LA VERSION FINALE EST PLUS BAS !!!!!!!
Et ça s'est fini comme ça
Une fenêtre ouverte, la radio éteinte, et ma main tendue vers toi, ta veste au bout des doigts. J’ai tenu bon, mes lèvres étaient closes et mon regard n’a pas dévié une seule fois dans ta direction. Pour une fois, j’ai été silencieuse. Tu as pris la veste, sans dire un mot, et fait demi-tour. J’ai souri et appuyé sur l’embrayage. Et ça s'est fini comme ça.
Dans les premiers mètres me séparant de toi, j’ai tenu bon. Le sourire au coin de mes lèvres ne s’est pas immédiatement effacé. Il s’est accroché à mes lèvres pendant une bonne dizaine de minutes. Puis, soudain, il a disparu. Les larmes ont éclipsé ce sourire qui m’a valu tant de compliments. Une à une, elles ont dévalé la pente de mes joues et arrosé mon menton. Devant moi, le flou intégral. J’ai commencé à perdre le contrôle du véhicule. Et ça s'est fini comme ça.
La tête enfoncée dans l’airbag du volant et le cœur au bord de l’explosion, j’ai pensé à ces cinq années. Six peut-être. J’ai arrêté de compter. J’ai revu nos conversations tard la nuit, les coups à boire qu’on s’était payé mutuellement et tout ce temps que j’avais gaspillé. T’as perdu la fille qui t’avais le plus aimé. Autour de la voiture, des gens se sont précipités : « elle est morte ? ». J’aurais bien voulu l’être. Juste pour t’oublier définitivement, ignorer ton existence et renaître le plus loin possible de toi. J’ai entendu qu’on appelait les secours. On m’a sortie de la voiture, en me tirant sous les aisselles. Et ça s'est fini comme ça.
En fait, les deux derniers paragraphes sont un mensonge. Rectifions.
Dans les premiers mètres me séparant de toi, je n’ai pas tenu bon. Effectivement, j’ai souri pendant de longues minutes. Sûrement trop longtemps. Je n’ai pas réussi à pleurer : mes larmes sont restées bloquées aux portes de mes cils. J’ai tremblé tout le long du trajet. A vrai dire, ton comportement m’a réellement déçue. Lorsque j’avais ouvert ma fenêtre, j’avais attendu que tu dises quelque chose. Un mot, même une syllabe. Pourtant, t’avais juste pris ta veste et t’étais parti. Sans m’accorder la moindre importance. J’avais vu de l’eczéma partout sur ton bras gauche. J’aurais voulu te demander si tu allais bien. Mais je n’avais pas osé. Et ça s'était fini comme ça.
Je suis accoudée à la table d'un bar. En face de moi, deux amies. J’ai essayé de leur raconter mais les émotions sont plus fortes que tout. Pourtant, cette histoire n’a rien d’extraordinaire. Juste une fille un peu paumée qui a décidé de s’éloigner du garçon qu’elle a aimé pendant des années. Pour connaître ce qu’est vraiment l’amour et sortir d’un jeu malsain.
Cependant, l’histoire n’est pas finie mais le personnage ne le sait pas.
Après avoir marché pendant des heures dans les rues de ma ville, je suis entrée dans un magasin de chaussures. Espérant trouver le saint-Graal de la semelle et du cuir. J’ai pénétré dans le magasin et j’y ai attendu ma mère. Ce jour-là, je n’avais pas pensé à toi une seule seconde. Pourtant, au moment-même où j’ai été rejoindre ma mère, dans un coin de la boutique, je t’ai aperçu. J’ai senti tes yeux bleus se fixer sur moi. Tu as tiré par le bras la fille qui t’avais accompagné et tu m’as montré du doigt : « c’est elle ». Elle ? Comment ça elle ? Juste un pronom, c’est tout ? Mes joues se sont embrasées et j’ai commencé à paniquer intérieurement. J’ai pris ma mère par le bras : « je ne trouve pas ce que je cherche, on va ailleurs ? » et je me suis précipitée vers la sortie. Et ça s'est fini comme ça.
A cet instant précis, le personnage espère et croit pouvoir échapper à son destin. Mais qui sait ?