Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Gros Lo le 24 Décembre 2009 à 03:40:26

Titre: Lamentation de l'égaré
Posté par: Gros Lo le 24 Décembre 2009 à 03:40:26
Je ne sais quoi écrire. Je ne sais plus comment dire les choses. Cela fait des jours. Le faire ici donne de fausses perspectives. Il n'y aura rien d'effaçable, il n'y aura rien de supprimé comme cela arrive trop souvent, ailleurs. Dehors, le froid n'apporte aucune réponse. Il n'est pas vif. Tout juste éteint-il les cendres. Je ne sais pas réfléchir. Il ne fait jamais nuit. Il ne pleut pas. Les trottoirs sont secs et les réverbères maintiennent les rues dans un halo étouffé, il n'y a rien à voir, tout y est connu, tout est mien. L'existence n'est pas chahutée. Ce béton la berce. Elle s'endort sans espoir de réveil. Le regard est las et préfère se troubler. L'esprit cherche l'électrocution mais a perdu son flair. La fumée ne ravive rien. C'est un mensonge. La deuxième, la troisième : rien n'y fait. Les bouffées n'ont aucun pouvoir. Souffles gris qui sortent de la bouche. Pas de révélations dans les vapeurs. L'odeur de brûlé sur les doigts, une tendre irritation dans la gorge, un peu moins de froid sur les lèvres. Les rues sont les mêmes, les passants rares, l'attitude change insensiblement, par jeu puis par lassitude, la fatigue reprend invariablement le dessus, elle œuvre par ses sentiers secrets. Rien dans le muscle, rien sur les paupières. Dans la conscience, elle s'ancre un peu plus. Lovée comme un petit animal, elle est là pour toujours. La ville est toujours endormie. Le soleil fait sortir les affairés, qui grouillent par milliers tout le jour ; mais elle est faite de pierre morte et les entraîne dans sa léthargie. C'est la nuit que l'on sent ses doigts gelés qui s'activent. Les mégots ne lui font rien.

C'est pour cela que certains errent, la nuit, écharpe rabattue, cigarette entre deux phalanges, marchant sans réfléchir parce qu'ils n'en sont pas capables, tout est calme pourtant, désert, neutre. Peu de variations dans l'air. Leurs pensées échouent sur l'asphalte. D'autres questions se forment, d'autres réponses s'échappent. Ce sont les égarés. Hypnotisés par ces chemins déjà foulés. Ils vont, ils s'enfoncent un peu plus dans l'échec, l'incapacité les engourdit. Ils voudraient fuir mais ont oublié la fuite. Ils savent juste qu'il n'y a rien d'anormal à ne pas trouver de réponses. Ils ne crient pas, ne pleurent pas, ils passent en cherchant de temps à autre leur briquet. Pas de visions dans la fumée. Les idées sont fades et s'asphyxient. Et je ne sais plus comment dire toutes ces choses. Il n'y a rien de neuf à cela ; le mythe fut toujours furieusement désarmé. Ecrire par l'excès révèle tant d'impuissance, l'imagination se résigne et il ne nous reste plus qu'à franchir des degrés. Se contenter de la modération est en accord avec les préceptes urbains. Engourdissement. C'est pour cela que certains veulent se souvenir de la fuite.

Autre soir, la dernière brouille un coin de rue. Puis le vent la raidit. Il n'y a pas de visions. J'ai cru qu'il fallait inventer à travers la fumée... une chevelure et des yeux jaunes (l'or est laissé aux réverbères) ; rien n'est révélé. La solitude gagne. Les pavés donnent à voir des lambeaux de visions. Muses d'asphalte qui se prélassent dans leurs flaques luisantes. L'ombre est mordue par le halo des lampes. Au-delà du mensonge les rues sont mortes : c'est circuler dans les carcasses vides, sucées jusqu'à l'os depuis bien longtemps. Et l'errance est vaine tant que demeure l'attache. L'errance n'existe pas non plus. Le spectre du retour l'abolit dès le premier pas, il faudrait s'armer de tenailles et sectionner le lien des origines, et peut-être la fumée s'enivrerait-elle de visions.

