Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Claudius le 30 Novembre 2017 à 14:58:27

Titre: Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 30 Novembre 2017 à 14:58:27
Petite rue piétonne un jour de grand marché
Promeneurs et chineurs musardent sans chercher.
De nos anciens métiers, les rues gardent racines
Celles des Minotiers et du Chai des Farines.
---
Au milieu des rumeurs du jour, endimanchée,
Une enseigne rouillée grince au mur accrochée
Comme pour appeler les âmes à la chine,
Dans l’antique bazar aux senteurs d’églantine.
---
Je ne sais si l’amour des beaux meubles d’antan
M’a poussée à entrer, j’ai arrêté le temps.
La pièce était très sombre et sentait la lavande
Vieillie par les années dans l'armoire normande.
---
Au fond de la boutique, un vieil homme voûté
D’un ton à peine clair, tant sa voix tremblotait
Me dit en souriant, l’œil rempli de malice
« Ce sont les vieilleries qui souvent rajeunissent ».
---
Fouillez, ma chère enfant, dans mes rayons secrets
Et faites souvenirs de ces objets sacrés,
Prenez tout votre temps, que le mien s’accomplisse
À l’horloge du cœur, l’aiguille est en coulisse.
---
Chacun de ses tiroirs, j’ai ouvert tours à tours,
Entre chiffons et lins, habits et beaux atours
J’ai cru me retrouver des années en arrière,
Comme un Ali Baba : sésame en bandoulière.
---
Les yeux écarquillés, les mains à fureter,
Je sentais ce destin qu’il ne faut pas rater,
Et j’ai enfin ouvert le tiroir du mystère
Dans l’armoire du fond, juste sous la verrière.
---
Un livre enluminé, de poussière couvert
Une larme a coulé, un oeil à peine ouvert
Il était le reflet d'une longue existence
Il m’attendait ici, comme un bain de jouvence.
---
Je savais à présent d’où venait mon envie,
Il était simplement, l’histoire de ma vie
Il m’avait appelée du fond de ces ruelles
Ses pages doucement me devenaient réelles.
---
Je l’ai posé émue, sur un vieux banc rouillé
J’ai voulu demander, le prix, j’ai bredouillé,
Mais le vieux chiffonnier m’a dit d’un ton aimable
« Je vous en fais cadeau, il est inestimable ».
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Aléa le 30 Novembre 2017 à 21:43:10
Wesh Cloclo !

Citer
chercher .
Ouh le vilain petit espace en trop !


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Comme pour appeler les âmes à la chine,
J'aime bien ce vers


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m’a poussée à entrer, j’ai arrêté le temps.
Ouh la terrible capitale manquante !

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Au fond de la boutique, un vieil homme voûté
D’un ton à peine clair, tant sa voix tremblotait
Me dit en souriant, l’œil rempli de malice
« Ce sont les vieilleries qui souvent rajeunissent ».
Ok la je suis  :coeur:

Citer
Fouillez, ma chère enfant, dans mes rayons secrets
Et faites souvenirs de ces objets sacrés,
Prenez tout votre temps, que le mien s’accomplisse
A l’horloge du cœur l’aiguille est en coulisse.
Ca aussi...
Par contre y'a capitale accentuée, je connais pas le raccourci pour la faire (je le fait que pour les textes  :mrgreen: ), ce que je fais, c'est que je me suis collé une note sur mon bureau et je copie colle au besoin ; allez, cadeau :  À  :mrgreen:


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Comme un Ali Baba : Sésame en bandoulière.
sésame prend un majuscule ? j'en sais rien du tout ^^

