Petit texte sans grand intêret je pense, mais bon, si quelqu'un y trouve quelque chose d'intéressant j'en serais ravis, sinon démonter le par vos critiques écrasante :P
La nuit est belle, si belle, si sombre, si éclatante, presque autant que ses cheveux à elle, presque autant que ses yeux. Je la regarde valser dans l’air glacé du soir, elle est si resplendissante. La lune caresse sa peau avec désir de son toucher d’argent, mais elle est trop haute là bas dans le ciel pour l’atteindre, alors que moi je suis là, à me laisser abrutir de cette dance et de cette dame, à m’enivrer de ses pas, à boire son sourire comme on se délecte du meilleur des opiums. Je n’arrive plus à détacher ce sourire béat qui est étalé sur ma face, je suis trop imbécile pour y arriver. Tout me fait rire, de cette immense roue qui grince dans la nuit avec effroie à la clarté jaunâtre que répand un vieux lampadaire posé là, sur le bord d’un trottoir. C’est donc cela le bonheur ? La pensée me traverse l’esprit déclenchant dans tout mon être un fou rire incroyable, je me sens encore plus idiot qu’il y a quelques secondes, et pourtant j’aime ça plus que toutes les augmentations de salaires ou les promotions chez Darty. Je me lève de mon banc, et mes pas se mettent à s’animer dans une ronde de gaieté et de plaisir stupide. Elle tourne sur elle-même avec une grâce que je n’aurais pu imaginer, puis elle s’arrête et se retourne. Elle enfonce son regard au fond du mien, arrêtant le temps qui tourne par la même occasion. D’une main adroite elle attrape le fin trait qui nous glisse entre les doigts à chaque fois que nous avons besoin de lui, et qui se laisse aller quand nous voudrions le voir s’écouler à toute vitesse. Et puis tout à coup, sans prévenir, son visage se penche sur le mien, ses mains ce mettent à glisser le long de mon corps, son parfum envahit mes narines et puis sans même que je m’en rende compte, ses lèvres se plaquent contre les miennes. Mon esprit s’en va alors, me laissant seul au milieu de ce rêve éveillé, cette merveilleuse réalité inventée. C’est dans ces moments la que le rêve se fond à la réalité et que la réalité se perd dans la songerie, après tout qu’importe que notre vie soit réel, tant que l’on peu saouler de bonheur et de plaisir.
Ses vêtements glissent avec aisance sur le sol poussiéreux, puis ses mains viennent envoyer valsé les miens. Ses bras sont deux cobras qui me charment de leurs douces caresses, faisant glisser leur peau luisante contre la mienne. Je ne sais plus qui je suis, qui j’étais, je ne sais plus mon nom, ni le sien d’ailleurs, peut être même ai-je oublié cette langue qui est la mienne, mais je m’en fous, je m’en fous tellement. J’ai soif ce soir, de plaisir et d’omission, de rage et d’amour, de toutes ces choses qui manque à ma vie. Je suis une coquille vide qui s’emplit de la passion de cette splendide créature, de cette succube aux cheveux de jais et aux yeux d’argent. Nos corps se mêlent l’un à l’autre, dans un tourbillon de furie entremêlé de poussière et de délices. Nos corps ne sont plus que deux morceaux de chairs suintant de plaisir, hurlant de haine, une haine ingrate pour tous ces gens, pour cette foule puante d’hypocrisie. Je suis elle, elle est moi, qui sommes nous alors ? Qui sait ? Qui s’en préoccupe ? Son souffle rauque emplit mes oreilles, masquant tout ce qui m’entoure. Il n’y a plus qu’elle, plus que moi, seul au milieu de la foule, plus que cette caresse qui effleure ma peau, plus que cette respiration saccadée qui m’entraine un peu plus encore dans l’obscurité. Mon esprit s’envole dans la bise glacée, à cotés du sien. Etreints ensemble, montant dans l’air comme deux phœnix magnifique, ils s’attirent l’un à l’autre dans leur ronde. Les mouvements s’enchainent. Ils se défient, s’enlacent, s’embrassent et se repoussent, laissant la valse devenir de plus en plus impressionnante, de plus en plus délectable. Les pas se succèdent rapidement, leurs corps s’emplissent de rage et de plaisir, s’entredéchirant pour mieux apprécier l’étreinte de l’autre. Et puis sous une pulsion tout s’arrête, le paysage s’étiole, le tourbillon d’émotions se disperse sous les étoiles étincelantes, la lumière jaunâtre du lampadaire revient me caresser le visage, le sol est de nouveau là, sous mon dos dégoulinant de sueur. Elle aussi est toujours là, ses cheveux retombent contre mon torse, ses yeux me transpercent à nouveau, son visage à toujours accroché à lui ce même sourire. Ce splendide sourire qui s’étale sur nos face béates, ce sourire imbécile, ce sourire idiot, il est là, plaqué comme un masque contre sa peau blanche et délicieuse. Ma respiration recommence à ce rythmer, elle ce calme tranquillement, en attendant que quelque chose se passe. Nous sommes tous les deux là, encore ivre de plaisir, sans savoir ce qui va suivre. Finalement elle se lève, s’empare de ses vêtements avant de les enfiler avec rapidité. Je fais de même, et sans un mot, nous nous rhabillons, l’un en face de l’autre, avec toujours ce même sourire aux lèvres. Dans une ultime étreinte, mes mains caressent ses cheveux de jais et les siennes viennent s’enrouler autour de ma taille. Je profite une dernière fois de la chaleur de ses bras, je me laisse une fois encore aller contre elle, et sous ses caresses je laisse mon sourire s’effacer, je le laisse s’en aller, souvenir d’un instant de vie, un instant révolu, puisque mon être s’engouffre à nouveau en moi, puisque je ne puis plus crier sans crainte ma haine et mon amour du monde. Lentement nos corps se détachent l’un de l’autre, et pour la dernières fois mes lèvres ce plaquent contre les siennes, et dans un dernier soupir j’embrasse cette succube aux yeux d’argent.
Je la regardais s’éloigner, ses pas claquaient sur le pavé dans la nuit déserte, l'obscurité effaçait lentement sa silhouette qui s’en allait au loin sans se retourner. Moi j’étais là, assis sur mon banc à songer à ma vie. Qui suis-je réellement ? Je ne le savais même plus. Encore ivre de bonheur je songeais que je ne me rappelais même plus de son nom, quoique en y repensant elle ne me l'avait même pas donné. Moi non plus d’ailleurs. Nous n’étions que deux inconnus, deux anonymes dans la foule, deux âmes en peine qui dérivaient dans le courant de la vie, nous n’étions que deux ivrognes qui voulaient se saouler de bonheur et de plaisir.