La question que je pose est la suivante : Pourrait-on imaginer bénéficier d'un statut de « l'indépendance sociale » ou de « l'économie alternative » lorsque l'on ne s'inscrit absolument pas dans une institution ou dans un processus défini ? Ne devrait-on pas enrichir notre connaissance de l'économie, quitte à questionner la viabilité de certaines multinationales ? Créer ce genre d'étiquette ne permettrait-il pas de mieux identifier l'ampleur de ces activités non mesurées et d'engager de nouveaux projets ?Instinctivement, si l’on veut s’affranchir du système actuel, il faut le faire complètement et ignorer les concepts de statu.
Pour le moment, une activité non rentable est considérée comme nulle et non avenue, c'est le cas dans le secteur de l'édition, c'est l'héritage d'un pénible modèle économique où l'on ne s'occupe que de ce qui apparaît comme étant « gros » ou « compétitif » et ne considère pas une majeure partie de l'économie réelle.Les sociétés modernes n’utilisent plus les concepts de rentabilité. Qui en gros défini que quelque chose rapporte plus que ce qu’il à couté à produire.
Ce qui m'inquiète, c'est que tu te réfères comme à ton habitude à « ce qui devrait être » et non à ce qui est déjà.C’est parce que tout ce qui est alternatif au système actuel, est par définition illégal ou susceptible de l’être, car non géré par le système.
Le problème avec la logique de croissance, c'est qu'elle prend en compte intuitivement une logique de compétitivité. Concentrer l'économie uniquement sur de tels préceptes a tendance à appauvrir ce qui ressort des analyses. Cela ne me dérange pas, en somme, mais « ce qui devrait être » pourrait éventuellement avoir le droit de se distinguer d'une telle logique.C’est plus compliqué que cela. La logique de croissance va de pair avec la croissance de la société. Un jour la croissance de la société sera supérieure aux capacités de croissance de son maintien en vie et la société s’effondrera. Il en a toujours été ainsi et cela sera toujours comme cela.
Je comprends que la théorie de l'économie, qu'elle soit sociale, libérale ou autre ne se soit jamais attaquée à ce sujet autrement que par une logique empirique de rentabilité, et je ne lui en veux pas ; mais il serait tellement appauvrissant de bannir toute autre forme de théorie au profit d'une unique configuration ! Nous avons tant à apprendre les uns des autres qu'il serait bête de se priver d'une diversification des opinions sur un sujet qui concerne directement le livre !C’est ici qu’apparait l’aberration de la compétition entre activités. Je peux concevoir que si j’achète un paquet de poudre à lessiver chez Machin, je ne l’achèterais pas chez Bidule. Mais ce système, pour un livre n’a pas de sens. Car je peux acheter des livres chez Machin comme chez Bidule.
Je connais le discours de croissance qui se veut une réponse à la concurrence internationale qui nous terrifie et à cette mondialisation qui mettrait « naturellement » les pays en compétition.Il ne faut pas tout mélanger. Quel que soit le choix d’un système économique, il doit être cohérent avec lui-même.
Cela menace nos relations internationales.
Simplement, il doit pouvoir exister d'autres formes d'économie, au moins théoriquement... qui ne dépendent ni de rentabilité, ni de « moi je veux vivre et pouvoir manger », ni de s'inspirer d'une activité « qui marche ». Autrement dit, nous devons nous concentrer sur d'autres modèles économiques, c'est le seul moyen d'éviter de nouvelles crises, car quand un modèle échoue, celui du capitalisme, on doit pouvoir reposer sur les autres le temps que la situation s'améliore : les économies alternatives.Quelque que soit le système économique il reposera toujours sur «moi je veux vivre et pouvoir manger » car celui-là vient automatiquement avec son contraire « un peuple qui ne mange pas à sa faim part en révolution ». On pourrait se risquer (conditionnel législatif) à envisager une règle intermédiaire où un peuple qui créé lui-même sa nourriture, n’a plus besoin de participer au système capitaliste mondialisé et le conduit à sa perte.
Aucune activité ne vit par elle-même, c'est un concept absurde en soi que je ne t'aurais pas cru voir véhiculer.C’est parce que un système économique viable est un puzzle d’activités elles-mêmes viables et conçue pour tourner sur elle-même sans se gripper.
Une activité vit via les autres activités, soit qui sont en prolongement dans la chaîne de production, soit qui tout simplement apportent aux consommateurs l'argent qui leur servira pour consommer. Comment veux-tu payer un bouquin sans argent ? Ton libraire dépend donc de ton job.Es-tu certain de te donner les moyens de tes ambitions ?
Lorsque tu produis du pain, tu dépends non seulement du cours du blé, mais également des sous-sous que tes clients ont dans les poches, sans compter l'appétit du jour.Justement l’agriculteur produit le blé, le boulanger produit le pain et moi je l’achète.
Aucune activité ne vit par elle-même, c'est une absurdité. Partir de ce principe pour repenser l'économie est aussi réducteur qu'un discours de Le Pen un soir de diffamations.C’est justement ce que les médias utilisent pour contrecarrer dans l’œuf toute tentative de mise en œuvre d’un système viable comme étant de vilains néonazis.
Toute ta démonstration repose sur une illusion !En réalité, je suis un pur produit du capitalisme. Scolairement, un informaticien industriel conçu pour supprimer l’élément humain des chaînes de production, car pour la course à la maximisation des profits ce ne sert à rien ce machin-là.
Ainsi, les multinationales ne dépendent pas seulement de leur propre capacité à produire, elles dépendent également de la capacité des autres à maintenir une stabilité.Ah non, pérenniser une activité signifie éviter le suicide pas de tuer le voisin. Tout système économique utilisera à peu de chose près les mêmes concepts. C’est la manière de les mettent en œuvre qui le change le système économique en profondeur.
Simplement on parle là d'un modèle dit « capitaliste ». On reste encore sur une logique de pérennisation d'une activité en compétition.
Il existe de nombreuses autres activités reposant sur le don ou la subvention, reposant sur des besoins plus immatériels tels les services et les transferts, reposant sur la propriété intellectuelle ou la recherche. Je vais même aller plus loin, une bonne grosse multinationale dépend d'une multitude de facteurs non-identifiés, de questions de design ou de mode, de besoins politiques ou religieux.Sans remettre le bien-fondé des donations. Un système économique qui repose sur cela j’appelle cela de l’esclavagisme ou du contrôle de population.
