Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Giacinto le 09 Décembre 2009 à 14:42:49
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Illusion calme plat de la terre natale
Qui fixe sur ma bouche un sourire apaisant
Oserais-je crier ma rancune fatale
Mais j’entends le murmure au loin de l’océan
Une brume sans âge envahit le vieux port
Que percent les rayons de l’aurore écumante
Cependant que la mer aux larges vagues d’or
S’allonge tendrement sur les roches dormantes
Et la pluie abattant comme de lourdes lames
Les milliers de morceaux du firmament brisé
Entaille mon image et fracasse mon âme
Et tandis que le vent aquilon se déploie
Et tandis que voiliers et désirs prennent l’eau
Telle une ancre je suis qui pour vivre me noie
Que sont ces souvenirs d’une vie à paraître
Le long du quai brumeux un marcheur solitaire
Un homme à la frontière et de l’ombre et de l’être
Les horizons tournés vers l’astre délétère
Illusion grand miroir aux reflets transparents
Qui glacent sur mes yeux une larme candide
Oserais-je souffler la pesanteur du vent
Au-delà du pays de ma présence vide
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J'aime bien le poème, l'ambiance qui s'en dégage, les image ... Bon, il faut dire que pour les poèmes, quand ils sont bien menés, j'entre très facilement dedans ! Mais le tin est vraiment bien.
Je ne crois pas avoir vu de problème de métrique... Mais je laisserai le soin à Matt de vérifier ^^
Pas très constructif, je sais, mais comme dit ma prof de philo : il faut savoir se taire pour apprécier pleinement les choses !
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Je ne comprends rien à la syntaxe :
Telle une ancre je suis qui pour vivre me noie
: ?
Telle une ancre je suis qui pour vivre me noie
Que sont ces souvenirs d’une vie à paraître
: ?
enallage / anacoluthe voulue ?
Les horizons tournés vers l’astre délétère
Illusion grand miroir aux reflets transparents
qu'est ce que cela veut dire ?
Mais j’entends
C'est pas joli les conjonctions de coordination en tête de phrase, même proscrit pas l'usage et Dieu sait que pourtant je suis contre les règles établies et l'Académie.
Bah sinon pourquoi pas mais tu restes un peu trop au dessus du sujet (= la météo?) à mon goût. Cela dit bel effort pour les rimes, le sonnet et tout Dieu sait que je n'en suis pas capable..
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(n'oublie pas l'index ;) )
Illusion calme plat de la terre natale
Qui fixe sur ma bouche un sourire apaisant
Oserais-je crier ma rancune fatale
Mais j’entends le murmure au loin de l’océan
hum, je comprends pas trop "fatale" pour moi, il est juste là pour la rime et puis "fatale rancune" me viendrait plus naturellement ( bref, là, ça fait un peu artificiel à mes yeux)
Une brume sans âge envahit le vieux port
Que percent les rayons de l’aurore écumante
Cependant que la mer aux larges vagues d’or
S’allonge tendrement sur les roches dormantes
ici "cependant" tu l'utilises dans le vieux sens ? " pendant que" ? je trouve que ça fait un peu archaïque du coup, une sorte de cum latin :mrgreen:
et en plus c'est hyper long ce-pen-dant-que
Et la pluie abattant comme de lourdes lames
Les milliers de morceaux du firmament brisé
Entaille mon image et fracasse mon âme
j'aime pas trop le dernier vers, tu as choisi des verbes forts mais l'image me semble assez plate :-[
Et tandis que le vent aquilon se déploie
Et tandis que voiliers et désirs prennent l’eau
Telle une ancre je suis qui pour vivre me noie
"vent aquilon" ça fait un peu doublon, non ?
