Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Nocte le 05 Août 2017 à 07:22:52

Titre: Littérature expérimentale
Posté par: Nocte le 05 Août 2017 à 07:22:52
Je vois que le terme ressort souvent ces temps-ci, alors causons.
Qu'est-ce qui définit une littérature expérimentale, qu'est-ce qu'elle n'est pas ?
Toute littérature ne comprend-elle pas un aspect expérimental inhérent à la singularité de l'auteur, ou l'appelation n'est-elle réservée qu'à des plumes en particulier qui se réservent le droit de casser les codes ? Une démarche non-expérimentale peut-elle être considérée comme étant expérimentale malgré elle, ou l'auto-proclamation est-elle nécessaire ? Quoi qui cou pourquoi, etc. Causez.
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Alan Tréard le 05 Août 2017 à 11:40:14
Ouais, moi, j'aimerais bien qu'on fasse une liste des textes qu'on considère expérimentaux sur le forum !
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: milena-owein le 05 Août 2017 à 12:12:14
Pour moi un texte expérimental se caractérise par une rupture volontaire avec des codes linguistique et/ou narratif cohérente avec la démarche artistique de l'auteur.

C'est jargonneux mais je développe :
-Ce n'est pas faire n'importe quoi, n'importe comment pour n'importe quelle raison.
-C'est faire une chose habituellement non admis, volontairement, dans le but de dire ou montrer une chose qu'on ne pouvait exprimer par les codes classique de la langue ou de la littérature.

-Ce n'est pas détruire pour détruire, cassé un code par simple défit, parce que celui là n'aurait jamais été détruit.
-C'est cassé un code pour donner corps à une vision. En gros il faut avoir la vision d'abord et casser les codes par nécessité pour donner corps à cette vision.

Et pour moi, toute écriture est expérimental : toute écriture qui n'aurait pas pour vocation de faire mieux que ses prédécesseurs ou de remettre en question les codes établie est vaine selon moi (et perd beaucoup de qualité rien qu'en ayant pas ces ambitions). Mais par littérature expérimental ont entend souvent une branche assez extrême de la littérature où même les codes les plus fondamentaux d'une oeuvre sont bousculer (pas d'intrigues, pas de personnages, pas de péripéties, règles de syntaxe ignoré)
Titre: Re : Re : Littérature expérimentale
Posté par: Milora le 13 Août 2017 à 10:33:58
Je suis d'accord avec les réponses de Milena ! Je vois pas trop quoi ajouter du coup ^^


Ouais, moi, j'aimerais bien qu'on fasse une liste des textes qu'on considère expérimentaux sur le forum !
  • Nightcall - Eveil (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23812.msg379181.html#msg379181)
  • En Morceaux - Elk (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,24587.msg388109.html#msg388109)
  • Olom Slodom plop Gromlodom - WEG (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23619.msg377273.html#msg377273)
  • LES HYPOTHETIQUES DES AMORTELS - Dot Quote (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,24893.msg392049.html#msg392049)
Bonne idée !
J'ajoute :
- Lettre à Monsieur N. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,24615.0.html) - Aube
- Danse lumière (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23816.0.html) - Kailiana
- Je suis (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,392.0.html) - Kailiana
- La base de la tranquillité  (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,3054.0.html)- Zach (pour la disparition de la ponctuation)
- Pas mal des (vieux) textes de Lo/Loredan
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Dr. Krieger le 13 Juin 2018 à 23:01:51
Deux suggestions de lecture dépourvues de commentaire superflu :

La Maison des feuilles, de Mark Z. Danielewski
L'infinie Comédie, de David Foster Wallace

Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Aléa le 13 Juin 2018 à 23:18:36
Citer
La Maison des feuilles, de Mark Z. Danielewski
j'en ai pas mal entendu parler, j'ai vu le principe et tout, il faut absolument que je me le procure ^^
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: B.Didault le 28 Juin 2018 à 07:04:12
Désolé de venir me glisser au milieu de ce ciel étoilé !

Par curiosité – qui est la principale caractéristique d’un vrai néophyte professionnel – j'ai entre-ouvert ce fil pensant y trouver une discussion ardue que j’aurai du mal à suivre (c’est du masochisme intellectuel, mais vu mon niveau littéraire ce ne peut être que cela).
Voyant le seul commentaire sur le sujet, venant de milena-owein (1), je pensais, moi la friche littéraire (2), avoir enfin trouvé une nouvelle source d’apprentissage.

