Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: HELLIAN le 20 Décembre 2017 à 12:46:40
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Cafés cafard
Allez oui
c'est l'hiver
les chants de niaiseries
aux méandres des rues
doux ennui saint ennui
Les vitrines ventrues débauchées
de lumière
Cette neige déchue collant
à mes semelles à mes jours à mes nuits
le souvenir de toi
quand la lune se vautre en lambeaux
sur les toits
que sur les murs ton ombre
à la mienne se mêle
Mais quand vient le dimanche
il y a les cafés les cartes la fumée
deux trois mots échangés
une bière à la main
et le regard
plongé dans le vide commun
à tous les empaffés
On parle des saisons
de décembre qui dure
on rit des bonnes femmes
qui nous ont quittés chialant
mine de rien nos souverains étés
quand le jour se déchire on repart
en froidure
Le col du paletot cachant
nos vieilles hontes
dans la poche on agrippe un reste
de chaleur
que l'on a pu chipé
en guise de bonheur
le dos un peu courbé, portant la nuit qui monte
(ce poème contient un secret ...)
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Mélancolie du temps qui passe, mélancolie du temps passé, souvenir de douceurs, d'aigreurs, j'aime bien le rythme chantant de ce poème, mélodie à la fois douce et triste. Sur l'air de...
"doux ennui saint ennui" :mrgreen:
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Salut hellian !
doux ennui saint ennui
J aime bien ce vers qui au memes sonorités que la chanson bien connue ;)
Voilà un charmant portrait du charme des hivers passés. Merci pour ce beau poeme.
Ps: (ce poème contient un secret ...)
Un indice pour les non-initiés ? :-[
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Claudius, obear51? elodie janssens,
Je vous remercie beaucoup de vos passagers de vos commentaires,, lesquels, comme souvent, me vont droit au cœur.
Vous me parlez de mélancolie ; certes, je ne peux vous contredire tant il est vrai que la mélancolie qui est au cœur de ce texte, peut s'aiguiser en cette période d'avant les fêtes. Mais, vous savez, pour qui, comme moi, vit en province, l'ambiance ici décrite n'est pas surannée. Ils existent encore ses cafés (et heureusement) ces bistros où notamment les hommes, le dimanche après-midi, viennent user le temps et leur coude au comptoir. Ce sont de petits îlots de chaleur et de lumière où il se croit rescapé de l'inexorable ennui qui rampe dans les rues vide du bourg.
Quant au secret qui habite ce poème, je le révélerai… peut-être.
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coucou ! ;)
Je l'aime aussi celui-là.... :-[
le souvenir de toi
quand la lune se vautre en lambeaux
sur les toits
que sur les murs ton ombre
à la mienne se mêle
quelle belle image...
le regard
plongé dans le vide commun
oh oui, je connais ça... dans les cafés, et il y en un paquet de cafés chez nous en Bretagne...
on rit des bonnes femmes
qui nous ont quittés chialant
mine de rien nos souverains étés
oui, c'est bien triste, ça, combien d'âmes seules. Câlins aux gars esseulés. (et aux filles aussi qui viennent trouver un peu de chaleur dans les cafés)
cachant
nos vieilles hontes
dans la poche on agrippe un reste
de chaleur
que l'on a pu chipé
en guise de bonheur
oh... gros soupir encore...
ça me touche encore une fois beaucoup. Merci.
(il va falloir que j'aille encore chercher des mouchoirs... Mais bon, je suis trop sensible!)
Et puis tu sais, les secrets, eh bien c'est pas grave si on ne le sait pas. Ton poème il est beau avec son secret caché au chaud dedans et l'essentiel c'est que toi, tu saches qu'il est là. ;))
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Ashka,
Merci de ce commentaire tout en finesse et plein de sensibilité.
Ah non, un secret, c'est comme un ballon de baudruche, il faut le percer !
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Houlà ! Mais moi je ne suis pas très douée pour percer les secrets... :-[ :D
Puis-je poser des questions ?
C'est un secret triste ou gai ?
Une petite piste , dis ?
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Ni gai ni triste, mais, disons, plutôt sympa.
C'est un secret que tu peux découvrir en lisant le poème…
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:( c'est pas très fin jobear...
En plus je suis pas d'accord, ce n'est pas une carte postale surannée !
:relou:
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Ah tiens ! Jobear aurait-il percé le secret ???
C'est vrai. Une belle carte postale au charme suranné de ces bistrots que les grandes villes ont perdus... puis une petite baffe en pleine figure... comme ça l'air de rien. ;D
Bravo !