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Les yeux écarquillés, les mains à fureter,
Je sentais ce destin qu’il ne faut pas rater,
Et j’ai enfin ouvert le tiroir du mystère
Dans l’armoire du fond, juste sous la verrière.
Après deux quatrains très fort, celui-ci es tplus de transition... Alors, c'est pas du tout une critique, mais j'ai aussi cette tendance quand je fais des longs poèmes, à parfois avoir tendance à trop en rajouter, parce que trop d'idées, parce qu'un discours se crée et se pose, mais j'essaye toujours de me dire "est-ce que ça c'est vraiment vraiment utile" malgré tout, est-ce que parfois mixer des vers, si c'est casse tête, ne permettrait pas parfois de ne garder que des vers percutant (sauf quand il faut créer des pauses, mais là j'ai pas l'impression puisque  la personne cherchait déjà, ca tire juste en longueur - très légèrement hein, juste après les deux autres ca se sent), et bref, ca me dérange absolument pas parce que tes vers sont bons, je pose juste la question au cas où ca te fasses écho en toi, je pense pas que ici il y ai nécessairement quelque chose à changer ^^



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A ses pages fanées d'une longue existence
Ouhlalalala le A  :mrgreen:


Citer
Je l’ai posé émue, sur un vieux banc rouillé
J’ai voulu demander, le prix, j’ai bredouillé,
Mais le vieux chiffonnier m’a dit d’un ton aimable
« Je vous en fais cadeau, il est inestimable ».
Très jolie fin...

J'ai relu un peu, parce que faire des alexandrins rimés contés au passé, ca peut vite devenir casse gueule entre passé composé et imparfait, mais si des fois ca m'a fait étrange une seconde, j'ai rien vu de fautif et tout tes alexandrins me semblent parfaits  :-[

Bref bref bref, y'a tellement rien à dire en fait hahaha, c'est du solide, c'est une belle histoire totalement maitrisées, tant sur la forme que sur l'ambiance, les poèmes classiques c'est franchement pas mon dada normalement, mais là je ne peux qu'apprécier  :mafio:


A plus !!!  :)
(ouhhh, le vilain A  :mrgreen: )




Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Fried le 01 Décembre 2017 à 13:38:15
Raaaaaah,
Je suis mort de curiosité de savoir, d'imaginer ce livre.
Imagine une brasserie qui s'appelle l'imprimerie à St Quentin sur la grande place du centre ville. À l'interieur il y a dans tous les coins, des enpillements de livres... J'en ai commencé un en attendant d'être servi. À la fin du repas le serveur m'a autorisé à l'emporter. Une histoire qui se passe en Inde avant l'arrivée de Ghandi. La révolte grondait.
J'aime ton poème qui se lit comme une histoire, une belle anecdote.
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 01 Décembre 2017 à 14:29:20
Tout d'abord je vous remercie tous les trois d'avoir eu l'idée de passer me voir, de venir visiter l'antre de ce vieux chiffonnier.

Ben, je vais corriger juste après ces quelques imperfections qui ne sont pas bienvenues.
Le quatrain que tu qualifies de transition, en est un, pour sortir de la partie découverte générale, à celle de ce a induit ce texte, je dirai plus loin ce qui me l'a inspiré. Je ne l'enlèverai pas, parce qu'il est important, laisser à celui qui furète, le temps de chiner ...
En tout cas merci pour cette lecture approfondie et ton commentaire, avec mon autre poème "le peintre" celui-ci est un peu mon poème fétiche

édition : Ben j'ai découvert une extension pour ceux qui utilisent Chrome, lettres accentuées en majuscule, hyper pratique !

Le buissonnier
Les vieux livres sont un trésor qu'il faut réveiller, sortir de la poussière, il n'y a rien de plus excitant d'ouvrir un ouvrage enluminé, à la première en cuir et découvrir cette écriture oubliée, tuée par l'imprimerie.
Merci également, ton appréciation me touche

Fried
Ce livre existe, certes pas en tant que tel, mais il me faut te conter son histoire.

En me promenant dans les rues du vieux Bordeaux, justement celle du chai des farines, j'ai découvert un vieux dépôt, vieux garage, aux murs en pierres de tailles et moellons, soutenus par des poutres, là un trésor de la littérature et des vieux livres, il y a de tout de la bande dessinée aux livres de collection, couverture cuir doré à l'or fin, tranche dorée ... vieux journaux, et là un vieil homme t'accueille derrière un local vitré, couvert de poussière ... Quand tu entres tu es hors du monde, dans une autre dimension, dans une autre vie. J'y suis restée une grande partie de la journée ... jusqu'à découvrir ce vieux livre, qui en lui même n'avait pas d'importance... mais c'était un moment magique, un transport vers l'ailleurs.

