Le Monde de L'Écriture
Sous le soleil des topics => Discussions => Discussion démarrée par: Alan Tréard le 01 Août 2017 à 14:37:40
-
Tiens, je me demandais, qu'est-ce qu'une pensée révolutionnaire ?
En quoi peut-on dire qu'une pensée change son environnement ?
C'est vrai, ça, on parle souvent de "génie" qui "révolutionne" la pensée, qu'elle soit philosophique ou scientifique.
On parle de cela également lorsqu'une pratique ou une activité change ses concepts. C'est comme un quelque chose en plus qui n'existait pas avant.
Mais au fond, qu'est-ce qu'une pensée révolutionnaire ?
-
Aucune idée, je suis étrangère au concept.
Les actes qui découlent des pensées peuvent révolutionner un univers donné dans un référentiel donné. Mais les pensées seules, j'ai du mal à cerner ce qu'elles peuvent faire.
-
Tiens, je me demandais, qu'est-ce qu'une pensée révolutionnaire ?
En quoi peut-on dire qu'une pensée change son environnement ?
C'est vrai, ça, on parle souvent de "génie" qui "révolutionne" la pensée, qu'elle soit philosophique ou scientifique.
On parle de cela également lorsqu'une pratique ou une activité change ses concepts. C'est comme un quelque chose en plus qui n'existait pas avant.
Mais au fond, qu'est-ce qu'une pensée révolutionnaire ?
Une pensée est assez proche d’une idée. Si elle est révolutionnaire c’est qu’elle est en avance sur son temps. Mais il n’y a pas d’obligation de la mettre en œuvre.
Un peu dans le style de Jules Vernes, qui a utilisé dans ces livres des choses qui n’ont existé qu’après.
La différence reposerait sur le fait qu'une pensée serait plus immatérielle, alors qu’une idée porte sur quelque chose de concret.
-
Donc il faudrait penser par anticipation pour être révolutionnaire ?
-
Une pensée révolutionnaire ? :\? Une réflexion qui tourne en rond ? :mrgreen:
Non plus sérieusement, je pense qu'un pensée / idée révolutionnaire est une pensée qui sort des normes. Elle peut déjà avoir été émise, mais elle devient révolutionnaire quand elle est approfondie, développée. Une idée révolutionnaire rencontre forcement des détracteurs, des opposants. Il faut se battre (au sens figuré et parfois au sens propre) pour qu'elle soit acceptée par le plus grand nombre. Un exemple qui me vient parmi d'autre : la théorie de l'Evolution, aujourd'hui admise majoritairement (en tout cas en France) mais qui a été si décriée lorsque Darwin l'a élaborée. il avait l'Eglise et l'éducation catholique de la population contre lui à ce moment-là.
-
Donc il faudrait penser par anticipation pour être révolutionnaire ?
Non, tu penses au moment présent. Mais avec des concepts en avance sur leur temps.
Ce n'est qu'après qu'elles deviennent révolutionnaires.
L'exemple de LeMargoulin avec Darwin est très bien.
Même si pour moi, il ne faut pas obligatoirement que la pensée soit décriée lors qu'énoncée.
-
Donc, en aspirant à transformer le regard d'autrui dans son quotidien, on est révolutionnaire ?
-
Donc, en aspirant à transformer le regard d'autrui dans son quotidien, on est révolutionnaire ?
Non, car pour moi la phrase mise en application ne fait que changer la perception des choses.
-
Mais c'est quoi, alors, révolutionnaire ? Ce serait changer les habitudes et les croyances ?
-
Yéyéyé !
Les actes qui découlent des pensées peuvent révolutionner un univers donné dans un référentiel donné. Mais les pensées seules, j'ai du mal à cerner ce qu'elles peuvent faire.
Bonne remarque qui se répond à elle-même : de certaines pensées découlent les actes. Elles sont donc les déclencheuses...
Non plus sérieusement, je pense qu'un pensée / idée révolutionnaire est une pensée qui sort des normes.
Serait-elle révolutionnaire en puissance si elle sort des normes, et révolutionnaire en acte si elle les redéfinit ?
Une idée révolutionnaire rencontre forcement des détracteurs, des opposants. Il faut se battre (au sens figuré et parfois au sens propre) pour qu'elle soit acceptée par le plus grand nombre. Un exemple qui me vient parmi d'autre : la théorie de l'Evolution, aujourd'hui admise majoritairement (en tout cas en France) mais qui a été si décriée lorsque Darwin l'a élaborée. il avait l'Eglise et l'éducation catholique de la population contre lui à ce moment-là.
Schoppenhauer et sa phrase sur les différents stades de perception de la vérité va dans ce sens.