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Mais pourquoi veux-tu qu'un poème reflète une tranche de vie personnelle ?
Et puis, entre nous, jobear51tu sais bien qu'aucune femme ne me quitte jamais ...
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Connaissez-vous cette nouvelle d'Edgar Poe qui s'intitule « la lettre cachée » ? Et bien, il en va de même pour ce secret. Il devrait vous crever les yeux…
Allez, ne pleurez pas ! Demain, sera le jour de ma petite apocalypse, en cadeau de Noël.
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Non vraiment je ne vois pas... mais je n ai pas lu "la lettre volee" de Poe :-\
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Eh bien, dans « la lettre volée », tout le monde cherche un document (une lettre) important et finalement, le plus malin la trouve : elle est là, en évidence, parmi tout un fatras de papier à la vue de tout le monde... gna gna gna (rire sardonique) !
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Ah j'ai compris ! Le secret Hellian a un coté sadique que je ne lui connaissais pas ... :mrgreen:
non ? C'est pas ça ? :-[ Bon ... je retourne chercher alors
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J'ai appelé Hercule Poirot.
Il enquête sur ce secret.
Souhaitons lui bonne chance.
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Et un Héllian, lecteur et exégèse de la Bible traduite par André Chouraqui où on apprend qu'apocalypse a été mal traduit en grec et signifie en fait : découvrement et pas catastrophe !
Du coup, je cherche à nouveau ce qui doit nous sauter aux yeux ! Merdre !
:viviane: Pareil :/
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Le premier qui trouve aura droite à une croisière à mes frais sur la Medlock, c'est eux petites rivière britanniques qui coulent majestueusement dans le poème de Donald.
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no non non c'est pas ça. :huhu:
moi je sais qui peut trouver il est trop fortiche en devinette !
Chapaaaaaaaart ! On a besoin de toaaaaaaaa!
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Mon cher jobear,
Me faut-il te le dire ? À l'évidence, ami,
Ce n'est pas le bon sens dans lequel tu t'es mis.
En écrivant ces mots, je crois donner indice
Pour qui en poésie compter est une épice.
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En écrivant ces mots, je crois donner indice
Pour qui en poésie compter est une épice.
Je vais encore dire une betise, mais vu que je ne sais pas bien compter les vers... est ce que ton indice est en rapport avec ce vers :
deux trois mots échangés
?
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Oui, mais pas comme tu pourrais le croire...
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Des mots échangés pas dans le sens d'une discussion, mais dans le texte ou tu as mis deux trois mots qui pretent a confusion /double sens ?
Edit :
Bon je vais chercher tres loin avec mon esprit tordu resorti du placard pour l occasion :
Tu parles d'une histoire gay ?
Ou j ai dit une betise ? :-[
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, mais dans le texte ou tu as mis deux trois mots qui pretent a confusion /double sens ?
Ah c'est pas mal comme piste !
Genre un échange de lettre/argent de mafieux en quelque sorte ! (mais si c'est ça c'est un peu trop caché u_u )
(je pencherai aussi plutôt sur un secret dans la forme, j'ai vu que t'avais en quelques sorte brisé des alexandrins, mais c'pas ça en fait)
(ah oui je savais pas qu'empaffé pouvait dire ça)
(bref j'ai aimé le poème, j'avais rien de spécial à dire, mais cette histoire d'énigmes me titille :mrgreen: Il va falloir vendre la mèche par contre Hellian à un moment parce qu'on a l'air de sécher hahaha)
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Fidèlement ce soir, je vous en fais l'annonce
Demain, dans vos souliers vous aurez la réponse.
Je vous entends déjà criant mais c'est bien sûr,
Nous l'avions sous le nez, ça n'était pas si dur.
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Voici donc, comme promis, le secret révélé : comme l'avait judicieusement suggéré Ben.G
, il s'agissait tout simplement d'une « déconstruction » d'un poème initialement construit sur un mode classique en alexandrins. Je voulais faire apparaître la connivence possible entre la poésie classique et la la poésie dite « libérée ».
Le poème qui suit est le même, tout en n'étant pas le même que celui que vous avez lu au démarrage de ce fils.
Bien cordialement à vous.
café cafard
Allez oui, c'est l'hiver,
Les chants de niaiseries
Aux méandres des rues
« doux ennui , saint ennui »
Les vitrines ventrues
Débauchées de lumière,
Cette neige déchue collant à mes semelles,
À mes jours à mes nuits le souvenir de toi,
Quand la lune se vautre en lambeaux sur les toits
Que sur les murs ton ombre à la mienne se mêle.