Merci à toi aussi

 :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:





Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: HELLIAN le 02 Décembre 2017 à 16:33:33
Claudius,

Je viens d'écrire un assez long commentaire au pied de ma dernière publication « rêve de chaînes » en réponse aux traits pertinents message de «November », au sujet de l'intérêt actuel de la poésie classique. Faut-il persister à écrire de la sorte. Tel est le sujet de notre échange.

La lecture de ton poème rejoint quelque peu mon propos, d'autant plus que celle-ci s'avère particulièrement fluide et invite à oublier l'exigence de la rime. L'évocation de L'antre caverneux du chiffonnier est particulièrement réussie et l'on te suit pas à pas, de découverte en découverte jusqu'à celle du livre précieux. Et si c'était le livre de ta vie ? Et s'il s'agissait d'une remontée dans ta mémoire ? Et si le repère du chiffonnier était finalement l'image de ton intériorité ? Je m'égare, je m'égare… mais peut-être pas tant que cela.
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 02 Décembre 2017 à 19:25:19
Bonsoir Hellian

Avant de te remercier ici je suis passée lire votre échange, fort intéressant et juste.

La société d'aujourd'hui, la violence et tout ce que l'on peut entendre, subir chaque jour, ne mène pas à poésie classique, j'en suis consciente. Le rap, le slam, s'y prêtent sûrement mieux, la poésie libre dans toute sa force.

Mais je crois que chacun sent la poésie à sa manière, j'aime les alexandrins,  j'aime travailler ce style un peu désuet, j'aime la poésie classique. Il m'arrive souvent d'écrire ainsi sans le vouloir, c'est instinctif. Je n'ai pas dû naître au bon siècle ! Maintenant quand nous écrivons, nous écrivons pour nous au départ, par besoin, par envie, après l'appréciation des lecteurs est propre à chacun.

Mais j'aime aussi la poésie plus libre et il m'arrive aussi d'écrire des poèmes plus "modernes".

Merci de ton commentaire, il est pour moi important, poésie classique oui, mais la lecture le fait oublier !

Amitié à toi



Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: lepion le 02 Décembre 2017 à 22:44:37
yop claudius  :)
tu gères si bien tes vers qu'ils sont doux à lire
en revanche, quand tu écris : "La société d'aujourd'hui, la violence et tout ce que l'on peut entendre, subir chaque jour, ne mène pas à poésie classique, j'en suis consciente", je ne te suis plus trop, je crois que la poésie (classique) mène à presque tout et je sais pour l'avoir lue et entendue, qu'elle peut-etre trash, je pense notamment à lui https://www.babelio.com/auteur/-Nada/134881 avec qui j'ai eu la chamce de partager des scènes parisiennes ; mais malheureusement je galère pour trouver ses poésies
 :)
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 03 Décembre 2017 à 09:30:01


Merci lepion

Je ne connais pas ce Nada, je suis ravie de savoir que j'ai tort, il y a tellement peu de lecteur qui apprécient aujourd'hui la poésie classique, je vais voir si je trouve quelque chose le concernant, merci de l'info.

 :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Milla le 03 Décembre 2017 à 10:44:28
Salut !

Je viens de lire d'une traite et je me suis laissée bercée, ça fonctionne très bien et c'était très agréable.
Je le relis pour m'arrêter un peu...

Citer
Au fond de la boutique, un vieil homme voûté
D’un ton à peine clair, tant sa voix tremblotait
Me dit en souriant, l’œil rempli de malice
« Ce sont les vieilleries qui souvent rajeunissent ».
---
Fouillez, ma chère enfant, dans mes rayons secrets
Et faites souvenirs de ces objets sacrés,
Prenez tout votre temps, que le mien s’accomplisse
À l’horloge du cœur l’aiguille est en coulisse.
j'aime beaucoup beaucoup ce passage

Citer
J’ai cru me retrouver des années en arrière,
Comme un Ali Baba : sésame en bandoulière.
j'aime un peu moins ces vers là, la bandoulière qui me donne l'effet d'être moins dans le ton (j’aime bien l'image d'ali baba par contre)