je ne comprends pas non plus ton dernier vers
Que sont ces souvenirs d’une vie à paraître
Le long du quai brumeux un marcheur solitaire
Un homme à la frontière et de l’ombre et de l’être
Les horizons tournés vers l’astre délétère
là, je trouve qu'il manque un truc, un verbe, une suite, quelque chose, ça fait énumération pas finie
j'ai pas vraiment accroché, déjà il n'y a pas de ponctuation :mrgreen:
or, la ponctuation, s'il ne faut pas en abuser et tout reposer sur elle, elle aide pas mal au rythme quand même
je trouve que les poèmes sans ponctuation ont besoin d'être vraiment bien rythmés par les mots, les coupes, les enjambements pour acquérir un rythme, un souffle
ici pour moi, ça manque de souffle, je trouve le tout un peu hum... plat :-[
les mots n'éveillent rien du tout en moi, ce souvenir marin ne m'émeut pas : les vers s'enchaînent sans vraiment de rythme, de tonus, de quelque chose qui prendrait le lecteur et l'emmènerait du premier vers au dernier en une seule vague
m'fin ce n'est que mon humble avis, Zéphyr a bien aimé ^^
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T'en fait, pas, je comprend qu'on ne puisse pas aimer ! D'ailleurs, la plupart de tes remarques sont pertinentes.
Mais cela ne change pas mon avis sur le poème ^^
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Tout d'abord, merci pour vos commentaires.
Telle une ancre je suis qui pour vivre me noie
: ?
Je suis telle une ancre qui pour vivre me (se) noie.
Une ancre est utilisée pour stopper le mouvement du navire, pour le fixer, pour l'ancrer sur la mer qui, par nature, est mouvement. Mon image est celle d''une ancre humaine que je suis : c'est moi cette ancre, au fond de l'océan des souvenirs, qui, pour vivre, pour me retourner, pour me poser, m'y noie afin de stopper le cours de mes impressions. Cette image m'évoque personnellement bcp de choses.
Telle une ancre je suis qui pour vivre me noie
Que sont ces souvenirs d’une vie à paraître
: ?
enallage / anacoluthe voulue ?
Il y a arrêt entre les deux strophes. Chaque strophe du poème dessine ses propres images. Vu que je n'utilise pas la ponctuaction, il faut sous-entendre comme un point, une pause, une respiration à la fin de chaque strophe.
Les horizons tournés vers l’astre délétère
Illusion grand miroir aux reflets transparents
qu'est ce que cela veut dire ?
"délétère. Illusion, grand miroir..."
Mais j’entends
C'est pas joli les conjonctions de coordination en tête de phrase, même proscrit pas l'usage et Dieu sait que pourtant je suis contre les règles établies et l'Académie.
Personnellement, si je l'ai mise c'est qu'elle m'a plu. Je dois avouer que je ne connais quasiment aucune règle de l'Académie, et que du moment que la formule me plait, ça n'a aucune importance que l'usage soit admis ou non...
Bah sinon pourquoi pas mais tu restes un peu trop au dessus du sujet (= la météo?) à mon goût.
Si tu crois que mon sujet est la météo, c'est que tu as pris le poème exclusivement au premier degré. Dès lors, je comprends que tu puisses croire que je reste un peu trop au-dessus du sujet. M'en fait, pour ma part, les strophes de commencement et de conclusion prouvent qu'il n'en est rien.
Une brume sans âge envahit le vieux port
Que percent les rayons de l’aurore écumante
Cependant que la mer aux larges vagues d’or
S’allonge tendrement sur les roches dormantes
ici "cependant" tu l'utilises dans le vieux sens ? " pendant que" ? je trouve que ça fait un peu archaïque du coup, une sorte de cum latin :mrgreen:
et en plus c'est hyper long ce-pen-dant-que
Oui, c'est exact. Ça fait sans doute vieilli, mais si tu trouves la longueur trop importante, en réalité c'est justement son utilité. Ça donne une lenteur, une langueur, un rythme continu, sage et berçant, comme quand on reste sur un quai à contempler la mer.
Et tandis que le vent aquilon se déploie
Et tandis que voiliers et désirs prennent l’eau
Telle une ancre je suis qui pour vivre me noie
"vent aquilon" ça fait un peu doublon, non ?