Oh tristesse ! Oh désespoir ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette boulimie… de titres.

Attention ! Je ne dis pas que vos suggestions soient sans intérêts.
Comprenez ! J’attendais une discussion…

Après cette courte introduction  :-¬?, laissez-moi insérer un lumignon de pensée en rebondissant sur le commentaire de milena-owein.

Il faut tout d’abord savoir si l’on écrit pour partager des idées et qu’elles soient comprises.
Toutefois j’apporterais un hiatus dans son raisonnement.
Au moins un code est nécessaire ; la ponctuation.
Mon point de vue est que cette ponctuation à la même utilité que des instruments dans un orchestre… elle en donne le rythme et met en valeur la musique.
 La valeur des mots est la signification qu’on veut leur donner. Imaginons une partition de Mozart jouée par un orchestre sans aucun instrument. Après Mozart, même le silence est de Mozart, mais avant ???

Merci d’avoir eu la patience de lire jusqu’ici les élucubration d'un ancien  :ned:

P.our S.avoir :
(1) Je profite de cette exposition à plusieurs anciens : Que signifie le statut d’Invité ? (Merci de répondre par un message personnel)
(2) J’ai promis à une très chère amie professeure de lettre de ne plus utiliser « Inculte Littéraire ». Pour moi ce n’est pas une tare, juste une évidence, et… je ne sais vraiment pas mentir.
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Alan Tréard le 19 Février 2019 à 19:53:09
Mon cher Bernard, ton inventivité me surprendra toujours...

Quand je regard le parcours des différents membres sur le forum, je vois que pour certains l'expérimentation peut être une période, un passage vers autre chose, et peut également rester un lieu de l'exercice voire l'envie de recréer leur style avec une grande inventivité.

Mon cher WEG, les années passants, je me rends compte aujourd'hui de la profondeur de ce questionnement que tu proposes et quelque part son intemporalité, il y a un quelque chose de profond dans le sentiment d'exercer l’inattendu, un sujet qui perd son souffle puis reprend sa place progressivement, telle révolution qui s'exerce en chacun de nous, j'y retrouve alors mon propre regard sur la lecture de ces recherches stylistiques.
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Ashka le 19 Février 2019 à 19:59:50
@B.Didault:
Citer
Après Mozart, même le silence est de Mozart, mais avant ???
Avant aussi, dans le silence d'avant il y a la préparation à l'arrivée de Mozart.  ;)
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Nocte le 19 Février 2019 à 20:14:33
C'est un peu dommage que ce^ce soit transformé en fil de recommandations, alors qu'à la base ce devait une discussion ouverte.
Mais bref.
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Léilwën le 19 Février 2019 à 21:06:08
Je rejoins assez Miléna dans sa définition... Pour moi, quand on me dit "littérature expérimentale" j'associe ça à "cassage des codes" (codes établis et admis comme "norme" : grammaire, ponctuation, conjugaison, orthographe) dans un but d'exploration - surtout pour exprimer au-delà de la barrière des mots, ou aussi pour "expérimenter" l'effet sur divers lecteurs. Enfin, il y a une recherche de l'auteur quoi^^.
Quand on me dit "expérimental", je m'attends à être surprise d'une manière ou d'une autre.

Concernant l'auto-proclamation, je ne sais pas trop... J'imagine que chaque auteur étant unique, dans l'absolu, chaque écriture est expérimentale pour ses lecteurs à un niveau plus ou moins marqué.
Pour mon cas personnel, j'ai souvent besoin d'explications pour savoir face à quoi je me trouve, du coup sur les textes non extrêmes dans leur part expérimentale (=ceux pour lesquels les codes ne sont pas cassés de manière extrême telle que même moi je ne puisse pas douter du caractère expérimental), j'ai besoin que l'auteur me dise "ce qui paraît bizarre dans ce texte est fait exprès".

Voili voilou, je ne sais pas si j'ai bien répondu à ton interrogation de base ?
D'ailleurs, tu n'as pas donné ton ressenti à toi là-dessus !  :-\

:oxo:
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Alan Tréard le 19 Février 2019 à 21:10:20
Je rejoins Léilwën dans ses questionnements, ça m'interroge moi aussi.

