avec ma jambe torse.  À son rituel de Dévotion, elle a sacrifié ses yeux en échange d'un grand talent.  Et bien que celui-ci tardait à paraître, elle m'avait avoué qu'elle ne regrettait rien.  Au plus profond d'elle, elle avait senti que c'était l'unique chose à faire, m'avait-elle dit.  Mais à partir de ce moment, elle s'était éteinte.  Le grand feu de joie avait laissé place à des charbons ardents. Tout aussi chaud, mais aucunement flamboyant.  Il y avait des moments où la braise ne donnait presque plus de chaleur.  Elle voyait bien que son royaume perdait ses guerres depuis la mort de la Reine et se repliait tranquillement, mais inexorablement.  Toujours de plus en plus envahi par les puissances limitrophes.  Avec son Ascension qui tardait, c'était tout le royaume qui mettait en elle son espoir.  Une charge énorme pour une adolescente.  Bien que l'Intendante la rassurait grandement et tentait de la garder dans l'ignorance, elle le savait.  Elle le sentait en elle, m'avait-elle dit ce soir-là qu'elle avait guéri le garçon.

Je ne sais pas pourquoi, sans doute la tristesse de ne pas avoir accompli l'Ascension, elle s'était ouverte et s'était confiée à moi comme jamais auparavant.  J'ai compris ce que ce garçon représentait pour elle.  Sans doute l'avait-elle expliqué à l'Intendante et c'est pourquoi on souffrait de voir ce jeune berger vivre auprès de notre jeune Élue.  Malgré qu'elle ne voyait plus depuis sa Dévotion, elle pouvait voir une forte lueur qui irradiait de ce garçon.  J'aime imaginer qu'il s'agissait pour elle d'un petit soleil, chaud et rassurant.  Elle arrivait à percevoir son environnement d'une certaine manière quand il était à ses côtés.

Les jours suivants, je les laissais des journées entières ensemble en balade dans la forêt du palais ou dans les jardins de la forteresse.  Je ne peux encore concevoir ce que ces deux jeunes gens pouvaient discuter durant tout ce temps.  Il y avait parfois de longs moments de silence pendant lesquels, je crois, ils se plaisaient simplement d'être ensemble.

Puis est venu le jour fatidique.  Les ennemis du royaume étaient aux remparts du palais.  Ma protégée, malgré tout ce temps passé avec le garçon, n'avait que très peu progressé à l'apprentissage de son grand talent.  Elle arrivait à accomplir de simples choses : éteindre et allumer des bougies, créer une brise qui n'arrivait qu'à souffler les poussières, augmenter le volume de sa voix, transformer l'eau en glace dans un gobelet et autres bénins accomplissements.  Et ce, uniquement en compagnie du garçon.  Le palais tout entier gardait l'espoir qu'elle vivrait bientôt son Ascension et les sauverait, comme l'indiquait la prophétie de la défunte Reine.

La pression était si grande sur cette adolescente qu'elle était en proie à la folie.  Je n'arrivais à la faire dormir qu'en lui administrant un fort somnifère.  Elle était parcourue de tics nerveux et n'arrivait plus à être cohérente tant son esprit était effarouché par les événements.  Le garçon, tout aussi effrayé, arrivait à l'apaiser par sa seule présence à ses côtés.  Mais ce n'était pas suffisant pour provoquer l'Ascension tant espérée.

En dernier recours, alors que les remparts étaient aux mains des ennemis, l'Intendante me confia les deux jeunes avec un vétéran, vieux, mais aguerri, solide et encore prompt.  J'avais pour ordre de m'enfuir avec eux par le tunnel secret.  Si le palais tombait, il fallait qu'à tout le moins l'Élue survive.

Nous avons fui le massacre en suivant un corridor sombre et humide pendant plusieurs minutes qui m'avaient semblé des heures.  Le bruit de la bataille s'estompait derrière nous alors que nous avancions vers l'inconnu.  Le vétéran a trouvé la sortie et nous nous sommes retrouvés au pied d'une colline.  Il semble que nos ennemis étaient au courant de ce tunnel, car ils nous ont tendu une embuscade.  Mû par une volonté hors du commun, le vétéran s'est battu comme un démon pour nous protéger.  Avec son épée et sa dague, il avait abattu et gravement blessé les six guerriers qui nous attaquaient.  Mais à son tour, parmi les échanges, il avait reçu plus de coups qu'un homme ne peut supporter.  Il est tombé mort sitôt le dernier ennemi abattu.  Malheureusement, le garçon aussi était tombé.  Il avait voulu protéger la jeune Élue et avait pris un coup d'épée à sa place.  Nous l'avions étendu au sol, sur les herbes grasses, sa tête sur mes cuisses, les mains de ma protégée sur sa profonde blessure, tentant de retenir le sang qui quittait son corps.