Citer
Un livre enluminé, de poussière couvert
Une larme a coulé, les yeux à peine ouverts,
À ses pages fanées d'une longue existence
Il m’attendait ici, comme un bain de jouvence.
---
Je savais à présent d’où venait mon envie,
Il était simplement, l’histoire de ma vie
Il m’avait appelée du fond de ces ruelles
Ses pages doucement me devenaient réelles.
---
Je l’ai posé émue, sur un vieux banc rouillé
J’ai voulu demander, le prix, j’ai bredouillé,
Mais le vieux chiffonnier m’a dit d’un ton aimable
« Je vous en fais cadeau, il est inestimable ».
la fin est joliment menée, y a un effet zoom progressif tout du long du poème avec ce gros zoom à la fin qui rentre même un peu dans la narratrice, j’aime beaucoup .

Bref, c'était chouette  :coeur: :coeur:

Merci !

Milla
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 03 Décembre 2017 à 10:58:12


Merci Milla de ce commentaire fort gentil

Ah oui, la bandoulière, je te l'accorde c'est un peu "léger" mais, imagine-toi chinant dans une vieille rue avec un petit sac en bandoulière ? C'est cette idée de chineurs du dimanche sur les marchés et vide-greniers qui m'a poussée à utiliser ce mot.

Merci encore !  :mrgreen: :mrgreen:
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: November le 03 Décembre 2017 à 19:37:52
Bonsoir Claudius,

Je suis un peu perturbée par ton assimilation immédiate du fait contemporain à la "violence " et "à tout ce que l'on peut entendre "... Sans nier dans l'angélisme, la violence et autres scories qui ont toujours existé, car telle est la nature humaine, réduire notre humanité contemporaine à cela me fait peur. L'homme contemporain et la littérature qui va avec racontent aussi l'amour, la beauté, la création, la générosité, la nature et tout ce qui peut te tenir à cœur car, précisément, ainsi aussi, est la nature humaine de toute éternité. La "violence " était aussi acérée à cette belle époque du "c'était mieux avant " dont tu as, semble-t-il, une nostalgie.  On s'étripait joyeusement aussi en ces temps "classiques " et les alexandrins ne changent rien à l'affaire.

Perturbée aussi par le glissement spontané violence vers poésie contemporaine et, bien sûr, poésie contemporaine vers rap et slam.
D'abord, la poésie contemporaine ne se décline pas que dans le rap et le slam.
Je t'ouvre en grand les portes de ma bibliothèque. Et puis, ces vilains raps et slams ne chantent pas que les voitures qui brûlent sur les parkings, la casquette à l'envers. De beaucoup s'en faut. Je sais ce que je dis, je me produis sur une scène slam, entre autres. Et il y a plus de troubadours des temps modernes, le cœur en écharpe que du nique la police ! C'est même assez démodé ! Le rap conscient est vivace. Je te conseille d'écouter Solaar, un "vieux ", un "classique " ou ce qu'écoutent les jeunes, Bigflo et Ollie... Cela te donnera peut-être un autre regard...
Amitiés Poétiques.
PS / Tu peux vérifier mon profil. Je ne suis pas exactement un poussin du dernier printemps et je pourrais aussi, de par mon âge, justifier des positions nostalgiques et passéïstes.
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 04 Décembre 2017 à 12:57:01

Oups ! November, je pense que j'ai dû mal m'exprimer (ça m'arrive souvent) je n'ai pas dit que le slam et le rap étaient exclusivement réservés à la violence, mais qu'ils se prêtaient plus facilement à la traduire, c'est différent.

Je sais bien qu'il y a de tout en expression écrite, aussi bien aujourd'hui, que hier ou avant-hier. Je sais aussi qu'il y a de belles écritures racontant l'amour, la beauté (je suis administratrice d'un forum de poésie depuis plus de 15 ans), j'ai croisé des jeunes écrivant de belles et douces poésies, des anciens poussés par des thèmes plus crus, plus hard et plein de hargne.