Et ton avis m'intéresse sur le sujet, mon cher WEG.
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Nocte le 29 Avril 2019 à 13:17:49
J'ai pas un avis arrêté sur la question, c'était plus par curiosité que j'ai ouvert le fil.
Mais globalement je rejoins un peu Milé.
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: LamEmm le 02 Mai 2019 à 16:44:10
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Qu'est-ce qui définit une littérature expérimentale, qu'est-ce qu'elle n'est pas ?

Je dirais qu'une littérature peut être qualifiée d'expérimentale dès lors qu'on expérimente quelque chose de nouveau à travers elle. Expérimenter, c'est essayer des choses : tenter des mélanges hasardeux, rompre des règles établies, réouvrir un chemin considéré comme définitivement fermé... Et je dirais que ça suffit - essayer -, peu importe le résultat. Dans l'expérience, c'est l'intention qui compte, pas le résultat. Si toutefois au bout du compte il se trouve qu'on obtient quelque chose de satisfaisant - à ses yeux d'abord, puis pourquoi pas à ceux des autres, une espèce de validation littéraire de la communauté, à l'instar d'une validation scientifique au travers d'une publication dans un ouvrage de référence -, c'est tout bénéf.

Par conséquent, la littérature expérimentale ne doit pas être classique, c'est-à-dire qu'elle ne doit pas utiliser les codes actuellement en vigueur - support, genres, procédés narratifs, forme du langage, ponctuation...

Ceci étant dit, je pense que "littérature expérimentale" représente un terme subjectif. Mon expérience à moi est différente de celle de mon voisin, et lui aura peut-être déjà lu/écrit d'une manière que moi je n'ai pas encore explorée. Par conséquent je peux juger ma production comme expérimentale - et elle le sera, j'ai réellement vécu ceci comme une expérience -, quand pour lui ma prose ne sortira pas des voies classiques. Et c'est encore plus vrai si on remplace "moi/mon voisin" par "les auteurs français contemporains/le reste du monde".

Citer
Toutefois j’apporterais un hiatus dans son raisonnement.
Au moins un code est nécessaire ; la ponctuation.
Mon point de vue est que cette ponctuation à la même utilité que des instruments dans un orchestre… elle en donne le rythme et met en valeur la musique.
 La valeur des mots est la signification qu’on veut leur donner. Imaginons une partition de Mozart jouée par un orchestre sans aucun instrument. Après Mozart, même le silence est de Mozart, mais avant ???
Comme tu le dis, la ponctuation donne un rythme (et parfois un sens !) à l'expression écrite et orale. Mais retirer la ponctuation, ce n'est pas faire silence, c'est juste rompre avec le rythme que l'on utilise habituellement. Et cette technique peut donner de jolies choses (Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal en est un bon exemple je trouve, et d'ailleurs n'est-ce pas de la littérature expérimentale ?).
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Miléna le 02 Mai 2019 à 17:27:18
Toutefois j’apporterais un hiatus dans son raisonnement.
Au moins un code est nécessaire ; la ponctuation.
Mon point de vue est que cette ponctuation à la même utilité que des instruments dans un orchestre… elle en donne le rythme et met en valeur la musique.
 La valeur des mots est la signification qu’on veut leur donner. Imaginons une partition de Mozart jouée par un orchestre sans aucun instrument. Après Mozart, même le silence est de Mozart, mais avant ???
Alors là je suis pas du tout d'accord ><
Au contraire c'est hyper intéressant de voir comment on se met à écrire quand on décide de retirer la ponctuation.

Fabrice Melquiot a écrit quelques pièce de théâtre sans ponctuation (notamment "Kids" que je recommande vivement) : il utilise les retour à la ligne pour marquer les pauses qu'il considère le plus indispensable. Ca donne à son texte un aspect très poétique. Je crois que je n'ai jamais lu aucune pièce de théâtre dont les dialogue respire autant l’authenticité.

Ensuite, il n'y a pas de ponctuation à l'oral, on ne parle pas en ponctuation, on parle par rythme et par syntaxe, ce qui est très différent.