Je ne sais pas pourquoi, je sens que les usines à énergies renouvelables vont fonctionner à plein régime très prochainement ! Elles vont soudainement devenir très compétitives !! Comme par magie !! !!J’en doute, cela ne marche pas leur truc.
La qualité de créer un statut de l'indépendance sociale ne s'en va pas effacer les autres propriétés, elle s'en va les enrichir d'une grille d'analyse en plus.Où faire comme dans le system marketing actuel, mettre une étoile sur un truc qui ne se vend pas pour le vendre. Je ne suis pas convaincu de l’intérêt.
Lorsque je fais mes recherches sur l'édition indépendante ou sur les librairies indépendantes, je suis obligé d'aller poser des questions directement aux actrices et acteurs de cette économie ; je ne peux nullement bénéficier de bouquins qui analysent la situation avec précision (même s'il en existe quelques rares exemplaires...), en revanche, si je m'en vais chercher comment rentabiliser ma surface de 12m², ou comment rentabiliser mon potager, je ne manque pas de documentation sur le sujet...Pour tous ce qui est relatif à l’économie, j’utilise mes cours d’école. Avec ma marotte la vente marginale. Comment maximiser ses bénéfices en vendant à moitié prix (comme les soldes). Pour le reste j’écoute ou lit ce que les politiciens, économistes ou autre raconte et je fais le tri dans toutes ces informations.
Le livre mérite-t-il si peu à nos yeux ? N'aime-t-on pas ses auteurs qu'on croyait sans avenir et qui finalement... ? N'a-t-on pas d'intérêt pour l'édition locale qui assure un travail de mémoire fondamental qu'aucune université (même privatisée...) ne fera sur le terrain ?De ce que j’ai pu voir le livre reprend du flambeau justement à cause des carences scolaires (du moins c’est une explication que j’ai vue)
Bref, pourrait-on s'imaginer avoir un intérêt pour ces économies alternatives qui pérennisent l'économie capitaliste, avec comme facteur d'étude autre chose que la compétitivité ou la rentabilité ? Sans ces activités tierces, le capitalisme aurait bien du mal à nourrir ses ambitions.Dès fois, j’ai du mal à te suivre. L’économie capitaliste détruit tout. Pourquoi crée un système alternatif au capitalisme qui le maintien en place. Car de fait, l’économie alternative n’en a que le nom.
Je vais même aller plus loin, si tu considères ces activités indépendantes non rentables comme étant inexistantes, tu te rends toi-même incapable de donner une identité aux activités « qui marchent » (il faut bien qu'il y ait des choses qui ne « marchent pas » avec un statut pour qu'il y ait par ailleurs des choses « qui marchent » s'en distinguant).Rentable ou non, aucune activité n’est indépendante. Parce que toute activité d’aujourd’hui est gérée par le système économique actuel. C’est comme cela, c’est légal, c’est impossible de s’en affranchir.
Pour une maison d'édition qui a du « succès » (encore un facteur de compétitivité...) des dizaines d'autres restent dans l'ombre. Ainsi, bien plus d'emplois sont concernés par l'édition indépendante que par l'édition traditionnelle, et en matière d'économie, on sait ce que cela représente...Ce que tu énonces est un problème de visibilité et non d’activité. Le bouche à oreille c’est pas mal comme système de promotion populaire.
Un dernier commentaire, la réputation est elle-même un marché à part entière. Si l'on base la réputation d'une entreprise sur son chiffre d'affaire, on en détruit des dizaines d'autres. Peut-être faudrait-il d'autres moyens de se construire une réputation que de faire du chiffre, du chiffre et du chiffre (surtout pour une économie des lettres...) ?Revenir à l’ancien critère, la qualité.
C’est parce que tout ce qui est alternatif au système actuel, est par définition illégal ou susceptible de l’être, car non géré par le système.Tu définis un système qui serait pyramidale, ce serait celui qui représente le chef parmi les chefs, celui qui serait supérieur aux autres, et qui gère ses sujets.
C’est plus compliqué que cela. La logique de croissance va de pair avec la croissance de la société. Un jour la croissance de la société sera supérieure aux capacités de croissance de son maintien en vie et la société s’effondrera. Il en a toujours été ainsi et cela sera toujours comme cela.Idem, tu définis ce « qu'est un système de croissance » dans le sens capitaliste du terme. Ce que tu appelles « croissance » correspond à un pourcentage d'augmentation, à une comparaison d'une année sur l'autre ; ces comparaisons chiffrées étant elles-mêmes intrinsèques à la compétition.
Là où le bât blesse, c’est lorsque c’est lorsque la croissance de la société repose sur un système en compétition. Particulièrement lorsque cette compétition force des intervenants à s’opposer alors que cette compétition n’est pas naturelle.
Remarque : le facteur qui causera la perte d’une société est connu. Depuis des milliers d’années c’est toujours le même. La capacité autonome de produire sa propre nourriture.
C’est ici qu’apparait l’aberration de la compétition entre activités. Je peux concevoir que si j’achète un paquet de poudre à lessiver chez Machin, je ne l’achèterais pas chez Bidule. Mais ce système, pour un livre n’a pas de sens. Car je peux acheter des livres chez Machin comme chez Bidule.Idem, tu mets Machin et Bidule sur le même plan de compétition : ils ont tous les deux une librairie... Du coup tu ne considérerais pas le fait que leurs intérêts peuvent se coordonner plutôt qu'entrer en compétition (Machin est copain avec Bidule, il sait que Bidule vend du genre policier et fantastique car il en est passionné, Machin s'entend avec lui sur un principe de cohabitation, Machin vend donc de la littérature engagée et de la poésie, soit deux librairies stables, aucune ne prend le dessus sur l'autre, zéro compétition).
Soit on opte pour un système économique mondialisé qui fâche les populations locales.Idem, tu proposes l'éternel discours, tu opposes un modèle capitaliste mondialisé à un modèle capitaliste auto-centré, tu les mets en compétition via ton petit descriptif savamment résumé, tu proposes au gens de voter pour l'un ou pour l'autre.
Soit on opte pour un système économique localisé qui fâche sur le plan international.
Quelque que soit le système économique il reposera toujours sur «moi je veux vivre et pouvoir manger » car celui-là vient automatiquement avec son contraire « un peuple qui ne mange pas à sa faim part en révolution ». On pourrait se risquer (conditionnel législatif) à envisager une règle intermédiaire où un peuple qui créé lui-même sa nourriture, n’a plus besoin de participer au système capitaliste mondialisé et le conduit à sa perte.Non, l'obsession de nourrir sa population, je la comprends. Mais il faut bien imaginer qu'il existe autre chose que des bananes et des patates, il existe beaucoup d'autres choses. On ne va quand même pas mettre en compétition les patates et les livres !? C'est une absurdité !!