Ça pourrait faire, oui. J'ai hésité à écrire "lent". Mais, en fait, j'ai voulu signifier par là le type de vent, aquilon étant ici pris comme un adjectif, synonyme de poétique. Le vent aquilon, c'est à la fois la brise marine, mais surtout le vent abstrait, le vent poétique.
Que sont ces souvenirs d’une vie à paraître
Le long du quai brumeux un marcheur solitaire
Un homme à la frontière et de l’ombre et de l’être
Les horizons tournés vers l’astre délétère
là, je trouve qu'il manque un truc, un verbe, une suite, quelque chose, ça fait énumération pas finie
Hum... M'en fait, cette strophe est une question. ponctuée, cela donne :
Que sont ces souvenirs d'une vie à paraître, le long du quai brumeux, un marcheur solitaire, un homme à la frontière et de l'ombre et de l'être, les horisons tournés vers l'astre délétère ?
Quant à "les horizons tournés..." , je veux dire : "le regard porté...", ou bien "les espoirs tournés...". Donc :
" Que sont ces souvenirs d'une vie à paraître un marcheur solitaire, un homme contemplatif, le regard porté vers un lieu délétère ?"
"j'ai pas vraiment accroché, déjà il n'y a pas de ponctuation :mrgreen:
or, la ponctuation, s'il ne faut pas en abuser et tout reposer sur elle, elle aide pas mal au rythme quand même
je trouve que les poèmes sans ponctuation ont besoin d'être vraiment bien rythmés par les mots, les coupes, les enjambements pour acquérir un rythme, un souffle
ici pour moi, ça manque de souffle, je trouve le tout un peu hum... plat :-[
les mots n'éveillent rien du tout en moi, ce souvenir marin ne m'émeut pas : les vers s'enchaînent sans vraiment de rythme, de tonus, de quelque chose qui prendrait le lecteur et l'emmènerait du premier vers au dernier en une seule vague.
m'fin ce n'est que mon humble avis, Zéphyr a bien aimé ^^"
Je trouve dommage que tu n'aies pas ressenti le rythme comme moi je l'ai ressenti en écrivant le texte. Mais là, je ne peux rien y faire. Je te remercie juste d'avoir été honnête. Par contre, je peux t'écrire comment je lis ce poème : à voix haute, d'une même intonation mélancolique d'un bout à l'autre, chaque phrase se suivant l'une l'autre sur le même rythme que permet l'alexandrin, avec un temps d'arrêt supplémentaire entre chaque strophe.
Voilà voilà, ce n'est pas une critique de vos critiques. J'ai bien pris note de vos impressions, mais je voulais aussi apporter les miennes qui peut-être pourraient vous aider à lire le texte différemment.
Merci bien.
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So be it.
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Bravo pour la métrique, pas d'erreurs là-dessus !
Concernant le texte, je n'arrive pas vraiment à voir où cela mène, et il ne m'a pas spécialement emporté. (la ponctuation m'a assez peiné je dois dire, et surtout pour les passages où il y a des interrogations et quelques connecteurs en début de vers)
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Quelques détails pour certains vers :
Oserais-je crier ma rancune fatale
Mais j’entends le murmure au loin de l’océan
J'ai rarement vu "mais" après une question, et ici il change beaucoup le rythme. Le mieux serait de l'enlever, il n'est pour moi pas nécessaire et il faudrait alors revoir le vers. Ensuite le dernier vers est-il en lien avec le suivant ? et pourquoi "le murmure" ? "le" ?
Que percent les rayons de l’aurore écumante
Cependant que la mer aux larges vagues d’or
que... cependant que... -> très lourd à lire
Telle une ancre je suis qui pour vivre me noie
J'ai moi aussi du mal sur ce vers.
Que sont ces souvenirs d’une vie à paraître
Le long du quai brumeux un marcheur solitaire
La question modifie beaucoup le rythme, ce qui peut percuter le lecteur.
Au-delà du pays de ma présence vide
Phrase à part ? isolée ? Je bloque sur cette fin.
(pour "le vent aquilon" je ne connaissais pas l'expression poétique...)
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Merci d'avoir commenté, Matt. Je vais essayer de répondre à certaines de tes remarques.