Jusqu'au 15ème siècle l'usage de la ponctuation en français était très différent. Jusqu'au 13ème siècle c'était le vers qui faisait office de ponctuation (il marquait entre ses bornes les principaux éléments syntaxique). Avec l'arrivé de la prose, c'est les coordination qui on été utilisé pour marqué la principales structure syntaxique et ça donne des construction tout à fait fascinant.

Pour ma part, je crois que si je dois écrire des chansons ou des poèmes je n'emploierais plus de ponctuation ou alors le stricte minimum. Je trouve que ça dénature tellement la spontanéité du vers, ça force à s'arrêter sur la structure syntaxique d'une phrase alors que des vers peuvent parfaitement s’enchaîner en étant uniquement structurer par les strophes et la rime.

On peut faire tellement de chose quand on sort des carcan du classique et de l'académie française ><
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Miromensil le 28 Juillet 2019 à 22:19:50
chépa si ça fait avancer le débat, j'ai pas trop lu, mais je trouve que ceci était potentiellement un bel exemple

"La maison des feuilles, un étrange roman-calligramme"
Citer
La maison des feuilles est un roman peu conventionnel écrit par Mark Z. Danielewski et publié en 2000 en anglais sous le titre original « House of leaves ».

En plus de l’histoire qu’il présente d’une maison « plus grande dedans que dehors », l’ouvrage est remarquable par son traitement de la mise en page et son jeu sur les emplacements, les typographies, les couleurs, les éléments codés et les indices visuels.

Il comporte également la reproduction de collages, d’accumulations photographiées et de dessins qui intègrent le texte ou des éléments propres à l’histoire.
https://www.laboiteverte.fr/la-maison-des-feuilles-un-etrange-roman-calligramme-a-la-mise-en-page-surprenante/
(où y a des photos)
(et accessoirement le site de la boite verte est beaucoup trop bien, ça fait des années que j'y traine et y dégote plein de trucs)

Je pense peut-être acheter la version française ^^
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Meilhac le 29 Juillet 2019 à 12:36:08
Je vois que le terme ressort souvent ces temps-ci, alors causons.
Qu'est-ce qui définit une littérature expérimentale, qu'est-ce qu'elle n'est pas ?
Toute littérature ne comprend-elle pas un aspect expérimental inhérent à la singularité de l'auteur, ou l'appelation n'est-elle réservée qu'à des plumes en particulier qui se réservent le droit de casser les codes ? Une démarche non-expérimentale peut-elle être considérée comme étant expérimentale malgré elle, ou l'auto-proclamation est-elle nécessaire ? Quoi qui cou pourquoi, etc. Causez.

yep excellentes questions

bon moi je me méfie à mort de l'étiquette "expérimentale"

a/chaque fois qu'un être humain écrit ou lit, c'est une expérience
b/être amené à dire "je veux faire de la littérature expérimentale" "j'ai fait de la littérature expérimentale", c'est souvent la conséquence du fait qu'on n'a pas trouvé juste un style qui permet de s'exprimer, et/ou c'est le symptôme du fait qu'on croit qu'il faut "innover", "inventer", etc. or les meilleurs écrivains, c'est juste des gens qui se coulent dans les trucs de leur époque (le théâtre pour racine, le sonnet pour baudelaire, le roman pour proust, et au delà, le rock'n roll pour les beatles, etc. etc.) pour exprimer leur style. ceux qui ont "besoin" de faire un truc "expérimental" pour exprimer quelque chose... ça me paraît limite suspect à vrai dire  :mrgreen:
genre "je renonce à exprimer ma singularité en faisant des trucs intéressants et esthétiques, parce que je n'ai pas trouvé (ou même pas essayé), et je me console en faisant un truc dont la principale caractéristique sera qu'il sera "nouveau".
 8)
Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Aléa le 02 Septembre 2019 à 12:02:13
Je comprends pas bien ton point de vue, enfin si, mais bon...