C’est parce que un système économique viable est un puzzle d’activités elles-mêmes viables et conçue pour tourner sur elle-même sans se gripper.Je pense que nous serions en capacité de diversifier les transactions. Aujourd'hui, la seule condition d'achat autorisée et conseillée est la compétitivité d'un produit. Si c'est pas cher, ou moins cher que la moyenne, on achète. Le reste des critères ne constitue pas un argument de vente, malheureusement. Au pire, si tu désespère de vendre un produit, on te conseille de participer à une compétition pour en obtenir la médaille...
Un système économique qui est conçu sur les transactions entre activités, repose en réalité sur le commerce, la mondialisation et la course à la puissance.
Es-tu certain de te donner les moyens de tes ambitions ?Je vais revenir sur cette distinction entre « indépendance sociale » et « vivre par soi-même » un peu plus bas, mais je te fais malgré tout remarquer que tu pars d'un principe de compétition et d'ambition au sein même d'une discussion, cher ami !
Justement l’agriculteur produit le blé, le boulanger produit le pain et moi je l’achète.Tu instaures une compétition entre spéculateur et paysan. Celle-ci existe éventuellement, mais je ne consens pas à en faire un principe solide, il te faudrait d'autres arguments que celui de prétendre que « toute économie est compétitive ».
Pourquoi s’encombrer d’un cours du blé qui n’a pour effet que d’appauvrir le paysan, de réduire les bénéfices du boulanger et de m’obliger à acheter un pain hors de prix.
Toute cela parque qu’il y a un intervenant supplémentaire inutile nommé spéculateur qui s’en met plein les poches.
C’est justement ce que les médias utilisent pour contrecarrer dans l’œuf toute tentative de mise en œuvre d’un système viable comme étant de vilains néonazis.Alors, ici, tu décrètes une compétition entre médias, néonazis, systèmes alternatifs et politiciens...
Bref, soit on discute de système économique. Soit on discute d’idéologie et d’extermination. Dans tous les cas, on ne mélange pas les genres.
Le changement du système économique à un autre peut reposer sur le néonazisme. Parce que ces gens-là sont dangereux et parfaitement capable de mettre l4europe à feu et à sang. Mais cela c’est de la politique.
En réalité, je suis un pur produit du capitalisme. Scolairement, un informaticien industriel conçu pour supprimer l’élément humain des chaînes de production, car pour la course à la maximisation des profits ce ne sert à rien ce machin-là.Alors cette fois-ci, nous avons deux camps, une compétition entre ceux qui aiment l'humain et ceux qui veulent le détruire...
Depuis j’ai changé mon fusil d’épaule.
Ah non, pérenniser une activité signifie éviter le suicide pas de tuer le voisin. Tout système économique utilisera à peu de chose près les mêmes concepts. C’est la manière de les mettent en œuvre qui le change le système économique en profondeur.Là-dessus je suis fondamentalement opposé à ton propos. Pérenniser une activité doit répondre à un besoin, non à une loi morale. Prétendre que tout système économique utilisera à peu de choses près les mêmes concepts, c'est de faire d'un éditeur un vendeur de patates. Pardonne-moi, mais ce n'est même plus élitiste, c'est carrément obscurantiste, là.
Sans remettre le bien-fondé des donations. Un système économique qui repose sur cela j’appelle cela de l’esclavagisme ou du contrôle de population.?? Et quand des classes populaires font des dons, elles asservissent les organismes auxquels elles donnent ??
Un système qui repose sur la facturation de choses immatérielles c’est du capitalisme pur et dur.Je ne comprends pas, désolé.
La propriété intellectuelle ou la recherche n’a rien à voir avec un système économique, même si c’est un de ses constituants.Ben bien sûr, tu nous effaces tout un secteur d'activité en deux mots ! Rien de tout cela n'existe, n'y pensons plus...
Pour les besoins d’une multinationale, je ne vois pas où tu veux en venir.Une multinationale repose en partie sur des facteurs contraires à la compétition : curiosité, identité, opinion, affinités.
J’en doute, cela ne marche pas leur truc.Pourquoi pas ? Je trouve que tu démontres là un intérêt à « penser capitaliste », à servir les intérêts des particuliers en leur proposant un modèle compétitif ; simplement les bons côtés du modèle ne doivent pas justifier une chasse à la diversité, on ne va pas tous investir dans l'électricité, il faut bien que d'autres activités existent (notamment pour anticiper les éventuels travers d'un tel projet). Bien sûr, chacune et chacun pourrait être auto-suffisant en matière d'énergie, et je devine par avance que cela passera par la mise en compétition des particuliers...
La production d’énergie à deux états. Le premier celui de fournir l’électricité normalement consommé.
Le deuxième consiste à satisfaire les pics de consommation.
Donc avoir des centrales qui fonctionnent en permanence et d’autres qui démarrent sur commande.
Comme les énergies renouvelables se basent sur l’éolien ou le photovoltaïque, ce type d’installation n’est pas capable de satisfaire la demande, au mieux les anciennes installations peuvent être réduite.
Si on veut réellement passer en énergie renouvelable, actuellement, il n’y a que les barrages. Avec tous les inconvénients qui empêche de s’en servir.
Remarque qu’il y a un moyen de passer en énergie renouvelle c’est que chaque ménage possède une éolienne et du photovoltaïque et une grosse batterie.
Pour l’instant c’est hors de prix. Approximativement : 46.000 € pour un arbre à vent (sans coût de transport ni d’installation). 25.000 € pour le photovoltaïque et l’éolien (les rectangulaires). L’installation de la batterie c’est 10.000 €.
Je pense que celui sera tôt ou tard mis en œuvre et plantera complètement les méthodes de gestion énergétique capitaliste actuelle. Mais ce n’est pas pour tout de suite.
Où faire comme dans le system marketing actuel, mettre une étoile sur un truc qui ne se vend pas pour le vendre. Je ne suis pas convaincu de l’intérêt.D'abord, si tu ne vois pas l'intérêt de mettre une étoile sur l'édition indépendante, et que le modèle actuel te sied à merveille, j'ai un long chemin à faire devant moi pour te convaincre qu'il ne fonctionne pas ! Ensuite, le principe d'une étoile est qu'elle se réfère à un système de 1 à 5, un modèle chiffré. Le mot statut évoque une identité, une particularité. Cela fait deux ans que j'en parle, le monde du livre est en train de crever, il faut qu'on réagisse au plus vite.