Ce que je pense en réalité est que la poésie dite "classique" est moins appréciée aujourd'hui qu'au siècle dernier et avant, que les troubadours et trouvères chantant sous le balcon d'une dulcinée, passeraient pour des illuminés de nos jours, et pourtant j'ai croisé de belles plumes, aussi bien en classique qu'en vers libres, que ce soit des auteurs connus ou d'illustres inconnus.

J'ai toujours pensé que le rap ou le slam n'étaient pas à classer dans l'art musical, mais dans l'art oral, quelque soit ce qu'il veut transmettre comme message, et je ne déteste pas !

J'espère m'être clairement expliquée en ces quelques mots.

Quant au poussin du dernier printemps chère November, je ne porte aucune importance à l'âge, à la condition, seule la personne compte telle qu'elle est.

Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: HELLIAN le 04 Décembre 2017 à 14:04:08
Puisque le débat vient d'opérer une petite translation, je me permets de mettre mon grain de sel.

Comme November, je pense que contrairement aux apparences, cette dernière décennie sont finalement moins violentes que les siècles précédents. Je ne parle pas du XXe siècle qui a probablement été le plus violent de tous. Mais, entre nous, je ne vois guère de relations entre la forme poétique et le rendu de la violence. J'ai bien écouté le morceau de Solaar, «Sonotone » que j'ai personnellement trouvé remarquable. Et j'ai observé que la rime, en l'occurrence, n'avait pas dit son dernier mot. En effet, qu'il s'agisse du rap ou du slam, la rime a plus que jamais droit de cité en. Mieux encore, elle hissèrent de pivot rythmique. S'agit-il d'une mutation de la fonction rimique ? (Ne cherchez pas, je viens d'inventer le mot…)
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 04 Décembre 2017 à 15:08:32


Sur ce sujet Hellian nous sommes d'accord, je le répète, je ne voulais descendre la slam ou le rap en flammes, et n'y trouver que de la violence.

 :) :)
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: November le 07 Décembre 2017 à 08:23:03
Cher Poète Hellian, merci pour ton passage et pour ces mots de sagesse ! Merci aussi d'aimer MC et son "sonotone" !

Chère Claudius, me voici rassurée !
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Rémi le 07 Décembre 2017 à 21:02:40
Salut Claudius,

Très très joli, maîtrisé et entrainant. Pas évident de narrer une histoire et d'autant plus si elle semble légère et invite à la méditation à la fin.

Une belle lecture donc.

Comme je suis quelqu'un de chiant pointilleux, je note juste que :
Citer
les yeux à peine ouverts,
le "zieuza" n'est pas super joli
(mais je répète, je chipote)

Merci pour ce bon moment,

Rémi
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 08 Décembre 2017 à 21:13:44


Ah oui, je n'ai pas dû déclamer assez fort !  :D :D

Je vais y penser sérieusement, merci Rémi :)

Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Plume_légère le 30 Décembre 2017 à 23:15:30
tu avais raison, j'aime beaucoup :)

Un rythme un peu nonchalant. Comme si on se baladait au milieu d'une brocante, un dimanche doux de printemps sans trop savoir pourquoi. Sans forcément vouloir acheter.

Je m'y croyais :)

juste ces deux strophes qui m'ont un peu coupé mais sans trop savoir pourquoi
Citer
Chacun de ses tiroirs j’ai ouvert tour à tour,
Entre chiffons et lins, habits et beaux atours
J’ai cru me retrouver des années en arrière,
Comme un Ali Baba : sésame en bandoulière.
---
Les yeux écarquillés, les mains à fureter,
Je sentais ce destin qu’il ne faut pas rater,
Et j’ai enfin ouvert le tiroir du mystère
Dans l’armoire du fond, juste sous la verrière.

Mais c'est doux et ça m'a fait voyager.

Merci :)
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 31 Décembre 2017 à 17:23:42
Merci beaucoup Plume de ta lecture, j'aime les alexandrins

 :) :)
Titre: Re : Le chiffonnier.
Posté par: Loïc le 02 Avril 2018 à 18:46:26
C'est encore moi :mrgreen:

Je suis à la bourre, mais je vais finir u_u

Citer
Je ne sais si l’amour des beaux meubles d’antan
M’a poussée à entrer, j’ai arrêté le temps.

