Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Donald Ghautier le 21 août 2017 à 11:43:47
-
Enregistré entre mars et avril 1959, l'album Kind of Blue, du trompettiste américain Miles Davis, est considéré comme l'un des chefs d'œuvre absolus du jazz, et une de ses plus grandes ventes. Son premier titre, intitulé "So what" a une histoire, celle d'une société riche mais bloquée dans un décor noir et blanc, une société jugée trop binaire par ceux qui se trouvaient du mauvais côté de la clôture.
***
Et alors ? cria-t-il au bavard de service,
Un bourgeois attifé de tous ces oripeaux,
Les signes plaqués toc, clinquants et pas très beaux,
Des hommes de trente ans au mauvais goût novice.
Davis leva la main, alors accusatrice,
Fixa bien l'impudent, sa cour et ses vassaux,
Avant de l'éclater, à coups chirurgicaux
De bémols suraigus, un feu sans artifice.
Cette phrase devint un tic voire un refrain,
Leitmotiv insolent du Noir Américain,
Pas encore gravé dans la pure légende.
On raconte parfois, dans les clubs de Soho,
Cette histoire perdue sonnant comme un écho
A ces mots d'un jeunot qui voulait qu'on l'entende.
-
Je l'ai vu, sur le tard, il ne faisait plus grand chose, si ce n'est endosser son "personnage".
Beau disque.
Surtout grâce à Evans et au Trane, non ?
-
Bel hommage,
Les signes plaqués toc, clinquants et pas très beaux,
j'aime bien comme ça claque :)
Miles leva la main, alors accusatrice,
"Miles" fait une seule syllabe, non ?
A+
Rémi
-
Un bourgeois attifé de tous ces oripeaux,
« ses », non ?
Les signes plaqués toc, clinquants et pas très beaux,
c’est du chipotage, mais si je trouve que « toc » et « clinquants » claquent bien justement, par contre la fin du vers retombe un peu avec le « pas très beaux », qui est moins bien niveau sonorités (selon moi)
Cette phrase devint un tic voire un refrain,
j’aime bien ce vers :) et le « tic » va bien avec le « toc » ci-dessus
On raconte parfois, dans les clubs de Soho,
Cette histoire perdue sonnant comme un écho
Là j’entends que ça swingue, les rimes en « o » siéent bien au propos
J’aime bien ce que raconte ce poème en alexandrins ^^ Comme c’est du jazz, y aurait peut-être moyen que certains vers fassent un peu plus musique rebondissante, dont notamment celui que je t’ai pointé et quelques autres (je trouve que le dernier retombe un peu aussi, si je peux dire). Mais c’est pour chipoter, il est déjà très bien comme ça. Bien ouej
-
Merci à vous trois d'être passés lire ce poème et d'avoir pris le temps de laisser un commentaire,
@pehache: ça dépend de ce que tu appelles sur le tard; je l'ai vu en 1984 puis en 1985 et il était très inspiré.
@Rémi: Miles, même en anglais, fait deux syllabes ( \mɑɪlz\ ).
@Miromensil: j'ai volontairement utilisé "ces" et nom "ses" pour les décrire ensuite; c'est un jugement de valeur plus global que permet l'adjectif démonstratif. Pour le troisième vers, je voulais justement que ça ne claque pas trop car justement la musique de Miles Davis est tout sauf clinquante.
Bye,
Donald
-
Salut Donald,
C'est rythmé, il y a de belles formules, on entre très bien dans l'ambiance de ce poème qui est jazzy malgré un patron canonique, bravo !
Juste un petit problème ; le fameux "Miles" (je plussoie le commentaire de Rémi). En phonétique anglaise une diphtongue est en effet transcrite par les deux voyelles qui la composent, mais il s'agit bien d'une seule syllabe. J'ai même checké la définition de "diphtongue" sur le TLF : "la fusion en une seule syllabe de deux éléments vocaliques"
A plus !
Lou
-
Merci Lou,
J'ai corrigé le vers en question.
Je m'incline devant ta recherche qui permet de lever toute incertitude.
Bravo !
Donald