Pour tous ce qui est relatif à l’économie, j’utilise mes cours d’école. Avec ma marotte la vente marginale. Comment maximiser ses bénéfices en vendant à moitié prix (comme les soldes). Pour le reste j’écoute ou lit ce que les politiciens, économistes ou autre raconte et je fais le tri dans toutes ces informations.Trop drôle !!
Pour le reste je m’intéresse à l’Aquaponie. Me reste plus qu’à décider ma femme à en mettre un dans le salon. Je suis confiant.
De ce que j’ai pu voir le livre reprend du flambeau justement à cause des carences scolaires (du moins c’est une explication que j’ai vue)Oui, c'est peut-être à cause du machin qu'on avait oublié de rappeler quand on s'était parlé l'autre fois...
Dès fois, j’ai du mal à te suivre. L’économie capitaliste détruit tout. Pourquoi crée un système alternatif au capitalisme qui le maintien en place. Car de fait, l’économie alternative n’en a que le nom.Au contraire, il s'agit d'une économie alternative dans le sens où elle est toujours en contradiction avec elle-même. Il faut envisager qu'on peut quitter un modèle de rentabilité, au moins pour soi-même (il ne s'agit pas, une fois de plus je le rappelle, de faire la compétition aux capitalistes, ça n'a pas de sens !). Le principe d'utiliser une alternative, c'est que le modèle présent ne répond plus à un besoin particulier, et que le particulier cherche donc une alternative.
Rentable ou non, aucune activité n’est indépendante. Parce que toute activité d’aujourd’hui est gérée par le système économique actuel. C’est comme cela, c’est légal, c’est impossible de s’en affranchir.
Pour reprendre l’exemple précédent du boulanger. Au lieu d’utiliser un statu commercial, il peut créer une ASBL en Belgique loi 1901 en France (sous réserve le droit français je ne connais pas trop).
C’est comme ça qu’ils ont fait dans mon village avec des graines de blé ancien, avec moi d’eau qui permet au pain de se conserver une semaine etc.
Mais quel que soit le secteur d’activité, il est impératif que le gain de vente de la production soit supérieur à aux coûts de production. Sinon la pérennité n’est pas assurée.
Non ! Les maisons d'éditions gagnent en visibilité via le chiffre d'affaire. Ce n'est pas possible. Or si tu gagnes en visibilité via un statut d'indépendance, avec une identité confirmée et un statut reconnu, tu crées une confiance de manière plus porteuse et plus dynamique.Pour une maison d'édition qui a du « succès » (encore un facteur de compétitivité...) des dizaines d'autres restent dans l'ombre. Ainsi, bien plus d'emplois sont concernés par l'édition indépendante que par l'édition traditionnelle, et en matière d'économie, on sait ce que cela représente...Ce que tu énonces est un problème de visibilité et non d’activité. Le bouche à oreille c’est pas mal comme système de promotion populaire.
Revenir à l’ancien critère, la qualité.Pas forcément.
Je pensais aux Sumériens et aux Khmers. Leur population respective s’accroissait. Pour les premiers à force de cultiver le sel contenu dans les terres est remonté à la surface et faute de pouvoir cultiver en suffisance la civilisation sumérienne à disparut. Pour les Khmers les besoins en irrigation était tel que par défaut de construction, ils ont noyé la ville. Fin du parcours pour eux.C’est plus compliqué que cela. La logique de croissance va de pair avec la croissance de la société. Un jour la croissance de la société sera supérieure aux capacités de croissance de son maintien en vie et la société s’effondrera. Il en a toujours été ainsi et cela sera toujours comme cela.Idem, tu définis ce « qu'est un système de croissance » dans le sens capitaliste du terme. Ce que tu appelles « croissance » correspond à un pourcentage d'augmentation, à une comparaison d'une année sur l'autre ; ces comparaisons chiffrées étant elles-mêmes intrinsèques à la compétition.
Là où le bât blesse, c’est lorsque c’est lorsque la croissance de la société repose sur un système en compétition. Particulièrement lorsque cette compétition force des intervenants à s’opposer alors que cette compétition n’est pas naturelle.
Remarque : le facteur qui causera la perte d’une société est connu. Depuis des milliers d’années c’est toujours le même. La capacité autonome de produire sa propre nourriture.
Je me suis mal exprimé visiblement, comme tu parlais de maisons d’édition. Je n’ai pas jugé utile de préciser que je parlais en livre différents et non en lieux de vente différents.C’est ici qu’apparait l’aberration de la compétition entre activités. Je peux concevoir que si j’achète un paquet de poudre à lessiver chez Machin, je ne l’achèterais pas chez Bidule. Mais ce système, pour un livre n’a pas de sens. Car je peux acheter des livres chez Machin comme chez Bidule.Idem, tu mets Machin et Bidule sur le même plan de compétition : ils ont tous les deux une librairie... Du coup tu ne considérerais pas le fait que leurs intérêts peuvent se coordonner plutôt qu'entrer en compétition (Machin est copain avec Bidule, il sait que Bidule vend du genre policier et fantastique car il en est passionné, Machin s'entend avec lui sur un principe de cohabitation, Machin vend donc de la littérature engagée et de la poésie, soit deux librairies stables, aucune ne prend le dessus sur l'autre, zéro compétition).
Tout dépend du point de vue et je crois que tu comprendras plus loin.Quelque que soit le système économique il reposera toujours sur «moi je veux vivre et pouvoir manger » car celui-là vient automatiquement avec son contraire « un peuple qui ne mange pas à sa faim part en révolution ». On pourrait se risquer (conditionnel législatif) à envisager une règle intermédiaire où un peuple qui créé lui-même sa nourriture, n’a plus besoin de participer au système capitaliste mondialisé et le conduit à sa perte.Non, l'obsession de nourrir sa population, je la comprends. Mais il faut bien imaginer qu'il existe autre chose que des bananes et des patates, il existe beaucoup d'autres choses. On ne va quand même pas mettre en compétition les patates et les livres !? C'est une absurdité !!
(PS : je rappelle qu'en mai 68, tout le monde pouvait manger à sa faim... idem aujourd'hui, la faim n'est pas l'unique sujet de soulèvement, arrêtons d'infantiliser un peuple.)
