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C'est l'histoire d'une vitre. Le problème des vitres, c'est que c'est transparent, du coup, ça manque un peu d'épaisseur comme personnage principal. Pour remédier à ça, disons que c'est un double-vitrage. Et donc, cette vitre, comme toutes les vitres de sa génération, souffrait de l'isolement. Elle aurait bien aimé être une vitre de papier huilé, pleine de mystère et d'irrégularités. C'était le bon vieux temps que celui où on vivait sa vie de vitre intensément, en ne dévoilant que ce qu'on voulait bien, le soir à la lueur des chandelles. La durée de vie était plus courte, c'est indéniable, mais quel bonheur, que celui de se sentir vibrer sous l'impact du vent !
La vitre de mon histoire, elle a la bordure plastique et l'articulation élastique. Impressionnante de fonctionnalité, navrante de banalité. L'autre problème avec une histoire de fenêtre, c'est que c'est la porte ouverte à tous les jeux de mots. Ce matin, la vitre se rêvait teintée, alors que les rayons du soleil la traversaient, sans parvenir à la réchauffer. Ou alors, elle aurait pu être une vitre fêlée, une de celle qu'on n'ose pas toucher, de peur de ce qu'on pourrait provoquer. C'est beau, la fin d'une vitre. Une explosion en plein de petits morceaux, reflétant enfin toute la complexité de cet objet resté si longtemps lisse et immobile. Et puis, avec un peu de chance, ça s'orne du rouge de la personne qui s'est coupée en ramassant. Parfois, pas d'éclat, la vitre disparaît sans bruit dans les fours du recyclage et se pare de teintes à faire rougir, voir même pâlir tous les outils assez téméraires pour s'approcher d'elle.
Il paraît que si les vitres ne sont pas assez sages, elles finissent à la mer, bringuebalées aux quatre coins du globe lors d'un voyage initiatique destiné à leur apprendre à être dépolies. Rêver d'une fin grandiose ne change pas grand chose. Pour l'instant, elle est là, si transparente que personne ne lui prête attention. Pire : on évite son contact, de peur d'y laisser des traces de doigts, des empreintes qui lui donneraient corps. Une vitre idéale, c'est celle qu'on ne remarque pas. Elle, elle rêve d'une étreinte charnelle avec une ventouse. Ce baiser plein de vide qui lui laisserait une auréole de bonheur à la surface.
Finalement, rien ne se passe. C'est une vitre : on la ferme.
Introduction de la chute.
Une vitre idéale, c'est celle qu'on ne remarque pas.
Et donc la suite logique c’est « celle qu’on se prend dans la figure ».
Hello Kanimp, merci pour ton commentaire si gentil. :) Pour la chute, je vais y réfléchir, mais en fait, pour moi c'était une façon de répondre à Éveil par une pirouette : il m'a demandé de me livrer, ce que je ne fais pas vraiment. Et j'explique mon mutisme par cette "chute", ce que je perdrais en adoptant ta version (dans la vraie vie, je fonce dans les vitres, mais je suis pas encore transparente au point que les gens s'encastrent dans ma petite personne ^^ ).
@ Éveil : moi non plus, je ne m'attendais pas à ça. Disons que si ça avait pris des mois, j'aurais jamais rien fini alors j'ai un peu triché pour avoir au moins quelque chose à présenter. Merci pour la relecture attentive et le traquage de coquilles, je corrige ça de ce pas.
Je crois que j'ai jamais lu Ponge, en fait. J'ai juste googlé son nom pour pas être complètement à la plaque en répondant et ça me donne très envie de combler mes lacunes. Je vais peut-être bien me procurer Le parti pris des choses , tiens. En tout cas, d'après la lecture de l'extrait wikipédia, je prends la comparaison comme un très gentil compliment.
Et ouais, la critique sur la longueur est tout à fait justifiée. Faudrait peut-être que je tente de l'étoffer, mais j'ai peur de devenir lassante si j'en rajoute une couche. Tu penses que ça devrait être plus long ?
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Je l'ai relu, soit on prend tout le texte au premier degré, soit au deuxième. Il n'y a pas de raison de faire une entorse pour cette phrase.