Oserais-je crier ma rancune fatale
Mais j’entends le murmure au loin de l’océan
J'ai rarement vu "mais" après une question, et ici il change beaucoup le rythme. Le mieux serait de l'enlever, il n'est pour moi pas nécessaire et il faudrait alors revoir le vers. Ensuite le dernier vers est-il en lien avec le suivant ? et pourquoi "le murmure" ? "le" ?
Tu écris que ce "mais" change beaucoup le rythme. En fait, réussi ou pas, c'est pourtant à peu près l'effet voulu. Une sorte de réponse à la question "oserais-je crier... ?" Oserais-je crier, comme si je m'apprêtais à le faire, comme si déjà, cette question était le début de ce cri ou cette lamentation. Mais ! voilà que le souvenir, ou la présence, ou la contemplation de l'océan coupe mon élan, et que son murmure que j'entends tout à coup (à la fois comme surgissement en tant que souvenir, à la fois comme sa houle particulière en tant qu'océan présent) surgit dans le poème et se place (d'où le "mais") comme une réplique à ma volonté de crier. C'est cette première image qui va entrainer la suite du poème et le souvenir du port. Cette coupure qu'implique le "mais" me semble dès lors appropriée, même si peut-être un peu choquante au premier abord. Est-ce que tu comprends où je veux en venir ?
Au-delà du pays de ma présence vide
Phrase à part ? isolée ? Je bloque sur cette fin.
Non non ! En fait, la ponctuation aurait permis de bien lire :
"Oserais-je souffler (la pesanteur du vent) au-delà du (pays de ma présence vide, qui peut être compris comme "pays vide de ma présence" ou bien "pays de ma présence, mais d'une présence vide, inconsistante...") ?"
(pour "le vent aquilon" je ne connaissais pas l'expression poétique...)
Je lis dans le petit Larousse : Aquilon : nom du vent du Nord pris dans un sens poétique. L'adjectif synonyme de poétique que j'en fais est une sorte de néologisme de ma part.
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Tu écris que ce "mais" change beaucoup le rythme. En fait, réussi ou pas, c'est pourtant à peu près l'effet voulu. Une sorte de réponse à la question "oserais-je crier... ?" Oserais-je crier, comme si je m'apprêtais à le faire, comme si déjà, cette question était le début de ce cri ou cette lamentation. Mais ! voilà que le souvenir, ou la présence, ou la contemplation de l'océan coupe mon élan, et que son murmure que j'entends tout à coup (à la fois comme surgissement en tant que souvenir, à la fois comme sa houle particulière en tant qu'océan présent) surgit dans le poème et se place (d'où le "mais") comme une réplique à ma volonté de crier. C'est cette première image qui va entrainer la suite du poème et le souvenir du port. Cette coupure qu'implique le "mais" me semble dès lors appropriée, même si peut-être un peu choquante au premier abord. Est-ce que tu comprends où je veux en venir ?
Oui, oui, maintenant. Cela dit, j'ai tenté plusieurs fois à haute voix, et hélas là, il me percute toujours. En le rendant transparent, le rythme est je trouve bien mieux mais bon ce n'est qu'un avis ^^
Non non ! En fait, la ponctuation aurait permis de bien lire :
"Oserais-je souffler (la pesanteur du vent) au-delà du (pays de ma présence vide, qui peut être compris comme "pays vide de ma présence" ou bien "pays de ma présence, mais d'une présence vide, inconsistante...") ?"
Ok. (j'ai un peu de mal avec l'absence de ponctuation)
Je lis dans le petit Larousse : Auqilon : nom du Vent du Nord pris dans un sens poétique. L'adjectif synonyme de poétique que j'en fais est une sorte de néologisme de ma part.
Oui, oui, ça je sais. Ce que je voulais dire par là, c'est l'expression "vent aquilon". Je vois plus "aquilon" tout seul.
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Un sens évident du rythme, du son et de la syntaxe.
J'avoue, par ailleurs, ne pas avoir été touché par ton poème. Une autre fois, je l'espère.