Non, tu explique ton sujet et pour moi il part dans tous les sens. Et je te réponds sur ce que je comprends ou pas.Es-tu certain de te donner les moyens de tes ambitions ?Je vais revenir sur cette distinction entre « indépendance sociale » et « vivre par soi-même » un peu plus bas, mais je te fais malgré tout remarquer que tu pars d'un principe de compétition et d'ambition au sein même d'une discussion, cher ami !
Je n’instaure absolument pas de compétition entre le paysan et le spéculateur.Justement l’agriculteur produit le blé, le boulanger produit le pain et moi je l’achète.Tu instaures une compétition entre spéculateur et paysan. Celle-ci existe éventuellement, mais je ne consens pas à en faire un principe solide, il te faudrait d'autres arguments que celui de prétendre que « toute économie est compétitive ».
Pourquoi s’encombrer d’un cours du blé qui n’a pour effet que d’appauvrir le paysan, de réduire les bénéfices du boulanger et de m’obliger à acheter un pain hors de prix.
Toute cela parque qu’il y a un intervenant supplémentaire inutile nommé spéculateur qui s’en met plein les poches.
Initialement je répondais à ceci :C’est justement ce que les médias utilisent pour contrecarrer dans l’œuf toute tentative de mise en œuvre d’un système viable comme étant de vilains néonazis.Alors, ici, tu décrètes une compétition entre médias, néonazis, systèmes alternatifs et politiciens...
Bref, soit on discute de système économique. Soit on discute d’idéologie et d’extermination. Dans tous les cas, on ne mélange pas les genres.
Le changement du système économique à un autre peut reposer sur le néonazisme. Parce que ces gens-là sont dangereux et parfaitement capable de mettre l4europe à feu et à sang. Mais cela c’est de la politique.
Un carré d'As !
On ne doit pas parler de la même chose. Une multinationale pour moi, c’est un truc qui délocalise pour maximiser ses profits. Qui licencie son personnel pour atteindre un bénéfice planifié. Ce genre de chose.Pour les besoins d’une multinationale, je ne vois pas où tu veux en venir.Une multinationale repose en partie sur des facteurs contraires à la compétition : curiosité, identité, opinion, affinités.
Maitenant j’ai compris la raison de notre incompréhension.Soit on opte pour un système économique mondialisé qui fâche les populations locales.Idem, tu proposes l'éternel discours, tu opposes un modèle capitaliste mondialisé à un modèle capitaliste auto-centré, tu les mets en compétition via ton petit descriptif savamment résumé, tu proposes au gens de voter pour l'un ou pour l'autre.
Soit on opte pour un système économique localisé qui fâche sur le plan international.
Considérer la compétition comme étant le seul critère d'analyse est un appauvrissement de l'intellect.
Bref, on devrait avoir le droit de choisir un « ni ni ».
Non mais c'est dingue, ça !Si pour avoir un futur pour mes enfants ce que j’appelle le progrès. Pour avoir une meilleur qualité de vie ce que j’appelle aussi le progrès. Un retour de trente ans en arrière, ce n’est pas un problème.
On ne va quand même pas revenir trente ans en arrière...
J'ai conscience qu'il y a eu une éternelle opposition entre "libéralisme mondial" et "socialiste nationalisation", mais on peut quand même sortir de ce schéma fermé, non ?Oui, parce qu’il y a surement plein de choses qui n’ont pas été essayée et parmi elles certainement une qui fonctionne mieux que les deux précités.
En plus, il s'agit de politiques économiques, ce dont tu me parles, ce qui n'a absolument rien a voir avec le principe que je propose. J'ai conscience que certains théoriciens se servaient d'une politique à la mode pour pondre un bouquin d'économie allant dans le sens de l'opinion, mais fais-moi le plaisir de ne pas m'y inclure, Kanimp. Je cherche quelque chose de compatible avec nos réalités respectives, pas quelque chose de rentable !Dans le cadre notre discussion, politique économique ou système économie sont synonymes.
Un capitalisme auto-centré signifie que la compétition devrait se mener via une fermeture des frontières qui permettrait au pays d'organiser sa défense face à un danger international. Cela parle également de compétitivité des fermes et élevages, histoire d'être préparé à une éventuelle guerre. En gros, il y aurait une compétition naturelle entre les pays, et ce serait pourquoi il faudrait privilégier l'activité nationale au déficit des importations.La fermeture des frontières implique qu’il n’y a plus de compétition entre pays, c’est une première chose. L’autre c’est qu’elle favorise l’économie locale au niveau d’un pays complet.
Bon, dynamiser une économie alternative ne va pas affaiblir l'économie traditionnelle, et puis il 'agit là de dynamiser des économies locales comme l'édition indépendante. Tu ne crois quand même pas qu'en renforçant l'économie alternative d'un pays, on en bousille la population ! Bref, cela ne signifie pas combattre les multinationales sur le terrain de la compétition, faut voir le monde autrement, l'ami.Ici compatible signifie de la vente au détail (ferme) ou personnalisé (artisans).
Il s'agit là de proposer un statut de l'indépendance sociale dont le facteur fondamental est la compatibilité avec une demande ultra-diversifiée, c'est le cas dans de nombreux secteurs. Et lorsque le besoin se fait de défendre un « bien national », il faut chercher un modèle compatible avec la demande, sans pour autant bousiller les bonnes habitudes (les mauvaises habitudes, en revanche, il vaut mieux les corriger...).
Certains artisans ou petits entrepreneurs travaillent aujourd'hui dans la misère, et ils ne vont pas détruire leur activité pour autant. Il faut pouvoir répondre à cette demande aussi particulière que diversifiée.
C'est le cas des petites fermes, n'étant pas rentables, elles ont toutes les bonnes raisons de devenir compatibles à des demandes plus marginales que celles des supermarchés, d'être compatibles à une multitude de demandes particulières.
C'est le cas également de l'édition indépendante.Justement non, Car le livre est un objet culturel qui n’est pas régit par les règles de l’économie locale. À moins que l’ouvrage concerné ne soit si spécifique, qu’il n’y ait de sens que dans sa zone d’édition géographique.
Et puis on ne va pas priver un secteur impliquant une multitude d'acteurs au profit d'un gros oisillon !Et si le gros oisillon est un coucou.
Je ne comprends pas pourquoi tu détournes le sujet en voulant faire comme si tu étais plus intelligent que moi ! Il ne s'agit pas de briller, mais de voir juste. En toute modestie, je souhaite proposer un autre modèle, cela ne devrait pas apparaître comme étant un quelconque affront. On fait des recherches, on perçoit des manques dans le secteur du livre, et on cherche des solutions.Rien n’à voir. Lorsque tu mènes ton combat, il t’obnubile tellement que tu le vois partout.