Mais quand vient le dimanche, il y a les cafés,
Les cartes, la fumée,deux trois mots échangés,
Une bière à la main et le regard plongé.
Dans le vide commun à tous les empaffés.
On parle des saisons, de décembre qui dure,
On rit des bonnes femmes qui nous ont quittés,
Chialant mine de rien nos souverains étés.
Quand le jour se déchire, on repart en froidure,
Le col du paletot cachant nos vieilles hontes.
Dans la poche on agrippe un reste de chaleur
Que l'on a pu chipé en guise de bonheur,
le dos un peu courbé, portant la nuit qui monte.
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Ahhhhh, j'avais bon alors, yeah \\o//
J'avoue que c'était assez évident sur le début, mais moin après, du coup me suis dit que c'était pas ça (et puis je cherchais surtout le sonnet pour tout dire :mrgreen: )
Pas mal ^^
C'est ce que je trouve intéressant aussi, dans la destructuration en général, d'offrir plusieurs lectures possibles de vers qui se suivent
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Ah bien je n'avais pas deviné, et j'en suis vraiment colère ! j'aurais dû le voir ! Grrrrr !
Joliment fait Hellian, et je le préfère tel que, même si les deux versions ont un réel intérêt, c'est bien vu !
:mrgreen: :mrgreen:
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Oui, comme le suggère Ben.G, ce sont là deux lectures très différentes. L'exercice est intéressant en ce sens qu'il met en évidence l'incidence importante de la forme. Mais, je voulais également, en référence à une conversation que nous avions eue quelques semaines, montrer que l'on pouvait tisser des alexandrins fluides, offrant une lecture parfaitement naturelle. Aussi, le fait que pratiquement aucun lecteur n'ait identifier la forme classique sous-jacente me fait plutôt plaisir en démontrant que le pari est plutôt réussi.
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ah parfaitement réussi Hellian ! Je n'y ai vu que du feu :D (dit la néophyte en poésie)
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:D :D
Ben moi je cherchais un secret autre, quelque chose de plus personnel, de plus..., lol ! Mais bien! je viens de tout relire, première et deuxième version, tu as fait fort Hellian ! Chapeau bas !
:mrgreen: :mrgreen:
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Voici, cher O'bofix, Un poème que j'ai remonté un peu à ton attention, où le classicisme vient renforcer L'écriture d'une poésie libre ou libérée. Cela t'amusera peut-être, toi et quelques autres
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À l'oreille, j'ai tout de suite deviné qu'il s'agissait de déconstruction.
Plus récemment, BartK nous a aussi fait le coup.
Il y a quelques années, je l'avais fait afin de ne pas me singulariser sur un forum peuplé de fanatiques de la liberté obligatoire ::).
C'était ma période "sonnets en prose"
Technique que j'ai d'ailleurs adoptée, mais avec de "vraies proses"
Il y a un petit avantage au truc,
On n'a pas à se soucier des e muets.
Mais esthétiquement je préfère la mise en page classique. :noange:
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Et moi qui croyait t'épater !
J'arrive trop tard dans un monde trop vieux..
Que peut-on inventer quand tout déjà l'a été ?
L'art, quelle qu'en soit l'expression, ne serait-il qu'une lancinante répétition ?
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C'est un peu le problème en poésie.
Sur papier ou sur Internet, des millions de poèmes ont été déjà postés.
On n'échappe donc pas aux réminiscences.
À telle enseigne que nombreux sont ceux qui estiment une poésie "poétique" que s'ils y retrouvent des poncifs.
En libre comme en classique.
Ça devait être plus cool au temps des gaulois. Tout était à inventer :P
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Salut Hellian, je me demande toujours si les textes d'autruis reflètent ce qu'ils sont, ou si ce sont les mots qui les fonts? Qu'est-ce que t'en pense?
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Questions judicieuses ! Il y a sur ce thème une cruelle méprise. En effet, la croyance est très répandue selon laquelle les œuvres ,poèmes ou prose, constituent une confidence plus ou moins directe de l'auteur. Si cela parfois se vérifie, je ne crois pas qu'il s'agisse d'une règle générale. À l'instar du comédien qui renonce provisoirement à son identité, l'auteur se dépossède de sa propre histoire quand bien même puise-t-il dans son vécu intime les ingrédients nécessaires à son travail. En tout cas, telle est mon expérience personnel, Mais, encore une fois, je ne prétends pas faire de mon cas Un principe.
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Salut Hellian, je me demande toujours si les textes d'autrui relètent ce qu'ils sont, ou si ce sont les mots qui les font. Qu'est-ce que vous en pensez?