J'ajouterais que c'est une constante difficile à révolutionner : la masse jauge des normes et des conventions car elles sont sur le rail déjà établi de la pertinence et la performance de ces normes... lorsqu'une révolution vient, elle ébranle ces normes, ce qui crée une inquiétude déstabilisante dont la première réaction est le déni.
Le contexte expérimental et le temps font le reste.
Non, tu penses au moment présent. Mais avec des concepts en avance sur leur temps.
'En avance sur leur temps' est un point de vue rétroactif... tant qu'elle n'est pas admise comme nouvelle norme, une idée révolutionnaire n'est probablement qu'un potentiel non référençable dans le temps (sinon ce serait facile de prédire les révolutions, j'imagine).
Je veux dire : ce n'est qu'après coup qu'on dit avec justesse qu'une idée était en avance sur son temps. Lorsqu'on le dit au présent, c'est de la spéculation.
Donc, en aspirant à transformer le regard d'autrui dans son quotidien, on est révolutionnaire ?
Ca me semble pas mal, comme début d'approche.
J'ajouterai pour mon compte qu'une idée révolutionnaire part également (comme les réactions qu'elle suscite, je veux dire) du déni. Une incompatibilité entre la réalité et le rêve, que le révolutionnaire tend à faire correspondre...
Non ?
-
Mais c'est quoi, alors, révolutionnaire ? Ce serait changer les habitudes et les croyances ?
En gros oui. Car révolution implique une notion de changement, d’avant et après.
Techniquement, un individu peut déterminer s’il a une pensée révolutionnaire, avant le changement
Par contre pour le commun des mortels, il faudra le changement pour que la pensée soit perçue comme révolutionnaire.
Le domaine d’application de la pensée n’importe pas.
-
Techniquement, un individu peut déterminer s’il a une pensée révolutionnaire, avant le changement
Par contre pour le commun des mortels, il faudra le changement pour que la pensée soit perçue comme révolutionnaire.
+1
-
"Il faudra le changement pour que la pensée soit perçue révolutionnaire."
C'est justement la question que je me posais : Qu'est-ce que percevoir une pensée révolutionnaire ? En quoi puis-je dire d'une chose : "Je le perçois comme étant révolutionnaire." À quel moment vais-je moi-même commencer à percevoir une pensée comme étant révolutionnaire ?
-
Si c'est cet état de changement d'un temps à l'autre, alors toute spéculation serait métaphysique : le futur est incertain.
Et tout état des lieux ne serait qu'à visée historique : le passé est irrémédiable.
(je sais pas si je suis clair...)
-
À mon avis, cela vaudrait la peine que tu développes !
-
Si c'est cet état de changement d'un temps à l'autre, alors toute spéculation serait métaphysique : le futur est incertain.
Et tout état des lieux ne serait qu'à visée historique : le passé est irrémédiable.
(je sais pas si je suis clair...)
Je n’ai pas compris.
Je préfère cette version qui est pour moi est métaphysique.
Le passé est révolu, le futur inatteignable, éternellement nous vivons dans le présent.
Mais il n’y a aucune notion de révolution.
Pour moi, la réponse se trouve dans les choses précédentes que nous considérons révolutionnaires.
et déterminer pourquopi nous les considérons comme révolutionnaires.
-
Laiteuse go :
Percevoir une pensée révolutionnaire :
- Si c'est prédire qu'elle va révolutionner quelque chose, alors c'est une histoire de statistiques imprévisibles... tu pourrais avoir raison et te vanter d'avoir décodé l'avenir, mais ce ne serait à mon sens que le hasard (et un peu de bon sens, oui, j'avoue) qui t'aurais fait spéculer sur le bon cheval
- Si c'est attribuer un caractère révolutionnaire à une idée sans évaluer sa portée sur le réel, alors il s'agit d'un jugement personnel qui ne serait pas forcément partagé
- Si c'est confirmer qu'une idée passée fut révolutionnaire, alors c'est juste dire que ça a changé les choses
- Si c'est confirmer qu'une idée passée aurait pu être révolutionnaire, alors c'est encore une fois juger d'un temps et d'une réalité qui n'existe pas présentement.
-
Alors il n'y aurait pas de pensée révolutionnaire ?
-
Bah si on part là dessus, oui...
Dans les limites du langage qui s'éloignent substantiellement de la chose en soi, c'est une notion sans concept, comme les philosophes disent.
Dans la pratique, on arrive à s'entendre sur le terme qui renvoie à une idée plus ou moins précise...