Tu es intelligent et bien documenté, mais cela ne fait pas de ma proposition de statut de l'indépendance sociale un sujet qu'il faudrait ignorer au profit de l'histoire des Sumériens.
Bientôt on va me dire que je fais du mal à l'économie parce que je discute tranquillement du livre sur un forum d'écrivains !!Techniquement parlant, tu t’exprimes sur le forum d’une manière et pire tu incites ceux qui te lisent à acheter des livres autre et ailleurs que ceux distribué par les multinationales. Tu laisses supposer ces dernières qu’elles perdront un bénéfice supplémentaire d’une somme supérieur ou égal à un euro. C’est au moins du niveau d’un crime contre l’humanité.
Rien n’à voir. Lorsque tu mènes ton combat, il t’obnubile tellement que tu le vois partout.Tu m'incites à revenir sur ce passage.
Le sujet initial (grosso modo) Les petites maisons d’édition peinent à vivre car n’ont de visibilité que les grosses maisons qui ne s’intéressent qu’aux sujets rentables.
Il y a donc une inconsciemment une notion de compétition entre les deux intervenants. Notion que je retrouve partout dans tes propos et même dans le cadre de notre discussion.
Alors que je ne fais qu’essayer de comprendre ce que tu veux faire et dans la mesure du possible t’aider du mieux que je peux.
Le sujet initial a pour solution la création d’un label et cela s’appelle « Indépendance sociale » ou « économie alternative »
L’indépendance sociale, je suis bien en peine de donner une définition. Par sa terminologie elle est pour moi elle est relative aux personnes physiques.
L’économie alternative, la définition que j’en donnerai c’est qu’elle se substitue à l’existante, le libéralisme mondialisé (même si les deux fonctionnent en parallèle). Au vu de la discussion, c’est la réponse aux besoins sans être rentable. Pour moi tout système économique doit être rentable. Mais aussi doit cyclé sur lui-même. Le terme économie sur base du sujet principal est fallacieux.
Bref, malgré toutes les explications que tu m’as données pour me dire que c’est indispensable, je n’ai pas compris comment il fonctionne et encore moins pourquoi il le fera.
Par rapport au système de label lui-même.
Je n’en vois pas l’utilité. Car déjà pour qu’il soit vu, il y a besoin de diffusion de masse.
Par contre les labels, je commence à les trouver de plus en plus ennuyant car cela tend à devenir une manière pour que quelqu’un d’autre décide à ma place de ce qui est bien ou pas.
Pour en revenir à ta vision de l'entreprise nécessairement rentable, Kanimp, je ne suis pas bien sûr que tu m'aies compris. On ne verrait pas l'utilité d'entreprendre, d'écrire, de publier, de lire ? Sauf si c'est rentable ? Ça ne me paraît pas cohérent.Pourtant ça l’est. Je me suis inscrit sur le MDE pour apprendre à écrire. Dans le monde réel, je dois faire vivre ma petite famille. Ma prose me permet-elle d’en vivre. La réponse est non. Donc je fais autre chose et j’écris quand j’ai le temps.
Mon principe est simple : le jour où l'économie traditionnelle ne permettra plus de créer des emplois (qu'elle qu'en soit la raison), l'économie alternative permettra de rééquilibrer la situation.L’économie traditionnelle est synonyme de l’économie actuelle. Les discours des politiciens de créations d’emplois reposent sur des emplois précaires. La diminution du chômage repose sur la non comptabilisation des gens qui en sont rayés. Ta hantise que tu conjugues au futur est aujourd’hui a conjugué au passé.
Tu dois bien imaginer qu'il existe de nombreux facteurs (réchauffement climatique, guerre, dysfonctionnement du processus économique traditionnel) qui ne peuvent nullement être prévus à l'avance, et qui donnent tout son sens à l'entreprise indépendante dans ce qu'elle a de fondamentalement innovant.Allan, de temps à autre, il convient d’avoir un minimum les pieds sur terre. Peu importe le comme on y va, le mur nous allons le prendre dans la joie et la bonne humeur tout en appuyant sur l’accélérateur.
Le jour où tu n'auras plus de quoi nourrir ta famille, tu t'orienteras naturellement vers une économie alternative.Euh non, déjà c’est un point qui m’a toujours tracassé et ce même avant d’avoir des enfants.
Sur dix modèles alternatifs, un seul apporte une solution majeure, mais ce sont les neuf autres qui ont fait survivre ce modèle via l'économie alternative (le temps qu'il soit reconnu) ; cette économie fonctionne sur un réseau tout à fait renouvelable.Actuellement, la seule économie alternative que je connais c’est l’utilisation de monnaies locales. Quelques communes belges ont commencé à mettre en route, mais pas la mienne.
Simplement, tu dois comprendre qu'il y a des situations dans lesquelles on ne sait pas si un investissement sera rentable ou non, comme signer un contrat avec un auteur par exemple ; cela n'empêchera pas l'entreprise d'investir, car sans cette prise de risque, il n'y a pas d'activité.Ah non, ce n’est pas vrai du tout.
En ce qui concerne le livre non rentable, il le sera peut-être dans dix ans, est-ce que cela en fait une « non activité » ?J’avais géré ce point pourtant :
Enfin, en ce qui concerne le catalogue, je pose la question suivante : comment s'est-il constitué ?Un auteur demande d’être édité et accepte les conditions d’éditions.
Est-il basé sur un réseau large et diversifié ou bénéficie-t-il d'un financement occulte ?En gros relis mon poste précédent.
Est-il au service de quelque idéologie majoritaire et rentable ou répond-il à un besoin réel ?Ce contrôle incombe à l’éditeur.
Donc faut-il que l'institution invite toutes les maisons d'édition à suivre ta proposition, Kanimp ? Je n'en sais rien, il faut voir si c'est viable pour le marché du livre.
Je suis désolé, Kanimp, mais il faudrait accepter d'autres formes d'économie dans lesquelles les gens auraient le droit d'aller mettre leurs sous-sous, au moins par liberté.C’est juste une formulation différente de la règle élémentaire du capitalisme. « On est quelqu’un si on est riche ou l’on enrichit quelqu’un d’autres. Dans tous les autres cas on n’existe pas. »
Ici, la société d’édition que tu essayes de défendre est un acteur rentable.J’ai mis toute l’édition d’un livre en production marginale à partir de la deuxième fournée.
