Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Claudius le 26 Décembre 2017 à 18:00:04
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En cette fin d'année qui pointe le bout de son nez, j'ai eu envie de vous poster cet exercice : un lipogramme, un peu particulier aux vers croissants de 2 à 8 syllabes, puis décroissants. J'ai travaillé pour essayer d'en sortir un texte logique et intelligible, quelque chose qui raconte une histoire.
A vous de me dire ce qu'il en résulte ! Merci d'avance de vos remarques éclairées.
Hélène.
D’éphémères
Elfes s’élèvent
Vers l’éther : le rêve
En flèches emmêlées,
Tendresse des sens, secret.
Bergère en ses prés verts, espère
Tendre et fervent berger berbère
Pensées délétères révèlent
Des effets refrénés en elle.
Le père est entêté, défend
S’empresse de dresser, régent
Belvédère élevé. Cerclé
Le pré vert est fermé : les clefs ?
Les E, en verbes empêtrés,
Ferrés, lettres enchevêtrées
Rebelles, se dressent déments,
Enlèvent les scellées, cléments.
Des rets détressés, démêlés
Belle bergère échevelée
Déserte, preste vers l’Eden
Délestée de ces fers : Zen
Eternelle et légère
Près le berger berbère.
Le père en échec
Referme sec
Le pré vert
Désert.
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Salut Claudius,
C'est réussi. Surtout au niveau de la symbolique et des sonorités.
Par contre, vu de l'extérieur, on se dit que l'auteur a besoin d'une bonne psychanalyse.
Bye,
Donald
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Salut Claudius,
Un pEu particulier en effet ce lipogramme.
J'ai un peu de mal à capter le sens de la deuxième phrase. Le "célébrée" s'adresse à Hélène ?
La construction est chouette et les sonorités bien sympas.
Au plaisir,
Rémi
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Hello Don
Lol le principe d'un lipogramme est d'éliminer une ou plusieurs lettres de l'alphabet, éliminer toutes les voyelles sauf le E était risqué.
y ajouter, le schéma montant, descendant pour le nombre de syllabes et y ajouter des rimes (pas trop riches je le conçois) était suicidaire. Si le sens de l'histoire ne semble pas évident, l'exercice est raté.
Tu as raison, je vais prendre rendez-vous, se trifouiller les méninges de la sorte c'est digne de l'asile ! :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
Coucou Rémi
Oui j'ai hésité, mettre un s ou pas à célébrée, j'ai opté pour l'accorder à Hélène, ainsi le sens de la phrase, Hélène célébrée par les flèches de Cupidon. Je reconnais que le mot n'est pas bien choisi, je vais essayer de trouver autre chose.
Grand merci à vous deux de m'avoir lue et commentée.
;) ;)
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Waoh, tu as dû en passer du temps !
Et c'est beau, rythmé, et vraiment épuré de toutes les voyelles autres que le "e" (sinon chapeau, parce que là, ça devient compliqué^^)
J'apprécie parce qu'il n'y a pas de mots tarabiscotés que l'on ne trouve nulle part ailleurs, du coup c'est très compréhensible.
J'aime beaucoup tes 4 derniers vers : on ressent vraiment le dépit du père et la solitude qui en résulte.
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Pourquoi les textes les plus travaillés sont-ils toujours les plus ignorés ?
travail et pertinence sont deux choses bien distinctes. On peut saluer l'exercice, et chercher la poésie. Il y a une section jeux oulipiens si tu veux.
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Merci Léilwën, c'est le but d'un lipogramme, mais je reconnais que celui-ci est extrême.
Si tu en as compris le sens alors mon but est atteint. ;) ;)
Eveil, merci. Je n'avais pas remarqué la section Oulipo, je le saurai si à l'avenir il me venait une autre idée saugrenue ;)
:mrgreen: :mrgreen:
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Tu l'as dit toi-même, le lipogramme est un exercice périlleux et un tant soit peu masochiste. C'est un peu comme un athlète qui voudrait courir le 110 m haies à cloche-pied ! Au contraire de Georges Perec, tu as voulu ici célébrer le « «e », ce qui évidemment te prive de l'usage de quelques articles et autres pronoms personnels. Cela ne t'empêche nullement de nous compter l'histoire éternelle de la bergère amoureuse dont le père possessif ne veut pas du bellâtre qu'elle s'est promise. Mais ce qui est amusant, et au-delà de la performance, c'est que la forme même que tu as donnée à ton lit programmes (c'est volontairement que je ne corrige pas l'expression que j'entends de ma voix de synthèse), évoque irrésistiblement celle de la Corse. Aussi ai-je volontiers imaginé que l'histoire que tu narrais se déroulait sur l'île de beauté. Au-delà de cette incidence anecdotique, je salue l'exercice qui consiste à garder du sens, du rythme et des notes romantiques en dépit d'une contrainte d'une extrême rigueur. En ce sens, bravo !
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Salut Claudius,
Un gros taf sur ce lipogramme, dont l'abnégation a fait naître l'ouvroir de littérature potentielle et sans aucun doute la légèreté. En grand adepte de l'Oulipo, et de ce génie de G.ORG.S P.R.C, j'allais souvent autour de mes 30 ans aux séances oulipiennes du jeudi soir. Je ne sais pas si elles existent encore, mais j'en garde un souvenir succulent. Il y avait encore là-bas des forcenés du synthoulipisme et de l'anoulipisme, je ne t'explique même pas. :)
Encore bravo pour cette ascension vers tes vertiges avec les yeux bandés et sans corde de rappel, quand on ne sait plus trop si l'on monte en bas ou dégringole vers les cimes !
Bien à toi !
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Cher Kox
Merci pour ce commentaire éclairé, si tu es un oulipien forcené connais-tu le fil actuel qui sévit sous forme de mail ? J'y ai des amis de longue date, forcenés de l'oulipo qui sévissaient à l'époque sur le forum (et peut être encore) du journal Le Monde.
J'ai décroché, incapable de suivre tellement c'est costaud aujourd'hui, mais je suis toujours le fil en lecture, c'est ENORME !