On a les outils pour échanger dessus, donc autant s'en servir même si on sait que ça veut rien dire ^^
Dans l'absolu, effectivement, l'entité métaphysique indécelable et improuvable qu'on appelle Dieu n'userait même pas du terme, petit anecdote de l'univers...
Mais on s'éloigne du sujet !
M'est avis qu'il faut définir les champs d'utilisation du terme 'pensée révolutionnaire'.
- Révolutionnaire d'un point de vue absolu : y'a pas, on vient de le voir.
- Révolutionnaire d'un point de vue sociétal humain : un système qui en chasse un autre ?
-
Intéressant, un grand merci à toi pour ces évocations philosophiques, ça m'amène à changer ma conception de la Révolution.
Oui, en fait, ce que tu dis, c'est qu'une pensée révolutionnaire prendrait son sens dans un contexte social interne à une société et donc basé sur la diversité des perceptions. Il n'y a pas de ligne temporelle en tant que telle, les temporalités dépendraient des perceptions d'autrui.
Tu mets le doigt sur un concept essentiel : l'instant présent se définit non-seulement par des principes absolus, mais également par des principes relatifs.
-
Bin heu oui...
Mais Révolution avec un R majuscule n'a pas non plus la même définition que révolution avec un r minuscule...
D'ailleurs je suis pas sûr que Révolution tout court existe... Révolution Française, Anglaise... Révolution tout court serait une révolution politique où l'on amène la démocratie...?
Qui n'a rien à voir : en physique, révolution est synonyme de 'un tour de rotation'... l'éternel retour ? cycles d'(r)évolutions ?
Une autre question, quitte à digresser : comment les homonymes/homographes se construisent-ils ? Gardent-ils le lien qui les ont créés ?
Pour enchainer sur ta dernière intervention : 'tout est relatif' est absolu... sortir du dualisme, c'est accepter que les extrêmes incompatibles ne le soient pas. Donc oui, relatifs et absolus :)
Pour revenir au sujet et faire le point : une pensée révolutionnaire serait la charnière pré-matérielle d'un changement radical ? (en admettant cette hypothèse de travail qu'une pensée n'est pas un acte)
-
Si on admet que ces homonymes restent liés, doit-on en conclure que les révolutions ne font partie en réalité que d'un cycle, que d'un éternel recommencement ?
Si l'on considère les révolutions, par exemple, du printemps arabe, leur ont succédé des régimes militaires ou autre, annoncés comme démocratiques, voire des guerres civiles finalement pas plus enviables que les dictatures qui les précédaient. il y a eu révolution, dans les deux sens du terme.
-
voir Anacyclose (wikipédia) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Anacyclose)
-
On ne s'est pas attardés sur un des termes forts de ta question initiale, Alan :
Qu'est-ce qu'un génie ? Est-il forcément lié à une révolution ?
-
Oui, pour alimenter la discussion, j'ai par exemple souvent entendu : "Les Beatles, c'est des génies, ils ont révolutionné la musique !" ou encore "Le génie de Descartes, c'est d'avoir révolutionné la pensée scientifique."
Le mot révolution est intiment lié au mot génie, comme une connotation naturelle dans la continuité du savoir ou du savoir-faire.
-
Après une rapide recherche :
Génie vient du latin créer.
Peut-on lier révolution à création, si cela concerne une pensée, ou tout autre système ?
Dans la même famille et le plus couramment utilisé, le mot ingénieur.
En plus d'y retrouver l'idée de création, voire de révolution (l'invention du train, de... l'invention tout court, d'ailleurs, peut-être ce lien entre création et révolution), on assiste à un défi de performance que je ne peux m'empêcher de rattacher au mot. Un génie a des capacités, et il les travaille. Le résultat peut en effet, comme tu dis, être une révolution...
Mais une révolution est-elle forcément géniale (relevant du génie) ?
Telle est la question qui m'en découle...
-
Peut-être qu'après tout, un génie ne serait qu'un amuse-bouche, un quelque chose qui nous sort de ce quotidien terriblement rébarbatif... Comme une sorte de bal de fin d'année...
-
J’ai un nom et une pensée révolutionnaire :
Giordano Bruno, né en janvier 154 à Nola en Italie et mort le 17 février 1600 à Rome, est un ancien frère dominicain et philosophe. Sur la base des travaux de Nicolas Copernic et Nicolas de Cues, il développe la théorie de l'héliocentrisme et montre, de manière philosophique, la pertinence d'un univers infini, qui n'a pas de centre, peuplé d'une quantité innombrable d'astres et de mondes identiques au nôtre. Il compte au nombre des martyrs de la libre-pensée.
Source Wikipédia.
-
Ah ! Ben ça, il en faut pour tous les goûts !!