Pas de sanglots portés par les façades, pas de complainte de vive voix. Tout dort. La fuite est perdue, l'excès laissé sur le côté. Il faut tout réapprendre et les pensées sont closes. Boulevards muets. Sols, murs, ciels, se taisent ; ils ont tout dit puis se sont refermés. Il reste l'égaré, l'égaré se regarde. L'aisance a failli. Tout est mien, la contagion est allée jusqu'au fond des choses. Rien de vierge dans le décor de naissance, le regard a agi sur chaque poussière et la tragédie a fini par éclater dans le silence des ombres, le regard s'est porté tant et tant qu'il a fini par se trouver, mise à nu immédiate et annihilante.

La conflagration est dite. Reste l'esprit dépouillé, les mots vides, à peine formés les récits en cercles se dissipent comme de pâles ronds de fumée dans la nuit. Reste l'effort sombre et nocturne à répéter tant et tant, extraction trouble et creuse, pour qu'un jour, en d'autres lieux, le regard connaisse une seconde naissance.

*

Alors qu’est-ce qu’il faudrait penser maintenant. J’ai l’impression de retourner aux vieilles réflexions d’il y a deux ans. Qu’est-ce qu’il faut penser. Qu’est-ce qu’il faut écrire. Il n’y a que des brumes et de mauvaises clartés. Les étoiles piquent les yeux.
Je pourrais parler de tous les mythes et de toutes les mélancolies, des sentiments qui nous collent le corps. Ce que les grosses villes entretiennent. Mais c’est encore se tromper, je crois, et les tons péremptoires ne sont plus de mise. On se barricade comme on peut. Murets, livres, on parle de ce qu’on lit, on ne parle plus de soi. Il faut tout abandonner.
Le dépouillement, le vide une fois de plus comme solution ? Tout remettre à plat pour enfin commencer. Construire un squat en nous pour y vivre dans la misère et les vraies lumières intérieures : avoir une vie sans influences ni relents.
Je voudrais un peu de pain. De l’eau sucrée.
Dans la pluie j’irai me rincer, j’évacuerai les paroles sans fondements, je rencontrerai, je témoignerai des formes grises et de tous les sujets manipulés qui tournent en cercle clos.

Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: ernya le 25 Décembre 2009 à 02:24:12
waouh, c'est gai :mrgreen:


Bien. C'est bien écrit, on sent bien l'impression de détachement morne de l'égaré, je te vois dans la rue, XD, donc de ce côté-là, c'est bien, on ressent bien, ça vire pas trop dans le pathos larmoyant c'est parfait.
Parfois, je trouve que ça va un peu vite ou que les phrases coulent moins bien, mais c'est peut-être fait exprès en fait.
J'aime bien aussi l'idée de la cigarette, c'est purement personnel, en fait, mais je trouve que c'est une bonne idée, ça rajoute quelque chose (je sais pas du tout si tu vois de quoi je parle, moi, je me comprends et on va dire que c'est déjà ça).

Et je sais pas trop quoi dire d'autre en fait, je flaire du personnel là dessous du coup, c'est plus délicat pour dire quoi que ce soit dessus.

Pour finir, je dirais que pour un texte pas très gai, le rythme est cool quand même et que ça rend bien.
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Gros Lo le 25 Décembre 2009 à 03:13:38
Ok, merci d'être passée, j'attendais moins un relevé ligne par ligne de ce qui n'allait pas qu'une impression générale donc c'est cool ; j'ai pas fait d'introduction parce que... c'en est un peu une, d'une certaine façon. J'ai posté ça pour m'obliger à poster quelque chose, ça a plutôt marché du coup, après c'est plus pour mettre des idées au clair que pour, je sais pas, "oser et surprendre" ::) ou je ne sais quoi ; bref merci de ton avis.
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Matt le 27 Décembre 2009 à 21:03:22

Citer
Je ne sais quoi écrire. Je ne sais plus comment dire les choses. Cela fait des jours.


