Bonjour chers camarades ! C'est avec excitation (et une légère appréhension :mrgreen: ) que je poste le tout premier chapitre du roman que je suis en train de rédiger :) Je précise que l'histoire d'amour tourne entre deux hommes (c'est toujours bien de le dire !). J'espère que cela vous plaira même s'il y a des coquilles (le moins possible j'espère !). Bonne lecture !
I Hochzeitsmarsch (Marche Nuptiale)
Se marier c’est la plus belle chose qu’il devrait accomplir non ? Il s’est toujours imaginé ce jour avec un mélange d’impatience et d’appréhension ; il aurait rencontré son âme sœur dans un endroit romantique, il l’aurait bousculé et ils se seraient excusés avant de tomber sous le charme l’un de l’autre. C’est une vision stéréotypée de l’amour pourtant ça lui plaisait bien. Le jeune homme se regarda de bas en haut dans la glace : ses cheveux blonds un peu longs, un peu rebelles, étaient noués grâce à un nœud de soie blanc ; son costume demeurait irréprochable jusqu’au moindre détail, l’étoffe de nacre le composant était parfaite et douce. Un véritable cauchemar. Il suffoquait, la peur au ventre, les larmes inondant ses yeux bleus. ‘’Plutôt mourir que d’épouser ce monstre !’’ se répétait-il dans son cœur, le pauvre Richard Ghorin.
Soudainement un soupir triste se fit entendre, il avait pensé trop haut sans doute. Deux mains robustes et gantées se posèrent sur les épaules du blond, c’est alors que se réfléchit dans le miroir une silhouette imposante, vêtue noblement mais dont le visage se retrouvait caché par un masque. Ce masque simple, vide, ne laissait voir que deux yeux d’un noir perçant. La simplicité de leur couleur ne retirait rien à leur beauté.
« Je vois que vous êtes prêt, mon cher fiancé… Déclara l’individu, dont la voix était étonnamment douce.
- Nous y allons ? Pourvu que ça se passe rapidement.
-Ne vous en faites pas. »
Richard prit à contre cœur ce bras s’offrant à lui et les deux futurs époux sortirent du palais avant de se rendre à la petite chapelle privée royale. Ghorin, sur le chemin, se consolait maigrement en imaginant un amant qu’il pourrait prendre auprès des domestiques ; il avait conscience de la cruauté de ce raisonnement et de toute la douleur dans laquelle son fiancé serait empêtré mais il avait ses raisons. On arriva rapidement à l’autel, la bâtisse religieuse habitée uniquement par le roi Maximilien ainsi qu’un curé. La cérémonie manquait cruellement de tradition mais, encore une fois, ils avaient leur raison.
La cause ? Le soupirant de Richard, le prince Ludwig Der Nibelungen ; en effet il inspirait le dégoût et la peur à quiconque l’approchant. Vous vous demandez pourquoi n’est ce pas ? Ce Ludwig n’était pourvu d’aucune cruauté, bien au contraire : il était sensible, intelligent et plein de rêveries fabuleuses malheureusement son humeur restait instable ; une sorte de mélange entre la tristesse et la rancœur envers lui-même, occasionnant quelques ‘’débordements’’. Pourtant, céans, le prince se mourrait d’amour pour l’homme avec lequel il allait s’unir. Un beau domestique, souriant et adorable au possible selon lui, mais une chose empêchait Richard de savourer le mariage.
Ce dernier, revenant au présent, remarqua qu’on faisait jouer une marche nuptiale du compositeur Darwin Richberg tandis que le curé prononça ces mots fatals :
« Richard Ghorin, acceptez-vous de prendre pour époux Sa Majesté Ludwig Otto Der Nibelungen ? »
Son cœur s’arrêta, il perdit toute couleur. Que devait-il dire ? Non ? Oui ? Rester enchaîné toute sa vie avec cet époux ignoble ? Pourrir jusqu’à sa mort, seul ? Possibilité intéressante quoique… Non. Il avait pitié de l’autre homme qui lui serrait la main, qui le regardait avec tout l’amour du monde, Richard pouvait même deviner un tendre sourire derrière le masque.
« Je le veux » Répondit-il, la voix tremblante.
La même question fut posée au prince, la même réponse fut dite et on leur donna l’autorisation de s’embrasser.
« Vous devriez fermer les yeux, Richard » Annonça Ludwig.
Celui-ci s’exécuta sans sourciller, alors le prince retira son déguisement et l’homme d’église fit un bruit bizarre traduisant sa répugnance. Le roi lui, fixait son fils sans un mot, sans un mouvement. Alors Ghorin sentis sur sa bouche des lèvres écaillées et craquelées, puis un bras puissant serrer sa taille assez menue contre son corps vigoureux. Le blond était reconnaissant à son mari de ne pas tenter un baiser langoureux, il avait encore du mal à s’y faire… Surtout qu’il se demandait ce à quoi la laideur légendaire de Ludwig tenait réellement. Alors le jeune homme ouvrit très légèrement les yeux.
Il regretta amèrement son geste.
Ce visage épouvanterait l’horreur elle-même.
Richard, en perdant connaissance, se laissa tomber contre son conjoint. Le prince, effrayé, le rattrapa.
« Richard ! Richard, mon amour !
-Il a vu votre visage.
- Il va me haïr davantage…Je l’emmène, n’appelez pas de médecin, père. »
Alors Ludwig porta l’autre homme dans ses bras, comme un jeune marié porterait sa jeune épouse mais là le contexte était bien différent. Juste avant de sortir de la chapelle, Maximilien s’adressa encore une fois à son enfant :
« Je ne vois pas d’anneau à votre majeur.
-Vous m’en voyez navré, mais c’est à cause d’un anneau que je suis aussi laid. Je ne veux pas en voir un seul à mon doigt »
Les deux époux partirent dès lors célébrer leurs noces.