Son souffle rauque s'est arrêté quelques minutes plus tard.  Il nous avait quitté sans dire un mot, son regard plein d'espoir fixé sur le visage de ma protégée.  Elle n'avait rien pu faire.  Elle m'a dit, dans une voix sans émotion, qu'il s'était éteint, que sa lumière s'était envolée.  J'aime croire qu'il soit mort sans trop souffrir et que son âme est monté au paradis comme une envolée de lucioles.

L'histoire écrit que l'Ascension de la Mamba Noire a eu lieu lorsqu'elle a repris son palais, après la défaite des ennemis.  Je suis la seule qui connaît la vérité.  Son Ascension est arrivée soudainement, en pleine puissance, quelques minutes après la mort du garçon, son grand amour.  Alors que je me recueillais, le regard sur le paisible visage du garçon, elle s'était levée.  Je ne sais quel geste exact elle avait fait à ce moment.  J'ai senti un grand mouvement du sol.  J'ai aussitôt regardé autour de nous.  Comme l'onde circulaire de l'eau que laisse un caillou lancé dans une mare, le sol subissait de même, à une toute autre échelle.  Dans un vacarme assourdissant, les rochers de fissuraient, les arbres dansaient et se déracinaient, rien ne résistait aux vagues vers le large et dont elle était l'épicentre.

Par télékinésie, pendant que les ravages se poursuivaient autour de nous, elle a soulevé le garçon et l'a enterré dans le tunnel par lequel nous étions sortis.  Elle a modelé la colline pour former un grand tumulus en sa mémoire.  Elle m'a dit ensuite de la suivre pour reconquérir son royaume.  Ce jour-là, son cœur de chair s'est transformé en roc.  Je crois qu'elle a été la plus puissante de toutes les Reines de notre royaume car elle avait sacrifié son amour.  Ses ennemis ont souffert sous l'horrible détermination de sa conquête.  Et notre royaume, au fil des guerres durant plusieurs années, s'est étendu bien au-delà des terres et des continents connus à cette époque.  Le grand Empire de la Mamba Noire.

J'aimerais que ce récit puisse être un rai de lumière dans l'obscurité dont peint l'histoire au sujet de la Mamba Noire.  Bien qu'elle a été parfois cruelle et a inspiré la crainte, elle a été juste et a apporté au monde la paix pendant près d'un siècle.  Tant de choses ont été dites et écrites à son sujet.  La plupart fausse.  Je pourrais tant vous raconter sur la Mamba Noire : sa conquête, son empire, sa justice et sa mort.  Mais il faut qu'il en incombe à d'autres de vous les raconter.  Parmi toutes ces histoires, j'ai préféré vous partager celle-ci, celle qui importe le plus à mes yeux.  Celle de son seul grand amour et de son cœur qu'elle a sacrifiée.

***

Des larmes s'écoulent sur les joues de la Dévote qui nous a transmis les paroles de la vénérable Régente.  Dans une voix nouée, elle nous apprend que la Régente nous a quitté.  Nos regards se croisent et nous retrouvons-là en chacun d'eux la même question : que devons-nous faire, qui est notre nouvelle Reine?  L'Intendante nous dirige vers la sortie de la chambre de la défunte et nous invite à la prière, sans répondre à nos questions et nos inquiétudes.  L'Empire est au bord du gouffre et nous n'avons aucune idée comment éviter qu'il n'y tombe.  Si l'emprise de l'Empire sur nous paraissait bien sombre, celle-ci est bien pâle face à ce que l'avenir nous réserve.

Vilmon
Titre: Re : ASCENSION
Posté par: Alan Tréard le 12 Mars 2018 à 12:41:32
Bonjour Vilmon,

J'ai légèrement eu du mal à entrer dans ton texte, comme si les éléments de l'histoire m'avaient paru assez imbriqués les uns dans les autres sans espace pour mon insatiable imaginaire.

Je me demande si ces personnages que tu décris n'auraient pas quelques secrets que tu puisses évoquer (sans nous les révéler non plus, afin de laisser une touche de magie à l'intrigue).

Et surtout n'hésite pas à apporter parfois une petite entête sur une éventuelle synthèse de tes attentes, cela peut nous permettre de t'apporter un retour à la hauteur !!