Moi aussi.  :mrgreen:

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Dehors, le froid n'apporte aucun réponse.

"aucune"

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Le texte est pas mal dans l'ensemble. C'est pas très joyeux, sûrement que c'est fait exprès, mais c'est sympa à lire.

Je trouve juste qu'il y a quelques passages assez lourds, comme là par exemple :

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Et je ne sais plus comment dire les choses. Il n'y a rien de neuf à cela ; le mythe fut toujours trop furieux. Ecrire par l'excès ne vaut rien.

Mais bon, c'est lié à l'ambiance je pense, comme avec le rythme et tout, donc voilà...




Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Kathya le 04 Janvier 2010 à 15:56:13
Citer
Je ne sais quoi écrire.
Ca, c'est dit !  :D

J'ai bien aimé le premier paragraphe, cette ambiance d'engourdissement, sans extrêmes, sans éclat, sans rien, sans excuse quelque part. Quelque part, le texte lui-même est amer, mais sans coups d'éclats, sans lumières vives. Enfin je me comprends toute seule. x'D

On reconnait bien ton style et ce texte m'a beaucoup rappelé un des derniers textes que j'ai lu de toi... dont j'ai oublié le titre car j'ai pas de mémoire. x'D

La suite du texte brosse le même tableau, certes avec des mots nouveaux, mais je n'ai rien relevé de plus, sinon la toute fin du texte que j'ai beaucoup aimé. 

Voilà, pardon pour ce commentaire d'une pertinence douteuse, je suis jamais d'un grand recours pour ce genre de texte qui suggèrent une ambiance, plantent un décor ou fixent des idées sans aller au delà.
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Milora le 29 Juillet 2010 à 12:21:02
Déterrage au hasard ! (à la recherche d'un texte court en fait xD)

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C'est pour cela que certains errent, la nuit, écharpe rabattue, cigarette entre deux phalanges, marchant sans réfléchir parce qu'ils n'en sont pas capables, tout est calme pourtant, désert, neutre.
Vu qu'y a vraiment un changement de sujet entre "n'en sont pas capables" et "tout est calme pourtan", ça fait bizarre que la ponctuation ne le marque pas...

Bref, pas grand chose à redire ! (si ce n'est que la répétition des idées dans le 2e paragraphe est un tout petit peu lassante - même si on comprend que c'est fait exprès parce qu'il n'y a rien de neuf à dire, pour le narrateur).
C'est bien écrit, ça dégage une mélancolie et un sentiment de léthargie assez contagieux, donc le texte est efficace.
Bon, après, c'est un peu trop sombre (enfin c'est pas le bon mot, mais pour dire que c'est pas joyeux, quoi) à mon goût, mais dans son genre c'est réussi :)

Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Zephyr le 29 Juillet 2010 à 14:03:19
Wow ! j'aime les déterrages, surtout quand c'est pour un texte comme ça !

Tu comprendra donc que j'ai beaucoup aimé ce texte. Il est très mélancolique et obscur, mais quand même avec quelques lumières de temps en temps. C'est un sentiment neutre, un sentiment de lassitude et de fatigue que tu a très bien rendu.

Le premier paragraphe est génial. Il nous fait vaiment rentrer dans le texte et son ambiance.
Le deuxième paragraphe, même si c'est une répétition de ce qui a été un peu déjà dit dans le premier, est bien.

Et les tois derniers sont géniaux aussi.

Bref, que du bon... Pourquoi pas dans le recueil II ....
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: sahiqa le 29 Juillet 2010 à 19:33:59
Comme ça déjà été dit c'est... particulièrement joyeux  :P
Mais ça se lit avec plaisir. Comme tu attaques sur quelque chose de concret, quelque chose que l'on connait, que l'on a déjà ressentit, on est tout de suite happé, et ton texte berce et engourdit. La fin permet à la fois de ne pas tomber dans la dépression, sans sortir pour autant de l'ambiance du texte, de la léthargie.
Je n'ai rien relevé sur la forme.
Bref :  :coeur:
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Zacharielle le 31 Juillet 2010 à 01:31:03
J'ai beaucoup aimé, particulièrement le premier et le dernier paragraphe. Tu rends très bien cette grisaille intellectuelle dans laquelle on est malheureusement pris de temps en temps. Le rythme est impeccable, la présence de la cigarette est bien dans le ton du texte. Ca me rappelle mon prof d'histoire en seconde qui, quels que soient mes efforts pour préparer un contrôle, me mettait un "médiocre" comme commentaire. Qu'il est laid ce mot, et tellement difforme, je veux dire, il recouvre rien, il est tout vide et en plus il crisse. J'ai honte, je raconte ma life sur un texte aussi euh... proche, je veux dire proche de la réalité, enfin, d'une perception de la réalité qu'on peut avoir. Bref, mon commentaire ne sert à rien, si tu dois retenir une chose, c'est que j'ai beaucoup aimé l'ambiance qui s'en est dégagée. Voilà !
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Ambriel le 15 Août 2010 à 22:09:26
Salut ! J'avais lu ce texte il y a un petit bout mais ne l'avais pas commenté (honte à moi). J'ai un peu la flemme de le relire (honte à moi) mais l'ai reparcouru en diagonale. Je peux te dire que j'ai moi aussi beaucoup aimé ce texte et l'ambiance qui s'en dégage, la manière d'écrire et de décrire les choses.... Voilà c'est tout en fait  :)
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Gros Lo le 12 Octobre 2010 à 15:12:12
"Sky, cela fait des éternités que je n'ai pas répondu la plus petite chose sur le sujet", aurait dit Odette.

Citation de: Matt
"aucune"
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Je trouve juste qu'il y a quelques passages assez lourds, comme là par exemple :

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Et je ne sais plus comment dire les choses. Il n'y a rien de neuf à cela ; le mythe fut toujours trop furieux. Ecrire par l'excès ne vaut rien.
ok pour les deux, disons que la citation est un peu trop... théorique.

merci Kathya.

Citation de: Mil
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C'est pour cela que certains errent, la nuit, écharpe rabattue, cigarette entre deux phalanges, marchant sans réfléchir parce qu'ils n'en sont pas capables, tout est calme pourtant, désert, neutre.
Vu qu'y a vraiment un changement de sujet entre "n'en sont pas capables" et "tout est calme pourtan", ça fait bizarre que la ponctuation ne le marque pas...
oui. J'hésite souvent. C'était pour montrer que lui ne la marque pas, dans son ton. Qu'il continue son monologue sans rupture. Mais j'hésite toujours, dans ces cas-là.

merci pour le reste !

merci Zéphyr !

et Sahiqa aussi ! (Décidément, quel texte fantastique.)

Citation de: Zach
Le rythme est impeccable
J'aurais pas parié sur lui pourtant. Cool. Merci aussi.

Merci Ambriel.

Bien, je crois que j'ai fait le tour. Merci de vos mercis. :mrgreen:
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Kailiana le 12 Octobre 2010 à 15:45:31
L'ambiance est (très) bien rendue.
Par contre y'a quelques phrases que j'aime moins car elles brisent la description et où j'ai plus l'impression que tu tentes d'imposer ton point de vue, atta j'essaie de les retrouver... surtout dans le 2eme paragraphe je crois...
Peut-être :
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Les idées sont fades et s'asphyxient. Et je ne sais plus comment dire toutes ces choses. Il n'y a rien de neuf à cela ; le mythe fut toujours furieusement désarmé. Ecrire par l'excès révèle tant d'impuissance, l'imagination se résigne et il ne nous reste plus qu'à franchir des degrés. Se contenter de la modération est en accord avec les préceptes urbains.
mais c'est pas vraiment ça, c'est de petits trucs par-ci par-là
Mais d'un autre côté si t'enlève ces trucs c'est possible que ça rende le texte moins bien donc je sais pas trop.