Le deuxième vers, bien que bon au niveau du nombre de syllabes, me parait en dessous. Il m'a en tout cas coupé dans ma lecture alors que c'était impeccable jusque-là.

Citer
Fouillez, ma chère enfant, dans mes rayons secrets
Et faites souvenirs de ces objets sacrés,
Prenez tout votre temps, que le mien s’accomplisse
À l’horloge du cœur l’aiguille est en coulisse.

Me semble que c'est là encore le vendeur qui parle, faudrait donc garder les guillemets ; surtout pour la transition avec la strophe d'après.

Citer
Chacun de ses tiroirs j’ai ouvert tour à tour,
Entre chiffons et lins, habits et beaux atours
J’ai cru me retrouver des années en arrière,
Comme un Ali Baba : sésame en bandoulière.

Rien à dire sur le premier vers. Les autres me semblent moins convenir, peut-être parce que la phrase coule moins bien de source. "Comme un Ali Baba" n'est pas très heureux et fait forcé pour la syllabe.

Citer
Un livre enluminé, de poussière couvert

Ne peux-tu pas garder le sens normal via une diérèse ?

Citer
Il était simplement, l’histoire de ma vie

Je ne comprends pas cette virgule

Citer
Ses pages doucement me devenaient réelles.

Pas fan de ce vers qui fait également forcé.

J'ai bien aimé ce poème. L'histoire raconté convient bien aux alexandrins et, globalement, ça coule tout seul.
Merci pour le partage.
Titre: Re : Re : Le chiffonnier.
Posté par: Claudius le 02 Avril 2018 à 21:29:17



Je ne sais si l’amour des beaux meubles d’antan
M’a poussée à entrer, j’ai arrêté le temps.
Citation de: Loïc
Le deuxième vers, bien que bon au niveau du nombre de syllabes, me parait en dessous. Il m'a en tout cas coupé dans ma lecture alors que c'était impeccable jusque-là.

Et pour cause, le rythme est coupé par un énorme double hiatus - à revoir

Fouillez, ma chère enfant, dans mes rayons secrets
Et faites souvenirs de ces objets sacrés,
Prenez tout votre temps, que le mien s’accomplisse
À l’horloge du cœur l’aiguille est en coulisse.
Citation de: Loïc
Me semble que c'est là encore le vendeur qui parle, faudrait donc garder les guillemets ; surtout pour la transition avec la strophe d'après.
Ah  ! Oui le problème de la ponctuation en poésie ! En mettre ou pas, mais là j'en ai mis, donc à corriger.

Chacun de ses tiroirs j’ai ouvert tour à tour,
Entre chiffons et lins, habits et beaux atours
J’ai cru me retrouver des années en arrière,
Comme un Ali Baba : sésame en bandoulière.
Citation de: Loïc
Rien à dire sur le premier vers. Les autres me semblent moins convenir, peut-être parce que la phrase coule moins bien de source. "Comme un Ali Baba" n'est pas très heureux et fait forcé pour la syllabe.
Oui Ali Baba remarque déjà faite, je voulais amener l'idée du trésor.

Un livre enluminé, de poussière couvert
Citation de: Loïc
Ne peux-tu pas garder le sens normal via une diérèse ?
Inversion pour la rime, je reconnais que ce n'est pas très heureux, la diérèse là est difficile en fin de vers, on ne prononce pas le e, pous si èr, ça sonnerait mal

Il était simplement, l’histoire de ma vie

 
Citation de: Loïc
Je ne comprends pas cette virgule
Erreur récurrente : virgule automatique à la césure, je l'enlève.

Ses pages doucement me devenaient réelles

Citation de: Loïc
Pas fan de ce vers qui fait également forcé.

Je vais y penser,
Citation de: Loïc
J'ai bien aimé ce poème. L'histoire raconté convient bien aux alexandrins et, globalement, ça coule tout seul.
Merci pour le partage.

Merci Loïc, je suis flattée que ma poésie te plaise, je m'y sens mieux qu'en prose, ça vient plus facilement.

 :mrgreen: :mrgreen: