Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => L'Atelier => Le petit amphithéâtre => Discussion démarrée par: Alan Tréard le 25 Novembre 2017 à 13:30:27
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Bonjour tout le monde,
On s'écrit un roman, on s'imagine ses personnages comme on les aime, et puis... voilà, il peut arriver qu'on les fasse se rencontrer et s'enticher les uns des autres.
Comment abordez-vous le sujet de la séduction dans vos écrits ? Avez-vous des préférences ? Utilisez-vous des détours ou n'y allez-vous pas avec le dos de la cuillère ?
Quelles sont vos manières d'aborder le sujet ? Plutôt fonceuse ou fonceur ? Ou plutôt pudique et implicite ?
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Ca dépend du caractère des personnages : si c'est quelqu'un de timide, ça va pas être en mode bourrin. Mais de manière générale j'évite les trucs trop frontaux parce que ça prive le lecteur de son "rôle" dans l'histoire, c'est à dire que faut lui laisser le temps de s'impliquer émotionnellement dans la relation entre deux persos avant qu'il se passe quoi que ce soit
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Voilà un sujet très intéressant. Je rejoins Sophie. Et pour ma part, j'aime bien contrarié les plans amoureux de mes persos, ce qui relance l'intéret et l'attente du lecteur, d'après les retours qu'ils m'ont donnés. A+
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Ça dépend aussi de la teneur du récit. Si l'aspect affectif est prépondérant ou si c'est un aspect très secondaire de l'intrigue.
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Quelles sont vos manières d'aborder le sujet ?
Domination sado-maso.
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Quelles sont vos manières d'aborder le sujet ?
Domination sado-maso.
Ici, c'est nommé.
Parfois on aborde les choses de manière un peu détournée, on est parfois un peu timide.
J'ai l'impression que cela dépend à la fois de la personnalité de l'auteur, et de l'identité de ses protagonistes.
Moi, j'aime avant tout nommer la relation pour y trouver un premier sens, mais donner une forme d'insuffisance à ce nom ; comme si le fait d'affirmer la relation ne suffisait absolument pas à en comprendre la profondeur, l'étendue, la teneur...
On a des affections d'une telle complexité qu'on en fait jamais le tour.
J'ai toujours le sentiment que nommer la séduction ne suffit pas, qu'il faudrait dépasser ce stade pour aller vers un véritable équilibre dans l'histoire d'amour ou de séduction entre les caractères.
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On a des affections d'une telle complexité qu'on en fait jamais le tour.
justement, en général, je ne nomme pas clairement la relation amoureuse qui lie les protagonistes car aucun lecteur n'aura la même notion ou définition de cet amour, si il est nommé. Donc je le décris, j'exprime les sentiments/pensées/doutes/envies... de chacun et laisse le lecteur se faire sa propre idée.
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Je ne suis pas d'accord avec toi.
Je pense que c'est la plus gravissime des erreurs que de lier séduction et sexualité. Selon moi, on doit pouvoir envisager la séduction comme un comportement tout à fait humain, et ne visant absolument pas la sexualité.
Il y a des sexualités sans séduction et des séductions sans sexualité.
J'irai plus loin en disant que de réduire un homme séduisant ou une femme séduisante à son absolu désir de reproduction est une réduction naïve de l'importante complexité des rapports humains.
En gros, un personnage séduisant n'est pas un personnage qui veut baiser.
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Alors on va pouvoir allumer un cierge, parce que je suis entièrement d'accord avec toi, Alan. Et c'est pas si souvent que ça arrive :mrgreen:
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:D Ah ! Oui, on a fini par trouver un sujet sur lequel on est d'accord.
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Baise.
Tu peux pas test Jo.
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Alan, dans mon commentaire, il y avait une part de Joke et une part d'interrogation. J'avais bien compris que tu parlais de séduction. Mais la séduction, parfois, souvent (?), peut être un prélude à plus si affinités et surtout dans un roman.
Oui, heu... Comment dire, j'aime bien débattre sur les sujets, mais si tu le prends mal, je ferai des efforts pour ne pas t'ennuyer. Je ne voulais pas t'affliger !!
