Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: claravane le 13 Février 2018 à 09:32:07
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bonjour, bonjour,
pour commentaires et remarques si vous passez par là...
Sauvage
1. Le bon sauvage. Oxymore.
Sage - sauve - sauvé. Sauvage. Comme un retournement à un état archaïque - impossible. Naufrage.
2. L'esprit sauvage
L'ombre est passée par dessus moi pendant que je marchais en pleine forêt. Ça m'a fait froid dans le dos. J'en suis restée figée un moment et depuis une partie de moi est ancrée quelque part, sur cette portion du sol terrestre qui me rappelle régulièrement à son souvenir - comme un désir - depuis ce frisson, depuis cette rencontre avec ce qui a surgi de sauvage en plein cœur du territoire des arbres.
3. Sauvage
Lovée.
Terrée au fond de son terrier. Elle n'en sort plus que par nécessité, poussée par la faim.
Je suis là où tu n'oses pas aller, que quelques fois, rares.
Ratage.
4. Sauvagerie
Quelle douleur en mon cœur!
Carnage
Mon corps meurtri
Saccage
Mon âme en lambeaux
Sauvage.
5. Rapt
Lovée dans sa bogue. A la moindre effraction dans ce monde à elle - elle sort les crocs. Elle sort toutes griffes dehors. Sauvage.
6. L'étreinte
Le temps de l'étreinte et son gout, l'odeur des peaux mêlées.
7. L'empreinte
L'aube sauvage - d'après l'étreinte - d'empreinte dans la chair.
La mémoire du sauvage qui nous a étreint et laissé son empreinte dans le corps, l'âme, le cœur. L'état sauvage, en sortir par le langage, y revenir par l'étreinte et s'y perdre - un peu plus - chaque fois. Y rester - ne plus voir personne d'autre - blotti derrière la barrière de l'entre-soi.
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Coucou Claravane !
Je suis passée par là avec mon calepin ;). Il m'a bien parlé ton poème. J'aime bien les sonorités et le rythme, les étapes détaillées.
Au fil du poème :
Comme un retournement à un état archaïque
=> j'aurais évité le hiatus par un "à l'état" au lieu de "à un"
=> vu le mot "retournement", j'aurais mis "retournement vers l'état" ou alors j'aurais changé en "retour à l'état" ; mais c'est toi la poète !
pendant que je marchais en pleine forêt
=> :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: [pardon, je m'égare :/]
avec ce qui a surgi de sauvage
=> j'aurais mis "sauvagement" à la place de "de sauvage" ; mais c'est toi la poète !
Lovée.
Terrée au fond de son terrier. Elle n'en sort plus que par nécessité, poussée
=> j'aime bien l'assonnance en "é" :)
4. Sauvagerie
Quelle douleur en mon cœur!
Carnage
Mon corps meurtri
Saccage
Mon âme en lambeaux
Sauvage.
=> Je trouve ça magnifique ! :coeur: Les bouts de phrases et les mots seuls intercalés... on voit la sauvagerie et la brutalité.
A la moindre effraction dans son monde à elle
=> bof, je suis pas convaincue par le "son monde à elle"
gout
=> û, sauf si tu considères que tu écris avec l'orthographe réformée, bien sûr....
ne plus voir personne d'autre
=> le "d'autre" est de trop, je trouve
La mémoire du sauvage qui nous a étreint et laissé son empreinte dans le corps, l'âme, le cœur. L'état sauvage, en sortir par le langage, y revenir par l'étreinte et s'y perdre - un peu plus - chaque fois. Y rester - ne plus voir personne d'autre - blotti derrière la barrière de l'entre-soi.
=> j'aurais rajouté un "7. La mémoire" ou "7. L'après" ou autre pour ces 2 lignes-là !
Voili voilou ! à très vite :)
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:mrgreen:
Le nouveau dico, une belle manière d'amener simplement un mot et de l'animer à sa guise !
J'ai bien aimé le rythme et c'est chouette !
;) ;)
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Merci Leilwen pour tes retours et ton intérêt!
Je vais réfléchir à tes remarques. Je vais commencer par le plus facile: goût ou gout, je crois que pour une fois je me suis essayée à la réforme, comme pour aller contre mon conservatisme naturel! C'est vrai que le gout sans accent perd un peu de son goût!
j'aime bien le" retournement" et la singularité du "un" état, mais peut-être les 2 ne vont pas ensemble.
"sauvagement", l'adverbe, ça me plait pas trop, mais la tournure est à réfléchir..
"son monde à elle" c'était pour insister sur le repli, je vais voir si je trouve mieux, ou autrement.
"d'autre", c'est un peu lourd, j'avoue mais il y a là encore l'introduction de l'autre et de son absence qui m'importe.
et pour le 7., c'est vrai que c'est un chiffre important.
Merci donc pour tous ces points que je vais retravailler. Et aussi pour les passages que tu aimes, c'est toujours encourageant!
Merci Claudius pour ta lecture et pour ton message!
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Merci Jobeart pour ta visite et ta contribution à l'approche du sauvage.
Par contre je ne connais pas ce mot "oure", si tu peux m'éclairer.
La sauvagerie entre riches et pauvres, ça me fait penser à une insulte "salauds de pauvres", qui sonne comme un comble.
Et j'aime bien l'image de délirer avec filet même si les fous ne sont pas toujours du côté que l'on pense.... Tu es psy?
C'est peut-être l'écoute des signifiants qui nous mène jusqu'ici.
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J'ai fait quelques modifications suite au remarques de Leiwën. Les autres points soulevés, je préfère les laisser comme ça, sauf si d'autres avis vont dans le même sens.
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Hello Claravane,
Ton texte m'évoque la chanson de Barbara, l'aigle noir. Surtout dans la partie 2. J'ai l'impression qu'il y est fait allusion à une agression voir un viol par une personne qui ne peut oublier ce qu'elle a vécue.
La presentation est originale et donne un aspect scientifique
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J'ai relu... et je me suis "habituée" à ce qui m'avait dérangée la première fois ! c'est bon signe, non ? ^^
Avec le 7, je trouve que le poème est plus équilibré.
Et je trouve ce passage mieux :
A la moindre effraction dans ce monde à elle - elle sort les crocs.
A la prochaine ! :)
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Quant à l'empreinte de ton poème sur l'oure : ouverte et fermée à la fois, si tant est qu'une bouteille jetée à la mer ne dévoile finalement que les secrets de celle ou de celui qui la trouve.
ça y est je suis éclairée!! Oui, bien sûr l'image de la bouteille à la mer et de ses secrets pour celui, celle qui la trouve... c'est une parole qui peut faire "interprétation" pour celui qui l'entend au moment où il peut l'entendre.
Du coup ça me fait rebondir sur l'interprétation de Fried ,
Hello Claravane,
Ton texte m'évoque la chanson de Barbara, l'aigle noir. Surtout dans la partie 2. J'ai l'impression qu'il y est fait allusion à une agression voir un viol par une personne qui ne peut oublier ce qu'elle a vécue.
La presentation est originale et donne un aspect scientifique
Je n'ai pas pensé à une agression sexuelle en écrivant ce texte, mais avec ce fil en le relisant ça se tient tout à fait. Avec la question de comment on se reconstruit, car s'il ne peut y avoir d'oubli, il y a comment on fait avec.
J'ai tenté une liste un peu exhaustive de ce que j'associais à ce mot. et le sauvage est pulsionnel, c'est dans cette perspective que j'ai essayé de réintroduire cette dimension dans sa version vitale avec l'étreinte (amoureuse).
en tout cas merci de vos commentaires et lecture.