C’est-à-dire une société qui obtient un bénéfice en vendant des livres.
Comme tout acteur économique, elle doit atteindre le seuil de rentabilité au plus vite et cela se reflètera dans la diversité de son catalogue.
Supposons qu’une précommandé existe pour 50 livres. Connaissant les coûts d’impression, je peux en imprimer 150, je me limite à 100.
Ainsi les 50 livres précommandés permettent l’impression de 100 livre avec un seuil de rentabilité atteint et même avec un faible bénéfice.
Cela permet de créé un petit budget pour les temps difficile. Mais aussi pour investir.
La vente des 50 autres livres augmentera le bénéfice.
Le véritable bénéfice proviendrait des bestsellers sortit du catalogue étoffé continuellement sans prises de risques économiques.
Écoute Kanimp, ta vision néfaste du livre ne me fait vraiment pas du tout rire.Le seul truc que j’ai détaillé c’est quelques techniques d’une multinationale.
Tu vois la prescription auprès des jeunes éditeurs avec un tel cynisme que cela m'horrifie.
De nombreuses maisons d'édition ont suivi ce conseil que tu donnes avec une bonne dose d'autorité : elles ont coulé. Faire croire à un éditeur qu'avec cinquante précommandes super faciles à trouver (pour chaque auteur...), la vie suit son cours, c'est carrément du grand n'importe quoi.Quelle autorité ? J’essaye de traduire en trucs économiques ce que tu racontes. En expliquant le pourquoi de chaque pièce.
Il ne faut plus voir l'éditeur comme une machine à produire du livre, mais comme un acteur fondamental des réseaux qui animent l'économie du livre.L’éditeur comme acteur fondamental des réseaux a pour rôle social d’animer l'économie du livre.
Vas-tu spammer tous les débats sur le sujet avec ton schéma « rentabilité=1 faillite=0 » ??De quelle rentabilité parles-tu ?
Ton petit descriptif de comment faire des précommandes de cinquante livres me fait penser aux patates, tu leur dis : « Si tu vends cinquante patates, tu survis ; si tu vends cent patates, c'est le paradis ! »J’ai quand même pris le temps de très détailler le soir plus avant.
Tu ne vois pas à quel point instaurer une confiance est devenu difficile, et ne sais pas pourquoi c'est devenu difficile. Lutter face à la concurrence de Hachette et de Gallimard avec un argumentaire similaire au leur, c'est mission impossible !Parce que le public visé par ces petites entreprises rejette Galimard et compagnie.
Si nous ne laissons pas aux maisons d'édition la liberté de donner un autre visage au livre, nous allons tuer un métier pour de bon. Si nous réduisons chaque maison d'édition à son taux de bénéfices, nous donnons la médaille de l'exemplarité à Gallimard et Hachette.Pour Gallimard et Hachette les livres qui ne font pas rentable ne font pas de bénéfice.
Si tu habitues les jeunes éditeurs à voir les livres comme des patates, tout ce que tu fais, c'est que tu enterres tout espoir de réussite ; qui plus est en proposant un modèle qui ne fonctionne pas (tout le monde le sait).Sauf erreur de ma part, tout éditeur qui dépose le bilan n’a pas atteint le seuil de rentabilité.
Oui, la théorie a des conséquences sur les actes ; habituer l'éditeur à considérer le livre comme devant répondre à des besoins est essentiel ; tu ne remplaceras pas un éditeur par un service d'auto-impression motorisé, cela ne pourra pas aboutir.Cela s’appelle l’édition à la demande et est déjà opérationnel. D’où l’importance en tant qu’éditeur de livre à x (milliers) d’exemplaires de ne pas proposer ce type de livre.
Je le connais bien, moi, le modèle que tu imagines. Tu véhicule un discours teinté de rationalisme et qui autorise tous les abus, un discours du « c'est comme ça, il n'y a rien d'autre à comprendre... » Un modèle où l'on envoie des milliers de personnes sur le terrain avec des consignes extrêmement restrictives et uniformes. Un modèle qui soi-disant est une référence incontournable, et qui produit une « hiérarchisation naturelle » entre les bons numéros et les mauvais. Un modèle dont on devient un paria si l'on n'en respecte pas les codes et obligations. On sait pertinemment qu'on les envoie au casse-pipe, or on se dit qu'il y en aura peut-être un ou deux qui survivra, et on fera d'eux les grands vainqueurs (qui ont bien fait de suivre les conseils du chef !). On instaure une référence : le bénéfice, et l'on lance alors la belle et grande compétition dans laquelle il est aisé de tricher tant qu'on obéit au chef ! Ainsi, on n'oublie de dire que par la même occasion on laisse à n'importe qui la liberté de prescrire quelle maison d'édition est un bon enfant, et quelle maison d'édition est méchante.Quel est le rapport avec l’édition de livres ?
Pire encore tu dois comprendre que c'est le même discours que le tien qui est à l'origine de la crise actuelle du livre. On a tellement banalisé le marché du livre (en le réduisant à des succès – faillite – zéro – un) que cela a rendu l'opinion presque insensible à la mort de tout un tissu hérité d'années de créativité. On laisse mourir ses propres racines, et l'on s'apprend à en souffrir dans le silence. On pense que cela sera sans conséquence... On ne sait pas quel désastre cela va produire. Cela semble convenir à tous les imbéciles et aux illettrés, mais également à l'éditeur dominant, le grand vainqueur. Crois-tu vraiment que je travaille aussi sérieusement sur un sujet fondamental pour avoir l'air de faire quelque chose ? Ce n'est pas la question d'être « abattu, déprimé, tracassé car cette année encore, il n’arrivera pas à atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, » c'est la question de tout un secteur de la culture, de la pensée et de la mémoire qui a été bousillé à cause d'un discours néfaste.Le domaine culturel et pas seulement le livre n’est pas rentable. C’est pour cela que dans l’ancien système l’état prenait ce domaine à sa charge. Car c’était le seul acteur qui pouvait le faire.
En t'attaquant à la réputation d'un « homme en faillite », Kanimp, en réalité tu t'attaques à la réputation de toutes ces maison d'éditions qui ont coulé, de tous ces auteurs qui ont vu la fin de leur publication, les maisons d'édition mettant la clé sous la porte. Est-ce vraiment l'estime que tu as de toutes ces activités perdues ? de tous ces parcours détruits parce que l'on était incapable de surmonter la crise ?Je ne comprends, je n’ai attaqué la réputation de personne.
Et le jour où l'État français sera en faillite, le traiteras-tu avec autant de mépris et de haine ?