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Pardon ? Ne t'arrête pas pour moi.
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Bien dit.
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Il y a des sexualités sans séduction et des séductions sans sexualité.
J'irai plus loin en disant que de réduire un homme séduisant ou une femme séduisante à son absolu désir de reproduction est une réduction naïve de l'importante complexité des rapports humains.
En gros, un personnage séduisant n'est pas un personnage qui veut baiser.
Je suis complètement d'accord. en fait, ce sujet est tellement vaste... tout dépend de la lecture que fait le lecteur d'une oeuvre. Et pour une même oeuvre lue dix mille fois, il y aura dix mille interprétations différentes, des accords, des désaccords, des incompréhension, des "c'est n'importe quoi", des "c'est du génie !",...
Donc, en fait, je crois que tout ce que peut faire l'auteur qui parle d'amour et/ou de séduction, c'est de laisser libre cours à chaque lecteur et la lecture qu'il en fera... pour voir le résultat.
(Je ne suis pas sure que ce soit très clair, ce que je raconte ?!)
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Et Don juan ? >:D
Don Juan, c'est plus que l'histoire d'un séducteur, c'est l'histoire d'un homme amoral.
Remarque, doit-il exister un "code moral de la séduction" ? Et si oui, qui est en droit de l'édicter ?
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Remarque, doit-il exister un "code moral de la séduction" ? Et si oui, qui est en droit de l'édicter ?
Je dirais que chaque oeuvre possede son propre code, qui n appartient pas tant a l auteur ou au lecteur mais au narrateur, selon le type de narration choisi car il est bien rare qu un narrateur soit parfaitement neutre et objectif et c est sovent la narration qui guide le jugement des spectateurs sur l'oeuvre qu il dépeind.
Enfin c est mon avis :)
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Quelles sont vos manières d'aborder le sujet ?
Domination sado-maso.
Alors là, tu a fait fort ! Je te reconnais bien. PTDR !!!!
Sinon plus sérieusement, j'avoue que je ne pose pas vraiment la question, pourtant je crois avoir abordé la question plus d'une fois dans mon texte long et sa suite... C'est comme dans la vrai vie, ça arrive sans prévenir et ça se fait tout seul.
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::) Ah ! Ces hommes... aucune distinction, insensibles et brutaux...
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::) Ah ! Ces hommes... aucune distinction, insensibles et brutaux...
Ça dépend... Si c'est bien fait, ça fait mal même aux insensibles... Et oui, la sire chaude, c'est distingué :-¬?(bon, j'arrête de troller)...
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Bonjour à vous!
Alors je rejoins un peu les camarades en disant que cela dépend du récit, des personnages et du contexte. Mais aussi de ma façon d'appréhender les choses.
Dans ma jeunesse (dit la vieille dame de bientôt 27 ans ^^), j'écrivais plutôt des trucs sombres. Genre un pédophile instit, du coup là, c'était direct. Voire même un peu, vulgaire pour bien rentrer dan l'esprit pervers de mon personnage. Et puis quand j'écris des choses de "midinette", mon esprit un peu plus poète reprend le dessus et là, j'y vais en douceur. Un peu aussi pour laisser le lecteur deviner, sourire et rêver.
Mais en effet ça dépend totalement de mes textes :)
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Moi j'ai envie de dire qu'il ne faut pas confondre sexualité et reproduction, et que la sexualité n'est pas seulement génitale! Que dans la séduction il y a toujours un désir sexuel, c'est la vie ! même s'il n'y a pas d'acte qui fait suite. On peut rester dans le fantasme, plus ou moins conscient mais dans la séduction, celui qui charme, pour le dire autrement et celui qui est charmé sont dans un plaisir réciproque.
Pour ma part, je tourne souvent autour de l'amour impossible car cette histoire de sentiments et de libido plonge souvent dans le malentendu. Pour le lecteur, je pense qu'il s'y retrouve toujours, ces histoires sont aussi vieilles qu'actuelles.
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Je ne suis pas d'accord avec toi, claravane : il n'y a pas forcément de désir sexuel dans la séduction
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peut-être faudrait-il s'entendre sur le sens du mot.