Voila, bon petit texte
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: nasnas29 le 13 Octobre 2010 à 18:55:34
Dans cette lamentation où l'égaré se traîne(ce n'est pas péjoratif)le lecteur le suit comme une ombre. D'ailleurs tout est ombre autour de lui. La nuit est-elle le seul refuge à l'errance?J'en suis pas certain. Le narrateur est en fuite, il glisse dans cette paix nocturne pour s'intérroger lui en regardant autour de soi. Pas de vision, nul excés, rien ne l'étonne. Sans doute le regard est trop étroit. D'autres chemins existent: il faut juste percer dans " l'écran noir de nos nuits blanches "...
j'ai apprécié! c'est bien écrit avec des éclats de noirceur(je pense à "l'ombre mordue par le halo des lampes " ou encore " l'existence n'est pas chahutée. Ce béton la berce. ")
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Jezy le 18 Octobre 2010 à 20:09:11
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Dehors, le froid n'apporte aucune réponse. Il n'est pas vif. Tout juste éteint-il les cendres.
J’aime bien ce passage.

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Le regard est las et préfère se troubler. L'esprit cherche l'électrocution mais a perdu son flair. La fumée ne ravive rien. C'est un mensonge. La deuxième, la troisième : rien n'y fait. Les bouffées n'ont aucun pouvoir. Souffles gris qui sortent de la bouche. Pas de révélations dans les vapeurs. L'odeur de brûlé sur les doigts,
Nan, en fait c’est une odeur de tabac -_- et c’est vraiment pas cool… mais bon, brûlé ca fait plus classe, ca dépend si tu cherches la vérité ou l’effet ;)

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Leurs pensées échouent sur l'asphalte. D'autres questions se forment, d'autres réponses s'échappent. Ce sont les égarés.
J’aime !

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une chevelure et des yeux jaunes (l'or est laissé aux réverbères) ; rien n'est révélé.
Je suis pas sure, mais voilà ce que j’ai compris : les yeux pourraient être « d’or », mais ce sont déjà les réverbères qui le sont, donc le narrateur se contente de « jaune ». C’est ça ? … Le fait de donner cet « or » aux réverbères me gêne. Surtout qu’en général, moi, les réverbères sont orange moche, pas dorés… enfin bon.

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Muses d'asphalte qui se prélassent dans leurs flaques luisantes.
XD
 
Citer
L'errance n'existe pas non plus. Le spectre du retour l'abolit dès le premier pas, il faudrait s'armer de tenailles et sectionner le lien des origines, et peut-être la fumée s'enivrerait-elle de visions.
Re – « J’aime »

Belle conclusion. Pour une atmosphère, le rendu est puissant.
Et puis, même si c’est pas très gai, j’aime bien le ton.
Titre: Re : Lamentation de l'égaré
Posté par: Gros Lo le 19 Octobre 2010 à 22:23:28

Lial : oui, le côté un peu trop... "théorique" par moment, presque "mauvais essai" ou qqch comme ça. Je vais essayer de corriger ça.

Merci nasnas.

Jezy :
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une chevelure et des yeux jaunes (l'or est laissé aux réverbères) ; rien n'est révélé.
ce n'est pas vraiment un jugement du narrateur. Il constate la dissemblance, les yeux jaunes et l'or du halo des réverbères, et ensuite il interprète un peu en employant "est laissé" comme si la dissemblance n'était pas forcément le fruit du hasard. Voilà comme je l'ai pensé en l'écrivant (je crois) !

Merci de vos trois commentaires !