Sache que ce n'est pas l'éditeur qui fait le livre, ni le lecteur, mais l'auteur. Je te conseille de revoir ta considération de l'auteur, au moins pour te rendre capable de lui confier des conseils un minimum utiles pour sa profession. Sache que l'auteur peut se rendre plus intransigeant que d'autres. Dis-toi même qu'il existe des auteurs sans pitié, malgré les apparences ! L'auteur est aujourd'hui en capacité de dire de quel livre il souhaite pour demain, et ne compte pas s'en priver.Puisque l’auteur fait le livre. Pourquoi se préoccuper d’un éditeur ?
L'un des reproches que l'on pourrait faire de tes prises de parole, c'est que tu véhicules une vision anxiogène du livre. Quand on veut vendre un produit, on lui donne de la valeur, chose dont tu ne vois pas l'utilité concernant le livre. Tu conçois l'économie comme une machine qui fonctionne avec du pétrole, or tu sembles ignorer que l'un des facteurs majeurs de l'économie, c'est la confiance. Gagner la confiance des lecteurs passe-t-il réellement par des menaces et des humiliations ? ou passe-t-il plutôt par un discours de tolérance et de sécurité ? Si tu amènes les éditeurs à perdre confiance en eux, tout comme les auteurs, tu bousilles un secteur tout entier. Ta vision du livre est anxiogène. Ne demande pas à un auteur de faire du chiffre, ne le demande pas non plus à un éditeur, ils ont des enjeux bien plus essentiels à traiter. L'autre facteur fondamental pour l'économie, c'est l'enthousiasme. Avec une vision comme la tienne où il faudrait à la fois faire la chasse aux gros capitalistes et aux auteurs désobéissants, la chasse aux éditeurs indépendants et aux discussions sur le livre, tu peux être sûr et certain que les dégâts encourus seront gigantesques.Moi je suis bien plus pragmatique que cela. J’attends la révolution.
Je ne pense pas qu'il est utile de montrer que tu as tors, mais je ressens cependant le besoin de te demander de ne pas t'attaquer à moi quand je fais une proposition concernant l'économie du livre.Quand t’ai-je attaqué ?
Tu sembles dire que tu défends l'idéologie socialiste ; laquelle ? Celle de Valls ou de Hamon ?Je défends un système économique socialiste qui a pour vocation d’améliorer le bien-être de tous. Je ne défendrais jamais une idéologie politique qui se dit socialiste qui a pour essence de maintenir des gens dans la précarité pour conserver son électorat.
Je te demande pardon, en tant qu'auteur habitué aux sujets politiques et philosophiques, je devrais naturellement percevoir l'idéologie que tu défends ; pourtant rien à faire, je ne vois pas où tu te places dans la continuité de la pensée moralisatrice. Dis-moi, que faut-il penser ?Je suis le grain de sable.
Cela n'a l'air de rien, pourtant cela change tout ! Que penses-tu de la culture, avant même de parler de son économie ?La culture c’est tout ce que nous sommes :
En ce qui concerne ma prétendue faillite, je ne sais pas trop à quoi elle fait référence, mais sache que mes conseils concernant le livre ont plutôt été suivis et satisfaisants jusque lors. Sache également que nombreux sont celles & ceux qui font appel à moi pour leur travail d'écriture ou de promotion du livre.Peut-être qu’ici nous parviendrons peut-être à nous comprendre.
Bon, je dois dire que je ne regrette pas d'avoir engagé cette conversation avec toi, car elle m'amène à constater une problématique gravissime : plus personne n'est en capacité de bien identifier ce qu'est le travail d'un éditeur !Je te remercie grandement pour les explications que tu as données.
Et j'en tire une conclusion toute aussi inquiétante : je suis dans l'échec ! Moi, auteur, dont le job est justement de donner une forme sémantique à une identité, à lui apporter tout son sens, je n'ai pas été en capacité de te transmettre ce qu'est ce métier qui est pourtant un sujet fondamental sur le Monde de l'Écriture. Je ne sais pas où j'ai bien pu commettre une erreur, j'en suis désolé ! Je dois bien essayer une nouvelle fois en espérant rendre hommage enfin à ce métier qu'est l'édition.Pas tant que cela j’ai pensé la même chose. Nous sommes tous les deux des auteurs engagés. Hormis, le monde de l’édition que je ne connais pas trop ou du tout. Sur pas mal de points nous sommes sur la même ligne directrice. C’est juste que tu utilises la manière idéologique et moi la fonctionnelle. Là où de mon côté j’ai échoué. Je ne suis pas parvenu à te faire changer de niveau.
Cela ne me dit pas si tu est stoïcien ou autre ; en revanche, ce que je peux t'affirmer, c'est que je suis humaniste.Moi je désire juste un futur pour mes enfants dans une Belgique avec un avenir. Je tiens mes propos et actions en conséquence. Par contre, la définition de la terminologie de l’idéologie que je suis supposé suivre, m’indiffère complètement. Je perçois cette terminologie comme une mise en boîte qui s’applique à tout le monde. Résultat, un sujet ne peut être discuté que par certaines boîtes. Aucun débat ne peut être mené entre deux boîtes aux conceptions des choses antagonistes. Résultat le sujet sera débattu par deux groupes de discussions, un par boîte. Mais dans le monde réel, un sujet ne peut être modifié que par une volonté générale et donc le résultat d'un débat entre deux boites antagonistes.
Vois-tu mon intérêt à voir la culture sous son plus beau jour ?Je n’en ai jamais douté et je suis entièrement d’accord avec toi.
Et qu'en tant qu'humaniste, je défends l'idée que tout être humain a le droit à un peu de considération, même s'il est en faillite.C’est toute la différence qu’il y a entre nous. Défendre une idée c’est bien, la concrétiser c’est mieux.
Je ne considère pas qu'identifier un individu à un grain de sable soit très constructif, c'est même déshumanisant.Ce point m’inquiète, car il signifie que même les expressions symboliques ne sont plus comprises et à fortiori par l’altération du langage.
Symboliquement un grain de sable grippe une mécanique. Cela peut être négatif ou positif suivant la mécanique concernée ou son rôle.CiterJe te demande pardon, en tant qu'auteur habitué aux sujets politiques et philosophiques, je devrais naturellement percevoir l'idéologie que tu défends ; pourtant rien à faire, je ne vois pas où tu te places dans la continuité de la pensée moralisatrice. Dis-moi, que faut-il penser ?Je suis le grain de sable.