1) bien sûr, mais tout le monde n'est pas dans la redécouverte de chaque instant comme si s'en était un nouveau, ce qui fait qu'on se lasse de certaines choses (et même si la lassitude est une expérience, j'ai pas spécialement envie de lire des romans volontairement ennuyeux -blague-)



Mais si on se contentait de toujours écrire et créer dans nos petits chaussons, il n'y aurait jamais aucune avancée... Heureusement que Bertrand a écrit de la prose, même s'il n'a pas eu de succès, heureusement que Baudelaire s'est pas contenté d'écrire des sonnets, sinon qu'est-ce qu'on se ferait chier (bien sûr on y trouverait notre compte, mais comme quelqu'un qui a toujours vécu en appartement sans savoir ce que ça fait d'avoir un jardin).
Il y a trois types da'rtistes (non, beaucoup plus, mais je vais en faire que trois), ceux qui bossent à fond un genre pour le maitriser parfaitement, capables de produire des chefs d'oeuvres du genre (tous sont capables de produire des chefs d'oeuvres, hein), ceux qui touchent à tout, et qui importent presque sans faire exprès des idées de génies à force de mixer les médiums, ceux qui expérimentent à fond quitte à n'être jamais compris. C'est juste des caractères différents, et heureusement qu'il y a des explorateurs, on en a même besoin ! Alors oui très souvent ça se plante, ça finit dans l'oubli. Tu peux même t'en méfier, c'est vrai que l'expérimental à souvent une réputation da'rnaque (et c'est de ça dont tu te méfies), où il faut plus utiliser sa tête que son coeur (même si souvent il faut juste chaner son point de vue pour que ça marche, mais bon, c'est fatiguant aussi pour le lecteur de devoir être acteur à part entière.).

Bref, je me souviens que quand j'ai commencé à écrire, avec un pote on avait été toatlement découragés par l'idée que tout avait déjà été fait ou pensé, c'était vraiment dur, alors je comprends ce besoin de recherche avec une démarche quasi scientifique de l'art émotionnel et esthétique (peut-être qu'on se méfie que de ce qu'on ne comprend pas  :P )
(en plus dans les exemples que tu cites, c'est intéressant parce que tu parles de gens qui ont maitrisés leur art, mais qui ont tous aussi créer des nouveaux genres, parce qu'arrive sans doute un point où une fois que tu maitrises quelque chose tu as envie de plus, où tu te sens capable d'aller chercher autre chose qui n'existe pas, comme Picasso, mais je considère pas cette façon de faire plus noble, même si nécessaire de maitriser la base)
Titre: Re : Re : Littérature expérimentale
Posté par: Erwan le 02 Septembre 2019 à 14:06:30
genre "je renonce à exprimer ma singularité en faisant des trucs intéressants et esthétiques, parce que je n'ai pas trouvé (ou même pas essayé), et je me console en faisant un truc dont la principale caractéristique sera qu'il sera "nouveau".

En fait, perso, je vis ma pratique artistique de plus en plus comme une expérimentation. Mais le fait est que si 90% des tentatives donnent des merdes, ça ne veut pas dire qu'il faut jeter l'expérimental aux orties pour autant. C'est comme en peinture avec l'art abstrait. Oui, il y a des gens qui ne savent pas peindre, et qui ne veulent pas s'emmerder à apprendre, donc ils se réfugient là-dedans. Mais pas seulement. En plus, il n'y a pas de délimitation claire entre art "classique" et art "expérimental". Il y a un continuum avec plus de l'un ou de l'autre. Après, quant aux gens qui se revendiquent de l'art expérimental, genre qui le clament très fort pour qu'on ne l'oublie pas, moi aussi ça me laisse dubitatif. Je pense que la nouveauté est une condition artistique nécessaire (sinon à quoi bon ?), mais pas suffisante.

Titre: Re : Littérature expérimentale
Posté par: Alan Tréard le 03 Septembre 2019 à 11:48:22
Le débat s'enflamme, les avis sont contrastés, et je trouve ça passionnant...

Je suis beaucoup plus favorable à l'expérimentation stylistique que d'autres, pourtant je dois bien remarquer que cette expérimentation a – à mes yeux, pour moi, ce qui n'a valeur que d'une simple opinion –, cette expérimentation, disais-je, a vocation à renforcer le savoir-faire stylistique (la technique).

Donc, l'expérimental en soi n'est pas une fin, mais, un moyen de parvenir à un certain degré de maîtrise technique...

Du moins, c'est la littérature expérimentale selon moi, car souvent innover veut aussi dire remettre en question de grands principes fondateurs pour mieux les dépasser !!