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Les animaux séduisent leur partenaire... Et pour le coup, je ne crois pas qu'il y ait forcément autre chose que la finalité du coït...
La séduction est quand même très basée sur cette finalité.
Seul l'homme peut tenter de séduire pour obtenir des avantages sociaux ou économiques... Mais il ne s'agit plus tout à fait de la séduction dont il est question ici, non ?
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L'argent peut séduire, voire corrompre, mon cher Vinz, une scène de séduction peut donc mélanger de fausses notes amoureuses et quelques billets bien gras...
Je ne crois pas qu'il y ait de réelle rupture entre de la séduction qu'offre le pouvoir, l'ambition, et celle qu'offre un homme ou une femme séduisante.
Je pense sincèrement que tout cela est lié, même si le sujet original préférait orienter une séduction humaine, qui se rapproche en général de la sensualité.
Cependant, je suis intimement convaincu qu'il existe bel et bien une séduction sans désir de coït, vouloir plaire à quelqu'un ne signifie pas forcément vouloir baiser... C'est ce que je crois.
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A défaut d'une partie de jambes en l'air, la séduction a pour but de s'accaparer quelqu'un ou quelque chose. Je crois.
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Les animaux séduisent leur partenaire... Et pour le coup, je ne crois pas qu'il y ait forcément autre chose que la finalité du coït...
La séduction est quand même très basée sur cette finalité.
Seul l'homme peut tenter de séduire pour obtenir des avantages sociaux ou économiques... Mais il ne s'agit plus tout à fait de la séduction dont il est question ici, non ?
Encore une fois, la relation amoureuse n'est pas forcément sexuelle, et dans une relation amoureuse saine, on n'accapare pas l'autre.
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Ah ! Dans le débat, je me sens plutôt proche de Loïc. Moi j'aime libre d'aimer, et encore plus libre de me surprendre ! (Pour le meilleur et pour le pire...) :D
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Bonjour,
Pour le coup je serais plutôt dans la "team" Alan-Chouc'-Loïc. Pour moi la séduction n'est pas nécessairement liée à un désir sexuel.
Déjà parce que je crois en l'amour platonique même s'il est rare, et puis aussi parce que je pense qu'il y a un continuum entre vouloir séduire pour être estimé de quelqu'un (par exemple vouloir séduire un grand savant en faisant preuve d'esprit... vouloir séduire ses beaux-parents pour être accepté dans la famille) et vouloir séduire pour coucher avec quelqu'un ou être en couple avec lui. Entre les deux peuvent se jouer un millier de relations ambiguës dont parfois les individus ne connaissent pas eux-mêmes le but final.
Bref voilà pour le petit débat :-[
Pour mes personnages je suis de l'école de Sophie, souvent je laisse le temps au lecteur de découvrir lui-même les sentiments qui se jouent plutôt que de les lui apporter trop vite. Après bien sûr tout dépend du type d'histoire que l'on écrit. Ca m'est arrivé aussi de me laisser "happer" par le récit et de changer ce que j'avais prévu initialement (c'était assez drôle, j'avais prévu un autre dénouement pour mon chapitre mais une fois en train de l'écrire, mes personnages ont fini par s'embrasser "tout seuls" ; c'était venu tout naturellement en l'écrivant).
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Pour mes personnages je suis de l'école de Sophie, souvent je laisse le temps au lecteur de découvrir lui-même les sentiments qui se jouent plutôt que de les lui apporter trop vite. Après bien sûr tout dépend du type d'histoire que l'on écrit. Ca m'est arrivé aussi de me laisser "happer" par le récit et de changer ce que j'avais prévu initialement (c'était assez drôle, j'avais prévu un autre dénouement pour mon chapitre mais une fois en train de l'écrire, mes personnages ont fini par s'embrasser "tout seuls" ; c'était venu tout naturellement en l'écrivant).
Haha, toi aussi tes personnages font ce qui leur plait ? ^^
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Haha, toi aussi tes personnages font ce qui leur plait ?
Oui... Arthur et la princesse, dans le dernier chapitre de l'Empire Mosaïque... ::)