Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Kamin le 08 septembre 2017 à 11:00:55
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Sur les aspérités grège et bistre du gravier
Mon regard se perd dans les jeux de lumière
Irisée
D’une coulée d’huile de moteur.
Le liquide glisse et se tord, lourd et gras
Comme un miel
Vers le ru maigre et perle d’un reste de pluie
Que claustre le lit mat du caniveau.
La surface miroite, indécise
Renvoyant tour à tour
L’image précipitée et taupe des cités
Et les reflets sourds et ardoise d’un ciel bas.
Les mains couvertes de graisse anthracite
Et de poussière de fer,
J’allonge quelques pas et j’effraie
Une tourterelle aux teintes de plomb qui
D’un battement d’ailes, abandonne ce bitume
Constellé par endroits - tâches et mégots -
D’astres mastic et céladon.
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Un talent certain pour les images frappantes et touchantes. Le titre est superbe.
La forme choisie (les vers libres) ne me paraissent toutefois pas correspondre véritablement au contenu du texte. Ainsi, ce fragment :
"Une tourterelle aux teintes de plomb qui
D’un battement d’ailes, abandonne ce bitume
Constellé par endroits - tâches et mégots -
D’astres mastic et céladon."
... est clairement un paragraphe aux retours à la ligne arbitraires.
L'ensemble correspondrait très bien à un poème en prose, d'une qualité certaine.
Par ailleurs, on note un vrai talent, je l'ai dit, pour les images et les descriptions originales dans ce décor urbain. Toutefois, l'abondance des éléments évoqués nuit quelque peu, me semble-t-il, à la clarté et à la force de l'évocation. L'attention du lecteur se fragmente, se dilue sur une multitude d'éléments qu'il s'efforce d'imaginer. Davantage de concision dans le rêve éveillé apporterait plus d'intensité au texte.
Dans l'ensemble, un parcours agréable à suivre et à vivre avec le locuteur.
Belle journée à toi !
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Merci Céline pour ton comm encourageant !
Je suis tout à fait d'accord avec les lacunes que tu soulèves, dans la mesure où ce sont précisément ces points là (la versification maladroite, et la surcharge d'éléments) qui me donnent le plus de fil à retordre.
J'ai opté pour la versification pour certains passages, permettant d'isoler des idées, comme "irisée" ou "comme un miel" et me permettait de créer un vide, comme une stupeur, pour la coupure après "j'effraie". Mais elle ne se justifie pas toujours, en effet.
A travailler !
Belle journée à toi aussi ;)
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J'ai aimé cette promenade richement imagée, les yeux au sol.
Je sors de cette lecture avec une impression familière, ce plaisir pétillant d'être touchée par des trésors esthétiques inopinés qui n'ont peut-être été jamais vus sous cet angle, ce voyage aux confins de la beauté... à quelques pas d'ici.